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Modernisation du réseau : le gouvernement maintient l’effort
Peut mieux faire : c’est ainsi que le ministre Frédéric Cuvillier a résumé, le 15 octobre, les conclusions du récent audit de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne sur l’état du réseau ferroviaire. Selon l’audit, « il est impératif de stopper le vieillissement de la voie des axes structurants ». Il souligne par ailleurs l’apport positif de « l’industrialisation de l’offre ferroviaire » et de la mise en place du cadencement. Sur ces bases, Frédéric Cuvillier a demandé à RFF de lui proposer dans les six mois un nouveau plan de modernisation susceptible d’amplifier les efforts, en passant pour cela de « 1,7 à 2 milliards par an pour le renouvellement. » Et préconisé « une organisation des travaux, parfois pris trop isolément, optimisée ». Une démarche reprise par Hubert du Mesnil : « La modernisation du réseau existant n’a pas fait l’objet d’un projet en tant que tel. Il faut bâtir un vrai projet sur le réseau existant et pas seulement une juxtaposition. »
Grande-Bretagne : Virgin garde provisoirement sa franchise
Après l’annulation du renouvellement de la franchise West Coast Main Line (WCML), le 3 octobre dernier, le ministère britannique des Transports (DfT) devait rapidement trouver une solution de continuité pour la desserte par trains intercités entre Londres et le nord-ouest de la Grande-Bretagne à partir du 9 décembre, fin de la période contractuelle en cours. Et le DfT a choisi de reconduire l’exploitant sortant Virgin Trains, candidat malheureux de l’appel d’offres désormais annulé. Une reconduction à titre provisoire, sur une période de neuf à treize mois, qui sera mise à profit pour désigner l’exploitant d’une franchise intérimaire de deux ans, laquelle sera suivie d’une nouvelle franchise de longue durée…
Snit : six mois de réflexion
Le ministre délégué chargé des Transports, Frédéric Cuvillier, a mis en place le 17 octobre la commission chargée d’évaluer le projet de Snit. Appelée « commission mobilité 21 », elle est composée de parlementaires et de personnalités qualifiées et présidée par Philippe Duron, député PS du Calvados, président de l’Afitf. La commission aura 6 mois pour remettre des recommandations qui seront présentées aux commissions compétentes du Parlement. Sur ces bases, le ministre proposera un nouveau schéma national de mobilité durable. Démentant toute volonté de « renoncement », Frédéric Cuvillier a toutefois indiqué qu’un certain nombre de projets – sans vouloir préciser lesquels –n’étaient que « des traits sur le papier », ajoutés lors de la période électorale. Il refuse de dire si l’Etat a fixé un plafond d’investissement et quel en serait le montant (l’ensemble des projets du Snit se montant à 245 milliards d’euros sur 25 ans). Il assure que le canal Seine – Nord n’est pas abandonné. Frédéric Cuvillier a de plus demandé aux préfets de recenser des projets qui n’auraient pas été inclus dans le Snit, pour que la commission les examine. Pour Philippe Duron, le travail, en simplifiant, tient en quatre mots : élagage ; hiérarchisation ; planification (que fait-on à vingt ans), programmation (que fait-on dans les cinq ans). Selon le président de la commission, qui parle d’une « recomposition », l’ensemble des projets ne doit pas s’accumuler selon une logique de « sédimentation » mais former un « système ».
Retrouvez la liste des membres de la commission ici.
Communication : six réseaux récompensés aux Challenges de la mobilité
Les Challenges de la Journée du transport public ont été remis le 16 octobre par le GIE Objectif transport public. Ils récompensent six réseaux et AO auteurs des meilleures initiatives de communication. Dans la catégorie meilleure information, le Challenge est allé à la Gironde pour la promotion des cars TransGironde « Oubliez le prix de l’essence, prenez le car » ; le prix spécial à la SNCF et à la région Paca pour le site Internet TER Paca. Concernant la meilleure promotion de l’intermodalité, c’est la communauté d’agglomération Orléans Val de Loire qui remporte le Challenge pour sa campagne « Avec l’AgglO, vous avez le choix de votre mobilité », et le SMTC de l’agglomération de Grenoble avec la Semitag le prix spécial pour la campagne semaine de la mobilité « Mobilos ». Enfin, dans la catégorie changement de comportement, le jury a choisi le Sitac et Calais Opale Bus pour l’opération « On y va en bus », ciblant les élèves (Challenge), ainsi que Viacités et Keolis Caen pour « Pédibus, marchons vers l’école » (prix spécial).
Cabotage : l’Araf annonce le lancement d’une consultation publique
L’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf) a annoncé le 12 octobre le lancement d’une consultation publique sur les conditions de mise en place du cabotage, le dispositif qui autorise des dessertes intérieures pour les voyageurs sur un trajet international. Le cabotage est autorisé dans le cadre de l’ouverture à la concurrence de transports internationaux de voyageurs, effective depuis décembre 2009. Il peut toutefois être restreint, voire refusé, si l’objet principal du service n’est pas la réalisation d’un service international ou si le cabotage est de nature à compromettre l’équilibre économique d’un contrat de service public.
C’est à l’Araf, créée en 2009, qu’il revient de vérifier si ces deux conditions sont bien remplies. La consultation sera menée auprès des acteurs concernés (pouvoirs publics, opérateurs ferroviaires), « afin de les interroger à propos des procédures à suivre par les acteurs ferroviaires souhaitant saisir l’Autorité », précise le gendarme du rail. Le texte et les modalités de cette consultation publique sont consultables sur l’adresse www.regulation-ferroviaire.fr. Les contributions des acteurs doivent être transmises avant le 14 décembre.
Grande-Bretagne : Bientôt à grande vitesse entre Londres et l’Ecosse ?
Alors que la controverse fait rage autour des quelque 40 millions de livres (48 millions d’euros) promis par le ministère britannique des Transports (DfT) aux quatre candidats à la reprise de la West Coast Main Line (Abellio, FirstGroup, Keolis et Virgin Rail) à titre de remboursement des frais engagés pour cet appel d’offres annulé début octobre, le secrétaire d’Etat Patrick McLoughlin annonce que l’Ecosse pourrait se retrouver à moins de trois heures de Londres par le rail… A condition que le projet de ligne à grande vitesse HS2 se fasse, non seulement de Londres à Birmingham (voire Leeds et Manchester) comme prévu, mais également vers la frontière écossaise. Face à une opinion pour le moins dubitative, en particulier au sein du Parti conservateur, qui tenait son congrès à Birmingham et dont les électeurs sont nombreux là où la ligne nouvelle devrait passer, au nord-ouest de Londres, le secrétaire d’Etat aux Transports fait valoir l’intérêt général. Reconnaissant qu’aucun grand projet d’infrastructure n’était épargné par la controverse, Patrick McLoughlin a martelé que « nous n’avons pas les moyens de ne pas construire [la ligne nouvelle HS2], alors que nos concurrents à travers le monde investissent dans le meilleur moyen de transport ».
Le Gart apporte sa pierre à l’acte III de la décentralisation
« Il est urgent de repenser l’organisation des transports, de rendre plus efficaces et plus cohérentes les politiques publiques, et c’est, je pense, l’orientation prise par le gouvernement. » Au sortir de son assemblée générale, le 16 octobre, le président du Gart, Roland Ries, a détaillé les recommandations que le groupement d’élus entend envoyer à Marylise Lebranchu dans la perspective de l’acte III de la décentralisation. En tout, 18 propositions tendant à réformer la Loti « vieille de trente ans », en institutionnalisant la coordination des politiques à l’échelon régional et en élargissant les compétences des AOTU au stationnement, à l’aménagement de la voirie et à la gestion de la circulation. Ces dernières deviennent ainsi des AO de la mobilité durable. Schématiquement, le Gart souhaite un Etat « stratège, régulateur et contributeur » ; une région « AO de plein exercice » dotée d’une ressource dédiée (VT interstitiel ou additionnel) ; un département acteur de la mobilité de proximité et lui aussi bénéficiaire d’une ressource financière… Il suggère aussi « d’identifier dans chaque région un chef de file des politiques intermodales », sachant que la coopération jugée « la plus efficace », c’est la création de syndicats mixtes.

Mobivia se positionne comme un acteur clé des nouvelles mobilités
Le géant de l’équipement et de l’entretien automobile Mobivia (ex-Norauto) est en train de devenir un champion des nouvelles mobilités. L’entreprise familiale croit au potentiel des nouvelles mobilités dans une optique servicielle. Des trottinettes, des vélos pliants, électriques, de toutes les formes, de toutes les couleurs, et leurs accessoires. Des scooters, des voitures électriques, et même un guichet où l’on propose des offres de covoiturage, d’autopartage ou de location de véhicules entre particuliers. Un vrai magasin de jouets pour urbains écomobiles ! Bien loin de son univers d’origine très « garage », celui des centres Norauto ou Midas, le groupe Mobivia (10 000 collaborateurs, 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires) vient d’inventer les premiers supermarchés de la mobilité alternative, Altermove, à Lille, Lyon, et plus récemment, sur 1 300 m2, à Marquette-lez-Lille. Faut-il voir un revirement stratégique dans ce nouvel intérêt du groupe d’équipement automobile pour les nouvelles mobilités ? « Pas du tout », réfute Fabien Derville, membre du directoire du groupe et directeur général de Via-ID, le fonds d’investissement qui chapeaute toutes ses activités « mobilité durable ». « Nous gagnons notre vie grâce à l’auto, mais il faut donner du sens à cette action. L’automobile a des vertus merveilleuses, mais elle est aussi destructrice, que l’on se place sur le plan sécuritaire ou écologique. Peut-être est-il temps d’imaginer l’auto autrement. Dans le secteur automobile, on a toujours pensé qu’il fallait de plus en plus de voitures sur terre. Nous pensons qu’il en faut moins, mais qui roulent de plus en plus », indique-t-il. Le discours est lisse, bien calé, mais il est confirmé par les réalisations. L’engagement du groupe dans les nouvelles mobilités n’a rien de cosmétique, ceci n’est pas du greenwashing. En moins de trois ans, Mobivia est devenu un acteur majeur du secteur, avec une prise de participation ou un lancement en propre d’une dizaine de projets, dont Green Cove Ingénierie (123envoiture), Buzzcar, Carbox, Green On, Izydrive, Moving Car, Sinéo et, donc, Altermove. Mobivia, qui fait le pari des nouvelles mobilités, anticiperait-il, en bon père de famille, le déclin brutal de ses marchés classiques ? « Notre cœur de métier de l’entretien et équipement automobile a encore de beaux jours devant lui », estime au contraire Fabien Derville. « Je ne pense pas qu’il y ait de déclin dans les cinq à sept ans, le marché est stable. Il y a certes une désaffection de l’automobile chez les jeunes, mais c’est compensé par l’allongement de l’espérance de vie et par le fait que les seniors roulent de plus en plus longtemps », ajoute-t-il. Le groupe familial, qui ne communique pas ses chiffres et indique réinvestir les deux tiers de ses profits dans les développements, mise sur l’essor des marchés de l’électromobilité, de la mobilité urbaine et du véhicule partagé, du covoiturage dynamique et bientôt du véhicule connecté, sur lequel il travaille. « Ces développements ne sont pas encore rentables, mais ce n’est pas une surprise », explique Fabien Derville, « Au-delà de l’intérêt de ces activités en tant que telles, on souhaite comprendre les évolutions de la mobilité et détecter des opportunités pour le compte du métier historique. Le vélo électrique, par exemple, peut être un très bon complément à l’automobile, et Norauto peut devenir un grand fournisseur de vélos électriques », avance-t-il. Mobivia s’affirme comme un spécialiste du dernier kilomètre de la mobilité urbaine et indique être bientôt en capacité de proposer des offres intégrées et de travailler avec les opérateurs de transports sur des solutions clés en main. C’est une autre entreprise familiale du Nord, Oxylane Décathlon, qui a investi la première le champ de l’équipement roulant urbain avec ses boutiques Decat’ et fourni les vélos B’Twin du V’lille mis en place par Keolis. Saine émulation entre entreprises rattachées à la galaxie Mulliez, Mobivia y déboule maintenant avec une offre beaucoup plus servicielle : « Nous étions aussi légitimes qu’eux pour mettre en place le V’lille. Ils l’ont fait, bravo ! Mais nous sommes les premiers à investir le champ des mobilités avec Altermove », note Fabien Derville.
Guillaume LEBORGNE
Belgique : discussions sur la gouvernance
Après le blocage total du réseau ferroviaire belge, le 3 octobre, les négociations ont repris entre les syndicats de cheminots et le gouvernement. Les syndicats s’opposent au projet de Paul Magnette, le ministre chargé des entreprises publiques, de supprimer la holding SNCB et de séparer totalement l’opérateur ferroviaire SNCB et le gestionnaire des infrastructures Infrabel.
Un calendrier de discussions a été fixé, dont le dernier rendez-vous devait avoir lieu le 17 octobre. « Nous avons organisé de nombreuses actions et mobilisations. Avec cette grève du 3 octobre, nous avons réussi à créer un rapport de force qui a permis de relancer les négociations », souligne Serge Piteljon, un responsable de la CGSP. « Il y avait globalement près de 85 % de grévistes et d’absents car certaines personnes ont été mises en congé. Ce qui montre l’importance du sujet. » Le front syndical, qui défend un modèle d’entreprise intégrée, se dit prêt à trouver une solution de compromis.
France-Espagne : petits pas vers la réouverture du Somport
Le 100e anniversaire du percement du tunnel ferroviaire du Somport a été célébré le 13 octobre à Canfranc. L’occasion pour le conseil régional d’Aquitaine de préciser ses échéances : la collectivité a affecté en octobre 2011 une enveloppe pluriannuelle de 105 millions d’euros pour la reprise des circulations voyageurs entre Oloron-Sainte-Marie et Bedous. Le débroussaillage et l’assainissement effectués, en septembre 2013 démarrera la reprise des ouvrages d’art, et Alain Rousset espère que les trains y rouleront avant la fin 2015. De son côté, le gouvernement espagnol a décidé d’affecter dans son budget transports 2013 100 000 euros « pour la réouverture du tunnel de Canfranc ».