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Pourquoi la SNCF a réduit de moitié les TER sur la ligne Lyon-Grenoble

Une région de plus à pointer du doigt les services TER de la SNCF! La région Auvergne-Rhône-Alpes a exhorté la SNCF, dans un communiqué du 30 novembre, « à ne laisser aucun voyageur à quai » sur l’axe Lyon – Grenoble. Elle indique que la SNCF vient de l’informer d’une diminution de moitié du nombre de TER sur la ligne Lyon – Grenoble pour les 15 prochains jours. « D’autres réductions de desserte significatives touchent également d’autres lignes, comme Chambéry – Grenoble, Grenoble – Saint-Marcellin ou Mâcon – Lyon », ajoute le communiqué. « Une telle annonce, du jour au lendemain, pour la région et pour les voyageurs, qui vient s’ajouter à une longue liste de dysfonctionnements, n’est pas acceptable », poursuit-elle en qualifiant la situation d’inadmissible et d’indigne pour l’entreprise historique. « Il appartient à la SNCF de régler ses problèmes liés à la maintenance ou la réparation de rames endommagées », souligne la région.
L’autorité organisatrice des TER rappelle que, dans la convention qu’elle a signée en 2017 avec la SNCF, la ligne TER Grenoble – Lyon faisait partie des lignes stratégiques faisant l’objet d’un paiement de bonus ou de malus. L’année suivante, elle avait « exigé de la SNCF de renforcer les effectifs de ses centres de maintenance afin de limiter l’indisponibilité de ses rames ».
Réagissant, SUD-Rail renvoie dos à dos la région et la SNCF : « les voyageurs payent la politique de la SNCF et celle de la Région ». Pour le syndicat, l’annonce de la réduction de l’offre entre Lyon et Grenoble/Chambéry par la SNCF « n’est pas surprenant pour les cheminots de la maintenance et de SUD-Rail ». Baisse des effectifs et « multiples réorganisations de l’entreprise, notamment la réforme ferroviaire de 2018 » en sont des causes, selon le syndicat, qui estime qu’il manque 30 agents de maintenance sur les sites Lyonnais (Vaise, Vénissieux et la Mouche) et 40 contrôleurs à bord des trains. Mais SUD-Rail met également en cause « la pression financière de la région », plus précisément la politique menée par cette dernière, consistant à faire baisser les coûts « et semble-t-il quelles qu’en soient les conséquences ».
SUD-Rail incrimine également « un matériel acheté par la région extrêmement complexe pour lequel les formations sont à la traîne, là aussi du fait du manque d’effectif ». On pourrait quand même s’attendre à ce que les rames TER 2N NG soient, a priori, bien connues depuis maintenant une quinzaine d’années…
De son côté, la SNCF explique que des événements extérieurs expliquent cette augmentation très nette du nombre de matériel roulant défaillant. Il y a d’abord la période automnale et ses feuilles mortes qui provoquent le patinage ou l’enrayage des trains. Ce phénomène dégrade les essieux et oblige à envoyer les trains dans les centres de maintenance pour réparation (durée : une journée de travail). Autre motif : le volume important de chocs impactant des trains, qui a fait un bond de 60 % entre 2019 et 2021. Ce sont des chocs avec du gibier, des accidents de personnes ou encore des collisions aux passages à niveau…
Pour redresser la barre, la SNCF a lancé un plan d’action afin de renforcer les équipes dans les centres de maintenance. « Nous avons mis à disposition des ressources dédiées pour les opérations prioritaires », indique un porte-parole. « Des rames seront également envoyées dans d’autres centres de maintenance pour décharger les ateliers où il y avait trop de rames », ajoute-t-il. En espérant retrouver un niveau de fonctionnement normal dans le courant du mois.
P. L.