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Les multiples interrogations que pose la reprise du transport scolaire
Avec la reprise des cours programmée à partir du 11 mai se pose aussi la question du transport scolaire. 13 millions d’enfants ou de jeunes adultes sont scolarisés en France, un chiffre incluant aussi bien les enfants de maternelles que les étudiants de 3e cycle, ou encore les apprentis qui fréquentent un centre de formation (CFA). « Parmi ces 13 millions d’élèves et d’étudiants, 4 millions empruntent les transports en commun, au sens large, c’est-à-dire aussi bien des trains, des tramways, des métros, des bus, accessibles à toute la population. Et dans les 4 millions d’élèves qui prennent les transports collectifs, la moitié emprunte des cars scolaires, plutôt en milieu rural », explique Ingrid Mareschal, la déléguée générale de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV).
Qui prendra en charge les coûts ?
La principale interrogation à ce jour concerne le port du masque « Nous avons recueilli les questions des professionnels et les avons fait remonter au ministère des Transports : est-ce que le masque sera obligatoire ou est-ce que la distanciation sera privilégiée ? », se demande Ingrid Mareschal.
Et elle explique : « Si les élèves transportés doivent être séparés d’un mètre ou plus, il faudra plus de cars pour transporter le même nombre d’enfants. Or, les opérateurs ne peuvent pas doubler le nombre de véhicules, tout simplement parce que tous ne les ont pas. L’autre solution consisterait à doubler les tournées. Cela pourrait peut-être fonctionner avec des heures de cours décalées ».
Mais qui paiera ces tournées supplémentaires ? La solution du masque obligatoire poserait moins de problèmes, estime la déléguée générale. Mais elle pose d’autres questions : y aura-t-il un accompagnateur dans chaque bus pour faire respecter les nouvelles règles ?
Enfin, les règles de désinfection des véhicules et la fourniture d’équipements aux conducteurs (masques, gants, produits…), éventuellement de gel aux élèves doivent aussi être précisées. « La volonté de bien faire ne manque pas, mais qui fournit le gel ? La région ? Le transporteur ? Et si c’est lui, où le trouver ? Et l’aura-t-il à temps ? », s’interroge encore la FNTV, en rappelant qu’il faudra rapidement trancher car, entre la commande et la livraison du produit, il faudra compter plusieurs semaines.
Yann Goubin

La RATP vise 70 % d’offres sur son réseau à partir du 11 mai
La présidente de la RATP, Catherine Guillouard, a annoncé le 24 avril sur France Inter qu’elle visait en moyenne 70 % d’offres sur le réseau parisien, contre 30 % actuellement. La RATP assure 500 000 voyages par jour actuellement, contre 12 millions en temps normal.
« Passer pour une entreprise de la taille de la RATP(…) de 30 % à 70 %, en ayant le scénario (de reprise, ndlr) que dans quelques jours pour le 11 mai, c’est un exploit », a-t-elle expliqué, rappelant qu’elle s’était jusqu’ici engagée sur un objectif de 50 %.
Des « ajustements » d’offres sur les lignes les plus fréquentées
Evoquant les images de bus ou rames de métro bondés qui ont circulé ces derniers jours, la présidente de la RATP a reconnu qu’il y avait « des endroits dans le réseau où il y a(vait) une fréquentation importante », évoquant notamment la Seine-Saint-Denis. Dans ce département, « nous avons fait trois ajustements d’offre depuis un mois et nous allons en faire à nouveau : les bus vont passer de 30 % à 50 %, les trams vont passer de 30 % à 60 % », a-t-elle détaillé.
La RATP va également augmenter la fréquence sur la ligne 13, également très fréquentée, de 40 % de l’offre normale vendredi à 50 % dès lundi.
Comme les autres opérateurs de transports publics, la patronne de la RATP plaide pour le port du masque obligatoire, mais pas pour la distanciation sociale qui reviendrait à limiter radicalement la capacité de transport des véhicules. « C’est une question de faisabilité et aussi de savoir si on veut rallumer l’activité économique ou pas », a-t-elle dit. « 70 % de notre offre, cela fait 8 millions de voyages par jour. Si on devait appliquer la distanciation sociale, on ne produirait plus que 2 millions de voyages par jour. Cela veut dire qu’on réduirait par quatre l’emport », a-t-elle précisé.
Il faudra aussi, comme le demande l’UTP au nom de ses adhérents, que les entreprises continuent à recourir le plus possible au télétravail et qu’elles permettent aux salariés contraints de se déplacer d’arriver à des horaires différenciés au travail afin de lisser la fréquentation aux heures de pointe.

Tisséo évalue ses pertes à 30 millions d’euros
30 millions d’euros. C’est le montant des pertes enregistré par Tisséo depuis le début de la crise sanitaire. Même si ce chiffre n’a pas été confirmé par la direction de la régie des transports en commun de l’agglomération toulousaine, il aurait été donné aux syndicats lors d’un CSE extraordinaire consacré à la mise en chômage partiel des salariés et rapporté par la Dépêche du Midi.
Cette perte se compose de 10 M€ par mois liés à une baisse de la fréquentation de 95 % depuis le début du confinement et à la mise en place de mesures de gratuité. La deuxième partie de la perte, estimée à 20 millions, correspond au non-paiement du versement transports (VT), payé par les entreprises de plus de 11 salariés (263 M€ en 2018).
Ces chiffres ont été donnés aux syndicats pour justifier le refus de la direction de verser une prime d’activité aux salariés effectuant un service pendant la crise sanitaire. Plus de 1 300 conducteurs et conductrices de bus et de tramway, ainsi que 450 personnes responsables de l’entretien et de la maintenance travaillent en semi-activité par roulement, tandis que 270 agents sont en télétravail.
Le service de communication de Tisséo a précisé n’être « pas encore en mesure d’évaluer précisément le manque à gagner ». L’impact négatif se poursuivra en effet après la sortie du confinement.
Sacha Briand, vice-président en charge des finances de Toulouse Métropole a déclaré au journal local que « la chute de l’activité économique aura un effet différé » (en 2021 et 2022 sur les cotisations foncières et sur la valeur ajoutée payées par les entreprises), indiquant également que Toulouse Métropole « négocie avec le gouvernement, via France Urbaine, pour que le VT soit garanti ».
Catherine Stern

Keolis a plongé dans le rouge en 2019
Malgré un chiffre d’affaires en forte croissance l’an dernier à plus de 6,5 milliards d’euros (+ 10,9 % par rapport à l’exercice précédent) dû à l’effet « année pleine » de plusieurs contrats importants (notamment celui attribué par l’autorité Transport for Wales), Keolis a clôturé son exercice 2019 sur une perte nette de 72 millions d’euros (contre un résultat net de 31 millions en 2018).
Une année marquée par la cession de l’opérateur LeCab…
Ce résultat négatif s’explique par des éléments exceptionnels comme la décision de se défaire de certaines activités, notamment dans le secteur BtoC avec la cession en juillet denier du très déficitaire opérateur de VTC LeCab. S’ajoutent des charges de restructurations pour ses bus aux Etats-Unis et pour prendre en compte des pertes sur des contrats ferroviaires en Allemagne.
Hors exceptionnels, la direction met en avant un « résultat net récurrent » positif, en hausse de 7,3 % à 84 millions d’euros.
…par l’acquisition de CarPostal et le gain du T9
En France, l’année a été marquée par l’acquisition, auprès de La Poste Suisse, des activités françaises de CarPostal, bien implantées dans l’est de la France, note la filiale de transport public de la SNCF, en estimant que cette acquisition, la plus grosse qu’elle ait jamais réalisée en France, lui permet d’augmenter son chiffre d’affaires annuel de plus de 100 millions d’euros.
En Ile-de-France, où les perspectives de développement sont majeures pour l’avenir, Keolis se félicite du « gain emblématique du tram T9, première ligne de tramway mise en appel d’offres par Île-de-France Mobilités ».
Mais des perspectives sombres avec la crise du coronavirus
A l’international, le groupe a notamment remporté trois contrats importants, tous liés à l’exploitation de bus fonctionnant aux énergies alternatives, aux Pays-Bas (346 bus électriques), en Norvège (une centaine de bus électriques, une quarantaine fonctionnant avec des biocarburants) et en Suède (bus biodiesel).
Enfin côté Effia, le groupe a consolidé ses positions avec l’acquisition de Mypark, acteur belge du stationnement et connu, hors acquisitions, une forte hausse de son chiffre d’affaires (+ 13,6 %).
Ce tableau globalement positif est en train de s’assombrir puisque le groupe s’attend cette année à perdre « plusieurs centaines de millions d’euros » à cause du coronavirus, selon Patrick Jeantet, son PDG.
M.-H. P.

Patrizia Gatti Gregori nommée directrice du développement durable de Keolis
Patrick Jeantet continue à faire venir auprès de lui d’anciens collaborateurs de SNCF Réseau, dont il était auparavant le patron. Le nouveau PDG de Keolis vient ainsi de nommer Patrizia Gatti Gregori au poste de directrice du développement durable et de l’engagement sociétal.
Cette diplômée d’un master en Géologie appliquée avec spécialisation en géotechnique à l’Université de Padoue, en Italie, avait rejoint fin 2004 SNCF Réseau après un court passage chez Egis. Elle a notamment mis en œuvre la stratégie RSE et développement durable intégrée aux contraintes industrielles du gestionnaire des infrastructures ferroviaires.

Innotrans 2020 reporté du 27 au 30 avril 2021
La prochaine édition du salon Innotrans, le plus important du monde pour le secteur ferroviaire, voire pour les transports publics, ne se tiendra pas du 22 au 25 septembre, du fait de la crise sanitaire.
« Nous avons pris connaissance de l’ordonnance du Sénat de Berlin du 21 avril 2020 concernant l’interdiction d’événements de plus de 5 000 personnes jusqu’au 24 octobre 2020 », a annoncé Messe Berlin, organisateur d’Innotrans.
Toutefois, pas question d’annuler la treizième édition de cet événement incontournable, qui se tenait depuis l’an 2000 au cours de la deuxième moitié de septembre (après un lancement estival en 1996 et une édition 1998 en octobre, commune avec l’exposition Eurailspeed de l’UIC) et qui est désormais prévu du 27 au 30 avril 2021
P.L.
L’activité des 13 sites d’Alstom redémarre
Le 24 mars, Alstom a suspendu ses activités de production dans ses 13 sites en France mais tout en maintenant, explique le constructeur, « les activités clés comme celles liées à la maintenance, aux pièces de rechange et, dans une certaine mesure, et aux systèmes d’alimentation et de recharge par le sol ». Ce qui lui a permis d’assurer les services de maintenance auprès de ses clients. Le constructeur a aussi maintenu son activité « de gestion des fournisseurs ».
Pour redémarrer ses sites, Alstom indique avoir défini « un référentiel sanitaire » pour ses 13 sites avec les organisations syndicales nationales et locales, et basé sur les recommandations des autorités publiques et sur les gestes barrières. « Chaque site a mené son analyse des opérations poste par poste et revu l’organisation du travail en conséquence, que ce soit les flux, les horaires, l’aménagement des lieux… », explique un porte-parole. Le but étant de minimiser les contacts, voire si possible de les supprimer. « En cas d’impossibilité, les salariés doivent porter plus d’équipements de protection, notamment des masques », souligne Alstom. « Globalement, la mise en place de ces pratiques permet, depuis début avril, la réouverture des activités industrielles en toute sécurité pour répondre aux besoins des clients et assurer la continuité industrielle ». Pour les salariés qui le peuvent le télétravail est maintenu.
L’un des premiers à redémarrer, le site de Valenciennes a repris le 6 avril. Tous les sites ont redémarré, au moins en partie. L’objectif est une reprise à hauteur de 50 % vers la dernière semaine d’avril pour monter à 100 % d’activité la première moitié de mai.
M.-H. P.

Plus de 20 millions de masques commandés pour le transport public
Les stocks de masques des opérateurs de transport public ayant été réquisitionnés par l’Etat pour les mettre à la disposition des personnels soignants, il faut d’urgence les reconstituer. Pour bénéficier de coûts plus avantageux et de délais réduits, plusieurs commandes groupées ont été passées pour le compte des Transdev, SNCF, Keolis, RATP, Agir et d’autres opérateurs. A la manoeuvre notamment la CATP (Centrale d’Achat du Transport Public). Plus de 20 millions de masques ont été commandés selon le président de la CATP, Marc Delayer. Provenant de Chine, les masques devraient arriver à partir de la fin avril.

La SNCF poursuit son projet de TGV low cost en Espagne
Malgré le contexte compliqué, la SNCF a signé mi-avril (à distance) un accord avec le gestionnaire public des voies ferrées espagnoles Adif lui permettant d’exploiter des TGV low cost de type Ouigo en Espagne. A travers sa filiale espagnole, la SNCF sera le premier exploitant ferroviaire alternatif autorisé à exploiter des lignes à grande vitesse sur le réseau espagnol face à l’opérateur historique Renfe, « à compter de décembre 2020 et pour une durée de dix ans, soit jusqu’en décembre 2030 », a précisé le groupe français.
« Le calendrier avait été fixé à l’avance et je ne voyais pas de raison de le modifier » à cause de l’épidémie de Covid-19 qui touche tant la France que l’Espagne, « dans la mesure où la validation de l’autorité de la concurrence espagnole est arrivée la semaine dernière (la semaine du 6 avril, ndlr) », a indiquée à l’AFP Alain Krakovitch, le directeur général de Voyages SNCF, la branche qui regroupe les TGV. Toutefois, a-t-il reconnu, il pourrait « y avoir d’autres aléas dans le cadre de la crise actuelle qui feraient qu’on ne tiendrait pas décembre ».
Rappelons que la SNCF s’est vu attribuer en novembre un lot comprenant cinq allers-retours par jour entre Madrid et la Catalogne (nord-est), cinq entre Madrid et la région de Valence (est) et cinq autres entre Madrid et l’Andalousie (sud).
Pour Jean-Pierre Farandou, qui s’exprimait devant le Sénat le 15 avril, « la SNCF se met en position en Espagne car elle va elle-même être attaquée sur le marché français par plusieurs opérateurs européens, dont la Renfe entre Barcelone, Montpellier et Lyon ». Le PDG de la SNCF estime aussi que « le réseau ferroviaire espagnol à grande vitesse est très important (il est plus long que le réseau français) et il y a de la place. Nous allons y tester le concept Ouigo ». Enfin, ajoute-t-il, « c’est la maison France qui se déplace puisque nous irons en Espagne avec des rames Alstom que nous adapterons ».
M.-H. P.

HS2 : les travaux de génie civil peuvent démarrer, malgré le Coronavirus
Le 15 avril, deux mois après la publication du rapport Oakervee et la décision du gouvernement britannique de poursuivre le projet de ligne à grande vitesse HS2, le ministère des Transports (DfT) a autorisé HS2 Ltd, l’entreprise chargée de piloter ce projet, de donner le feu vert au lancement des travaux de génie civil en dépit de la crise de Coronavirus. Quatre groupements étaient déjà sélectionnés pour ces travaux : SCS Railways (Skanska Construction UK, Costain et Strabag), Align (Bouygues Travaux Publics, Sir Robert McAlpine et VolkerFitzpatrick), EKFB (Eiffage Génie Civil, Kier, Ferrovial Agroman et BAM Nuttall) et BBV (Balfour Beatty et Vinci).
Les différentes entreprises devront suivre les directives de la Santé publique anglaise (Public Health England) concernant la distanciation sociale sur les chantiers de construction pendant l’épidémie de coronavirus, précise le communiqué du DfT.
Ces travaux de génie civil, qui concernent la phase 1 du projet de LGV entre Londres et la région de Birmingham (West Midlands), font suite à une étape de conception du projet et de travaux préparatoires sur les sites concernés (défrichages, démolitions, fouilles..).
P. L.