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Catégorie : Transports routiers
Retrouvez toute l’actualité des transports routiers et urbains : Bus, voitures électriques, politiques d’aménagements urbains

Contrat-cadre record entre MAN et la DB pour une commande de bus
La Deutsche Bahn a attribué un contrat-cadre portant sur environ 940 bus à MAN Truck & Bus dans le cadre de la modernisation de son parc. Les bus urbains Lion’s City (dans toutes les variantes de longueur) et interurbains Lion’s Intercity LE seront livrés à la DB au cours des quatre prochaines années si les contrats sont pleinement utilisés, les premiers véhicules devant être fournis en 2023. Une grande partie ce ces bus mettront en œuvre la solution EfficientHybrid (avec stockage de l’énergie de freinage), alors que les autres auront une motorisation Diesel ou GNC.

Pourquoi les régions sont (en partie) responsables de la pénurie de conducteurs dans le transport scolaire
Selon la Fédération nationale des transports de voyageurs, il manque 7000 conducteurs pour assurer les transports scolaires. Une réunion, le 24 août, rassemblant la profession autour des ministres des Transports (Clément Beaune), du Travail (Olivier Dussopt) et de l’Education nationale (Pap Ndiaye), a fait le point sur la question pour tenter de rassurer les familles, à la veille de la rentrée scolaire. Ingrid Mareschal, déléguée générale de la FNTV, a expliqué à VRT pourquoi cette pénurie de conducteurs dure depuis si longtemps. Parmi les causes, le manque d’attractivité du métier soumis aux temps partiels et aux salaires qui vont avec. La pression des collectivités locales qui cherchent à prendre les transporteurs les moins chers (certaines pondèrent le critère prix à hauteur de 80 % dans leurs appels d’offre) ne va pas dans le bon sens.
Ville, Rail & Transports : Pourquoi y a-t-il des évaluations aussi différentes sur la pénurie de conducteurs?
Ingrid Mareschal : Selon la FNTV, il manque 7000 conducteurs, ce qui reflète le nombre de conducteurs à recruter. Régions de France souhaite rassurer en cette rentrée et évalue la pénurie de conducteurs à 3700. Mais ce chiffre, deux fois moindre, tient compte des solutions provisoires trouvées pour assurer la rentrée scolaire, comme par exemple la réaffectation de personnels dans des entreprises de transport, des embauches en CDD ou l’appel à des retraités.
Le transport des enfants sera donc assuré pendant la rentrée scolaire mais il le sera dans des conditions fragiles, sans marges de manoeuvre en cas d’absences de conducteurs. Il faut absolument desserrer la pression sur les entreprises de transport.
VRT : Les organisations syndicales évoquent un chiffre de 15000 conducteurs manquants…
I. M. : Ils se basent sur des chiffres de l’Observatoire des métiers dans le transport et la logistique qui évalue les besoins annuels de recrutements. Dans les années d’avant-crise, les besoins tournaient plutôt autour de 10 000. Mais sur les 15000 emplois recensés par cet observatoire, on en a pourvu une bonne moitié. Toutefois, je le répète, beaucoup de solutions sont provisoires… Il y a des endroits où le service ne pourra pas être assuré. 5 % des circuits pourraient ainsi ne pas être assurés ou faire l’objet d’un service dégradé.
VRT : Certaines régions sont-elles plus touchées que d’autres?
I. M. : Toutes les régions sont concernées, certaines plus que d’autres comme l’Auvergne-Rhône-Alpes, mais cela s’explique par le fait qu’elle emploie plus de conducteurs.
VRT : Cela fait plusieurs années que les professionnels tirent le signal d’alarme… Comment expliquer l’absence de résultats alors que le sujet fait, de longue date, partie de vos priorités?
I. M. : Nous travaillons depuis longtemps sur la question de la pénurie de conducteurs. C’est pourquoi nous avons demandé, et obtenu suite à la publication d’un décret (du 2 mai 2021 ndlr), l’abaissement à 18 ans pour passer le permis D. Nous demandons aussi un plan d’urgence sur lequel nous avons travaillé toute l’année et nous avons signé, en mars, une convention avec Elisabeth Borne pour réduire la pression. Les pouvoirs publics ont été sensibilisés à la question du délai d’obtention du permis D en sortie de formation. Ces délais administratifs sont tels que des personnes formées se tournent vers d’autres métiers et sont perdues pour le transport de personnes.
VRT : La réunion du 24 août avec trois ministres (Transports, Emploi, Education nationale) a-t-elle fait avancer la question?
I. M. : Nous avons surtout fait le point pour rassurer les familles et leur expliquer que les services seraient en majorité assurés. Mais la situation reste compliquée avec des solutions provisoires. Si on ne recrute pas de façon pérenne, on risque de faire face à de lourdes difficultés. Le ministère des Transports doit nous transmettre prochainement un plan d’action.
VRT : Selon vous, quelles sont les principales actions à mener pour redresser la situation?
I. M. : Il faut attirer de nouveaux profils car la moyenne d’âge des conducteurs est élevée, autour de 50 ans Nous n’avons pas de candidats jeunes, ni de filières d’apprentissage. Nous travaillons depuis six mois sur le CAP agent d’accueil et de conduite de transport en commun qui existe mais pour lequel il n’y a pas d’enseignement à la conduite.
Il faut aussi expérimenter le décalage des heures d’entrée et de sortie à l’école comme le font déjà certaines régions. Si nous parvenions à le généraliser à toute la France, cela permettrait d’augmenter le temps de travail des conducteurs. Cela contribuerait à renforcer l’attractivité du métier, alors qu’aujourd’hui, les temps partiels, et les salaires qui vont avec, peuvent dissuader. Il faudrait aussi pouvoir confier d’autres missions aux conducteurs de cars scolaires, comme la conduite de bus interurbains ou du transport à la demande. C’est possible si les collectivités locales lancent des marchés mixtes. Certaines intercommunalités essaient de le faire mais c’est coûteux. Si on met en place l’ensemble des mesures que nous préconisons, les effets se feront sentir. Mais les mesures sont longues à mettre en place….
VRT : Les collectivités locales ont une part de responsabilité dans cette situation : elles choisissent les transporteurs les moins chers…
I. M. : Nous travaillons avec les régions sur des propositions pour réduire la pondération du critère prix, qui peut aller de 40 % à 80 %… Nous demandons une pondération plus neutre. Nous souhaiterions une meilleure prise en compte du critère social et du critère environnemental. Nous souhaiterions aussi pouvoir répercuter de façon plus régulière la hausse des prix de l’énergie et les revalorisations salariales.
Aujourd’hui, les contrats de transport sont principalement basés sur des indices INSEE qui ne correspondent pas à la progression des coûts de l’énergie et des salaires de branche. Nous avons travaillé pour créer des indices spécifiques afin que les régions puissent les intégrer. Certaines régions commencent à le faire. Mais cela ne sera possible que lors de nouveaux contrats.
VRT : Les salaires ne sont-ils pas trop bas?
I. M. : Nous avons augmenté cette année les salaires de 5 %, en faisant un effort supplémentaire de 6,5 % pour le transport scolaires. Mais les plus bas coefficients sont rattrapés par la hausse du Smic au 1er septembre. Nous allons nous remettre autour de la table pour voir si les entreprises peuvent faire un geste.
Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

Keolis lance une campagne pour recruter 1000 conducteurs et mainteneurs
Depuis la fin juillet et jusqu’à la fin de l’année, Keolis mène une campagne de recrutement afin d’attirer les candidatures et pourvoir 1 000 postes au sein des réseaux de transport (urbain et interurbain) que le groupe exploite en France et dans les 13 pays où il est présent. « Cette campagne vise le recrutement local de nouveaux collaborateurs afin de renforcer les équipes d’exploitation et de maintenance dans les métiers de la conduite et de la maintenance« , explique le groupe dans un communiqué.

Des véhicules rail-route pour les petites lignes
C’est sur les rails. Dans deux ans, deux lignes de desserte fine du territoire, où ne circulent plus de trains, pourraient renaître grâce à des véhicules automatisés électriques. Dans un second temps, entre 2024 et 2030, ce sont près de 90 lignes qui pourraient être exploitées avec un nouveau système baptisé Flexy. « C’est de cet ordre-là, puisque le réseau ferré national compte 5700 kilomètres de voies non “circulées”. Cela dépendra aussi de l’adhésion des collectivités locales et des régions », explique David Borot, le directeur des Programmes d’innovation Mobilités émergentes SNCF et directeur de Tech4Mobility, qui travaille sur plusieurs expérimentations concernant des transports ferrés et/ou autonomes (Train léger innovant, Draisy, etc.).
Un consortium pour le projet
Le projet Flexy consiste à faire circuler des véhicules électriques automatisés sur les rails, mais aussi sur les routes pour rejoindre par exemple un village proche de la voie. C’est également un mode d’exploitation avec des plateformes d’enraillement aux passages à niveau et des zones de croisement permettant de réutiliser des voies qui n’ont pas été empruntées par des trains depuis des années.Pour réunir toutes les compétences nécessaires, la SNCF a créé un consortium qui rassemble notamment Milla pour les mobiles et Railenium pour l’interface homme-machine. « Notre objectif, c’est de proposer des solutions de transport local aux collectivités, aux départements, aux régions, en utilisant au maximum la voie ferrée qui propose très souvent le meilleur tracé pour relier deux villes, et le plus sûr en termes de sécurité », explique David Borot. « La facture est de 40 à 50 % moins élevée que pour un TER, en termes de coût voyageur-kilomètre. »9 places dans le « Flexy »Les territoires ruraux desservis par ces lignes (correspondant à des voies classées UIC 7 à 9) sont en effet très peu peuplés. « Flexy est destiné à des lignes de 10, 15, 20, voire 30 km, dans des territoires qui ont un potentiel de moins de 500 voyageurs par jour », poursuit le responsable SNCF. Envisager une remise à niveau des voies coûterait trop cher. D’autant plus que la fermeture de ces lignes au trafic voyageurs ou fret remonte souvent à plusieurs années, et qu’il s’agit en très grande partie de voies uniques dont l’exploitation interdit les croisements, sauf aménagements en ligne ou dans les gares quand elles existent encore. « Le plus petit des matériels TER, c’est le X73500 qui peut transporter 90 personnes minimum. Les mobiles Flexy de Milla, eux, offriront neuf places. Nous cherchons à proposer un transport adapté à la demande, mais avec des coûts moins élevés », rappelle David Borot.Conçus pour être autonomes, les mobiles Milla seront dans un premier temps seulement automatisés, même s’ils posséderont les mêmes caractéristiques que la version autonome. Les conducteurs recevront des informations leur permettant de stationner sur les plateformes de croisement ou quitter la voie ferrée pour reprendre la route. « C’est la seule possibilité pour être prêt en 2024. On ne pouvait pas attendre la mise en place d’un cadre législatif bien défini. Mais les mobiles sont conçus pour être autonomes, et il ne sera pas nécessaire de les changer lorsque la loi et la technologie permettront aux véhicules autonomes de rouler sur les routes ».Une roue à mettre au pointLa SNCF, qui souhaitait un système simple permettant aux modules de circuler sur rail comme sur route, a fait appel à Michelin, un autre membre du consortium Flexy. « Nous avons d’abord pensé à une roue qui fonctionnerait sur les rails comme sur la route. Mais Michelin nous a expliqué que cela demanderait trois à quatre ans de R&D et autant d’homologation, non seulement française, mais européenne », raconte-t-on côté SNCF. Une solution plus simple a été décidée : un pneu accolé à une roue de chemin de fer, d’un diamètre légèrement plus petit pour ne pas gêner le roulement ni sur la route, ni les rails. A Michelin maintenant de la mettre au point.Yann Goubin
Des véhicules rail-route conçus par Milla
Avant d’être choisis par la SNCF, les Milla Pod ont déjà tracé leur chemin sur la route. L’entreprise Milla exploite en effet des navettes autonomes sur routes ouvertes, c’est-à-dire que les navettes se mêlent à la circulation urbaine. « Nous avons plusieurs expérimentations en cours, comme à À Vélizy-Villacoublay depuis 2019, à Carroz, à côté de Nice, depuis 2021, à Saint-Rémy-lès-Chevreuse avec la RATP depuis l’été dernier », explique Frédéric Mathis, le président de Milla Group. Ces navettes du « dernier kilomètre » permettent de desservir des quartiers sans transports en commun. L’entreprise vise surtout les zones périurbaines, voire rurales. Elle vient de lancer un service de transport à la demande dans un territoire à côté de Châteauroux, la communauté de communes du Coeur de Brenne (5000 habitants), pour relier quelques-unes des communes du territoire vers les commerces ou les services.
La SNCF explique son choix par les performances des véhicules. « Les mobiles Milla peuvent atteindre une vitesse de 60 km, ce qui suffisant pour les dessertes auxquelles il sont destinés, compte tenu des lignes, à parcourir entre 10 et 30 km », commente David Borot. « Ils présentent aussi l’avantage de ne pas nécessiter d’homologations supplémentaires, ce qui prendrait du temps et alourdirait les coûts. On a toujours en tête l’idée d’un transport frugal ».
Avec moins de 1,5 tonne – celui qui circule actuellement sur route affiche 1250 kg mais la version rail-route sera plus lourde –, les Milla Pod, comme les appellent leurs concepteurs, n’ont rien à voir avec les masses en jeu dans le ferroviaire. Si bien que, même si elles n’ont plus bénéficié d’un entretien depuis quelques années, ou si elles subissent des limitations temporaires de vitesse, les voies ferrées pourront tout de même être empruntées par les Milla Pod, sans nécessiter de RVB qu’exigerait un train. « Avec Flexy, on veut diviser par deux le coût d’entretien des voies », assure David Borot.
Y. G

Le réseau de La Roche-sur-Yon teste une appli pour demander l’arrêt du bus
Demander l’arrêt de son bus depuis son téléphone portable. C’est la promesse de Stopsonic impulsyon, une application développée par VisioBlock, qui permet de demander l’arrêt au conducteur, au lieu d’appuyer sur les boutons prévus à cet effet à l’intérieur du véhicule.L’application est testée depuis le 13 avril sur 5 bus du réseau de La Roche-sur-Yon, exploité par CTY, filiale de RATP Dev.L’information de demande d’arrêt émise par le smartphone, par ultrason et Bluetooth, est reçue par le système embarqué qui l’affiche instantanément sur le pupitre du chauffeur..Ce système est particulièrement destiné aux femmes enceintes, aux voyageurs accompagnés d’enfants en bas âge, à ceux qui souhaitent rester près de leurs bagages, aux personnes âgées ou encore aux voyageurs malvoyants.L’application, disponible sur iOS et Android, devait être testée pendant 3 mois.
L’Auvergne-Rhône-Alpes cherche des conducteurs pour la rentrée
Réunis à Lyon le 24 juin, les adhérents de la FNTV Auvergne-Rhône-Alpes ont pointé du doigt le déficit de conducteurs auquel leurs entreprises doivent faire face. Selon les estimations de Pascal Favre, l’un de ses co-présidents, il manquerait environ 1 000 conducteurs sur le territoire régional. Ce déficit risque de perturber lourdement les transports scolaires dès la prochaine rentrée. « Il va manquer 35 chauffeurs sur 230 dans la zone périurbaine, là où les familles ne peuvent pas se reposer sur l’alternative des transports en commun », précise Aurélien Berthelet, directeur général de Cars Berthelet.
Pour répondre à cet enjeu et anticiper les effets de cette situation, les entreprises avaient augmenté les salaires de 5 % au printemps dernier et même de 7,5 % pour les conducteurs scolaires. Un effort cependant insuffisant pour inverser la tendance. De nouvelles pistes de travail sont donc à l’étude pour trouver des solutions à plus long terme.
La création de classes spéciales pour former de nouveaux conducteurs est ainsi envisagée. Un CAP Transport de voyageurs ouvrira, mais pas avant la rentrée 2023. Les premiers jeunes formés dans ce cadre pourraient intégrer le marché à l’horizon 2025. La FNTV envisage également de promouvoir l’utilisation de véhicules 9 places, se conduisant avec un permis classique. « Nous devons être innovants, car nous n’arrivons plus à trouver sur le marché des personnes titulaires d’un permis poids lourd », explique Aurélien Berthelet.
Jacques Donnay

Transdev et Lacroix-Savac retenus pour exploiter de nouvelles lignes de bus en grande couronne parisienne
Ile-de-France Mobilités continue à attribuer des contrats d’exploitation de lignes de bus dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des bus Optile lancée depuis 2021. Le 12 juillet, l’autorité organisatrice a annoncé avoir retenu Transdev pour exploiter, à partir de janvier 2023 et pour cinq ans, le nord du département de la Seine-Saint-Denis. Le contrat porte sur 27 lignes desservant le territoire de l’agglomération Paris Terres d’Envol, notamment les villes d’Aulnay-sous-Bois, Drancy, Dugny, Le Blanc-Mesnil, Le Bourget, Sevran, Tremblay-en-France et Villepinte.
Lacroix-Savac est désigné pour l’exploitation des bus sur le territoire de la Communauté d’Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, « l’un de ses territoires d’implantation historique », commente l’exploitant qui emploiera 376 conducteurs. 47 lignes desserviront principalement Coignières, Élancourt, Guyancourt, La Verrière, Les Clayes-sous-Bois, Magny-les-Hameaux, Maurepas, Montigny-le-Bretonneux, Trappes, Plaisir, Villepreux et Voisins-le-Bretonneux. Cette délégation de service public, d’un montant de 31 millions d’euros par an, débutera le 1er janvier 2023 pour une durée de 7 ans.

Inclusivité : la dernière roue du MaaS ?
L’essor du MaaS porte de nombreux espoirs d’une mobilité plus fluide et plus durable. Mais fluide et durable pour qui ? Cette tribune interroge les enjeux sociaux soulevés par le développement du MaaS, la digitalisation et la dématérialisation des services de transport. Par Nicolas Louvet, Léa Wester
Dans un contexte de multiplication des offres de services de mobilité, le MaaS a pour objectif de fournir à l’usager une solution multimodale fluide accompagnant l’usager, du stade de l’information à celui de la réalisation du trajet. En intégrant également l’achat et l’utilisation de services de mobilité (validation du titre ou déverrouillage des véhicules), les applications MaaS se présentent comme des supports numériques complets pour les déplacements. Les pionniers du développement de telles solutions sont des acteurs privés qui agrègent aujourd’hui plusieurs services de transport publics et privés dans des abonnements. Par exemple, l’application Whim, présente à Vienne, Anvers, Helsinki, Tuk, Tokyo et Birmingham, développée par MaaS Global, intègre à la fois les transports en commun, les modes en free-floating et les taxis.
En France, la plupart des MaaS sont développés dans le cadre de marchés publics, par l’opérateur de transport en commun ou un acteur tiers. Il s’agit d’une infrastructure supplémentaire dans le système de transport public, au même titre qu’un tramway ou une ligne de bus : le MaaS est une sorte d’infrastructure numérique.
Le déploiement de telles solutions dans le cadre du secteur public qu’est celui des transports urbains en France soulève un certain nombre de questions concernant l’inclusivité de ces services : les territoires sont-ils tous intégrés ? L’ensemble des habitants ont-ils accès au service quelles que soit leurs caractéristiques sociales ou économiques ? En effet, la construction du MaaS implique à la fois la digitalisation des transports et l’association dans un même système de transport de services publics et privés. Quels sont les impacts de ces deux processus sur l’inclusivité globale du MaaS ? Comment ses enjeux digitaux ?
Le MaaS ne crée pas le transport mais il peut en améliorer son usage en combinant offre publique et privée au service de l’inclusivité
La Loi d’Orientation des Mobilités1 prévoit un cadre pour éviter d’éventuelles conséquences négatives du développement du MaaS au niveau territorial. L’article 28 oblige les opérateurs de MaaS à référencer l’ensemble des services à l’échelle du bassin de mobilité. Il s’agit ici de limiter l’apparition de zones exclues du MaaS malgré la présence de services de mobilité.
Au-delà de cet article, peu d’obligations existent pour les opérateurs de MaaS en matière d’inclusion sociale et territoriale. Pourtant d’autres actions sont possibles. Les transports privés inclus dans le MaaS pourraient avoir des contraintes similaires à celles des transports publics, qui agissent pour l’inclusivité à la fois sociale (aménagements pour les personnes à mobilité réduite, tarification sociale…) et territoriale (création de lignes pour désenclaver certains territoires…). Les transports privés inclus dans le MaaS pourraient mettre en oeuvre des actions similaires. Par exemple, Transport for London a mis en place un programme d’évaluation d’impact sur l’égalité (equality impact assessment) qui incite les opérateurs privés à favoriser l’accès à leurs services grâce à des tarifications sociales. En Amérique du Nord, les services de micromobilité intègrent des mesures pour l’égalité à travers une communication ciblant les femmes (moins utilisatrices de ces services).
Digitalisation, dématérialisation et inclusivité
Un frein à l’inclusivité des MaaS actuels est qu’ils ne proposent que rarement un support physique. Les différentes étapes du déplacement (calcul d’itinéraire, choix des modes, achat de titres et validations pendant le trajet) sont toutes accompagnées via une application smartphone. Par ailleurs, si les services autour des transports publics inclus dans le MaaS conservent une version physique en dehors du MaaS (guichets, carte ou ticket de transport…), les opérateurs privés ont souvent des offres 100 % numériques. Dans ce contexte, les utilisateurs du MaaS doivent être capables d’utiliser ces services numériques ce qui implique un équipement adapté et un certain nombre de compétences.
Selon le baromètre numérique 2021, 35 % des Français ne sont pas à l’aise avec le numérique. Si on s’intéresse plus précisément au smartphone, 16 % de la population ne possède pas de smartphone et 27 % n’utilise pas de smartphone quotidiennement2. Une solution d’inclusion au MaaS en dehors du smartphone devrait donc être envisagée pour cette part non négligeable de la population. Par ailleurs, la possession d’un smartphone ne signifie pas la mobilisation de toutes ces potentialités. Il convient de dissocier dans l’analyse du rapport au numérique l’accès au matériel et les motivations et attitudes quant à son utilisation3. Dans ce contexte, associer un guichet physique au MaaS permet l’inclusion de tous les usagers à l’information, aux abonnements existants et à un soutien technique par du personnel formé. Par ailleurs, des solutions existent pour faciliter l’interopérabilité des supports de billettique cartes et smartphone et lever le frein constitué par la billettique dématérialisée : le MaaS viennois a fait une tentative de support sur une carte en 2015 qui n’a pas été concluante et en 2019, Citymapper a lancé une carte à Londres qui est toujours en circulation.
UN FREIN À L’INCLUSIVITÉ DES MAAS ACTUELS EST QU’ILS NE PROPOSENT QUE RAREMENT UN SUPPORT PHYSIQUE
16 % DE LA POPULATION NE POSSÈDE PAS DE SMARTPHONE ET 27 % N’UTILISE PAS DE SMARTPHONE QUOTIDIENNEMENT
L’amélioration des services de transport pour tous : la condition sine qua non du MaaS
L’un des objectifs du MaaS est de fluidifier l’accès aux services de mobilité et favoriser ainsi des pratiques alternatives à l’autosolime. Dans ce contexte, la digitalisation est à la fois un atout et une limite. L’avénement de la mobilité numérique peut être accompagné de nouveaux facteurs d’exclusion de la mobilité pour des populations précaires qui souffrent d’un déficit d’acculturation aux usages du numérique et de matériel disponible4. La vulnérabilité face à la digitalisation des services de transport combine les inégalités d’accès au numérique et aux services de transport. Plusieurs segments de population aux facteurs de vulnérabilité transverses sont identifiables5 : femmes, personnes âgées, personnes avec un faible niveau d’éducation ou de faibles revenus, habitants de quartiers populaires ou d’espaces ruraux….
Le développement du MaaS en France s’inscrit dans la construction de solutions de mobilité plus durable : il s’agit de ne pas creuser les inégalités d’accès à la mobilité et de veiller à construire des services de MaaS inclusifs. En ce sens, la prise en compte des populations vulnérables et de leurs caractéristiques est essentielle pour la construction du MaaS. Une réflexion qui mettrait l’inclusivité au centre peut faire du MaaS un levier pour l’amélioration de l’accès à la mobilité. Ainsi, le MaaS peut participer à l’amélioration des services de transport existants en mettant ses atouts en termes de fluidité et de lisibilité au service de l’inclusivité.
1 GART, 2020, LOM : décryptage du GART, 84p.
2 Arcep, 2021, Baromètre du numérique,
3 48p. 3 Lupač, P. (2018). Beyond the digital divide : Contextualizing the information society.
4 AdCF, France Urbaine et Trasndev, 2021, Quartiers populaires et politiques de mobilités : enjeux et retours d’expériences locales, 96p.
5 Anne Durand, Toon Zijlstra, Niels van Oort, Sascha Hoogendoorn-Lanser & Serge Hoogendoorn (2022) Access denied ? Digital inequality in transport services, Transport Reviews, 42 :1, 32-57
Alstom lance au Québec un centre d’innovation pour la propulsion hybride, à batterie ou hydrogène
C’est au Québec, à Saint-Bruno-de-Montarville, où se trouve son siège social pour les Amériques, qu’Alstom va créer un nouveau « centre d’innovation dédié aux solutions de mobilité ferroviaire vertes ». L’implantation de ce centre dans la localité où se trouvait le siège de Bombardier Transport est lié à un engagement pris lors de l’acquisition de ce dernier par Alstom en janvier 2021.
Concrètement, ce centre d’innovation aura comme mission première de « développer les futures plateformes à propulsion verte hybride, batterie ou hydrogène spécifiquement adaptées au marché nord-américain du transport sur rail des biens et des personnes ». Alstom veut ainsi répondre ainsi aux besoins de décarbonisation du secteur, sur un continent où les transports ferroviaires se caractérisent par un faible emploi de la traction électrique pour les trains de voyageurs et un usage quasi-exclusif du mode thermique pour le fret. « Contrairement à l’Europe ou l’Asie, le réseau ferré du Canada et des États-Unis est à peine à 1 % électrifié », souligne Éric Rondeau, qui dirigera le centre d’innovation, tout en précisant que « plus de 27 000 locomotives au diesel » empruntent au quotidien ce réseau nord-américain. Éric Rondeau « a une expérience reconnue dans le domaine de l’électrification des transports », précise Alstom, qui rappelle qu’il a « récemment agi comme conseiller stratégique principal auprès d’Investissement Québec International et le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec pour la mise en valeur et le déploiement de la filière batterie du Québec ».
Le futur centre de Saint-Bruno, qui pourrait créer jusqu’à environ 80 emplois dans les prochaines années, bénéficiera de sa proximité avec les quelque 500 ingénieurs d’Alstom qui travaillent actuellement sur ce site québécois, où se trouvent des installations dédiées au prototypage, ainsi que des équipements de réalité virtuelle et de réalité augmentée. En outre, les ingénieurs du centre « collaboreront étroitement avec les acteurs clés du secteur québécois de la recherche et de l’innovation, ainsi qu’avec des partenaires industriels de la filière québécoise de la batterie et de l’hydrogène ». Notamment, le centre d’innovation travaillera avec l’Institut de recherche sur l’hydrogène de l’Université du Québec à Trois-Rivières sur les questions liées à l’écosystème de fourniture et d’exploitation de la propulsion à l’hydrogène. Ce centre participera également à l’Initiative de croissance durable de l’Université McGill de Montréal, laboratoire d’idées qui vise à fournir aux entreprises et aux gouvernements « des solutions novatrices pour accélérer la transition verte dans le domaine des transports ».
PL

Vinci présente le baromètre de l’autosolisme
Selon Vinci Autoroutes, qui a dévoilé en avril les résultats de son premier baromètre de l’autosolisme, « plus de huit conducteurs sur 10 se déplacent seuls dans le cadre de leurs trajets du quotidien ». Seuls 17,4 % des véhicules analysés transportent au moins deux personnes. Le pic moyen d’autosolisme atteint 89 % à 8 heures. En d’autres termes, selon Vinci Autoroutes, « c’est au moment où il est le plus pénalisant, soit aux heures de pointe, que l’autosolisme est le plus pratiqué ». Cela dit, le taux d’autosolisme varie « du simple au quadruple » selon les sections observées. L’étude, réalisée à l’automne 2021, en collaboration avec Cyclope.ai, porte sur 1,5 million de véhicules circulant entre 8h et 10h à proximité de 11 agglomérations françaises : Aix-en-Provence, Biarritz, Bordeaux, Lyon, Montpellier, Nantes (A11 et A83), Nice, Toulon, Toulouse (A62 et A64), Tours et Ile-de-France. Elle a été réalisée en association avec la Région Île-de-France, le syndicat Nouvelle-Aquitaine Mobilités, Tours Métropole Val de Loire, la communauté d’agglomération du Pays basque et Montpellier Méditerranée Métropole, ainsi que les plateformes de covoiturage Blablacar, Klaxit et Ecov.
La deuxième édition du baromètre doit être diffusée ce mois-ci sur le site de Vinci Autoroutes.
