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  • Gilles Savary : « Agiter le chiffon rouge du statut ne fait pas une politique ferroviaire »

    Gilles Savary : « Agiter le chiffon rouge du statut ne fait pas une politique ferroviaire »

    Ville, Rail & Transports. Le gouvernement dit que, pour une fois, on ne va pas partiellement traiter la question du ferroviaire, mais le faire dans son ensemble. Vous avez été rapporteur de la loi de la réforme ferroviaire de 2014. La réforme qui s’annonce vous semble-t-elle complète ? Plus que la précédente ?

    Gilles Savary. On ne pourra répondre à cette question que lorsqu’on saura en quoi consiste vraiment la réforme gouvernementale.
    Le rapport Spinetta est finalement une compilation de travaux dont beaucoup ont été conduits depuis une quinzaine d’années. La classe politique comme la classe syndicale sont parfaitement informées de la situation du ferroviaire français. On s’est plusieurs fois penché à son chevet. Notamment depuis 2011, lorsque Nathalie Kosciusko-Morizet a lancé les Assises du ferroviaire. Le diagnostic était totalement posé. On s’est alors pour la première fois alarmé de l’endettement du ferroviaire et, depuis, on n’a pas cessé d’y réfléchir. On avait donc le diagnostic d’ensemble mais, effectivement, on n’a pas été au bout de la réforme. On a reculé devant un obstacle : l’obstacle syndical ; le conservatisme syndical. Or, depuis, il y a eu une radicalisation syndicale avec la compétition très étroite et très serrée entre SUD-Rail et la CGT Cheminots.

    En 2014, lorsque nous avons lancé la réforme, nous nous sommes posé toutes les questions. Faut-il anticiper la concurrence ? L’arbitrage a été : non. Faut-il conserver Gares & Connexions au sein de Mobilités ? L’arbitrage a été : oui. Nous avons ouvert la possibilité de recruter hors statut. Cela n’a quasiment pas été exploité. On s’est limité à une politique des petits pas. La politique, gauche et droite réunies, a dominé les intérêts du ferroviaire français et ceux de la SNCF.

    VR&T. La nouvelle réforme s’annonce donc comme une façon de parachever celle de 2014 ?
    G. S. Il est clair que le mur de la dette approche à grande vitesse. Le mouvement s’est même accéléré avec le financement des quatre nouvelles LGV lancées simultanément. De plus, les dates d’ouverture à la concurrence s’imposent à nous : le quatrième paquet ferroviaire a été voté. Enfin, la SNCF connaît d’énormes problèmes techniques dus à l’état du réseau, avec 4 500 km de voies ralenties et des incidents qui se sont multipliés dans les gares.

    Il y a donc des facteurs de mûrissement d’une réforme plus complète. Et puis, peut-être aussi y a-t-il plus de courage politique aujourd’hui de la part d’Edouard Philippe et d’Emmanuel Macron. Une réforme vigoureuse et complète sera beaucoup mieux comprise qu’elle n’aurait pu l’être il y a quelques années. L’état du chemin de fer était une affaire de famille entre syndicats, politiques et direction de la SNCF. Aujourd’hui, les choses apparaissent en plein jour : il y a de plus en plus d’usagers mécontents, la SNCF, ce super monopole du service public ferroviaire, ne cesse de reculer dans les classements (même s’il a de très beaux restes), que ce soit en termes de ponctualité, de sécurité, comparé aux réseaux ouverts à la concurrence comme en Grande-Bretagne, en Allemagne, ou en Suisse.

    Il y a une opportunité pour faire une réforme complète. Néanmoins, pour le moment, les choses ne sont pas complètement consommées, ou ne sont pas dites.

    VR&T. Que reste-t-il à dire ?
    G. S. Edouard Philippe a finalement assez peu parlé de ferroviaire. Il a tapé là où ça fait mal. Il a surtout agité le chiffon rouge du statut. La seule chose qui est claire, c’est qu’il n’y aura plus de statut, qu’on le supprime par extinction générationnelle. Mais cela ne fait pas une politique ferroviaire. Il est à la fois légitime et nécessaire d’alléger la SNCF d’un fardeau qui lui nuirait beaucoup dans un environnement ouvert à la concurrence. Il faut en garder certains éléments et, les autres, les réformer profondément. Mais je ne sais pas encore comment le gouvernement compte organiser la concurrence. Va-t-il le faire en ménageant une position dominante à la SNCF telle que personne ne veuille entrer sur le réseau ? Regardez comment Alain Vidalies a ouvert les TET à la concurrence : de telle sorte qu’aucun opérateur alternatif ne se présente.

    VR&T. Que pensez-vous du recours aux ordonnances ?
    G. S. C’est surtout une façon peu élégante d’éviter un débat parlementaire. Ceci dit, les organisations syndicales connaissent tous les tenants et aboutissants du débat. On n’a pas arrêté de mener des concertations avec les syndicats. Tous les éléments de l’équation d’aujourd’hui étaient posés.

    Il est nécessaire de rebattre les cartes en revenant sur le statut car il ne permet pas de se séparer du personnel pour incapacité professionnelle. Il faut aussi transformer la SNCF en société anonyme à capitaux publics, placer Gares & Connexions sous le giron de SNCF Réseau et filialiser Fret SNCF. Il faut peut-être aussi revenir sur la loi de 2014 pour alléger l’Epic de tête. Toutes ces perspectives ont toujours effarouché les pouvoirs publics.

    Les ordonnances ne changeront pas grand-chose. En 2014, on avait négocié très tôt avec les syndicats, et ils nous ont lâchés en rase campagne et nous avons eu 15 jours de grève. Il y aura une grève mais, même si le gouvernement n’avait pas annoncé qu’il y aurait recours, il y aurait eu une grève… qui aurait pesé sur les débats à l’Assemblée nationale et au Sénat. Les organisations syndicales jouent les vierges effarouchées, et je comprends que le recours aux ordonnances n’est pas très courtois à leur égard. Je pense surtout qu’il est dommage que cela ne permette pas à certains syndicats moins conservateurs que d’autres de se différencier, de porter une autre voix. Une voix de réforme de la SNCF et de relance du rail. C’est une question qu’illustre le débat ferroviaire mais qui est plus générale. A force de décider de tout directement, le gouvernement compromet une modernisation syndicale. Et c’est particulièrement vrai pour le chemin de fer, qui n’a pas les syndicats qu’il mérite.

    VR&T. Ce qu’a dit le Premier ministre, notamment sur sa préférence pour un groupe intégré, conduit-il à remettre en cause la précédente réforme de 2014 dont vous avez été l’un des artisans ?
    G. S. Il est possible que le gouvernement, pour faire plaisir aux cheminots, sacrifie une vraie concurrence à la suppression du statut. Le fait d’avoir un groupe très intégré est fatalement porteur de conflits d’intérêts et de favoritisme entre la branche Réseau et la branche Mobilités. Si on retourne à une SNCF une et indivisible plutôt qu’à un groupe, on reviendra à un monopole qui aura changé de statut, coûtera moins cher à l’Etat. Ce sera une réforme financière et comptable, on aura diminué la facture de l’Etat, mais on n’aura pas stimulé le rail par plusieurs opérateurs, comme dans tous les pays où le rail se développe. Aujourd’hui, je l’ai dit, on ne sait pas encore en quoi consistera la réforme. Mais je redoute que, pour des raisons politiques, on vise avant tout la fin du statut et que la concurrence devienne une variable d’ajustement. Et qu’il sorte de tout cela un modèle ferroviaire assez peu dynamique.

    Mais, si on filialise Fret SNCF, si on transforme les Epic en SA à capitaux publics et si on place Gares & Connexions dans SNCF Réseau, on sera sur un modèle DB et, en réalité, pas très loin de la réforme de 2014 qui sera ainsi complétée.

    VR&T. Sur la dette, l’Etat ne dit pas ce qu’il fera, dit simplement qu’il prendra sa part, sans préciser laquelle, à la fin du quinquennat. N’est-ce pas étrange et regrettable ?
    G. S. Emmanuel Macron a pris les syndicats à leur propre piège : ceux-ci avaient dit refuser le donnant-donnant consistant à demander des efforts aux cheminots contre une reprise de la dette. Désormais, il dit : vous n’aurez plus le statut et je ne m’engage pas sur la dette… Le donnant-donnant a été tout de suite récusé par les syndicats. Ils n’avaient pas entièrement tort, car la dette est surtout liée à la politique d’investissement de l’Etat plutôt que statut. Que l’Etat désendette ou pas ne change rien au fait qu’une partie de la dette est maastrichtienne. Et donc qualifiée déjà comme dette d’Etat. Pour l’Etat, c’est neutre… mais pas pour le système ferroviaire. S’il n’y a pas de reprise de la dette et si l’entreprise en ressort encore plus intégrée, ce serait une très faible réforme ferroviaire.

    Il faut une véritable réforme car le rail peut avoir un bel avenir, alors qu’il est empêtré dans des conservatismes invraisemblables. Pour qu’elle réussisse, il faut mettre à profit les deux mois qui viennent pour informer les Français de l’état de leur chemin de fer. La SNCF est une grande entreprise publique marquée par une grande opacité, et les Français n’ont pas vraiment idée de ce qu’est leur chemin de fer.

    VR&T. Les petites lignes risquent de disparaître à terme…
    G. S. Ce qu’a fait le gouvernement – déconnecter le sort des petites lignes du statut – est assez habile vis-à-vis des Français qui sont attachés à l’aménagement du territoire. Je crois que le statut des cheminots n’est plus populaire auprès des Français. Par contre, pour eux, les petites lignes, ça a du sens.

    On voit bien où veut aller Edouard Philippe pour ne pas cumuler toutes les oppositions. Il ne veut pas régler le problème depuis Paris et, comme les régions adorent les petites lignes, il compte probablement leur refiler la patate chaude…

    Ce n’est pas parce qu’il fait preuve d’habileté tactique que le problème a disparu. Il faut faire attention : il y a des petites lignes très déficitaires mais qui ont du sens. Il y a aussi des lignes qu’on a laissées tomber alors qu’elles pourraient avoir du sens. La concurrence pourrait d’ailleurs les faire revivre et amener une dimension d’aménagement du territoire.

    Il faut que les Français comprennent que c’est une réforme pour développer le rail et non pas pensée contre les cheminots. Il ne faudrait pas qu’on enferme le débat dans la question du statut et qu’on ostracise les cheminots. Ils défendent leurs avantages acquis, on peut le comprendre et ils ne sont pas les seuls à le faire.

    Les ordonnances ont mis au centre du jeu le statut et cela ne va pas éclaircir le débat. Il faut vite en sortir et j’espère qu’on parlera enfin de relance du ferroviaire.

    Propos recueillis par François Dumont et Marie-Hélène Poingt

  • MTR et Keolis seuls en lice pour les trains régionaux gallois

    MTR et Keolis seuls en lice pour les trains régionaux gallois

    Filiale des Chemins de fer néerlandais (NS), Abellio n’est plus candidat à la reprise de la franchise ferroviaire Wales & Borders, qui comprend l’exploitation des trains régionaux gallois et des régions anglaises frontalières, ainsi que la mise en œuvre du projet « Metro » sur les lignes à électrifier dans les vallées du sud du pays de Galles.

    Cette déclaration a été faite par écrit à Transport for Wales (TfW), l’autorité organisatrice des transports du gouvernement gallois. La raison invoquée par Abellio est la liquidation du groupe britannique Carillion, dont la filiale des NS était partenaire.

    Ce retrait, qui survient après celui de l’exploitant sortant Arriva (groupe DB) en octobre dernier, ne laisse plus que deux soumissionnaires pour la reprise des trains gallois : MTR et KeolisAmey. Le second est une joint-venture entre Keolis et d’Amey, spécialiste britannique de la maintenance des infrastructures, qui exploite le métro automatique des Docklands (DLR) et le tram de Manchester (Metrolink).

    Le nom du prochain exploitant de la franchise Wales & Borders devrait être connu en octobre prochain.

  • Grande-Bretagne. Virgin Trains pourrait se voir retirer la franchise de la côte est

    Grande-Bretagne. Virgin Trains pourrait se voir retirer la franchise de la côte est

    On s’attend à ce que la franchise des trains grandes lignes sur la ligne de la côte est (ECML, Londres – nord de l’Angleterre – Ecosse) soit retirée à Virgin Trains dans les prochains mois pour cause de non-versement des redevances d’exploitation. Et question qualité de service au dernier trimestre 2017, les nouvelles ne sont pas fameuses non plus pour les deux filiales ferroviaires du groupe de Sir Richard Branson, présentes à la fois sur la côte est et la côte ouest (WCML, Londres – nord-ouest de l’Angleterre – Ecosse).

    Globalement, ces deux franchises Virgin se retrouvent en queue de classement au niveau national selon l’organisme de régulation ORR (Office of rail and road) pour les « trains en retard d’au moins une demi-heure ou annulés », avec 9 % sur la WCML et 8 % sur l’ECML. Toutefois, si l’on se base sur la ponctualité globale, c’est Govia Thameslink Railway (filiale de Go-Ahead et Keolis) qui ferme le classement avec 76,8 % de trains à l’heure ou avec moins de dix minutes de retard. Desservant le bassin londonien autour de l’axe nord – sud Thameslink, cette franchise est touchée depuis 22 mois par le plus long mouvement social de l’histoire britannique, autour de l’introduction de l’exploitation à agent seul.

  • La CGT s’inquiète d’une vente de Geodis pour éponger la dette ferroviaire

    La CGT s’inquiète d’une vente de Geodis pour éponger la dette ferroviaire

    Les réponses sont évasives quand on évoque la dette de SNCF Réseau évaluée à 46,6 milliards d’euros en 2017. Dans son rapport, Jean-Cyril Spinetta évoque, sans la détailler, une reprise par l’Etat, qui pourrait être progressive ou unique, mais qui, dans les deux cas, alourdirait la dette publique. Quant au gouvernement, il en repousse l’échéance, comme l’ont fait avant lui les autres : « Les efforts devront être partagés. Dès lors que la SNCF y aura contribué, l’Etat prendra sa part de responsabilités avant la fin du quinquennat », s’est borné à indiquer le Premier ministre le 27 février en présentant la réforme ferroviaire.

    La CGT Cheminots évoque de son côté des études déjà lancées sur la vente de trois filiales de la SNCF : ICF, qui gère le vaste parc immobilier du groupe et ses 100 000 logements, Ermewa, qui loue des wagons spécialisés, et surtout Geodis, le pôle marchandises et logistique. « Lorsqu’elle nous a reçus, la ministre des Transports nous a affirmé qu’elle n’a aucune information sur le sujet et que si c’était le cas, elle le saurait. Mais de notre côté, nous entendons dire que Geodis pourrait être vendu dans trois ans. Le groupe serait évalué autour de 11 milliards d’euros, ce qui permettrait d’éponger une partie de la dette », nous confie Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT Cheminots.

    Pour la direction de la SNCF, ce serait une très mauvaise nouvelle. Soucieux d’écarter ce danger, les dirigeants cherchent depuis plusieurs mois à convaincre que toute vente à la découpe du groupe serait une erreur. Même si l’APE (l’Agence des participations de l’Etat) a écarté l’année dernière la SNCF de la liste des entreprises à proposer au marché, la Société nationale sait que l’option de vendre des filiales est tentante pour Bercy. Or, Geodis, source de très importants bénéfices pour le groupe, génère le tiers de ses revenus. Si Geodis était vendu, la SNCF affirme qu’elle basculerait dans le rouge…

    Cette option, fondée sur une vision à court terme, serait aussi un sérieux revers pour Guillaume Pepy qui a bâti toute sa stratégie sur les synergies du groupe et sur son ambition d’en faire l’un des leaders mondiaux du transport. Voyageurs et marchandises.

    Marie-Hélène Poingt

  • Réforme ferroviaire. La CGT Cheminots remettra un rapport au Premier ministre le 7 mars

    Réforme ferroviaire. La CGT Cheminots remettra un rapport au Premier ministre le 7 mars

    « La CGT est en train d’élaborer un rapport que nous souhaitons remettre au Premier ministre le 7 mars », a indiqué Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT Cheminots, en sortant d’une réunion avec Elisabeth Borne, la ministre des Transports, le 1er mars. « Nous avons la volonté d’avoir un débat contradictoire et voulons montrer que nous ne sommes pas un syndicat archaïque comme certains veulent le faire croire », a-t-il ajouté.

    Selon le responsable syndical, la ministre a présenté la méthode, les différentes réunions prévues. « Mais, pour l’heure, Elisabeth Borne n’a pas écarté nos craintes. S’il s’agit de multiplier les réunions, nous y participerons mais sans beaucoup d’illusions sur le résultat final. Au-delà de la concertation, nous voulons de la négociation », souligne Laurent Brun.

    Le secrétaire général de la fédération CGT des cheminots regrette de ne pas savoir quelle va être la politique ferroviaire de l’Etat. « Qu’attend l’Etat du ferroviaire ? On ne le sait pas. Ce n’est pas une option politique acceptable », juge-t-il, en assurant qu’un front syndical existe désormais à la SNCF. Ce qui sera intéressant, c’est de voir comment les cheminots feront front, poursuit-il. « Il se murmure dans les couloirs que le gouvernement s’attend à un mois de grève. Ce que j’ai déjà dit, c’est qu’il faudra qu’on fasse plus… »

    M.-H. P.

  • Ligne 14. Et à la fin, c’est Siemens qui gagne

    Ligne 14. Et à la fin, c’est Siemens qui gagne

    La RATP a retenu Siemens pour le renouvellement et l’extension du système d’automatisation de l’exploitation des trains (SAET) de la ligne 14. En 2024, selon le calendrier arrêté par le gouvernement le 22 février, la ligne 14 sera terminée. Elle formera la colonne vertébrale du Grand Paris Express. Longue aujourd’hui de près de 9 km, elle aura alors été prolongée de 8 km au nord, de Saint-Lazare à Saint-Denis-Pleyel, et de 14 km au sud, d’Olympiades à l’aéroport Orly. Elle pourra transporter 40 000 passagers par heure et par sens, contre 30 000 aujourd’hui. Et sera la ligne la plus fréquentée du métro parisien.

    Le contrat passé par la RATP comprend à la fois le SAET, basé sur la technologie CBTC sans conducteur (communication based train control) et une option pour des prestations de maintenance sur la durée de vie du système. Siemens va renouveler le SAET existant et le poste de commande et contrôle centralisé (PCC), créer un PCC de repli mutualisé avec un outil de formation pour les exploitants, et équiper les premiers 35 trains MP14 commandés à Alstom pour la ligne à l’occasion de son premier prolongement au nord, jusqu’à Mairie-de-Saint-Ouen. (Précisons que le premier MP14 doit entrer en service sur la ligne 14 en 2019, après une phase d’essais fin 2018). Siemens va aussi installer le SAET sur les prolongements nord et sud, et sur les 37 trains MP14 supplémentaires prévus pour équiper la ligne complète. Les prestations de Siemens seront réalisées depuis Châtillon, son centre de compétence mondial pour les automatismes sans conducteur. Le montant du contrat n’a pas été communiqué.

    La ligne 14 est équipée depuis ses débuts, en 1998, d’automatismes de Siemens (alors Matra Transport). La RATP a choisi le même industriel pour l’automatisation de la ligne 1 (effective depuis 2012) et pour celle de la 4 (à l’occasion de son prolongement jusqu’à Bagneux, en cours de réalisation, aux dernières nouvelles annoncé pour la mi 2021).

    Selon le groupe allemand, en continuant à « déployer le CBTC de Siemens [sur la ligne 14], la RATP garantit le maintien des performances d’exploitation, avec un train de huit voitures toutes les 85 secondes ». Pour Eric Cazeaux, CEO de Siemens Mobility France, « remplacer un système sans conducteur par un nouveau système sans conducteur, sans interruption de service, sera une première mondiale. » Et ce contrat est pour lui « une fantastique référence qui nous positionne idéalement pour les appels d’offres en cours et à venir dans le monde ».

    F. D.

  • La DB débloque 125 millions d’euros annuels pour se prémunir contre le changement climatique

    La DB débloque 125 millions d’euros annuels pour se prémunir contre le changement climatique

    Glissements de terrain, chutes d’arbres, crues, grosses chaleurs… « La Deutsche Bahn (DB) est concernée comme aucune autre entreprise par les effets du changement climatique », affirme Richard Lutz, le président de la compagnie ferroviaire publique allemande. A elles seules, les trois tempêtes de 2017 ont coûté entre 70 et 80 millions d’euros à la compagnie.

    Après avoir confié une étude à l’Institut de recherches sur le climat de Potsdam pour mesurer l’impact des catastrophes naturelles sur l’entreprise, la DB a décidé d’embaucher 150 personnes et d’investir 125 millions d’euros par an pour élargir les zones de déboisement des talus, installer des capteurs sismologiques, équiper les aiguillages de systèmes de chauffage ou encore installer des climatisations dans les armoires électriques sur postes d’aiguillage. « Nous nous dirigeons lentement vers des températures atteignant les 45 degrés », prévient l’institut qui ajoute : « Dans 20 ans, les phénomènes météorologiques extrêmes deviendront une normalité. »
    Christophe Bourdoiseau, à Berlin

  • « Nous craignons que le gouvernement recule aujourd’hui pour mieux sauter demain »

    « Nous craignons que le gouvernement recule aujourd’hui pour mieux sauter demain »

    Interview de Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse et président délégué de l’association qui regroupe des élus de villes petites et moyennes.

    Le 27 février, Elisabeth Borne, la ministre des Transports, a rencontré une délégation de Villes de France, inquiète des conclusions du rapport Spinetta qui préconise de réexaminer la pertinence économique des « petites lignes », quitte à les supprimer. Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse et président délégué de l’association qui regroupe des élus de villes petites et moyennes, a expliqué à VR&T quelles sont les craintes et les demandes des élus.

    Ville, Rail & Transports. Vous avez rencontré hier Elisabeth Borne pour lui faire part de vos inquiétudes sur l’avenir des petites lignes. Etes-vous rassurés ?

    Jean-François Debat. Non, même si Elisabeth Borne nous a confirmé qu’on ne fermera aucune ligne depuis un bureau parisien. La ministre a eu une attitude d’écoute mais elle n’a pas levé nos inquiétudes. Nous avons compris que la fermeture des petites lignes n’est plus un sujet d’actualité. Mais nous craignions qu’il ne revienne plus tard et que le gouvernement recule aujourd’hui pour mieux sauter demain. Aujourd’hui, on nous dit : « pas tout de suite », mais on ne nous dit pas : « jamais ! » Ce n’est pas acceptable.

     

    VR&T. Que craignez-vous demain ?

    J.-F. D. Dans son rapport, Jean-Cyril Spinetta explique qu’il faut donner la priorité aux relations de métropole à métropole, que les transports du quotidien sont d’abord ceux de l’Ile-de-France et qu’il faut réexaminer la pertinence de certaines petites lignes, exclusivement en province. Or, ces lignes ne sont pas forcément fréquentées que par quelques dizaines de voyageurs par jour, mais par des milliers de voyageurs.

    Avec ce raisonnement, certaines liaisons comme Lyon – Bourg-en-Bresse ou Lyon – Roanne risquent d’être considérées comme n’étant pas rentables alors que ce sont des lignes structurantes pour nos territoires.

    Est-ce que la rentabilité doit devenir le seul critère pour juger de la pérennité de la ligne ? Si l’on évalue le coût de chaque ligne, de chaque arrêt, on finira par demander demain aux collectivités de payer une contribution de service public pour que la ligne soit maintenue. C’est cette logique que nous voyons venir.

    Si on reporte le financement de ces lignes sur les collectivités, cela revient à condamner ces dessertes. Cela revient aussi à abandonner des millions de Français qui pourraient être tentés par le vote populiste.

     

    VR&T. Quelles sont vos autres demandes ?

    J.-F. D. Nous avons expliqué à Elisabeth Borne que nous sommes prêts à travailler à une meilleure coordination entre les autorités organisatrices de la mobilité sur la question des horaires ou de la tarification. La ministre a marqué sa volonté de nous associer à ce travail. Nous allons aussi participer aux ateliers pour préparer la future loi d’orientation sur la mobilité.

    Enfin, nous avons rappelé quels sont, selon nous, les enjeux qui touchent à la réorganisation de la SNCF, en particulier les gares, qui passeront peut-être demain dans le giron de SNCF Réseau. Pour nous, les gares sont des outils d’aménagement du territoire. Ce sont des bassins de vie, reliés par les transports publics et liés à l’activité économique des territoires. Elles ne peuvent être gérées uniquement en fonction du service public ferroviaire. De plus, nous participons à leur financement, nous avons donc notre mot à dire.
    VR&T. Qu’allez-vous faire maintenant ?

    J.-F. D. J’ai lancé une pétition en ligne sur Change.org pour soutenir la liaison Lyon – Bourg-en-Bresse. Nous allons continuer à associer les citoyens et à leur demander d’exercer une vigilance citoyenne active sur la pérennité de nos lignes.

    Propos recueillis par Marie Hélène Poingt

  • Syndicats. Le rendez-vous du 15 mars

    Syndicats. Le rendez-vous du 15 mars

    Si, le 14 mars le gouvernement persiste dans sa volonté de légiférer par ordonnances, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF, CGT Cheminots, Unsa-Ferroviaire, SUD Rail et CFDT Cheminots appelleront à faire grève dès le lendemain.

    Elisabeth Borne va recevoir le jeudi 1er mars, à séparément, les représentants des quatre syndicats représentatifs de la SNCF :  CGT-Cheminots, Unsa Ferroviaire, SUD Rail, CFDT Ferroviaire,  ainsi que FO Cheminots. Des entretiens qui vont prendre l’essentiel de la journée de la ministre, de 8h30 jusqu’au milieu de l’après midi.

    Mardi 27 février, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF, CGT Cheminots, Unsa-Ferroviaire, SUD Rail et CFDT Cheminots avaient  décidé, réunis en interfédérale, au lendemain de la déclaration du Premier ministre sur la réforme ferroviaire, du dépôt d’une alerte sociale dès le mercredi 28 février. Le mercredi 14 mars, le gouvernement a prévu d’adopter en conseil des ministres son projet de loi l’habilitant à légiférer par ordonnances sur la réforme de la SNCF. Les syndicats ont arrêté une position commune : si le gouvernement persiste, ils appelleront à une grève reconductible commençant le 15 mars. Les quatre OS, qu’elles soient considérées réformistes (Unsa-ferroviaire, CFDT Cheminots), ou « dures » (CGT Cheminots, SUD-Rail), partagent une grande partie des analyses sur le projet du gouvernement. Pour elles, le statut des cheminots n’est pas un obstacle à un bon fonctionnement de la SNCF.

    En revanche, la question de la dette n’est pas traitée par le gouvernement. Quant aux petites lignes, si elles sont à première vue sauvées, c’est pour mieux laisser le soin aux régions de leur faire un sort. Et le recours aux ordonnances ne passe pas. Explications.

     

     
    CGT-Cheminots
    « Fermement opposée à la concurrence »

    La CGT-Cheminots a publié le soir de la déclaration d’Edouard Philippe un communiqué rappelant qu’elle est « fermement opposée à la concurrence ». Le syndicat précise : « Nous réaffirmons que l’ouverture à la concurrence n’est pas gage d’efficacité et de développement pour le mode ferroviaire. Les exemples multiples dans d’autres pays le démontrent. » De plus, le syndicat considère que « l’ouverture à la concurrence n’est pas obligatoire », en se fondant sur le règlement européen OSP, qui autorise le maintien de l’attribution directe des services ferroviaires (sans appel d’offres).

    La CGT considère que « le gouvernement doit reprendre intégralement la dette », alors qu’il remet à plus tard son traitement. Pour la CGT, le gouvernement « laisse la responsabilité aux régions de décider du maintien ou non des lignes régionales du réseau ferré national. » En « pleine période de restrictions budgétaires », cela laisse mal augurer de l’avenir des petites lignes.

    La CGT exige d’autre part le « retour à une entreprise publique unique et intégrée », pense que le gouvernement « veut liquider purement et simplement le Fret SNCF », sur lequel rien n’est dit. La fédération réaffirme quelle « n’acceptera pas la fin du statut pour les futurs embauchés ». Elle va publier prochainement un rapport sur l’avenir du transport ferroviaire public.

    Unsa-Ferroviaire
    « C’est presque une provocation »

    Roger Dillenseger, président de l’Unsa-ferroviaire, a fait part de ses analyses au Point. Le gouvernement, dit-il « se focalise sur le statut des cheminots, comme si c’était la première urgence à traiter. Nous sommes circonspects. Le ministre parle d’un statut rigide, alors qu’il a quand même été modifié ces dernières années. Ce statut est un équilibre entre les contraintes et les compensations, la question est soulevée de redéfinir cet équilibre. Mais si l’on n’enlève pas les contraintes, on ne touche pas aux compensations, c’est aussi simple que ça. Aujourd’hui, ce n’est pas le statut qui empêche le bon fonctionnement du système ferroviaire. Au contraire, il permet de former, de fidéliser les salariés, de travailler 24 heures sur 24. Une chose que ne permet pas le code du travail…»

    Ce qui est pénalisant, ce n’est donc pas le statut, « c’est la question de la dette et du financement global, qui ne sont pas traités. La dette de l’entreprise est liée aux investissements massifs pendant trois décennies dans les lignes à grande vitesse, alors que les petites lignes ont été délaissées. Ce n’est pas un choix de la SNCF, mais un choix de l’Etat. »

    Pour les petites lignes justement, Roger Dillenseger « pense que le ministère n’a pas voulu tout mettre sur la table en même temps ». Mais, sur le fond, ce sursis ne lui laisse guère d’espoir : « Le gouvernement affirme qu’il abandonne la fermeture des petites lignes, mais ne propose aucune solution pour financer leur réhabilitation. »

    La méthode le choque particulièrement. « La concertation est annoncée, mais elle est accompagnée d’une épée de Damoclès qui pèse au-dessus de nos têtes. Avant même qu’elle ait eu lieu, le ministre prévient que, si le débat venait à se prolonger, le gouvernement devrait “prendre ses responsabilités”. Pour nous, c’est quasi inacceptable. On est à la limite de la démocratie. » Et, alors qu’il juge que « le statut peut évoluer en interne », l’attaque frontale du gouvernement « constitue, pour nous, l’ouverture d’un bras de fer ».
    Et de conclure : « Je n’imagine pas que les cheminots restent sans se mobiliser sur une telle annonce, car on touche au cœur sensible du système ferroviaire : le statut. C’est presque une provocation. Nous nous mobiliserons pour le maintien de notre statut. »

    SUD-Rail
    « La plus grande attaque contre les droits des cheminots »

    « Sans surprise, le 27 février, le Premier ministre a lancé la plus grande attaque contre les droits des cheminots depuis bien longtemps », déclare SUD-Rail dans un communiqué. « A coups d’arguments fallacieux, en faisant porter la responsabilité aux travailleurs du rail de décennies de politiques des transports de l’Etat, il annonce vouloir recourir aux ordonnances pour mettre fin au statut des cheminots et rogner sur l’ensemble du contrat social pour payer la facture ! Supprimer le statut, c’est créer une concurrence entre les salariés au sein même d’une SNCF dont le statut d’entreprise publique serait également remis en cause. Pour l’ensemble des cheminots, quel que soit leur service, ce double statut constituerait une pression permanente à la baisse sur les conditions d’emplois des salariés. »

    Or, « ces néosalariés (au code du travail comme dit le Premier ministre) seraient transférables et corvéables à merci, sans possibilité de refus. A travers la stigmatisation des cheminots et de leur statut, le gouvernement balaie sous le ­tapis et ne répond pas aux questions centrales du règlement de sa dette ferroviaire et des missions de services publics de SNCF ».
    Sur les petites lignes, SUD-Rail considère que, « contrairement au discours rassurant, le réseau secondaire n’est pas sauvé, au contraire, la responsabilité de son maintien est bel et bien transférée aux régions, ce qui dessine un plan de fermeture de bon nombre d’entre elles, faute de financements. La casse sociale qui en résulterait se mesurera à coup de milliers d’emplois cheminots supprimés dans tous les services ! »

    CFDT
    « Oui, l’entreprise doit évoluer, mais avec les cheminots, pas contre les cheminots »
    Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, déclare aux Echos du 27 février : « Le gouvernement pouvait se permettre de procéder par ordonnance sur la réforme du marché du travail, car il l’avait clairement dit pendant la campagne et parce que la réforme est intervenue juste après l’élection. Ce n’est pas le cas pour la SNCF. Si le gouvernement donne le sentiment qu’il se précipite, ça se passera mal. »

    Sur le fond, Laurent Berger précise la position de son organisation à propos de la concurrence : « Nous ne la voulions pas mais nous ne sommes pas fermés à regarder les conditions de la mise en œuvre. » Sur la gouvernance, la SNCF, dit-il « doit rester une entreprise publique et, dans ce cas, nous pouvons débattre des évolutions éventuelles ». Pas de casus belli, donc, aux yeux du dirigeant de la CFDT.

    Mais tout ce qui tourne autour du statut ne passe pas. « Quant au statut des agents, expliquez-moi en quoi cela nécessite des ordonnances ? Un tel dossier doit être traité par la concertation et la négociation au sein de l’entreprise. Surtout, les difficultés de l’entreprise ne peuvent se résumer au statut des cheminots, après des années de sous-investissement. Oui, l’entreprise doit évoluer, mais avec les cheminots, pas contre les cheminots. Là, on leur présente la réforme en disant :  “Tout cela est un peu de votre responsabilité, alors on va vous remettre au boulot”. Je ne laisserai personne cracher à la figure des cheminots, pareil pour les fonctionnaires. »

  • Résultat net de 1,3 milliard d’euros pour la SNCF

    Résultat net de 1,3 milliard d’euros pour la SNCF

    Les résultats présentés le 27 février par la SNCF contrastent singulièrement avec le tableau sombre d’un système à la dérive, dressé la veille par le Premier ministre pour justifier une vaste réforme ferroviaire. Le groupe affiche en effet un résultat net de plus d’1,3 milliard d’euros (contre 567 millions un an auparavant) sur l’exercice 2017. Mais l’entreprise préfère toutefois mettre l’accent plus modestement sur le résultat net récurrent part du groupe qui s’élève tout de même à 679 millions d’euros (218 millions l’an dernier) car, explique-t-elle, le résultat net d’1,3 milliard d’euros est artificiellement gonflé de 650 millions d’euros grâce à un dispositif fiscal, les impôts différés actifs.

    L’activité a également augmenté de 4,2 % comparé à 2016, et atteint 33,5 milliards d’euros (à périmètre et change constants). Un dynamisme expliqué par la politique commerciale de l’entreprise « générant une forte croissance du volume de voyageurs et de marchandises transportés ». Selon Guillaume Pepy, le PDG de SNCF Mobilités, « la performance commerciale est très bonne, on observe un véritable rebond du train et une politique du volume qui porte ses fruits ».

    La progression du trafic est particulièrement forte pour les TGV (+10 %). Pour le patron de SNCF Mobilités, cette reconquête commerciale, qui repose sur une baisse des prix (les prix ont baissé de 6 % en deux ans selon lui) et sur une hausse de l’offre, s’explique par trois éléments forts : outre la mise en service de trois nouvelles lignes à grande vitesse (Paris – Strasbourg deuxième phase, Bretagne – Pays de la Loire et SEA) qui ont gonflé le trafic, le lancement de l’abonnement TGV Max a conquis 100 000 jeunes et permis de vendre 1,5 million de voyages supplémentaires et le TGV à bas coûts Ouigo, en se développant, a transporté 7,6 millions de voyageurs (+53 % ).  « Ouigo est déjà à l’équilibre et devrait dégager des résultats en 2018-2019 », précise Guillaume Pepy.
    La croissance du trafic touche tous les autres trains de voyageurs  : elle est de 4,7 % pour les TER, de 3,3 % pour les Intercités, de 5,9 % pour Keolis ou encore de 48 % pour Ouibus. La croissance est aussi tirée par l’international, qui représente le tiers du chiffre d’affaires du groupe, grâce à Keolis et à Geodis. L’objectif est de parvenir à une activité réalisée pour moitié à l’international.

    En revanche, pour Fret SNCF, l’année est une fois encore décevante et les pertes atteignent 120 millions d’euros. « Nous travaillons sur deux axes : nous nous sommes reposés la question de la pertinence du fret ferroviaire et nous en avons conclu qu’il a une place : en le repositionnant, nous pourrons le faire progresser de 1 à 1,5 % par an. Ce n’est pas extraordinaire, mais au moins il y a une marge de progression », explique Guillaume Pepy. « Deuxième axe, nous travaillons sur un plan industriel pour redonner de la marge à Fret SNCF, autour de 30 à 50 millions d’euros », poursuit le patron de SNCF Mobilités, en annonçant que ce plan sera présenté au cours du premier trimestre.

    Pour poursuivre son développement, le groupe a recruté 12 000 personnes l’année dernière, tout en poursuivant ses efforts de productivité : plus de 830 millions d’euros de gains de productivité ont été réalisés, après les 825 millions comptabilisés l’an dernier, grâce à l’optimisation des achats et à la meilleure utilisation du matériel roulant et à une maintenance améliorée. A SNCF Mobilités, les dépenses ont été réduites de 521 millions d’euros, ce qui s’est traduit par la suppression de 2 100 postes. « Deux départs à la retraite sur trois sont remplacés », précise Guillaume Pepy. Côté SNCF Réseau, les efforts ont porté sur 150 millions d’euros, tandis qu’au niveau de la maison mère, les frais de structure ont été réduits de 160 millions d’euros. 8,8 milliards d’euros ont été investis en 2017, massivement pour régénérer et renouveler le réseau (pour 5,2 milliards), pour acquérir des trains (pour 2,3 milliards), 40 en Ile-de-France, 85 dans les territoires (financés par les régions) et 20 rames TGV, et pour digitaliser l’entreprise (à hauteur de 280 millions d’euros).

    Mais ces très bons résultats s’affichent sur fond de déséquilibres structurels du système ferroviaire : SNCF Réseau supporte une dette nette de 46,6 milliards d’euros qui a augmenté de 1,7 milliard d’euros en 2017. Quant à la dette structurelle, elle a crû de 2,1 milliards au cours de la même période. une équation impossible qui est de nouveau posée aux pouvoirs publics.

    M.-H. P.