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  • Ile-de-France : trente propositions des députés pour le RER

    En ces temps de campagne électorale à couteaux tirés, la commission parlementaire consacrée aux RER a sans doute été l’un des derniers lieux où les politiques s’accordent. Ils se sont souvent tous unis contre les opérateurs de transport en Ile-de-France. Le 7 mars, après deux mois de travaux, elle a remis au président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, son rapport et ses trente propositions pour les cinq lignes de RER « visant à placer les usagers au cœur du système ». Votés, de droite à gauche, à l’unanimité, tout comme la charte d’engagement « pour un RER au service des Franciliens ».
    Cette charte doit être signée avant la fin de la mandature par les présidents de la SNCF, de la RATP et de RFF. Elle comporte notamment l’engagement pour la RATP et la SNCF de présenter une comptabilité analytique par ligne au plus tard fin 2012, ou celui d’augmenter le nombre de trains de réserve sur chaque ligne. Les mesures, concrètes, sont accompagnées de dates butoirs. Et dans les deux ans, quelle que soit sa majorité, l’Assemblé nationale s’est déjà promis de vérifier le suivi des préconisations.

     

  • Grèce : Alstom prolongera la ligne 3 du métro athénien

    Alstom a annoncé le 1er mars, dans un communiqué, avoir signé un contrat de 344 millions d’euros avec Attiko Metro, le propriétaire des infrastructures du métro d’Athènes, pour le prolongement de la ligne 3 de la capitale grecque. Le projet, financé par l’Union européenne et le gouvernement grec, prévoit une extension de 7,6 km de la ligne et la construction de 6 nouvelles stations. L’aéroport international Elefthérios Venizélos sera ainsi relié au port du Pirée, dans la banlieue d’Athènes, le premier port du pays. A la tête d’un consortium comprenant également des entreprises grecque et italienne, le groupe français a obtenu une part du contrat s’élevant à 32 millions d’euros pour la conception et l’installation des systèmes d’alimentation électrique pour la traction des trains. Les travaux devraient être achevés en 2017.
     

  • Thaïlande : deux nouvelles stations pour le métro aérien de Bangkok

    Keere Kanjanapas, président de BTS Group Holding, a annoncé le 1er mars la création cette année de deux nouvelles stations sur le réseau de métro aérien que son groupe exploite à Bangkok. Nommées Bang Chan et Bang Wa, elles prolongeront la Silom Line (une des deux lignes qui constituent ce réseau) vers le sud-est de la capitale thaïlandaise.
    Keere Kanjanapas en a profité pour annoncer les bons résultats de sa société, en les expliquant par l’ouverture des grands centres commerciaux qui jalonnent la ligne, malgré les inondations historiques qui ont touché la Thaïlande d’octobre à décembre. En effet, le trafic de passager du métro aérien de Bangkok a augmenté de 17 % sur une année.

  • Russie : le Grand Paris s’intéresse au Grand Moscou

    La Société du Grand Paris (SGP), l’Etablissement public d’aménagement de La Défense-Seine-Arche (Epadesa), l’Etablissement public de Paris-Saclay (EPPS) et le Centre franco-russe pour l’efficacité énergétique (CFREE) ont constitué un groupement d’experts du Grand Paris, afin d’apporter leur expérience aux équipes d’architectes françaises ayant répondu à la consultation internationale pour le Grand Moscou lancée le 13 janvier 2012. Parmi les 10 équipes internationales sélectionnées le 20 février, 3 équipes françaises ont été retenues : Ateliers Lion Associés, AUC (Djamel Klouche), le groupement Wilmotte et Associés-Antoine Grumbach Associés. Le regroupement des quatre établissements publics permettra de soutenir ces équipes au travers d’une réflexion stratégique globale issue du projet de Grand Paris : mise en œuvre du quartier d’affaires de La Défense (Epadesa), du schéma de transport et de développement de la Société du Grand Paris (SGP), création du pôle scientifique et technologique de Saclay (EPPS), gestion de l’efficacité énergétique (CFREE).
     

  • Espagne : les chemins de fer basque et catalan ensemble à l’international

    Par une convention signée fin février, les chemins de fer catalan (FGC, 80 millions de voyageurs par an) et basque (ET, 32 millions) ont décidé de partager le savoir-faire acquis sur leurs réseaux à voie métrique, tramways et funiculaires. L’accord prévoit d’abord un échange entre eux, par exemple pour le matériel roulant (avec en perspective des commandes communes) ou pour la mise en place de formules tram-train. Autre aspect, une offre d’assistance commune à des réseaux extérieurs, notamment en Amérique latine, Afrique ou Asie. Ainsi, ET a déjà apporté sa technologie à des pays comme le Pérou ou l’Equateur, les chemins de fer catalans, à Cuba. Aujourd’hui à deux, la convention se veut ouverte à d’autres partenaires, comme les chemins de fer valenciens (FGV) ou à des constructeurs.
     

  • Allemagne : la DB demande un ICE gratuit à Siemens et fait de l’œil à Hitachi

    Un ICE gratuit, soit une ristourne de quelque 30 millions d’euros : voilà ce qu’aurait réclamé la DB à Siemens, selon le journal Bild am Sonntag. Une requête en forme de dédommagement pour le retard pris par l’industriel dans la livraison de 16 trains à grande vitesse, commandés en septembre 2010. A l’origine, ces matériels devaient être mis en service dès le mois de décembre 2011. Aujourd’hui, Siemens n’espère plus livrer les premiers trains avant fin 2012. Un délai qui a notamment contraint la Deutsche Bahn à reporter sa liaison vers Londres.
    Sans confirmer directement l’information, la Bahn a reconnu que des discussions étaient en cours. Ces révélations illustrent en tout cas les relations tendues qui existent entre l’opérateur et le constructeur. Face à ces déboires, la DB envisagerait désormais de se tourner davantage vers les concurrents étrangers, dont Hitachi. Le constructeur japonais pourrait d’ailleurs très prochainement prendre pied sur le marché allemand. En ligne de mire : un contrat de 250 millions d’euros portant sur 60 trains, que la DB doit lancer, en cas de victoire dans un appel d’offres pour la gestion du réseau de S-Bahn à Hambourg. Selon la presse allemande, Hitachi tiendrait la corde pour l’instant.

  • Agglomération Seine-Eure : un PDU pour 61 000 habitants

    Agglomération Seine-Eure : un PDU pour 61 000 habitants

    Au terme d’une réflexion engagée dès 2005, la communauté d’agglomération Seine-Eure (Case, 29 communes, 61 000 habitants) vient de se doter d’un PDU (plan de déplacements urbains), adopté en conseil communautaire par 72 voix pour et 1 contre. Au terme d’une réflexion engagée dès 2005, la communauté d’agglomération Seine-Eure (Case, 29 communes, 61 000 habitants) vient de se doter d’un PDU (plan de déplacements urbains), adopté en conseil communautaire par 72 voix pour et 1 contre. « Décliné en vingt fiches actions, ce PDU se veut ambitieux par rapport à la taille d’un territoire qui n’était pas dans l’obligation d’en élaborer un », souligne Bruno Canivet, vice-président de la Case, en charge des transports et déplacements.
    L’opération la plus spectaculaire concernera l’aménagement en site propre de l’axe structurant reliant la gare de Val-de-Reuil (13 500 habitants), située sur la ligne Intercités Paris – Rouen, à la place Thorel, dans le centre-ville de Louviers (18 000 habitants). Soutenue financièrement par le département de l’Eure et la région Haute-Normandie, elle est estimée à 10 millions d’euros. Sont également prévus la création d’un pôle d’échanges à Louviers (2,7 millions d’euros) et d’un parc-relais au bord de l’ex-RN15 (1,1 million d’euro).
    Entre octobre 2010 et octobre 2011, la fréquentation du réseau exploité par Transbord, une filiale de Veolia-Transdev, a progressé de 11 % sur les lignes régulières et de 10 % sur le périurbain scolaire. Les chiffres sont restés stables pour les différents types de TAD (Villabus, Flexibus, Flexiplus). Transbord dispose d’un parc de 25 bus urbains, équipés depuis 2011 d’un nouveau système d’aide à l’exploitation et à l’information des voyageurs, et de 14 bus périurbains. Ils ont transporté l’an dernier 1,2 million d’usagers en ville et 400 000 voyageurs en interurbain.
        

    Richard Goasguen
     

  • Concertation sur le prolongement la ligne B de Toulouse

    Concertation sur le prolongement la ligne B de Toulouse

    Du 5 au 20 mars, se tiendra la concertation publique sur le prolongement de la ligne B du métro vers le sud-est de Toulouse . Du 5 au 20 mars, se tiendra la concertation publique sur le prolongement de la ligne B du métro vers le sud-est de Toulouse : 5,2 km en viaduc (sauf pour la traversée du canal du Midi), un investissement de 341 à 370 millions d’euros, hors matériel roulant, pour 29 000 à 38 000 passagers attendus par jour.
    Cinq stations nouvelles desserviront le parc technologique du Canal (200 entreprises, 4 000 emplois, une salle de spectacles et des logements), Labège-Innopole (le plus grand parc d’activités de Midi-Pyrénées avec 700 entreprises et commerces, un centre de congrès, une gare SNCF, des cinémas, des établissements d’enseignement ainsi que des logements étudiants, soit 15 000 emplois et 3 000 élèves ou étudiants), avec un terminus situé dans un quartier à urbaniser. Retenu dans le PDU de 2001 mais abandonné en 2008 dans son mode métro par le Grand-Toulouse à cause de contraintes budgétaires, ce prolongement a été obtenu de haute lutte par la communauté d’agglomération du Sicoval, qui a accepté de compléter le financement afin de débloquer le dossier (voir VR&T n° 533 du 14 décembre 2011). Suite à cette concertation, le calendrier prévoit des études de conception de mi-2012 à mi-2014, une déclaration d’utilité publique fin 2014, des travaux de début 2015 à fin 2018, pour une mise en service début 2019.
        

    Catherine Sanson-Stern
     

  • Eurotunnel : téléphoner dans le tunnel sera possible pour les JO

    Une première mondiale : c’est ainsi qu’Eurotunnel a annoncé le 6 mars son partenariat avec les opérateurs français de téléphonie mobile Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free, ainsi qu’avec l’équipementier Alcatel-Lucent, pour permettre aux voyageurs de téléphoner avec leurs mobiles dans le tunnel sous la Manche. L’installation d’une infrastructure d’accès aux réseaux sera réalisée par Alcatel dans le tunnel ferroviaire sud (sens France – Grande-Bretagne) avant les Jeux olympiques, qui se dérouleront à Londres l’été prochain. Le tunnel nord le sera après.
    Ce sont « vingt millions de passagers par an qui pourront téléphoner à 100 m sous le niveau du sol pendant les 35 minutes que dure la traversée des 53 km du tunnel », a expliqué le président d’Eurotunnel, Jacques Gounon, en précisant que l’investissement total représente 14 millions d’euros, dont la majeure partie sera prise en charge par les opérateurs français et britanniques. Free ne rejoindra le dispositif qu’en 2017, mais il fait partie de l’accord.

     

  • Dominique Bussereau : « J’espère qu’on ne va pas revenir à la SNCF de papa »

    Dominique Bussereau : « J’espère qu’on ne va pas revenir à la SNCF de papa »

    Entretien avec l’ex-ministre des Transports, président du conseil général de la Charente-Maritime

    Dominique Bussereau n’a pas de doute : il faut aller jusqu’au bout de la séparation RFF/SNCF et donner à Réseau ferré de France les moyens de devenir pleinement gestionnaire d’infrastructure. Il reste grand défenseur du projet de Snit qui trouve aujourd’hui plutôt des détracteurs. Très attentif à la qualité de service, l’ancien ministre décerne la mention « peut mieux faire » à la SNCF. Enfin, Dominique Busserau souhaite que le consensus entre les grandes forces démocratiques en matière de transport ne soit pas mis à mal par le débat électoral. Ville, Rail & Transports. Un débat a focalisé l’attention lors des Assises du ferroviaire, celui sur la gouvernance du système. Quelle est votre position ?
    Dominique Bussereau. Je suis fondamentalement hostile à une réunification SNCF-RFF. Une reconstitution de la situation du passé est d’ailleurs complètement impossible par rapport aux directives européennes. Quant à la holding à l’allemande tant vantée par certains, c’est une situation qui est considérée par l’Europe comme ne pouvant durer. Je ne suis donc ni pour un retour en arrière, ni pour une copie du modèle allemand, qui serait aussi une forme de retour en arrière.
    Il faut au contraire aller jusqu’au bout, que RFF gère et entretienne les infrastructures dont il est le propriétaire, soit en direct, en intégrant les agents de SNCF Infra, soit en faisant appel à d’autres prestataires, comme RFF le fait déjà dans des marchés de rénovation.

    VR&T.?Et comment fonctionner ensuite ?
    D. B.?Il faudra aller plus loin. Nous avons adopté des positions intermédiaires, sur Gares & Connexions, sur la Direction des circulations ferroviaires, mais après cette période de transition, il faudra sortir des ambiguïtés. Je suis favorable à une séparation entre l’opérateur historique et le gestionnaire d’infrastructure poussée à son terme, de telle façon que les choses soient claires pour tout le monde.

    VR&T.?Gares & Connexions joue pourtant bien le jeu…
    D. B.?C’est vrai, on l’a vu avec Thello. Mais, tout récemment, j’ai pris à la gare Montparnasse un train pour La Rochelle. On pouvait lire des messages sur des panneaux qui annonçaient qu’il y avait du retard du fait du déraillement d’un train d’une entreprise ferroviaire qui n’était pas la SNCF… J’ai demandé à Guillaume Pepy : « Si c’était un train de la SNCF, le dirait-on ? » De plus, dans le TGV, au-delà de Gares & Connexions, les contrôleurs attribuaient ce retard, sur instruction d’ailleurs, au « déraillement d’un train d’une entreprise ferroviaire privée ». C’était exact, mais ce n’était pas très fair-play, Guillaume Pepy me l’a d’ailleurs concédé. Cela partait à la limite d’un bon sentiment, pour bien expliquer les choses, mais ces messages étaient « limites » !

    VR&T. Un accord vient d’être trouvé sur les péages, quelle est sa portée ?
    D. B.?J’ai toujours poussé cet accord pour une vision à long terme des péages, entre la SNCF et RFF, et je crois que c’est un bon accord. Et, sur l’offre TGV, je suis content que Guillaume Pepy ait annoncé des achats de matériel. Car la méthode qui consiste à prolonger les TGV, ou à transformer les Corail en Téoz, puis les Téoz en Intercités, c’est un peu comme si on faisait monter les passagers d’Air France, sur un vol Paris – Nice, dans une Caravelle ou un Mercure dont on aurait changé les sièges et repeint la carlingue. On voit bien que dans l’attrait du TER, il y a ce qui vient du matériel, d’un confort différent qu’offrent des trains modernes et confortables, dans lesquels les clients sont fiers de voyager.
    Pour en revenir aux péages, je n’arrive pas à comprendre qu’il n’y ait que leur augmentation qui ait entraîné la moins forte progression de SNCF Voyages. Je ne voudrais pas qu’on revienne au bon vieux temps d’une entreprise subventionnée, qui ne gagnerait de l’argent que sur l’Ile-de-France parce que c’est le Stif qui paye, ou sur le TER parce ce que ce sont les régions qui payent. Je ne voudrais pas que l’on se désintéresse du TGV.

    VR&T. Comment faire pour que les TGV attirent plus de monde encore ?
    D. B.?La SNCF a su être imaginative, créer des TGV province – province, des Dijon – Nice, des Strasbourg – Montpellier. A part cela, je trouve que l’offre commerciale est assez décalée par rapport à l’évolution de la société. Je reviens du Canada, où j’ai pris un vieux train diesel qui n’a plus d’âge, qui circule sur voie unique, entre Québec et Montréal, et dont la vitesse commerciale n’est pas supérieure à 80 ou 90 km/h. Mais il y a un vrai service à bord, et une Wifi parfaite sur les trois heures de trajet. La SNCF n’a pas assez développé des produits pour prendre le TGV plus attractif.
    Je pense aussi à l’accueil Grands Voyageurs. Par rapport à ce que fait l’aérien, le ferroviaire a beaucoup de retard. J’utilise chaque semaine le salon Grands Voyageurs de Paris-Montparnasse… c’est assez terrifiant ! Il est fermé le week-end : les compagnies aériennes ferment-elles leurs salons ? Puis, le seul contact qu’on a avec les agents chargés de l’accueil, c’est de leur montrer sa carte pour prouver qu’on a le droit d’être là, cela rappelle le lycée quand il fallait montrer sa carte au surveillant… La SNCF a amélioré ses gares, a fait dans la signalétique des progrès de grande qualité. Mais les produits annexes autour du TGV n’ont pas été développés. La progression de la clientèle pourrait être plus importante qu’elle ne l’est.

    VR&T. Vous avez préparé la convention des Trains d’équilibre du territoire, qui a été signée par Thierry Mariani. Qu’en attendez-vous ?
    D. B.?Primo, je pense que l’avenir, ce sont des automoteurs qui peuvent se coupler et permettre des accélérations plus rapides. Cela permettra d’ailleurs d’avoir des gammes de matériel dans la continuité du TER. Les futurs matériels régionaux d’Alstom ou de Bombardier doivent être capables, dans une version intervilles, d’apporter un confort que les voyageurs aujourd’hui n’ont pas. Les premiers Corail sont entrés en service en 1975…
    Deuxio, je suis favorable à l’entrée d’opérateurs autres que la SNCF dans le TET. Car, autant la SNCF a été imaginative, comme je le disais, en inventant pour le TGV des nouvelles relations, autant, avec les TET, on est resté sur le Chaix de 1946… On fait des Caen – Tours, alors qu’on a une forte demande entre la Normandie, l’Aquitaine et la côte basque. En Allemagne, Veolia a créé des trains qui assurent des dessertes de la Baltique en partant des grandes villes de l’ex-Allemagne de l’Est, propose des Leipzig – Kiel sans arrêt à Berlin. L’opérateur a su faire venir une nouvelle clientèle en créant des liaisons nouvelles sur lesquelles il n’y a pas de concurrence aérienne. On pourrait être plus imaginatif. Mais cela implique de disposer de matériels différents, capables d’utiliser des lignes à grande vitesse, sur certains parcours, à 220 km/h. Le TET, on a repeint la façade, mais l’on a rien changé au commercial. C’est pourquoi j’avais souhaité une convention de trois ans. Pour que l’on puisse dans ce laps de temps se poser la question de l’ouverture à la concurrence de ces liaisons.

    VR&T. La concurrence des TET annoncée lors des Assises était donc inscrite en creux dans la convention ?
    D. B.?C’était « en creux » de ne pas se marier avec la SNCF trop longtemps, et de dire à la SNCF : est ce que vous allez nous proposer du nouveau matériel ? Je sais bien qu’il faut faire travailler les ateliers de Saintes, dans ma région, ou de Périgueux, mais il y a un moment où on ne pourra plus bricoler les Corail. Il faudra de plus se poser la question du service, car le TET, ce n’est pas que du cabotage, ce sont aussi des longs parcours fait par des gens qui n’ont pas d’autre solution de transport. Ceci suppose de leur apporter un minimum de service. Or le TET aujourd’hui, c’est, je dirais par définition, l’absence de service.

    VR&T. On est sorti des Assises avec le sentiment que le schéma national des infrastructures de transport mis au point par Jean-Louis Borloo et vous allait être entièrement réexaminé. Qu’en pensez-vous ?
    D. B.?Contrairement à mon ami Hervé Mariton, je ne pense pas qu’il y ait des choses folles dans le Snit. Pour Tours – Bordeaux, le financement de la partie publique est assuré par des collectivités de prolongement : par les collectivités du Limousin, qui ont l’espoir de Poitiers – Limoges, ou par des collectivités de Midi-Pyrénées. Il y a un engagement moral vis-à-vis de ceux qui financent une ligne qui leur permettra, ensuite, d’avoir des relations de bout en bout. Toulouse, qui est la quatrième ville de France, qui a un aéroport enclavé, de plus en plus demandé par Airbus pour ses vols d’essais, et qui offre donc de moins en moins de créneaux pour les passagers, doit être à trois heures de Paris et bénéficier de toutes les connexions. C’est évident. Les relations avec l’Espagne, il faudra les faire. Ou alors on rompt les relations politiques et économiques ! Nîmes – Montpellier, c’est aussi une demande forte de l’Espagne. La desserte de Nice, c’est compliqué, c’est très cher, mais on devra le faire. Nice est le deuxième aéroport français, si on veut du report modal, il faudra aller à Nice.
    Le projet de doublement de la LGV Sud-Est par l’Ouest me semble obligatoire aussi. J’en avais eu l’idée, que j’avais proposée à Jean-Louis Borloo et à Brice Hortefeux, en leur disant : on ne fera jamais un TGV Paris – Clermont, mais puisqu’il faudra doubler Paris – Lyon à terme, faisons une ligne qui mette la gare d’Austerlitz dans le réseau de la grande vitesse et qui règle le problème de tout le Massif central en reliant ensuite Lyon. Rien ne me semble fou dans le Snit.

    VR&T. Cela veut-il dire qu’il faut selon vous faire tout le Snit ?
    D. B. Le seul projet que je considère comme devant être revu, c’est le doublement par Amiens de la ligne conduisant au tunnel sous la Manche. Il faut profiter de la ligne nouvelle normande vers Caen, Rouen et Le Havre, qui pourra être ensuite prolongée jusqu’au tunnel, ce qui fait que cette ligne ne sera pas en cul-de-sac.

    VR&T. Et tout faire très vite ?
    D. B. Naturellement non. Il faudra trouver des financements. Il y aura des délais. Mais Toulouse, c’est une urgence. Cela dit, on peut faire des économies dans la réalisation des projets. Sur Tours – Bordeaux, on aurait pu faire un milliard d’économie si les maires d’alors n’avaient pas fait pression pour que les TGV desservent les centres-villes. La question a été intelligemment réglée à Reims ou à Besançon, avec des gares nouvelles qui ne sont pas trop éloignées de la ville et reliées par fer. Ce qui coûte cher, ce sont les raccordements au réseau classique pour desservir les centres-villes.
    Mais c’est aujourd’hui une réalité historique économique qu’un pays comme la France, qui a des difficultés, réalise à la fois la LGV jusqu’à Strasbourg, Le Mans – Rennes, Nîmes – Montpellier et Tours – Bordeaux. Et puis, cela dynamise ; une LGV, comme un tramway dans une ville, cela amène les responsables à repenser l’aménagement du territoire.
    Nous parlons des LGV ; mais il y a un autre projet très important, qui est le canal Seine – Nord. Il faut absolument le faire car, du fait – hélas !  – des problèmes de fret ferroviaire, il faut du fret fluvial en France. De toute façon il se fera. Nicolas Sarkozy y tient et, en cas d’alternance, du fait de l’implication des régions Picardie et Nord-Pas-de-Calais dans ce projet, il se fera aussi.

    VR&T. Comment se présente à ce propos le débat de la présidentielle sur les transports ?
    D. B. J’ai lu ce que dit Roland Ries, officieusement pour l’instant, des positions de François Hollande sur la gouvernance du ferroviaire, dont nous parlions pour commencer. Je vous l’ai dit, je ne pense pas du tout, contrairement à lui, qu’il faille réunifier l’infrastructure autour de la SNCF. Je vois bien les gens qui poussent dans cette direction. J’espère que les positions des candidats à la présidentielle seront équilibrées et modernes, et qu’on ne va pas revenir à la SNCF de papa. Ce point nous divise. De même, on peut avoir des sensibilités différentes sur la privatisation des aéroports. Pour le reste, la politique des transports en France est assez heureusement consensuelle.
    Si François Hollande était élu, vu le poids de Jean-Marc Ayrault, je ne vois pas un gouvernement socialiste renoncer à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Je ne le vois pas non plus renoncer à l’écotaxe pour les poids lourds en 2013. Je rappelle que la loi Grenelle a été votée à l’unanimité. Après, la politique a repris le dessus. Mais les transports, dans l’ensemble, sont un sujet assez consensuel. Au Gart, il n’y a pas de coupure droite-gauche sur les transports urbains. D’ailleurs, je n’ai pas de différents fondamentaux avec des conseillers qui travaillent pour le candidat Hollande, comme Pascal Auzannet, ou, dans le cadre de Terra Nova, Philippe Segrétain, qui sont des personnes que je connais bien et que j’apprécie.

    VR&T. Vous-même, travaillez-vous pour le candidat Sarkozy ?
    D. B. Je ferai ce qu’on me demandera de faire. Je crois que, sur les sujets de transports, il est important de conserver le consensus entre les grandes forces démocratiques qui peuvent diriger le pays. Nous avons assez d’occasions de nous disputer sur d’autres sujets !
        

    Propos recueillis par François DUMONT