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La nouvelle ère des TER selon Jean-Aimé Mougenot
Entré à la SNCF en 1980 comme conducteur de train, Jean-Aimé Mougenot a tracé son sillon, en accédant à des postes à responsabilité avant de devenir, il y a un peu plus de deux ans, directeur TER délégué chez SNCF Voyageurs. Invité du Club VRT le 6 avril, il a estimé que l’ouverture à la concurrence entrait dans une nouvelle phase. Et a énuméré les prochains défis à relever par les transports régionaux.
Pour Jean-Aimé Mougenot, les TER exploités sous l’égide des régions doivent avant tout être considérés comme un succès. Rappelons que la loi de décentralisation de 2002 a donné aux régions la compétence sur les TER via des conventions passées avec la SNCF. « Cette période de 20 ans a été un succès, si on laisse de côté le sujet de la qualité de service, car on peut toujours faire mieux », reconnaît Jean‑Aimé Mougenot. Faisant fi des critiques, il souligne l’engagement des régions qui se sont emparées du sujet ferroviaire, en développant l’offre de transport et en achetant du matériel. Sur la dernière décennie, elles ont ainsi prévu d’investir huit milliards d’euros pour acquérir 860 rames de grande capacité (Regio 2N à deux niveaux), mais aussi des Régiolis, dont les livraisons s’étalonneront jusqu’en 2026. Le directeur des TER met aussi en avant l’engagement des 27 000 cheminots travaillant pour ces transports et qui ont, eux aussi, participé à son essor. Aujourd’hui, 11 business units sont chargés d’exécuter les contrats régionaux.10 % de fréquentation de plus
En 20 ans, l’offre de TER a augmenté de 25 %, tandis que la fréquentation progressait de 60 %. « Il circule chaque jour 8 200 trains régionaux, dans lesquels prennent place plus d’un million de voyageurs quotidiens », précise Jean-Aimé Mougenot. Le Covid a fait brutalement chuter leur fréquentation, mais le recul n’a pas duré. Les voyageurs perdus au plus fort de la pandémie sont revenus et les TER ont même gagné 10 % de trafic supplémentaire par rapport à l’année 2019, qui avait été une bonne année. Soit une progression de 30 % du trafic en trois ans. « Il n’y a jamais eu autant de voyageurs dans les TER depuis qu’ils circulent », résume-t-il.
Ces trains attirent deux catégories de voyageurs. Ceux qui étaient déjà abonnés avant le Covid et des voyageurs occasionnels, dont le nombre explique à lui seul l’augmentation du trafic survenue ces dernières années. Parmi ces nouveaux usagers, on trouve des voyageurs de loisirs et de tourisme, attirés par les lignes longue distance empruntées en fin de semaine ou pour les vacances. Leur proportion est la même que celle des voyageurs occasionnels prenant le TGV. Ce constat repose sur les fréquentations hors normes enregistrées désormais les vendredis et les week-ends. Les TER ont trouvé leur place sur tout le territoire, en apportant une réponse à la demande de transports publics. Leur attractivité est liée tout autant au maillage territorial qu’à l’envolée du prix des carburants et, ajoute le directeur des TER, à la prise de conscience de la nécessité de se déplacer de façon plus durable.
Trois catégories de lignes
« Nous devons proposer aux autorités organisatrices des offres qui répondent à l’affluence et à l’envie de train des Français. C’est une question de gestion de flux », explique Jean-Aimé Mougenot. Le dirigeant a repris à son compte les trois grands types de transports identifiés par son prédécesseur Frank Lacroix : les dessertes longue distance (Paris-Rouen par exemple), les liaisons régionales interurbaines et les lignes de proximité. Les trains Krono (reliant les pôles régionaux de façon rapide et confortable) et les trains Citi (pour le transport urbain et fréquent) concernent 20 % des circulations, mais 35 % de la fréquentation. « Il existe 160 lignes périurbaines, dont certaines répondent déjà presque aux critères de RER métropolitains », souligne Jean-Aimé Mougenot, regrettant ce nom de RER métropolitain, qui fait trop référence au trafic des RER parisiens, alors que les volumes ne sont pas les mêmes. Sur les lignes denses, on trouve 50 000 à 60 000 voyageurs par jour, comme sur la Côte d’Azur, où le Métrazur assure une desserte cadencée avec 150 trains quotidiens entre Cannes, Nice et Menton, ou encore sur la liaison Léman Express, qui assure du transport transfrontalier entre Annemasse et Genève pour 60 000 voyageurs chaque jour, quelques années après sa mise en œuvre.
A Strasbourg, le Réseau express métropolitain européen, en circulation depuis décembre 2022, a été confronté à des difficultés que le dirigeant du TER met sur le compte de la période de rodage. De plus, la gare de Strasbourg voit passer une multitude de trains différents, TGV, fret, et TER à traction électrique mais aussi à locomotion thermique nécessitant des pleins de carburant. « On a sans doute voulu aller trop vite. Mais les choses vont se régler avec un temps d’adaptation et quelques étapes qu’on est en train de mettre en place », assure Jean-Aimé Mougenot. En revanche, il réfute l’idée d’un manque de conducteurs pour expliquer les difficultés. Mais rappelle les freins liés à la crise sanitaire qui ont conduit à suspendre des formations. Or, former un conducteur nécessite une douzaine de mois. La SNCF est en train de rattraper son retard, assure-t-il.
Décarbonation
« Même si les TER n’émettent que 700 000 tonnes d’émissions de CO2 sur les 140 millions de tonnes émises par le secteur du transport (ce qui représente 0,5 % du total), les réduire n’en demeure pas moins un véritable enjeu et un défi que nous devons relever en contribuant au report modal », assure Jean-Aimé Mougenot. Les trains régionaux desservent 3 000 gares et arrêts. Sur les 680 lignes de TER, la moitié représente du transport de proximité, et une partie de ces lignes, de l’ordre de 10 à 20 %, ne voit passer que des TER. Toutes ont leurs particularités, « mais, sur chacune d’entre elles, l’attente des voyageurs est la même », souligne le dirigeant. « Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir prendre le train, en raison du prix de l’essence et pour se rendre dans les centres-villes engorgés. Le TER pourra aussi apporter une réponse à la mise en place des ZFE ».
Pour jouer un rôle dans l’aménagement du territoire et aider les régions à proposer plus d’offres, l’acquisition de matériels, portée par les autorités organisatrices, est un point important du succès des transports régionaux. Encore faut-il trouver du matériel correspondant aux besoins. C’est pourquoi les équipes de la SNCF travaillent avec des partenaires, dont Alstom, CAF et Thales, pour proposer des solutions permettant d’assurer de la fréquence sur des lignes n’attirant qu’un faible nombre de voyageurs, tout en minimisant les coûts. Avec ses partenaires, la SNCF a conçu le Train Léger innovant, comme Draisy ou Flexy. Le premier est un véhicule de la taille d’un bus, d’une centaine de places, doté de batteries rapidement rechargeables et pouvant circuler sur des voies non électrifiées. La navette autonome Flexy proposera quant à elle 14 places assises et sera capable de rouler à la fois sur rail et sur route. Elle devrait être particulièrement adaptée aux petites lignes ferroviaires actuellement fermées, que certaines régions souhaitent rouvrir, mais qui offrent un potentiel de trafic trop faible pour justifier une desserte purement ferroviaire. « La production de ce type de matériel, proposé à des prix proches de ceux des cars (soit une division par dix par rapport au matériel ferroviaire), doit permettre de rouvrir ces bouts de lignes plus rapidement qu’avec du matériel plus lourd et plus long à produire. Cela permettra de contribuer de manière accélérée à l’enjeu planétaire de décarbonation », souligne le patron des TER.
Sous l’égide de certaines régions, la SNCF travaille aussi avec Alstom sur la conception d’un matériel ferroviaire décarboné, ou émettant peu de CO2. Les régions Occitanie, Grand Est, Nouvelle-Aquitaine et Centre-Val de Loire ont déjà passé commande de Régiolis hybrides à batterie. Ces trains ne pourront pas être mis en circulation avant l’horizon 2024, 2025 voire 2026. C’est pourquoi la compagnie a décidé d’agir dès à présent en testant le remplacement du diesel sur les lignes Paris-Granville ou Paris-Rouen par du biocarburant B100, ce qui lui permet de réduire immédiatement ses émissions de gaz à effet de serre d’environ 60 % par rapport à la traction thermique. « L’expérimentation s’avère positive pour pouvoir passer un cap et répondre rapidement à l’urgence climatique. Mais ce n’est pas une finalité pour diminuer nos émissions », précise Jean-Aimé Mougenot. Parmi d’autres initiatives, la SNCF travaille aussi sur le stationnement des engins moteurs et leur consommation en énergie grâce au logiciel Opti-conduite permettant de la diminuer de 10 %.
“ Nous devons proposer aux autorités organisatrices des offres qui répondent à l’affluence et à l’envie de train des Français. C’est une question de gestion de flux. ”
Remplissage et régularité
Malgré un trafic en hausse, les TER affichent un faible taux de remplissage moyen. « Il faut nuancer en fonction des lignes », répond le dirigeant, qui admet que « les trains de proximité ne sont pas pleins ». Ils sont très fréquentés en heures de pointe, beaucoup moins en heures creuses. Mais, changement notable, l’amplitude des heures de pointe augmente beaucoup. Entre autres explications, Jean-Aimé Mougenot cite les effets de politiques mises en place pour proposer une tarification variable en fonction de la fréquentation, avec des baisses de prix au moment où les trains sont les moins remplis. Reste qu’avec 28 % de remplissage en moyenne dans les trains de proximité, il reconnaît qu’il y a un effort à mener pour optimiser l’argent public en s’adaptant aux volumes avec du matériel adéquat.
En revanche, les trains régionaux proposant des liaisons directes, ou avec peu d’arrêts, font le plein, particulièrement les week-ends. A tel point que la région Normandie a souhaité mettre en place des réservations obligatoires. C’est, pour le moment, la seule région qui a fait ce choix. Mais il pourrait en intéresser d’autres sur certaines lignes TER grandes distances bien identifiées qui, selon lui, ne peuvent pas fonctionner correctement autrement. « Pas question toutefois de généraliser les réservations obligatoires, pour ne pas nuire à la souplesse et à la liberté de prendre le train », précise-t-il. Avant d’ajouter envisager la réservation obligatoire pour ceux qui veulent emporter leur vélo à certaines périodes.
Face aux critiques sur les retards et les suppressions de TER, Jean-Aimé Mougenot rappelle les chiffres. « Il y a les attentes des voyageurs et la réalité. Notre taux de régularité est passé de 90 % pour les TER France entière en 1997 à 92 % l’an dernier, mais le ressenti des voyageurs n’est pas forcément celui-là », reconnaît-il. « Ceux qui font un Toulouse-Rodez, un Chantilly-Paris ou un Rouen-Paris se fichent des chiffres nationaux. Mais on est dans une progression, dans une course à la densité qui amène des besoins de régularité et des attentes supplémentaires », admet le directeur des TER qui s’engage à poursuivre ses efforts pour améliorer le taux de régularité des trains régionaux, en travaillant sur l’intermodalité, en recherchant l’excellence opérationnelle et en améliorant la gestion des flux et la conception de l’offre.
« Cette démarche a déjà fait ses preuves en Paca », poursuit-il. « Une expérimentation menée il y a quelques années par la SNCF sur la ligne littorale Cannes-Menton a démontré qu’il était possible de gagner plusieurs points de régularité en travaillant avec l’autorité organisatrice. » Tout en restant discret sur sa recette pour y parvenir, (« pour ne pas faciliter la tâche de ses concurrents », indique-t-il), il se dit confiant sur la possibilité d’optimiser encore la régularité de certaines lignes, comme il s’y est engagé dans les Hauts-de-France.
La SNCF, qui vient de remporter le premier lot de TER ouvert à la concurrence dans cette région (l’Etoile d’Amiens) s’est engagée sur un taux de régularité très ambitieux : 98,5 %. « La région Hauts-de-France a le même niveau d’exigence que ce qu’on nous demandait sur la Côte d’Azur », relativise Jean-Aimé Mougenot, en rappelant que, sur ce lot, la régularité moyenne est déjà de 94 à 95 %, avec des journées à 100 %. « L’objectif fixé semble donc réalisable. C’est un élément de robustesse, d’excellence opérationnelle. On sait qu’on peut le faire. L’écart n’est pas si important, mais il faudra le tenir », admet-il. Il ajoute que la SNCF ne pourra jamais empêcher les dysfonctionnements liés à des arbres tombés sur la voie les jours de tempête ou à des heurts d’animaux, mais qu’il lui faut apprendre à réagir plus rapidement et à travailler sur l’information, car des clients informés sont plus compréhensifs.
1 000 embauches de conducteurs par an
Comme d’autres secteurs, la SNCF fait face à des difficultés pour recruter, en particulier des conducteurs. Pour assurer un service normal sur l’ensemble du territoire, des mesures de réduction des plans de transport ont dû être prises et un appel aux conducteurs retraités a été lancé. « Beaucoup ont répondu présent. Nous en avons employé jusqu’à 70 », indique-t-il. La SNCF va continuer à recruter 1 000 conducteurs par an au cours des prochaines années. « C’est le nombre dont nous avons besoin en permanence, notamment pour remplacer les départs en retraite », souligne Jean-Aimé Mougenot. « Alors qu’on pouvait craindre une perte de vocation, nous sommes rassurés au vu de l’affluence de candidats venus s’informer sur les métiers de la conduite lors des dernières campagnes de recrutement », ajoute-t-il.
Concurrence
Désormais confrontée à l’ouverture à la concurrence de ses lignes TER, la SNCF affiche un bilan honorable : si elle a perdu il y a un an et demi, au profit de Transdev, l’un des lots mis en concurrence par la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (l’axe Marseille-Toulon-Nice), elle a gagné l’autre lot, le plus important (Les Arcs-Draguignan vers Vintimille, Nice-Tende et Cannes-Grasse). C’est aussi elle qui a gagné, en mars, les lignes de l’Etoile d’Amiens mises en compétition par les Hauts-de-France. A chaque fois, une filiale dédiée sera mise sur pied par l’opérateur historique pour exploiter les TER gagnés. « Ces changements peuvent être une source d’inquiétudes pour le personnel », reconnaît Jean-Aimé Mougenot. Mais il rappelle que cela fait 20 ans que la SNCF s’y prépare et que la concurrence a été mise en œuvre dans le fret dès 2004. « L’ensemble du corps social s’y est habitué progressivement », affirme-t-il. Ex-DRH du personnel roulant, il assure que l’entreprise fait preuve de pédagogie vis-à-vis des agents. « Cette fois, la différence c’est qu’il y aura transfert de personnel, que la SNCF gagne les lots ou qu’elle les perde. Nous sommes dans une phase de préparation de la mise en œuvre. Nous devons avoir une démarche de clarification. Les missions des cheminots intégrés dans les filiales dédiées, créées par la SNCF, resteront globalement les mêmes. Avec des évolutions dans l’organisation, plus de proximité et un encadrement simplifié, car il s’agira d’une petite entité. Se posera aussi la question de leur rythme de travail qui nécessitera des ajustements, mais il ne devrait pas y avoir d’écarts importants ». Et d’ajouter : « Paca, la SNCF et Transdev ont un intérêt commun : faire en sorte que cela se passe au mieux pour le personnel. De fait, assure-t-il, les deux entreprises travaillent main dans la main. »
D’où, selon Jean-Aimé Mougenot, l’avènement d’une nouvelle époque pour les TER, caractérisée par ce contexte concurrentiel qu’il juge stimulant. « Je suis très enthousiaste, même si j’ai conscience que nous démarrons une période pas forcément simple. Mais elle pose les bases d’une mission de service public majeure pour les années qui viennent », conclut-il.
Valérie Chrzavzez

La livrée TGV Atlantique disparaît à son tour
Un an après le démantèlement du TGV du record de 1990, l’heure est venue à sa livrée gris métallisé et bleu de disparaître du paysage ferroviaire français, après presque 34 ans de présence. C’est la deuxième fois qu’une livrée TGV historique s’éclipse sans laisser de trace, 22 ans après la robe « orange » des TGV PSE, première génération des trains à grande vitesse de la SNCF. Après rénovation, ces derniers adoptaient alors la livrée des TGV Atlantique, également appliquée aux TGV Réseau et aux premiers TGV Duplex, livrés des années 1990 au début de la décennie suivante. Par la suite, la livrée « Lacroix » sera appliquée aux rames rénovées à un niveau. Puis viendront les livrées Ouigio et inOui sur les rames Duplex rénovées. La dernière à traiter, la 283, est programmée pour une opération mi-vie en cette mi-mai 2023.

Espagne : une autoroute ferroviaire se prépare entre Algeciras et Saragosse
Sur 1 074 km, une liaison va se créer afin d’acheminer des camions et des conteneurs entre le sud et nord de l’Espagne. Empruntant le réseau classique au gabarit ibérique, elle entend donner des débouchés au port de Algeciras spécialisé dans les conteneurs (qui est à la jonction de l’Océan atlantique et de la Méditerranée) ainsi qu’à la plate-forme multimodale Zaragoza Plaza au pied des Pyrénées.
Un accord a été signé en octobre 2021 entre Adif (le SNCF Réseau espagnol), l’autorité portuaire de la baie d’Algeciras, l’entité Aragon plate-forme logistique et l’entreprise Rail & Truck (RTSU). Cette dernière a été fondée par les sociétés CMA CGM (l’armateur basé à Marseille), Ecorail, Marcotran et Continental Rail : elle est chargée de lancer un transport de remorques dès 2024.
Adif adapte l’infrastructure, dont le gabarit de 39 tunnels, notamment au nord de Madrid. Pour commencer, le projet est de mettre sur les rails un convoi de 30 camions par sens et par jour et d’arriver à trois trains par jour en 2026. Les wagons spécialisés et les locomotives sont en commande : l’opérateur RTSU vient de retenir 7 CC Euro 6000 auprès du constructeur Stadler Valencia. Renfe a également pris possession d’engins électriques lourds de ce type.
M.G

La Société du Grand Paris veut imposer de nouvelles mesures de sécurité à ses sous-traitants
Après cinq décès mortels sur les chantiers de construction du métro automatique autour de Paris, dont deux en mars et avril derniers, la Société du Grand Paris réagit pour éviter de nouveaux drames. Le 10 mai, la SGP a fait stopper les 140 chantiers pour organiser des ateliers de sensibilisation sur la sécurité, menés en partie par des salariés de l’entreprise. S’il est encore trop tôt pour faire un bilan, Jean-François Monteils, le président du directoire de la SGP, se dit persuadé de leur intérêt.La sécurité fait partie des priorités, assure-t-il.« Nous avons un document, la charte et référentiels sécurité des chantiers, qui s’impose systématiquement dans tous les contrats que nous passons avec les entreprises de travaux et de prestations intellectuelles », explique de son côté Bernard Cathelain, membre du directoire de la SGP. Ce document rappelle le cadre législatif (code du travail, code de l’environnement), et les recommandations sectorielles (Caisse national d’assurance maladie des travailleurs salariés, Caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France, Institut national de recherche et de sécurité, OPPBTP1, Association française des tunnels et de l’espace souterrain, etc.). Mais surtout, poursuit-il, « il permet de garantir une homogénéité et une unicité des règles quelles que soient les entreprises ».Dès le début du projet, la SGP a mis en place une procédure d’alerte afin d’être prévenue en cas d’accident. En fonction des enseignements tirés, elle peut éventuellement prendre des mesures sur d’autres chantiers. Enfin, le maître d’ouvrage mène chaque année plusieurs dizaines d’audits afin que chaque chantier soit visité au mois une fois par an. « Il nous est arrivé de demander à une entreprise un changement de chef de chantier qui ne faisait pas appliquer les règles de sécurité », raconte Bernard Cathelain.« Dans la construction, il est difficile de mettre en place des processus de sécurité comme il en existe dans l’industrie où les tâches sont plus répétitives. Dans le bâtiment, les tâches peuvent être différentes d’une journée à l’autre, d’une heure à l’autre», souligne Jean-François Monteils. De plus, plusieurs entreprises peuvent intervenir en même temps et la manipulation de lourdes charges est fréquente, ce qui multiplie les risques.Selon les statistiques recueillis par la SGP, il y aurait un lien entre intérim et accidentologie. « Les intérimaires représentent à peu près un quart des 6000 compagnons présents sur les chantiers », précise Bernard Cathelain. « Juridiquement, il est compliqué d’imposer une limitation de la sous-traitance », estime Bernard Cathelain, tandis que Jean-François Monteils rappelle avoir « une clause de recours aux PME pour 20 % des travaux ». Un niveau essentiel, selon lui, pour le tissu industriel local.Afin de renforcer les mesures déjà existantes, la SGP a créé, en janvier dernier, un groupe de travail chargé de réfléchir à de nouvelles mesures. Le plan de renforcement de la sécurité exige désormais que l’ensemble des intérimaires intervenant sur les chantiers soient titulaires d’un Passeport sécurité Intérim (PASI) BTP. Ce document, qui n’était pas obligatoire jusqu’à présent, mais fortement recommandé, est une attestation valable dix ans, délivrée aux intérimaires qui ont suivi deux jours de formation à la sécurité.Le plan prévoit également l’instauration d’une journée ou demi-journée annuelle systématique de sensibilisation, comme celle du 10 mai dernier, et la création d’un conseil de la sécurité des chantiers pour mieux identifier les accidents. « Composé de spécialistes et d’indépendants reconnus dans ce domaine, il aurait pour mission d’assurer le plus haut niveau de connaissances en la matière, d’analyser l’accidentologie, d’examiner les mesures envisagées et de faire des propositions en lien avec les risques en présence », indique encore le dirigeant.La SGP souhaite auditer les Plans particuliers de sécurité et de protection de la santé (PPSPS) de chaque entreprise afin de s’assurer de leur qualité. Elle imposera désormais d’avoir des coordonnateurs de sécurité et de protection de la santé (CSPS) exclusivement dédiés au Grand Paris Express, alors que leur temps pouvait jusque-là être partagé avec d’autres projets de leur entreprise.Le CSPS devra désormais formuler un avis qui l’engagera. Il participera à la mise en place de mesures d’organisation des CISSCT, adaptées aux conditions de déroulement des travaux. Enfin, il contribuera à l’harmonisation des dispositions, au travers d’un plan général de coordination corédigé par l’ensemble des CSPS titulaires.La SGP imagine aussi un système d’incitation aux bonnes pratiques, assorti, pour les entreprises, d’un bonus financier. Elle affirme qu’elle sera vigilante face au risque potentiel qui consisterait à sous-déclarer des incidents pour obtenir de meilleurs résultats.L’incitation à signaler les mauvaises pratiques sera enfin encouragé, notamment de la part de toute personne intervenant sur un chantier, mais aussi des syndicats. La SGP souhaite qu’ils puissent accéder aux chantiers pour donner de la visibilité aux mesures de sécurité mises en place. En espérant renforcer ainsi la culture de sécurité.Yann Goubin
Les nouveaux projets du Ferrocampus de Saintes
Les clés du Ferrocampus de Saintes ont été remises le 13 mai à Jean-Pierre Farandou, le PDG du groupe SNCF, à Alain Rousset, le président de la région Nouvelle-Aquitaine et à Jacky Emon, ancien cheminot et président de l’association Ferrocampus. Ce geste symbolique intervient deux ans après le lancement de ce pôle d’excellence qui entre aujourd’hui dans sa phase opérationnelle avec son installation dans le bâtiment au 27 du Technicentre Charentes-Périgord.
Dans un second temps, un atelier de 3 000 m2, raccordé aux voies, sera réalisé. L’objectif est que l’ensemble du site dédié aux activités d’innovation et de recherche soit achevé en 2026.
En attendant, un programme ambitieux a été présenté avec deux projets régionaux labellisés « France 2030 » portant sur la digitalisation et décarbonation des transports ferroviaires : le train léger innovant d’une part, piloté par la SNCF, et qui intègrera notamment une cabine de conduite digitale et une motorisation à faibles émissions, la nouvelle signalisation ferroviaire frugale (NS2F) d’autre part, portée par Thalès, et qui vise à développer un système d’exploitation simplifié et innovant.
Une convention a été également été signée le 13 mai en présence de Laurence Poirier-Dietz, directrice générale de GRDF. Elle porte sur le train au Bio/GNV pour en évaluer la faisabilité technique et économique et pour explorer des cas d’usage sur des lignes autour de Limoges et en Corrèze.
F.X. P.

La DB commande 73 trains ICE pour 2 milliards d’euros
La Deutsche Bahn a annoncé avoir signé « le deuxième plus grand programme d’approvisionnement en ICE » de son histoire : 73 rames pour près de 2 milliards d’euros. Une tranche de 56 rames ICE L supplémentaires (après une première commande de 23) a été achetée au constructeur espagnol Talgo pour un montant de 1,4 milliard. Siemens Mobility livrera de son côté 17 rames ICE 3neo (après deux commandes, de 30 puis 43 rames) pour 1,5 milliard d’euros.
Avec ces nouveaux trains, l’âge moyen du parc passera de 18 à 12 ans. Représentant 39 000 sièges supplémentaires qui s’ajouteront au parc ICE, ils doivent répondre à la forte demande ferroviaire qui s’exprime outre-Rhin.
La DB est actuellement engagée dans un programme de modernisation de son parc mais aussi de son réseau, qui se voit reprocher de trop fréquents pannes et retards.

Des navettes dédiées aux personnes handicapées prévues lors des JO
Interrogé sur l’accessibilité et le transport des personnes handicapées lors des JO 2024 à Paris, Laurent Probst, qui était l’invité du Club VRT le 16 mai, a d’abord rappelé qu’il y aurait plus de personnes handicapées qui assisteront au Jeux Olympiques qu’aux Jeux Paralympiques. « On connaît précisément le nombre de spectateurs handicapés qui ont réservé des places habilitées. Il y a 500 places (sur 80 600 places au total, ndlr) qui leur sont réservées au Stade de France. Et seuls deux ascenseurs permettent de les y déposer« , rappelle le directeur général d’Ile-de-France Mobilités. « Même si toutes les stations qui desservent les sites sont accessibles, nous n’avons pas envie que ces personnes prennent des trains qui seront bondés », poursuit-il.
D’où l’idée d’organiser des navettes dédiées entre les grandes gares parisiennes et les sites de JO. « Il s’agit de navettes VIP qu’il faudra réserver à l’avance et qui amèneront les personnes handicapées directement à l’intérieur des sites. Elles seront déposées au même endroit que les VIP et les accrédités », résume Laurent Probst. Une flotte de taxis adaptés et en plus grand nombre doit aussi proposée.

Menaces sur la ligne des Causses
On la croyait tirée d’affaire à la suite des accords signés fin 2019, mais la ligne des Causses et de l’Aubrac, qui relie Béziers à Neussargues, à cheval sur les régions Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes, serait à nouveau menacée de fermeture, en dépit des travaux effectués ces dernières années. Plus précisément, si des travaux supplémentaires ne sont pas décidés par l’État et les deux régions avant la fin du mois de mai, la ligne de l’Aubrac serait coupée entre Neussargues et Saint-Chély-d’Apcher, c’est-à-dire sa section la plus au nord, dès le mois de décembre prochain. Cette possibilité, évoquée sur les réseaux sociaux depuis la mi-mai, a été commentée par l’association Oui au train de nuit Aubrac, dans son communiqué du 16 mai : « cette situation serait en contradiction avec les objectifs avancés par le dernier rapport du Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI) qui préconise notamment le renouvellement et la modernisation des infrastructures existantes et la priorisation des mobilités du quotidien y compris dans les zones peu denses ».
Selon l’association, « sur 40 millions d’euros de travaux au total, les deux régions n’ont pas annoncé de participation à ce jour. L’État, en revanche, est prêt à contribuer. Selon le tour de table habituel (33 % du montant financé par chaque partenaire), la participation de l’État s’élèverait à 13 millions d’euros. A minima, il est donc important de conserver ces crédits pour qu’ils soient utiles à la ligne, et ce, indépendamment de la décision finale de chacune des deux régions ». Oui au train de nuit Aubrac. milite pour que le train de nuit Paris – Aurillac, dont le retour est attendu dans sept mois, comporte également une tranche desservant la ligne des Causses et de l’Aubrac au sud de Neussargues, vers Saint-Flour, Saint-Chély-d’Apcher, Aumont-Aubrac et Marvejols.
Une interruption de la ligne entre Neussargues et Saint-Chély-d’Apcher, section de 55 km à voie unique électrifiée qui emprunte l’emblématique viaduc de Garabit, ne serait pas seulement préjudiciable au projet de réintroduction d’un train de nuit desservant l’est du Cantal et l’ouest de la Lozère. Cette coupure casserait aussi la continuité des dessertes ferroviaires actuelles de voyageurs entre Paris, Clermont-Ferrand et Béziers, tout en entraînant un report sur la route des trains qui assurent le transport de la production de l’aciérie ArcelorMittal de Saint-Chély-d’Apcher. L’équivalent à 140 camions par semaine (un camion ne pouvant emporter qu’une bobine d’acier à la fois !), une évolution qui serait tout sauf du développement durable…
P. L.

Les déboires de MTR sur le RER de Stockholm
Mauvaise passe pour MTR à Stockholm. L’opérateur de Hong Kong est tombé sur un os dans la région de la capitale suédoise, après y avoir remporté une impressionnante série de succès : métro de la capitale suédoise depuis 2009, RER (pendeltåg) depuis 2016, ainsi que les trains régionaux Mälartåg depuis fin 2021, sans oublier MTRX, une relation en open access entre Stockholm et Göteborg.
L’autorité organisatrice des transports de la région de Stockholm, SL, a en effet annoncé que l’exploitation du RER par MTR se terminerait fin 2026, soit après les dix années de la période contractuelle à compter de son début, fin 2016, mais sans levée d’option sur quatre années supplémentaires maximum. A l’occasion, SL a également annoncé le lancement de l’appel d’offres pour la période après 2026, le nouvel exploitant devant être désigné d’ici deux ans et demi. Rappelons qu’il y a une petite dizaine d’années, le français Keolis avait fait acte de candidature et qu’il avait déjà été l’exploitant de ce RER entre 2000 et 2006.
Cette décision traduit l’agacement de SL vis-à-vis de son exploitant. Si l’autorité organisatrice admet que « sur l’ensemble de la période contractuelle, le service du RER a connu un bon développement depuis sa reprise par MTR en 2016 », elle pointe aussi que « des problèmes ont été importants » depuis l’automne dernier. « L’évaluation que nous avons effectuée montre que le contrat comporte des lacunes qui détériorent la performance », commente David Lagneholm, PDG de SL.
La situation conflictuelle couve depuis plusieurs mois. Confronté à des difficultés notamment sur la maintenance du matériel et sur la disponibilité du personnel, MTR a décidé d’introduire l’exploitation à agent seul, y compris dans les rames en unités multiples (jusqu’à présent, un deuxième agent assurait la fermeture des portes depuis la cabine de tête de l’élément en queue). Certains conducteurs ont alors exercé leur droit de retrait, ce qui a obligé MTR à assurer un service minimum ou à recourir à des bus de substitution.
En même temps que l’annonce concernant MTR, SL a rendu public un préavis de grève des conducteurs de trains, les syndicats faisant valoir leur mécontentement face aux roulements proposés par les entreprises ferroviaires. Ces dernières sont en effet dépendantes du nouveau logiciel d’affectation des sillons du gestionnaire d’infrastructures Trafikverket, qui fait l’unanimité contre lui. Si ce préavis a finalement été levé au niveau national, les usagers du RER de Stockholm savent qu’ils ne sont pas à l’abri de nouvelles grèves sauvages…
Patrick Laval

Journée contre l’homophobie : à la SNCF, l’association Gare! mène le combat
Confrontées aux évolutions de la société, souvent en première ligne, les compagnies ferroviaires montrent parfois l’exemple. La Deutsche Bahn vient de le démontrer en décidant de laisser à ses agents le libre choix de leurs tenues vestimentaires quel que soit leur sexe (lire ci-dessous). Qu’en pense la SNCF? L’association Gare ! a sollicité la direction pour le savoir. Pour le moment, pas de réponse, nous indique-t-elle. Mais ce n’est pas vraiment le principal sujet poussé par l’association qui représente les personnes LGBT à la SNCF.
Créée en octobre 2000, dans la foulée de la première association de défense LGBT à Canal Plus, l’association Gare! compte très vite entre 400 et 500 adhérents issus de la SNCF. Parce qu’elle répond à une attente. Vingt-trois après, elle ne rassemble plus que quelque 300 adhérents. « C’est peut-être dû à la perception qu’il y a un peu moins de grands combats à mener. Mais c’est faux« , estime Killian Chaplain, son secrétaire général. « Nous sommes la deuxième association de France à avoir été créée après celle de Canal +. A l’époque, la SNCF refusait la carte FIP aux Pacsés. L’association a alors été lancée et a obtenu cette carte pour tous les Pacsés, quel que soit leur genre », raconte Killian Chaplain.
Il faudra encore attendre 2013 pour que Gare ! signe avec la SNCF une première convention qui l’engage jusqu’en 2024. Et qui lui permet de bénéficier d’une aide financière.
Autour de l’année 2016, un collectif d’associations LGBT d’entreprises, Trainbow Europe, a été lancée pour échanger et pour passer à une autre échelle.
Désormais, l’action est davantage tournée vers « des actions politiques et de solidarité« . Depuis deux ans, le bureau s’est renouvelé et a rajeuni. Le 11 février, date de la dernière AG, Ali Louni, 37 ans, a remplacé Jean-Marie Feugère, retraité, qui avait rejoint Gare! en 2011 et qui devient vice-président. Killian Chaplain, 21 ans, chef de bord arrivé en 2020 à la SNCF et quasiment aussitôt à l’association, reste le secrétaire général. Au total, 14 personnes composent le bureau de Gare !, qui travaille dans des locaux au-dessus de la gare de Paris Est. Mais qui ne compte qu’une seule… femme. Les adhérentes ne représentent qu’une part très minoritaire des effectifs. « C’est un des sujets que nous devons traiter », reconnaît Killian Chaplain,

Des membres de Gare! (dont Killian Chaplain, secrétaire général, à gauche, à ses côtés, Jean-Marie Feugère, vice-président) entourent Simone Hérault, marraine de l’association La nouvelle équipe se veut plus « connectée » et bien décidée à faire davantage connaître ses actions. Gare! cherche à gagner en visibilité, tant en interne qu’à l’externe, en recourant davantage aux réseaux sociaux. « Après un repli, les adhésions augmentent de nouveau. Le nombre de sympathisants est encore plus important. Cela s’explique peut-être par la crainte d’apparaître dans notre fichier…», commente Killian Chaplain.
Alors que l’association célèbre ce 17 mai la Journée internationale contre l’homophobie, les membres du bureau rappellent qu’ils ont » réussi à faire accepter à la SNCF la journée internationale contre l’homophobie chaque année». La SNCF est aussi partenaire dans le cadre de la GayPride (prévue le 24 juin cette année). L’association affiche sur son char le logo de la SNCF et celui de Mutuelles en train. « Mais nous sommes identifiables en tant que Gare ! Simone Hérault, la voix de la SNCF, est la marraine de l’association« , précise le secrétaire général.
En 2019, l’association avait fait pelliculer, sur un TGV, des drapeaux LGBT pour commémorer les 50 ans des émeutes de Stonewall, manifestations spontanées et violentes contre un raid de la police dans un quartier de Greenwich Village dans l’Etat de New York, et considérées comme le premier grand mouvement de lutte des personnes gay, lesbiennes et transgenres. Mais ce TGV « rainwow » a été critiqué comme du « pink washing » (analogie au green washing relative à des actions de marketing pour s’afficher du côté de la communauté LGBT). La prudence reste donc de mise sur l’affichage de logos.
« Nous avons encore beaucoup de sujets devant nous. Celui qui nous mobilise le plus, c’est la lutte contre l’homophobie ordinaire ou contre les trans. Et c’est d’aider nos collègues à faire leur coming out. C’est vraiment le sujet majeur », souligne encore Killian Chaplain. L’association aide aussi l’entreprise à mieux gérer l’accueil des trans sur leurs lieux de travail. « L’entreprise n’a pas l’expertise pour le faire. Nous travaillons en coopération avec la SNCF. Et en cas de dysfonctionnements, nous pouvons nous tourner vers d’autres institutions comme l’inspection du travail ou la défenseure des droits« .
Selon lui, les relations se passent plutôt bien avec la direction. Le temps où l’entreprise imposait aux femmes des services commerciaux de porter des jupes et de suivre des cours de maquillage, dans les années 90, semble loin…La situation a aussi évolué grâce aux liens tissés avec SNCF Mixité. « Aux forums Mixité, nous tenons un stand, ce qui nous apporte de la visibilité. Nous cherchons aussi à repérer les voyageurs qui s’estiment lésés par la SNCF. Pas mal de cheminots très présents sur Twitter nous mettent dans la boucle quand ils ont connaissance d’un problème« . L’inclusivité est en cours. Et maintenant, à quand des tenues non genrées ?
Marie-Hélène Poingt
La DB propose à ses salariés le choix de leur uniforme quel que soit leur sexe
Une tenue de travail non genrée. C’est la petite révolution en cours à la Deutsche Bahn. La compagnie de chemins de fer allemands propose en effet à ses salariés de choisir indifféremment les vêtements qu’ils souhaitent porter pour composer leur uniforme, quel que soit leur genre. Ils peuvent ainsi porter des vêtements traditionnellement dévolus aux hommes ou aux femmes a annoncé à la fin de l’année dernière le PDG. Cette mesure est destinée à promouvoir la diversité LGBT dans l’entreprise avec une « Deutsche Bahn diverse et colorée », s’est félicité Richard Lutz.
Le groupe ferroviaire, détenu à 100 % par l’État allemand, est la première grande entreprise de transport d’Allemagne à sauter ce pas, selon la presse. « Nous sommes fiers de notre employeur, qui donne à tous les collaborateurs la possibilité de se développer librement », a réagi Norbert Nirschl, le président de l’association de salariés LGBT+ du groupe, baptisée Railbow.
Cette décision intervient quelques mois après la condamnation en juin de la Deutsche Bahn par un tribunal de Francfort pour « discriminations » à l’encontre d’une personne non binaire. La justice a estimé que la compagnie ne pouvait pas obliger ses usagers à spécifier leur genre (en leur demandant d’utiliser le terme monsieur ou madame) lorsqu’ils réservent un billet sur Internet. Et elle a exigé de la DB qu’elle arrête cette pratique début 2023 au plus tard.
Les questions LBGT+ sont de plus en plus présentes dans le débat public en Allemagne. La coalition gouvernementale, qui réunit Verts, libéraux et sociaux-démocrates, s’est ainsi engagée à faciliter les démarches de changement à l’état civil pour les personnes transgenres.