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Herrenknecht, l’européen qui construit presque tous les tunneliers du Grand Paris
« Les Chinois ont acheté tous les concurrents et je reste le dernier en Europe ! » Fondateur de l’entreprise qui fournit tous les tunneliers du chantier du Grand Paris Express sauf deux, l’ingénieur Martin Herrenknecht est un Européen convaincu, qui se présente ainsi, dans leur langue, à ses visiteurs français. Il faut dire que Schwanau, le village allemand où le leader mondial des tunneliers a son siège et son usine, est à proximité immédiate du Rhin et de l’Alsace. Et sur les 5 000 employés du site, 165 sont français.
L’entreprise dont le chiffre d’affaires annuel mondial atteint 1,3 milliard d’euros, réalise plus de 45 millions d’euros par an de CA avec ses fournisseurs en France (SMI Drulingen, SKF, Schneider Electric, Ferry Capitain). En quatre décennies, Herrenknecht s’est enrichi de filiales, certaines françaises, dont l’activité est complémentaire de la maison mère : Formwork (voussoirs), VMT (mesures), H+E Logistik (convoyeurs), Global Tunnelling Experts (main-d’œuvre), TMS (au Pouzin, près de Valence, spécialiste des trains sur pneus racheté en 2010) et MSD (constructions métalliques, racheté dans les années 1990).
Chaque machine est unique
Au total, Herrenknecht produit une soixantaine de machines par an pour les plus grands chantiers du monde (Bosphore, Gothard, Grand Paris Express…), dont 35-40 à Schwanau… et le reste en Chine, à Guangzhou. Une condition nécessaire pour être présent et concurrentiel sur le marché chinois, qui facilite également le transport des tunneliers vers les clients de la région (Kuala Lumpur, Singapour, Hongkong, Perth…) Chaque machine est unique, sur mesure, mais on peut réutiliser un tunnelier à condition que le terrain et les dimensions des accès soient les mêmes, voire en modifiant le diamètre. Actuellement, le record du monde est de 17,60 m, à Hongkong (Chep Lap Kok), mais un tunnelier de 19 m de diamètre est à l’étude pour Saint-Pétersbourg.
100 voyages en camions pour transporter un tunnelier
La France, où Herrenknecht a remporté son premier contrat en 1985, est un marché important, qui présente l’avantage supplémentaire d’être géographiquement proche, ce qui est appréciable quand on sait qu’un tunnelier comme ceux du Grand Paris Express fait plus de 100 m de long, pour un diamètre approchant les 10 m (8,8 m à 9,83 m pour être précis). Ces « trains-usines » géants, qui sont montés une première fois à Schwanau et dont le fonctionnement est testé sur place, y compris la mise en mouvement de la roue de coupe frontale, sont ensuite démontés et transportés en une centaine de voyages en camion jusqu’au chantier où ils seront ensuite mis en œuvre. C’est ainsi que depuis trois décennies, les tunneliers Herrenknecht se sont illustrés à Strasbourg (passage du tram sous la gare), pour le métro de Lyon, le bouclage de l’A86 à l’ouest de Paris, la ligne B du métro de Toulouse, le tunnel de Saverne sur la LGV Est-européenne, le tunnel sous Nice pour la ligne T2 du tramway, qui doit ouvrir dans les prochains mois, ou encore le métro de Rennes. Mais il n’y a pas que les infrastructures de transport : en France, les machines Herrenknecht ont aussi été utilisées dans d’autres forages, y compris pour la géothermie, en Alsace.
Le Grand Paris Express, plus grand projet d’Herrenknecht

Maquettes des tunneliers Herrenknecht pour le Grand Paris Express. Toujours est-il que parmi les contrats français, le Grand Paris Express, sur le chantier duquel quatre tunneliers sont actuellement en service, revêt une importance particulière, avec 16 boucliers à pression de terre (EPB, pour les lignes 15 Sud, 14 Sud et 16, en début d’assemblage) et trois tunneliers à densité variable (ligne 15 Sud). C’est ainsi que Martin Herrenknecht a dit « Merci Monsieur Dallard et la SGP, c’est notre plus grand projet », au patron du futur métro, lors de sa visite du 20 mai. Le marché est de taille, avec un total atteignant quelque 300 millions d’euros pour la période 2017-2020 (soit 20 millions d’euros par tunnelier, en ordre de grandeur). Ceci dit, le client n’est pas directement la Société du Grand Paris, maître d’ouvrage, mais les entreprises de BTP ou groupements attributaires des lots (Vinci Construction, Eiffage GC, NGE GC, Bouygues TP dans le groupement Horizon…). Et malgré cette belle référence, mise en évidence dans le showroom de l’usine de Schwanau par force maquettes de tunneliers et cartes interactives des lignes du Grand Paris Express, Martin Herrenknecht ne décolère pas au sujet des deux tunneliers qui lui ont échappé : pour lui, les concurrents chinois ont fait du dumping pour l’emporter.
P. L.

Des voies dédiées aux bus et aux covoitureurs avant la disparition du périphérique parisien ?
Le lieu choisi par la Mission d’information et d’évaluation (MIE) pour remettre le 28 mai à Anne Hidalgo son rapport sur l’avenir du Périphérique n’a pas été laissé au hasard : un cinéma multiplexe situé porte des Lilas, sur la dalle qui recouvre justement cette autoroute urbaine de 35 kilomètres, empruntée quotidiennement par plus d’un million de véhicules et qui appartient à la Ville de Paris.
Le même jour, s’ouvrait au tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) un procès contre l’Etat intenté par une mère et sa fille confrontées à des pathologies respiratoires qu’elles imputent à la pollution de l’air. Ces deux ex-riveraines du Périphérique l’accusent de « carence fautive ».
Réduire la vitesse à 50 km/h
Parmi les propositions drastiques présentées aux élus parisiens et de la proche couronne pour transformer le Périph’ en « boulevard urbain » dès 2024 (l’année des JO) puis le rayer de la carte à un horizon lointain, figurent des mesures que la maire de la capitale va présenter au prochain conseil de Paris, le 11 juin :
- vitesse abaissée à 50 km/h (contre 70 km/h aujourd’hui) pour fluidifier le trafic,
- interdiction des poids lourds en transit ,
- chaussée réduite à 2 x 3 voies (contre 4 ou 5 actuellement),
- une voie de circulation réservée aux transports en commun, au covoiturage, aux véhicules électriques et de secours (mesure déjà votée pour les véhicules des sportifs et des journalistes pendant les JO de 2024),
- la végétalisation des parois et murs antibruit,
- des écrans d’information sur le niveau de pollution autour du périphérique,
- une nouvelle gouvernance de cette autoroute urbaine associant les communes riveraines, de la métropole, la Préfecture de Paris et la région.
Jardins suspendus et promenades comme à Séoul
Les élus parisiens réunis dans cette mission, issus de tous les groupes politiques, se sont mis d’accord pour formuler au total une quarantaine de préconisations, avec en point d’orgue final, « à une date non déterminée » : la disparition pure et simple du périphérique pour en faire un « couloir d’aération » avec des promenades et des franchissements piétons, des jardins suspendus, des œuvres d’art dans les souterrains et sur les piliers de soutènements, etc.« Séoul, New York, San Francisco l’ont fait, pourquoi pas nous ? », a lancé Laurence Goldgrab, présidente de la Mission (et du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants au conseil de Paris) devant les élus de la proche couronne, Anne Hidalgo et des journalistes. « L’objectif, c’est de passer de 80 à 60 décibels sur cette autoroute urbaine, réduire les émissions polluantes qui touchent 100 000 riverains immédiats, 400 000 à distance plus éloignée, et gonfle les chiffres des urgences pédiatriques en lien avec l’asthme (chiffres APHP) », a t’elle poursuivi.
Une fête populaire pour la Nuit Blanche
Les premières mesures (vitesse réduite, voies dédiées) pourraient intervenir rapidement si elles sont adoptées au prochain conseil de Paris. Et pour la prochaine Nuit Blanche, le 5 octobre, une fête populaire sur des portions du périphérique fermées pour l’occasion est en projet. Après la récente proposition de Gaspard Gantzer, autre candidat déclaré aux municipales de mars 2020, de supprimer le Périph’’, cet ouvrage titanesque sorti de terre entre 1956 et 1973 est bien sur l’agenda électoral.
Télécharger le rapport : ici
Nathalie Arensonas

Grand Paris Express : du rififi à Champigny
C’est dans un climat très tendu que s’est tenu vendredi 24 mai le dernier des ateliers de concertation organisé par la SGP sur son projet de renoncer à l’interopérabilité des lignes 15 Sud et 15 Est du Grand Paris Express à Champigny. Depuis le 2 avril ces ateliers rassemblent des experts du maître d’ouvrage, de l’autorité organisatrice des transports, de l’Etat et des collectivités ainsi que des élus. Les associations (association de défense la ligne 15 Est, AUT Ile-de-France, Orbival), ont été parallèlement reçues par la SGP.
Un ouvrage d’entonnement de 170 millions d’euros a déjà été réalisé dans la perspective de l’interconnexion. Thierry Dallard, président du directoire de la SGP, chargé par le Premier ministre de mener la chasse aux coûts, a trouvé l’une des principales pistes d’économie dans le renoncement au deuxième ouvrage d’entonnement prévu, et de ce fait à l’interopérabilité. Les voyageurs seront invités à prendre une correspondance.
Une opposition unanime
Ce changement substantiel du projet, qui contraindrait à revenir sur la déclaration d’utilité publique, rencontre une opposition à peu près unanime : IDFM, les élus et les associations sont farouchement contre. A l’issue de la dernière réunion, Christian Favier, président du conseil départemental du Val-de-Marne, a estimé : « Cela fait maintenant près de huit mois que la réalisation de la ligne 15 Est du Grand paris a été déstabilisée par la remise en cause d’un choix fait depuis plusieurs années, et maintes fois confirmé. » Et il a de nouveau demandé que l’interopérabilité soit « confirmée au plus vite ». L’AUT (Association des usagers des transports d’Ile-de-France), habituellement pondérée dans son expression, dénonce dans un communiqué du 25 mai une « dégradation majeure du projet initial » et un renoncement à l’interconnexion « inadmissible dans le fond comme dans la forme ».
Les positions sont connues. Ce qui surprend c’est que la concertation n’a pas aplani les difficultés ni adouci les mœurs. Un des participants aux réunions s’étonne de voir SGP et IDFM s’envoyer des scuds en public. Sur des sujets – difficulté de l’exploitation en fourche, modification du serpent de charge, organisation de la maintenance, etc. – où les experts devraient travailler plus sereinement. Et apprendre à s’accorder pour préparer l’exploitation.
Mais il se joue une bataille entre une autorité organisatrice qui affirme de plus en plus son pouvoir, et un maître d’ouvrage dont les décisions auront des conséquences majeures sur l’exploitation future. On n’oubliera pas non plus que le projet de Grand Paris s’est accompagné d’un état d’esprit de préfet cow-boy, incarné par Christian Blanc, qui a ignoré le conseil régional et ce qui était alors le Stif. Cela crée-t-il une culture d’entreprise ? Mais Christian Blanc, en mode projet, s’était trouvé dans les maires de solides allés politiques. Ce n’est pour l’instant pas le cas, en mode réalisation, de Thierry Dallard qui, dit un observateur, fonce « tête baissée ». De diverses sources, on entend dire que le préfet de région, qui a déjà assez des soucis avec les projets de transports au nord de l’Ile-de-France, s’agace de la tournure que prend le dossier Grand Paris Express au sud.
Comme par hasard, la bataille se livre sur la connexion, à Champigny, entre ligne 15 Est et ligne 15 Sud. Autrement dit sur la réunion tardive entre le projet de Grand Paris et le projet concurrent de la région. Pas étonnant si le point de jonction est un point de friction.
F. D.
Verdict le 25 juin
La concertation qui vient de s’achever a commencé le 2 avril. Les réunions se sont tenues sous la caution d’un garant, Michel Thénaut, ancien préfet de région. Un collège d’experts a accompagné la concertation et va en tirer les conclusions. Il est composé de Christian Masson, consultant, expert en exploitation ferroviaire qui a fait l’essentiel de sa carrière à la RATP, Serge Lagrange, ancien directeur de l’exploitation du métro de Paris à la RATP, Jean-Paul Ourliac, ancien président de la section Economie, Transports, Réseaux au Conseil général de l’Environnement et du Développement durable, et ancien directeur général des Services de la région Midi-Pyrénées, et Yves Ramette, président de Railenium, ancien DG adjoint de la RATP en charge notamment du Grand Paris, ancien DG de SNCF Réseau Ile-de-France. Les trois premiers experts ont été désignés par la SGP, et Yves Ramette par le Stif. Avant la rédaction définitive du rapport, une rencontre est prévue le 18 juin, entre Valérie Pécresse, Thierry Dallard et le collège d’experts. Ceux-ci remettront ensuite leur rapport le 25 juin au conseil de surveillance de la SGP.

Elisabeth Borne demande un schéma national des RER métropolitains pour la fin 2019
Augmenter la part du ferroviaire dans les zones denses, c’est l’un des objectifs de la loi d’orientation des mobilités (LOM) actuellement en discussion devant l’Assemblée nationale. D’où l’idée de créer des RER sur le modèle francilien dans toutes les grandes métropoles pour désaturer les nœuds ferroviaires, où d’impressionnants embouteillages de trains ont lieu au quotidien. A Bordeaux, où se déroule aujourd’hui un colloque organisé par SNCF Réseau sur le sujet, Elisabeth Borne est intervenue pour demander au gestionnaire des infrastructures de lui présenter d’ici au 1er janvier un schéma directeur national des RER métropolitains. Estimant que « le ferroviaire ne joue pas encore son rôle dans les métropoles régionales, que ce soit à Bordeaux, Toulouse, Marseille, Strasbourg ou encore à Lyon », la ministre des Transports a annoncé vouloir mettre sur la table 2,6 milliards sur dix ans, dont la moitié apportée par l’Etat. « Cela vaudra aussi pour les grands corridors transfrontaliers », a-t-elle ajouté.
Un « plateau de projet » pour définir l’exploitation
Pour dessiner cette carte de France des nouveaux services ferroviaires, SNCF Réseau va faire le tour des régions. A Bordeaux, où la région et la métropole ont voté une résolution et demandé à Réseau d’activer des RER métropolitains, il a été décidé de créer d’ici juillet un « plateau de projet » réunissant les équipes de Réseau, de Mobilités, de la région et de la métropole pour définir les services à mettre en place. Un chef de projet devrait être désigné très rapidement côté SNCF Réseau, qui pilotera le groupe de travail.
« Une fois que les services seront définis, nous pourrons décider des infrastructures à réaliser », a souligné Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau, en précisant que les RER métropolitains doivent remplir plusieurs conditions : être cadencés, fréquents, desservir des gares pas trop éloignées les unes des autres, avec une forte amplitude horaire et être connectés aux autres modes de transport.
La question du financement reste entière
Cette première étape passée viendra le plus difficile : financer les projets. A Bordeaux, Patrick Bobet, le président de la métropole, évoque la somme de 200 millions d’euros pour lancer les RER métropolitains et de 600 millions d’euros pour les aménagements à réaliser au sud de la capitale girondine, travaux liés au projet GPSO. Des chiffres indicatifs en attendant d’affiner le projet, souligne-t-on du côté de SNCF Réseau. Ce dernier rappelle que le pacte ferroviaire ayant décidé que le gestionnaire des infrastructures ferroviaires ne financerait plus à l’avenir les projets de développement, ce seront aux collectivités de s’entendre pour compléter le tour de table.
Marie-Hélène Poingt

Une rame automatique nouvelle génération pour le métro de Lyon
Le Sytral (Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise) a présenté ce lundi la future rame MPL16 d’Alstom qui équipera la ligne de métro B de Lyon. Chaque rame longue de 36 mètres comprend deux voitures communicantes avec des entrées élargies permettant d’assurer une meilleure fluidité aux heures de pointe. Prévues pour 325 passagers (dont 64 assis), les rames sans conducteur sont entièrement climatisées, vidéoprotégées et dotées de vingt écrans d’informations dont huit pour la chaîne TV des TCL.
Six rames seront mises en service d’ici fin 2019, puis 16 en 2020 et huit en 2023 lors du prolongement de la ligne B vers Hôpitaux-Sud. Ces 30 rames nouvelle génération écoconçues (LED, récupération d’énergie par freinage, recyclables à 96 %.) représentent un investissement de 140 millions d’euros.
C. F.

Une start-up associée à Transdev promet des plans de mobilité en 72 jours
Transdev a annoncé le 23 mai son entrée au capital de Wever, une start-up de Sophia-Antipolis, près de Nice, lauréate du Challenge Jeunes Pousses en 2015 pour sa solution de covoiturage communautaire sur les trajets domicile – travail. Cette première réalisation a fait long feu, mais Wever tente aujourd’hui de rebondir en s’appuyant sur l’expérience acquise avec son tableau de bord de la mobilité.
Un logiciel qui répertorie les habitudes de déplacements personnels et réalise des diagnostics de mobilité express pour le compte d’entreprises, de collectivités locales, d’organisateurs de salons, ou même de clubs de foot pour les matchs de ligue, etc. Et préconise des solutions de transport multimodales.
Données anonymisées
Tout passe par un questionnaire sur une plate-forme « WeDiag » qui, comme son nom l’indique, dialogue avec les individus en recueillant leur « expérience personnelle de déplacements via l’application weeverapp ou le portail web, explique Thomas Côte, cofondateur et dirigeant de Wever. L’utilisateur fait son propre diagnostic mobilité et définit son besoin en une minute », poursuit-il. Pour les inciter à participer, des goodies et des bons d’achat négociés avec les enseignes de proximité sont offerts en retour. « Nous avons eu des taux de participation de 75% chez certains clients. »
Ces données anonymisées sont enrichies (ruptures de charge lors du trajet, impact carbone, ce que la personne serait prête à changer lors de ses déplacements) quasiment en temps réel, puis présentées au client qui dispose alors d’un état des lieux de la mobilité de ses collaborateurs. Tout comme le ferait un cabinet d’étude spécialisé. La différence, c’est le délai : Wever affirme être en mesure de fournir un diagnostic immédiat et surtout, un plan de mobilité en 72 jours.Au lieu d’un an, en moyenne, dans un schéma classique à partir du calcul des flux. La start-up a une approche inverse puisqu’elle travaille à partir de ce que les gens déclarent et non pas des enquêtes terrain avec comptage des flux de voyageurs.
Partenariat avec Transdev
Les entreprises de la zone d’activité de Vitrolles dans les Bouches-du-Rhône ont signé pour un plan de déplacement interentreprises. GSF, Amadeus, l’Université Côte d’Azur, l’aéroport de Lyon, le CNRS font aussi partie du portefeuille clients. En août 2018, la RATP et weverapp avaient organisé des navettes à la demande pour rentrer du Festival Aoutside.
Cette solution a aussi séduit Transdev qui a pris 10% du capital de Wever. « Il faut sortir du transport de masse. La donnée pour comprendre les flux ne suffit pas, nous avons besoin d’avoir une connaissance plus fine des clients », reprend Hubert Joseph Antoine, le directeur stratégie de l’opérateur de transport qui ne fait pas que prendre des parts mais veut visiblement s’impliquer dans le développement stratégique commercial de la jeune pousse. Ensemble, ils ont remporté un appel d’offres modeste à Manosque.
Le business model de Wever qui affiche 200 000 euros de chiffre d’affaires en 2018 ? Une licence pluriannuelle SaaS – Software as a Service, modèle de distribution de logiciel au sein duquel un fournisseur tiers héberge les applications et les rend disponibles pour ses clients par l’intermédiaire d’internet –, dont le coût diffère selon la taille de l’entreprise ou de la collectivité. A laquelle vient s’ajouter une commission perçue auprès des prestataires de mobilité (transport public, covoiturage, VTC, trottinettes, vélos, etc.).
N. A.

Rémi Peltier, nouveau directeur général de Masteris
Masteris, filiale de la SNCF spécialisée dans la maintenance et l’ingénierie ferroviaire, a nommé début mai Rémi Peltier comme directeur général. Cet ingénieur, diplômé de Central Lille et d’un MBA d’HEC, a commencé sa carrière chez Eiffage avant de poursuivre chez KPMG, De Dietrich-Cogifer et EPC. Il est arrivé à la SNCF en 2009. Dernièrement il occupait le poste de directeur Finances, Achats, Stratégie au sein de la direction du Matériel.

Un nouveau centre opérationnel Transilien pour les circulations sur Paris rive gauche
Transilien dispose depuis le 13 avril d’un nouveau centre opérationnel qui supervise les circulations banlieue et TER sur Paris rive gauche. Le Centre opérationnel Transilien (COT) regroupe en un même lieu des installations autrefois dispersées dans différents sites. Il gère non seulement les lignes de banlieue RER C et Transilien N et U mais aussi les TER jusqu’à Chartres ainsi que les circulations TGV (hors service voyageurs) au départ de Montparnasse. A cela s’ajoutent les circulations de Fret et de travaux portant à 2 200 les trains supervisés chaque jour. L’objectif est d’améliorer la gestion opérationnelle des circulations et de centraliser l’information pour améliorer le service apporté aux 850 000 voyageurs quotidien de la zone Paris rive gauche.
1 000 m2 et 105 agents
En plus d’être moderne, le nouveau centre a été entièrement repensé pour faciliter la tâche des 105 agents qui y travaillent (par groupes de 28, en 3 x 8). D’une superficie de 1 000 m2, il doit faciliter les échanges entre les équipes avec notamment une meilleure ergonomie des postes disposés en U, face à de larges écrans plus lisibles. Le COT, qui bénéficie d’équipements performants, testera régulièrement de nouvelles technologies pour ne pas perdre son avance. Le confort et le bien-être des agents ne sont pas négligés, y compris dans les installations annexes comme la salle de repos, afin de permettre à chacun d’être efficace dans son travail.
Une nouvelle salle de crise
C’est également dans ces locaux qu’a été installée une toute nouvelle salle de crise. Après les graves dysfonctionnements rencontrés sur la région Montparnasse à l’été 2018, cet équipement permet de centraliser les informations pour répondre au mieux aux situations de crises classées de 1 à 4 selon leur gravité, du malaise voyageur à l’interruption totale du trafic. Un diagnostic est rapidement établi qui permet une plus grande réactivité adaptée à la situation.
Philippe-Enrico Attal

Transdev perd les trains de l’Öresund en Suède
Exploitant depuis décembre 2014 des trains régionaux transfrontaliers Suède – Danemark via le lien fixe de l’Öresund, Transdev sera remplacé par l’opérateur « historique » suédois SJ pour huit ans à partir décembre 2020, plus deux années en option. Reliant Copenhague et Elseneur (Danemark) à Göteborg, Kalmar et Karlskrona via Malmö (Suède), ces « trains de l’Öresund » (Öresundståg) sont assurés pour le compte d’une association des six autorités organisatrices régionales ou départementales du sud de la Suède.
Pour SJ, il s’agit d’un retour sur un réseau que l’opérateur historique exploitait de son lancement, en 2000, à 2009. Sur une région comptant quelque cinq millions d’habitants, SJ desservira une cinquantaine de gares avec un parc homogène de 111 rames automotrices Bombardier X31. Et outre la conduite de ces trains, SJ sera aussi responsable de leur maintenance, dans un atelier à construire en Suède, via une nouvelle entité nommée SJ Öresund. Cette dernière proposera aussi une embauche à l’actuel personnel de Transdev.
A noter que jusqu’en 2022, le périmètre exploité par SJ se limitera au réseau ferré suédois ; par la suite, l’opérateur suédois pourra effectuer la desserte de Copenhague, jusqu’à la gare d’Østerport via la gare centrale. Jusqu’à présent, la desserte était commune des deux côtés du détroit de l’Öresund, mais « pour simplifier la desserte de la ligne côtière » Copenhague – Elseneur, côté danois, l’exploitation a été séparée entre les deux pays voisins, de même que la maintenance, actuellement effectuée au Danemark.
P. L.

L’Occitanie prend la voie de l’hydrogène
Cap sur l’hydrogène. C’est le mot d’ordre de l’Occitanie qui vient de lancer son plan « Hydrogène vert » en le dotant de 150 millions d’euros sur dix ans. Il permettra de soutenir le lancement d’ici à 2024 de 20 stations de production et de distribution d’hydrogène vert (utilisant l’électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable) ainsi que l’acquisition de 600 véhicules roulant à l’hydrogène (utilitaires et légers). En espérant une montée en puissance avec une démultiplication des équipements d’ici à 2030, a indiqué Carole Delga, la présidente de la région en présentant ce plan le 22 mai.
Trois trains à hydrogène en commande
Choix emblématique, l’Occitanie est la première région à avoir pris la décision de commander des trains à hydrogène, a souligné la patronne de l’Occitanie. Un groupe de travail a été mis en place avec d’autres régions intéressées par le train à hydrogène (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Grand Est, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine et Bretagne). Une liste qui pourrait s’allonger avec le temps.
« Des expertises sont en cours pour déterminer combien de trains pourraient être commandés et sur quelles lignes ils pourraient circuler », précise Carole Delga, qui s’attend à un total d’une vingtaine de commandes. L’Occitanie a déjà décidé de commander trois trains Régiolis à hydrogène à Alstom, qui rouleront entre Montréjeau et Luchon. Cette ligne, fermée suite à des inondations en 2013, sera rouverte après travaux. 33 millions d’euros seront engagés à partir de cette année dans ce but. L’atelier d’Alstom de Tarbes, spécialisé dans les convertisseurs, en profitera, ajoute Carole Delga.
Bientôt 25 bus hydrogène
L’Occitanie veut aussi promouvoir les bus à hydrogène. Une dizaine circulent actuellement dans le Tarn. La présidente de la région estime qu’il y en aura plus de 25 dès 2020.
Côté cars, elle compte lancer un appel à projets pour promouvoir la filière. En attendant, elle soutient des expérimentations de cars propres roulant au bioéthanol (par exemple dans le Gard, la région a lancé une ligne de cars roulant au bioéthanol ED95 issu du marc de raisin).
Les usagers de véhicules légers ne sont pas oubliés. L’Occitanie va étendre l’éco-chèque mobilité au profit des taxis et des professionnels. Et pour donner l’exemple, même s’il relève plutôt du domaine du symbole, des véhicules à hydrogène seront intégrés dans la flotte des véhicules de service de la région.
M.-H. P.