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Le tramway T1 repart avec des stations rénovées
Fermées pour rénovation depuis plus de sept mois, les six dernières stations du T1, à l’est de la ligne (Bobigny Pablo-Picasso, Jean-Rostand, Auguste Delaune, Pont de Bondy, Petit Noisy et Gare de Noisy-le-Sec) sont à nouveau desservies depuis le 22 avril. Elles ont été inaugurées le 30 avril.Les quais ont été allongés pour s’adapter aux nouvelles rames TW20 et le mobilier des stations a été changé.Deux stations ont fait l’objet de transformations plus approfondies. La station Bobigny – Pablo Picasso a été déplacée, agrandie et dotée de quais de 110 m de long pouvant accueillir chacun trois rames de 33 m simultanément. Avec un total de 400 m linéaire, elle pourra servir de station de régulation lorsque le T1 sera exploité en 3 tronçons après la mise en service des prolongements à l’ouest et à l’est. Le terminus du T1, la gare de Noisy-le-Sec, a aussi été déplacé afin d’être rapproché de la gare ferroviaire desservie par la ligne E du RER.La RATP a aussi profité de l’interruption du trafic pour effectuer des opérations de maintenance, notamment le remplacement d’environ 1 500 mètres de rails et de bitume entre les stations Auguste Delaune et Pont de Bondy ainsi qu’entre Pont de Bondy et Petit Noisy.Les aménagements et rénovations de ces six dernières gares s’inscrivent dans le programme de modernisation progressive des 26 stations historiques du T1. Il a été financé par Île-de-France Mobilités (55 millions d’euros) et le département de la Seine-Saint-Denis (pour près de 8,5 millions d’euros).Les travaux à la station Gare de Noisy-le-Sec, ont été mis à profit pour déplacer les réseaux, en prévision du futur prolongement vers Val de Fontenay. Celui-ci est prévu en deux phases, d’abord en 2028 jusqu’à la station Rue de Rosny à Montreuil, puis en 2030 jusqu’à Fontenay-sous-Bois.À l’ouest de la ligne, la ligne devait atteindre Rueil-Malmaison en 2030, mais cette échéance a été repoussée en janvier, 2025.
La gare modèle de Villiers-Champigny-Bry sur la ligne 15 du Grand Paris Express
Dans la gare de Villiers-Champigny-Bry, sur la future ligne 15 sud (Pont-de-Sèvres – Noisy-Champs), les compagnons s’activent : les travaux doivent être terminés « d’ici deux à trois mois », assure Rémi Herbert, chef de projet de la gare au sein de la Société des Grands Projets (SGP).Les travaux d’aménagements extérieurs et intérieurs sont en cours. De même que les essais d’alimentation électrique de la gare, préalable au déploiement du raccordement définitif qui permettra de réaliser les essais des équipements de la gare.En sous-sol, à 23 m de profondeur, les façades de quais sont en cours de tests. Les équipes testent aussi le poste de redressement pour alimenter les trains.La gare ne sera ouverte qu’au moment de la mise en service prévue au dernier trimestre 2026. Mais elle va servir de modèle aux quinze autres gares de la ligne qui, d’ici là, doivent être achevées.La SGP va progresser d’est en ouest. D’abord, la zone 1, de la gare de Noisy-Champs à celle de Villiers – Champigny – Bry, puis la zone 2 entre les Champigny Centre et Créteil L’Échat, la zone 3, entre Vert de Maisons et Villejuif – Gustave Roussy et, enfin, la zone 4, entre Arcueil – Cachan et Pont de Sèvres.Des milliers de tests doivent être réalisés sur chacun des équipements de chacune des gares. La SGP les classe en deux parties : ceux qui concernent le fonctionnement des gares d’une part (escaliers mécaniques, ascenseurs, panneaux d’information voyageurs, alarmes incendie, billettique, etc.) et la circulation des trains d’autre part (rames, automatismes de conduite, radio, façades de quais, etc.).Il y a d’abord les essais en usine, chez le fabricant avant leur livraison, puis des essais dits “système“, une fois installés en gare et raccordés électriquement. Les compagnons vérifieront ensuite que ces équipements fonctionnent correctement ensemble.Cette étape des essais “d’intégration“ permet par exemple de s’assurer que les portes-pallières s’ouvrent au bon moment lorsque la rame est à quai. Lors des essais de validation, on teste la résistance du système avec de plus en plus de trains en service ainsi qu’en mode dégradé lorsqu’il y a des aléas.Le Centre d’exploitation Champigny réunit le poste de commandement et la maintenance du matériel

Le mur d’images du PCC de la ligne 15 sud au Centre d’exploitation Champigny © Yann Goubin À quelques centaines de mètres de la gare de Villiers-Champigny-Bry, de l’autre côté de la ligne SNCF emprunté par le RER, le Centre d’exploitation Champigny, abrite le Site de maintenance et de remisage (SMR) de la ligne 15 sud. C’est là que sont livrées les MR6V de la ligne, au rythme d’une toutes les deux semaines. Elles arrivent du centre d’essai ferroviaire de Valenciennes, en convoi exceptionnel par lot de trois voitures qui sont réassemblées à leur arrivée, mécaniquement et électriquement, pour former des rames composées de six voitures, de 18 mètres chacune, soit un total de 108 mètres.
Pour l’instant, neuf rames occupent les voies du centre de maintenance sur les 27 nécessaires à l’exploitation de la 15 sud.Le matériel est testé, d’abord à sa sortie de l’usine Alstom, à Valenciennes. Puis à Champigny après le réassemblage.Les rames subissent des essais statiques, puis dynamiques, menés par Systra, Siemens et Hitachi. Elles sont conduites manuellement sur quelques centaines de mètres à la sortie du faisceau du centre de maintenance. Puis les tests se font automatiquement une fois l’ensemble des installations validées.Le Centre d’exploitation héberge aussi un outil essentiel pour l’exploitation de la ligne : le poste de commandement centralisé (PCC). Il est composé de 25 postes à partir desquels les opérateurs de RATP Dev pourront piloter à distance la circulation des trains, surveiller et réguler le trafic. Ils feront face à un immense mur d’images où pourront s’afficher le plan de la ligne ou des points en particulier grâce aux images de vidéosurveillance.Derrière les trois rangées de tables occupées par les opérateurs, cinq postes supplémentaires seront installés dans différents box fermés permettant de gérer des incidents isolés, comme un départ d’incendie dans une gare, sans gêner les opérateurs dans la gestion des circulations. Enfin, une salle de crise est en cours d’installation à côté de la salle des opérations du PCC afin d’organiser des réunions en cas d’incidents.Destiné d’abord à la 15 sud et à ses 27 trains, ce PCC pilotera aussi, à terme, la 15 est (75 km) et ses 110 trains.RATP Dev a remporté, en groupement avec Alstom, et ComfortDelGro, la première délégation de service,
La gare d’Angoulême se couvre de panneaux photovoltaïques
La gare d’Angoulême innove : avec 840 panneaux photovoltaïques installés sur le toit de sa grande halle voyageurs, le site veut devenir un modèle de développement durable.
Cette halle métallique, couvrant une surface de 3085 m2 est longue de 119 mètres, large de 26, pour une hauteur de 11 mètres. Construite en 1886 par la Compagnie d’Orléans, elle n’avait pas été rénovée depuis plus de quarante ans. C’est dire l’état dans lequel elle se trouvait lorsque les travaux ont été entrepris en octobre 2024 par l’entreprise mandataire Baudin– Chateauneuf.
Un important échafaudage prenant racine sur les quais supporte, à sept mètres du sol au-dessus des caténaires, un platelage où les ouvriers peuvent évoluer. Au fur et à mesure de l’avancement du chantier, une zone de confinement est installée pour le décapage des composants métalliques, opération préalable à la mise en peinture.
Pour Yannick Nicaud, responsable des travaux, « il s’agit d’un chantier tout à fait inédit en milieu ferroviaire. Il faut assurer la restauration tout en conciliant modernité et respect du patrimoine. »
Un lanterneau à double lame vitrée intégré à une couverture en zinc accueillera chaque panneau photovoltaïque. Les panneaux sont répartis sur plus de 2000 m2, soit les trois quarts de la surface totale de la toiture. Ainsi, cette installation venant en substitution d’une verrière feuilletée va permettre un allègement substantiel de l’ordre de 10 kilos par m2, soit un gain de 16 tonnes de matières.
Les panneaux installés représentent chacun 390 Kc soit une puissance totale de 327,6 KWc et couvriront 40 % des besoins en alimentation électrique de la gare.Par ailleurs, pendant les fortes chaleurs les voyageurs fréquentant la gare devraient bénéficier d’une baisse de la température de l’ordre de 4 degrés.
Les travaux prendront fin en mars 2026 pour accueillir les 6 000 voyageurs quotidiens. SNCF Gares & Connexions assure le financement total de l’opération, soit 17, 4 millions d’euros.

Conférence de financement des transports : la « dette grise » en débat
Le rendez-vous est donné à la préfecture de Marseille lundi 5 mai à tous les participants de la conférence de financement des mobilités. L’ouverture officielle d’Ambition France Transports se déroulera quelques heures plus tard, dans l’après-midi, toujours à Marseille, animée par François Bayrou, entouré de plusieurs de ses ministres du Transport, de l’Aménagement du territoire et du Budget. Le chef du gouvernement va rappeler que la priorité de l’action gouvernementale est de trouver les moyens de « réduire la fracture territoriale ». Le point de départ de la conférence est le constat d’une inadéquation entre les besoins de mobilités et les capacités de leur financement.
Le message de Matignon est clair, l’objectif n’est pas de revenir sur des arbitrages déjà faits, ni sur les engagements pris, mais de trouver des solutions pour les honorer. La priorité sera clairement donnée à la régénération des réseaux existants pour éviter leur vieillissement et leur dégradation. Autre thème brûlant qui sera au centre de l’un des quatre ateliers : l’avenir des concessions autoroutières. « La conférence sera l’occasion de reposer les bases d’un système robuste et pérenne, en tenant compte de la fin de concession, et d’envisager les alternatives possibles au financement de la route », confirme Matignon.
Le gouvernement promet d’arriver à Marseille avec un ensemble de données inédites, récoltées auprès des différentes directions et ministères, pour être sûrs de partir sur de bonnes bases, et disposer d’un diagnostic commun. Les travaux seront partagés entre quatre ateliers réunissant une quinzaine d’experts, d’élus, de fédérations professionnelles, d’associations d’usagers.
Le 20 mai, une réunion se tiendra au Conseil économique et sociale, le Cese, avec plusieurs « oubliés » de la manifestation : les syndicats et des représentants de la société civile et certaines associations, comme celle du vélo. Le 26 mai, c’est au ministère de l’Economie et des finances « le cœur du réacteur », que les débats se poursuivront avant un dernière rendez-vous au ministère des Transports, le 23 juin.
Début juillet, un séminaire de convergence devra permettre d’enclencher une dynamique commune, de ré-aligner les briques et de préparer des scénarios de financement. Ce rapport de synthèse devrait se présenter comme une matrice prenant en compte d’un côté une stratégie nationale bas carbone, au sein de laquelle le transport passe pour le dernier de la classe, et de l’autre, un cadre budgétaire contraint.
« Encore une fois, l’idée n’est pas de passer en revue les grands projets, mais d’aborder la problématique dans son ensemble. L’idée n’est pas non plus de lancer de nouveaux projets quand nous ne savons pas comment financer ceux qui sont déjà lancés », rappelle le gouvernement. En clair, la conférence doit répondre à la question, comment financer le panier de grands projets déjà lancés, ce que Bercy appelle la « dette grise ».

Plus de métro à Paris la nuit et le week-end
La hausse de la fréquentation du métro, en soirée et en fin de semaine se fait fortement sentir en Ile-de-France. Une étude a même démontré qu’elle était supérieure de plus de 20% par rapport à 2019. Après un premier renfort initié en mars sur la ligne 12, avec une augmentation des fréquences de +4%, la mesure va s’étendre aux lignes 5, 9 et 12, au cours des semaines prochaines.
La 5 et la 9 vont voir leur offre progresser de 5% à 8%, les dimanche à partir de mai et les samedi dès le mois de juin. La ligne 9 va également proposer le samedi après-midi des fréquences supplémentaires « sur une plage étendue« .
En semaine, la ligne 5 sera renforcée à partir d’octobre 2025 après 18h. Sur la ligne 11, plus de trains pourraient circuler le week-end dès la rentrée 2025. Par ailleurs, une étude sur les lignes 2, 3, 7 et 8 pourrait aboutir à plus de trains à horizon 2026.
La réserve de conducteurs pérennisée
Par ailleurs, Ile-de-France Mobilités a voté lors de son conseil d’administration d’avril la pérennisation de plusieurs mesures mises en place durant les JO Paris 2024. L’autorité francilienne a ainsi décidé du maintien d’un effectif important de conducteurs, notamment sur les lignes 6 et 8, et pour la desserte de sites événementiels comme l’Aréna Bercy (Ligne 6), ou le Stade de France (Ligne 13).
Côté Transilien, la réserve de conducteurs mobilisée pendant les J0 va être renforcée d’ici courant 2026 avec l’intégration des vingt conducteurs supplémentaires qui conduisent déjà sur d’autres lignes du réseau.
Renforcement de la vidéoprotection
La décision a aussi été entérinée de renforcer le nombre de régulateurs de flux à la gare du Nord et à Châtelet-les-Halles sur le RER B. Une équipe de maintenance supplémentaire d’intervention mixte signalisation-voie va être ajoutée à Necker, afin de prendre en charge les pannes survenant à la reprise d’exploitation du métro.
De son côté, SNCF Réseau s’est engagé à pérenniser un centre de supervision en Île-de-France pour analyser de manière systématique et opérationnelle les alertes remontées par les capteurs prédictifs de vidéoprotection aux heures de pointe, pour mieux sécuriser les infrastructures du réseau.
Enfin, Transilien SNCF Voyageurs augmentera ses stocks de pièces sensibles dans ses technicentres.
Transdev renforce ses positions dans le Nevada
Transdev étend son offre de services à Las Vegas. L’opérateur de transport public a annoncé le 30 avril avoir obtenu un nouveau contrat de transport adapté dénommé « paratransit » pour le compte de la Commission des transports régionaux du sud du Nevada (RTC).
La filiale de la Caisse des dépôt, qui va bientôt passer sous pavillon allemand, exploitait déjà, depuis juin 2023, le service de bus de Las Vegas.
Cette activité nouvelle comprend plus de 400 véhicules et l’emploi de 857 collaborateurs, dont 704 conducteurs. « Transdev U.S. gère désormais dans le sud du Nevada une flotte de plus de 800 véhicules et une équipe de plus de 2 300 collaborateurs. Le contrat initial de cinq ans, valorisé à 579 millions de dollars, comprend des options pouvant prolonger l’accord jusqu’à quatre ans », précise un communiqué.
Selon Thierry Mallet, le PDG du groupe, également cité dans le communiqué, Transdev U.S. exploite désormais « l‘un des réseaux de transport les plus étendus du pays ». L’année dernière, l’activité américaine a atteint 2,7 milliards d’euros, soit 27 % du chiffre d’affaires global du groupe, qui se présente comme « le plus grand opérateur privé et intégrateur de mobilités aux États-Unis, comprenant les bus, le transport adapté, le ferroviaire, le transport médicalisé non urgent, la micro-mobilité, les navettes et les véhicules autonomes« .

Grand Paris Express: Un nouveau dispositif pour renforcer la sécurité sur les chantiers
Après cinq décès survenus entre 2020 et 2023 sur les chantiers du Grand Paris Express, la SGP cherche à renforcer les mesures de sécurité. Elle a signé le 28 avril un accord avec la Fédération régionale des travaux publics Île-de-France, le Syndicat parisien des travaux publics (SPTP), l’Union des métiers de la terre et de la mer (UMTM), le Syndicat des entrepreneurs des travaux de voies ferrées de France (SETVF), le Syndicat des entreprises de la transition énergétique et numérique (SERCE), la Fédération française du bâtiment (FFB) Grand Paris Île-de-France et Syntec-Ingénierie.L’objectif est de sensibiliser 8 000 personnes par an, en priorité les nouveaux arrivants, grâce à des modules spécifiques pour les compagnons (une demi-journée), les encadrants (une journée) et les équipes de direction (une demi-journée). La SGP financera le dispositif, les fédérations professionnelles et les syndicats du BTP l’animera.Un comité de pilotage réunissant les signataires sera organisé durant le mois de mai pour construire le programme et lancer les premiers modules dès janvier 2026.
Coup d’envoi à l’extension de la grande vitesse ferroviaire au Maroc
Le roi du Maroc a donné le 24 avril le coup d’envoi des travaux d’extension de la ligne à grande vitesse devant relier, sur 430 km, Marrakech à Kénitra dans le nord ouest du pays. L’objectif est de la mettre en service à l’horizon 2030, à l’occasion du Mondial de foot co-organisé par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.
Le projet doit permettre de desservir les deux villes en 2h40, soit avec un gain de temps de plus de deux heures. Il est évalué à plus de 5 milliards d’euros. selon l’agence marocaine MAP
Un premier tronçon de ligne à grande vitesse s’étend déjà, depuis 2018, entre Tanger au nord et Casablanca au nord ouest.

La loi sur la sûreté dans les transports est promulguée
La loi sur la sûreté dans les transports a été promulguée le 29 avril au journal officiel. Elle comporte notamment la pérennisation du port de caméras-piétons pour les contrôleurs ainsi que la possibilité pour les forces de sûreté de la SNCF (Suge) et de la RATP (GPSR) de procéder à des palpations sans avoir besoin du feu vert des préfets.
En revanche, le Conseil constitutionnel a censuré, quelques jours auparavant, plusieurs dispositions dont une qui prévoyait la possibilité pour la Suge et le GPSR de pouvoir contraindre toute personne troublant l’ordre public à quitter les gares, stations ou véhicules. Une prérogative qui relève de la seule compétence des autorités de police selon l’institution.
Le Conseil constitutionnel a aussi censuré un article visant à équiper ces agents de pistolets à impulsion électrique et un autre sur la prolongation d’une la vidéosurveillance algorithmique lors de grands rassemblements comme cela avait été testé lors de JO Paris 2024.

Violence routière contre les cyclistes : les recommandations prioritaires de la « mission Barbe »
Après le décès du cycliste Paul Varry, 27 ans, tué par un automobiliste après une altercation en octobre 2024 à Paris, le gouvernement avait confié une mission au haut fonctionnaire Emmanuel Barbe sur les questions de partage de la voirie, de violences et tensions liées à la mauvaise cohabitation entre les usagers. « Une mort choquante et révoltante », a qualifié l’ancien délégué interministériel à la sécurité routière qui a remis le 28 avril son rapport au ministre des transports Philippe Tabarot.
Trois jours auparavant, un cyclotouriste perdait la vie sur une route départementale du Tarn, percuté par une voiture. En 2024, selon les chiffres cités dans le rapport Barbe, 222 cyclistes sont morts dans un accident de la circulation routière en France métropolitaine (7%). Au total, les adeptes de la mobilité douce (vélos, marche, trottinettes, gyropodes etc.) comptent pour 22 % de la mortalité routière. « Le partage de la voirie n’est pas vu comme une politique en tant que telle », a pu constater Emmanuel Barbe en auditionnant longuement les élus, les représentants des administrations, les techniciens. « L’Etat n’a aucun outil pour mesurer l’agressivité, la violence entre usagers de la voirie, dans l’enquête victimation, l’item violence a même disparu », regrette-t-il. Il s’exprimait à l’Hôtel de Ville de Paris lors d’un journée de débats organisée par le réseau Vélo&Marche.
40 recommandations
Parmi les 40 recommandations formulées dans son rapport (ici), 18 sont considérées comme « prioritaires » comme la vidéo-verbalisation des franchissements de feu par les automobilistes, le non-respect du sas vélo ou des voies réservées. Quitte à se servir de la surveillance algorithmique (récemment retoquée par le Conseil constitutionnel, lire ici) .
Ou des nouveaux barèmes d’amendes pour sanctionner davantage les infractions commises par les cyclistes. Il recommande aussi de changer les règles de dépassement d’un vélo par un véhicule motorisé, obligeant son conducteur à franchir complètement la ligne médiane, au lieu de se déporter d’un mètre (en ville) ou d’ 1,50 mètre (sur route) comme le code la route l’y oblige actuellement.
Certaines recommandations lui tiennent particulièrement à cœur, « même si elles ne sont pas sexy », admet Emmanuel Barbe. Par exemple, renommer le Code de la route, « Code de la voie publique », comme nos voisins belges. « Une mesure performative », pour lutter contre la place dominante de la voiture, défend-il « Le fait de le dire permet de le faire, et en plus, cette mesure ne coûterait rien ». Une autre, « très pratico-pratique« , consiste à peindre toutes les pistes cyclables de la même couleur. Ou d’ouvrir les portières de voiture « à la hollandaise » : c’est-à-dire avec la main droite afin de se retourner et voir un cycliste ou un piéton arriver.
Repasser le code ?
Il avait bien envisagé d’obliger les automobilistes à repasser périodiquement le code de la route pour apprendre les nouvelles règles nées avec la pratique du vélo (le double-sens cyclable, par exemple), ou de rendre le permis de conduire vélo obligatoire, mais a décidé d’écarter ces mesures « impopulaires ».
Il propose aussi des mesures visant à améliorer la formation et l’apprentissage du partage de l’espace public : des cours de vélo pour les nouveaux cyclistes, finançables par le compte professionnel de formation, et des enseignements plus ciblés sur les mobilités douces dans les auto-écoles.
Le rapport souligne le fort levier que représente la vélo pour répondre aux enjeux de pouvoir d’achat, de santé publique et de transition écologique. Un potentiel sous-exploité en raison du manque d’infrastructures, juge son auteur. Qui juge « dommage que l’Etat ait décidé d’abandonner le Plan vélo. Ça sanctionne la ruralité, regrette-t-il, les petites communes et intercommunalités n’ayant pas les moyens de construire des aménagements cyclables sécurisées, sans l’aide de l’Etat.
Le ministre des Transports Philippe Tabarot doit annoncer la suite qu’il entend donner aux recommandations de la mission Barbe dans les deux prochains mois. Avant cela, il ouvrira la conférence de financement des transports, le 5 mai prochain. Et les associations représentatives du vélo se disent « très inquiètes de ne pas y être invitées », souligne Françoise Rossignol, présidente de Vélo&Marche.