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  • La DB présente ses pointages… et anticipe un hiver difficile

    Lancée dans une grande offensive de charme pour redresser son image, la DB vient de présenter pour la première fois ses performances en matière de ponctualité : de janvier à août, 93 % de ses trains sont ainsi arrivés à l’heure, c’est-à-dire avec moins de dix minutes de retard, selon des pointages officiels qui seront désormais publiés chaque mois. Un chiffre qui tombe néanmoins à 80 % sur les grandes lignes. Destinée à satisfaire une vieille revendication des usagers, cette opération « transparence » n’empêche les problèmes : la compagnie anticipe déjà un hiver difficile. En cause, cette fois-ci : des retards imprévus dans la livraison de matériels roulants. Plus de 100 trains régionaux produits par Bombardier n’ont toujours pas reçu l’agrément de circulation. Résultat : l’opérateur affirme ne pas disposer de réserves suffisantes pour faire face aux caprices de la météo. Malgré ces perturbations à venir, la DB s’apprête à annoncer une hausse de ses tarifs, justifiée par une pression sur ses coûts salariaux et énergétiques.    

    A. H.
     

  • Les fraudeurs allemands s’organisent sur Facebook

    Difficile d’en mesurer l’ampleur avec exactitude, mais le phénomène a été observé dans plusieurs grandes villes allemandes : les usagers des transports en commun s’organisent sur Facebook pour échapper aux contrôles des billets. Le principe est simple : les fraudeurs créent une page sur le fameux réseau social, qui invite les usagers à signaler la présence de contrôleurs sur une ligne de métro ou dans une station de S-Bahn. Grâce à leurs smartphones, les resquilleurs peuvent ainsi alerter et être prévenus en temps réel du risque de subir un contrôle, un peu à la manière des automobilistes qui signalent les radars de la police par un appel de phares. Ces pages Facebook ont été signalées à Dortmund, Francfort ou Hambourg. A chaque fois, les « fans » sont nombreux. De quoi inquiéter les opérateurs qui n’ont aucun recours possible. Tant qu’il n’est pas explicitement appelé à frauder, la loi n’interdit pas aux usagers de se prévenir mutuellement des opérations de contrôle des titres de transports.    

    A. H.

  • Transports ferroviaires : lancement de l’appel à manifestations d’intérêt

    Confirmant sa volonté d’investir dès aujourd’hui dans le modèle ferroviaire de demain, le gouvernement vient d’annoncer le lancement d’un appel à manifestations d’intérêt (Ami), piloté par l’Ademe. Le développement du ferroviaire, qui représente un enjeu important pour la compétitivité de l’industrie française, doit « s’accompagner d’une amélioration de l’efficacité énergétique par voyageur ou par tonne de marchandises transportées, ne pas générer de nuisances supplémentaires et garantir un haut niveau de sécurité », précise le communiqué des ministères. Cet Ami vise à la mise en place de démonstrateurs de recherche, de démonstrateurs préindustriels ou de plateformes technologiques pour le transport de personnes et de marchandises en milieux urbains ou interurbains, sur les courtes ou les longues distances. Et plus particulièrement les matériels roulants, équipements associés (essieux, roues, freins…) et composants électroniques ; les systèmes de signalisation et de contrôle-commande ; les matériels optimisant l’intermodalité ; les interfaces à quai ; les nouveaux services liés à l’application des NTIC.
     

  • Veolia-Transdev, ça va chauffer à Madrid

    La convention annuelle du club des élus et techniciens des villes Transdev (Trans.cité), qui se tient cette année le 28 septembre à Madrid, devrait être mouvementée. Le président du club, Marc Baïetto, et quelques-uns de ses soutiens souhaitent queTrans.cité devienne un club d’élus et de techniciens ouvert à tous les réseaux, ce qui semble difficilement acceptable pour Veolia-Transdev (VTD). Au-delà du club, plusieurs agglomérations questionnent la présence de Transdev, devenue Veolia-Transdev dans le capital de leur SEM de transports. A Grenoble, les dés semblent déjà jetés, et personne ne semble plus douter que, lors du prochain renouvellement de la DSP, l’agglomération changera de partenaire industriel. A Nantes, Transdev semble être en ballottage. Attachée à sa SEM, l’agglo qui a renouvelé son contrat récemment s’interroge sur l’opportunité de changer de formule. Faute de données nouvelles, certains évoquent l’entrée d’un partenaire financier au capital ou un passage en SPL. A Strasbourg, on avance, comme souvent, avec prudence, mais la menace est tout juste voilée, la ville de Roland Ries peut basculer. Du côté de Montpellier, enfin, on réserve les commentaires sur l’évolution de la gouvernance du réseau à l’après-Madrid.
    A Madrid, VTD compte donner des gages de sa future bonne conduite. Trois mesures doivent être annoncées par le président de VTD, Jérôme Gallot, dont voici les deux premières : l’adoption d’une charte de Trans.cité et la création d’un pacte d’actionnaires à l’usage des SEM. Cet outil permettrait à chacun des actionnaires de définir ce qu’il attend de l’autre et de circonscrire la collaboration (voir l’article complet et l’entretien avec Marc Baïetto dans le numéro 527 de VR&T, paru mercredi 21 septembre).

  • La région Languedoc-Roussillon reconduit le TER à un euro

    La région Languedoc-Roussillon reconduit le TER à un euro

    La région Languedoc-Roussillon expérimente depuis le 1er juillet le TER à un euro sur la ligne Nîmes – Le Grau-du-Roi (45 km) et en a dressun premier bilan de fréquentation. La région Languedoc-Roussillon expérimente depuis le 1er juillet le TER à un euro sur la ligne Nîmes – Le Grau-du-Roi (45 km) et en a dressun premier bilan de fréquentation. « En juillet et août les comptages attestent que le nombre de voyageurs a plus que doublé par rapport à 2009, année de référence », a fait savoir le conseil régional. Le seuil des 100 000 voyageurs a été dépassé au cours des deux mois de haute saison estivale. Des pointes ont été notées le samedi 30 juillet avec 3 132 voyages et le jeudi 11 août avec 4 048 voyages. À la direction régionale de la SNCF, on relève « une très forte et remarquable mobilisation de tous les métiers de l’entreprise » autour de cette expérimentation. 64 % des clients ont affirmé, dans un sondage de l’institut BVA commandé par la région, que « sans le tarif à un euro ils n’auraient pas effectué ce trajet en TER ». 29 % faisaient l’an dernier le trajet en voiture individuelle. La sécurité est ressentie comme le point fort dans les trains (94 % de satisfaits ou très satisfaits), la fréquence étant le point jugé le moins convaincant (73 % de satisfaits tout de même). 53 % des clients résident en Languedoc-Roussillon, 52 % dans le Gard. 80 % des voyageurs détenaient un billet à un euro, les 20 % restants étant en correspondance et payant le prix de la tarification générale. Le billet à un euro n’est en effet disponible que dans les gares de la ligne. En décembre, la région Languedoc-Roussillon étendra cette tarification ferroviaire, unique en France, à la ligne Perpignan – Villefranche, au printemps 2012 à Carcassonne – Quillan, à l’été 2012 au translozérien Langogne – La Bastide – Mende – Marvejols et fin 2012 à Béziers – Bédarieux. D’ici là, l’opération Nîmes – Le Grau-du-Roi devrait pouvoir livrer ses premiers bilans financiers.
        

    Michel-Gabriel LEON

  • «?Faire de la qualité sans être au coût du TGV » par Jean-Marc Delion,  directeur général délégué de RFF

    «?Faire de la qualité sans être au coût du TGV » par Jean-Marc Delion, directeur général délégué de RFF

    Trente ans après ses débuts, le train à grande vitesse est quasiment arrivé au bout de la fonction qui lui était assignée : desservir à 300?km/h les grandes métropoles au départ de Paris. Pour le compléter, Jean-Marc Delion envisage des relations offrant d’autres atouts que la vitesse,  une complémentairté TGV?TER,  l’ouverture au fret et au trafic régional de certaines LGV. Ville Rail & Transports : On voit s’affirmer, dès l’origine du TGV, une sorte de doctrine française de la grande vitesse, marquée par la spécialisation voyageurs et un souci de la vitesse maximale entre grands pôles… Aujourd’hui, le concept évolue. Pour la Normandie, par exemple, on ne parle plus de LGV mais de ligne nouvelle. La grande vitesse à la française se modifie-t-elle donc ?
    Jean-Marc Delion. Le premier point fort de notre système à grande vitesse, c’est qu’il s’agit d’un réseau en étoile autour de la région capitale. L’Europe du Nord, l’Allemagne relèvent beaucoup plus d’une logique de maillage. Notre réseau en étoile vient de l’hypercentralisation autour de Paris et de grandes distances entre les métropoles. Ceci nous rapproche du réseau espagnol. Deuxième point fort, c’est un réseau purement voyageurs et à très grande vitesse : 300-320 km/h. Donc, c’est un réseau en étoile et qui va vite, pour couvrir des distances le plus souvent comprises entre 300 et 800 km. C’est le territoire qui le veut, et c’est ce qu’il fallait commencer par faire, mais faut-il continuer sur cette lancée ? Il faut parler de complémentarité TGV et TER. Sur la LGV Tours – Bordeaux, un cinquième des voyageurs de la grande vitesse viendra des trains régionaux. Pour la LGV Le Mans – Rennes, la virgule de Sablé devrait être ouverte à la circulation des TER Rennes – Laval – Sablé – Angers, empruntant la ligne nouvelle afin de mieux utiliser cet investissement. Ensuite, on découvre que tout n’est pas tourné vers Paris et qu’il y a un enjeu considérable des TGV province – province. Le TGV Med a induit un potentiel de trafic entre Marseille et Lyon. Quant au TGV Rhin-Rhône, son nom montre bien qu’on n’est plus sur une logique purement radiale. En un sens, on est au bout du système car on n’est pas loin d’avoir desservi toutes les grandes métropoles françaises : il ne manquera plus en 2017 que Toulouse et Nice. Au-delà, on « attaque » des zones qui ont leur intérêt. Car si cela a du sens de payer très cher quand il s’agit de rapprocher des grandes villes, pour des villes de 50 000 habitants, il faut trouver un modèle adapté. Si on a rapproché les grandes villes de Paris, à l’inverse, il y a des villes restées hors du réseau grande vitesse, comme Amiens ou Rouen. C’est à l’origine de projets comme Roissy – Picardie, Paris – Normandie ou Paris – Troyes, et c’est encore un aspect important du projet Paris – Orléans – Clermont. A-t-on besoin pour toutes ces villes de la très grande vitesse ? Certaines d’entre elles, proches de Paris, ne justifient pas qu’on aille à 300 ou 320 km/h. C’est le cas de Rouen, où la vitesse de pointe n’est pas le sujet central. Tout cela met en cause une poursuite continue du développement en étoile du réseau à grande vitesse et nous éloigne d’une logique de tout TGV.

    VR&T : Déjà, on envisageait une ligne mixte voyageurs-fret sur le Rhin-Rhône, on va la réaliser pour le contournement de Nîmes et Montpellier. Se rapproche-t-on d’une vision plus allemande ?
    J.-M. D. : Si les Allemands acceptent la mixité des trafics, les lignes sont assez peu utilisées en vraie mixité intégrale. Ce n’est pas commode de faire cohabiter des trains à 300 km/h et des trains à 100 km/h. Mais on cherche à mieux rentabiliser les investissements. Pourquoi ne pas faire passer du fret et du service régional à grande vitesse ? Il y a un projet qui avance bien, c’est la ligne mixte Nîmes – Montpellier. L’idée, c’est de mettre Paris à moins de 3 heures de Montpellier, en prolongement de la LGV Méditerranée, tout en améliorant le service fret, en cohérence avec l’axe de la vallée du Rhône. Le modèle en ce cas devrait fonctionner par ségrégation horaire : à telles heures les trains de fret, à telles autres les TGV.
     

    VR&T : Quelle est votre contribution au projet de schéma national des infrastructures de transport ?
    J.-M. D. : Nous avons encore des modèles économiques très sensibles à la valorisation du temps gagné. Ce sont des modèles qui poussent à la grande vitesse. Or nous savons que le voyageur attend de plus en plus des performances en termes de confort, de régularité, de fréquence, de prix. Il nous faut passer d’une logique centrée sur la vitesse à une autre prenant en compte l’ensemble des attentes des clients. Certes, RFF est né avec les grands projets de lignes nouvelles, aime les grands projets. En même temps, nous gérons un système ferroviaire de près de 30 000 km, dont un peu moins de 2 000 km en LGV. D’ailleurs, les trois quarts du réseau utilisé par les TGV ne sont pas des lignes à grande vitesse. Or nous avons des besoins aujourd’hui insatisfaits. Je pense aux besoins de remise en état et de rajeunissement du réseau, c’est le plan de modernisation que nous avons lancé en 2006. Les systèmes de signalisation et de commande du réseau sont souvent anciens. Et il y a des zones auxquelles on a accordé insuffisamment d’attention. Je pense notamment aux RER en Ile-de-France. Le Snit prend en compte tout cela à notre grande satisfaction : il ne porte pas que sur les LGV, il est aussi dans une logique de qualité de service et de diversification de l’offre pour l’ensemble du système ferroviaire.

    VR&T : Que faites-vous des critiques portant sur le privilège que vous auriez accordé aux LGV au détriment du réseau existant ?
    J.-M. D. : Elles sont sans objet. Nous avons complètement isolé le budget des investissements de renouvellement et le budget des lignes nouvelles. Pour le renouvellement, nous avons une enveloppe en très forte croissance, 13 milliards d’euros, fixée avec l’Etat pour la période 2008-2015. Le budget que nous allouons à une ligne nouvelle résulte pour sa part d’un calcul de la rentabilité de chaque grand projet. Prenons Tours – Bordeaux. D’abord, la ligne va permettre d’accroître le trafic en prenant des voyageurs à la voiture et près d’un million de passagers à l’aérien, ou en suscitant une nouvelle demande de transport. Ensuite, pour les trafics existants, on va gagner une heure sur Paris – Bordeaux. Cela vaut quelque chose : le service change et il est légitime qu’il soit plus cher. Troisième effet, la grande vitesse représente de la productivité pour la SNCF, un temps de parcours réduit lui permettant d’accroître son offre avec le même outil de travail. Ces trois effets, on cherche à les capter sous forme de péages que RFF ou, dans le cas de Tours – Bordeaux, le concessionnaire remettent au pot pour financer le projet. La différence entre le coût du projet et ce que rapportent les péages futurs doit enfin être apportée par des subventions. Il n’est donc jamais question de prendre de l’argent prévu pour le réseau existant pour le mettre sur les LGV. C’est fondamental. Cela dit, on peut penser que les collectivités auraient pu mettre ailleurs l’argent public investi sur une LGV. Les élus et les pouvoirs publics veulent le TGV parce qu’ils y voient un service de qualité dans un réseau qui ne l’offre pas toujours. Il ne faut plus qu’il y ait cette équivalence : « je veux la qualité » égale « je veux le TGV ». Il faut que RFF comme la SNCF puissent dire : on peut vous faire de la qualité sans être forcément au coût du TGV.

    VR&T : Le coût du TGV ? C’est-à-dire ?
    J.-M. D. : Une LGV, hors zone montagneuse ou urbaine, se situe entre 18 et 28 millions d’euros du kilomètre, acquisitions comprises. Ce sont des investissements extrêmement coûteux, et je ne parle pas des lignes dans un tunnel où l’on atteint 100 millions du kilomètre. On doit s’intéresser à l’équilibre économique des nouveaux projets dans un contexte d’argent public rare. Il faut donc voir ce que cela nous rapporte, par le biais d’une tarification demandée au transporteur ferroviaire, qui les impute sur le prix du billet. Nous envisageons la même question que la SNCF, qui est celle de la soutenabilité de l’effort demandé au voyageur et celui demandé au contribuable. Ce sera une question de plus en plus importante. Le modèle TGV est un modèle cher, en infrastructure pour le gestionnaire, en prix du billet pour le client et en conditions de production pour l’opérateur.

    VR&T : On dit que la grande vitesse est à l’échelle du continent européen. Mais l’effet frontière ne s’efface pas partout. Comment les gestionnaires d’infrastructure peuvent-ils travailler ensemble pour donner des caractéristiques communes aux réseaux ? Va-t-on voir naître un concept européen de LGV ?
    J.-M. D. : Il y a une vingtaine d’années, la première route aérienne mondiale était Paris – Londres ! Vous voyez bien avec le succès d’Eurostar qu’on y arrive de temps en temps. Je suis persuadé que, à long terme, cet effet frontière va s’estomper, qu’aller faire ses études à Barcelone sera aussi banal pour nos enfants qu’aller aujourd’hui, pour un Lyonnais, faire ses études à Paris. Cet effet reste assez net, surtout au sud de la France, du fait d’obstacles naturels, bien plus qu’au nord où, de plus, la taille des métropoles n’est pas le même, ni la distance entre elles. Intuitivement, on voit bien qu’il y a quelque chose de majeur qui se dessine entre Londres, Bruxelles, Lille, Paris, Cologne, Amsterdam, soit cinq pays et, compte tenu d’Eurotunnel, six gestionnaires d’infrastructure. Mais cela nécessite des règles d’interopérabilité et des règles communes de gestion des sillons. Nous avons déjà les EIM, qui ne rassemblent pas tous les gestionnaires d’infrastructure européens, nous avons aussi Rail Net Europe, et la Commission nous pousse à créer des corridors de fret : nous avons quelques outils de coopération qu’il faut développer. Il faut encore une standardisation des équipements. On a signé, il y a un an et demi, le premier PPP pour basculer notre radio sol-train sur le système de communication GSM-Rail, qui est une norme européenne. Parallèlement, nous devons implanter le système de signalisation européen ERTMS sur notre réseau grande vitesse d’ici 2020. Tous nos nouveaux projets prévoient l’équipement natif en ERTMS. Mais il faut rééquiper le réseau à grande vitesse existant. La LGV Est, qui fonctionne aujourd’hui avec la TVM, recevra l’ERTMS en 2013.

    VR&T : Quand RFF a pris les rênes, on est passé d’un système simple (SNCF-Etat) à un système complexe, avec de nombreux financeurs, de nombreux décideurs, et un recours à des solutions financières nouvelles. Quel changement…
    J.-M. D. : La LGV Sud-Est avait été faite sur fonds propres par la SNCF, et le TGV Med n’avait reçu que 10 % de subventions. Il restait à faire des lignes moins rentables. Pour Tours – Bordeaux, la subvention requise est de 40 %, pour Le Mans – Rennes, de 57 %, pour Dijon – Mulhouse, 67 %. Car une des raisons de la création de RFF, c’est la quasi-faillite de la SNCF du fait du poids des investissements et de l’échec financier du TGV Nord. D’où l’idée d’inverser un modèle qui reposait sur l’emprunt et de ne plus faire de l’emprunt que sur la partie qui sera remboursée par les péages, le reste étant payé par la subvention.

    VR&T : RFF, après s’être saisi de l’infrastructure, va-t-il se saisir des gares ?
    J.-M. D. : D’ores et déjà, nous avons des intérêts majeurs dans les gares. Nous vendons des capacités, nous vendons donc l’accès à la voie à quai. C’est décisif dans un système où l’on va vers l’articulation de différentes missions ferroviaires, TGV-TER, voire de différents opérateurs. Dans la gestion des voies à quai ou des avant-gares, nous avons des investissements majeurs à faire pour améliorer la fluidité des circulations. Ensuite, il y a la gestion du « bâtiment-voyageurs ».  La loi de 1997 dit : l’existant et l’investissement sur l’existant, c’est la SNCF. Par contre, en ce qui concerne le développement du réseau, la gare tout entière fait partie de l’infrastructure. Sur Nîmes – Montpellier, sur Bordeaux – Toulouse, les gares nouvelles font partie du projet. RFF peut alors soit utiliser les capacités d’ingénierie du groupe SNCF, soit recourir à d’autres prestataires. Nous voulons travailler avec Gares & Connexions, par exemple, pour réussir ensemble l’adaptation de Paris-Montparnasse dans la perspective de l’arrivée des lignes nouvelles vers Bordeaux et Rennes dans moins de six ans. Mais nous n’excluons pas, sur quelques gares nouvelles, de les réaliser en maîtrise d’ouvrage directe, voire en partenariat public-privé. Notre enjeu est aussi de développer le partenariat avec les agglomérations. Les gares sont des objets ferroviaires mais aussi des objets urbains. Ainsi, selon le projet de l’agglomération, la gare de Montpellier sera interconnectée au tram ; pour les gares de Nice-Manduel ou de Montauban, on va se servir de l’interconnexion avec la ligne TER.

    VR&T : Pour développer le réseau, vous avez eu recours à la concession comme au PPP. Tirez-vous déjà un enseignement de ces formules de financement ?
    J.-M. D. : L’Etat nous a demandé de mener quatre projets à la fois. On ne l’avait jamais fait. Nous ne pouvions pas monter quatre équipes de projets en maîtrise d’ouvrage. Sur les quatre projets, on a lancé une concession (SEA), deux contrats de partenariat (BPL et CNM) et assuré une maîtrise d’ouvrage classique (LGV Est 2e phase). On a exploré toutes les méthodes de montage et de gestion contractuelle. La place de Paris a de quoi assurer ce type de projets en termes d’outil juridique, d’ingénierie, de grands groupes de travaux publics. Nous avons réussi à monter ces appels d’offres malgré une crise financière sans précédent. Ce n’était pas gagné. C’est un grand sujet de satisfaction. Le volet industriel de ces appels d’offres a été entre correct et bon. On a eu des réponses en ligne avec ce qu’on attendait, et plutôt meilleures que ce qu’on attendait, alors qu’on transférait le risque du côté du partenaire privé. Le risque de mise en service de Rhin-Rhône, c’est RFF qui le porte. Celui de mise en service de SEA, ce sera le groupement attributaire, qui peut encourir des pénalités et des pertes de péages. D’un point de vue financier, la crise a eu des impacts négatifs sur les conditions de rémunération des banques et des fonds propres. Comme les coûts financiers sont bien supérieurs à ce qu’ils étaient avant la crise, ceci nous a amenés sur le projet BPL à réduire l’exposition à ces coûts. On a raccourci la durée du contrat (les crédits longs sont chers, les crédits courts moins chers), on a payé une part importante du projet en subventions lors de la phase de construction, de l’ordre de 70 %, pour ne laisser que 30 % au financier, et on a fait venir des prêteurs comme la BEI ou la Caisse des dépôts pour réduire encore un peu plus le coût financier. On a ainsi réajusté notre modèle pour réduire l’impact post-crise des coûts financiers. Mais l’histoire des PPP n’est pas achevée. Il reste à faire vivre ces contrats qui sont des véhicules puissants, gros et compliqués.? Il n’était pas mal qu’on commence par le PPP de GSM-Rail, de taille modérée, sur un système de télécommunications et non sur une ligne nouvelle. Nous avons ensuite validé le modèle sur deux lignes nouvelles. Aujourd’hui, on se demande : le PPP peut-il s’appliquer à d’autres objets ? Des objets technologiques comme les télécoms, mais aussi des petites lignes régionales, de fret, voire de voyageurs ? Ou des gares ? A la condition, toujours, et c’est une exigence absolue, de rechercher l’intérêt de la sphère publique en termes de prix, de risque et de service.
        

    Propos recueillis par François DUMONT
     

  • JCDecaux gérera la publicité du métro de Chongqing

    JCDecaux Advertising, filiale détenue à 100 % par JCDecaux, a annoncé le 20 septembre avoir remporté le contrat exclusif de publicité des lignes 1 et 3 du métro de Chongqing. Ce contrat d’une durée de 15 ans – dont le montant n’est pas précisé – concerne la communication extérieure sur les quais, dans les gares et dans les couloirs de ces deux lignes. Avec cet accord, JCDecaux, « qui exploitait déjà la ligne 2, gérera la publicité de l’ensemble des lignes du métro de Chongqing », indique-t-il. Le premier tronçon de la ligne 1 et les deux premiers tronçons de la ligne 3 sont progressivement mis en service depuis juillet 2011. Une fois terminé, le réseau ferroviaire urbain de cette ville chinoise d’environ 30 millions d’habitants atteindra plus de 75 km.

     

  • Autolib’ : début des tests et incertitude sur le stationnement

    Autolib’ : début des tests et incertitude sur le stationnement

    Le dispositif de location de voitures électriques en libre service va être testé à partir du 1er octobre à Paris, avant son ouverture au public deux mois plus tard. Ses promoteurs réclament au gouvernement de faire connaître ses préconisations sur les modalités de recharge des batteries en milieu confiné après la publication d’une étude sur les risques d’incendie.
      Les premiers signes de la naissance prochaine d’Autolib’ commencent à se montrer à Paris. Les aménagements en voirie ont commencé le 16 août rue du Poteau dans le XVIIIe arrondissement. Et d’autres chantiers ont suivi. Avec deux mois de retard sur le calendrier initial en raison de recours en justice finalement gagnés par le syndicat mixte Autolib’, une phase de test va démarrer le 1er octobre. 33 stations sur la voirie parisienne vont pouvoir accueillir 66 véhicules électriques. « Nous ferons réaliser ce test par un panel d’utilisateurs. Nous souhaitons expérimenter notre dispositif auprès de beaucoup de monde mais le test se fera uniquement à Paris », précise un porte-parole de Bolloré, qui gérera le système de location de voitures en libre service. « L’idée est de voir ce qui pose problème pour améliorer le fonctionnement », souligne Annick Lepetit, adjointe PS au maire de Paris chargée des déplacements et également présidente du syndicat mixte Autolib’.
    Le 1er décembre, le service commercial sera lancé à Paris et les communes adhérentes au syndicat mixte, soit 46 villes. On devrait alors compter 250 stations et 250 Bluecar, les voitures électriques fabriquées par Bolloré. En banlieue, Bolloré affirme qu’il y aura au moins une station par commune adhérente. Peu à peu, la flotte devrait s’étoffer pour atteindre 3 000 véhicules fin 2012. Il est prévu au total 1 000 stations en voirie et en sous-sol.
    Mais ce calendrier, qui prévoit une montée en puissance rapide du service, est aujourd’hui suspendu à une décision gouvernementale qui concerne les parkings souterrains pouvant accueillir les véhicules électriques. Avant l’été en effet, une étude de l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) alertait sur les risques d’incendie de certaines batteries au lithium équipant les voitures électriques. Un danger conséquent en milieu confiné et qui représente un véritable casse-tête pour les interventions des pompiers.
    Suite à ce rapport, les pouvoirs publics ont émis de premières préconisations mais, selon Annick Lepetit, celles-ci ne sont pas assez claires. La présidente du syndicat mixte réclame au gouvernement des précisions de toute urgence. Elle lui demande notamment d’envoyer des experts pour examiner les batteries de Bolloré, tout en rappelant que « les voitures de Bolloré ont passé avec succès les contrôles techniques début juillet ». Selon elle, « tous les parkings ne sont pas les mêmes. En fonction des recommandations du gouvernement, on pourra s’adapter ». De son côté, Bolloré se dit serein, affirmant que ses batteries sèches au lithium ne sont pas concernées car elles utilisent une technologie différente. « Nos batteries ont plus d’autonomie que les autres et ne chauffent pas. Elles sont donc plus sûres », affirme un porte-parole. De plus, selon lui, la construction de parkings souterrains pour Autolib’ n’est pas prévue avant de longs mois. D’ici là, les promoteurs du système espèrent bien que ces questions seront résolues. « A ce stade, le projet n’est pas bloqué », assure Annick Lepetit. Avant d’ajouter : « Je ne peux pas croire qu’on veuille plomber le projet Autolib’ ».
      

     Marie-Hélène Poingt

  • Les travaux de la ligne 9 du métro de Barcelone paralysés

    Lluís Recoder a confirmé, le 16 septembre dernier, la suspension de la construction de la ligne 9 du métro de Barcelone. « Faute de financement », a avoué le ministre catalan du Territoire, car les caisses de la Generalitat (gouvernement régional) sont à un bas niveau. Et aucune date de reprise du chantier n’a été avancée : les deux tunneliers sont à l’arrêt. Cet axe transversal contourne la métropole par l’ouest avec à chaque extrémité deux branches poursuivant une partie commune et formant les futures lignes 9 et 10 du réseau souterrain TMB. Entièrement automatique, cette liaison de 50 km devait être livrée en 2016 et certains tronçons finaux (Santa Coloma) sont déjà en exploitation. D’ailleurs, la branche Sud (de L’Hospitalet vers l’aéroport et la zone franche) sera achevée en 2014, a indiqué le ministre. Pour la partie centrale, il envisage de ne pas construire, dans un premier temps, toutes les stations prévues, « certaines étant à 350 m de la suivante ».

  • Maroc : coopération renforcée entre l’ONCF et l’Adif espagnole

    Réunis le 14 septembre au Centre des technologies ferroviaires de Málaga, les responsables de l’Office national des chemins de fer marocains et ceux de l’Adif (le RFF ibérique) ont donné deux axes à la coopération relancée en juillet dernier à Rabat entre Mohamed Rabie Khlie (ONCF) et Antonio González Marin (Adif). D’abord, l’Adif conseillera le Maroc pour la valorisation des gares (commerces, intermodalité, intégration urbaine). A commencer par celles de Casablanca, Rabat-Agdal, Kenitra, Tanger et Oujda. Ensuite, va s’intensifier l’implantation du système de régulation du trafic Da Vinci, conçu par la société espagnole Indra et l’Adif et utilisé sur les lignes AVE hispaniques. Ce projet d’un montant de 3 millions d’euros concerne le réseau conventionnel ainsi que la section à grande vitesse en chantier entre Kenitra et Tanger.