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Alstom, Safran, et IGE+XAO créent un Centre d’excellence des systèmes électriques embarqués
Un TGV nécessite autant de câbles qu’un A 380. Et les besoins en connectivité ne peuvent que croître : Wi-Fi, confort, sécurité, nouveaux produits connectés, maintenance prédictive… D’où la création par trois partenaires, Alstom, géant mondial du ferroviaire, Safran, leader mondial du câblage aéronautique et IGE+XAO, start-up spécialisée des systèmes électriques, d’un Centre d’excellence d’ingénierie des systèmes électriques ferroviaires embarqués. Et, comme il s’agit d’apporter au ferroviaire les meilleures pratiques de l’aéronautique, le centre est implanté à Toulouse, sur le site de l’équipementier aéronautique Safran. Le Centre d’excellence pourra accueillir une centaine d’ingénieurs. S’appuyant sur les logiciels d’IGE+XAO et son soutien technique, il développera des systèmes électriques ferroviaires, de la conception jusqu’à l’industrialisation et le maintien en conditions opérationnelles.
Partenaires depuis 2011, Alstom et IGE+XAO ont donc signé ce 12 octobre un contrat technique et commercial de cinq ans. IGE+XAO fournira ses suites logicielles dédiées à la gestion du cycle de vie des systèmes électriques, ainsi qu’une prestation de services allant de la validation logicielle à l’assistance à l’utilisation, en passant par la formation et la gestion de la plate-forme hardware.
Le même jour, Alstom et Safran ont signé un accord portant sur la conception des systèmes électriques. Cet accord fait suite au partenariat entre les deux groupes annoncé en 2017, qui portait sur la traction. Ce Centre d’excellence « va contribuer au développement des projets tels que le tramway d’Athènes, le RER nouvelle génération ou encore le TGV du futur », a précisé Thierry Best, directeur des opérations d’Alstom
• En 2017/18, Alstom a réalisé un chiffre d’affaires de huit milliards d’euros et enregistré pour 7,2 milliards d’euros de commandes. Alstom est présent dans plus de 60 pays et emploie actuellement 34 500 collaborateurs.
• Safran Electrical & Power est l’un des leaders mondiaux des systèmes électriques aéronautiques, numéro 1 sur le câblage et numéro 2 sur la génération. Acteur clé dans le domaine de l’avion plus électrique, la société compte plus de 13 000 collaborateurs répartis dans 12 pays.
• IGE+XAO représente 380 personnes dans le monde réparties sur 33 sites et dans 22 pays ainsi que plus de 90 000 licences diffusées dans le monde.
Sur la photo, de gauche à droite : Alain Sauret, président de Safran Electrical & Power, Thierry Best, directeur des Opérations d’Alstom, Alain Di Crescenzo, PDG d’IGE+XAO et Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse.

Geodis va lancer une place de marché digitale de la logistique
On se souvient du coup de maître réalisé par la SNCF avec la plateforme digitale voyages-sncf.com, lancée en 2000 et rebaptisée en décembre dernier oui.sncf. En vendant bien autre chose que ses propres services, la compagnie ferroviaire s’était rapidement imposée comme le n° 1 des agences de voyages en ligne. La SNCF va-t-elle réitérer l’exploit dans la logistique ? Elle s’apprête en tout cas à conduire une démarche quelque peu similaire, avec le lancement d’une place de marché logistique piloté par sa filiale Geodis. Objectif : ne pas se faire couper l’herbe sous le pied par les plates-formes digitales qui fleurissent déjà dans le secteur du transport de marchandises et menacent les activités d’intermédiation, en particulier la commission de transport.
« Nous allons pousser encore plus loin, en créant une place de marché digitale pour la logistique, tous modes confondus. La logistique, ce sont des mètres carrés, du transport. On revendique le fait de se positionner sur l’ensemble de la chaîne », a révélé Marie-Christine Lombard, présidente du directoire de Geodis, lors de l’annonce de cette initiative à l’occasion d’un point presse, le 10 octobre. Les détails du projet, qui représente un lourd investissement notamment dans un moteur de recherche très puissant, seront dévoilés le 6 novembre.
Cette innovation s’inscrit dans le cadre du plan stratégique Ambition 2019-2023 de Geodis, approuvé en juin dernier par le groupe SNCF. Ce plan prévoit une croissance organique du chiffre d’affaires de 20 % au cours des cinq prochaines années et un doublement de l’Ebit qui situerait le groupe au-dessus de la moyenne du marché.
Geodis entend par ailleurs poursuivre sa stratégie d’acquisition et ses investissements dans l’immobilier et la flotte. L’entreprise veut notamment renforcer sa présence en Europe, où elle estime ne pas occuper la place qui devrait lui revenir. « Il faut que l’on en fasse notre deuxième marché domestique, et que l’on consolide notamment nos positions en Allemagne », a indiqué Marie-Christine Lombard. Un objectif qui devrait passer par une opération de croissance externe.
Geodis réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 8,1 milliards et compte 40 500 collaborateurs dans 120 pays. Le précédent plan stratégique, « Ambition 2018 » a déjà permis à l’entreprise de doubler sa marge et de redevenir cash-flow positif pour la SNCF. « Nous voyons Geodis à l’intérieur de la SNCF comme un sujet gagnant-gagnant. Gagnant pour Geodis car nous avons un actionnaire de long terme stable et qui nous soutient, mais gagnant aussi pour la SNCF, puisque nous sommes contributeur de cash et facteur d’internationalisation », a souligné Marie-Christine Lombard.
Anne Kerriou

Un cheminot tué dans un accident près de la gare Saint-Lazare
Un cheminot de 55 ans, agent de signalisation et responsable de travaux, est décédé après avoir été « heurté par un train »près de la gare de Pont-Cardinet dans le 17ème arrondissement de Paris. Il venait de prendre son service quand l’accident s’est produit aux alentours de 22h35 le 10 octobre. Le drame a eu lieu « dans une zone extrêmement dense, avec beaucoup de voies de circulation » et, à cet endroit, « la vitesse des trains est élevée« , a indiqué à l’AFP un aiguilleur de la gare Saint-Lazare et Pont-Cardinet. Sur les voies, le cheminot a d’abord « évité un premier train » avant d’être percuté par « un second train« , a précisé de son côté Aurélien Marchand, délégué du syndicat SUD-Rail à Paris-Saint-Lazare. « Il était chargé de superviser les procédures de sécurité des travaux. C’était un collègue très expérimenté, qui connaissait bien le site« , mais « il était seul » sur les voies et « face à un train roulant à 80/100 km/h, on n’a pas le temps de réfléchir« , a souligné le syndicaliste. Une enquête judiciaire ainsi qu’une enquête interne sont en cours pour déterminer les causes de cet accident qui a par ailleurs entraîné des perturbations sur la circulation des trains.
La nuit précédente, un accident avait déjà endeuillé la famille cheminote : deux ouvriers ont été tués et trois autres blessés sur un chantier après la collision entre deux engins à Péré, sur la ligne Toulouse-Bayonne dans les Hautes-Pyrénées.
Agnès Ogier attendue à la direction de la communication de la SNCF
Sauf coup de théâtre, Agnès Ogier remplacera Mathias Vicherat qui doit quitter prochainement son poste de directeur général adjoint chargé du Projet d’entreprise, de la Communication et de l’Image de SNCF. Reste toutefois à définir la date de son arrivée et le périmètre exact de son poste qui ne devrait couvrir que la communication.
Agnès Ogier, 52 ans, actuelle directrice générale de Thalys, affiche un parcours sans faute à la SNCF qu’elle a rejoint en 2010. Diplômée de l’Ecole Centrale de Paris, elle commence sa carrière comme consultante en stratégie chez Booz Allen Hamilton en 1990. Deux ans plus tard, elle rejoint SFR, où elle occupe différents postes dans le domaine du marketing (en particulier les questions de tarification et de yield management), avant de prendre en 2008 la direction de la Stratégie et du Marketing produit de SFR Business Team.
Arrivée en 2010 à la SNCF, elle devient directrice marketing TGV, où elle pilote notamment le projet Ouigo. Elle est aussi la présidente d’IDTGV à partir de septembre 2011 et d’Ecolutis (opérateur de covoiturage) à partir de février 2013.
Sa carrière prend un coup d’accélérateur quand elle est nommée à son premier poste de direction générale en 2014 et arrive aux commandes de Thalys. Elle se fait remarquer en achevant la transformation de Thalys en une société ferroviaire en mars 2015, en lançant Izy, le premier transporteur ferroviaire low cost international entre Paris et Bruxelles et en étendant le réseau des trains rouges et blancs qui relient actuellement Paris à Bruxelles et Amsterdam, et au-delà à l’Allemagne.
Grosse bosseuse, directe, elle semble très appréciée par ses collaborateurs. L’ascension à grande vitesse se poursuit.
M.-H. P.

Des zones à faibles émissions dans 15 collectivités d’ici fin 2020
François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, ont présenté lundi 8 octobre avec les élus de 15 villes et métropoles particulièrement touchées par la pollution atmosphérique, leurs engagements communs concernant les zones à faibles émissions (ZFE).
Ces 15 collectivités s’engagent à déployer ou renforcer des ZFE d’ici 2020. Et l’Etat de son côté s’engage notamment à « apporter son soutien, aux territoires dans le cadre de leurs travaux préparatoires et à mettre en place les mesures réglementaires nécessaires pour permettre un développement et un fonctionnement efficaces des zones », est-il précisé dans un communiqué.
« Aujourd’hui, avec 15 premiers territoires qui se mobilisent pour le déploiement des zones à faibles émissions, nous lançons une dynamique que nous voulons irréversible tant au niveau local que national », a déclaré Elisabeth Borne, le 8 octobre. « C’est pourquoi nous avons travaillé ensemble dans le cadre des Assises nationales de la mobilité et pour la préparation de la future loi d’orientation des mobilités », a-t-elle ajouté.
Pour rappel, les ZFE sont des zones dont l’accès est réservé aux véhicules les moins polluants, sur la base du système de vignettes Crit’air. Leur mise en place est décidée par les collectivités locales, qui en définissent les critères de leur choix : délimitation géographique, catégories et classes de véhicules concernés, modalités horaires, progressivité des règles dans le temps ou encore dérogations octroyées.

Soudure du premier rail du prolongement du tram de Genève à Annemasse
Une nouvelle étape dans le rapprochement entre Genève et ses voisines françaises a été franchie le mardi 9 octobre. C’est à quelques dizaines de mètres seulement de la frontière entre la Suisse et la France qu’a été soudé le premier rail du prolongement du tramway de Genève vers Annemasse.
Cette cérémonie intervient quelques jours à peine après une pareille soudure de rail sur le Léman Express, la liaison Cornavin – Eaux-Vivres – Annemasse destinée à relier en décembre 2019 les agglomérations françaises et suisses.
A cette même échéance de fin 2019, la ligne 12 du tram genevois qui s’arrête à Moëllesulaz à la limite du territoire suisse, poussera sur 2 km vers le cœur d’Annemasse jusqu’à Parc-Montessuit avec quatre nouvelles stations. En seconde phase, attendue pour 2022, la ligne poursuivra sur 1,3 km en desservant trois stations supplémentaires jusqu’au lycée des Glières.
Cette réalisation s’inscrit dans le cadre d’un vaste plan de mobilité multimodal soutenu des deux côtés de la frontière. Outre le Léman Express et le tramway, il comprend une ligne Tango de bus à haut niveau de service et une voie verte de plusieurs kilomètres pour les vélos et les piétons.
Avec cette première soudure (il y en aura 450 sur le chantier), commence véritablement la pose de la voie du tramway qui sera achevée pour la fin 2018. A sa mise en service, le tramway qui assurera la desserte à la fréquence de 8 minutes à la pointe devrait accueillir 10 000 voyageurs par jour.
Philippe-Enrico Attal

Deux morts et deux blessés graves sur un chantier SNCF
Un accident mortel s’est produit vers 4 heures du matin dans la nuit de mardi 8 à mercredi 9 sur un chantier SNCF au kilomètre 131 de la ligne Toulouse – Bayonne à Pere, entre Tournay et Capvern (Hautes-Pyrénées). Il a fait deux morts et deux blessés graves.
Selon les premiers éléments de l’enquête, cités par La Dépêche, un engin de chantier reposant sur les voies aurait glissé sur une pente pour venir s’encastrer dans un autre engin. A leur arrivée sur les lieux, les pompiers ont constaté le décès d’un homme, mort sur le coup. Un deuxième est décédé quelques minutes plus tard. Deux autres ont été transportés dans un état d’urgence absolue, l’un en hélicoptère vers l’hôpital Purpan à Toulouse et l’autre par la route à Tarbes.
Selon France Bleu Occitanie, les deux morts seraient des hommes âgés de 33 et 55 ans, et les deux blessés en urgence absolue auraient 25 et 27 ans. Le cinquième homme de l’équipe serait légèrement blessé.
C’est, selon nos informations, un groupement Engie Ineo Ferroviaire (mandataire)-Colas qui est chargé de ces travaux de renouvellement des poteaux électriques et de la caténaire sur la section Montréjeau – Tarbes, de la ligne Toulouse – Tarbes. Au moins l’un des morts serait un salarié d’Engie Ineo Ferroviaire. Toujours selon La Dépêche, ce chantier de nuit s’était ouvert il y a 15 jours en vue du changement de 700 poteaux électriques de la voie à partir du 15 octobre prochain. Le chantier de Capvern est particulièrement difficile, les voies passant sur « la rampe de Capvern » qui est l’une des plus pentues de France.
Dans un communiqué, la CGT Cheminots déclare que « via ses mandatés CHSCT [elle] a déclenché des enquêtes pour connaître les raisons de cet accident ». Le syndicat rappelle que « l’application de règles strictes, une formation professionnelle initiale et continue de haut niveau, une stabilité et une continuité dans les collectifs de travail et de bonnes conditions de travail sont indispensables ».
Toujours selon le syndicat, l’accident survient « à l’heure où le président Jeantet annonce l’accroissement de la sous-traitance concernant la maintenance des infrastructures, ce qui entraîne l’abaissement des règles de sécurité ».
La circulation des trains Intercités est totalement interrompue entre Toulouse et Bayonne. Des cars de substitution ont été mis en place au moins jusqu’à jeudi. Le trafic TER, lui, est interrompu entre Montréjeau et Tarbes.

Provence-Alpes-Côte d’Azur veut lancer deux lignes d’autocars 100 % électriques
Dix autocars 100 % électriques devraient traverser les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse à partir juillet 2019. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur souhaite en effet déployer avec Transdev deux lignes express régionales 100 % électriques – Toulon – Aix-en-Provence et Avignon – Aix-en-Provence – avec des autocars Ice12 du constructeur chinois Yutong qui effectueront ces trajets de près de 200 km.
« Nous éviterons ainsi chaque année le rejet 600 tonnes de CO2 dans l’atmosphère », souligne Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur dans un communiqué. Thierry Mallet, PDG du groupe Transdev, précise que Transdev « est aujourd’hui leader européen en matière de véhicules électriques avec bientôt 1 000 bus opérés sur ses réseaux ».Une expérimentation avait déjà été menée l’année dernière par la région et Transdev entre Arles et Avignon.

Pourquoi Pepy met Alain Picard aux commandes
Le groupe SNCF a 15 mois pour se préparer. En décembre 2019, les autorités organisatrices qui le souhaitent (régions pour les TER, Etat pour les Intercités) auront la possibilité de lancer les premiers appels d’offres pour des services ferroviaires.
Quatre ans plus tard, décembre 2023, les appels d’offres deviennent la règle. La SNCF pense que les intentions de futurs appels d’offres seront connues dans les semaines qui viennent.Quant aux premiers trains à grande vitesse de la concurrence, c’est le 12 décembre 2020, date du changement de service annuel en Europe, qu’ils pourraient s’élancer. On est « dans la dernière ligne droite » commente Guillaume Pepy, qui a reçu quelques journalistes ce mardi, après avoir rassemblé 800 dirigeants et managers de l’entreprise mercredi 3 et jeudi 4 octobre. Et pour mieux se préparer, la SNCF a décidé de sortir de l’appréhension assez générale de « la concurrence » pour dresser une liste des possibles concurrents,
Ils ne relèvent pas tous de la même catégorie. Il y a les opérateurs, dont les noms sont bien connus du monde ferroviaire : Abellio (filiale de NS, les chemins de fer d’Etat néerlandais), Arriva (filiale de la DB, mais considérée avant tout par sa culture et son management comme opérateur britannique), MTR (le célèbre opérateur du métro de Hongkong), NTV (Nuovo Trasporto Viaggiatori, concurrent des FS), RATP (Catherine Guillouard a officiellement manifesté son intérêt pour le TER), Transdev (qui va regarder toutes les possibilités d’ouverture) et Trenitalia (groupe FS).
La plupart de ces opérateurs ferroviaires apparaissent depuis longtemps sur le radar de la SNCF. Ce qui ne veut pas dire qu’ils seront tous présents, loin de là. Mais il ne faut pas se focaliser sur eux seuls. Est apparu en Allemagne Flixtrain, issu de Flixbus, qui se charge du marketing, de la commercialisation, des services et laisse le dur du métier ferroviaire à des sous-traitants. Trainline, concurrent pour la vente de billets ou la prescription de voyages, tout comme Citymapper ou Goeuro. Les industriels aussi cherchent à prendre de la place dans la chaîne de valeur, en s’appuyant sur la maintenance. On pense à Alstom, Bombardier, Siemens, d’autres peut-être. Sans oublier Bolloré qui, parti des batteries, arrivé aux bus électriques, pourrait se montrer intéressé par leur exploitation… On peut ajouter qu’Alpha Trains, loueur européen de matériel ferroviaire, ne cache pas son envie d’entrer sur le marché français. La SNCF observe d’autre part avec intérêt Engie : son partenaire à Dijon en tant qu’assembleur de services publics a été son concurrent, avec des fonctions analogues, dans un consortium vainqueur à Toronto ; Michelin paraît un peu sur la même ligne, avec sa volonté « d’offrir à chacun une meilleure façon d’avancer ». Google et Apple sont depuis longtemps identifiés comme des concurrents possibles, capables de prendre une place tout en haut de la chaîne de valeur. Au contraire, c’est en partant d’un métier plus classique que des gestionnaires d’infrastructure (ADP, bientôt dans le ferroviaire avec CDG Express, la Caisse de dépôts et placements du Québec qui est GI en Amérique du Nord, Lisea ou Getlink (qui est de plus exploitant ferroviaire) pourraient montrer le bout de leur nez dans un marché ouvert.
Il ne s’agit pas de tirer des plans sur la comète ni d’agiter des épouvantails, mais de bien intégrer que « la concurrence » va prendre des formes multiples, déplacer les curseurs au sein des métiers. Ceci afin de commencer à trouver la parade. Guillaume Pepy se fonde d’ailleurs sur l’exemple du voisin allemand pour montrer que la cause n’est pas perdue : la DB, par exemple a perdu au moment de l’ouverture à la concurrence un appel d’offres sur deux, puis ce fut trois sur quatre mais, ces derniers temps, en a remporté deux sur trois. « Elle a appris à gagner », conclut Guillaume Pepy, qui souhaite que l’entreprise SNCF fasse au plus tôt de même. Et de résumer en deux phrases son attitude et son attente : « Il faut toujours craindre la concurrence. Et on ne sera jamais prêt à 100 %. »
Plus difficile de se préparer dans la grande vitesse que dans les trains du service public. La future offre n’est pas simple à cerner. Certes, la SNCF, en inventant Ouigo (TGV à bas coût), inOui (TGV « value for money »), en étant à l’initiative de trains à grande vitesse internationaux, a pris une place énorme sur le marché le plus attractif d’Europe. Et a fait en sorte qu’il ne soit pas facile à un concurrent de se faufiler. Bon courage pour produire moins cher que Ouigo… Mais Guillaume Pepy n’en doute pas : les concurrents, à qui il reviendra de chercher de bonnes idées, ne manqueront pas d’en trouver. Qu’ils envisagent, par exemple des trains grande vitesse à très haute qualité de service, ou qu’ils proposent des relations que la SNCF n’a pas eu l’envie d’exploiter.
Pour se préparer, la SNCF maintient par ailleurs l’objectif qu’elle s’est fixé de réduire des deux tiers l’écart de ses coûts avec des futurs concurrents. Un écart évalué à 25-30 % par le rapport Spinetta. L’ensemble des chantiers de préparation de l’entreprise a été confié à Alain Picard, le directeur général de SNCF Logistics, qui (tout en restant en fonction) devient directeur général de l’Epic de tête SNCF. Avec un vaste programme. Il faut créer, à la place des trois Epic d’aujourd’hui, sept sociétés anonymes, presque toutes détenues à 100 % par l’Etat : la holding SNCF, Réseau, Gares & Connexions (qui sera filiale de Réseau), Fret, Geodis, Mobilités Voyageurs et Keolis (filiale de Mobilités). Les quelque 9 000 personnes aujourd’hui dans l’Epic de tête devraient y rester (3 000 pour la Suge, 2 000 environ pour l’ensemble des services médicaux, 2500 pour les services partagés comme la paye ou la comptabilité), mais l’effectif chargé vraiment du pilotage du groupe devrait se limiter à quelques centaines de personnes. Relevons que SNCF Immobilier reste logé dans la holding. Il va falloir d’autre part, sur le terrain, permettre aux dirigeants d’avoir la totalité des leviers leur permettant de répondre aux appels d’offres.
Et il va falloir bien conclure un nouveau pacte social. Pacte social, précise Guillaume Pepy « pour tous les cheminots », mais « avec deux volets » : l’un pour les statutaires, l’autre pour les nouveaux venus. En maintenant, pour les premiers, l’essentiel des dispositions du statut, tout en préparant la « réorganisation de certaines dispositions du statut ». La SNCF, pour résister aux concurrents, va devoir attirer et garder les compétences. Revaloriser sans doute le salaire d’embauche, mais aussi le faire évoluer en mêlant part automatique (à l’ancienneté) et part personnelle (au mérite). Un mixte que la SNCF souhaite introduire pour les agents sous statut.
F. D.
Alain Picard de Geodis à la direction générale de SNCF
Diplômé de l’Essec, Alain Picard est le directeur général de la branche SNCF Logistics et président du conseil de surveillance. Après une carrière dans la gestion et la finance, il intègre Geodis en 2001 en tant que directeur du Contrôle de gestion puis directeur financier en 2004 et directeur général délégué Finance en 2008. Il rejoint SNCF en février 2009 comme directeur financier. Il était depuis octobre 2011 directeur Finances, Achats et Systèmes d’information du groupe SNCF. Il est l’auteur de Tracer les voies du futur. La mobilité des objets, révolution de l’économie de demain.

Mathias Vicherat sur le départ
Selon nos informations, Mathias Vicherat est sur le point de quitter son poste de directeur général adjoint chargé du Projet d’entreprise, de la Communication et de l’Image de SNCF, alors qu’il n’avait pris ses fonctions que depuis janvier 2017. Contacté par VR&T, il n’a pas confirmé cette information.
Plusieurs autres sources internes nous ont toutefois confirmé que les noms de deux femmes sont évoqués pour lui succéder, mais sur un périmètre moins important : la communication (le projet d’entreprise ayant déjà été discuté avec les pouvoirs publics dans le cadre de la réforme ferroviaire). On évoque le nom d’Agnès Ogier, l’actuelle directrice générale de Thalys, qui paraît la mieux placée. Est aussi cité le nom de Stéphanie Dommange, directrice SNCF Mobilités Pays de la Loire.
M.-H. P.