Catégorie : Politique des transports

Retrouvez toute l’actualité de la politique des transports: réglementation, législation, rapports d’élus, d’institutions et d’associations des transports

  • iDBus se lance en Italie

    iDBus se lance en Italie

    Après le succès rencontré en Europe du Nord, les iDBus gagnent la Méditerranée. A commencer par des liaisons Italie – région Paca en France. Avec toujours la même recette : des prix bas, les services à bord, la desserte des centres-villes et aussi, à partir de Gênes et de Milan, l’aéroport « italien » de Nice.
      L’imminence des JO de Londres avait justifié le lancement des iDBus, en juillet 2012. Cette fois, c’est Marseille, capitale européenne de la Culture, le moteur. L’offre iDBus, qui comporte déjà 24 allers-retours quotidiens vers une douzaine de capitales européennes, s’enrichit en effet de trois AR à compter du 27 mai, cette fois non plus vers l’Europe du Nord, ni même sur Paris – Lyon, mais vers l’Italie, Piémont et Lombardie, au départ de la région Paca. « La desserte de l’arc méditerranéen est une attente forte de nos clients, il y a des liens historiques et touristiques importants entre ces trois régions, souligne Maria Harti, la directrice générale d’iDBus. Par ailleurs, Nice est considérée comme le 6e aéroport italien… »
    Les ventes ont ouvert le 23 avril pour des trajets Aix – Nice – Gênes – Milan, à raison de deux AR à 10h et à 14h au départ d’Aix-en-Provence, ainsi qu’un Marseille – Nice – Gênes – Milan, qui part à 7h30. De Nice vers Milan, les clients disposeront donc de 3 horaires (10h30, 12h40 et 16h25). Idem pour les Milanais, à 8h, 9h45 et 13h. Durée du trajet en autocar : une dizaine d’heures entre les deux terminus, 2 heures 30 pour un Nice – Gênes, 4 heures de plus pour pousser jusqu’à Milan.
    Comme pour le reste de l’offre iDBus, les autocars desservent les centres-villes, via leur gare SNCF ou la gare routière, et à Nice ils iront jusqu’à l’aéroport, donc. « Nous arrivons sur cette desserte qui n’existe pas aujourd’hui en train, sauf à prendre une ou deux correspondances, et ces dernières ne fonctionnent pas tous les jours, avec une offre quotidienne et directe », souligne Maria Harti. Un atout conforté par des tarifs attractifs et fixes jusqu’à la dernière minute. Avec, par exemple, 35 € le prix mini pour un Nice – Gênes, billet qui passe toutefois à 65 € en période de très fort trafic, ou encore de 69 € à 99 € pour aller de Marseille à Milan, « à comparer aux 200 € nécessaires en voiture pour l’essence, le péage et deux jours de parking », souligne-t-elle. Jusqu’au 30 avril, 8 000 places à 19 € (offre découverte) sont à acheter pour des trajets à effectuer entre le 27 mai et le 27 juin.
    Après neuf mois d’existence, iDBus a transporté 200 000 passagers dont la satisfaction, mesurée par enquête en février dernier, est au top : 98 %, dont 61 % de « très satisfaits » ! Principaux atouts : les tarifs, bien sûr, mais aussi le service à bord, notamment le Wifi gratuit et la prise électrique. Et, surtout, 25 % des clients reviennent, « c’est un taux de “ré-achat” qu’on ne pensait pas obtenir en si peu de mois, et qui nous rend très optimistes pour le développement futur de cette offre », confie Maria Harti. Des résultats en ligne avec les objectifs initiaux. La directrice générale considère aujourd’hui que le taux de remplissage des autocars est « une donnée confidentielle », mais on sait que le business plan tablait sur 75 % ; qu’il était de 70 % après deux mois de fonctionnement en 2012 ; et qu’il « croît régulièrement », assure-t-elle. Jusqu’à atteindre le seuil de rentabilité ?
        

    Cécile NANGERONI
     

  • L’UTP et les syndicats signent un accord salarial de branche

    L’organisation patronale des transports publics de voyageurs est satisfaite d’être parvenue à un accord salarial qui, dans un contexte de crise économique, maintient le pouvoir d’achat tout en assurant la création d’emplois durables. Signé par cinq des six organisations syndicales représentatives (CGT-FO, CFTC, CFE-CGC, FNCR et SNTU-CFDT), cet accord prévoit une augmentation des salaires minima conventionnels de 3,9 % au 1er janvier 2013. Une hausse qui couvre deux années, dans la mesure où aucun accord salarial n’avait été trouvé en 2012, et rattrape ainsi l’inflation. L’UTP rappelle que les rémunérations ont connu une augmentation comprise entre 2,2 % et 3,7 % en 2011, selon les postes et les anciennetés.
     

  • Grande-Bretagne : un plan à long terme pour mettre les voyageurs au cœur du système des franchises 

    Grande-Bretagne : un plan à long terme pour mettre les voyageurs au cœur du système des franchises 

    Le ministère britannique des Transports a rendu public un calendrier de renouvellement des franchises pour les huit prochaines années. Un agenda qui ne devrait pas impliquer plus de trois ou quatre nouveaux contrats annuels. S’agissant des deux grandes lignes entre Londres et le nord du pays, par exemple, leur renouvellement se produira successivement. Le 26 mars, Patrick McLoughlin, secrétaire d’Etat britannique aux Transports, a rendu public un plan « à long terme » sur les transports ferroviaires. Un plan qui comprend aussi bien les améliorations prévues pour les infrastructures dans les années 2016-18 (électrifications, gains de capacité, modernisation de Thameslink, réalisation de Crossrail…) qu’un calendrier complètement revu des franchises pour les huit prochaines années. Objectif annoncé : « mettre les voyageurs au cœur du système de franchises », dans la mesure où les observations de ces voyageurs sont appelées à « jouer un rôle accru » sur la décision de proroger ou non un contrat d’exploitation. De plus, un comité consultatif indépendant dirigé par Richard Brown, président d’Eurostar, a été mis sur pied pour assister le ministère des Transports (DfT) dans les renouvellements de franchises.
    En se basant sur les recommandations de l’enquête menée par Richard Brown après la série de dysfonctionnements qui ont abouti à l’annulation de l’appel d’offres pour le renouvellement de la franchise West Coast Main Line (WCML) l’an dernier, le nouveau calendrier de renouvellement ne devrait pas impliquer plus de trois ou quatre nouveaux contrats par an. En particulier, l’échelonnement des nouvelles échéances a été étudié pour éviter un renouvellement simultané des deux grandes lignes entre Londres et le nord de la Grande-Bretagne, l’une par la côte ouest (West Coast Main Line, WCML), l’autre par la côte est (East Coast Main Line, ECML).
    Pour la Ligne de la côte ouest, qui relie Londres à Birmingham, Manchester et Glasgow, Virgin Trains voit son contrat prorogé de novembre 2014 à avril 2017, un nouvel appel d’offres devant être lancé en janvier 2016. Ceci alors que le nouvel exploitant de la Ligne de la côte est, qui relie Londres au nord-est de l’Angleterre et à l’est de l’Ecosse, devrait avoir démarré son activité presque un an auparavant, en février 2015, dans le cadre d’un appel d’offres à lancer dès février 2014. Ce qui implique de lancer au plus tôt le processus d’appel à candidatures pour cette ligne qui n’est plus exploitée par une entreprise privée, mais en direct par le DfT après l’abandon de l’opérateur National Express en 2009. Les syndicats de cheminots, au premier rang desquels RMT, ont réagi avec « consternation » à cette annonce, rappelant que le secteur privé avait par deux fois dû abandonner l’exploitation de l’East Coast Main Line… Un comble, si l’on pense que cet axe est en soi le plus prestigieux de Grande-Bretagne !
    Plus largement, le nouveau calendrier de renouvellement des franchises concerne l’essentiel du réseau ferré britannique, avec un appel d’offres 14 mois avant le démarrage de la nouvelle période contractuelle.
    A l’est de Londres, sur la rive nord de la Tamise, National Express garde Essex Thameside 16 mois de plus, jusqu’en septembre 2014. C’est jusqu’à cette date qu’est également prorogée la franchise Thameslink, exploitée par First pour 12 mois de plus. Par la suite, en juillet 2015, Thameslink devrait fusionner avec Southern (Go-Ahead/Keolis), dont la période contractuelle ne devrait pas être prorogée. A part cette fusion, l’autre événement attendu en 2015 est le retour d’un exploitant privé sur l’ECML. En revanche, quatre renouvellements sont maintenant prévus en 2016 : Northern (22 mois de plus pour Serco/Abellio, dans le nord de l’Angleterre) et TransPennine (10 mois de plus pour First/Keolis, dans le nord-ouest) en février, Great Western (33 mois de plus pour First à l’ouest de Londres) en juillet et Greater Anglia (27 mois de plus pour Abellio au nord-est de Londres) en octobre. En 2017, trois renouvellements : WCML (voir ci-dessus) en avril, London Midland (21 mois de plus pour Go-Ahead/Keolis au nord-ouest de Londres) en juin et East Midlands (30 mois de plus pour Stagecoach, entre Londres, Derby et Nottingham) en octobre. L’année 2018 ne devrait donner lieu qu’à deux renouvellements : SouthEastern en juin (50 mois de plus pour Go-Ahead/Keolis au sud-est de Londres) et Wales & Borders dans le Pays de Galles (Arriva, pas de prorogation). Deux renouvellements également en 2019 : South West en avril (26 mois de plus pour Stagecoach au sud-est de Londres) et Cross Country en novembre (43 mois de plus pour Arriva). Pour le renouvellement suivant, Chiltern, il faudra attendre deux ans de plus… D’ici là, nul doute que le réseau ferré britannique aura bien changé, au moins techniquement !
        

    Patrick LAVAL

  • Ile-de-France : création d’une Entente autour de la Seine

    Douze collectivités riveraines de la boucle Nord de la Seine ont décidé le 19 avril de créer une Entente autour de la Seine permettant une coopération plus approfondie entre leurs territoires au-delà des frontières départementales et administratives. Cette Entente regroupe la communauté d’agglomération d’Argenteuil-Bezons, la communauté d’agglomération Plaine Commune, les villes d’Argenteuil, Saint-Denis, Epinay-sur-Seine, Saint-Ouen, L’Ile-Saint-Denis, Asnières-sur-Seine, Clichy, Colombes, Gennevilliers et Villeneuve-la-Garenne. Les collectivités locales membres de l’Entente vont engager une étude afin de revisiter le rapport au fleuve jusqu’ici marqué par le passé industriel de ce territoire. La présidence tournante de l’Entente sera pour la première année assumée par Patrick Braouezec, président de Plaine Commune.
     

  • Toulouse a-t-elle les moyens de se payer un prolongement en métro ?

    Toulouse a-t-elle les moyens de se payer un prolongement en métro ?

    Alors que la concertation publique sur le prolongement de la ligne B du métro toulousain de 5,2 km vers le sud-est entre dans sa deuxième phase, du 25 mars au 12 avril, son financement se précise. Pendant plusieurs années, le choix du métro pour desservir Labège-Innopole (inscrit au PDU de 2001 et validé par Tisséo en 2006) avait été bloqué par Pierre Cohen, maire de Toulouse, élu en 2008 et président de Tisséo depuis 2010, à cause de la situation économique dégradée. L’hypothèse d’un prolongement en bus en site propre évolutif en métro avait alors été retenue par Tisséo. Refusant catégoriquement cette solution jugée insuffisante et plus onéreuse à terme, la communauté d’agglomération du Sicoval, à laquelle appartient Labège, membre de Tisséo, avait alors fait pression pour obtenir le prolongement en métro. C’est finalement sa proposition d’apporter 140 millions d’euros sur les 340 à 370 millions d’euros (hors matériel roulant) qui a convaincu Pierre Cohen et Tisséo. Le SMTC financera 100 millions d’euros, le conseil général de la Haute-Garonne 40 millions d’euros au minimum, les 80 millions d’euros restants étant à trouver auprès de l’Etat, de l’Europe et du conseil général (qui a déjà apporté des garanties au Sicoval dans ce sens). Le schéma de financement devrait être finalisé début 2014.
    Le Sicoval utilisera un mode de financement innovant : la vente des droits à construire pour les 35 ha d’Innométro, le quartier qui verra le jour autour de la station terminus, connectée à la future halte SNCF. La taxe foncière des entreprises (700 sur Labège-Innopole et 200 dans le parc technologique du Canal à Ramonville), qui rapporte entre 4 et 5 millions d’euros par an, sera entièrement consacrée au financement du métro. En attendant le versement des droits à construire, le Sicoval pourra faire appel à l’emprunt. « Nous sommes une des collectivités les moins endettées de France, et donc un emprunteur tout à fait fiable sur le marché, y compris européen », souligne Christian Lavigne, maire de Labège et vice-président de Tisséo.
    Dans son rapport annuel sur Tisséo-SMTC publié en février, la chambre régionale des comptes alertait sur le « seuil critique d’endettement » du syndicat mixte des transports : « Fin 2010, l’encours de la dette s’élevait à 1 353,47 millions d’euros, écrivait-elle, soit 1 600 euros par habitant. Il a été multiplié par 2,4 depuis 2003. (…) Il serait raisonnable de stabiliser sa progression. (…). Or, pour réaliser le programme d’investissements projeté, il est prévu de porter l’encours de la dette à 1 800 millions d’euros fin 2020. »
    Alors, y a-t-il vraiment de quoi s’inquiéter ? Pour Christian Lavigne, « la possibilité de rembourser de Tisséo ne fait absolument pas question et sa situation n’est pas aussi catastrophique qu’on veut bien le dire ». D’ailleurs, si la chambre régionale des comptes appelle de ses vœux le financement des investissements « en privilégiant l’autofinancement, les participations des collectivités membres et les subventions des tiers », c’est justement ce qui se produit avec le prolongement de la ligne B grâce à un apport fléché du Sicoval et l’accroissement de la participation des collectivités de 210 % entre 2007 et 2013, passé de 33 à 102 millions d’euros, dont 100 millions d’euros de Toulouse Métropole.
        

    Catherine Sanson-Stern

  • Recherche : accord franco-russe

    Les chemins de fer russes (RZD) et la SNCF ont signé, le 2 avril à Paris, un accord d’intention pour créer un centre franco-russe de recherche et d’enseignement de la grande vitesse ferroviaire, en coopération avec l’Université ferroviaire de Moscou (MIIT), le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et l’Ecole nationale des ponts et chaussées (ENPC, École des Ponts ParisTech). « Ce centre franco-russe de la grande vitesse ferroviaire aura pour objectifs de renforcer et développer la coopération bilatérale scientifique, technologique et la formation dans ce domaine de pointe », souligne la SNCF dans un communiqué. La SNCF rappelle que depuis 2006 elle a déjà formé avec le MIIT « plus de 350 cadres et dirigeants des RZD dans de nombreux domaines techniques. Quatre sessions de formation de ce type sont ainsi prévues cette année ».
     

  • Sifer 2013 : le compte-rendu de la conférence VR & T

    Sifer 2013 : le compte-rendu de la conférence VR & T

    Il y avait foule, le mercredi 27 mars, au salon Sifer de Lille, lors des Grands Prix des Régions 2013. Malgré d’autres événements organisés à la même heure, la conférence et la remise de prix de Ville, Rail et Transports ont attiré de nombreux congressistes. Voici le compte-rendu de la conférence. Sifer 2013, compte-rendu de la conférence des prix VRT des régions
    « Objectif -20 %. Comment diminuer les coûts de l’exploitation ferroviaire ? »

    Certains débats ne démarrent pas toujours comme prévu, et déchaînent les passions. La conférence Ville, Rail & Transports sur la diminution des coûts dans le ferroviaire ne fut pas un long fleuve tranquille. Mais les interventions ont été riches. Récit.

    « Je n’ai pas choisi le sujet. » Jacques Auxiette, président de la région Pays de la Loire et président de la commission Infrastructures et transports de l’ARF, ne cache pas son inconfort à débattre d’une question ainsi libellée. Avant, pourtant, de s’en emparer et de regretter que la subvention d’exploitation du TER ait augmenté de 40 % en 6 ans, entre 2005 et 2011, quand l’offre a progressé de seulement 15 %. Chiffres à l’appui : les régions ont affecté 5,5 milliards d’euros en 2001 au ferroviaire, soit en moyenne un quart de leur budget. « Il y a une inflation ferroviaire excessive, qui doit être compensée dans le cadre d’un juste équilibre à trouver entre le statut des cheminots et une amélioration de la performance », a-t-il martelé. Un ange passe… « Compte tenu des finances publiques contraintes, nous devons réaliser des économies », a poursuivi l’élu, avant d’appeler de ses vœux à des réformes à la fois « structurelles et organisationnelles » de la SNCF et à la restitution d’une fiscalité locale. Joël Lebreton, directeur général SNCF Proximités, liste trois leviers d’intervention : booster la performance industrielle de l’entreprise, optimiser la performance commerciale, et améliorer l’offre en elle-même. « Nous devons travailler à l’attractivité du TER pour augmenter les recettes, c’est incontestable », explique-t-il. Interrogé en tant que gestionnaire du réseau, Christian Cochet, directeur général adjoint opérations de RFF, pointe du doigt les efforts de maintenance réalisés. « On est passés de 500 à 1 000 km de voies renouvelées en quelques années, il faut poursuivre cette démarche pour faire baisser le coût de la maintenance. »

    Retrouver des financements à long terme

    L’achat de matériel constitue un poste très important pour les régions. Or leurs difficultés à se financer sur le long terme sont très prégnantes. Jean-Sylvain Ruggiu, directeur secteur public Caisses d’Epargne, groupe BPCE, a rappelé qu’une enveloppe de 20 milliards d’euros allait être mise à disposition des régions par la Caisse des Dépôts, qui pourra financer jusqu’à 50 % des projets, à des conditions intéressantes. « Les AOT devront toujours trouver la deuxième moitié du financement auprès de banques classiques. Mais la situation commence à se détendre », a glissé l’expert. En sa qualité d’industriel, Hubert Peugeot, vice-président Business développement et Ventes d’Alstom Transport France, insiste sur la nécessité d’innover pour concevoir des trains moins gourmands en énergie et intégrant un coût de maintenance réduit. Et vante les coûts d’exploitation limités du tram-train. Jacques Auxiette exhorte alors les pouvoirs publics à dégager quatre milliards d’euros dans les semaines à venir, sans quoi les commandes engagées ne pourraient être honorées. Et déplore la tendance de la SNCF à développer le TER routier.

    Le TER Routier en question

    Interrogé sur l’idée de s’inspirer des DSP pour assouplir les conventions TER, Claude Steinmetz, directeur ferroviaire France Veolia Transdev plaide pour un la définition d’un juste service, produit au juste coût et vendu au juste prix. « Il faut redéfinir l’offre, mettre en place des organisations adaptées, écouter son AOT, augmenter l’efficacité et initier un peu de polycompétence raisonnée », explique-t-il. Ardent défenseur du mode ferré, Claude Steinmetz qualifie le transfert sur la route de « fausse bonne idée ». Il plaide pour le cadencement, gage d’efficacité, et pour une meilleure articulation entre le TER et la grande vitesse. Et appelle à plus de transparence sur les tarifs. Il a d’ailleurs profité de l’occasion pour annoncer que Transdev répondrait à l’avenir aux appels d’offres d’assistance à maîtrise d’ouvrage des AOT sur la compréhension des coûts du TER. Préférant l’humour pour défendre tout l’intérêt d’une desserte routière comme complément au ferroviaire, Alain-Jean Berthelet, président de Réunir, a affiché une déférence subtile et amusante. « Je vous conseille de monter dans un autocar moderne, vous serez surpris du niveau de confort et d’accessibilité », sourit-il. L’avocat des autocars plaide pour une complémentarité des modes et souligne la capacité du TER routier à « aller chercher les voyageurs où ils sont ». Et explique que le car permet à certains voyageurs de rejoindre un transport en commun, et d’abandonner leur voiture. En guise de conclusion, et preuve que le recours à la route n’engendre pas les crispations là ou on pourrait les attendre, un cheminot du CRE Nord-Pas-de-Calais dans la salle s’est exprimé pour proposer la création de dessertes locales. Selon des études réalisées dans le Nord, la création de lignes routières complémentaires au rail aurait du sens. « Sur une ligne ferroviaire peu fréquentée, avec un rabattage de car intelligent, on accroît la zone de chalandise de la ligne, on accroît les recettes, et on baisse le coût de la convention. », conclut-il.
        

    Marie Raimbault
     

  • Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev : « Ce n’est pas l’intelligence qui a manqué, mais l’esprit de décision »

    Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev : « Ce n’est pas l’intelligence qui a manqué, mais l’esprit de décision »

    Un peu plus de cent jours après sa prise de fonction, le PDG du groupe qu’il faut désormais nommer Transdev dévoile les axes de sa politique destinée à redresser l’entreprise qui sort d’une fusion éprouvante avec Veolia. Ville, Rail & Transports. Après une période d’immersion d’un peu plus de trois mois, est-ce que vous avez découvert une entreprise conforme à ce que vous imaginiez de l’extérieur ou bien complètement différente et en quoi ?
    Jean-Marc Janaillac. Les deux ! C’est effectivement une situation difficile sur différents plans : financier avec une dette d’1,9 milliard en 2012, très importante par rapport au résultat, donc difficilement soutenable ; au plan des résultats économiques, puisqu’ils sont très impactés par une dépréciation d’actifs liée au fait que lors de la fusion, au moment haut d’un cycle, leur valorisation avait été boosté, donc c’est le retour à la réalité. Indépendamment de cela, des résultats opérationnels courants négatifs : 380 millions d’euros de pertes, dont 320 de dépréciation d’actifs. 60 millions c’est trop, mais c’est redressable. Sur un plan commercial, beaucoup de contrats perdus l’année dernière. Enfin, des équipes avec un moral morose, assez pessimiste. Tout cela ne m’a pas surpris. En revanche, en me rendant sur le terrain en France et à l’étranger, j’ai vu des choses que je n’attendais pas : des gens beaucoup plus jeunes que ce que j’imaginais, des savoirs opérationnels et des expertises techniques pointus, efficaces, en particulier dans le marketing, les services numériques, le transport à la demande. Enfin, des cadres motivés pour repartir, ayant envie de se battre et l’espoir de retrouver un sens, une direction, une stratégie. De là est née une conviction, que j’ai appliquée dans un certain nombre de domaines : aller vite car il y a un vrai potentiel de redressement, mais il y a eu trop d’attente. Dans beaucoup de domaines, des tas d’études avaient été faites, des projets, des travaux de consultants qui n’avaient pas été mis en œuvre. J’ai décidé de ne pas repasser trois à six mois à les refaire. Ce n’est pas l’intelligence qui a manqué dans l’entreprise, mais l’esprit de décision…

    VR&T. Ce qui a bloqué par le passé, c’était le processus non finalisé entre les deux actionnaires. Il ne l’est pas complètement ; pourtant, vous avancez, c’est une façon assez différente de voir les choses…
    J.-M. J. Il y a eu toute une période grise, Veolia Environnement (VE) était présent mais partant, on attendait les conditions de son départ. La signature de l’accord entre la Caisse des Dépôts et Veolia a donné des perspectives claires. L’objectif est que ce soit finalisé avant le 30 juin. Par ailleurs, quand on change d’équipe, c’est pour avoir une vision, une attitude, un management un peu différent… On peut être un peu plus volontaire vis-à-vis des actionnaires.

    VR&T. Vous parliez tout à l’heure du programme de cession, pouvez-vous nous dire quelle taille vous visez et quelles cessions sont prévues ?
    J.-M. J. Le programme de cessions poursuit deux objectifs : nous désendetter et nous donner les moyens de financer le développement organique sur notre périmètre recentré. L’objectif est d’avoir une activité un peu supérieure à 6 milliards d’euros, soit une attrition relativement importante, puisque le chiffre d’affaires 2012 est à 7,567 milliards sans les actifs en vente des pays d’Europe centrale et orientale ni la SNCM (qui retourne dans le giron de VE, ndlr), et à 8,1 milliards avec, soit une croissance de 2,3 % par rapport à 2011. À 6 milliards, nous restons une des grandes entreprises du secteur. Par ailleurs, l’international est à 60 % donc la France, mécaniquement, augmente à 40 %. Les autres principaux pays seront les États-Unis et les Pays-Bas, mais nous serons présents dans 17 pays au total (contre 27 actuellement, ndlr), des zones matures ou en développement. Concernant les cessions, nous finalisons la vente de nos activités dans les Pays de l’Est (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Serbie, Croatie, ndlr) à Deutsch Bahn, des activités représentant 250 M€ de CA. Cette décision est antérieure à mon arrivée. Pour le reste, le Comex avait approuvé une liste, on y va ! On constitue des « data rooms » pour aller vendre des actifs en Allemagne, Finlande, Suède, Belgique et la partie Veolia des Pays-Bas, un total de 1,490 milliard d’euros de CA, le principal étant en Allemagne. Ce sont des pays où soit la rentabilité est difficile, soit pour lesquels la lourdeur des investissements rend difficile la gestion de notre présence tout en se développant ailleurs. C’est typiquement le cas de l’Allemagne.

    VR&T. Pourquoi les Pays-Bas, c’est un des marchés où vous êtes fort ? L’intégration n’était pas satisfaisante ?
    J.-M. J. Premièrement, il n’y avait pas d’intégration du tout entre Connexxion et Veolia Pays-Bas. Deuxièmement, aujourd’hui on a plus de 50 % de parts de marché aux Pays-Bas. Tout garder donnerait une position très forte, même un peu dominante dans un marché extrêmement concurrentiel, et donc un poids dans l’ensemble un peu disproportionné par rapport à la taille du pays. Avec Connexxion, nous resterons leader avec 38 % de parts de marché.

    VR&T. De la même manière, vous avez dû lister les pépites à faire fructifier… En dehors des États-Unis et de l’Australie, où sont-elles ?
    J.-M. J. On a une présence en Europe avec la France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et le Portugal, pays où le travail à faire, c’est de l’organisation, de la relance commerciale, de l’innovation, etc. Et puis on a des opérations aux États-Unis, en Australie, en Asie, au Chili, pour lesquelles il y a des perspectives de développement importantes. Nous utiliserons la dynamique propre de ces pays pour accroître nos implantations.

    VR&T. Vous y serez très agressifs ?
    J.-M. J. Commercialement oui, financièrement non ! L’agressivité portera plus sur la capacité d’innovation pour répondre aux besoins des clients. On ne cassera pas les prix.

    VR&T. Sur l’Asie, vous avez une joint-venture (JV) avec la RATP dont le patron a manifesté son souhait de la récupérer, qu’en pense le patron de VTD ?
    J.-M. J. Nous essayons de voir dans quelles conditions il est possible de continuer à travailler ensemble en Asie. Parce qu’il y a une bonne complémentarité entre les entreprises et que ça ne paraît pas illogique de voir deux entreprises françaises qui, sur des marchés tiers, ne se font pas une concurrence stérile – je pense à d’autres cas ailleurs – et qui regroupent leurs forces d’une maison France.

    VR&T. Est-ce qu’on ne pourrait pas extrapoler cette logique puisqu’on a trois groupes contrôlés par l’Etat pour imaginer qu’on ait une instance – ou peut-être l’Agence des participations de l’Etat – qui déterminerait qui est le mieux placé sur chaque grand appel d’offres pour y aller seul ?
    J.-M. J. Il ne faut rien de systématique sur ces questions-là. Les trois groupes ont certes des participations directes ou indirectes de l’État, mais sont positionnés de façons différentes. C’est bien de voir des entreprises françaises exporter le savoir-faire dans le grand international. Chacune doit avoir la liberté de ses opérations, de sa vision stratégique globale. Il y a des zones de croissance sur lesquelles VTD ne souhaitera pas s’implanter parce que des entreprises françaises y sont déjà, comme les pays du Golfe.

    VR&T. Mais sur les zones où vous seriez tous les trois intéressés, est-ce que ça ne fait pas un peu désordre vu de l’étranger de voir trois Français contrôlés par l’État se chamailler ? Par ailleurs, ça vous oblige parfois à rogner les marges…
    J.-M. J. C’est compliqué d’organiser les réponses aux appels d’offres et ce n’est sûrement pas au service de l’Agence des participations de l’État de le faire. Ce sont des questions qu’on peut se poser… Les réponses ne sont ni simples, ni évidentes. Il faut trouver des réponses qui assurent à la fois aux entreprises l’autonomie nécessaire à leur développement et qui font en sorte que la maison France ne se trouve pas en opposition frontale sur des marchés lointains. La question a une certaine pertinence, je ne sais pas complètement y répondre.

    VR&T. En France, pas mal de contrats ont été perdus récemment, y compris des symboliques comme Strasbourg ; les élus se plaignent d’avoir perdu confiance dans le groupe, comment comptez-vous la restaurer, cette confiance ?
    J.-M. J. Ils disaient avoir perdu confiance, premièrement, parce qu’ils avaient des questions sur l’avenir de l’actionnariat et la pérennité du groupe, inquiétude qu’ils n’ont plus ; deuxièmement, par crainte de démotivation de nos équipes ; or les choses sont claires avec la présentation de nos axes stratégiques. Troisièmement, nous avons une concurrence très active de Keolis, et dans certains cas, anticoncurrentielle. Sur le dossier de Strasbourg, nous avons déposé une plainte à l’Autorité de la concurrence. Si SNCF Partenariats et Keolis ont gagné, à écouter les élus, c’est grâce à la capacité d’ajouter l’offre ferroviaire nationale et de créer des liens, critère qu’ils sont les seuls à remplir. Nous souhaitons donc que les choses soient clarifiées. Ceci étant, à Grenoble, nous sommes entrés le 25 mars en négociations exclusives, et je ne vois pas ce qui pourrait empêcher qu’on se mette d’accord. Cet exemple montre qu’avec un actionnariat stabilisé et des nouveaux axes de travail, on est capables de redonner confiance à des élus qui s’interrogeaient.

    VR&T. Avez-vous lancé la renégociation des contrats français déficitaires et quel nouveau cap entendez-vous donner à la France ?
    J.-M. J. Nous sommes handicapés en France par des pertes sur un certain nombre de gros contrats. Nous avons commencé à rencontrer les élus et à chercher des solutions acceptables pour tous, permettant de revenir à une situation moins difficile économiquement et socialement. Une dizaine de contrats sont concernés, tout sera fait dans un esprit de transparence et de dialogue. Quant à l’organisation, l’idée est de resserrer le Comex – passé de 10 à 8 –, le renouveler pour symboliser le nouveau départ, le féminiser aussi : l’état-major était à 100 % masculin ! La nouvelle directrice France, Laurence Broseta, vient de l’extérieur tout en connaissant bien le secteur, pour faire une véritable intégration des équipes. Dans mon tour de France, j’ai trouvé beaucoup de savoir-faire, mais fonctionnant beaucoup en silo avec peu de partage entre nos opérations. Donc un des axes de notre politique, c’est de faire mieux partager les expériences. Le projet de réorganisation qui avait été lancé début 2012 est mis en œuvre. Il permettra de simplifier le système actuel – filiales, pôles régionaux, directions régionales, direction France et direction corporate – et de rapprocher l’organisation du terrain. Au lieu de 7 régions et 36 pôles, nous gardons 16 pôles régionaux dont 4 pour l’Île-de-France tout en laissant une forte autonomie aux filiales.

    VR&T. Ces nouveaux axes sont symbolisés par votre nouvelle marque ?
    J.-M. J. Plus qu’une marque, c’est une identité. À mon arrivée, il y avait des travaux aboutissant à trois possibilités, aucune totalement satisfaisante : Connex, Transdev, et un nouveau nom que je tairai. Pour décider, nous nous sommes abstenus de nouvelle grande étude et avons pensé à nos clients en prenant le nom le plus efficace, tout de suite opérationnel : Transdev. L’identité, c’est le rouge de Veolia dans un logo fort et une signature : Inventons votre mobilité. Le tout exprime à la fois notre histoire, une dynamique, la modernité, la proximité. Ça n’est pas du tout un choix institutionnel.

    VR&T. Comment expliquez-vous qu’il n’y ait pas de clause de non-concurrence dans les contrats comme le vôtre dans les transports ?
    J.-M. J. D’abord, le secteur n’est pas isolé : le patron d’Eiffage vient de chez Vinci, le président de Generali était chez Axa… Ensuite, il n’y a pas un seul cas depuis ma prise de fonction – à part la JV – où je sois amené à utiliser des informations que j’aurais eues chez RATP Dev. Nous ne sommes pas présents dans le Maghreb ni au Moyen-Orient ; ils ne le sont pas en Australie ; en France et aux États-Unis, ils sont plutôt les challengers. Théoriquement, c’est une question, mais pratiquement non. Et si vous pensez au Grand Paris, je crois que je serai à la retraite depuis longtemps le jour où la question pourra se poser !

    Propos recueillis par Guillaume LEBORGNE et Cécile NANGERONI

  • Résultats : Eurotunnel triple son bénéfice grâce aux JO

    L’exploitant du tunnel sous la Manche Eurotunnel a annoncé le 21 mars avoir triplé son bénéfice net en 2012, au terme d’une année marquée par une hausse exceptionnelle du trafic : soit 34 millions d’euros contre 11 millions d’euros en 2011.
    Près de 20 millions de personnes ont traversé la Manche par le tunnel l’an dernier, un afflux de passagers généré par les deux événements exceptionnels qu’ont été les Jeux olympiques de Londres, du 27 juillet au 12 août, et le jubilé d’Elizabeth II du 2 au 5 juin 2012.
    Au cours de cette même année 2012, le trafic des camions transportés sur des wagons dédiés a atteint un niveau record de 1,5 million de véhicules, en hausse de 16 %. Et côté Europorte, la filiale de fret ferroviaire du groupe, la tendance est également à la progression avec un chiffre d’affaires en hausse de 28 %, à périmètre constant, du fait de la signature de nouveaux contrats et de la coopération accrue avec certaines filières.
     

  • Grand Paris Express : Valérie Pécresse ne croit pas au financement de Jean-Marc Ayrault

    Le 27 mars, les élus UMP franciliens ont fait part « de leur grande inquiétude » quant au plan de financement du Grand Paris Express présenté le 6 mars par le Premier ministre. Selon eux, le déplafonnement de la taxe sur les bureaux « ne permettra pas de faire face au surcoût du projet, pas plus que le doublement des amendes de circulation qui pèsera lourdement sur les Franciliens. Dans le même temps, le gouvernement renonce à affecter à la SGP la dotation de 4 milliards d’euros initialement prévue et décide de ponctionner la SGP de 2 milliards d’euros d’ici à 2017 ».
    Au final, « c’est près de cinq milliards qui vont manquer à l’appel ». Le 22 février, Valérie Pécresse et 49 parlementaires franciliens avaient proposé d’allonger la durée d’amortissement des prêts, de mobiliser l’épargne réglementée et les ressources issues de l’augmentation de la TVA sur les transports franciliens, et de céder les participations non stratégiques de l’Etat dans des entreprises cotées.