Catégorie : Transports routiers

Retrouvez toute l’actualité des transports routiers et urbains : Bus, voitures électriques, politiques d’aménagements urbains

  • Les réseaux de transport public de Grenoble et du Grésivaudan s’unissent

    Les réseaux de transport public de Grenoble et du Grésivaudan s’unissent

    Les réseaux M Tag et M TouGo s’uniront dès le 2 septembre pour devenir M réso et abolir les frontières entre la métropole grenobloise et le Grésivaudan (Isère). Cette unification, menée par le Syndicat Mixte des Mobilités de l’Aire Grenobloise (SMMAG) en partenariat avec Grenoble Alpes Métropole et la communauté de communes du Grésivaudan, vise à améliorer l’offre de transport pour mieux répondre aux besoins quotidiens des habitants.

    Dès la rentrée, un seul ticket à 2 € permettra de se déplacer sur ces deux territoires en s’affranchissant des limites administratives. La création de M réso s’accompagne d’un renforcement de l’offre avec la mise en place de nouvelles lignes, mais aussi l’augmentation des fréquences et l’extension des horaires de service de certaines lignes existantes.

    Cette évolution vers un réseau plus efficace et plus lisible devrait contribuer à un accroissement de la fréquentation. Le SMMAG, qui a enregistré 85,5 millions de voyages en 2023, table sur 91,6 millions de voyages en 2025 avec un réseau de 19,8 millions de kilomètres.

    A horizon 2030, l’ambition est d’atteindre 97,2 millions de voyages par an. D’ici là, le réseau pourrait encore s’agrandir. Sylvain Laval, président du SMMAG, a confirmé qu’une extension vers le Pays Voironnais était en discussion.

    Séverine Renard

  • Près de 200 lignes de bus RATP déviées pour les JO

    Près de 200 lignes de bus RATP déviées pour les JO

    Cent quatre-vingt-dix lignes de bus sont déviées à Paris et en petite couronne en raison de l’installation des infrastructures olympiques. Certaines déviations ont démarré en mars, à bas bruit, mais à dix jours du coup d’envoi des JO, on est entré dans le dur. « Le réseau de bus va être difficilement praticable pendant les Jeux, constate Marc Pélissier. Dommage, avec le tramway, c’est le mode de transport le plus accessible pour les personnes à mobilité réduite », regrette le président de l’Association des usagers des transports d’Ile-de-France.

    « Seules 20 lignes sont plus touchées par ces modifications, mais la plupart ne sont touchés que sur un ou plusieurs arrêts, ce qui n’empêche pas la ligne de circuler », modère-t-on du côté d’Ile de France Mobilités (IDFM). La préfecture de Police a mis en place des périmètres de circulation dans Paris et autour des sites des épreuves olympiques et paralympiques qui provoquent des déviations de la circulation, et par conséquent de la circulation des bus », justifie l’autorité des organisatrice transports de la région.

    Certaines déviations sont également liées au montage et démontage des sites de compétition éphémères (jusqu’à la fin des Jeux en septembre), la préparation de la cérémonie d’ouverture (installation des gradins depuis le 1er  juillet, démontage le 28 juillet), les épreuves sur sites et sur route (du 24 juillet au 11 août et du 28 août au 8 septembre 2024).

    IDFM et la RATP ont réussi à négocier, à la marge, avec la Préfecture pour obtenir quelques dérogations en zones rouges. Par exemple, « pour permettre des retournements de ligne au plus proche du périmètre rouge, sans limiter la ligne trop en amont », explique la Régie. D’autres négociations, pour le métro cette fois, ont permis de garder ouverte la station de métro Champs Elysées-Clémenceau jusqu’au 20 juillet au lieu du 1er juillet, après l’intervention du ministre des Transports. Et de ne pas devoir évacuer les passagers de la ligne 7 entre les stations qui passent sous la Seine. Pas d’arrêt entre Jussieu et Sully-Morland pendant les JO, mais les voyageurs pourront rester à bord, comme c’est le cas à Concorde sur les lignes de métro 1, 8 et 12, et aux Tuileries (ligne 1).

    Le métro

    Outre Concorde et Tuileries, fermées depuis plusieurs semaines, dès le 17 juillet, la station de métro Cité (ligne 4) sera fermée jusqu’au 26 juillet. Idem, sur la ligne 5, pour Quai-de-la-Rapée. Et sur la ligne 6, pour Trocadéro et Passy.

    Sur la ligne 7, trois stations sont fermées à ces mêmes dates : Pont-Neuf, Châtelet (uniquement le secteur Seine) et Pont-Marie. Sur la ligne 9, Alma-Marceau et Trocadéro ne sont plus accessibles toujours entre le 18 et le 25 juillet. Iéna ne sera fermée que le 24 juillet.

    Enfin sur la ligne C du RER, qui circule le long de la Seine, trois stations sont également fermées à partir du 17 juillet et jusqu’au 25 juillet : Champs-de-Mars-Tour-Eiffel, Pont-de-l’Alma et Musée-d’Orsay.

    Le tramway aussi

    Trois lignes de tramways également impactées : le T2, le 24 juillet de 9 heures à 12 heures entre Parc-de-Saint-Cloud et les Moulineaux; le 25 juillet, entre Suzanne-Lenglen et Porte-de-Versailles (le terminus provisoire sera à Suzanne-Lenglen). Le T3a, ne marquera pas l’arrêt à la station Porte-de-Versailles du 25 juillet au 11 août. Et le  T10 sera à l’arrêt le 24 juillet au matin.

    Alors, comment s’y retrouver ? « Pour connaître le trajet des lignes, il faut consulter les applications Transport Public Paris 2024, Île-de-France Mobilités et Bonjour RATP », conseille IDFM. Il faut cliquer sur plusieurs liens, pas tous intuitifs, pour trouver l’information, puis sur la fiche de la ligne impactée (exemple ligne de bus 20 ci-contre).

    Les déviations sont aussi affichées aux arrêts de bus. « Les fiches de la RATP sont compliquées à lire, juge Marc Pélissier. Et il aurait fallu une campagne d’information plus voyante », regrette le défenseur des usagers des transports franciliens. Il espère qu’une fois passés les JO, « le réseau de bus parisiens prendra un nouveau départ. Il a perdu 29% de fréquentation depuis 2019, sous l’effet de la crise sanitaire puis des pénuries de conducteurs dont il ne s’est jamais vraiment relevé », constate le représentant des usagers.

    Les lignes de bus impactées : ici

    Les stations de métro et de tramway impactées : ici

    N.A

  • 185 km de voies olympiques : c’est parti!

    185 km de voies olympiques : c’est parti!

    Les organisateurs des JO de Paris ont ouvert lundi 15 juillet les 185 kilomètres de voies olympiques et paralympiques réservées aux athlètes, aux officiels, aux bus de transport public, taxis, secours, journalistes accrédités et aux services de sécurité, pour accéder rapidement aux sites des épreuves.
    Ces voies se situent à Paris, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis et sur certains axes autoroutiers franciliens (A1, A12, A13, A4 et sur la RN13). Certaines bretelles d’accès sont également réservées.

    Opérationnelles en continu jusqu’au 13 août, elles seront ensuite suspendues avant de rouvrir à partir du 22 août pour les Jeux paralympiques, jusqu’au 11 septembre. Sur l’A1, le dispositif reste en service sans interruption du 15 juillet au 11 septembre.

    La promesse du Cojop est ambitieuse : les athlètes ne doivent pas avoir un temps de parcours supérieur à trente minutes entre deux sites de compétition.

    Le contrôle des véhicules autorisés à circuler sur ces voies est assuré par la Préfecture de police, autorité compétente sur la circulation dans toute l’Île-de-France pendant toute la durée des Jeux. Tout véhicule non autorisé se verra infliger une amende de 135 euros et sera passible de poursuites judiciaires, indique la Direction régionale des routes sur son site.

    Voir le détail des axes concernés

    Certaines voies olympiques vont-t-elles devenir des voies de covoiturage après les JO ? Le sujet est sur la table.

    N.A

     

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  • Keolis en passe de doubler de taille au Canada   

    Keolis en passe de doubler de taille au Canada  

    La filiale de la SNCF est en passe de racheter deux activités transports interurbains dans l’ouest canadien. Elle a signé un accord avec la compagnie Student Transportation of America (STA) pour acquérir deux divisions commerciales de Pacific Western Transportation (PWT), une société canadienne de Calgary.

    C’est « une étape importante dans notre stratégie de développement à l’international, plus particulièrement en Amérique du Nord. Elle nous permet de renforcer notre présence au Canada et d’étendre notre expertise et nos services à de nouvelles régions prometteuses », commente Marie-Ange Debon, présidente du directoire de Keolis.

    Avec 550 bus et cars en exploitation, les deux entités en passe d’entrer dans le giron du Français – Transit et Motorcoach –  opèrent des services de transport urbain dans 23 municipalités des provinces de l’Alberta et de la Colombie-Britannique,  ainsi que des services de transport par autocar dans ces provinces et en Ontario, sous les marques Red Arrow et Ebus, notamment, qui ont généré en 2023 un chiffre d’affaires de 115 millions de dollars canadiens (environ 80 millions d’euros). 

    Présent au Canada depuis 2002, à Québec, Montréal et Ottawa, Keolis double de taille avec ces nouvelles positions dans l’ouest du pays. De l’autre côté de la frontière, aux Etats-Unis, Keolis exploite plusieurs réseaux de transport à Boston (RER, Washington, Austin et Phoenix (bus).

  • Réussir l’intermodalité

    Réussir l’intermodalité

     

    Les régions, chefs d’orchestre de la mobilité, doivent jouer sur la multimodalité des transports pour optimiser l’offre, faciliter les déplacements de leurs administrés et permettre d’irriguer tous leurs territoires, mêmes les plus lointains. D’où la nécessité d’intégrer au mieux les mobilités actives ou émergentes (covoiturage, cars express, autopartage, vélo, sans oublier la marche). Les participants à la conférence intitulée « Réussir l’intermodalité », qui s’est tenue juste avant la remise des Grand Prix des Régions organisée par VRT, ont débattu sur ce thème.

    Michaël Quernez

    Favoriser l’intermodalité des transports publics permet d’améliorer leur attractivité en facilitant les déplacements. Ce postulat ne fait plus débat. Les régions à qui la LOM a donné un rôle de chef de file des mobilités se montrent convaincues. Elles en tiennent compte dans l’organisation et le financement du TER, des lignes de cars interurbains, des transports scolaires et même de la desserte maritime des îles, a expliqué Michaël Quernez, vice-président Climat et mobilités au conseil régional de Bretagne. Complexité de cette région, il existe 54 autorités organisatrices pour 60 intercommunalités. « Il ne s’agit pas de remettre en cause leurs compétences, mais de faire en sorte que toutes ces AOM travaillent ensemble sur le serviciel, la billettique, la tarification et la grille tarifaire, de manière à proposer un transport sans couture, facile pour l’usager », souligne l’élu.

    Ce travail en commun a démarré avec la mise en place d’un système de billettique utilisable sur une douzaine de réseaux en Bretagne, dont celui des TER et des cars BreizhGo. La Région et six intercommunalités se sont aussi associées pour financer le projet BreizhGo Express Sud qui vise à augmenter l’offre de TER en proposant un train toutes les 30 minutes aux heures de pointe d’ici à 2025-2026. Cet accord sur le TER sera suivi par la création d’un syndicat mixte réunissant les intercommunalités bretonnes chargées des mobilités, annonce Michaël Quernez. Il portera le nom de Bretagne Mobilités. « Ce syndicat travaillera sur la tarification. Il permettra de calibrer les offres et services utiles aux territoires et permettra d’avoir collectivement les moyens de proposer un renfort d’offres en travaillant à un projet de Serm régional », détaille l’élu socialiste, également maire de Quimperlé (Finistère).

    Or, pour le ministère des Transports, les Serm doivent cibler un périmètre métropolitain pour obtenir leur labellisation et des aides de l’Etat. Qu’importe pour l’élu breton ! « En Bretagne nous n’imaginons pas un Serm dans une relation exclusive entre région et métropole. Ce serait oublier la plupart des Bretons et leurs besoins de mobilité du quotidien et de proximité », justifie-t-il en rappelant le succès des TER bretons très fréquentés.

    Le portrait-robot du voyageur

    Ce succès concerne l’ensemble du territoire national. En deux ans la fréquentation des TER a progressé de 21 %, rappelle Jean‑Aimé Mougenot, le directeur TER SNCF Voyageurs. Soit 200.000 voyageurs de plus par jour et 1,3 million de trajets quotidiens repartis dans les 8300 TER exploités en France. Pour mieux connaitre les attentes de ces voyageurs, la SNCF a interrogé 41.000 passagers dans les trains et 17.000 personnes en ligne. « Cela nous a appris que 60 % des utilisateurs des TER ont moins de 35 ans et que les voyages en train sont plébiscités pour leur rapidité, leur praticité et leurs prix jugés peu chers », poursuit le patron des TER.

    Jean-Aimé Mougenot

    Selon cette étude, la majorité des voyageurs prend le TER par choix. Car si 32 % d’entre eux n’ont pas d’autre moyen de transport, 68 % sont motorisés. Les voyageurs mettent en moyenne 15 minutes à se rendre en gare et sont 35  % à y aller en mode doux : marche ou vélo. La voiture ne représente plus que 34 % de ces trajets, alors que sa part s’élevait à 41 % en 2009. Les autres voyageurs empruntent les transports en commun pour rejoindre leur gare.

    La SNCF a aussi cherché à comprendre ce qui pouvait faire renoncer à un trajet en TER. La première raison est liée à des horaires jugés inadaptés, montre l’enquête. Or, les habitudes de travail ont évolué. Un Français sur deux a des horaires variables ou flexibles avec le télétravail. Les voyageurs veulent avoir la garantie de pouvoir arriver et repartir à toute heure, dans les mêmes conditions qu’aux heures de pointe. La difficulté d’accès au train est un autre motif de renoncement. Il faut appliquer, explique Jean-Aimé Mougenot, une approche systémique pour faire du train un mode facile et ne plus avoir à se poser la question de savoir si on pourra revenir quand on part. « Il faut aussi que les voyageurs puissent disposer de parkings, y compris pour leurs vélos et trottinettes ».

    Autre enseignement, les voyageurs attendent un titre unique et une tarification simple. Et une alternative efficace à leurs besoins de mobilité dans les territoires ruraux, que ce soit en transport à la demande, en train plus vélos ou en autopartage. D’où l’importance, selon le dirigeant de recourir à la data et aux traces mobiles pour fournir une offre de transport adaptée à ces territoires. Y compris en relançant certaines petites lignes « s’il y a un potentiel de déplacements suffisants ». Le directeur des TER affirme « travailler pour proposer des solutions d’exploitation moins coûteuses ajustées au nombre voyageurs, à terme de manière automatique ».

    L’atout des cars express

    Edouard Hénaut

    Il faut répondre aux besoins de transport en faisant en sorte que, quel soit le lieu, une solution de mobilité soit toujours possible, renchérit Edouard Henaut. C’est ce qui permettra de favoriser le report modal de la route vers les transports collectifs, poursuit le directeur général de Transdev France. Un exemple : « les élus de 143 collectivités du Grand Reims nous ont demandé que 100 % des habitants de la communauté urbaine, même en secteur rural, aient une solution de transport à moins d’un kilomètre. ». La solution passe par l’intermodalité qui combine l’offre ferroviaire, les lignes de cars express, le co-voiturage, mais aussi du transport à la demande (TAD) pour offrir des solutions de rabattement. « On peut créer des lignes de cars avec des niveaux de fréquence élevés pour transporter jusqu’à 3000 voyageurs par jour en six mois, tout en maitrisant les budgets, alors qu’il faudrait compter des années pour disposer d’une solution ferroviaire », commente Edouard Henaut. La région Ile-de-France pousse aussi le sujet des cars express. Elle prévoit de proposer aux Franciliens, qui n’ont pas de RER à côté de chez eux, plus de 100 lignes de cars express pour accéder aux grandes agglomérations à l’horizon 2030. Ces lignes pourront être complétées par du TAD dans les zones moins denses, rappelle Edouard Hénaut. Selon lui, de plus en plus de régions sont prêtes à envisager de telles solutions. Y compris à la place de liaisons ferroviaires qui n’auraient pas trouvé leur public.

    Il faut analyser les données pour comprendre où sont les flux de voitures, avant d’imaginer les remplacer par des solutions de cars express, indique toutefois le dirigeant de Transdev France. Pour être efficace, le car express doit être proposé sur des flux majeurs et rester un moyen rapide d’aller d’un point A à B, en évitant de multiplier les arrêts. Autre exemple de report modal réussi, Transdev a travaillé sur une nouvelle offre de transport collectif pour accompagner la réindustrialisation du Creusot, où le site de Framatome connait une expansion massive de ses activités et recourt donc à un nombre croissant de salariés.

    En Hauts-de-France, l’installation de deux gigafactories va créer 30.000 emplois et la région a décidé de ne pas créer de parking sur ces sites. La mission de Transdev sera de les intégrer dans son offre de transport collectif, en mixant BHNS, lignes urbaines, transport scolaire et interurbain, mobilité en zones peu denses, services occasionnels. Objectif : permettre au personnel travaillant sur ces sites d’y aller sans utiliser de véhicule personnel.

    L’importance des combinaisons….

    Didier Cazelles

    Didier Cazelles, directeur général adjoint de Keolis, confirme l’intérêt des BHNS pour relier des zones d’activités à fort potentiel, à condition de proposer du cadencement. Le Conseil d’orientation des infrastructures recommande, pour la labellisation des Serm, un cadencement toutes les 20 minutes en heure de pointe. Didier Cazelles va plus loin et prône un départ toutes les cinq minutes en période de pointe. Seule une fréquence régulière, gage d’une attente réduite, incitera les usagers à privilégier les transports en commun, rappelle-t-il. Les enquêtes menées régulièrement par Keolis mettent aussi en évidence un attrait pour les liaisons directes et une stratégie d’évitement des correspondances. « Un voyageur sur trois affirme raccourcir son voyage en transport public en marchant, et sept sur dix préfèrent marcher pour avoir une liaison directe ou plus fréquente, plutôt que d’avoir à faire un changement même si le trajet est plus court », souligne Didier Cazelles.

    Cette préférence s’accentue avec l’âge. De même, 80 % de ceux qui n’utilisent pas les transports collectifs, disent qu’ils seraient prêts à changer leurs habitudes si on leur proposait une liaison directe. Reste que la pluralité de l’offre et l’intermodalité permettent de maximiser l’usage des transports collectifs, ajoute Didier Cazelles. Le dirigeant cite l’exemple du réseau de transport public grenoblois qui, grâce à la richesse de son offre combinant tramways, TER, lignes de bus, transports scolaires et transport à la demande, parvient à friser les 50 % de parts modales.

    … et des pôles d’échanges multimodaux

    Eliane Barbosa

    Comment convaincre les 60 % de Français qui prennent le volant pour leurs déplacements domicile-travail de moins de 5 km, de passer au transport collectif ? Il faut leur proposer des alternatives : trains, bus, vélos, inciter à la marche et faire en sorte qu’il soit facile de passer d’un mode à l’autre. « L’intermodalité est dans notre ADN et nos missions », rappelle Eliane Barbosa, directrice exécutive des gares parisiennes et régionales de SNCF Gares & Connexions. La filiale de SNCF Réseau a pour ambition de connecter tous les modes de transports à partir des gares, qu’elle veut transformer en pôles d’échanges multimodaux, avec des cheminements spécifiques pour les piétons et des espaces pour les mobilités actives. Elle projette de déployer 65 000 places de vélos sur ses 1100 gares les plus importantes et d’y proposer des services de proximité. Pour redynamiser les quartiers à proximité des gares, Gares & Connexions a signé un accord avec Action cœur de ville et a investi un million d’euros par an pour la modernisation, la sécurisation et l’accessibilité de ses gares. « Nous voulons que partout sur le territoire, nos gares aient le même niveau de service, de confort et de sécurité », insiste Eliane Barbosa.

    Gares & Connexions affiche 150 projets de pôles multimodaux en développement. Celui de Libourne pourrait servir de vitrine : pour transformer cette gare terminus du Serm bordelais, où la région prévoit une hausse de fréquentation de 25 % d’ici 2030, Gares & Connexions met son expérience à la disposition des élus et assure la maitrise d’ouvrage. Le projet prévoit l’aménagement de 500 places de stationnement aux alentours de la gare, dont une centaine avec des bornes électriques, 150 places sécurisées pour les vélos, la création de 26 quais de bus avec un espace attente pour les scolaires, l’installation de 2 400 m² de panneaux photovoltaïques… Il faudra aussi désimperméabiliser et végétaliser 4 000 m² et planter 104 nouveaux arbres. Le maire a même demandé à Gares & Connexions de réfléchir à intégrer les drones dans ce futur pôle d’échanges multimodal qui devrait voir le jour d’ici 2030.

    Bonnes et mauvaises expériences

    « En tant qu’usager j’ai eu de bonnes et de mauvaises expériences », rapporte Patricia Perennes, consultante senior chez Trans-Missions. Lorsqu’elle était directrice adjointe Transports de la région Centre-Val de Loire, une visite de terrain lui avait permis de réaliser qu’entre la gare et l’arrêt des cars, il fallait parcourir huit minutes à pied, sans trottoir. « Physiquement ce n’était pas possible. Et lorsqu’on y arrivait, les horaires n’étaient pas coordonnés. » A titre personnel, elle a aussi été confrontée à des difficultés et une intermodalité mal pensée pour rejoindre la gare de Quimper. La gare dispose d’un très beau pôle d’échange, avec une gare routière parfaitement située. Mais les horaires des cars ne sont pas adaptés à ceux des TGV… D’où la nécessité de prendre la voiture pour rejoindre la gare.

    Elle en tire plusieurs conclusions : la clé du succès, selon elle, est de faire en sorte que l’intermodalité soit physiquement possible, coordonnée et connue du voyageur. En commençant par réaliser un trottoir pour permettre le cheminement du piéton. Un préalable. Après, il est temps de réfléchir à une billettique et à une tarification unique. Elle conseille aussi de s’inspirer du modèle suisse cadencé pour les trains. « Là-bas, on arrive en gare sans se soucier des correspondances. Si on en rate une, un autre train passe peu de temps après. Grâce au cadencement, faire une correspondance n’est pas un problème. »

    Partager les informations

    Mettre en place le cadencement est une question de volonté, juge Edouard Hénaut. Encore faut-il avoir accès aux données des autres opérateurs. Ce qui n’est pas le cas partout, alors qu’on devrait être dans une logique de simplification, poursuit-il. Pour concurrencer l’application Citymapper qui fournit des informations plus précises que les opérateurs, il invite les acteurs de la mobilité à délivrer leurs informations de manière accessible et simple, au bénéficie du voyageur.

    Eliane Barbosa souhaite afficher l’intégralité de l’offre multimodale en gare. Mais reconnait que le chemin pour disposer de toutes les données des différents modes de transport et apporter les informations aux clients sera encore long.

    Michaël Quernez ajoute : « Il faut être attentif à la bonne coordination des horaires, les améliorer et apporter une information lisible. Mais on ne peut pas continuer à avoir jusqu’à cinq applications dans une seule région. Il faudra parvenir à un outil d’information unique pour avoir un réseau sans couture, facile à comprendre et à utiliser par l’usager des transports. C’est le défi des années à venir. »L’offre de transport s’est sédimentée en s’empilant au fil du temps. « Quand on part d’une feuille blanche, c’est plus facile », rappelle Jean-Aimé Mougenot en mettant en avant le succès de la liaison Genève-Auvergne-Rhône-Alpes, connue sous le nom de Leman Express, qui a été complétement reconfigurée pour connecter 45 gares. Parvenir à des résultats semblables, en prenant en compte l’historique des transports, est un challenge pour les opérateurs qui doivent composer avec les différents modes mis à disposition par les différentes AOM. « C’est un challenge et c’est plus long et plus complexe que lorsqu’on part de zéro. Mais il faut l’accepter et relever ce défi tous ensemble en ayant recours au digital », estime Jean-Aimé Mougenot.

    Matawan, la plateforme numérique qui facilite le voyage intermodal

    Pour Jérome Trédan, CEO de la startup Matawan, ex Ubitransport, spécialisée dans la gestion et la simplification de la mobilité, la technologie a un rôle à jouer pour faciliter l’intermodalité en apportant à l’usager fluidité et simplicité alors que l’offre de mobilité s’est développée de manière parfois désordonnée. Il recense 260 systèmes sur le territoire. Pour qu’ils puissent se connecter entre eux, Matawan table sur la technologie, le cloud et l’IA. Plutôt que créer un titre unique, Matawan propose d’aller vers un titre unifié universel qui permette la coexistence de ces systèmes. C’est ce que fait par exemple son entreprise à la La Rochelle : Matawan y simplifie les déplacements multimodaux du quotidien en connectant tous les types de mobilité via sa plateforme cloud. « Notre offre repose sur quatre fonctionnalités numériques : la billettique, la monétique, le reporting des opérations et la mobilité intelligente, qui permet d’informer les voyageurs en temps réel, à partir de la géolocalisation des moyens de transport », résume Jérôme Trédan.

    C’est aussi l’avis de Didier Cazelles, qui insiste sur le « parcours client » et la nécessité d’un système « fluide ». Il faut avoir, explique-t-il, « une approche globale intégrant l’achat du billet, l’information voyageurs, mais aussi une vision intégrant les déplacements urbains et ferroviaires. Il y a donc un sujet de coordination avec le routier car il y a des axes où il n’y a pas de ferroviaire et les élus nous demandent d’y réfléchir ». C’est le cas de la région Grand Est dont l’appel d’offres pour exploiter le réseau de l’Etoile de Reims comprend une part routière importante (30  %), nécessitant une réponse multimodale robuste.

    Michaël Quernez reconnaît qu’il faudra du temps pour parvenir à une culture commune entre transports par trains, cars, bateaux, tram dans notre pays, où les compétences ont été peu à peu transmises aux collectivités. « Le grand big bang des transports passera par une organisation commune. Mais aujourd’hui il faut faire avec ce qu’on a pour tenter d’en faire un jardin à la française », poursuit l’élu.

    Patricia Perennes

    Pour Gares & Connexions, l’arrivée de la concurrence doit être vue positivement. « L’arrivée de nouveaux opérateurs nous incite à revisiter nos gares en termes de fonctionnalité. Cela contribuera à faire venir de nouveaux clients dans les transports publics », commente Eliane Barbosa. « Il ne faut pas confondre concurrence et désorganisation, car le chef de fil c’est la région. On peut donc s’attendre à ce que l’émulation liée à la concurrence permette d’apporter plus de trains, plus de cars, plus de transports. Et in fine, on peut en espérer plus de mobilité et de facilités pour les voyageurs », conclut Patricia Perennes. Ce qui permet aussi d’espérer plus de cohésion sociale et d’attractivité des territoires. Et d’aller dans le sens du développement durable.

    Valérie Chrzavzez

  • Transdev débarque RATP Dev des bus de Saint-Malo

    Transdev débarque RATP Dev des bus de Saint-Malo

    Les élus de Saint-Malo ont approuvé le 20 juin le changement de délégataire du contrat de transport urbain de l’agglomération. Transdev prendra le volant des bus malouins pour sept ans à partir de la rentrée, avec « un bouquet de nouveau services », qui a fait penché la balance en sa faveur, indique la collectivité locale dans un communiqué. Notamment, un service de transports à la demande dans les 14 communes de l’agglomération, en connexion avec les lignes de bus régulières, pour « répondre aux besoins d’habitants de secteurs périurbains désireux de se rendre sur leur lieu de travail sans leur voiture« .

    Le transport scolaire est repensé, quant aux lignes urbaines, elles devraient « s’étoffer », avec des nouveaux circuits,  détaille la collectivité, pour couvrir des zones blanches de mobilité.

    La filiale de la Caisse des dépôts et du groupe Rethmann remporte le contrat contre le candidat sortant RATP Dev, aux commandes du réseau depuis cinq ans.

    N.A

  • Transdev retenu pour exploiter les transports urbains d’Utrecht

    Transdev retenu pour exploiter les transports urbains d’Utrecht

    Après Keolis qui a annoncé le 17 juin avoir vu son contrat de transport public être renouvelé pour dix ans  dans la province d’Utrecht aux Pays-Bas, c’est au tour d’un autre opérateur français d’être retenu à Utrecht pour desservir la ville :  Transdev a remporté, après appel d’offres, le marché des transports urbains. Soit la concession, pour dix ans, du réseau de bus et de tramways du centre-ville d’Utrecht et de ses environs, exploité sous la marque U-OV.

    Un contrat important puisque le réseau du centre d’Utrecht couvre 50 lignes de bus transportant plus de 30 millions de passagers par an. Transdev exploitera aussi trois lignes de tramways (54 rames) courant sur 18,3 km, qui ont acheminé en 2023 plus de 9 millions de passagers.

    « Ce contrat, dont la reprise effective se fera en décembre 2025, représente pour Transdev une valeur globale – dans sa durée totale – d’environ 1,7 milliard d’euros« , indique le groupe français dans un communiqué.

    Dans le cadre de cette concession, Transdev va investir plus de 350 millions d’euros pour acheter 250 bus électriques. D’ici à 2028 l’intégralité de la flotte sera composée de bus électriques (en majorité articulés et bi-articulés) zéro émission. Une cinquantaine de bus le sont déjà.

  • 12 millions d’euros pour former les conducteurs de demain

    12 millions d’euros pour former les conducteurs de demain

    Il y a un an, devant les difficultés criantes des entreprises de transport urbain et ferroviaire de recruter des conducteurs et des agents de maintenance, l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) lançait une cartographie de la situation et surtout, un diagnostic des profils nécessaires à former et à recruter avec la transition énergétique des bus, des autocars et des trains.

    Le projet, baptisé Transformateurs, qui vise à construire un appareil de formation pour les 1 500 entreprises du secteur vient d’être nommé lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt Compétences et métiers d’avenir de France 2030, le plan d’investissement de l’Etat. A la clé, une enveloppe budgétaire de 12 millions d’euros, dont un soutien financier de l’État de 8 millions d’euros. « Il se décline en 90 dispositifs et actions opérationnels sur quatre ans« , indique l’organisation patronale dans un communiqué. Objectif, « attirer vers nos secteurs et bâtir les outils de formation adaptés à l’évolution de nos métiers ».

    L’UTP estime à 105 000 recrutements les besoins des entreprises du secteur à l’horizon 2030, principalement sur les métiers de la conduite et de la maintenance. « Que ce soit pour accompagner la transition de la flotte de bus à l’électrique ou le déploiement de navettes ferroviaires électriques ultra légères, les besoins en compétences en électriciens, électromécaniciens, électrotechniciens sont prégnants, sur l’ensemble du territoire », diagnostique l’UTP qui pilote le projet Transformeurs en collaboration avec la FNTV pour le secteur interurbain, l’organisme de collecte de l’argent de la formation OPCO Mobilités, des établissements d’enseignement scolaire et supérieur, des organismes de formation et des collectivités territoriales.

    N.A

  • Le contrat de Keolis renouvelé pour dix ans à Utrecht

    Le contrat de Keolis renouvelé pour dix ans à Utrecht

    Keolis a annoncé le 17 juin que son contrat de transport public dans la province d’Utrecht aux Pays-Bas, datant de 2016, avait été renouvelé pour dix ans. Le contrat porte sur l’exploitation et la maintenance.

    « Dans les années à venir, Keolis mettra en service la plus grande flotte de bus électriques qu’il exploite aux Pays-Bas, comprenant plus de 250 véhicules« , note l’opérateur de transport public, filiale de la SNCF, en précisant que les bus seront déployés progressivement et les bornes de recharge installés dans les zones de stationnement des bus et dans les cinq dépôts du réseau.

  • Le bilan préoccupant des opérateurs de bus en grande couronne parisienne

    Le bilan préoccupant des opérateurs de bus en grande couronne parisienne

    L’ouverture à la concurrence des bus en grande et moyenne couronne parisienne produit des résultats catastrophiques sur le plan financier pour les opérateurs : plusieurs dizaines de millions de pertes d’après un bilan dressé le 28 mai lors d’une audition organisée par Ile-de-France Mobilités. Tous les transporteurs sont concernés : Transdev, Keolis, RATP Cap Ile-de-France et Lacroix-Savac qui se sont affrontés pour remporter les 36 contrats mis en concurrence depuis 2020 par IDFM. 21 contrats sont exploités depuis plus d’un an.

    Depuis plusieurs mois, l’organisation professionnelle Optile, qui rassemble ces entreprises, tire la sonnette d’alarme, pointant un système « très punitif qui préoccupe les opérateurs depuis deux ans ». Les pertes s’expliquent par trois raisons, selon Optile : les surcoûts dus à l’inflation et à l’énergie, la fréquentation toujours en baisse de 15 % comparée à la période avant-Covid et le montant des pénalités infligées par IDFM pour manquement aux objectifs. Or, ces causes étaient difficilement prévisibles lorsque les objectifs ont été fixés.

    Selon des participants à la réunion du 28 mai, Valérie Pécresse, la présidente d’IDFM, s’est félicité d’une meilleure ponctualité des bus et a annoncé 30 M€ d’avenants « si la rentrée scolaire se passe bien« . Un montant modeste vu l’ampleur du déficit et alors que le taux de marge du secteur atteint 2,5 à 3 %. Pour certains contrats, les taux de pertes avoisineraient les 20 % du chiffre d’affaires.

    Côté usagers, on s’inquiète de possibles répercussions sur la qualité de service si les pertes continuent à se creuser alors que les bus Optile concernent 1100 lignes en grande banlieue parisienne. Interrogé par VRT, Youenn Dupuis, le président d’Optile, estime que la proposition de Valérie Pécresse montre « un esprit d’ouverture allant dans le bon sens« .  Reste toutefois, ajoute-t-il, à mener maintenant des négociations afin d’aboutir à un « dispositif économique incitatif mais aussi soutenable« .

    Marie-Hélène Poingt