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Spécial innotrans – Sous le signe de l’IA et de la décarbonation
Comme tous les deux ans, Innotrans se tient à Berlin du 24 au 27 septembre 2024. Le plus grand salon ferroviaire du monde permet de découvrir les dernières innovations et les productions phares des entreprises de transport venues d’une cinquantaine de pays
Pour sa quatorze édition, Innotrans voit, comme d’habitude, grand : divisé en cinq catégories (Technologie ferroviaire, Infrastructure ferroviaire, Transports publics, Equipements et Constructions de tunnel), le plus important salon ferroviaire du monde s’étend sur près de 2 00 000 m2 dont 98 000 m2 sous les 42 halls du site. Ses promoteurs espèrent dépasser la fréquentation atteinte en 2022 quand 137 000 visiteurs avaient arpenté les allées du parc des expositions de Berlin, une situation privilégiée où les vastes emprises permettent de recevoir de très nombreux exposants : lors de la dernière édition près de 3000 exposants étaient alors présents, issus de plus de 50 pays. A l’extérieur, le salon dispose de 3,5 km de voies ferrées destinées à recevoir tous les types de matériels ferroviaires, du wagon citerne jusqu’aux trains à grande vitesse. En complément, le Bus Display permet aux constructeurs de présenter leurs nouveautés, en statique ou sur un parcours de démonstration directement connecté.
Placé sous le signe de l’intelligence artificielle et de la décarbonation, ce cru 2024 permettra également de faire le point sur l’avancée de la Chine sur le marché européen. On suivra notamment CRRC qui gagne du terrain sur les appels d’offres en Europe de l’Est. En mai au salon Rail Solutions à Kuala Lumpur, le groupe chinois a présenté son automotrice intelligente tandis que son département R&D s’est rapproché d’experts étrangers pour échanger sur l’innovation technologique et le développement des matériels décarbonés. Face aux asiatiques et à ses autres concurrents, Alstom se positionne sur plusieurs fronts. Son désendettement (qui s’est imposé après le difficile rachat de Bombardier) se poursuit avec la vente de son activité signalisation en Amérique du Nord. Côté industriel, l’entreprise devrait confirmer son engagement pour la mobilité digitale et autonome, la décarbonation et la cybersécurité, à travers tous les matériels de sa gamme, du tramway au train à grande vitesse.Innotrans: Des rencontres et des débats
En marge de la manifestation, de nombreux forums et rencontres sont organisés. Un sommet des dirigeants ferroviaires est prévu dès le 24 septembre à 15h, sur le thème des chemins de fer confrontés aux enjeux environnementaux. Un « forum de dialogue » sera aussi proposé avec cinq réunions sur des sujets aussi variés que l’ERTMS, l’intelligence artificielle ou encore les innovations dans le ferroviaire. En parallèle, cinq forums sont prévus, généralement à l’initiative des acteurs allemands des secteurs concernés. Les visiteurs pourront ainsi prendre part au Forum international du design, au Forum international des tunnels (qui organise deux rencontres), au Forum des transports publics, au Forum de l’innovation à la DB ou encore au Forum des autobus.
Le 24 septembre au matin, la cérémonie d’ouverture sera présidée par Dirk Hoffmann à la tête de la manifestation, accompagné du ministre fédéral du Numérique et des Transports, le Dr Volker Wissing. La commissaire européenne chargée des Transports, Adina Valean pourrait également être présente.
Dans la foulée, une première table ronde sera organisée sur le thème de l’IA dans le secteur de la mobilité. Aux côtés du ministre allemand des Transports, le PDG de la DB, le Dr Richard Lutz et Mohamed Rabie Khlie à la tête des chemins de fer marocains, participeront à ce débat incontournable pour le secteur.Dossier réalisé par Philippe-Enrico Attal
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Des voltigeurs dans la ville, les métiers du câble urbain
Conduire et entretenir un téléphérique urbain comme à Brest, Toulouse, Saint-Denis de La Réunion, bientôt Ajaccio ou Créteil ne recouvre pas la même réalité que prendre les commandes d’un métro ou d’un tramway. Le métier du câble urbain exige des compétences particulières, beaucoup de travail de nuit, et il ne faut pas avoir le vertige ! Les formations reposent sur le compagnonnage, l’école de la neige, et un récent bac professionnel.
Peu de cabines, peu de conducteurs, mais beaucoup de voyageurs : de 1000 à 5000 personnes par heure et par direction (73000 à Mexico ! ), de 7 h à 23 h ou minuit, non-stop, tous les jours. A priori, un conducteur de métro ou de tramway, aguerri aux protocoles stricts de sécurité imposés par les services de l’Etat et le décret sur la sécurité des transports publics guidés (STPG), pourrait tout aussi bien assurer la conduite d’un téléphérique en ville. « En réalité, la notion de conducteur ne recouvre pas la même dimension, il est posté sur le quai ou à distance, à côté du PC. L’équivalent, ce serait superviseur du tramway », compare Brigitte Panchout, responsable du tramway, du téléphérique et d’un centre bus chez Tisséo Voyageurs, la régie des transports en commun de l’agglomération toulousaine, qui a inauguré en mai 2022 une ligne de téléphérique. « Il réalise les contrôles réglementaires avant l’ouverture de l’installation, intervient et alerte en cas de dysfonctionnements ou d’incident, est habilité à arrêter et redémarrer l’installation, prendre la décision d’évacuer les voyageurs, c’est lui qui a autorité même si les décisions opérationnelles viennent du PC », reprend-t-elle.
Le téléphérique urbain, c’est un autre public aussi, « on ne transporte pas des skieurs qui ont du temps, mais des actifs. Le niveau de service attendu est plus exigeant », rappelle Victor Antonio, directeur des mobilités de la métropole de Brest où le premier téléphérique de France a fait ses armes en 2016 (si l’on exclut celui de Grenoble qui date de 1934). Non sans difficultés au démarrage. A Toulouse, des agents de station assurent la surveillance de l’embarquement et le débarquement des usagers, les accueillent, les informent et contrôlent les billets. Ils savent aussi porter les premiers secours aux passagers.

Le téléphérique de Brest permet de traverser la Penfeld, le fleuve qui sépare la ville en deux. Savoir manier le baudrier
Concernant les métiers de la maintenance, le socle de compétences est commun : un mécanicien, un électromécanicien ou un expert des automates de sécurité pourrait œuvrer tout aussi bien sur un métro, un tram ou un téléphérique. Sauf qu’il n’est pas hydraulicien (la tension du câble est assurée par vérin hydraulique), ne sait pas forcément mesurer la vitesse ou la pression du vent à l’aide d’un anémomètre, ou interpréter un bulletin météo (certains téléphériques supportent le vent fort, mais tous détestent les orages). Et surtout, il ne sait pas monter au pylône et travailler sur une télécabine ou un câble accroché à 70 mètres. Le plus souvent de nuit. « S’il existe de grandes similitudes entre les métiers des transports urbains classiques, le travail en hauteur est un incontournable pour le câble et nécessite une formation particulière, pour les techniciens de maintenance comme pour l’encadrement et le service QHSE [Qualité, hygiène, sécurité, environnement, ndlr] », confirme David Aubonnet, Savoyard pur sucre et référent transport par câble chez RATP Dev. La filiale du transporteur francilien exploite les téléphériques de Brest, du Salève en Haute-Savoie, ainsi que plusieurs funiculaires urbains.
Pourquoi le câble urbain a le vent en poupe
Astucieux pour franchir des obstacles topographiques, meilleur marché qu’un métro ou un tramway. Là où les modes de transport conventionnels atteignent leurs limites, les téléphériques urbains les repoussent.
Ils ont des avantages :
• Capacitaires : de 1 500 à 5 000 passagers/heure. A Brest, 2 télécabines de 60 places, 945 000 voyageurs en 2023, 11 salariés. A Toulouse, 16 télécabines de 34 places, 6 000 passagers par jour (plus de 3 millions depuis la mise en service en 2022), 30 salariés.
• Fréquents : en continu, quelques secondes dans le cas de télécabines, quelques minutes pour les téléphériques en va-et-vient.
• Peu gourmands en espaces au sol.
• Temps de travaux moins longs qu’un réseau de tram.
• Moins coûteux. 15 M€ pour 500 mètres de ligne à Brest, 90 M€ pour 3 km à Toulouse, 100 M€ pour 4,5 km entre Créteil et Villeneuve Saint-Georges en Ile-de-France.
Et des limites :
• Covisibilité avec des habitations.
• Survol de la ville et des immeubles.
• Sensibles aux conditions météo.
Monter aux pylônes ça s’apprend. Il faut savoir manier le baudrier, le mousqueton et le stop chute. Et ne pas avoir le vertige. La section téléphérique urbain du Syndicat des téléphériques de France, présidée par David Aubonnet, dispense des formations à Val Thorens (Savoie), et délivre des certificats de compétences.
Cette chambre professionnelle dont dépendent les salariés des remontées mécaniques (et du câble urbain dans certains cas) a participé à la création d’un bac pro en 2022 dans deux lycées : à Saint-Michel de Maurienne, dans les Alpes, et à Bagnères-de-Bigorre, dans les Pyrénées.
A Brest, Victor Antonio a envoyé ses techniciens se former à la neige, puis chez ArcelorMittal, et enfin, chez MND, constructeur du téléphérique qui survole la rade de la cité bretonne. « En Corse, nous sommes en contact avec l’Afpa [Association pour la formation des adultes, ndlr] et le lycée professionnel », indique Michael Fauché, directeur stratégie et nouveaux marchés chez Poma, constructeur du téléphérique d’Ajaccio attendu pour 2025. Le leader des remontées mécaniques s’intéresse de près aux opportunités du marché urbain et a déjà signé les téléphériques de Medelin en Colombie, New York, Namur et Toulouse.
Le « téléporté » d’Ajaccio est attendu pour 2025. « Il faut dédiaboliser ces métiers, le téléphérique, ce n’est pas la troisième dimension, ça reste de la mécanique. 90 % de la partie technique et sécurité sont similaires au métro ou au tramway, les 10 % qui font la différence, c’est le travail en hauteur et la temporalité : pour réaliser leur mission d’inspection et d’entretien, les agents de maintenance n’ont qu’une fenêtre de tir de quelques heures entre la fin de service vers minuit et le redémarrage au petit matin », décrit Nicolas Chapuis, directeur général délégué de MND, qui outre l’installation de de Brest, signe celle de Huy (Belgique) et du projet de deuxième ligne de téléphérique à Saint-Denis de la Réunion, avec l’ingénieriste Systra. Monter aux pylônes, ça s’apprend, ça se désire aussi. Ces profils ne courent pas les rues de la ville.
Là-haut
Diplôme d’ingénieure de l’Institut national de sciences appliquées de Toulouse et BTS maintenance en poche, Amandine Bildan, 27 ans, a vite troqué l’industrie agroalimentaire pour celle des transports publics. Elle cherchait un travail de plein air, mais à la ville et avec un peu d’adrénaline. Altiservices, la société chargée de l’exploitation et de la maintenance du téléhérique urbain de Toulouse, pour le compte de Poma, cherchait un technicien de maintenance. Elle a immédiatement suivi une formation de travail en hauteur, « là-haut, j’observe, je fais du graissage, je prends des côtes d’usure pour envoyer les valeurs à Poma. C’est beau une ville, la nuit ! », s’enthousiasme la jeune femme entrée dans l’entreprise il y a un an, avec un salaire net d’environ 2400 euros, primes de travail de nuit et de week-ends compris. Le rythme de travail est décalé et varie : 05h30-13h45, 13h30-21h45 ou bien 21h-05h. En bas, son travail consiste à faire le tour des gares, à l’affût du moindre bruit inhabituel qui dénoterait un dysfonctionnement, ou d’un défaut sur une structure béton. Elle fait de la maintenance prédictive sur les cabines désossées, des tests magnétiques pour repérer d’éventuelles fissures internes du câble. Polyvalente, elle a aussi appris l’accueil passagers, et suivi une formation de deux semaines aux premiers secours. Plus long que d’apprendre à monter au pylône.Les saisonniers des remontées mécaniques de montagne auraient pu faire partie de la solution et répondre aux besoins des opérateurs de transport urbain qui n’avaient jamais pris le téléphérique avant 2013 pour RATP Dev (Le Salève, puis Brest en 2019), 2016 pour Keolis (Brest), 2018 pour Transdev (Colombie). « Mais pour attirer des montagnards dans les villes, il faut se lever tôt ! », souligne Anne Marty, directrice générale adjointe d’Altiservice, qui assure la maintenance et l’exploitation de Téléo. Tôt, au sens propre du terme, car quand à la montagne, les télécabines ne fonctionnent que de 9h à 17h maximum, en ville, elles sont en service dès 5h jusqu’à minuit et plus. « Nous ne disposons que de quatre heures par nuit pour faire la maintenance des installations dont l’usage est intensif », note Brigitte Panchout. Un usage beaucoup plus soutenu qu’à la neige : « 66 000 heures par an en moyenne, contre 12 000 heures sur une remontée mécanique de montagne », calcule Victor Antonio. « Au lancement de Téléo en 2022, nous avons rencontré des difficultés de recrutements et dû faire face à un important turn over, admet Anne Marty. Le travail en hauteur et de nuit a surpris les équipes », relate la dirigeante d’Altiservice, société basée à Toulouse qui gère plusieurs domaines skiables pyrénéens et s’est vu déléguer pour trois ans, l ’exploitation et la maintenance de Téléo.
A Créteil, les Sarrazins bataillent contre le futur téléphérique C1
Le tribunal administratif de Melun a confirmé début 2023 la déclaration d’utilité publique du Câble C1. Les premiers mètres du câble ont été placés mi-juillet. Ce sera le premier téléphérique francilien. La juridiction administrative avait justifié sa décision par le fait que l’opération est « de nature à désenclaver » la zone concernée, avec 1 500 voyageurs par heure. Soit 11 000 au quotidien. Conçu avec la société d’ingéniérie Egis, construit par l’Autrichien Dopplemayr, il doit relier la station de métro Créteil Pointe du lac et Villeneuve-Saint-Georges, via Limeil-Brévannes et Valenton, dans le Val-de-Marne. En moins de 20 minutes.

Deux recours avaient été déposés par des entreprises et un collectif d’habitants des immeubles Les Sarrazins à Créteil. Le projet très attendu, et dans les cartons depuis plusieurs années (ex-projet Téléval), forme un trajet urbain de 4,5 kilomètres. La ligne sera exploitée par Transdev, avec un contrat de délégation de service public de quatre ans, renouvelables deux ans. Le C1 doit commencer son survol en 2025. L’association a fait appel de la décision des juges administratifs.
Pour le compte de Poma, vainqueur du marché global de conception, construction, réalisation, accompagnement et exploitation du téléphérique. « Nous avons commandé un audit social, ça nous a coûté 40 000 euros et on a retravaillé les horaires, l’organisation du travail », reprend Anne Marty. Les salaires répondent aux contraintes du métier : « Chez nous, les conducteurs et mainteneurs du téléphérique urbain peuvent toucher jusqu’à 4 000 euros bruts avec les primes », décrit celle qui est par ailleurs vice-présidente de la commission sociale de Domaines skiables de France, et est pressentie pour prendre la présidence de la chambre professionnelle qui englobe aussi le câble urbain.
Contrats globaux
En moins dix ans, l’approche a radicalement changé. Après les erreurs de jeunesse à Brest qui avait acheté une installation au constructeur savoyard MND sans prestation d’accompagnement (Keolis a essuyé les plâtres, RATP Dev a repris le contrat d’exploitation en 2019), aujourd’hui, lorsqu’une collectivité locale fait le choix du téléphérique, elle signe le plus souvent un contrat de conception, construction, réalisation, maintenance et exploitation. C’est le cas de Tisséo à Toulouse, sur vingt ans !
De l’intercommunalité de Saint-Denis de la Réunion (le contrat prévoit six ans de maintenance-exploitation), et de la Communauté d’agglomération d’Ajaccio, avec un contrat identique de dix ans. En Ile-de-France, pour le futur C1 de Créteil, Transdev a gagné le contrat d’exploitation du réseau de bus et du téléphérique livré par l’Autrichien Dopplemayr pour quatre ans, renouvelable deux ans. « Transdev qui fait de nouveau équipe avec nous [les deux entreprises ont travaillé ensemble en 2018 pour la télécabine urbaine de Bogota en Colombie, ndlr], aura son personnel et sera autonome sur les niveaux 1 et 2 d’entretien : contrôles quotidiens, interventions simples.S’il te plaît, dessine-moi un pylône
Adulés par les uns pour ses faibles besoins fonciers, ses vertus aériennes, presque touristiques, sa rapidité de réalisation et son coût moins onéreux qu’un transport capacitaire classique. Décriés par les autres, parce qu’ils survolent des habitations, crée de la covisibilité et nécessitent d’immenses pylônes.
« L’insertion urbaine d’un téléphérique, le design des pylônes et des gares sont de gros sujets. À Toulouse, nous nous sommes inspirés de l’architecture des grands ports et des ouvrages d’art pour les infrastructures de Téléo » explique Julien Lambelet, responsable partenariat public-privé câbles urbains chez Systra. L’ingénieriste spécialiste des transports a aussi travaillé sur des brise-vues, l’acoustique, imaginé des parois opacifiables à l’approche d’habitations. Les pylônes ont reçu l’aval de l’architecte des bâtiments de France, car Téléo survole un château du 18e siècle, le bien nommé Bellevue.
Nous serons responsables des niveaux 3, 4 et 5 : monter aux pylônes, changer des balanciers, démonter tous les deux ans et demi l’ensemble des éléments de sécurité », détaille Bernard Teiller, président de Dopplemayr France, auteur du téléphérique géant de La Paz en Bolivie et du projet de deuxième ligne à Saint-Denis de la Réunion. Le constructeur qui dispose d’une école interne en Autriche forme les équipes de Transdev. Quid des opérations de maintenance pluriannuelles, les grandes inspections, le contrôle magnétographique pour détecter des fils cassés sur les torons du câble ? « En réalité, aucun constructeur n’est autonome sur ce sujet, il existe des entreprises ultra spécialisées, comme MBTM, Mécamont, Câbles et Montagnes, Veritas : nous leur sous-traitons ce travail. Cela nécessite un savoir-faire très pointu », explique Nicolas Chapuis, chez MND.
Pas de polyvalence
Si pointu que la polyvalence, facteur d’attractivité, n’est pas encore de mise . A Brest, 50 techniciens se sont spécialisés, et seuls quelques-uns venaient du réseau de tramway de la ville. RATP Dev mise sur la formation mais aussi le compagnonnage pour faire monter les équipes en compétence. « Nos salariés sont armés sur les fondamentaux du câble, et ont acquis l’expérience pour repérer d’un seul coup d’œil une dérive légère d’un réglage, qui dénoterait une usure de poulies ou de galet, par exemple. Nous organisons des groupes d’échanges transversaux avec les différentes filiales téléphériques et funiculaires, ainsi que du compagnonnage pour capitaliser sur les retours d’expérience », détaille David Aubonnet.
« Difficile de s’en tenir à la culture de l’oral. Avec le téléphérique, on est dans le monde de la procédure. On a formé au téléphérique énormément de techniciens de maintenance du bus et du tramway mais nous sommes revenus à la spécialisation, pour être plus efficace, plus expert », explique de son côté Victor Antonio, directeur des mobilités de la métropole brestoise.

L’idée du téléphérique urbain est née en Amérique latine, à Medellín, en 2004. Depuis, de Mexico à La Paz (photo), en passant par le Brésil, cette partie du monde est devenue un terrain de jeu pour les constructeurs européens et américains. Le métier est singulier. « Je suis sollicitée par le ministère des Transports qui veut créer un diplôme, un agrément du métier de conducteur et d’agent de station de téléphérique urbain. Pour l’heure, il n’existe pas de fiche métier, il n’est pas dans la convention collective du transport urbain », commente Brigitte Panchout. Sauf si l’autorité organisatrice des transports locaux décide de rattacher les salariés du téléphérique à la branche sociale de l’urbain. Cela reste « Un truc hybride », conclut la responsable de Téléo, à Toulouse. Un « truc » en passe de se normaliser toutefois avec le développement de ce mode de transport dans plusieurs villes françaises. Prochaines inaugurations attendues en 2025 :
le « téléporté » d’Ajaccio et le Câble 1 à Créteil, si les associations de riverains de cette commune de la banlieue parisienne ne gagnent pas la procédure en appel. Au-delà des compétences techniques nécessaires à l’exploitation d’un téléphérique urbain, il faut aussi bien maîtriser l’art de la négociation et de la concertation. Car un téléphérique urbain, ça survole la ville et ses immeubles d’habitation, avec de gros enjeu d’acceptabilité sociale. C’est aussi le rôle, en amont, des entreprises d’ingénierie comme Egis ou Systra qui doivent imaginer des tracés, des pylônes, des gares, adaptés au troisième espace urbain : le ciel.Nathalie Arensonas

GRANDS PRIX DES REGIONS 2024
La cérémonie de remise des Grands Prix des régions a eu lieu le 30 mai à l’Espace Saint-Martin à Paris, juste après une table ronde sur l’intermodalité. Retrouvez dans notre dossier les gagnants et les représentants des partenaires ayant remis ces Grands Prix.
Grand prix TER décerné à la région bretagne


Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué a remis le Grand Prix à Michaël Quernez, vice-président du conseil régional de Bretagne. De gauche à droite : Magalie Euverte, directrice Régionale SNCF TER Bretagne et coordinatrice du groupe SNCF en Bretagne, SNCF TER, Michaël Quernez, Marie Proust, DGA Mer Canaux Mobilités, Région Bretagne, Jean-Aimé Mougenot, Fabrice Girard, directeur des Transports et des Mobilités Conseil régional de Bretagne. Frédéric Étève, directeur SNCF Réseau Bretagne-Pays de la Loire, SNCF Réseau. La Bretagne à l’honneur
Nos Grands Prix des Régions saluent régulièrement la Bretagne pour la qualité de service de ses TER, facilitée, il est vrai, par une situation géographique péninsulaire qui limite les interactions avec les régions voisines, ainsi que les répercussions des éventuels incidents. Cette année, nous lui décernons le Grand Prix pour l’ensemble de ses actions et ses projets de longue haleine, même au-delà des mises en service de nouvelles infrastructures comme la LGV BPL ou la gare de Rennes. La région a ainsi renouvelé en décembre dernier sa convention TGV pour dix ans avec la SNCF (la convention actuelle courait jusqu’en 2027) de telle sorte d’aligner ses TER et ses TGV pour mieux assurer leur complémentarité et participer au maillage du territoire. Cette convention, qui représente un montant de 15 millions d’euros par an, permet aux 23 000 abonnés du TER BreizhGo de monter à bord des TGV Inoui et des Ouigo sur les axes Rennes – Brest, Rennes – Quimper et Rennes – Saint-Malo pour leurs déplacements.

TER aux couleurs du conseil régional de Bretagne. Pratiquée au quotidien sur les réseaux ferrés des pays voisins, une autre innovation a fait ses débuts en France dans une gare de Bretagne : le dispositif 2TMV, pour « 2 trains sur la même voie », qui permet d’automatiser et de fluidifier la réception de deux trains sur la même voie à quai. Ce dispositif doit permettre en effet de mieux exploiter le potentiel offert par la gare de Rennes, qui frôlait auparavant la saturation en heure de pointe. Une saturation qui aurait été incompatible avec l’augmentation de l’offre prévue qu’entraînera à terme la mise en œuvre du service express régional métropolitain (SERM) breton. Et si l’offre TER BreizhGo se caractérise depuis longtemps par sa qualité de service (régularité de 95,6 % en 2022), elle ne se contente pas de rester au niveau actuel, qui dépasse les 400 circulations quotidiennes et les 8 millions de trains-km par an. D’ici 2040, la Bretagne souhaite en effet doubler son offre TER, mais en progressant par paliers intermédiaires, la hausse atteignant 20 % en 2030, puis 50 % en 2035. Région de caractère, qui joue la carte du tourisme et remporte à ce titre le grand prix du tourisme ferroviaire Unecto, la Bretagne a également obtenu, dans la convention TER signée fin 2023, le déploiement d’une signalétique sonore bilingue français-breton à bord des TER BreizhGo.
Sur un territoire qui comprend aussi bien un pays maritime, riche en îles reliées par bateaux aux presqu’îles, qu’un pays intérieur, où les cars remplacent depuis plus d’un demi-siècle l’essentiel du mythique Réseau breton à voie métrique, la multimodalité se pratique au quotidien. Depuis plus de vingt ans, la carte billettique KorriGo gagne toujours du terrain dans les transports par car : si elle est déjà dans la poche d’un Breton sur quatre, elle est aussi progressivement déployée auprès des 100 000 élèves empruntant les circuits scolaires, en commençant par l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan, avant le Finistère et les Côtes d’Armor. Et, depuis juillet dernier, Quiberon peut s’enorgueillir de sa nouvelle gare maritime BreizhGo, destinée à accueillir chaque année plus d’un million de voyageurs à destination de Belle-Île-en-Mer, Houat ou Hoedic. Une gare qui se veut « ouverte à la fois sur la mer et la ville », entre un parking de préembarquement accolé à une zone de fret et un nouveau parvis où se croisent désormais piétons, cyclistes et véhicules.
Patrick Laval
Prix service routier
Décerné à la région centre-val de loire pour le verdissement des cars Rémi

Jérome Tredan, CEO de Matawan, a remis le prix à Philippe Fournié, vice-président délégué aux Mobilités, aux transports et aux intermodalités région Centre-Val de Loire.
Prix gare de l’année décerné à la région Occitanie pour la gare de Figeac qui renaît de ses cendres
Remis par Eliane Barbosa, directrice exécutive des gares parisiennes et régionales chez SNCF Gares & Connexions, à Jean-Luc Gibelin, vice-président des Mobilités pour tous et toutes et infrastructures de transports (en visio).
Prix pôle d’échangesDécerné à la région sud pour la gare TER Saint-Augustin, multimodale… et démontable

Remis par Didier Cazelles, directeur général adjoint, Keolis, à Jean-Pierre Serrus, vice-président en charge des Transports et de la mobilité durable (en visio), représenté par David Herrgott, conseiller Transports, Régions de France. Prix innovation
Décerné à la région bretagne pour le « 2TMV » en gare de Rennes

Michaël Quernez, vice-président du conseil régional de Bretagne, et Frédéric Étève, directeur SNCF Réseau Bretagne-Pays de la Loire. Prix développement durable
Décerné à la région Normandie pour le biocarburant B100 pérennisé sur la ligne Paris – Granville

Remis à Magalie Ragot-Hadjali, directrice adjointe Mobilités et infrastructure région Normandie, et Didier Pastant, adjoint au directeur général adjoint chargé des Transports et de l’aménagement du territoire.
Prix offre intermodale Décerné à la région nouvelle-aquitaine pour le Pass « TBM + trains »

Remis par Edouard Henaut, directeur général France de Transdev, à François Poupard, directeur général des services de la région Nouvelle-Aquitaine. Prix notoriété
Décerné à la Normandie pour les influenceurs en tête de ligne

Remis par Jean-Marc Zulesi, député et président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, à Magalie Ragot-Hadjali, directrice adjointe Mobilités et infrastructure région Normandie, et Didier Pastant, adjoint au directeur général adjoint en charge des Transports et de l’aménagement du territoire.
Prix Unecto du train touristiqueDécerné à la Région bretagne pour les chemins de fer touristiques de la région

Remis par Claude Steinmetz, président de l’Unecto, Dominique Bussereau, ancien ministre des Transports et administrateur de l’Unecto, et Michel Joindot, président du Napoléon Express, à Michaël Quernez, vice-président du conseil régional de Bretagne.
Unecto remet le Grand prix du tourisme ferroviaire à la Bretagne

L’Unecto a choisi cette année de remettre le grand Prix du tourisme ferroviaire à la région Bretagne. La Fédération des chemins de fer touristiques et des musées à caractère ferroviaire de France nous explique pourquoi : « Au delà de la desserte de pôles attractifs, les chemins de fer touristiques ont pour vocation d’irriguer des territoires ruraux. Grâce aux gares et haltes desservies, ils contribuent à structurer une offre touristique bien au delà de sites renommés. La Bretagne, destination touristique majeure, est essentiellement reconnue pour son littoral et les activités maritimes. Les chemins de fer touristiques bretons, à l’exemple du Chemin de fer de centre Bretagne, desservent l’intérieur du territoire en contribuant à compléter et diversifier l’offre. Ils animent des territoires riches d’une histoire remarquable en collaboration étroite avec les offices du tourisme et les collectivités locales dont nous saluons l’engagement et le dynamisme. Ce prix reconnaît l’action de la région Bretagne en faveur des petites lignes ferroviaires qui constituent une ressource pour un tourisme à visage humain de la riche culture bretonne »

Le livre d’or des transports olympiques
Histoire d’un défi
Une quinzaine de millions de visiteurs sont attendus lors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris qui se tiendront en deux fois deux semaines, du 26 juillet (jour de la cérémonie d’ouverture) au 11 août, puis du 28 août au 8 septembre. Île-de-France Mobilités (IDFM), partenaire officiel de Paris 2024, est chargé de l’organisation du transport des spectateurs, des équipes et des personnes accréditées en Île-de-France. Avec l’objectif d’assurer 100 % des déplacements des spectateurs en transport public. L’offre sera augmentée en moyenne de 15 % par rapport à un été normal et jusqu’à plus de 60 % sur les lignes de métro les plus fréquentées.
Balayant le scepticisme des Parisiens et Franciliens, inquiets à l’idée des contraintes pratiques engendrées par les Jeux, Valérie Pécresse, la présidente de la région et de son autorité organisatrice des transports, IDFM, a fait de ce défi une affaire personnelle. Un sujet d’horlogerie complexe « qui a demandé plusieurs années de travail avec les entreprises mobilisées », et finalement, un catalogue de mesures pour accompagner l’événement planétaire dans sa dernière ligne droite. Il a fallu concevoir et réaliser de nouvelles infrastructures même si l’essentiel des déplacements reposera sur les lignes de transport en commun déjà existantes. Et définir les plans de transport. Et prévoir des plans B, au cas où… Ainsi, les services d’IDFM ont travaillé avec les transporteurs, ligne par ligne, station par station, gare par gare, heure par heure, pour modéliser les flux de voyageurs pendant toute la durée de l’événement. De nombreuses entreprises de toutes tailles se sont mobilisées pour faire de cet événement une réussite. Nous n’avons pas pu parler de toutes. Mais ce dossier spécial est l’occasion de saluer l’ensemble de leurs contributions et de reconnaître leur savoir-faire.
Dossier réalisé par Nathalie Arensonas, Yann Goubin, Patrick Laval et Marie-Hélène Poingt


Equipementiers & services – Dans huit autres villes hôtes, les transports urbains sont aussi en première ligne
Transports urbains: alors que les JO 2024 s’ouvrent officiellement avec la cérémonie d’ouverture le 26 juillet 2024 à Paris, VRT fait le point sur les autres villes qui accueillent des épreuves : Marseille (voile, football), Villeneuve-d’Ascq, près de Lille (basket et handball), Châteauroux (tir), Bordeaux, Lyon, Nantes, Nice et Saint-Etienne ( football). Sans oublier le surf à Tahiti.
Bordeaux

• Réseau Transport Bordeaux Métropole
• Exploitant : Keolis
• Autorité organisatrice : Bordeaux Métropole
• Épreuves : football (27, 30, 31 juillet et 2 août).
Le dispositif durant la période olympique sera identique à celui mis en œuvre pour la Coupe du monde de rugby de l’automne dernier : renfort de trams et de navettes bus trois heures avant et deux heures après les épreuves. La ligne C du tram sera portée au maximum de ses capacités pour desservir la station Stade avec une fréquence ramenée à trois minutes. Une navette bus circulera entre Gare de Cenon (Tram A), Cité du Vin (Tram B) et le Stade Matmut Atlantique toutes les minutes et demie. Avec 70 conducteurs pour conduire 20 rames et 25 à 30 bus supplémentaires. Sur le terrain, 80 agents seront mobilisés pour la gestion des flux, la sûreté et l’information des voyageurs.
Châteauroux

• Réseau Bus Horizon
• Exploitant : Keolis
• Autorité organisatrice : Châteauroux Métropole
• Épreuves : Tir (27, 28, 29, 30, 31 juillet, 1er, 2, 3, 4, 5 août).
Le centre national de tir sportif situé à Châteauroux a été retenu, et c’est dans son enceinte que la toute première médaille des JO sera décernée. Située dans le centre de la France, la ville est desservie par les trains Intercités de l’axe Paris-Limoges. La métropole a obtenu de la SNCF que soit mis en circulation un train permettant d’arriver à 7h52 depuis la capitale pour assister aux premières épreuves du jour. Le centre de tir se situe à l’ouest de la ville sur la commune de Diors habituellement desservie par la ligne 5 des bus du réseau Horizon.
Durant les Jeux, une ligne dédiée va fonctionner en continu, avec entre trois et huit véhicules depuis un pôle d’échanges proche de la gare. Châteauroux accueillera aussi des épreuves paralympiques et la ligne de bus dédiée reprendra du service fin août, avec un seul véhicule dédié. 60 % des arrêts du réseau sont accessibles aux PMR, tout comme la totalité des bus. Quant à l’offre tarifaire, c’est simple : tout le réseau est gratuit, et ce depuis 2001.
Lille

• Réseau Ilévia
• Exploitant : Keolis
• Autorité organisatrice : Lille Métropole
• Épreuves : Basket (27, 28, 29, 30, 31 juillet, 1er, 2, 3, 4 août). Handball (6, 7, 8, 9, 10, 11 août).
La desserte du stade Pierre Mauroy est renforcée pendant les 15 jours de compétition. Sur la ligne de métro M1, l’offre est augmentée de 40 à 60 % en journée, et jusqu’à 80 % en soirée avec une fréquence ramenée à 1 mn 20. Une navette bus est mise en place entre la station Les Près de la ligne M2 et le stade. Le tramway est lui aussi renforcé durant les Jeux, en semaine, le samedi, le dimanche et en soirée pour absorber le trafic des voyageurs en correspondance vers le stade. Du 6 au 9 août, pour couvrir les quart et demi-finales de handball, la circulation des deux lignes de métro et du tram est prolongée jusqu’à 1h30 du matin. La ligne 68 qui dessert l’aéroport Lesquin depuis la station de métro M1 4 Cantons, tout comme la liaison Flibco depuis les deux gares de Lille vont fonctionner normalement. La sécurisation et la gestion des flux sont renforcés et des agents seront déployés sur le réseau pour l’accueil et l’information des voyageurs.
Lyon

• Réseau TCL
• Exploitant : Keolis
• Autorité organisatrice : Sytral Mobilités
• Épreuves : football (24, 25, 27, 28, 30, 31 juillet, 3, 5, 9 août).
Le dispositif mis en place par Sytral Mobilités prévoit la prise en charge de 30 000 spectateurs par match avec trois navettes tramway directes vers le Groupama Stadium, aux départs de la gare SNCF Part-Dieu Villette Sud, Vaulx-en-Velin La Soie, et Meyzieu Les Panettes, toutes les cinq à huit minutes. Et deux navettes bus directes vers le Groupama Stadium aux départs des parkings Lyon-Eurexpo et de Meyzieu Les Panettes, toutes les deux à sept mn. Ces dessertes, au tarit de 5€ aller-retour démarreront 2h30 à trois heures avant le coup d’envoi des épreuves. Près de 300 agents des Transports collectifs lyonnais (TCL) sont mobilisés, principalement pour la conduite, la sécurité, la gestion des flux et l’encadrement.
Les TCL dessert le Groupama Stadium et les lignes régulières de tramway T3, T5 et T7, ainsi que l’ensemble du réseau métro seront renforcés. Sytral Mobilités crée deux nouveaux titres de transport en commun : Un Pass Journée + Navette A/R (10 €), un Pass Week-end + Navette A/R (15 €).
Le dispositif sera pérennisé à l’occasion de matchs et concerts organisés au Groupama Stadium.Marseille

• Autorité organisatrice : Métropole Aix-Marseille
• Exploitant : Régie des transports de Marseillais (RTM)
• Épreuves : football (24, 25, 27, 28, 30, 31 juillet, 2, 3, 5, 6 août). Voile (28, 29, 30, 31 juillet, 1er, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 août).
Les deux lignes de métro M1 et M2 seront renforcées à hauteur de 10 %, avec un service prolongé jusqu’à 1h du 22 juillet au 11 août. Les jours de matchs de football, la Régie applique le dispositif habituel « Match » avec une offre de transport renforcée, dimanche compris. En complément, la fréquence de ligne de bus 83 sera toutes les six minutes, avec 50 % de bus articulés. A l’inverse, la ligne de navette entre Vieux Port et Pointe Rouge est suspendue du 26 juillet au 9 août en raison de l’interdiction de navigation dans la rade sud. Pendant les Jeux, un dispositif d’information et de sécurité sera mis en œuvre, similaire à celui de la Coupe du Monde de rugby.
Nantes

• Réseau Naolib (Semitan)
• Autorité organisatrice : Nantes Métropole
• Exploitant : Transdev
• Épreuves : football (24, 25, 27, 28, 31 juillet, 3, 8 août).
Trois heures avant la rencontre et deux heures après, la fréquence de la ligne 1 de tramway est renforcée toutes les trois minutes. La ligne C1 est renforcée à 10 mn, et la C6 à 8 mn sur la même tranche horaire.
En complément, une navette pour les personnes en situation de handicap est assurée par Proxibus, entre La Haluchère (terminus du C1) et le stade de la Beaujoire.
Nice

• Réseau : Lignes d’Azur
• Autorité organisatrice : Nice Métropole
• Exploité en régie
• Épreuves : football (24, 25, 27, 28, 30, 31 juillet).
Avec seulement six matchs de football, le réseau niçois ne sera pas profondément bouleversé. Les jours de rencontre, le service de la ligne de tram 3 est renforcé avec une fréquence entre trois et quatre minutes. Ce dispositif s’applique deux heures avant et jusqu’à deux heures après les matchs.
Saint-Etienne

• Réseau STAS
• Autorité organisatrice : Saint-Étienne Métropole
• Exploitant : Transdev
• Épreuves : football ( 24, 25, 27, 28, 30, 31 juillet).
Pour faciliter l’accès des supporters au Stade Geoffroy- Guichard, une offre de transport spécifique sera déployée avec des adaptations en fonction des jours de match et des équipes en compétition. Une ligne de bus dédiée à la desserte du stade est mise en service entre les stations Terrasse et Technopôle, avec une fréquence en fonction des matchs programmés et des flux de voyageurs prévus. Ce passage (en utilisant les voies empruntées pour la ligne du tramway T2) permettra d’assurer la desserte vers le stade via le cœur de ville. La ligne de tramway T1 circulera à une fréquence adaptée. Pour des raisons de sécurité, la station Geoffroy Guichard sera fermée, le stade étant desservi par les stations Roger Rocher et Technopôle à proximité. Une ligne de tram spéciale sera directe pour les supporters. En fin de match, pour accompagner les gros flux en direction de la gare SNCF de Châteaucreux, des rames de réserve sont prévues et des départs ajustés en temps réel, en fonction des besoins. L’ensemble des rames du tramway stéphanois est mobilisé.
Tahiti

• Ville : Teahupo’o
• Réseau : Tere Tahiti
• Autorité organisatrice : Direction des transports terrestres
• Épreuves : surf (26, 27, 28, 29, 30, 31 juillet, 1er, 2, 3 et 4 août).

Equipementiers et services : RAILwAI exploite la richesse des données ferroviaires
Fondée fin 2021, RAILwAI pratique l’analyse de données ferroviaires et s’appuie sur l’intelligence artificielle pour révolutionner la maintenance ferroviaire. Après une longue phase de consolidation, la start-up montpelliéraine aborde celle de la croissance pour conforter sa position et ses marchés.
Disposer d’informations fiables pour améliorer le service ferroviaire, c’est la promesse de Bruno Dabilly, dirigeant de RAILwAI. Le nom de la start-up née à Montpellier fait référence à l’intelligence artificielle (AI pour Artificial Intelligence). Grâce à une suite logicielle, elle réussit à faire communiquer entre elles différentes données du réseau collectées en silo.
Dans un secteur déjà fortement numérisé, les acteurs du rail sont confrontés à une multitude d’informations brutes, inutilisables en l’état. Toutes ces données doivent être analysées et filtrées avant de pouvoir être exploitées. D’autant que tous les outils numériques à la disposition des opérateurs ferroviaires n’empêchent pas les dysfonctionnements, les retards et les perturbations multiples.
Par l’analyse et la transmission des informations, RAILwAI a développé une solution logicielle destinée à améliorer le fonctionnement des réseaux. L’idée est de faciliter la maintenance prédictive pour anticiper les pannes. La start-up promet de réduire de 30 % les incidents, et de 15 % les coûts générés. Ses clients – gestionnaires d’infrastructures, opérateurs de transport, sociétés d’ingénierie, constructeurs – disposent d’un accès à une plateforme collectant des informations ciblées et contextualisées qui, en principe, leur permettent d’anticiper les dysfonctionnements. Parmi les paramètres pris en compte, le volume du trafic, la fréquence ou encore la météo pour réaliser une « photographie » des possibles défauts d’exploitation, explique son dirigeant.
Ces informations portent exclusivement sur les infrastructures des réseaux, sans s’intéresser au matériel roulant. Un choix assumé, l’entreprise cherchant à se positionner sur un marché de niche, celui des gestionnaires d’infrastructures. Et pas forcément des poids lourds comme SNCF Réseau en France ou Infrabel en Belgique, mais aussi des exploitants privés, des réseaux portuaires ou des opérateurs de métros et tramways. D’autres marchés sont passés avec des sociétés d’ingénierie de construction d’infrastructure. RAILwAI travaille aussi avec les fabricants de capteurs de données qui cherchent à adapter leurs outils aux réalités du marché et développer des solutions idoines. C’est du « gagnant gagnant », note Bruno Dabilly.
De nouveaux contrats pour RAILwAI
L’année 2023 aura été faste pour la start-up qui a signé de nouveaux contrats, parmi lesquels les chemins de fer catalans en Espagne (300 km d’infrastructure), Europorte, AltaMetris (filiale de SNCF Réseau) et Transdev qui viennent compléter le portefeuille clients, comme Oc’via Maintenance chargée de la réalisation du contournement ferroviaire de Nîmes et de Montpellier. Une entreprise que connaît bien Bruno Dabilly puisqu’il en a été le président. RAILwAI est également en discussion avec la RATP pour équiper la ligne 13 du métro parisien, réputée pour ses difficultés d’exploitation et ses dysfonctionnements.
Classée au top 4 de l’European Start-up Prize for Mobility organisé fin 2023, l’entreprise est également lauréate de l’appel à projets I-Nov valorisant les solutions à fort potentiel pour l’économie. Ce qui lui a permis de décrocher un financement de la Banque publique d’investissement (Bpifrance) de 1,2 million d’euros, sur trois ans.
La start-up se place aujourd’hui dans une perspective de croissance et cherche à recruter une vingtaine de nouveaux collaborateurs. Avec une équipe composée d’une quinzaine de personnes réparties en trois secteurs – maintenance ferroviaire, transports, datas, RAILwAI est en sous-effectif. L’objectif est d’élargir le spectre des solutions proposées aux clients et de se positionner davantage sur le marché des collectivités locales urbaines et régionales pour le réseau TER. Plusieurs régions seraient intéressées : Grand Est, Occitanie, Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur ainsi que des réseaux portuaires.
Mais pour cela, il faut d’abord couvrir l’ensemble des modules de l’activité qui est divisée en sept secteurs : la collecte de données, la géométrie (voies et caténaires), la signalisation, le trafic (l’impact des circulations), la météo, l’inspection (les contrôles de l’infrastructure) et les règles de surveillance et de maintenance en fonction des données, appelées « Mida ». Ce dernier module permet d’évaluer les économies ou à l’inverse, les surcoûts liés à une juste maintenance par rapport à un excès d’opérations inutiles.
« Noyés sous les données »
La phase de croissance passe par le développement de deux secteurs sur lesquels la start-up n’est pas encore présente, la signalisation et « Mida ». Elle est aujourd’hui à une période charnière et doit impérativement réaliser une levée de fonds pour accompagner et accélérer son développement. Avec des ambitions nationales et internationales, l’enjeu du prochain semestre est d’approcher les réseaux de transport urbain. Si Tisséo à Toulouse, la Semitan à Nantes ou encore les tramways de Grenoble ou Montpellier utilisent les services RAILwAI, d’autres collectivités sont plus frileuses. « Il faut proposer des offres adaptées au marché avec des formules innovantes, un abonnement mensuel pour un service », note Bruno Dabilly. « Beaucoup d’acteurs sont noyés sous les données sans savoir comment les exploiter », analyse t-il.
Confiant sur les objectifs 2024, le dirigeant table sur une accélération de l’activité et une transformation pour conquérir ces nouveaux marchés. Une nouvelle étape qui passera par la recherche d’un partenaire « pour accompagner et amplifier cette transformation ».
Philippe-Enrico Attal

Accessibilité, sécurité : les deux autres défis des Jeux Olympiques
A un mois et demi des Jeux olympiques qui se tiendront du 26 juillet au 11 août, et seront suivis des Jeux paralympiques, du 28 août au 8 septembre, la pression monte. Il n’y a pas que les transporteurs en première ligne. L’accessibilité pour les personnes handicapétes et la sécurité des spectateurs font aussi partie des sujets essentiels pour la réussite de cet événement planétaire.

Élections européennes : l’enjeu des transports
Les transports et la mobilité n’ont pas trouvé leur place comme objet politique dans la campagne électorale des européennes du 9 juin, elle-même éclipsée par les tensions géopolitiques internationales. Au mieux, le débat s’est focalisé sur un seul sujet : la voiture. Électrique cette fois.
Dossier réalisé par Nathalie Arensonas.
Le train n’a pas sifflé pendant la campagne du scrutin européen du 9 juin, les enjeux climatiques et environnementaux sont passés sous les radars, et la mobilité sous silence. Le seul sujet transport qui s’est vraiment imposé en France, ce ne sont pas les vols aériens court courrier à l’intérieur de l’Union européenne, ni même les méga-trucks, mais la fin des voitures thermiques prévue dans moins de dix ans. Jordan Bardella, candidat de la liste Rassemblement national, a fustigé la mesure décidée en 2022 par l’Union européenne. François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains-Les Centristes, et Marion Maréchal Le Pen (Reconquête) lui ont emboîté le pas.
Machine arrière toute. L’interdiction de vendre des véhicules thermiques, car polluants, à partir de 2035, pour atteindre l’objectif européen de neutralité carbone en 2050, a servi d’épouvantail pour l’extrême droite et la droite (lire les propositions des partis pages 28 et 29). Seule la candidate Renaissance, Valérie Hayer a défendu la production à grande échelle de véhicules électriques, en Europe.
Visiblement, le déclenchement du conflit en Ukraine, les tensions commerciales et géopolitiques dans le monde, la souveraineté industrielle du Vieux Continent, les politiques énergétiques et l’électrification de la route secouent fortement les certitudes du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) voté en 2019, avec un volet décarbonation des transports très appuyé.
En moyenne, en France, les trois-quarts des trajets domicile-travail se font toujours en voiture, sauf à Paris. Raphaël Glusckmann (PS-Place publique), Marie Toussaint (EELV) ou Manon Aubry (LFI) tiennent un discours d’alternatives, défendant le train, les Services express régionaux métropolitains (Serm) remis sur les rails par Emmanuel Macron, un accès massifié aux transports collectifs. C’est par exemple le « Ticket Climat » proposé par la liste socialiste, le financement des Serm à 100% par l’Etat pour Manon Aubry (LFI) et Léon Deffontaines (PCF) : « Les collectivités ne doivent pas avoir à mettre un sou dans les projets de RER métropolitains, car elles n’en n’ont pas », insiste Jacques Baudrier, conseiller transport du candidat communiste. A droite, comme à gauche, le ferroviaire est porté aux nues. Reste la question du financement de la relance du rail européen.
Au cœur du dispositif, le réseau transeuropéen de transports (RTE-T), pour moderniser les grands axes de transport qui remontent à l’après Seconde Guerre mondiale, voire avant. Ce réseau existe pour l’énergie, il est loin d’être bouclé pour les transports, et la liste de projets est longue, déjà lancés ou non, transfrontaliers ou pas, qui touchent au ferroviaire, aux voies fluviales, aux autoroutes. Pour l’exercice budgétaire en cours (2021-2027), 35 milliards d’euros ont été mobilisés par Bruxelles pour les transports. Très loin des besoins des projets du programme RTE-T. Et le ferroviaire n’est pas le mieux servi. Si les axes routiers prévus sont largement achevés et n’attendent plus que des bornes de recharge pour des camions électriques ou des aires de repos sécurisées pour les chauffeurs routiers, il reste des trous dans la raquette sur les réseaux ferroviaires européens, en particulier pour la grande vitesse.Les 705 eurodéputés nouvellement élus ou renouvelés devront continuer à affronter les défis du réchauffement climatique et de la décarbonation des transports. L’Europe s’est fixée des cibles affinées au fil du temps : réduire de 90 % les gaz à effets de serre des transports en général d’ici à 2050, avec en corolaire, l’accent mis sur le ferroviaire : doubler le fret ferroviaire dans l’Union, tripler le trafic de trains à grande vitesse, toujours à l’horizon 2050. L’idée générale étant que l’Europe aide les États membres à décliner le Pacte vert dans le secteur des transports, et à le financer, via des subventions. Ce qui suppose d’augmenter de manière significative les enveloppes transports.
Pour pouvoir tenir les engagements zéro émission et favoriser le report modal vers des modes de transport plus vertueux, le défi qui se présente aux eurodéputés, sortants ou futurs, est immense. Mais les enjeux climatiques et de décarbonation des transports semblent s’éclipser devant la montée des populismes anti-européens, du souverainisme, du débat sur l’immigration et des tensions géopolitiques en Europe, au Proche-Orient et dans de nombreuses autres régions du monde.
Le fournisseur de batteries Forsee Power vise l’équilibre en 2024
Fabrication, financement, formation, location, gestion de flottes : le fabricant français Forsee Power de pack de batteries développe une gamme de solutions pour répondre à la demande mondiale d’électromobilité en forte croissante.
Avec un chiffre d’affaires en hausse de 54 % en 2023, les perspectives de Forsee Power sont au beau fixe dans un contexte de forte croissance du marché de l’électromobilité. L’usine de Poitiers qui produisait 1 gigawattheure en 2022, en a produit deux cette année, et prévoit d’en atteindre quatre en 2028. Les packs de batteries produits par l’équipementier poitevin sont destinés aux constructeurs de bus, tramways, trains et camions. « Nous sommes sur des marchés spécifiques où la batterie fabriquée sur mesure a une très forte valeur ajoutée », note Christophe Gurtner, fondateur et dirigeant de Forsee Power. Une spécialisation pour le transport lourd qui permet de mieux répondre aux enjeux spécifiques d’un marché complexe, où les demandes des clients sont très différentes les unes des autres, selon qu’il s’agit d’électrifier un autobus, un tramway ou un train. Le groupe créé en 2011 s’est positionné sur la fourniture de batteries destinées à un usage intensif avec une longévité garantie. « On propose des solutions clé en main à nos clients, depuis la conception, la formation et la gestion de flotte », poursuit Christophe Gurtner.
Une offre complète allant jusqu’à des solutions de financement ou de location, proposées par sa filiale NeoT, dédiée aux produits financiers. Forsee fabrique ses packs de batteries à partir de cellules électrochimiques produites par des fournisseurs externes. A ceux qui pourraient s’en étonner, Christophe Gurtner explique qu’il s’agit d’un autre métier. Cinq sites de production dans le monde l’équipementier s’appuie sur ses cinq unités de production réparties à travers le monde. En Asie, il est présent en Inde ainsi qu’en Chine. Sur le continent nord-américain, la société va s’implanter dans l’Ohio, sur un site de 15 000 m2 en cours de reconversion. En 2025, 120 personnes y seront employées sur cinq lignes d’assemblage. En Europe de l’Est, Forsee dispose d’une usine en Pologne qui fabrique essentiellement des batteries de petites tailles destinées au domaine médical.
Une production de haute technologie demandant de nombreuses certifications. Mais c’est en France près de Poitiers, qu’est situé le navire amiral de la firme : un site de production flambant neuf sur 15 000 m2, fortement robotisé et installé après d’importants travaux dans les locaux d’une ancienne usine de pistons de moteurs diesel. Tout un symbole. En parcourant les allées, le regard est vite attiré par le ballet de bras mécaniques répétant des opérations de précision, même si une cinquantaine d’ouvriers interviennent sur le site et assurent des opérations d’assemblage manuel pour répondre à des commandes spécifiques : « Nos concurrents américains qui ont tout robotisé ont du mal à produire autre chose que ce qui est déjà calibré sur les machines », explique le PDG. Ici, toutes sortes de batteries sont produites, d’une grande variété de formats et de technologies : de haute densité d’énergie pour la charge au dépôt ou de haute puissance pour la charge rapide et l’hydrogène. Techniquement, il n’y a pas de limites aux capacités des batteries, qui peuvent parfaitement équiper des engins d’un poids important demandant une très forte puissance ». Forsee a développé une gamme de produits répondant à des usages et des puissances adaptés à toutes les formes d’électromobilité : les systèmes de la famille GO portables et compacts, pour les véhicules légers, scooters ou motos, le modèle Spike à ultra haute puissance dédié au ferroviaire, ou les séries Zen, Flex et Pulse pour les bus et les camions.
A chaque fois, l’objectif est d’optimiser l’encombrement, rapporté à la puissance et à l’usage désirés. L’équipementier s’appuie sur son service recherche et développement international, collaboratif entre ses différents sites. En plus des deux centres de recherches implantés à Zhonshan en Chine, il dispose de trois laboratoires, à Paris et Poitiers pour les véhicules lourds, à Lyon pour le matériel ferroviaire et la conversion d’énergie. Dans le carnet de commandes de l’entreprise, on trouve Iveco avec la marque Heuliez qui produit des bus électriques de 12 mètres et qui circulent un peu partout en France. Plus loin, les robots assemblent des packs de batteries pour le constructeur Van Hool et ses Equi-City 24 destinés à la nouvelle ligne de tramway TZen 4 de la RATP entre Viry-Châtillon et Corbeil-Essonnes. Le tribunal de commerce de Malines, en Belgique, a toutefois prononcé début avril la faillite de Van Hool. Endetté, le constructeur flamand n’a pas réussi à réunir les 45 millions d’euros nécessaires à son sauvetage.
Ile-de-France Mobilités (IDFM) qui a commandé 56 de ces bus électriques biarticulés de 24 mètres, devrait toutefois voir la majorité de sa commande honorée. Egalement sur les lignes de production, des batteries pour rétrofiter des TER diesel Regiolis d’Alstom ou encore le train à batteries de Skoda testé pour le marché tchèque (il circule déjà à Nice). Peugeot, Kawasaki, Bluebus, Toyota, Bosch figurent aussi sur la liste des clients, avec des packs de batteries conçues sur mesure pour trouver leur place dans l’espace disponible à bord des véhicules. C’est particulièrement vrai pour les autobus où l’installation des batteries vient directement concurrencer les espaces destinés aux voyageurs. Les études pour trouver le meilleur agencement peuvent prendre entre un an et demi et deux ans, explique l’équipementier. La production nécessite environ neuf mois de travail. Pour les plus gros clients – notamment les constructeurs de bus – Forsee dépêche ses collaborateurs sur les lieux de production pour faciliter l’intégration des batteries à bord.
Quatre gigawatts par an L’entreprise produit environ quatre gigawatts par an dont la moitié provient de l’usine de Chasseneuil-du-Poitou, au sud du Futuroscope. L’entreprise n’a toutefois pas encore atteint le seuil de rentabilité, le volume d’affaires étant insuffisant pour un secteur toujours en phase de développement. Les choses sont en train de changer, assure son PDG, avec des marchés cibles dans l’électromobilité en plein essor. L’équilibre est attendu pour 2024, estime Christophe Gurtner. Philippe-Enrico Attal
