Une deuxième franchise britannique renationalisée

Nous avions annoncé il y a un mois l’intention du secrétaire d’État britannique aux Transports, Grant Shapps, de retirer la franchise Northern à l’exploitant Arriva Rail North du fait de la qualité « inacceptable » du service assuré sur son réseau. Couvrant tout le nord de l’Angleterre (de Newcastle à Leeds, Liverpool, Hull, Manchester et Stoke-on-Trent) avec 2 800 trains par jour, cette franchise avait été accordée pour neuf ans à Arriva, filiale de la DB, en 2016. Mais le 1er mars prochain, Arriva devra céder sa place à un « opérateur de dernier recours » (operator of last resort) dépendant du ministère britannique des Transports (DfT). Cette renationalisation de facto sera la deuxième parmi les franchises actuelles, la procédure ayant également été appliquée en mai 2018 avec Virgin Trains East Coast (trains grandes lignes entre Londres et le nord-est).

Dans cette région d’Angleterre où la majorité conservatrice au Parlement a « emprunté » les voix des électeurs, traditionnellement de gauche, dans la perspective du Brexit, le gouvernement ne manque pas de faire des annonces ces derniers temps et la « renationalisation » de la franchise Northern en a encore donné l’occasion. Le nouvel opérateur devra trouver de nouvelles solutions pour faire face à la surcharge des trains et allonger les quais de 30 gares, a déclaré Grant Shapps, qui a annoncé la création de la North West Recovery Task Force, structure organisée par le gestionnaire d’infrastructure Network Rail pour seconder l’exploitant dans ses nouvelles missions destinées à améliorer la capacité et le fonctionnement de son réseau.

Il faut dire que la situation de départ sur la franchise Northern est la pire du pays, avec seulement 72 % d’usagers satisfaits, selon l’enquête de l’association Transport Focus. En 20 ans, la note de satisfaction n’a jamais été aussi basse sur ce réseau, frappé par des mois de grèves et de trains annulés ou en retard. La franchise South Western Railway, qui a connu une longue grève en décembre, est troisième dans ce palmarès de l’impopularité, avec 74 % de satisfaits, et d’aucuns y voient la prochaine candidate à une renationalisation.

P. L.