Blog

  • Trottinettes en libre-service à Paris : stop ou encore ?

    Trottinettes en libre-service à Paris : stop ou encore ?

    L’heure doit être suffisamment grave pour que Wayne Tim, pdg de Lime, saute dans le premier avion entre San Francisco et Paris et rate la fête de Thanksgiving le 24 novembre. Il est venu participer à une conférence de presse conjointe avec ses homologues de Tier et de Dott. En jeu, le renouvellement en février 2023 du contrat d’exploitation des trottinettes électriques partagées à Paris.

    A deux mois et demi de la date couperet, les start-up sentent le vent du boulet siffler après le vœu déposé mi-novembre au Conseil de Paris par des élus de l’opposition (LR et Modem) de mettre fin aux trottinettes partagées dans la capitale. A cause des accidents, de la circulation sur les trottoirs, des feux rouges grillés et de tous ceux qui roulent à deux.
    Paris s’interroge sur le « rapport coûts/bénéfices » des trottinettes, et leur « coût environnemental » avait déjà indiqué David Belliard, l’adjoint aux mobilités et à la voirie. Il confiait le 18 novembre sur France 3 que personnellement, il n’était pas pour le renouvellement du contrat signé en 2019, avec l’arrivée chaotique des trottinettes en libre-service à Paris.

    Trois ans plus tard, le compte n’y est pas, les accidents se succèdent, les morts aussi : 24 en France en 2021, sept à Paris depuis début 2022. Les chiffres de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière ne font pas le distingo entre les accidents en trottinettes partagées et personnelles.

    Décision dans quelques semaines

    C’est pour « faire la vérité sur les chiffres et les fait, et tordre le cou aux fausses informations » que Henri Moissinac, dirigeant de Dott, Alex Souter, son alter ego de Tier France, et Wayne Tim, ont réuni la presse le 24 novembre à Paris. « Non, il n’y a pas eu 24 morts en 2021, mais un seul, assure Henri Moissinac. Les 23 autres décès concernent des conducteurs de trottinettes privées overboards et autres engins personnels de déplacement, pas encadrés, dont la vitesse n’est pas bridée », insiste-t-il.

    trottinettes électriques en libre-service
    Des trottinettes en libre-service dotées de plaques d’immatriculation maintenant à Paris.

    Stop ou encore ? A deux mois et demi de la décision des élus parisiens, les trois start up qui emploient 800 personnes en France jouent leur va-tout. Les 15 000 trottinettes parisiennes vont être équipées d’une plaque d’immatriculation, comme en Allemagne et à Tel Aviv, et les exploitants se proposent de financer une expérimentation de vidéo-verbalisation. Selon eux, cette petite plaque pourrait aider la police à mieux verbaliser les contrevenants. Qui seront alors exclus des applications.

    Dott, Lime et Tier demandent désormais à leurs clients de scanner leur pièce d’identité pour prouver qu’ils sont majeurs. L’interdiction des trottinettes aux mineurs reposait jusqu’ici sur une simple déclaration. Le système est déjà en place à Lyon depuis septembre.

    Nathalie Arensonas

  • Manque de personnel : la SNCF lance un appel national aux conducteurs retraités

    Manque de personnel : la SNCF lance un appel national aux conducteurs retraités

    Aux grands maux les grands remèdes. Confrontée à une crise en Hauts-de-France, où les élus s’indignent des conditions de transport et du grand nombre de suppressions de trains à cause d’un manque de conducteurs, la SNCF lance, pour la première fois, un appel national à la mobilisation auprès de ses anciens agents de conduite. Selon nos informations, Jean-Aimé Mougenot, le directeur TER délégué, vient d’envoyer un courrier (que nous avons pu consulter) à quelque 1500 conducteurs à la retraite, dans toute la France, pour leur demander s’ils seraient prêts à reprendre du service.

    L’appel vise les agents qui sont partis à la retraite depuis trois ans au maximum. Un temps suffisamment limité pour que les anciens conducteurs aient encore en mémoire les connaissances réglementaires et techniques ainsi que les gestes métiers. Mais qui nécessitera tout de même un passage par la case formation. La remise à niveau, à laquelle s’ajouteront des tests médicaux et psychomoteurs, ne devrait pas dépasser quelques semaines. Ce qui doit permettre à la SNCF de disposer rapidement et temporairement d’un nouveau vivier de conducteurs expérimentés, en attendant l’arrivée de conducteurs nouvellement formés.

    « Depuis 2008, nous faisons régulièrement appel à des conducteurs retraités quand le besoin s’en fait sentir. Mais c’est la première fois que nous lançons un appel national« , explique à VRT Jean-Aimé Mougenot. La direction évalue à une centaine le nombre de conducteurs manquants pour l’activité TER, la plus grande partie dans la région Hauts-de-France (65 conducteurs manquants). C’est donc dans cette région que les candidats retraités seront principalement appelés à conduire. Avec à la clé, en plus d’une rémunération classique, des indemnités pour se loger et vivre en dehors de sa région. Ceux qui ne voudraient pas changer de région sont aussi les bienvenus, la SNCF ayant la possibilité de procéder, en interne, à des réaffectations de conducteurs volontaires pour rééquilibrer ses équipes régionales.

    « Quelques dizaines de conducteurs retraités circulent déjà sur le réseau. Ils nous aident à passer la période post-Covid« , précise le directeur des TER. Selon le dirigeant, la SNCF paie encore aujourd’hui l’effet retard, après la période de confinement liée à la crise sanitaire qui l’a conduit à stopper ses formations. La remontée du trafic plus rapide que prévue a aussi accéléré les besoins en conduite, alors qu’il faut compter 12 mois pour former un conducteur (même si la SNCF essaie désormais de réduire la durée de ses formations). A cela s’ajoute un phénomène d’absentéisme qui a tendance à augmenter sensiblement ces derniers temps, tout particulièrement dans les Hauts-de-France, précise Jean-Aimé Mougenot.

    La lettre devrait arriver chez ses destinataires en fin de semaine, au plus tard lundi. Pour Jean-Aimé Mougenot, qui espère avoir redressé la situation dans le courant de l’année prochaine dans les Hauts-de-France, avec un plan de transport régulièrement réajusté (au lieu de 136 trains supprimés en octobre, il n’en manquera plus « que » 98 le 12 décembre), « le rétablissement est en marche« .

    Marie-Hélène Poingt

  • Deux fois plus de forces de l’ordre pour sécuriser les transports d’ici le printemps 2024

    Deux fois plus de forces de l’ordre pour sécuriser les transports d’ici le printemps 2024

    Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé le 24 novembre la création de 77 nouvelles unités dédiées à la sécurisation des transports. Ce qui représente près de 2000 policiers et gendarmes supplémentaires, soit un doublement des effectifs dédiés à cette mission. « Ces renforts seront progressivement mis en place jusqu’au printemps 2024 afin d’être pleinement opérationnels pour les Jeux olympiques et paralympiques », explique dans un communiqué le ministère.
    Deux tiers environ de ces forces de l’ordre iront à la police nationale, le reste à la gendarmerie nationale. Les policiers seront répartis au sein de huit nouveaux services interdépartementaux de sécurisation des transports en commun (SISTC) à Bordeaux, Rennes, Toulouse, Orléans, Rouen, Strasbourg, Dijon et Nantes. Ils s’ajouteront aux 3 SISTC déjà existants à Marseille, Lyon et Lille. Chaque SISTC comprendra entre 60 et 90 policiers dont les missions pourront être réalisées conjointement avec les effectifs de sécurité des autorités organisatrices de transports.
    À ces services interdépartementaux, s’ajouteront 37 nouvelles brigades de sécurisation des transports en commun (BSTC), en plus des deux déjà existantes à Nice et Saint-Étienne. Chacune d’elles comprendra entre 10 et 20 policiers.
    Les gendarmes seront, de leur côté, regroupés au sein de 30 brigades dédiées aux transports publics, composées d’environ 10 militaires chacune. Leur localisation sera arrêtée à l’issue de la concertation en cours avec les élus sur les 200 nouvelles implantations de brigades de gendarmerie. Deux nouveaux pelotons de réservistes de la gendarmerie, composés d’environ 50 réservistes chacun, en zone Ouest et Sud-Ouest, seront dédiés à la sécurisation des transports publics. Ils viendront compléter les 5 pelotons existants dans les zones Nord, Est, Sud-Est, Sud et Paris, dont les effectifs seront doublés.
    En Île-de-France, à la préfecture de police de Paris, 200 policiers viendront renforcer la police des transports, qui verra ses effectifs augmenter de 20 %. Cet accroissement permettra de passer à plus de 125 patrouilles par jour contre 100 actuellement.
    Yann Goubin
  • Recalé en Ile-de-France, l’Espagnol Moventia ne désarme pas

    Recalé en Ile-de-France, l’Espagnol Moventia ne désarme pas

    Candidat malheureux aux appels d’offres d’Ile-de-France Mobilités pour les lignes de bus de la grande couronne, Moventia vient de remporter coup sur coup les contrats de bus de la communauté d’agglomération de Grasse et des vélos en libre-service de la métropole de Rouen.

    Ne dites pas à Josep Maria Marti qu’en cinq ans, Moventia, le groupe de transport qu’il dirige en famille, n’a fait que deux prises sur l’Hexagone : Montbéliard et tout récemment Grasse. Et réussi à percer dans deux autres villes françaises, Clermont-Ferrand et Marseille, pour prendre le guidon des vélos partagés, avec sa filiale Inurba. Bientôt trois avec Rouen où, selon nos informations, l’Espagnol a remporté le marché.

    Il a en revanche échoué en Ile-de-France, sur les appels d’offres des lignes de bus Optile, en grande couronne. « En France, les appels d’offres sont extrêmement fermés », commente le pdg de Moventia.

    « Transdev et Keolis nous savonnent la planche »

    « En 2017, Montbéliard était un ballon d’essai et surtout, le moyen de montrer comment on travaille, c’est un cycle de développement long, il faut démontrer aux élus nos capacités industrielles, les rassurer sur nos différences. Faire la chispa, comme on dit en espagnol », poursuit Josep Maria Marti. La chispa ? L’étincelle.  A Montbéliard, on a même réussi à gagner de l’argent », se défend l’opérateur de transport catalan.

    Faire des étincelles sur le marché français n’est visiblement pas chose facile, « Les deux majors du secteur, Transdev et Keolis, défendent leur forteresse, font un lobbying intense auprès des élus, nous savonnent la planche », reprenait Jorge Azevedo, directeur du développement France de Moventia, le 22 novembre lors d’un point presse. Avant de filer au salon des Maires qui se tenait à deux pas, porte de Versailles… Cet ancien de Transdev a aussi dirigé Smovengo, l’opérateur de Vélib’ Métropole, le service de vélos en libre-service de la Ville de Paris et des 60 communes de la métropole.

    Deuxième concessionnaire Renault en Espagne

    Originaire de Sabadel, dans la région de Barcelone, le groupe familial bientôt centenaire, créé par le grand père des actuels dirigeants (trois frères et sœurs) avait donc remporté en 2017 son premier contrat hexagonal en 2017 à Montbéliard (142 000 hab.) pour exploiter pendant six ans et demi le réseau de bus urbains, jusqu’alors aux mains de Keolis. Un contrat de 112 millions d’euros, remporté selon Jorge Azevedo en gagnant la confiance des syndicats. La même année, l’Espagnol gagnait un contrat de bus urbains à La Mecque.

    Cinq ans après, en novembre 2022, le Catalan qui a également une grosse activité de concessionnaire automobile multi-marques (c’est le deuxième concessionnaire Renault en Espagne) vient de déloger Transdev de Grasse dans les Alpes-Maritimes. La communauté d’agglomération (100 000 hab.) lui a confié les clés du réseau de 70 bus, dont 9 électriques, et la construction d’un nouveau dépôt. Un contrat de dix ans qui démarre le 1er janvier 2023 pour un montant de 100 millions d’euros. Moventia dit étudier trois nouveaux appels d’offres sur l’Hexagone, principalement dans des villes moyennes.

    Nathalie Arensonas

    Moventia en chiffres

    Implantations : Espagne (bus, tramways, vélos), France (bus, vélos), Finlande (bus, vélos), La Mecque (bus)
    1 850 bus
    45 000 vélos (dont 30 000 en France), 4 500 stations
    41 tramways (à Barcelone)
    150 millions de passagers/an

  • Le 3117, numéro d’urgence dans les transports encore trop méconnu

    Le 3117, numéro d’urgence dans les transports encore trop méconnu

    « Le 3117, c’est un numéro d’appels d’urgence qui existe depuis 2010, et pourtant, il n’est encore pas assez connu, pas assez utilisé, pour signaler des violences que les voyageurs ou les voyageuses subissent, ou dont ils sont témoins », a expliqué Valérie Pécresse, la présidente d’Île-de-France Mobilités, en visitant, le 23 novembre le Centre de coordination opérationnelle de sécurité (CCOS).
    Installé au Poste de commandement national de sûreté de la SNCF, il réunit au même endroit depuis juin 2021, sous l’autorité de la préfecture de police, une centaine d’acteurs de la sûreté des services de police et des deux opérateurs, la Suge (SNCF) et le GPSR (RATP). L’autorité organisatrice des transports le finance à hauteur de 8,5 millions d’euros.
    Or, « seulement 4 % des victimes ou témoins de violences sexistes ou sexuelles ont signalé les faits au 31 17 », détaille un document d’IDFM. Un pourcentage à rapporter aux 905 victimes de violences sexuelles  enregistrées en 2021, dans les transports en commun d’Ile-de-France par les forces de police et de gendarmerie.
    Pour ancrer le réflexe du 3117 en cas d’urgence, IDFM rappelle que les victimes peuvent appeler ce numéro, mais aussi envoyer un sms au 31177, si elles ne peuvent ou n’osent pas parler. Une solution encore plus discrète consiste à utiliser le bouton d’alerte sur l’appli Alerte 3117 téléchargeable gratuitement sur les plateformes Apple Store ou Android. L’objectif est toujours de localiser les appels et d’envoyer une équipe d’agents de sûreté ou de police sur place.
    Les voyageurs victimes d’agression peuvent aussi utiliser les bornes d’appels installées sur le quai et bien sûr faire appel à des agents. Au total, 10 300 agents de la RATP ou Transilien SNCF en station et en gare, et 1 800 agents de sûreté de la SUGE et du GPSR sont formés pour écouter les victimes, les mettre dans un endroit sûr si nécessaire, les raccompagner chez elles en taxi ou les conduire à l’hôpital.
    Au CCOS, les agents chargés de répondre au 3117 et au SMS 31177, eux, ont aussi été formés aux problématiques spécifiques de violences sexuelles et sexistes. La SNCF notamment a travaillé avec l’association HandsAway pour établir un support de formation destiné à former les agents.
    Pour continuer à faire connaître le dispositif et l’utilité du 3117, IDFM a lancé le 7 novembre dans les transports une campagne d’affichage.
    Yann Goubin
  • Fret ferroviaire : le « je vous ai compris » de Clément Beaune

    Fret ferroviaire : le « je vous ai compris » de Clément Beaune

    Ce mercredi, une semaine après une rencontre qu’il a qualifiée de « fructueuse » avec les acteurs du fret ferroviaire, le ministre Clément Beaune a marqué de sa présence la conférence annuelle Objectif OFP, dont il était le dernier intervenant. C’était « la première fois depuis très longtemps » qu’un ministre honorait de sa présence cette manifestation qui réunit la plupart des acteurs de la filière, selon Jacques Chauvineau, président d’objectif OFP. Mais l’incendie couve et le secteur ferroviaire a connu des moments difficiles ces derniers mois, entre un contrat de performance Etat-SNCF Réseau unanimement qualifié de décevant par la filière et une explosion du prix de l’énergie consommée par le rail.

    D’emblée, le ministre a rappelé le maintien de l’enveloppe supplémentaire jusqu’en 2024, au moins (170 millions d’euros annuels pour soutenir l’exploitation). Il a aussi émis le souhait de voir cet effort prolongé jusqu’à la fin de la mandature actuelle, tout en rappelant les récents efforts sur l’infrastructure dédiée au fret, qu’il s’agisse de voies de service ou des capillaires fret. Clément Beaune a déclaré vouloir « faire de la France un grand pays du fret ferroviaire », insistant sur l’intermodalité et la chance d’avoir de grandes zones portuaires, avec un potentiel dans la desserte de leur hinterland… Même si « tous les soutiens ne sont pas possibles ».

    Un contexte marqué par la flambée des coûts de l’énergie

    Bref, un « je vous ai compris », qui intervient dans un contexte complexe, mais qui devrait être a priori favorable au mode ferroviaire : crise énergétique, pénurie de chauffeurs routiers, alors que le doublement de la part modale du rail à horizon 2030 pour le transport de marchandises est inscrit dans la loi Climat et résilience depuis août 2021 ainsi que dans la Stratégie nationale de développement du fret ferroviaire. Une situation dont les acteurs de la filière, réunis avec ceux du transport combiné rail-route au sein de l’Alliance 4F (Fret Ferroviaire Français du Futur), était venue exposer au ministre une semaine avant sa présence à Objectif OFP.


    Ci-contre : les représentants de l’Alliance 4F et du transport combiné rail-route reçus par le ministre. De gauche à droite : Frédéric Delorme (Fret SNCF), Raphael Doutrebente (Europorte), Franck Tuffereau (AFRA), Ivan Stempezynski (GNTC) et Alexandre Gallo (DB Cargo France).

    Reçus le 16 novembre par Clément Beaune, pour le première fois depuis sa nomination comme ministre délégué chargé des Transports, les représentants de l’Alliance 4F lui avaient en effet rappelé les atouts du fret ferroviaire et du transport combiné rail-route, ainsi que la nécessité capitale d’un soutien de l’Etat et de SNCF Réseau quant à la mise à disposition d’infrastructures « performantes et viables », sans lesquelles l’objectif de doublement de la part modale (pour atteindre 18 %) d’ici moins de huit ans ne pourra pas être atteint, malgré de récents signes encourageants. En effet, la part modale de fret ferroviaire est passée de 9,6 à 10,7 % entre 2020 et 2021, alors que le transport combiné rail-route a connu une croissance encore plus forte, de 16 % en volume.

    Rappel des demandes

    La filière du fret ferroviaire avait donc rappelé à l’occasion ses trois demandes au ministre. La première était de bénéficier à très court terme d’un dispositif permettant d’absorber le choc énergétique pour, a minima, jouer à armes égales avec le secteur routier. La deuxième était de prendre les mesures nécessaires pour améliorer la performance et la fiabilité du réseau. Et la troisième était la reconduction des aides aux opérateurs au-delà de 2023 (170 millions d’euros par an), la confirmation des cofinancements concernant le plan de relance d’un milliard d’euros par an ainsi que la décision d’un plan d’investissement sur le réseau ferroviaire du fret de 3,5 milliards d’euros entre 2023 et 2030. Des exigences qui ont été entendues, voire partiellement exaucées…

    Pour l’Alliance 4F, les engagements pris doivent être inscrits dans une loi de programmation des investissements, afin de permettre de donner une visibilité indispensable et des moyens de long terme aux entreprises du secteur, et de contribuer ainsi à la planification écologique. En outre, sur proposition des représentants de l’Alliance 4F, le ministre Clément Beaune a accepté de venir visiter dans les prochains mois une plateforme de fret ferroviaire.

    P. L.

  • Des opérateurs de fret ferroviaire prêts à des actions de blocage pour se faire entendre

    Des opérateurs de fret ferroviaire prêts à des actions de blocage pour se faire entendre

    La flambée des prix de l’énergie risque de conduire des opérateurs de fret ferroviaire à mettre la clé sous la porte, alerte Franck Tuffereau, le délégué général de l’Association française du rail. En particulier tous ceux qui achètent leur électricité auprès de SNCF Réseau. Franck Tuffereau indique que le prix fixé par SNCF Réseau, de 45 euros en 2019, va passer à 450 euros le 1er  janvier prochain. « Les opérateurs ont été mis au pied du mur car ils ont appris cette hausse en septembre. Certains, qui ont essayé de changer de fournisseur d’électricité, notamment auprès d’EDF, se sont vus opposer une fin de non-recevoir au motif qu’ils ont déjà un fournisseur« , poursuit le délégué général de l’Afra.

    Sans aide de l’Etat, la situation deviendra intenable, ajoute-t-il car « les opérateurs ferroviaires ne peuvent pas répercuter cette hausse sur les prix facturés aux clients« .

    Or depuis la rencontre organisée le 16 novembre entre l’Alliance 4F et le ministre des Transports, l’état d’esprit est plutôt au pessimisme. Dans un communiqué publié à la suite de la réunion avec Clément Beaune, l’Alliance, qui réunit l’ensemble des acteurs du fret ferroviaire français et a présenté il y a un an une stratégie nationale pour le développement du fret ferroviaire, déplore « l’absence d’engagements précis« .

    Franck Tuffereau précise toutefois que des discussions se poursuivent avec les services de l’Etat et SNCF Réseau.
    Mais face à l’absence de soutien des pouvoirs publics, la lassitude commence à gagner. Et certains opérateurs se disent prêts à organiser des opérations de blocage en positionnant quelques locomotives bien placées sur des noeuds ferroviaires stratégiques qui pourraient paralyser une partie du réseau ferroviaire en Ile-de-France. Avec un argument : puisque, lorsqu’ils menacent de tout bloquer, les routiers arrivent à se faire entendre, pourquoi pas nous? Ils rappellent qu’ils « ont un vrai pouvoir de nuisance mais n’ont pas l’habitude d’en arriver là« .

    Marie-Hélène Poingt

     

  • Un plan covoiturage avant Noël ?

    Un plan covoiturage avant Noël ?

    Participant au Forum sur les déplacements durables, en marge du Congrès des maires le 22 novembre, Clément Beaune a confirmé l’annonce imminente d’un plan covoiturage, et qui « ira au-delà de l’incitation financière de 100 euros » mesure déjà révélée en octobre par le ministre délégué chargé des Transports.

    Les contours du plan ne sont pas totalement arrêtés, outre cette prime d’environ 100 euros accordée aux covoitureurs du quotidien inscrits sur une plateforme, seraient aussi envisagés des parkings gratuits sur les aires d’autoroutes pour finir un trajet vers les lieux de travail à deux ou trois dans la même voiture, plutôt qu’en solo.

    Les personnes déjà inscrites sur une plateforme de covoiturage longue distance, type Blablacar, sont a priori exclues du dispositif d’incitation financière. Sauf si c’est pour se déplacer au quotidien. Bref, les trajets occasionnels sur la route des vacances ne seront pas subventionnés.

    Comment vérifier qu’une fois la prime de 100 euros en poche, les covoitureurs inscrits ne partagent plus jamais l’habitacle d’une autre voiture au quotidien ? La prime serait versée au bout d’un certain nombre de trajets minimum, registre de preuves de covoiturage à l’appui.

    N.A

  • Dix tramways Stadler Tramlink pour Lausanne

    Dix tramways Stadler Tramlink pour Lausanne

    Les Transports publics de la région lausannoise (tl) et Stadler ont signé un contrat pour la fourniture de 10 tramways de type Tramlink, y compris les pièces détachées et outils spéciaux nécessaires à leur maintenance. Ces tramways sont destinés à la future ligne de tramway entre Lausanne et Renens, qui doit ouvrir en 2026.

    En Suisse, la commande de Tramlink passée par les tl fait suite à celles passées par six autres réseaux de transports publics. Ce type est en service à Lugano depuis l’année dernière et doit l’être « bientôt » dans le canton d’Argovie, à Bâle et à Berne, précise Stadler. Cette nouvelle commande de Tramlink se distingue des précédentes passées en Suisse par le fait que ces nouveaux trams seront à écartement normal.

    Constitué de sept modules articulés en acier inoxydable à haute résistance, pour une longueur de près de 45 m, les trams pour Lausanne disposeront de trois zones polyvalentes à côté des portes, comprenant un espace réservé aux fauteuils roulants, aux chariots et aux vélos. Chaque face est équipée de huit portes à deux vantaux, avec comble-lacune. A l’intérieur, dont le design est qualifié d’exclusif par le constructeur, les voyageurs bénéficieront d’une isolation acoustique et thermique « complète » et d’une climatisation « efficace ». D’une largeur de 2,65 m, les Tramlink des tl pourront transporter jusqu’à 316 personnes.

    Le conducteur bénéficiera d’une visibilité panoramique « optimale », pour « une sécurité maximale dans les environnements urbains imprévisibles ». En outre, la conception de l’avant est conçue pour améliorer la protection des piétons.

  • Lancement du Corifer pour piloter la recherche et l’innovation ferroviaires

    Lancement du Corifer pour piloter la recherche et l’innovation ferroviaires

    Sa création était un des engagements du Contrat stratégique de la Filière ferroviaire (CS2F) signé en juillet 2021, pour encadrer un appel à manifestation d’intérêt (AMI) visant à soutenir des projets de recherche et développement portés pour la filière ferroviaire. Désormais, le Comité d’Orientation de la Recherche et de l’Innovation de la Filière Ferroviaire – en abrégé Corifer – est officiellement lancé, à la suite du Comité de Pilotage Ministériel (CPM) Transports réuni le 14 novembre à Nevers autour de Clément Beaune, ministre chargé des Transports, Roland Lescure, ministre chargé de l’Industrie et de Bruno Bonnell, Secrétaire général pour l’investissement.

    Avec ce lancement, le Corifer se structure comme une « véritable instance de pilotage », tout en « poursuivant les efforts collectifs engagés depuis presque deux ans sur l’innovation et la recherche ». Présidé par Carole Desnost, Vice-présidente et membre du directoire SNCF, le Corifer aura pour objectif de « piloter la feuille de route R&D de la filière et de fédérer les acteurs industriels autour de projets structurants et innovants ». Ingénieur chimiste de formation, Carole Desnost a débuté sa carrière en 1986 dans le groupe PSA, où elle a occupé divers postes en recherche, aux études produit, en marketing qualité de service, en lobbying international et en ventes opérationnelles. En 2008, elle a rejoint Rhodia en tant que directrice Innovation avancée, puis l’équipementier Plastic Omnium en tant que Directrice R&D. En 2015, elle a pris le poste de directrice Innovation et Recherche du Groupe SNCF, avant de prendre la tête en juin 2021 de la Direction Technologies, Innovation & Projets Groupe SNCF, dont elle est actuellement Vice-présidente, tout en étant membre du directoire de la SNCF.

    Particulièrement impliquée dans le fonctionnement de cette nouvelle instance, la Fédération des Industries Ferroviaires (FIF) « se réjouit de cette annonce qui va contribuer à rassembler les acteurs de l’innovation du secteur ».

    Dans les semaines à venir, le Corifer orientera son travail sur le deuxième appel à manifestation d’intérêt, articulé autour de six thématiques prioritaires : décarbonation, efficacité énergétique et sobriété ; infrastructure ferroviaire résiliente, capacitaire et digitalisée ; mass Transit / RER métropolitain ; accélération du Fret ferroviaire ; mobilité en zone peu dense / Train léger et nouvelles mobilités partagées ; gestion des risques et nouvelles méthodes de conception et de fabrication.