Catégorie : Politique des transports

Retrouvez toute l’actualité de la politique des transports: réglementation, législation, rapports d’élus, d’institutions et d’associations des transports

  • La SNCF se mobilise pour acheminer les bacheliers

    Ne pas rater son examen de fin d’année scolaire nécessite d’abord d’arriver à l’heure, ce qui peut s’avérer compliqué en cas de grève des transports.

    Depuis 2014,  la SNCF met en place le dispositif « SNCF Exams » sur le territoire national en lien avec le ministère de l’Education nationale et les rectorats en cas de situations perturbées. Cette année, la société nationale annonce qu’elle « sera présente aux côtés des lycéens et des collégiens, en particulier pendant les jours de grève » pour leur permettre d’arriver sur les lieux d’examen, du 6 au 29 juin.

    Concrètement, sur les lignes desservant les centres d’examen, les trains sont garantis « aux moments clés » et « une attention particulière » est portée à ces rames par les agents. Des panneaux et des gilets rouges sont aussi présents pour guider les candidats aux examens. Selon la SNCF, si des incidents affectaient tout de même des trains, « le rectorat pourrait accepter un léger retard des candidats ».

  • La CGT contre les « multinationales françaises » en Corée

    La CGT contre les « multinationales françaises » en Corée

    A l’approche des élections municipales de juin 2018, les syndicalistes du KPTU, « syndicat qui représente les travailleurs de la ligne 9 du métro de Séoul, et une coalition d’organisations de la société civile font campagne pour que celle-ci entre dans le giron public », selon un communiqué de la CGT Transports.

    Pour le syndicat français, « la ligne 9 du réseau métropolitain de Séoul est la seule à être exploitée par le secteur privé, à savoir RATP Dev et Transdev. Ces deux multinationales françaises qui réalisent, chaque année, des millions de dollars de bénéfices, poussent les travailleurs à accepter des conditions de travail détériorées par rapport à leurs collègues du secteur public. »

    La CGT se réfère à une enquête auprès des usagers de la ligne 9, selon laquelle « 70 % des personnes interrogées disent avoir rencontré des problèmes du fait de la surcharge des voitures et du manque de personnel en station. 92 % soutiennent la municipalisation de la ligne 9 ».

  • Une consultation « Prévention santé » pour les non-cadres de la branche Transport

    Une consultation « Prévention santé » pour les non-cadres de la branche Transport

    Le 5 juin, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et le groupe de protection sociale Klesia ont présenté conjointement un dispositif de prévention santé inédit, qui vise dans un premier temps 600 000 salariés non-cadres de la branche Transport : transport routier de voyageurs, de marchandises, transports urbains hormis RATP et SNCF.

    A compter de l’été 2018, ces salariés pourront bénéficier d’une consultation Prévention auprès du médecin de leur choix et d’un suivi de prévention spécifique et personnalisé, adaptés aux risques sanitaires de leur profession. Actuellement, le coût des accidents du travail et maladies professionnelles de la branche Transport représente 5,5 % de la masse salariale pour les entreprises du secteur. La consultation comportera un questionnaire de 44 items (habitudes alimentaires, tabagisme, activité physique, antécédents familiaux et personnels, allergies…), un examen clinique complet (ophtalmo, ORL, IMC…) et, si besoin, d’éventuelles explorations fonctionnelles (débit expiratoire, glycémie…) », énumère le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF.

    La consultation (125 euros), totalement gratuite pour le salarié, sera intégralement prise en charge par le fonds de prévention de la branche Transport, géré par Carcept (groupe Klesia). Le salarié disposera d’un relevé de conclusion assorti de conseils personnalisés respectant le secret médical. Son médecin traitant en recevra une synthèse.

    L’objectif de ce dispositif innovant est d’améliorer in fine le quotidien des salariés, et surtout de prendre en compte les risques professionnels spécifiques à leur métier afin d’éviter la survenue d’affections longue durée. « Le “care” plutôt que le “cure” », comme l’a résumé, en usant des termes anglais, Christian Schmidt de La Brélie, DG de Klesia. Soit le cercle vertueux du « prévenir plutôt que guérir », en écho aux objectifs du Plan national de santé publique annoncé fin mars par Agnès Buzyn, ministre de la Santé.

    A. J.-L.

  • « Je souhaite lancer le premier RER métropolitain »

    « Je souhaite lancer le premier RER métropolitain »

    Interview de Benoît Simian, député LREM de Gironde

    Benoît Simian, député LREM de Gironde et rapporteur du budget Transports à la commission des finances de l’Assemblée nationale, connaît bien le monde des transports, tout particulièrement la SNCF où il a travaillé (il est actuellement détaché) et avec laquelle il entretient des relations en tant qu’élu (il est aussi maire de Ludon-Médoc). Pour améliorer les transports du quotidien, il soutient l’idée de développer des RER métropolitains et mise sur le train à hydrogène, pour revitaliser des petites lignes.

     

    Ville, Rail & Transports. Que peut-on attendre de la future loi d’orientation des mobilités (LOM) ?
    Benoît Simian. Les Assises de la mobilité ont suscité beaucoup d’espoir chez nos concitoyens et parmi les acteurs du secteur. Il y a eu beaucoup d’écoute de la part des pouvoirs publics. Mais il est vraiment dommage d’avoir changé ce qui était initialement prévu : la LOM devait comporter trois volets : une partie programmation, un volet sur la réforme ferroviaire et un autre sur la stratégie liée à la mobilité.
    Finalement, le gouvernement a choisi de passer par ordonnances sur la réforme ferroviaire. Et cela a éclipsé tout le reste. Or, tout traiter dans la même loi avait du sens pour disposer d’une vision d’ensemble.
    J’entends parfois dire que le déclin du fret ferroviaire est dû à l’ouverture à la concurrence. Mais si on a échoué, c’est justement parce qu’on n’avait pas prévu un nouveau modèle pour le fret ferroviaire avant de le libéraliser. C’est pourquoi il n’aurait pas fallu déconnecter la réforme ferroviaire de tout le reste.
    Après la réforme ferroviaire, il nous restera donc à traiter la stratégie des mobilités et la loi de programmation. J’applaudis quand la ministre des Transports explique vouloir mettre le paquet sur les transports du quotidien et sur la régénération du réseau. On arrête le « tout TGV » même s’il ne faut pas faire du TGV bashing.
    Les Français ne veulent pas forcément aller plus vite. Ils veulent un transport fiable. Je serai donc attentif en tant que rapporteur du budget à ce que les crédits alloués à la régénération soient effectivement affectés à ce poste.

    VR&T. Concrètement quels projets pourraient voir le jour demain grâce à la LOM ?
    B. S. La LOM doit définir une stratégie des mobilités, réfléchir aux mobilités du futur et proposer une boîte à outils. Car la révolution des mobilités doit être menée par les élus locaux eux-mêmes.
    De ce point de vue-là, Bordeaux et sa région offrent un excellent cas pratique. Je crois beaucoup aux RER métropolitains préconisés par Elisabeth Borne.
    Je souhaite notamment relancer la ligne du Médoc (Bordeaux – Le Verdon). Entre Bordeaux et Macau, qui se situe sur une zone dense, je propose de faire circuler un tram sur le réseau ferré national. Ce qui réduirait les coûts : un tram coûte 3 millions d’euros, contre 7,5 millions pour un train. Ce pourrait être le premier RER métropolitain !
    Pour le financer, j’en appelle à la solidarité des territoires : Bordeaux Métropole, la Nouvelle-Aquitaine, et les intercommunalités concernées devront se mettre autour de la table pour signer un contrat de mobilité (autorisé par la LOM). La participation financière des communes sera possible grâce au « versement mobilité » que devrait prévoir la LOM.
    Sur le tronçon allant de Macau jusqu’à Soulac-sur-Mer, où il faut gagner la bataille de la congestion et de la pollution, je propose une autre solution : lancer une étude pour recourir à un train à hydrogène. De ce fait, nous n’aurions pas besoin de refaire la caténaire comme c’est prévu dans le CPER puisque cet équipement est arrivé en bout de course, mais nous en attendons toujours la réfection. Nous pourrions ainsi économiser plus de 45 millions d’euros.
    Alstom a déjà développé un train à hydrogène en Allemagne, le Coradia iLint, mais il n’est pas duplicable en France. Alstom a besoin d’une enveloppe de 50 millions d’euros pour investir en recherche-développement dans ce domaine. A priori, il suffirait d’équiper les TER avec une pile à combustible adaptée. Ce qui reviendrait à dépenser un million d’euros par train. Si nous devons développer une centrale photovoltaïque à proximité, cela nous coûterait au maximum 10 millions d’euros. Cela a d’autant plus de sens que nous sommes dans un parc régional naturel.
    Début juin, une réunion de travail sera organisée sur ce projet avec la SNCF, l’Ademe et la Nouvelle-Aquitaine. Une autre suivra avec Alstom et l’EPSF. Il faut avancer étape par étape. Si on veut concrétiser notre projet dans cinq ans, il faut le lancer maintenant, d’autant qu’un appel à projet hydrogène est prévu. Une étude sera rendue publique début juillet par la région, la métropole et la SNCF.
    L’hydrogène peut représenter une bouffée d’oxygène pour les petites lignes.

    VR&T. Quels financements préconisez-vous pour alimenter l’Afitf ?
    B. S.Il faut disposer de recettes affectées. Je regrette le fiasco de l’écotaxe, abandonné fin 2014, et qui nous a fait renoncer à 800 millions d’euros annuels. Simplement parce que les Bretons n’en voulaient pas. On aurait réglé toute l’équation financière avec l’écotaxe.
    Aujourd’hui, je pousse pour une taxe affectée aux régions (une taxe « régio-transit » puisqu’il faut bannir le terme écotaxe), qui leur donnerait la capacité fiscale d’investir sur l’une de leurs principales dépenses, le ferroviaire.
    Or, actuellement, on entend dire que la ministre des Transports souhaite lancer une vignette poids lourd alors que la Commission européenne veut interdire l’eurovignette à partir de 2022 pour la remplacer par une indemnité kilométrique.
    Au niveau national, on peut s’inspirer du modèle proposé par l’Unipef (Union nationale des ingénieurs des ponts et forêts) ; qui estime qu’en 2031, lorsque les premières concessions d’autoroutes arriveront à échéance, on pourrait maintenir les péages et affecter les recettes à l’Afitf.
    Ce serait un gage de financement pour l’avenir.
    Je pense qu’au niveau local, il faut être girondin, au niveau national, il faut être innovant. Ainsi, on pourrait aussi sortir de la pause, car je ne peux pas croire qu’on ne lance plus de projets d’infrastructures dans ce pays.

    VR&T. Vous avez fait partie du Comité d’orientation des infrastructures présidé par Philippe Duron. Quelle position avez-vous soutenue ?
    B. S. Il faut lancer des lignes nouvelles lorsque le réseau est saturé, lorsque c’est justifié. C’est typiquement le cas de Bordeaux – Toulouse, qui est un corridor européen et a droit de ce fait à des subventions européennes à hauteur de 20 %. Alain Rousset [président de la Région Nouvelle-Aquitaine, NDLR] a proposé de faire une société de projet sur le modèle du Grand Paris. Cet axe, qui contribuera à améliorer les transports du quotidien, a aussi du sens pour le transport de fret.
    Je me suis battu aussi pour le grand contournement routier de Bordeaux pour qu’il figure dans le rapport : la réalisation n’est pas prévue avant 2037, mais le rapport indique qu’il convient d’engager des études pour lesquelles il faudra obtenir des crédits.
    Par ailleurs, il faut continuer à investir sur la route. Il ne faut répéter pas la même erreur que celle faite avec le ferroviaire dans lequel on a sous-investi pendant des années. On en paye désormais les conséquences. L’avènement du véhicule autonome, le développement actuel du covoiturage montrent que la route a de l’avenir.
    Actuellement, ce qui me préoccupe beaucoup, c’est la situation des contrats de plan Etat-région : l’état de réalisation est extrêmement bas. En Nouvelle-Aquitaine, le taux de réalisation des engagements de l’Etat n’est que de 8 %. Et on est à mi-parcours !
    En réalité, l’Etat a beaucoup trop promis, et du coup ne tient pas ses engagements. Cela crée un doute sur la parole de l’Etat. On a tellement peu investi ces dernières années qu’il y a des ralentissements partout sur le réseau ferré. Désormais, on se pose la question des fermetures… D’où mes propositions pour revitaliser les petites lignes.

    Propos recueillis par Marie-Hélène POINGT

  • La cagnotte de solidarité avec les grévistes de la SNCF en cours de redistribution

    La cagnotte de solidarité avec les grévistes de la SNCF en cours de redistribution

    Lancée par une trentaine d’artistes et d’intellectuels sur la plateforme en ligne Leetchi, le 23 mars en solidarité avec les cheminots grévistes, la cagnotte a dépassé 1,16 million d’euros récoltés auprès de quelque 30 000 donateurs. Elle est en train d’être redistribuée par l’association « Solidarité cheminots grévistes 2018 », spécialement créée pour gérer les fonds.

    Des responsables des quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT Cheminots, Unsa-ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots) siègent au bureau de l’association. La cagnotte devait initialement être redistribuée aux fédérations de la SNCF proportionnellement à leur représentativité. « Après discussions avec les syndicats, la formule de l’association est apparue comme la meilleure solution », a expliqué à l’AFP le sociologue à l’origine de la cagnotte, Jean-Marc Salmon. « L’association permet aussi de prévenir une différence de traitement et des inégalités avec les non-syndiqués. » La cagnotte de solidarité « s’adresse aux cheminots qui étaient en grève sur les préavis de deux jours sur cinq définis par l’intersyndicale », indique la CGT dans une lettre d’information à ses adhérents. Pour en bénéficier, il faut « avoir réalisé au minimum quatre jours de grève pleins sur l’ensemble du mouvement », précise-t-il. D’autres critères, notamment sociaux, sont pris en compte pour calculer l’indemnisation en fonction du nombre de jours de grève, des besoins des gens, de la composition de la famille. Les dossiers devraient être examinés au cas par cas. Pour toucher une indemnisation, tous les cheminots doivent remplir un dossier dans lequel figure le nombre de jours de grève qui ont été retenus et fournir leurs fiches de paie.

    Pour les dossiers retenus, un remboursement fixé « sur la base de 20 euros par jour de grève » sera effectué « directement sur les comptes bancaires des grévistes », explique un tract de l’Unsa. L’intégralité de la cagnotte sera « reversée aux grévistes au fur et à mesure » et « jusqu’à épuisement », est-il également précisé.

  • Elisabeth Borne veut en finir avec le malthusianisme ferroviaire

    Elisabeth Borne veut en finir avec le malthusianisme ferroviaire

    Le Premier ministre a abattu ses cartes le 25 mai et, comme prévu, il a annoncé une reprise par l’Etat de la dette de SNCF Réseau en deux temps. 25 milliards en 2020, 10 milliards de plus en 2022 (voir Conflit à la SNCF : le ciel pourrait s’éclaircir vers la mi-juin). Pas de mystère, c’est le contribuable qui va payer. Ce n’est pas une décision simple, comme le dit la ministre chargée des Transports, qui s’exprimait le 28 mai devant la presse. Elle implique « une trajectoire équilibrée pour la suite », afin que la dette ne se reconstitue pas.

    • Pour cela, on a travaillé, dit la ministre, à « recaler les péages ». Car les péages, explique-t-elle, à propos de ceux des TGV, « étaient vus de SNCF Réseau », selon une conception assez simple : « il n’y a qu’à augmenter le péage et ça va s’équilibrer tout seul. » Mais la trajectoire inscrite entre Etat et SNCF Réseau n’était pas jugée crédible. L’augmentation de péages se traduit au bout du compte par une hausse des prix des billets, donc par moins de voyages, et finalement par moins de trains. On en arriverait ainsi à faire du TGV un « moyen de transport haut de gamme, sur le modèle espagnol ou allemand ». Et non plus sur le modèle français, qui a fait le succès du TGV pendant des années, et que le gouvernement entend maintenir.

    Le même raisonnement sur les péages concernant le fret reviendrait à adopter, là aussi, une « politique malthusienne », que refuse la ministre. Sur le fret, la ministre, échaudée par les plans sur la comète suivis de « plans fret » en cascade, ne s’apprête pas à faire de grandes promesses. Elle se souvient du « doublement du fret ferroviaire », de 50 milliards à 100 milliards de t.k, promis par Jean-Claude Gayssot, ministre de l’Equipement et des Transports dans les gouvernements Jospin. La SNCF s’inquiétait alors d’une infrastructure qui se mettrait à craquer au-delà des 75 milliards de t.k. De ce point de vue, on pourrait se dire rassuré, le trafic, tous opérateurs confondus, s’élevant aujourd’hui à environ 35 milliards de t.k. Mais la dégringolade des trafics s’est accompagnée d’une déshérence du fret. Chantiers de combinés ou cours de fret « dans un état déplorable », sillons toujours rares du fait du développement du trafic TER… Il y a fort à faire.

    Quoi qu’il en soit, le gouvernement a commencé par revoir, dit Elisabeth Borne, les péages à la baisse ou, plus précisément, à la baisse par rapport à une hausse programmée. Et a donc renoncé à la hausse prévue de 4 à 5 % par an pour les TGV et de 10 % par an pour le fret.

    • Autre point, pour rééquilibrer le système, on compte beaucoup sur les gains de productivité. On avance un gain de 700 millions d’euros pour Mobilités. Elisabeth Borne signale simplement que quelques dixièmes de points de productivité représentent déjà des sommes très importantes. Et se garde de rentrer dans le détail de la vie de l’entreprise, ce qui « serait extrêmement malsain ».

    Un exemple tout de même. Réseau a un plafond d’emplois. Il s’agit de l’en affranchir pour demain lui laisser le choix entre externaliser ou réaliser en interne. Du fait du plafond, SNCF Réseau n’a pas pu recruter les effectifs dont il avait besoin en signalisation. On a dû de ce fait aller trop vite vers l’externalisation alors que les entreprises n’étaient pas prêtes. Un peu le sujet de la SGP. En plus lourd.

    La règle d’or. Une vieille connaissance, puisque c’était déjà l’objet de l’article 4 de RFF, qui faisait la fierté de son président fondateur, Claude Martinand : l’article empêchait RFF d’investir au-delà de la capacité contributive… mais n’empêchait pas le gouvernement ou les dirigeants de RFF de contourner cette sage disposition. On se souvient d’un président de RFF, le moins passionné par la chose ferroviaire, disant, quand on opposait l’article 4 à la très politique et très coûteuse LGV Poitiers – Limoges : « L’article 4, ce n’est pas gravé dans le marbre… » La réforme de 2014 a donné force de loi à la règle d’or. Mais, relève Elisabeth Borne, « il y avait un énorme manque ». Cela ne concernait que les projets de développement. Or, dit la ministre, alors qu’on a coutume de mettre l’accent sur les LGV, « ces dernières années, c’est la régénération qui a fait de la dette ». La dette de Réseau est passée, rappelle-t-elle, de 20 à 27 milliards d’euros entre 1997 et 2010. Entre 2010 et 2016, elle a augmenté de 15 milliards d’euros, dont seulement « un quart est lié aux LGV ».

    Morale de l’histoire : la règle d’or a désormais « vocation à couvrir l’ensemble des investissements ». Et cette fois, c’est juré, on parle d’or.

    • L’effet du groupe public unifié, c’est que l’actionnaire peut décider d’une solidarité financière, et, au lieu de payer des dividendes à SNCF Mobilités, par hypothèse bénéficiaire, de les faire remonter pour qu’ils reviennent à SNCF Réseau. Nous voici désormais bien loin de la raide vertu souvent avancée du temps de RFF. Faire remonter les dividendes, « d’autres groupes ne se privent pas de le faire », remarque la ministre. On se souvient d’un temps où les Français à Bruxelles ne faisaient pas ami-ami avec les Allemands, et s’en prenaient à tous les abus de position dominante et aux tours de passe-passe financier que permet un groupe public unifié. Depuis, les autorités européennes ont décidé de laisser la Deutsche Bahn tranquille, et les Français rassurés peuvent leur emboîter le pas.

    • On a la possibilité de faire des gestionnaires d’infrastructure conventionnés. Ce qui invite à ne pas avoir le même standard pour le RER C et pour des lignes qui voient passer trois trains de voyageurs par jour. Il faut mettre au point des référentiels adaptés. Excellente idée. Ce qui inquiète un peu, c’est qu’on a pu entendre Hubert du Mesnil, président de RFF de 2007 à 2012, tenir le même discours. On dirait que depuis rien n’a changé.

    Le statut. C’est le sujet le plus épineux. Pour Elisabeth Borne, il n’y avait guère le choix. Et il y avait urgence. « On serait tous plus confortables s’il y avait eu des expérimentations dans le précédent quinquennat », constate-t-elle. Certes, dans l’urgence de la transposition des textes européens, « on pouvait dire : on ouvre et que le meilleur gagne ». Mais, la SNCF ne pouvait alors s’en sortir. Car, juge-t-elle, « à la SNCF, tout est dans le statut ». Les questions de la grille (qualification, rémunération) « sont dans le statut ». Différence nette avec la RATP, où le statut ne donne que de grandes indications (garantie de l’emploi, retraite, système de santé). C’est du moins ce que dit l’ancienne PDG de la RATP, comme le dit aussi Catherine Guillouard (voir « A la RATP, le statut n’est pas un sujet en soi »). Cela dit, on verra comment les choses se passent le jour, pas si tardif, où la RATP devra se frotter elle aussi à la concurrence.

    Dette, productivité, règle d’or, statut, de quoi donner une idée du futur fonctionnement économique du ferroviaire. Les défis sont énormes, puisque le retard de modernisation est « colossal sur le réseau le plus circulé ». Le chemin est encore long à parcourir, particulièrement pour le Transilien. Et, en régions, il y a une masse de travaux considérables à réaliser. Le Centre juge qu’il faut faire 600 millions de travaux tout de suite. L’Aquitaine, un milliard.

    La ministre espère maintenant que le pays aura les moyens d’une politique non malthusienne, de développement du ferroviaire. C’est politiquement important, la réforme ayant été souvent perçue comme dictée par des pures questions financières, et n’ouvrant guère de perspective au ferroviaire. En mettant l’accent sur ce côté non malthusien, Elisabeth Borne tente de montrer le contraire. Ce qui l’amène à monter en épingle les désaccords avec Bercy sur nombre de sujets. Comme le financement du scénario 2 du Conseil d’orientation des infrastructures, retenu par le Premier ministre. Pas le plus ambitieux, mais pas le moins non plus…

    La politique ferroviaire, c’est en partie la question des petites lignes. A ce sujet, la ministre défend l’idée de Jean-Cyril Spinetta d’un diagnostic, à réaliser dans l’année suivant l’adoption de la réforme, mais se refuse ensuite à régler leur sort en appliquant d’en haut des critères socio-économiques généraux. Il faut que les diagnostics soient régionaux, et que les mesures soient… du sur-mesure.

    Ce qui lui semble sûr, c’est que le ferroviaire doit se développer autour des grandes métropoles.
    Or, on est loin du compte. Aix – Marseille, qui devrait être du quasi-RER, est une ligne à voie unique. Lyon – Saint-Etienne est considéré comme saturé alors qu’il y a 15 000 voyageurs/jour. Nice – Marseille, la ligne la plus chargée hors Ile-de-France, n’en a que 50 000. Le RER A, plus d’un million. Cherchez l’erreur.

    F. D.

    Les propos d’Elisabeth Borne ont été tenus, lundi 28 mai, devant des journalistes rassemblés dans une nouvelle Association des journalistes des transports et des mobilités (AJTM). La ministre a accepté d’en être la première invitée. L’AJTM a tenu son assemblée constitutive juste après la rencontre. Camille Selosse (journaliste indépendante) en a été élue présidente, Jean Liou (AFP) secrétaire général et Eric Béziat (Le Monde) trésorier.

  • Avec LiO, l’Occitanie va plus loin dans l’intégration des transports

    Avec LiO, l’Occitanie va plus loin dans l’intégration des transports

    LiO, tel est le nouveau nom choisi pour désigner le service régional des transports collectifs d’Occitanie, comprenant les lignes ferroviaires et routières des deux ex-régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, les pôles d’échanges multimodaux ainsi que les lignes routières et scolaires des 13 départements de la région. L’acronyme signifie « lignes intermodales d’Occitanie », même si la présidente Carole Delga, qui présentait ce nouveau service public Occitanie Transports jeudi 25 mai depuis Montpellier, préfère y lire « lien intermodal d’Occitanie ».

    Suite à la fusion des régions, aux Etats généraux du rail et de l’intermodalité en 2016 et au transfert des compétences en matière de transport scolaire, interurbain et à la demande début 2017, un gros travail d’unification et d’harmonisation a été mené par la collectivité. Il voit son expression concrète dans le nouveau nom LiO, la nouvelle signalétique et la nouvelle livrée qui commencera à faire son apparition sur les bus en septembre prochain.

    Neuf départements ont transféré effectivement leurs compétences à la région en 2018 tandis que quatre autres ont choisi de continuité à l’exercer par délégation : la Haute-Garonne, la Lozère, les Hautes-Pyrénées et le Tarn. La gratuité des transports scolaires est maintenue là où elle existait tandis que l’abonnement est plafonné à 90 euros par an là où il était payant.

    La présidente Carole Delga a insisté sur la nécessité « de mettre en place une meilleure complémentarité bus/trains et de redéfinir des circuits de bus épousant les bassins de vie et non pas les frontières administratives des départements ». Certains doublons entre lignes départementales et régionales ont donc été supprimés tandis que les connexions entre les deux anciennes régions ont été améliorées. Cela se traduit par exemple par la fusion des lignes régionales et départementales entre Montpellier et Millau et entre Millau et Saint-Affrique ou la création de lignes entre Montauban et Castelsarrasin et Montauban – Moissac – Lamagistère. La liaison entre Toulouse et Perpignan sera renforcée avec 12 allers-retours par jour, dont six directs.

    Dans le cadre de la nouvelle convention TER 2018-2025, c’est 72 circulations nouvelles qui sont créées soit 1,7 million de kilomètres supplémentaires, ce qui permet, avec l’amélioration de la capacité du matériel roulant, l’ajout de 37 000 places (+40 %). « Notre région connaît une forte démographie et déjà une saturation sur ses axes ferroviaires, à quoi s’ajoute la nécessité de sortir du tout-voiture, a souligné Carole Delga. Nous devions donc mettre en place un service public permettant de relier efficacement les habitants d’Occitanie. »

    La nouvelle gamme tarifaire des LiO qui entrera en vigueur début juillet soignera particulièrement les jeunes, dont l’abonnement mensuel libre circulation diminuera d’un tiers en trois ans, passant de 98 euros à 64 euros. Les offres promotionnelles créées dans les deux ex-régions pour inciter à prendre le train – train à 1 euro en ex-Languedoc-Roussillon et Tikémouv en ex-Midi-Pyrénées – seront étendues à toute l’Occitanie, avec un million de billets à 1 euro et des Tikémouv sur 200 trains peu fréquentés.

    « Nous souhaitons que transport régional rime aussi avec le développement de voies vertes pour faciliter l’usage du vélo et que notre région se penche sur le transport fluvial et notamment sur l’avenir du canal du Midi, a commenté Christian Dupraz, vice-président écologiste de la commission Transport. La mise en place d’une régie régionale des transports est l’étape suivante, indispensable pour doter la région d’un outil opérationnel permettant d’une part de gérer efficacement les voies ferrées dont la région est propriétaire et les services de bus déjà en régie, mais aussi pour pouvoir ensuite prendre des initiatives sur d’autres lignes ferrées ou de bus. »

    Catherine STERN

    (Sur la photo : Jean-Luc Gibelin et Carole Delga devant un bus arborant la nouvelle livrée)

  • Le Lyon – Turin victime de l’accord de gouvernement italien

    Le Lyon – Turin victime de l’accord de gouvernement italien

    Climat sombre pour le projet international, dont les nouveaux dirigeants italiens ne veulent plus. L’accord de gouvernement signé le 17 mai entre le Movimento Cinque Stelle et la Lega précise : « Concernant la ligne à grande vitesse Turin – Lyon, nous nous engageons à rediscuter intégralement le projet en application de l’accord entre la France et l’Italie. »

    Une telle rediscussion va-t-elle gêner la France ? Pas sûr. Philippe Duron, en présentant le 1er février les recommandations du Conseil d’orientation des infrastructures est resté en retrait sur un projet qui dépend d’un traité international. Il a cependant préconisé que les accès au tunnel, côté français, soient réalisés d’ici 2038, huit ans après le tunnel lui-même prévu en 2030. Une dissociation des dossiers qu’a défendue Elisabeth Borne devant le Sénat. Pour la ministre, il s’agit que le financement qui incombe à la France du tunnel Lyon – Turin (25 %, contre 35 % à l’Italie et 40 % à l’Europe d’un ouvrage à 10 milliards d’euros) ne pèse pas sur les ressources de l’Afitf. D’où la solution d’une société de projet ad hoc, financée par les ressources autoroutières. Quant aux accès, a rappelé la ministre, on a connu « des trafics sur la ligne actuelle trois fois supérieurs à ce qu’ils sont aujourd’hui ». Autant donc attendre une remontée des trafics avant de se lancer dans des travaux coûteux. « La réalité c’est que ces accès coûtent dix milliards d’euros, le gouvernement n’a pas cette somme », avait alors commenté Xavier Dullin, le président LR de Grand Chambéry sur France Bleu Pays de Savoie, comme le rappellent Les Echos.

    Le Comité pour la Transalpine avait pour sa part réagi vivement. Jacques Gounon, président de la Transalpine, a estimé que « la liaison Lyon – Turin est un tout cohérent qui exige une réalisation coordonnée des différentes composantes du programme ». Jacques Gounon soulignait alors : « Nos partenaires italiens ont pris les décisions nécessaires pour respecter cette cohérence. » On dirait bien que ce n’est plus le cas.

  • « Incessible », je dis bien : « Incessible. »

    « Incessible », je dis bien : « Incessible. »

    C’est un drôle de mot, pas franchement courant, qui s’est invité dans le débat. « Incessible. » Le Premier ministre et la ministre des Transports avaient eu recours à cet adjectif, en présentant leur « nouveau pacte ferroviaire », pour qualifier les participations de l’Etat dans la nouvelle SNCF. Afin de rassurer les syndicats, et de montrer que le passage d’un Epic à une SA n’a rien à voir avec une privatisation. Mais, dans le projet de loi voté par l’Assemblée nationale, le mot a disparu. Au gouvernement, on explique alors qu’on a choisi un mot plus fort encore. « Intégralement. » Les actions de l’entreprise seront intégralement détenues par l’Etat. Plus sûr, explique-t-on, car en cas d’augmentation du capital, « incessible » n’empêcherait pas l’entrée de partenaires privés. « Intégralement » garantit au contraire le 100 %, aussi bien lorsque la réforme est votée qu’à tout autre moment. Reste que la disparition du mot n’a pas plu. Et que le gouvernement, l’ayant compris, va le réintégrer dans le texte qui sera soumis au Sénat.

    D’ailleurs étrangement, on nous dit d’un côté que le mot est inutile et qu’il n’y a là pas d’enjeu, mais une note publiée par Le Parisien montre plutôt le contraire. Dans le compte rendu par mail d’une réunion entre le gouvernement et des représentants de la SNCF, début mai, on voit que l’entreprise accepte le mot lorsqu’il s’agit de la SA Holding, mais pas pour SNCF Mobilités ou SNCF Réseau. « Amendement proposé par le cab : prévoir l’incessibilité. Nous avons insisté sur la nécessité de la restreindre au niveau de la holding. » Et, du côté de la SNCF, on insiste : « La rédaction actuelle des missions de Mobilités empêche la filialisation de TER. » D’où l’accusation de SUD-Rail : la SNCF est prise la main dans le sac. Elle projette en fait le démantèlement et la privatisation. Réponses de l’entreprise. Sur la réunion. « Il n’y avait là rien d’engageant, rien de validé, rien de stabilisé ». Sur le refus de l’incessibilité : il ne s’agissait que d’un point technique, pour permettre la cession d’activités non ferroviaires, comme cela a été fait « pour ses activités télécoms ou hôtellerie pour investir sur son cœur de métier ». Quant aux TER, il s’agit simplement, de « pouvoir créer des filiales lorsqu’un marché l’exige du fait de situations très particulières ; marché transfrontalier (comme Ceva), CDG Express… » Ceva, c’est, rappelons-le, le futur Léman Express franco-suisse.

    Un soupçon de même nature est venu d’un « avant-projet de structuration de la SNCF en 2020 » publié par Les Infos, le média interne de la SNCF et repris par Le Monde. Y figurent, en râteau, sous la holding, mais à côté de Mobilités et de Réseau, deux autres filiales : d’une part Geodis, de l’autre Transport ferroviaire de marchandises, comprenant Fret SNCF (qui n’est aujourd’hui pas une filiale). Sont-elles « intégralement » détenues par SNCF, les parts sont-elles incessibles ? Sans doute pas, mais tout ceci mérite précision. D’un côté, pour respecter la lettre et l’esprit du 100 % public, concernant les trois entités. Et de l’autre, pour ne pas paralyser le groupe, qui doit « respirer », comme disait Louis Gallois : acquérir, céder, pouvoir cohabiter avec d’autres. Déjà, un très grand nombre de filiales sont ouvertes à d’autres actionnaires. Parmi les plus célèbres, la SNCF a 42 % de Systra, 55 % d’Eurostar, ou 70 % de Keolis.

    Reste que le mot incessible va bien faire son retour, comme l’a dit sur France Inter ce matin Elisabeth Borne : « On dira deux fois la même chose. Si c’est la façon de se faire comprendre, pas de problème, on peut le mettre dans la loi. » L’Etat possédera « intégralement » le capital de SNCF, SNCF Mobilités et SNCF Réseau. Les parts seront « incessibles ». Et l’entreprise, immarcescible, mais ça, ça ne sera pas dans la loi.

    F. D.

  • Des véhicules sans conducteur sur route en 2020

    Des véhicules sans conducteur sur route en 2020

    Anne-Marie Idrac a présenté lundi 14 mai des orientations stratégiques pour le développement des véhicules autonomes. Sa « feuille de route » prévoit dix actions prioritaires de l’Etat. A commencer par la construction du « cadre permettant, d’ici 2020 à 2022, la circulation en France de voitures particulières, de véhicules de transport public et de véhicules de transport de marchandises hautement automatisés ».

    Cadre indispensable. Les aspects du développement du véhicule autonome sont divers et importants (technologie, code de la route, assurances, choix éthique, etc.). Les ambitions de l’Etat, déjà affirmées par Emmanuel Macron, sont grandes. Le développement de véhicule autonome s’inscrit dans une stratégie qu’a rappelée Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances. La loi Pacte, dont le gouvernement souhaite l’adoption fin 2018, « permettra l’expérimentation sur route ouverte, sur tout le territoire, du véhicule sans conducteur (niveau 5 d’autonomie) ». L’Etat soutiendra l’expérimentation, comme il soutient la R&D. Déjà plusieurs appels à projets ont été lancés dans le cadre Ademe/BPI, avec un apport d’argent public de 100 millions.

    Un début, puisque la mobilité a été retenue pour être l’un des thèmes du fonds de soutien à l’innovation de rupture, qui doit être doté de dix milliards d’euros, grâce aux cessions des participations de l’Etat. Un défi technologique qui va dépendre du développement de l’intelligence artificielle.

    « La rareté va se déplacer du moteur vers le logiciel », dit Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat chargé du Numérique. D’où une nouvelle chaîne de valeur dans l’automobile. Qui seront les grands acteurs ? Aujourd’hui, personne ne sait. Mais « le pire serait de ne pas maîtriser » des technologies dont va dépendre notre quotidien. Car la puissance de la Chine et des Etats-Unis fait peur, et le gouvernement souhaite, en face, une Europe unie avec la France comme leader.

    Une « équipe de France » s’est constituée. Luc Chatel, président de PFA (Plate forme automobile, réunissant les industriels de la filière), prend la mesure de la « disruption » pour les industriels : « Aujourd’hui constructeurs, demain prestataires de services de véhicules autonomes, semi-collectifs, électriques et connectés. » Autour de PFA, s’est formé un consortium à l’occasion de l’AMI de l’Ademe. Avec constructeurs (Renault, PSA), équipementier (Valeo), acteurs du transport (Keolis, RATP, SNCF, Transdev) et de la mobilité (Navya, EasyMile, TwinswHeel, Vedecom, SystemX).

    Tout se met en route, le problème, c’est que le véhicule autonome ne fait pas rêver les citoyens ou les conducteurs. Un sondage présenté le 14 mai douche un peu les ardeurs. Les Français ont bien compris ce qu’est le véhicule autonome, mais plus des trois quarts n’a pas confiance dans cette délégation de responsabilité. Et 65 %, dans l’hypothèse où ils cèdent la responsabilité de la conduite au véhicule autonome veulent profiter du temps devenu libre… pour surveiller la circulation.

    Bref, comme dit Elisabeth Borne, le véhicule autonome « suscite des attentes, des interrogations… voire de la méfiance ». On dirait bien qu’il va falloir commencer par créer le besoin. Les grands transporteurs publics rendent déjà familière la nouvelle technologie, mais c’est surtout sous la forme collective des navettes.

    A Rouen a commencé l’expérimentation associant Transdev, Renault et la Matmut, mais on n’est pas encore dans la phase où les Zoé circuleront en ville sans conducteur.

    En Ile-de-France, les conditions de développement du véhicule autonome croisent les chemins de la route intelligente et de l’utilisation de la bande d’arrêt d’urgence. Stratégie de Valérie Pécresse : sur l’A1, l’A6, l’A4, l’A13, créer une voie supplémentaire destinée aux transports publics, au covoiturage, aux véhicules autonomes. Les bienfaits que ces derniers vont apporter à la circulation ne sont pas encore démontrés. En attendant, la décongestion passe par des routes tant bien que mal plus larges.

    F. D.