Catégorie : Politique des transports

Retrouvez toute l’actualité de la politique des transports: réglementation, législation, rapports d’élus, d’institutions et d’associations des transports

  • En Allemagne, Ludwigsburg abandonne le BHNS pour le tram

    En Allemagne, Ludwigsburg abandonne le BHNS pour le tram

    A une dizaine de kilomètres au nord de Stuttgart, la ville de Ludwigsburg (Bade-Wurtemberg, 93 000 habitants) devait être la première d’Allemagne à mettre en œuvre un BHNS, sur une ligne de 11 km. Mais le nouveau maire Matthias Knecht (sans étiquette) ne veut pas dans sa ville de « ces bus massifs importés de France ».

    Un tram à plancher bas remplacera vraisemblablement le projet de BHNS, mais sa mise en œuvre sera certainement plus longue que le projet précédent. À noter que si les trams de Ludwigsburg et ceux de Stuttgart (SSB) ont des chances de se rejoindre un jour à Pattonville, le réseau de la capitale du Land est à plancher et quais hauts, donc incompatible avec le projet à plancher bas de la ville voisine.

    P. L.

  • Jean-Pierre Farandou plaide pour un « plan Marshall européen » pour le ferroviaire

    Jean-Pierre Farandou plaide pour un « plan Marshall européen » pour le ferroviaire

    Le secteur ferroviaire ne doit pas être le grand oublié des politiques de relance estime la SNCF. Auditionné devant l’Assemblée nationale le 20 mai, son patron, Jean-Pierre Farandou, n’a pas caché ses inquiétudes sur la situation économique du groupe qui tire habituellement de ses TGV la plus grande partie de son cash.

    « Je suis inquiet pour les TGV qui n’ont transporté que 1 % du trafic habituel pendant le confinement, soit quasiment rien », a expliqué aux députés le PDG du groupe. Fin avril, l’entreprise affichait 2 milliards d’euros de manque à gagner auxquels il faut ajouter un milliard d’euros d’impact de la grève qui s’est poursuivie en janvier.

    Trois types de difficultés émergent : d’abord, des soucis de trésorerie, même si pour le moment la SNCF dispose des ressources pour tenir, après avoir été cherché des liquidités sur les marchés financiers. « Mais ces emprunts peuvent alourdir l’endettement », prévient Jean-Pierre Farandou. Deuxième question cruciale : quels investissements lancer prioritairement pour éviter que le réseau ne vieillisse encore plus ? Enfin, quand le marché va-t-il vraiment repartir ?

    Toute la filière est concernée

    « A quelle vitesse va-t-on pouvoir reprendre ? », s’interroge ainsi Jean-Pierre Farandou en rappelant que pour le moment les ventes de sièges sont limitées à un sur deux pour des questions de respect des distances physiques entre les voyageurs. A cela s’ajoute la règle des 100 km à ne pas dépasser.

    D’où la demande du patron de la SNCF d’un plan de relance du ferroviaire. « J’espère que l’Etat sera au rendez-vous », déclare-t-il en souhaitant que ce plan « sera mieux dessiné avant l’été ». Il permettrait entre autres « de nous aider à retrouver des capacités d’investissements ». Derrière la SNCF, c’est toute une filière qui est concernée, ajoute Jean-Pierre Farandou.

    Il y a urgence car, en plus de la crise, la SNCF devrait prochainement être confrontée à une situation inédite avec d’une part, l’arrivée de la concurrence sur son réseau domestique, d’autre part, des règles d’endettement plus strictes liées à la réorganisation du groupe depuis janvier et la mise en place de nouvelles SA. « La concurrence va obliger à se questionner sur la péréquation existante. Or c’est le TGV qui porte les activités non rentables comme les trains d’équilibre du territoire », souligne encore Jean-Pierre Farandou.

    La survie de Fret SNCF en jeu

    De plus, la survie de Fret SNCF, qui détient plus de la moitié du marché, est menacée. « Veut-on conserver un minimum de fret ferroviaire ? », demande encore le PDG de la SNCF, pour qui il faut un système d’aide pérenne. « Il y a une énorme initiative à prendre au niveau européen dans le cadre du green deal », ajoute-t-il, en évoquant « un grand plan Marshall européen », qui permettrait de moderniser les infrastructures et de résorber les goulets d’étranglements.

    Marie Hélène Poingt

  • Deux nouvelles attestations de déplacement depuis le 11 mai

    Deux nouvelles attestations de déplacement depuis le 11 mai

    Hausse rapide de l’offre de transport et limitation de la demande, ce sont deux des principes fixés par les pouvoirs publics pour réussir le déconfinement. « Notre objectif, c’est que la fréquentation des transports publics, aujourd’hui de 6 %, reste limitée à 30 % », a expliqué le 7 mai Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique, en prenant la parole après le Premier ministre sur les modalités du déconfinement.

    Dans cet objectif, le gouvernement a rappelé qu’il compte sur un maintien le plus large possible du télétravail et sur le lissage des heures de pointe dans les transports publics.

    Pour faire appliquer ces règles, le gouvernement a accepté la demande de Valérie Pécresse, la présidente d’Ile-de-France Mobilités, qui souhaitait réserver l’utilisation des transports aux heures de pointe aux salariés détenteur d’une attestation de l’employeur précisant les horaires d’entrée et de service au travail. La présidente de la région Ile-de-France avait d’ailleurs fait inscrire cette proposition dans une charte signée le 6 mai avec l’Etat, les collectivités, les employeurs, les syndicats et les opérateurs de transports, et validée par le gouvernement.

    Cette nouvelle attestation employeur va donc voir le jour à partir du 11 mai mais elle n’est pour l’instant prévue qu’en Ile-de-France. Les passagers porteurs d’une attestation de déplacement pour raison impérieuse (santé, convoyage des enfants à l’école, aide à une personne âgée…) seront aussi autorisés à emprunter les transports publics aux heures de pointe.

    « C’est aux collectivités en charge des transports et aux opérateurs de prendre des dispositions pour limiter la fréquentation », a commenté la ministre, en évoquant aussi la possibilité de fermer certaines gares ou certaines stations en cas d’afflux trop importants de voyageurs.

    Pour permettre le respect des distanciations entre les voyageurs, l’offre de transport en Ile-de-France devrait passer de 30 % en moyenne pendant la période de confinement à 75 % dans un premier temps. Ailleurs, le niveau de circulation des transports de proximité devrait atteindre un minimum de 50 % à partir du 11 mai avant de revenir à la normale en juin, a indiqué Elisabeth Borne.

    A l’inverse, les transports interrégionaux vont rester limités. Le niveau de circulation des TGV et des Intercités, actuellement de 7 % sera dans un premier temps porté à 20 % ou 30 % en mai et ne devra pas dépasser 40 % fin mai. Seule une place sur deux pourra être vendue.

    Les voyageurs devront tous porter un masque à partir de l’âge de 11 ans. Faute de quoi ils risquent une amende de 135 euros. Une loi permettra aux agents assermentés de verbaliser ceux qui ne respecteraient pas ces obligations.

    Une autre attestation professionnelle ou familiale est également prévue à partir du 11 mai pour les déplacements au-delà de 100 km qui seront calculés à vol d’oiseau. Des contrôles seront effectués par les forces de l’ordre, a indiqué Christophe Castaner. Le ministère de l’intérieur a prévu jusqu’à 20 000 policiers et gendarmes pour ces contrôles.

    M.-H. P. 

     

     

  • Le gouvernement confirme qu’Air France devra fermer des lignes au bénéfice du TGV

    Le gouvernement confirme qu’Air France devra fermer des lignes au bénéfice du TGV

    Avec le vélo, le train fera-t-il partie des gagnants de l’après-crise ? Auditionnés cet après-midi devant l’Assemblée nationale, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, et Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique, ont clairement confirmé qu’en contrepartie de l’aide financière de 7 milliards d’euros apportée à Air France, des efforts conséquents lui seront demandés pour qu’elle devienne « la compagnie la plus respectueuse de l’environnement ».

    Air France devra notamment « renouveler sa flotte pour baisser de 20 à 25 % ses émissions de CO2 et incorporer des biocarburants d’ici 2025 », a précisé Elisabeth Borne. Elle devra aussi « redimensionner » son réseau intérieur quand il y a une alternative ferroviaire permettant un trajet en moins de 2 h 30 », a ajouté Elisabeth Borne en précisant que cela se ferait en association avec les territoires.

    Bruno Le Maire a été encore plus clair : « Si des liaisons ferroviaires permettent de se déplacer en moins de 2 h 30, cela suppose très clairement la fermeture de lignes », a déclaré le ministre.

    Celui-ci a également indiqué que ces « propositions fortes et même radicales » posaient trois séries de questions pour lesquelles il n’avait pas encore de réponse. D’une part, il faudra voir comment Air France parviendra à concilier les exigences environnementales aux exigences de compétitivité pour lui permettre de résister à la concurrence, notamment à celle des compagnies low cost.

    D’autre part, il faudra renforcer l’intermodalité, ce qui passe par un travail entre la SNCF, les collectivités et transports régionaux. Enfin, il faudra se poser la question de l’extension des terminaux qui pourraient être remise en question.

    Une politique de complémentarité entre les modes de transport semble se mettre en place, prenant enfin en compte leur dimension environnementale. Elle passe aussi par des investissements conséquents en faveur du réseau ferroviaire dont une grande partie est vieillissante et soumise à des ralentissements pour des raisons de sécurité. On attend maintenant d’en connaître plus précisément les contours et les réactions des élus locaux, alors que Bruno Lemaire reconnaît que « les conséquences locales seront lourdes ».

    Marie-Hélène Poingt

  • Port du masque obligatoire et limitation du nombre de voyageurs dans les transports publics

    Port du masque obligatoire et limitation du nombre de voyageurs dans les transports publics

    Le déconfinement dans les transports est l’un des plus difficiles à mettre en place, a reconnu le Premier ministre lorsqu’il a décliné les modalités de sa mise en oeuvre, d’abord devant l’Assemblée nationale le 28 avril, puis devant le Sénat le 4 mai. Les opérateurs de transport ont obtenu ce qu’ils réclamaient avec force: le port du masque obligatoire dans tous les transports publics. Une mesure indispensable à leurs yeux en raison de l’impossibilité de garantir le respect des distances sociales, expliquent-ils.

    Mais en même temps, Edouard Philippe leur a demandé de s’assurer du respect des « gestes barrières ». Autrement dit de limiter le nombre de voyageurs « au moins pour les trois semaines à venir ».  Selon le Premier ministre, « cela veut dire, par exemple, que la capacité du métro parisien sera réduite à moins de 30 % du nominal. Qu’il faudra condamner un siège sur deux, favoriser, par des marquages au sol, la bonne répartition sur les quais, se préparer à limiter les flux en cas d’affluence … ».

    C’est précisément ce que ne souhaitaient pas les opérateurs de transport, tant les mesures s’annoncent complexes à mettre en œuvre. Comment faire respecter ces gestes barrières et la limitation des flux ? Alors qu’il était auditionné mi-avril par le Sénat, Jean-Pierre Farandou avait expliqué que, « dans les trains de banlieue d’Ile-de-France par exemple,si on nous impose de mettre un mètre ou un mètre et demi entre chaque passager, avec 100% des trains on ne transporte que 20% de ce qu’on transporte d’habitude… Donc ça ne marche pas!« 

    Pour la RATP, c’est aussi un casse-tête.  RATP explique  continuer à « travailler l’offre de transport en vue du 11 mai, suite à ces annonces, avec un objectif global annoncé de 70 % au global à concilier avec un objectif de distanciation sociale ». La Régie, qui envisageait une offre de transport de 70 % du niveau habituel à partir du 11 mai, puis une offre croissante au fil du temps, a travaillé « à un plan de marquage au sol des distanciations. Cela concerne notamment les grandes gares et les pôles multimodaux avec des marquages près des guichets, dans les couloirs de correspondance et sur les quais. Nous travaillons par ailleurs à un marquage par « nudge » pour permettre d’espacer les voyageurs sur les sièges des quais des stations et gares et dans les rames », nous a-t-elle indiqué.
    De son côté, Thierry Mallet, le PDG de Transdev a expliqué sur France Inter qu’il envisageait « d’indiquer les sièges qui ne sont pas utilisés, et éventuellement de mettre des marquages au sol pour indiquer le positionnement des personnes quand elles vont être debout (…) pour que les gens puissent bien maintenir la bonne distance de sécurité entre eux« .  Il compte aussi mettre à disposition, dans la plupart des véhicules, du gel hydro-alcoolique pour que les personnes puissent se laver les mains en montant à bord.

    La RATP compte aussi renforcer de 30 % les équipes de nettoyage qui désinfecteront quotidiennement les matériels et les espaces. « Des tests sont par ailleurs en cours dans 2 centres bus et sur le métro d’un processus de nettoyage par nébulisation (procédé de vaporisation de gouttes de produit virucide de 20 microns environ) », précisait-elle fin avril.

    Selon Edouard Philippe, « les transports aux heures de pointe doivent être réservés à ceux qui travaillent ». Le chef du gouvernement précise que l’Etat apportera son concours. « S’il faut organiser les flux, réserver les transports à certaines heures à certaines populations, nous pouvons y arriver ensemble », explique-t-il. Il estime aussi que les opérateurs de transport doivent augmenter rapidement leur offre de transport.  L’offre de transports urbains doit être rehaussée au plus vite à son niveau maximum, indique-t-il.

    Limiter les déplacements au-delà de 100 km

    Le Premier ministre demande aussi aux entreprises de décaler les horaires d’entrée et de sortie des bureaux pour lisser les heures de pointe et de recourir autant qu’elles le peuvent au télétravail. Jean-Pierre Farandou a d’ailleurs annoncé tout à l’heure dans un tweet que la SNCF prolongeait de quatre semaines le recours au télétravail pour les cheminots pouvant travailler à distance. Et il appelle l’ensemble des entreprises à faire de même. (https://twitter.com/JPFarandou/status/1255045333354196993?s=20).

    Enfin, les bus scolaires circuleront à moitié vides, avec obligation de port du masque pour les collégiens et les chauffeurs. Le port du masque sera également obligatoire dans les taxis et les VTC qui ne disposent pas de protection en plexiglas.

    La logique est inverse pour les déplacements longue distance (qui resteront soumis à autorisation pour les trajets de plus de 100 km après le 11 mai, en deçà on pourra circuler librement) « Nous voulons réduire ces déplacements aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux, pour des raisons évidentes de limitation de la circulation du virus. Et donc, nous allons continuer à réduire l’offre, à exiger une réservation obligatoire dans tous les trains, à décourager les déplacements entre départements », a également précisé le Premier ministre.

    Marie Hélène Poingt

    Qui contrôlera le port du masque?

    « Le principe c’est que si le port du masque est obligatoire il y aura évidemment contrôle et possiblement sanction », a indiqué Jean-Baptiste Djebbari, le secrétaire d’Etat aux Transports, qui s’exprimait le 29 avril sur Europe 1. « Il y aura, dans la loi, dans les décrets, la prévision, ou la possibilité d’appliquer effectivement des contrôles, des contrôles par les forces de l’ordre, des contrôles par les opérateurs de sûreté de la SNCF et de la RATP, par exemple, et oui il y aura sanction si le port du masque n’est pas respecté, parce que nous parlons de sécurité sanitaire ».

  • La Fnaut critique la remise en cause des investissements ferroviaires

    La Fnaut critique la remise en cause des investissements ferroviaires

    Du fait de la crise sanitaire, l’Etat a demandé à la SNCF de revoir sa trajectoire financière, a indiqué le secrétaire d’Etat aux Transports lors de son audition devant le Sénat le 10 avril. Jean-Baptiste Djebbari a prévenu que la SNCF subirait « des pertes considérables » et que cela « oblige » à revoir tous les sujets, « calendrier, priorisation, rephasage des différents travaux… »

    Des investissements seront donc remis à plus tard, mais pas ceux touchant à la sécurité, a ajouté le secrétaire d’Etat, précisant que le plan de sauvetage des petites lignes ne serait pas remis en cause. « J’ai demandé à Jean-Pierre Farandou de travailler sur ces sujets avec ses équipes », a-t-il indiqué.

    « La loi prévoit une trajectoire financière à la fois pour le groupe SNCF et pour SNCF Réseau, sa filiale gérant les voies ferrées », a également rappelé Jean-Baptiste Djebbari. La loi ferroviaire de 2018 impose en effet au groupe SNCF d’atteindre un « équilibre économique » -c’est-à-dire qu’il doit assurer le fonctionnement du système ferroviaire sans endettement supplémentaire- avant 2022. SNCF Réseau doit parallèlement atteindre cet objectif d’ici à 2024.

    Les comptes du groupe public avaient déjà été fragilisés par les pertes occasionnées par la grève ainsi que par des charges supplémentaires liées à la loi Didier -des ponts supplémentaires à la charge de SNCF Réseau-, la sortie du glyphosate et la reprise par SNCF Réseau d’un certain nombre de petites lignes.

    « Quand nous aurons stabilisé les chiffres, quand cette crise sera à son terme, nous devrons tirer toutes les conséquences sur le plan financier pour le groupe et sur le plan de l’investissement », a résumé le secrétaire d’Etat.

    La FNAUT s’indigne du traitement réservé au ferroviaire

    Réagissant à cette annonce, la Fnaut s’est indignée du traitement à part réservé au ferroviaire. « S’il est normal, en période de crise, que l’Etat aide les secteurs en difficulté, par exemple le transport aérien ou l’industrie automobile, il est incompréhensible que le transport ferroviaire soit exclu de son intervention. Pourquoi cette inégalité de traitement contraire à toute logique ? », s’est interrogée, dans un communiqué, la fédération qui représente les usagers. Selon elle, « l’intérêt général doit primer : les critères de choix des investissements doivent être revus en intégrant plus fortement les contraintes environnementales, par ailleurs sources d’emplois nouveaux ». Une position analogue, rappelle-t-elle, à celle prônée par la Convention citoyenne pour le climat qui réclame davantage d’investissements en faveur du rail.

    M.-H. P. 

  • Ubitransport prévoit toujours 50 recrutements cette année

    Ubitransport prévoit toujours 50 recrutements cette année

    Audrey Bareille a rejoint en mars Ubitransport pour devenir la nouvelle directrice des Ressources Humaines. Cette ancienne de RATP Dev (pendant quatre ans, elle a été chargée des RH de huit filiales en Auvergne-Rhône-Alpes / Suisse) a été recrutée pour accompagner « l’hypercroissance » de la société, explique Ubitransport qui propose des solutions numériques pour gérer les transports (aide à l’exploitation, suivi de la fréquentation, information voyageurs, billettique…)

    Ubitransport, qui vient de créer ce département Ressources Humaines dirigée par Audrey Bareille, a mis tous ses salariés en télétravail et maintient son objectif de pourvoir 50 postes comme prévu cette année. « Les postes ouverts cette année concernent tous les métiers et les sites Ubitransport : R&D, fonctions support, commerce… sur Mâcon, Lyon, Cagnes-sur-Mer et Paris, en renforcement des équipes ou création de postes », précise l’entreprise dans un communiqué.

  • Vincent Ducrot succède à Andreas Meyer à la tête des CFF en pleine crise du Coronavirus

    Vincent Ducrot succède à Andreas Meyer à la tête des CFF en pleine crise du Coronavirus

    Directeur général des CFF depuis 2007, Andreas Meyer (58 ans) a été remplacé à la tête des Chemins de fer fédéraux suisses le 1er avril par Vincent Ducrot (57 ans). Au fils de cheminot passé par la Deutsche Bahn succède le dirigeant des Transports publics fribourgeois (TPF), qui avait quitté les CFF en 2011, après 18 ans de carrière.

    Un bilan mitigé

    Interrogé par l’ATS (Agence télégraphique suisse), Andreas Meyer met à son actif l’augmentation de 50 % du trafic voyageurs, le développement du secteur immobilier, l’assainissement de la caisse de pension et de CFF Cargo, mais aussi le maintien de la concession du trafic grandes lignes.

    Côté critiques, il reconnaît que des améliorations sont nécessaires au niveau de la ponctualité. Les problèmes « ont été clairement identifiés et des solutions sont en cours de réalisation », précise-t-il à l’ATS. Interrogé sur les reproches du personnel et des syndicats d’avoir perdu le contact avec eux, le DG sur le départ estime que « ces sentiments sont liés à la numérisation de l’entreprise » et l’instauration d’une nouvelle dynamique. Toutefois, « nous n’avons pas toujours bien su expliquer à notre personnel ce que nous faisions », reconnaît-il.

    Une reprise « en deux ou trois étapes »

    Prévue depuis septembre, cette succession s’effectue dans un contexte « relativement compliqué », selon les termes utilisés par le nouveau DG dans le cadre de sa conférence de presse inaugurale, retransmise par vidéo.

    Présenté dans le monde entier comme un cas modèle, le système ferroviaire suisse n’en est pas moins touché par les conséquences de l’épidémie de Covid-19. Pour faire face à une chute de la demande de l’ordre de 80 à 90 %, les CFF ont réduit leur offre d’environ 25 % en trois étapes. Mais pour Andreas Meyer, dans une interview publiée dans Le Temps, « il n’est pas exclu – et je l’espère – qu’il en reste des traces durables : cela pourrait par exemple être bénéfique pour une meilleure répartition des déplacements entre les heures de pointe et les heures creuses ».

    Tant l’ancien que le nouveau DG des CFF envisagent déjà la reprise après la crise actuelle. Si Andreas Meyer voit les défis à la lumière de la situation actuelle (chantiers interrompus, mises en service des trains à deux niveaux Bombardier Twindexx et du tunnel de base du Ceneri), son successeur voit vers l’avenir, ajoutant que « les gens auront de nouveau envie de sortir ». Mais il concède que « nous ne pouvons pas revenir à la normale en un seul coup ». « Nous attendons de connaître les règles du jeu du redémarrage de l’économie », estime Vincent Ducrot, envisageant une reprise « en deux ou trois étapes ».

    P. L.

  • LA SNCF va recourir au chômage partiel

    LA SNCF va recourir au chômage partiel

    C’est une situation inédite à la SNCF : pour la première fois de son histoire, l’entreprise nationale va recourir au chômage partiel pour une partie de ses salariés qui se retrouvent aujourd’hui sans travail. Elle l’a en effet indiqué aux organisations syndicales au cours d’une réunion organisée le 2 avril dernier. Contactée par VRT, la direction de la SNCF a confirmé que « le sujet est sur la table dans l’entreprise et les équipes RH y travaillent comme dans beaucoup d’autres grands groupes ».

    Après un lobbying des entreprises publiques, le gouvernement a en effet accepté d’inclure dans son ordonnance publiée au JO le 28 mars dernier « les salariés des entreprises inscrites au répertoire national des entreprises contrôlées majoritairement par l’Etat ». Sont donc éligibles des entreprises comme la SNCF, la RATP, EDF, GRDF…

    Selon plusieurs sources syndicales, la direction de la SNCF s’est engagée oralement à ce que les agents qui seraient mis en chômage partiel continuent à percevoir 100 % de leur rémunération, à l’exception des éléments variables de soldes (EVS) et des allocations généralement liés à des déplacements. Rappelons que le dispositif général prévoit des indemnités à hauteur de 70 % de la rémunération horaire brute, qui ne peuvent toutefois pas être inférieures au Smic.

    Une question traitée au niveau régional

    La direction de la SNCF souhaiterait également traiter le sujet au niveau régional, chaque établissement étant chargé de déterminer quels sont les cheminots à mettre en chômage partiel, explique Sébastien Mariani, le secrétaire général adjoint de la CFDT-Cheminots. Le syndicaliste rappelle que « dans le cadre de l’assurance chômage, la SNCF est auto-assureur pour tous ses salariés, y compris pour les contractuels ». Ce qui permet de réduire les cotisations sur les fiches de paie, puisque l’entreprise est, en temps normal, très peu concernée par les mises au chômage, ayant une majorité de salariés au statut.

    Selon Didier Mathis, le secrétaire général de l’UNSA-Ferroviaire, il est normal que l’entreprise bénéficie d’une aide financière puisque c’est l’Etat qui fixe le niveau de service à assurer par les TGV. Des TGV qui roulent quasiment à vide…

    « Par ce dispositif, l’État prend en charge une partie des salaires versés par l’entreprise et l’exonère de charges sociales. Cela représente une aide importante au moment où l’entreprise connaît un coup d’arrêt de son activité« , explique la SNCF dans Temps Réel, un organe d’informations interne. « Avec 7 % pour les grandes lignes, 25 % en Ile-de-France et 16 % des TER, l’activité s’est, de facto, réduite », rappelle de son côté un porte-parole. D’où un nombre très conséquent d’agents sans travail, que l’entreprise se refuse pour le moment à communiquer. La direction a également demandé à chaque salarié de poser 5 jours de repos en avril « pour participer à l’effort de solidarité nationale« .

    Quant aux salariés des qualifications A à F, qui continuent à travailler, ils percevront une «indemnité compensatrice exceptionnelle de service restreint» permettant de compenser la perte des éventuels EVS (indemnités, primes, allocations) qui auraient été perçus s’ils avaient continué à assurer leur service habituel.

    La RATP aussi…

    La RATP va aussi demander à bénéficier du dispositif de chômage partiel selon l’UNSA RATP. Mais les agents de la RATP devraient percevoir 100 % de leur rémunération, indique Thierry Babec. Le secrétaire général de l’Usa-Ferroviaire évalue à 12 000 le nombre des absences chaque jour. Un chiffre qui couvre tous les types d’absences, notamment le chômage partiel mais aussi les arrêts maladie et pour gardes d’enfants, selon des chiffres qui lui auraient été communiqués par la direction. Contactée par VRT, la RATP n’a pas pu confirmer ces chiffres.

    Marie-Hélène Poingt

     

     

  • Le renouveau du réseau de Nouméa

    Le renouveau du réseau de Nouméa

    Confrontée à un développement à grande vitesse depuis une vingtaine d’années, l’agglomération de Nouméa (en Nouvelle-Calédonie), aujourd’hui 180 000 habitants, a réorganisé son réseau de transport public pour l’adapter à la nouvelle donne. L’autorité organisatrice (SMTU), créée en 2010, a décidé de fusionner les deux réseaux historiques (Carsud et Karuïa) qui coexistaient jusqu’alors en lui donnant un nom unique, Tanéo (https://www.taneo.nc)

    Toutefois les deux opérateurs historiques, dont la délégation de service public a été renouvelée pour huit ans il y a un an et demi, continuent à exploiter leurs lots respectifs. « L’objectif était que les usagers aient le sentiment d’être transportés dans un seul et même réseau, en ayant accès à une billettique, une information, un service commercial et un système d’exploitation uniques », explique Christophe Lefevre, le directeur du SMTU.

    Des BHNS à 95 % en site propre

    Le nouveau réseau a été mis en service le 12 octobre dernier, en une nuit. L’occasion de lancer des BHNS : 22 Crealis Iveco Bus articulés de 18 mètres circulent désormais sur un parcours de 13,5 km, à 95 % en site propre, en desservant des stations rénovées. « Avec ce nouveau réseau, nous avons réalisé un saut de 10 ans et rattrapé notre retard », estime Christophe Lefevre.

    200 millions d’euros ont été investis, auxquels il faut ajouter 20 millions d’euros pour la billettique, le SAEIV et la radio.

    Actuellement, 25 000 voyageurs empruntent chaque jour le réseau. L’objectif est de rattraper les clients qui s’en étaient détournés au moment des travaux et d’attirer un trafic supplémentaire en transportant chaque jour 35 000 personnes. La SMTU espère aussi revenir à son -bon- taux de couverture des dépenses d’exploitation par les recettes commerciales (qui était de 50 % avant la mise en service) pour absorber les nouveaux coûts de fonctionnement.

    M.-H. P.