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Catégorie : Politique des transports
Retrouvez toute l’actualité de la politique des transports: réglementation, législation, rapports d’élus, d’institutions et d’associations des transports

Nouvelle action de la RATP contre les bagages oubliés
« 1 sac oublié, c’est 1 heure de trafic perturbé en moyenne ». C’est le message qu’a souhaité faire passer la RATP, en installant un sac géant de 3,50 m de haut et de couleur vive d’abord dans la salle des échanges de la station Auber, du 3 au 9 juin, puis sur le parvis de la gare de Denfert-Rochereau du 16 au 23 juin.La RATP veut ainsi symboliser l’ampleur de la gêne occasionnée et sensibiliser les voyageurs à ce problème quotidien. Chaque jour, 4 bagages abandonnés sont en moyenne détectés sur les réseaux ferrés. Et l’année dernière, la Régie a enregistré une hausse de 23 % du nombre de bagages abandonnés dans les rames du métro et du RER. Cette tendance se confirme depuis le début de l’année avec une augmentation de 16 % des bagages abandonnés sur l’ensemble du réseau, de janvier à avril 2022 par rapport à la même période de 2021.Pour faire face à cette situation Île-de-France Mobilités finance 50 équipes de cyno-détection sur l’ensemble de son réseau ferré (RATP et SNCF) avec pour objectif de permettre une intervention et une levée de doute la plus rapide possible.Y. G
Pourquoi la SNCF et la RATP demandent une révision des règles sur les préavis de grève
Auditionnés ce matin par une commission sénatoriale, la SNCF et la RATP se sont expliquées sur le déroulement des acheminements des supporters au stade de France à l’occasion de la finale de la Ligue des champions opposant le Real Madrid à Liverpool le 28 mai. Les deux transporteurs ont réaffirmé que les acheminements des voyageurs se sont passés « dans de bonnes conditions« , leurs compétences s’arrêtant aux portes de leurs gares : 37 000 voyageurs ont été transportés via le RER D pour aller jusqu’au stade de France (soit plus de trois fois les niveaux habituels) et 6200 via le B (soit le tiers des flux habituels).
Interrogées sur les enseignements à en tirer dans le cadre de la préparation des futurs grands événements sportifs prévus en France (Coupe du monde de rugby en 2023, JO en 2024), les deux compagnies ont partagé les mêmes constats et les mêmes souhaits via leurs représentants, Sylvie Charles côté Transilien, Philippe Martin côté RATP.
Préavis de grève dormant
La directrice de Transilien rappelle qu’en toile de fond des événements survenus lors de ce match, il y a le « contournement de la loi par des préavis de grève dormants ». En clair, si le dépôt d’un préavis de grève doit être précédé du déclenchement d’une procédure d’alarme sociale, il est ensuite possible pour un syndicat de déposer un préavis sans limite de temps ou de très longue durée qui peut être activé à tout moment, même par un seul agent. Toutefois, la loi du 21 août 2007 oblige certains salariés du secteur des transports (tout particulièrement les conducteurs et les aiguilleurs) à informer 48 heures à l’avance sur leurs intentions de faire grève ou pas pour permettre à leurs entreprises d’adapter leurs plans de transports en conséquence et d’en informer les voyageurs. Mais ils peuvent aussi, 24 heures avant, changer d’avis! Ce qui complique la vie des entreprises qui ont alors prévu un plan de transport allégé…
« C’est sur un préavis de grève dormant que la grève a été déclenchée à la RATP« , rappelle Sylvie Charles, en estimant qu’une amélioration législative pourrait être apportée sur cette question en vue des grands événements sportifs à organiser.
De plus, la dirigeante souligne l’importance « de l’anticipation des flux de supporters » et de le faire « de bout en bout » en adaptant les dispositifs en fonction des informations transmises. Ce qui n’a pas été le cas le 28 mai. D’où « l’étonnement » de Sylvie Charles constatant qu’il « n’y a pas eu d’adaptation du côté des entrées du stade de France« , alors que les informations sur les flux de supporters étaient transmises par les transporteurs. La SNCF avait notamment un représentant au PC du stade de France à qui elle transmettait des informations toutes les demi-heures depuis 18h05.
Aménagements demandés
Même tonalité du côté de Philippe Martin qui comptabilise « encore 21 préavis de grève dormants à la RATP« . Et le directeur général adjoint Opérations de transport à la RATP de raconter que pour leur journée de grève du 28 mai, « les agents se sont organisés au dernier moment« . D’où sa demande de faire passer de 48 heures à 72 heures la déclaration de faire grève, et de 24 heures à 48 heures la possibilité de changer d’avis.
La perspective d’événements au retentissement mondial fera-t-elle bouger les lignes? Ce n’est pas la première fois que la profession se mobilise sur la question. En 2017 déjà, l’Union des transports publics demandait un meilleur encadrement de la loi pour en éviter les dérives. Quelques années plus tard, en janvier 2020, le Sénat s’emparait de la question via une proposition de loi . Puis La Fédération nationale des association d’usagers de transports demandait à son tour des aménagements. Le tout est resté sans suite à ce jour.
Marie Hélène Poingt

Coup d’accélérateur pour l’association Femmes en Mouvement
A l’occasion de European Mobility Expo, l’association Femmes en Mouvement a annoncé le 7 juin l’arrivée, dans ses rangs, de nouveaux adhérents : vingt entreprises et associations professionnelles, parmi lesquelles des poids lourds du secteur de la mobilité (Keolis, Transdev, RATP, UTP, UITP, Egis, SNCF Mixité pour n’en citer que quelque-uns).
Une reconnaissance bienvenue 7 ans après la création de l’association par Marie-Xavière Wauquiez, dans le but notamment de promouvoir la parole des femmes dans le secteur des transports et de faire bouger les lignes (seuls 25 % des salariés dans les transports en commun sont des femmes, rappelle-t-elle). Selon l’association, « ces organisations, employant plusieurs centaines de milliers de personnes, en France et à l’international, actent, par leur adhésion, leur volonté de renforcer la mixité dans leurs effectifs. Cette mixité leur permettra également de nourrir leurs réflexions et de proposer des offres véritablement inclusives à leur clientèle ».

La gestion des flux de supporters sous haute surveillance
Pas question de voir se renouveler ce soir la gestion chaotique des flux de supporters, comme cela a été le cas lors de la finale le 28 mai, au Stade de France, de la Ligue des champions entre Liverpool et le Real de Madrid. Le match entre la France et le Danemark, qui a eu lieu le 3 juin et a accueilli quelque 77 000 spectateurs, s’est passé sous haute surveillance. 2000 policiers et gendarmes ont en effet assuré, outre la sécurité, la gestion de la foule. Notamment en la dirigeant vers les transports publics.
Côté transports justement, les syndicats de la RATP, CGT, Unsa, la Base et Fo avaient de nouveau appelé les conducteurs du RER à une grève ce jour-là pour dénoncer des sous-effectifs et réclamer notamment une prime de 1500 euros en reconnaissance de leur implication pendant la pandémie. Mais le trafic a été quasi-normal et l’interconnexion maintenue gare du Nord sur le RER B. Autrement dit, les voyageurs venant du sud n’ont pas dû changer de train pour poursuivre leur trajet jusqu’au Stade de France.
Rappelons que plusieurs lignes ferrées desservent le Stade de France : les RER B et D ainsi que les lignes de métro 12 et 13. Si le RER D est totalement gérée par la SNCF, la ligne B est exploitée au sud par la RATP et au nord par la SNCF.
Samedi 28 mai, lors de la grève RATP, l’interconnexion en gare du Nord n’était plus assurée. Ce qui a obligé les voyageurs à changer de train. Au lieu de poursuivre leur trajet sur la B via la SNCF (mais il leur aurait alors fallu monter deux étages pour rejoindre les rames de RER B exploitées par la SNCF), une majorité d’entre eux a préféré embarquer à bord du RER D au même niveau que les rames B de la RATP.
Conséquence, il y a eu beaucoup plus de voyageurs acheminés ce soir-là sur la ligne D (37 000 voyageurs) que sur la B (seulement 6200, beaucoup moins qu’habituellement), selon les chiffres de la SNCF qui rappelle que les comptages se font manuellement par des agents en gares d’arrivée, Stade de France-Saint Denis pour la D, La Plaine-Stade de France pour la B. « Les voyageurs ont été transportés dans de bonnes conditions à l’aller et au retour« , souligne un de ses porte-paroles.
Les gares sont volontairement situées bien en amont du stade (on met une quinzaine de minutes à pied de la gare Stade de France-Saint Denis pour rejoindre le Stade de France), pour permettre de fluidifier les flux de voyageurs. Les jours de match, des agents viennent aussi en renfort, dans les gares et sur les parvis, pour gérer les flux
Chaque événement fait ainsi l’objet d’un travail préparatoire coordonné entre la SNCF et la RATP pour dimensionner le plan de transport en fonction de l’affluence. Cela a été le cas le 3 juin, comme le 28 mai : des trains supplémentaires ont été insérerés dans la circulation et des rames et des conducteurs de réserve prévus au cas où…
MH P

Après la définition des attributions ministérielles, les attentes des défenseurs du climat
Les attributions d’Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique et à la Cohésion du territoire, et d’Agnès Pannier-Runacher à celui de la Transition énergétique ont été précisées hier au Journal officiel. Les deux ministres vont se partager les attributions de Barbara Pompili, l’ancienne ministre de la Transition écologique, mais aussi de Jean-Baptiste Djebbari, ex-ministre des Transports.
Amélie de Montchalin hérite notamment des questions de développement durable, de la protection de la biodiversité, de l’aménagement et de la lutte contre l’étalement urbain. Conjointement avec la ministre de la Transition énergétique, elle sera aussi chargée de « l’adaptation au changement climatique, à la qualité de l’air et la réglementation technique des véhicules« . Mais c’est Agnès Pannier-Runacher qui a autorité sur la direction générale de l’énergie.Cette dernière définit et met en oeuvre « la politique de l’énergie afin, notamment d’assurer la sécurité d’approvisionnement et l’accès à l’énergie, de lutter contre le changement climatique et de promouvoir la transition énergétique« . Plus précisément, elle « prépare et met en oeuvre la politique de réduction des gaz à effets de serre » et « promeut une gestion durable des ressources rares en matière minière« . C’est elle aussi qui traitera de la « décarbonation et d’électrification du secteur des transports routiers, en particulier du parc automobile et du développement des infrastructures de recharge des véhicules électriques« .
Pour Valentin Desfontaines, le responsable Mobilités durables au Réseau Action Climat (RAC), « le fait d’avoir d’un côté Agnès Pannier-Runacher qui traite les sujets liés à l’énergie et aux véhicules et de l’autre Amélie de Montchalin chargée des enjeux ferroviaires et des modes alternatifs peut être un moyen d’accélérer le report modal« . Selon lui, cette dernière aura « seule compétence sur ces questions » et ainsi « toutes les cartes en main » pour faire avancer ces sujets.
Sujet « marqueur » à ses yeux, le contrat de performance Etat-SNCF Réseau. « C’est le sujet que l’on scrutera dans les prochaines semaines. On jugera sur pièces ».
La question d’un ministère des Transports bien identifié reste toutefois posée, selon lui.

Pourquoi les machinistes de la RATP sont de nouveau en grève
Deux mois après un précédent mouvement de grève, les machinistes de la RATP repartent au conflit pendant trois jours, du 23 au 25 mai. « La RATP prévoit un trafic très perturbé sur le réseau de surface (Bus et Tramway) pour la journée du lundi 23 mai », a indiqué dans un communiqué la Régie qui se dit « en mesure d’assurer 60% d’offre de transport en moyenne sur ce même réseau. Pour rappel, lors du dernier mouvement social du 25 mars, l’offre de transport assurée était de 30% en moyenne (Bus & Tramway). Les réseaux Métro et RER ne sont pas concernés par ce préavis« .
En cause toujours, l’ouverture à la concurrence des bus de la RATP à Paris et en proche banlieue qui doit devenir réalité à partir de 2025. L’autorité organisatrice des transports, Ile-de-France Mobilités, a déjà lancé des appels d’offres sur 4 lots (sur un total de 12 lots) représentant 96 lignes jusqu’à présents exploités par la RATP. Deux autres « vagues » d’appels d’offres, portant à chaque fois sur 4 lots, doivent être lancés cet automne puis au début de l’année prochaine.
Se préparer à la concurrence
Pour se préparer à la compétition face aux autres opérateurs, la direction de la RATP a décidé de revoir l’organisation de travail de ses 18 000 machinistes. Elle a dénoncé, il y a un peu plus d’un an, les accords sur le temps de travail des conducteurs de bus pour se rapprocher des règles du cadre social territorialisé (CST, décret pris en application de la loi d’orientation des mobilités précisant les règles pour l’ouverture à la concurrence des bus et applicable le 1er janvier 2025). Son objectif est d’être compétitif face aux Keolis, Transdev et autres Lacroix & Savac.
La Régie a proposé une « augmentation de 120 heures de travail par an pour se rapprocher des 35 heures de travail hebdomadaires prévues dans le CST , alors que les conducteurs travaillent actuellement 33 heures par semaine, et la suppression de 6 RTT. Il est prévu, en contrepartie, une augmentation salariale de 2600 euros bruts annuels, ce qui correspond à un quatorzième mois », explique un porte-parole. En avril, date limite proposée à la signature des syndicats, aucun accord n’avait été signé. Dans ces conditions, explique-t-on à la RATP, c’est le CST qui s’appliquera automatiquement à partir de 2025.
IDFM cherche à déminer le terrain
Pour les organisations syndicales réunies en intersyndicale et qui manifestaient ce matin devant le ministère de l’Ecologie et des Transports, « ce n’est pas acceptable« . Cemil Kaygisiz, secrétaire général CGT RATP Bus dénonce « le choix fait par la direction d’anticiper l’évolution de nos conditions de travail dès 2022 « . Et prévient que c’est « le début d’un mouvement long« .
De son côté, IDFM cherche à déminer le terrain pour mieux prendre en compte les conditions sociales lors des mises en concurrence des bus. Un « cahier des exigences sociales » vient d’être présenté pour mieux réguler la concurrence lors des appels d’offres pour les bus Optile. Valérie Pécresse, la présidente d’IDFM, a demandé à Jean-Paul Bailly et à Jean Grosset d’entreprendre le même travail pour les bus exploités actuellement par la RATP à Paris et en petite couronne.
MH P

Le ticket à 9 euros mis en vente à partir d’aujourd’hui par la Deutsche Bahn
Malgré des difficultés liées au financement, le parlement allemand a voté, vendredi 20 mai, en faveur du « ticket à 9 euros » (9-Euro-Ticket) dans le cadre de son programme de lutte contre la hausse des prix de l’énergie.
Ce billet mensuel permettra de voyager dans tous les transports en commun du pays, publics et privés, y compris dans les TER. Il sera vendu dès lundi aux 5500 bornes de la compagnie ferroviaire allemande, Deutsche Bahn (DB). Cette opération marketing démarre le 1er juin et s’achève le 31 août. Pour compenser le manque à gagner des entreprises de transports, l’Etat a débloqué 2,5 milliards d’euros.C. B.
Les quatre demandes de Valérie Pécresse à Elisabeth Borne (et ses craintes)
« Elisabeth Borne est une personne de grande qualité, intelligente avec une grande capacité de travail », a souligné le 17 mai Valérie Pécresse, en marge d’une conférence de presse sur l’ouverture à la concurrence dans les bus. Mais, a-t-elle ajouté, « je pense qu’elle aura une difficulté : c’est qu’elle n’est pas élue… »
Interrogée sur ses principales demandes dans le domaine des transports, la présidente d’Ile-de-France, candidate LR malheureuse à la présidentielle, a indiqué porter principalement quatre revendications : la première, est également régulièrement réclamée par la profession : c’est la TVA à 5,5 % pour les transports du quotidien. « Une mesure importante pour la transition énergétique et dans un contexte inflationniste. Cela permettrait de ne pas augmenter les tarifs et de financer les transports publics » , commente Valérie Pécresse.
Deuxième demande, celle qui est aussi présidente d’IDFM attend « une priorité claire » en faveur des transports du quotidien. « Je crois que c’était la conviction d’Elisabeth Borne. Il faut qu’elle la garde. Je pense avant tout aux RER B et D. C’est une priorité absolue en Ile-de-France ».
Troisièmement, édicte Valérie Pécresse, « il faut que l’Etat actionnaire joue son rôle auprès de SNCF Réseau. Il n’est pas normal que tous les trois mois, SNCF Réseau augmente ses tarifs et fasse un chantage au calendrier. Ce n’est plus possible ! »
Enfin, l’élue demande à l’Etat de faire voter une loi « pour qu’enfin des recettes financent le fonctionnement du Grand Paris Express, sans avoir besoin d’augmenter les tarifs ». Il y a urgence, rappelle Valérie Pécresse, la première ligne du Grand Paris Express devant être mise en service dans deux ans. « Il y a trois ans, Edouard Philippe, alors Premier ministre, m’avait dit qu’on allait voter une loi ». Depuis, elle attend toujours…
Une dernière question sur la proximité d’Elisabeth Borne et de Catherine Guillouard qui lui a succédé à la tête de la RATP et qui s’est réjouie hier soir de sa nomination à Matignon? « J’espère que cela ne donnera pas lieu à un ralentissement de l’ouverture à la concurrence concernant la RATP… », tacle la présidente de région.
Marie Hélène Poingt

Le Shift Project parie sur le train
Le neuvième volet du Plan de transformation de l’économie française proposé par le Shift Project concerne la mobilité de longue distance. Au total, selon le think tank, « nos longs voyages représentent 9% des émissions de gaz à effet de serre du pays ». Et, pour sa mobilité de longue distance, « un résident français parcourt en moyenne plus de 7600 km cumulés par an ». Aujourd’hui, les voyages de longue distance reposent à 90% sur des modes de transport carbonés (voiture, avion).
Le Shift Project propose, à l’intérieur de l’Hexagone, de privilégier le voyage en train (multiplication par 3 d’ici 2050), tout en réduisant celle de l’avion (-35%) et celle de la voiture (-20%). Ce qui n’est possible qu’à condition de faciliter les premiers et derniers kilomètres grâce à une offre intermodale.Pour les emplois, la perte dans le secteur aérien (-38000 ETP) serait compensée par le gain dans le secteur ferroviaire (-37000 ETP). Sur les 30 ans allant de 2020 à, 2050, le Shift Project vise une division par 5 des émissions de gaz à effets de serre du transport aérien, au rythme de – 5% par an.
https://theshiftproject.org/article/rapport-final-voyager-bas-carbone-ptef/
