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  • Le dernier constructeur français de tunneliers disparaît

    Le dernier constructeur français de tunneliers disparaît

    Pas de lumière au bout du tunnel pour Tunneling Equipment, anciennement NFM Technologies, en liquidation judiciaire. Ainsi disparaît le dernier constructeur de tunneliers en France, qui employait, en avril 2020, 28 personnes dans son usine du Creusot et 26 dans son siège et ses bureaux d’études à Villeurbanne. Le site du Creusot pourrait trouver un repreneur, mais pas pour la production de tunneliers.

    Comment en est-on arrivé là, alors que les grands chantiers se sont multipliés ces dernières années ? Quelques commandes récentes ont bien été honorées, les dernières étant pour le projet Lyon-Turin (tunnelier Frederica), le prolongement à Battersea de la Northern Line de Londres et le prolongement de la ligne 14 de la RATP entre Saint-Lazare et Saint-Ouen. Mais les commandes s’étaient raréfiées au fil du temps, alors que l’entreprise passait de repreneur en repreneur, et toute activité a cessé en juillet 2019.

    L’aventure avait commencé trente ans plus tôt, en 1989, lorsque Framatome contribue au lancement d’une production de tunneliers au Creusot, sous l’appellation Neyrpic Framatome Mécanique (NFM). Rapidement, les tunneliers NFM sont produits pour de nombreux grands projets de métros à travers le monde et le constructeur est racheté en 2007 par le groupe chinois NHI. Commence alors une mise sous pression de l’outil de production, sans augmentation des effectifs et en sous-investissement chronique, alors qu’une part croissante de la production était transférée en Chine. Entre problèmes de qualité et mauvaise gestion, NFM Technologies est au bord du gouffre en 2018 : le tribunal de commerce de Lyon finit alors par accepter sa reprise par le groupe allemand Mülhäuser. La candidature de ce partenaire historique de NFM Technologies n’était pas jugée « très satisfaisante financièrement », mais Mülhäuser était le seul candidat resté en lice après le retrait d’Altifort, le repreneur de l’aciérie Ascoval.

    Suite à la reprise par Mülhäuser, le constructeur prend le nom de Tunneling Equipment et passe de 149 à 80 salariés. Les derniers tunneliers sont alors terminés et livrés, mais le repreneur n’est pas pour autant arrivé à créer les conditions d’une relance…

    P. L.

  • La DB aurait besoin de 8 à 10 milliards d’euros pour sortir de la crise

    La DB aurait besoin de 8 à 10 milliards d’euros pour sortir de la crise

    Jour après jour, la Deutsche Bahn (DB) s’enfonce dans le rouge. Richard Lutz, le président de la compagnie ferroviaire allemande, a prévenu Andreas Scheuer, son ministre de tutelle aux Transports, que si l’Etat – propriétaire à 100 % – veut continuer à faire circuler les trains malgré l’absence de voyageurs, il faudra qu’il en supporte les coûts.

    Le gouvernement allemand a en effet imposé à la DB de maintenir un service minimum suffisamment important pendant la crise pour assurer la circulation des personnes. Actuellement, 75 % des trains circulent en Allemagne… pratiquement à vide (10 à 15 % du trafic habituel).

    « Cette politique des trains vides engendre des déficits monstrueux », critique l’opposition libérale (FDP). Le besoin de liquidités est en effet équivalent à la compagnie aérienne privée Lufthansa qui a presque toute sa flotte clouée au sol.

    Selon les informations du magazine « Der Spiegel », la DB a besoin de 8 à 10 milliards d’euros d’ici 2024 – autant que Lufthansa – pour s’en sortir financièrement tout en conservant le programme de modernisation du réseau, incontournable pour rattraper un retard d’investissements important dans les infrastructures.

    L’aide pourrait se faire sous la forme d’une augmentation de capital. La discipline budgétaire à l’allemande, appliquée également à la DB, devrait être alors abandonnée. Tandis que la dette était encore sous les 20 milliards avant la crise (limite autorisée), elle devrait passer à 25 milliards en prenant en compte les mesures d’économie qui accompagneront les aides. Les syndicats craignent que les 100 000 embauches prévues ces prochaines années ne soient désormais remises en cause.

    Christophe Bourdoiseau, à Berlin

  • A Bruxelles, masque obligatoire mais sans distance sociale

    A Bruxelles, masque obligatoire mais sans distance sociale

    Depuis le 4 mai, la Belgique a entamé la première phase de son déconfinement, amenant les opérateurs à élargir leur offre de transport. La réouverture générale des commerces étant prévue le 11 mai et la réouverture partielle des écoles le 18 mai, la STIB (Société des transports intercommunaux de Bruxelles) entend augmenter progressivement son offre de transport pour atteindre les 100 % habituels au 18 mai (85 % le 11 mai).

    Pendant la période de confinement, l’offre variait en moyenne entre 50 à 70 % par rapport à une période normale – même si elle est restée à 100 % sur certains axes comme les lignes desservant des hôpitaux ou des quartiers commerciaux. La fréquentation, elle, est tombée à -90 % pour le métro et -85 % pour la surface.

    « On a assisté ces derniers jours à une remontée progressive, mais qui n’atteint que 15 % de la fréquentation en métro et 20 % en surface », indique la porte-parole de l’entreprise, Françoise Ledune. La STIB ne s’attend pas à ce que la première phase du déconfinement, qui reste limitée à quelques commerces et retours au travail (avec un télétravail qui reste encouragé) change vraiment la donne.

    Deux ans avant de récupérer les 1,2 million d’usagers quotidiens

    Pour le premier jour de « reprise », l’entreprise a en tout cas relevé grosso modo le même nombre d’usagers que la veille. Le vrai test, ce sera le 18 mai. Même si, dans les médias belges, le patron de la STIB Brieuc de Meeûs a estimé qu’il faudra environ deux ans à l’entreprise pour récupérer ses 1,2 million d’usagers quotidiens d’avant le confinement.

    Si la distanciation sociale était la règle depuis le 18 mars, l’arrêté ministériel organisant le déconfinement estime par contre que l’augmentation attendue du nombre d’usagers rendra « plus difficile de se tenir à 1,5 mètre l’un de l’autre ». L’obligation de distance, qui avait contraint la STIB à condamner un siège sur trois en quinconce dans l’ensemble de ses véhicules et à limiter le nombre de personnes autorisées à monter à bord, n’est donc plus de mise aujourd’hui. « Malgré tout, on continue à sensibiliser à l’importance du respect des distances avec des stickers sur les ports et en gares, des affiches, des messages », explique Françoise Ledune. « Et l’on demande aux gens d’éviter les heures de pointe. »

    Pour la gestion des flux, la STIB compte en particulier sur le sens du civisme – « Personne n’a envie de se retrouver dans un véhicule bondé et les fréquences sont telles que l’on peut attendre le véhicule suivant facilement ». Des mesures de précaution restent aussi de mise, comme l’interdiction de monter à l’avant du véhicule et d’occuper les places près du chauffeur, ou la suspension de la vente à bord.

    5 % de récalcitrants le 1er jour

    La Belgique restant la Belgique, les règles ne seront par contre pas les mêmes partout. Les TEC, équivalent de la STIB dans la partie wallonne du pays, continuent ainsi à limiter le nombre de passagers par véhicule.

    Obligatoire par contre, et dans tous les transports en commun : le port du masque « ou toute alternative en tissu » à partir de 12 ans. Dès l’entrée en gare, sur le quai et aux points d’arrêt. Pour en contrôler le respect, le personnel de sécurité de la STIB est secondé par la police « qui sera particulièrement présente sur le réseau les premières semaines », explique Françoise Ledune. En cas d’infraction, une amende de 250 euros est prévue. Même si, précise l’entreprise, c’est surtout la sensibilisation qui sera de mise cette première semaine de déconfinement. Au soir du 4 mai, la STIB estimait avoir eu affaire à 5 % de récalcitrants.

    Isabelle Smets, à Bruxelles 

  • La fronde des transporteurs contre les mesures de distanciation sociale

    La fronde des transporteurs contre les mesures de distanciation sociale

    C’est un acte fort et inhabituel que viennent de réaliser les opérateurs de transport en revenant à la charge contre les mesures de distanciation sociale. Dans une lettre dévoilée par Le Point et par Le Parisien et adressée au Premier ministre le 30 avril (et que nous nous sommes procurés), plusieurs patrons d’entreprises de transport public, dont la SNCF, la RATP, Keolis, Transdev, Agir ainsi que l’UTP, ont expliqué, dans une belle unité, qu’ils ne pourraient pas mettre en œuvre les mesures de distanciation sociale demandées par le Premier ministre lors de son discours sur le déconfinement devant l’Assemblée nationale. C’est peu dire que cette prise de position n’a été appréciée ni par Edouard Philippe ni par le ministère des Transports…

    Rappelons que les transporteurs réclamaient le port du masque obligatoire pour prendre les transports publics car expliquaient-ils, ils ne pourraient pas faire respecter des distances d’1 mètre à 1,5 mètre entre les voyageurs à bord des trains, des bus ou des métros. Alors qu’il était auditionné mi-avril par le Sénat, Jean-Pierre Farandou avait notamment expliqué que, « dans les trains de banlieue d’Ile-de-France par exemple, si on nous impose de mettre un mètre ou un mètre et demi entre chaque passager, avec 100 % des trains on ne transporte que 20 % de ce qu’on transporte d’habitude… Donc ça ne marche pas ! »

    Or, si Edouard Philippe a accédé à leur demande en imposant le port du masque, il a aussi demandé le respect de la distanciation sociale « au moins pour les trois semaines à venir ». Dans leur lettre, les transporteurs affirment « qu’après plusieurs jours de travail et de concertation avec l’ensemble des parties prenantes, il apparaît que les transporteurs ne disposent pas, aujourd’hui, des moyens humains et des matériels de nature à satisfaire à une telle obligation ».

    Sinon, en cas de forte affluence, ils risqueraient de devoir prendre « à tout moment des décisions d’arrêt du service susceptibles de générer des troubles à l’ordre public ». Ils alertent aussi sur le risque de « tensions sociales de la part du personnel », telles que des droits de retrait ou des assignations judiciaires.

    Dans toutes les zones densément peuplées, et en premier lieu en Ile-de-France, « seule la limitation drastique des flux en amont pourra permettre le respect des distances », écrivent-ils. Ce qui nécessite, selon eux, la mobilisation des forces de l’ordre, les transporteurs « ne pouvant l’assumer au regard de leurs seuls moyens ». Ils se prononcent aussi pour des dispositions coercitives permettant de réguler la demande de transport, comme une attestation employeur précisant la plage horaire d’entrée et de sortie du travail.

    Les représentants des entreprises de transport rappellent qu’ils ne pourront pas acheminer un nombre important de voyageurs s’ils doivent respecter des règles de distanciation, « la capacité d’emport des véhicules (bus et trains) devant être alors limitée au maximum à 10 et à 20 % de leurs capacités », ajoutent-ils. Ce qui va à l’encontre de la volonté gouvernementale de favoriser largement la reprise économique.

    Selon eux, un cadre national précis n’est pas souhaitable, il faut au contraire s’appuyer sur les « échanges locaux entre autorités organisatrices et opérateurs et au pouvoir de police des préfets, et, d’autre part, à la responsabilité personnelle de chaque usager » pour la mise en œuvre du déconfinement, insistent-ils. Pour se prémunir contre toute attaque ultérieure, ils ajoutent : « Si le gouvernement devait néanmoins souhaiter prendre des mesures réglementaires nationales sur la distance physique, elles ne pourraient que relever d’une obligation de moyens ».

    Cette lettre écrite non seulement par des patrons d’entreprises privées mais aussi par des entreprises publiques démontre une volonté d’indépendance (faut-il y voir une conséquence de la naissance de la nouvelle SNCF le 1er janvier et l’arrivée d’un patron qui veut se démarquer de son prédécesseur ?) et d’affirmation de la connaissance du terrain face aux technostructures.

    Pour combien de temps ? Comme un signe d’une reprise en main de son ministère de tutelle, la SNCF qui prévoyait de dévoiler le 5 mai ses pertes liées à la crise du coronavirus a annulé brutalement sa conférence de presse et annoncé qu’elle participerait au point de presse organisé par le ministère des transports dans les prochains jours…

    Marie-Hélène Poingt

     

  • Le covoiturage mis à mal par la crise sanitaire

    Le covoiturage mis à mal par la crise sanitaire

    Nicolas Louvet, fondateur et directeur du cabinet 6t explique à VRT l’impact que la crise sanitaire pourrait avoir sur le covoiturage.

    « J’entends et je lis beaucoup d’experts qui s’avancent sur une crainte de voir les transports en commun ne pas ou ne plus être empruntés. Bien sûr, je n’ai pas de boule de cristal, mais je suis quasi certain que les usagers des transports en commun vont reprendre le train, le métro, le bus après la crise. Pour une raison simple, ils n’ont pas le choix ! Personne n’emprunte les transports en commun pour le plaisir.

    Si les usagers des transports publics les utilisaient avant le confinement, ils le feront encore après, parce qu’ils n’ont pas de voiture, ou pas de deuxième voiture, parce qu’ils habitent trop loin de leur travail, qu’ils ne vont pas faire le trajet à vélo, encore moins en trottinette. Alors, bien sûr il peut y avoir des changements à la marge, avec des modifications des horaires de travail, comme cela a été suggéré, mais il faudra que ce soit accompagné de changement d’horaires des écoles, des crèches. Une petite partie des usagers du métro et du bus, pourrait se reporter sur les VTC ou les taxis, pour éviter la promiscuité, encore qu’ils seront en contact avec un chauffeur. Mais ils seraient aussitôt remplacés par certains automobilistes qui voudraient éviter d’insupportables embouteillages à l’image de ce qu’on a connu pendant la grève des transports de décembre et début janvier. Bref, selon moi, il n’y aura pas de changement ou peu, à la marge, avec une augmentation de l’utilisation du vélo.

    En revanche, il y aura peut-être une évolution de la perception du télétravail. Ceux qui l’ont découvert avec le confinement, vont peut-être lui trouver des qualités. Les employés bien sûr, mais les employeurs également, qui vont s’apercevoir qu’il n’y a pas eu le laisser-aller qu’ils imaginaient.

    En revanche, cette crise va sans doute faire du mal au covoiturage, notamment à son principal acteur longue distance, BlaBlaCar. Il s’agit de déplacement de loisirs. Un transport qui ne paraîtra pas indispensable. Allez voir sa Tata en Bretagne, ou ses copains à Cahors, c’est sympa, mais ça peut attendre. On ne les a pas vus pendant la période de confinement, on attendra encore un peu… Pour repartir, Blablacar aura besoin de cash. Cette entreprise explique ne pas avoir de dépenses en ce moment, puisqu’elle n’a pas d’activité et donc pas de frais. Elle a tout de même 350 employés ! Certes, il y a le chômage partiel, les prêts de l’État à taux zéro sur 25 % du chiffre d’affaires. Mais tout de même. Je n’ai rien contre BlaBlaCar : elle a eu une très bonne idée, qui fonctionne parfaitement et qui répond à un besoin. Je n’imagine pas qu’elle passe par une entrée en bourse. Ses dirigeants espéraient le faire mais avec la situation sanitaire actuelle ce n’était plus le bon moment. Lever de l’argent maintenant n’est pas non plus le bon moment car ça risque de divulguer leur valorisation, et les obligeraient à dévoiler le capital de la société. En revanche, alors que jusqu’à présent, ils ne voulaient pas être rachetés, c’est peut-être la meilleure solution aujourd’hui.

    Et logiquement, ça pourrait être par un pétrolier, Total par exemple. Pour ce géant, qui a les moyens financiers, ce ne serait pas très coûteux, et cela pourrait même verdir son image avec l’argument que le covoiturage ça pollue moins que la voiture solo. On peut même imaginer que les conducteurs BlaBlaCar soient rémunérés en bons d’essence… utilisables dans les stations Total ! C’est une hypothèse, bien sûr. Mais il faudra de l’argent à BlaBlaCar pour repartir, c’est sûr.

    Cette crise sanitaire pourrait aussi conduire à des changements importants dans le transport de marchandises, en particulier pour les livraisons.

    La question de l’immédiateté pourrait évoluer. Les clients vont peut-être s’apercevoir qu’ils n’ont pas besoin de cette brosse à dents à manche en buis dans l’heure, qu’elle peut attendre 48 heures ou une semaine. Ça n’a l’air de rien, mais, ça évite que des camionnettes roulent presque à vide et encombrent les routes alors que les commandes pourraient être plus groupées. »

    Yann Goubin

  • Siemens réalise des sur-poignées pour améliorer l’hygiène des trains

    Siemens réalise des sur-poignées pour améliorer l’hygiène des trains

    Les chemins de fer russes (RZD) testent actuellement 36 pièces conçues par Siemens pour être montées sur les poignées de porte des trains, afin d’en permettre l’ouverture avec le coude ou l’avant-bras plutôt qu’avec avec la main. L’objectif est de « réduire la propagation des germes ou d’un virus tel que Covid-19 ». Siemens a installé les prototypes de ces sur-poignées dans plusieurs rames Desiro exploitées par les RZD dans l’agglomération de Moscou. Ces pièces sont fabriquées en impression 3D et peuvent être livrées sur demande, Siemens ayant récemment acheté deux imprimantes 3D Stratasys, installées à Moscou et à Saint-Pétersbourg pour la maintenance du parc des RZD, qui comprend également les trains à grande vitesse Velaro. De ce fait, un déploiement de ces sur-poignées sur d’autres types de trains que les rames Desiro de Moscou est envisageable.

    Patrick Laval

  • Le site Bombardier de Crespin doit redémarrer le 11 mai

    Le site Bombardier de Crespin doit redémarrer le 11 mai

    Bombardier a annoncé la reprise progressive de ses activités industrielles à Crespin le 11 mai. A l’arrêt depuis sa fermeture préventive, intervenue le 16 mars, « le site est prêt avec la mise en place d’un dispositif important de protection des salariés et le délai de 30 jours consultation du CSE arrivé à échéance », précise le constructeur.

    Dès ce 4 mai, « après une séance de formation, les équipes d’encadrement commencent à tester et inspecter les lieux de travail du site pour pouvoir accueillir la première équipe de production le 11 mai, soit environ 50 personnes. »

    Avant la reprise, l’équipe de Direction « fera un audit du site pour vérifier la bonne mise en œuvre des mesures sanitaires ». Une formation aux « règles de vie Covid19 » sur le site devra être faite à chaque salarié et « un kit de protection individuel sera fourni à chacun contenant notamment masques et gel hydroalcoolique ».

    Le redémarrage du site Bombardier des Hauts-de-France, qui emploie quelque 1 500 personnes, devrait être progressif : « une période d’adaptation aux conditions sanitaires et à la nouvelle organisation du travail sera prise en compte ». En particulier, les salariés en télétravail ne retourneront pas au bureau « jusqu’à nouvel ordre ».

    À noter qu’en Belgique, la reprise des activités sur le site de Bruges, intervenue le 14 avril, « s’est très bien passée », selon Bombardier, « ce qui permet d’augmenter progressivement le nombre de salariés de production sur le site ». Rappelons que sur le site belge, qui emploie quelque 430 personnes, une quarantaine de salariés étaient revenus au moment de la reprise. « La direction travaille de façon très étroite avec les salariés et les représentants du personnel qui sont très constructifs et coopératifs », ajoute le constructeur.

    P. L.

  • Le Conseil d’Etat valide l’utilisation du vélo pendant le confinement

    Le Conseil d’Etat valide l’utilisation du vélo pendant le confinement

    C’est une petite victoire pour la Fédération des usagers de la bicyclette (Fub) qui avait saisi le Conseil d’Etat pour « faire reconnaître le vélo comme moyen de transport légitime » pendant le confinement. Dans sa requête (texte du référé à télécharger), la Fub expliquait que « le ministère de l’Intérieur, le ministère des Sports ont émis des tweets sur le réseau social Twitter dans lesquels ils ont indiqué que toute pratique sportive du vélo était proscrite. Cependant, le site internet de la police nationale, interrogé sur ce point, est d’avis contraire ».

    Le Conseil d’Etat a donné raison à la Fub en estimant que « l’utilisation du vélo relève de la liberté d’aller et venir et du droit de chacun au respect de sa liberté personnelle, et que l’absence de clarté des positions du Gouvernement y portait une atteinte grave et manifestement illégale ». Il a ordonné au gouvernement « d’indiquer publiquement et largement que le vélo peut être utilisé pour les déplacements autorisés durant le confinement ».

    Mais le Conseil d’Etat ne se prononce pas sur les amendes et sur les fermetures de pistes

    Cette mauvaise interprétation des textes a entraîné de nombreux litiges. La Fub a ainsi reçu « plus de 800 témoignages de cyclistes ayant utilisé leurs vélos pour un motif légitime, aller travailler ou faire leurs courses », qui ont rencontré des problèmes en utilisant leur vélo. « Dans le meilleur des cas, il s’agissait d’insinuations déplacées de la part de représentants de forces de l’ordre » qui prétendaient que « le vélo ne serait pas un moyen de transport autorisé en période de confinement ». Mais dans des dizaines de témoignages, les cyclistes ont reçu une amende de 135 euros, selon la Fub. Sur ce point, le Conseil d’État « a en revanche jugé qu’il n’avait pas le pouvoir de satisfaire la demande d’interrompre les poursuites engagées contre les cyclistes [rappelant] qu’il n’était pas habilité à ordonner des mesures à l’autorité judiciaire ».

    Le juge a également déclaré qu’il n’avait pas le pouvoir de satisfaire une autre demande de la Fub, à propos de la fermeture des pistes cyclables dans plus d’une dizaine de régions. La Fub relevait qu’« à l’inverse, aucune voie ouverte aux véhicules terrestres à moteur n’a été fermée ». Cette situation obligeait les cyclistes à emprunter des itinéraires non sécurisés et à faire de longs détours.

    Pour la Fub, la décision du Conseil d’Etat va obliger le Gouvernement « à clarifier son discours sur le vélo ».

    Yann Goubin

  • Le gouvernement confirme qu’Air France devra fermer des lignes au bénéfice du TGV

    Le gouvernement confirme qu’Air France devra fermer des lignes au bénéfice du TGV

    Avec le vélo, le train fera-t-il partie des gagnants de l’après-crise ? Auditionnés cet après-midi devant l’Assemblée nationale, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, et Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique, ont clairement confirmé qu’en contrepartie de l’aide financière de 7 milliards d’euros apportée à Air France, des efforts conséquents lui seront demandés pour qu’elle devienne « la compagnie la plus respectueuse de l’environnement ».

    Air France devra notamment « renouveler sa flotte pour baisser de 20 à 25 % ses émissions de CO2 et incorporer des biocarburants d’ici 2025 », a précisé Elisabeth Borne. Elle devra aussi « redimensionner » son réseau intérieur quand il y a une alternative ferroviaire permettant un trajet en moins de 2 h 30 », a ajouté Elisabeth Borne en précisant que cela se ferait en association avec les territoires.

    Bruno Le Maire a été encore plus clair : « Si des liaisons ferroviaires permettent de se déplacer en moins de 2 h 30, cela suppose très clairement la fermeture de lignes », a déclaré le ministre.

    Celui-ci a également indiqué que ces « propositions fortes et même radicales » posaient trois séries de questions pour lesquelles il n’avait pas encore de réponse. D’une part, il faudra voir comment Air France parviendra à concilier les exigences environnementales aux exigences de compétitivité pour lui permettre de résister à la concurrence, notamment à celle des compagnies low cost.

    D’autre part, il faudra renforcer l’intermodalité, ce qui passe par un travail entre la SNCF, les collectivités et transports régionaux. Enfin, il faudra se poser la question de l’extension des terminaux qui pourraient être remise en question.

    Une politique de complémentarité entre les modes de transport semble se mettre en place, prenant enfin en compte leur dimension environnementale. Elle passe aussi par des investissements conséquents en faveur du réseau ferroviaire dont une grande partie est vieillissante et soumise à des ralentissements pour des raisons de sécurité. On attend maintenant d’en connaître plus précisément les contours et les réactions des élus locaux, alors que Bruno Lemaire reconnaît que « les conséquences locales seront lourdes ».

    Marie-Hélène Poingt

  • « A la RATP, on a plus de questions sur la reprise aujourd’hui qu’hier »

    « A la RATP, on a plus de questions sur la reprise aujourd’hui qu’hier »

    Thierry Babec, le secrétaire général de l’UNSA-RATP, réagit après les annonces du Premier ministre hier sur les conditions de reprise des transports publics.

    Ville, Rail & Transports. Comment réagissez-vous suite à la demande du Premier ministre d’imposer le port du masque et le respect de distance physique entre les voyageurs dans les transports publics ?

    Thierry Babec. Nous souhaitions le port du masque, c’est donc satisfaisant. Et on ne peut qu’adhérer au principe de distanciation sociale qui vient en complément du port du masque obligatoire. Mais une fois dit cela, en réalité sa mise en œuvre relève de l’utopie !

    A la différence de l’avion ou du TGV, on ne réserve pas sa place dans le métro, le bus ou le RER. Même si la RATP condamne un siège sur deux, le dispositif ne fonctionnera que si les passagers le respectent d’eux-mêmes ou s’y plient sous le regard des autres.

    Jusqu’à présent, la RATP a condamné les deux premières rangées de sièges derrière les conducteurs de bus et c’est respecté. Il serait question d’isoler les conducteurs grâce à des plexiglass pour regagner quelques m2 pour les voyageurs. Mais ce n’est pas facile d’équiper 4 500 véhicules.

    Pour le contrôle et la verbalisation, la RATP fera ce qu’elle peut. Mais ce qui est sûr, c’est qu’avec 12 000 arrêts de bus et 150 stations de métro et de RER, les agents ne pourront pas être partout. Aujourd’hui, on a plus de questions sur les conditions de la reprise qu’hier.

    VRT. Il faudra aussi renforcer le niveau de service et aller très vite vers une offre à 100 %… 

    T. B. Les rames sont déjà bondées aux heures de pointe sur certaines lignes, comme la 13 ou sur le tramway T1, T3, T5 ou encore sur des lignes de bus dans toute la partie nord et nord-ouest, en Seine-Saint-Denis mais aussi à Gennevilliers, Asnières… Dans ces quartiers les gens n’ont pas le choix et prennent les transports publics pour se déplacer. Le service a déjà été sensiblement renforcé. Avec le déconfinement, il y aura forcément plus de voyageurs et donc des phénomènes de saturation.

    Le plan de transport que nous a présenté la direction hier prévoit une offre à 70 % du niveau habituel tous réseaux confondus. Quelques lignes pourraient tourner un peu moins s’il n’y a pas nécessité. Quant aux lignes automatiques, elles seront relancées à 100 %.

    VRT. Y aura-t-il selon vous suffisamment de personnels disponibles à la RATP pour assurer un niveau de transport devant rapidement redevenir normal ?

    T. B. Avec en moyenne 70 % d’offre, oui. Déjà de nombreuses lignes sont assurées au-delà de 60 % et même à plus de 70 % là où il y a beaucoup de monde aux heures de pointe.

    En revanche, je ne sais pas comment cela se passera lorsque nous reviendrons à 100 % d’offre de transport. Tout dépendra du nombre d’agents malades et arrêtés pour garder leurs enfants.

    Aujourd’hui, 110 agents sont hospitalisés, dont 10 en réanimation. Par ailleurs, on recense 8 500 agents non disponibles dont 3 500 pour gardes d’enfants. A cela s’ajoutent les agents en chômage partiel. Il y a une quinzaine de jours, il y avait 4 000 personnes en chômage partiel journalier, mais ce chiffre a dû reculer depuis avec la perspective de la reprise.

    VRT. Etes-vous satisfait des conditions de désinfection ?

    T. B. C’était à mes yeux un gros point noir : alors que la RATP a fortement augmenté ses demandes de nettoyage, ses prestataires n’ont pas toujours suivi, faute de masques et de produits. C’est la RATP qui leur en fournissait. J’ai poussé pour que l’entreprise passe à des process industriels comme le font depuis plusieurs années d’autres réseaux avec des fumigations ou des nébulisations. Il a fallu en passer par toutes les arcanes administratives pour refaire les agréments internes. Maintenant la RATP procède à des tests pour voir si ses prestataires sont capables de passer à un niveau industriel. Des tests de nettoyage par nébulisation (un procédé de vaporisation de gouttes de produit virucide de 20 microns environ, ndlr) sont ainsi en cours dans deux centres bus et sur le métro. Nébuliser 4 500 autobus et plusieurs centaines de rames va demander aux prestataires de nettoyage d’avoir les reins solides !

    Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt