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  • Des manifestations pour les derniers trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne

    Des manifestations pour les derniers trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne

     Une centaine de militants sont venus gare de Paris-Est, le 12 décembre, avec pyjamas, peluches et oreillers, pour saluer le départ des derniers trains de nuit vers Vienne et Berlin. Une mobilisation simultanée a eu lieu à Strasbourg et un rassemblement était aussi prévu à Vienne pour l’arrivée du train le lendemain matin à 10h.

    Tandis qu’une pétition rassemble 94 000 signataires en faveur de ces trains, les collectifs “Oui au train de nuit” et Back-on-Track « appellent les gouvernements français, allemand et autrichien à organiser les conditions d’un retour de la ligne Paris-Vienne, via une lettre aux ministres des Transports ». Ils ont également adressé une lettre ouverte à Jean Castex, PDG de la SNCF. Ils demandent aussi à l’Union européenne de « créer un cadre viable et pour cofinancer les trains de nuit ».

    En attendant, une reprise de la ligne vers Berlin a été annoncée pour le printemps 2026 par la coopérative European Sleeper.

  • Un nouveau système pour surveiller la vitesse des trains en Belgique

    Un nouveau système pour surveiller la vitesse des trains en Belgique

    Le gestionnaire des infrastructures ferroviaires belges a annoncé le 15 décembre avoir équipé de l’ETCS (European train control system) les principales voies du réseau. Soit 6399 km de voies dotées de ce système qui peut intervenir lorsque la vitesse maximale autorisée est dépassée.

    « Fruit d’une dizaine d’années de travail ayant mobilisé jusqu’à 1500 personnes, ce déploiement a été réalisé conformément au « Masterplan » approuvé à la suite de l’accident de Buizingen« , souligne Infrabel dans un communiqué. Cette collision entre deux trains, le 15 février 2010, à environ 14 km de Bruxelles, avait causé la mort de 19 personnes.

    Le système mis en place intervient immédiatement en ralentissant automatiquement ou en effectuant un freinage d’urgence lorsqu’un conducteur de train dépasse la vitesse autorisée ou ne respecte pas les feux de signalisation. Il a permis une augmentation progressive de la sécurité, tant pour les passagers que pour les marchandises, affirme le gestionnaire des voies. Les résultats des franchissements de feux rouges en attestent : ainsi, Infrabel a enregistré en 2024 deux fois moins de franchissements de feux rouges qu’en 2010 (51 contre 104).

    De plus, ETCS permet également d’uniformiser les systèmes de signalisation et favorise le trafic international, rappelle Infrabel en précisant que le réseau belge devient le deuxième en Europe à en être totalement équipé après le Luxembourg.

  • La RATP choisit Bouygues Energies & Services pour les bornes de recharge de ses véhicules de service

    La RATP choisit Bouygues Energies & Services pour les bornes de recharge de ses véhicules de service

    Le groupe RATP a annoncé le 10 décembre un contrat de cinq ans reconductible avec le groupement Bouygues Energies & Services (mandataire), entité d’Equans France et EPI Etudes et Projets Industriels, pour concevoir, installer et entretenir les Infrastructures de recharge pour ses véhicules électriques de service dans l’ensemble des sites du groupe en Île-de-France. Le marché s’élève à 6 millions d’euros.

    L’objectif est d’accompagner la conversion à l’électrique de l’ensemble des 1 300 véhicules légers (dont 246 déjà convertis) utilisés par la RATP en Île-de-France.

    Cela représente l’installation de plus de 550 points de charge répartis sur une soixantaine de sites (ateliers, parkings internes et sites administratifs) en petite et grande couronne (entre 3 et 90 points de recharge par lieu). Le contrat inclut aussi la reprise en exploitation des 150 bornes déjà existantes.

    Les travaux débuteront en janvier 2026 sur une quinzaine de sites déjà prêts à accueillir les bornes de recharge. Pour les autres, chaque installation sera précédée d’une étude menée par le bureau d’études EPI pour identifier les meilleurs emplacements et élaborer le calendrier des travaux.

    À terme, ce contrat pourrait être étendu à l’ensemble des sites exploités en France par le groupe RATP.

     

  • Le premier téléphérique urbain d’Ile-de-France se lance dans le Val-de-Marne

    Le premier téléphérique urbain d’Ile-de-France se lance dans le Val-de-Marne

    Un peu plus de trois ans après les premiers coups de pioche, le premier téléphérique urbain d’Ile-de-France prend son envol le 13 décembre dans le Val-de-Marne. Reliant en 4,5 km quatre communes (Créteil, Valenton, Limeil-Brévannes et Villeneuve-Saint-Georges) grâce à cinq stations, c’est aussi le plus long d’Europe, affirme Ile-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports franciliens.

    Le projet a été réalisé dans le cadre d’un groupement mené avec Doppelmayr. Il doit changer la vie de milliers de Val-de-Marnais grâce à un trajet en 18 minutes sur l’ensemble du tracé et une connexion directe avec la ligne 8 du métro, indique IDFM. Le téléphérique permet en effet de franchir facilement des coupures urbaines (routes, autoroutes, voies ferrées) présentes dans ce secteur.

    Faisant partie du réseau de transport public, il sera exploité par Transdev avec une tarification intégrée à celle de l’ensemble du réseau francilien. Ce sera alors une première en Ile-de-France mais ce sera le cinquième téléphérique urbain si l’on ne retient que les plus récents lancés sur le territoire national après celui de Brest (2016), Toulouse (2022), Saint-Denis de la Réunion (2022) et Ajaccio (octobre 2025).

    Une nouvelle tendance qui s’explique par quelques avantages :  il permet d’être réalisé en un temps plus court qu’un mode lourd comme le métro ou le tramway, et à un prix moins élevé : le câble francilien a coûté 132 millions d’euros, financés par Île-de-France (49 %), l’État (21 %) et le Conseil départemental du Val de Marne (30 %).

  • SNCF Réseau confie le reprofilage de rails à Vossloh

    SNCF Réseau confie le reprofilage de rails à Vossloh

    Vossloh a annoncé le 10 décembre, avoir remporté, auprès de SNCF Réseau, un important contrat de reprofilage de rail sur le réseau national, hors Corse.

    Le contrat d’une durée de deux ans, comprend une option permettant de le prolonger jusqu’à trois années supplémentaires. Il débutera en 2026 et permettra de traiter en moyenne 200 km de voies par an.

    Le procédé choisi combine fraisage et meulage afin de corriger avec précision le profil transversal et longitudinal du rail. Il doit permettre un traitement complet du profil du rail en un seul passage, si les défauts ne sont pas trop profonds et si l’état du rail l’autorise.

    Au cours de la première année du contrat, les travaux seront réalisés dans 11 Infrapôles. La planification a été partagée entre les équipes de SNCF Réseau et de Vossloh afin d’optimiser les temps d’utilisation du train de fraisage et minimiser ainsi les temps de transfert.

    Dans le cadre de cet appel d’offres, les deux partenaires ont engagé des discussions pour utiliser de nouvelles machines et des technologies innovantes comme des systèmes de surveillance numérique.

  • La région Sud commande 22 Régiolis de plus pour les lignes de Provence et des Alpes

    La région Sud commande 22 Régiolis de plus pour les lignes de Provence et des Alpes

    La région Sud a annoncé le 10 décembre, la commande de 22 Régiolis Coradia au groupement CAF – Alstom pour un montant de près de 250 millions d’euros. Ils sont destinés aux lignes Est Provence et ligne des Alpes, le lot 3, remporté en octobre par SNCF Voyageurs.
    Les trains seront conçus et assemblés sur le site CAF de Reichshoffen — racheté à Alstom en 2022 —, avec des éléments (moteurs, bogies, etc.) fabriqués dans cinq sites Alstom en France : Le Creusot, Ornans, Tarbes, Villeurbanne et Saint-Ouen.
    « Cette commande contribue à consolider la charge de travail du site CAF de Reichshoffen », a déclaré Alain Picard, directeur général de CAF France.
    Ces 22 Régiolis s’ajouteront aux 17 rames de ce type déjà acquises par la région. Il s’agit de rames électriques, composées de six voitures et offrant 310 places assises. Elles disposeront de larges baies vitrées, d’un éclairage LED indirect, de sièges équipés d’accoudoirs, de liseuses, de prises électriques et de porte-vêtements. La région a aussi demandé un aménagement intérieur spécifique offrant un nombre plus important de places orientées dans le sens de la marche, et deux espaces pour les personnes à mobilité réduite.
    Les rames seront progressivement livrées dans le courant de 2029, pour une mise en service en fin d’année.

  • Saemes et Sogaris s’associent pour ouvrir les parkings urbains à la logistique

    Saemes et Sogaris s’associent pour ouvrir les parkings urbains à la logistique

    Les concessionnaires de parking s’inquiètent de la réduction de la place de la voiture dans les villes mais voient se développer la logistique urbaine et les livraisons du dernier kilomètre. Le géant du parking Indigo a ainsi annoncé l’été dernier son rapprochement avec la société Corsalis, foncière spécialisée dans la logistique. Son concurrent Saemes entend lui aussi créer dans ses parkings des emplacements dédiés aux colis.

    La société d’économie mixte parisienne vient à son tour d’annoncer l’entrée à son capital de Sogaris, foncière de logistique urbaine. Sogaris reprend la participation de la Banque des Territoires qui détenait 9,78% du capital de Saemes. « Ce transfert de nos parts est une façon de permettre l’accélération du développement de la logistique de proximité à Paris en s’appuyant sur les opportunités offertes par les parkings exploités par Saemes », justifie  Richard Curnier, directeur régional Ile-de-France de la Banque des Territoires.

    L’opération ouvre la voie à des co-investissements ciblés, notamment dans le cadre des futurs appels d’offres de rénovation et de modernisation de parkings concédés. Saemes et son nouvel actionnaire estiment pouvoir proposer une meilleure exploitation et adaptation des ouvrages souterrains et renforcer la capacité de Saemes à accompagner la Ville de Paris, son actionnaire majoritaire et les territoires du Grand Paris.

    Des concessions plus courtes

    Créée en 1979, Saemes exploite 65 parkings en Ile-de-France (29 200 places) et accueille plus de 2,2 millions de clients par an. Elle a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de plus de 52 millions grâce à des activités de construction et rénovation, d’exploitation et de conseil.  » Nous participons à une dizaine d’appels d’offres par an, rapporte Carine Saloff-Coste, directrice générale du groupe, mais les nouveaux contrats offrent une durée de concessions beaucoup plus courte que par le passé « .

    Société à mission depuis octobre, Sogaris est une foncière spécialisée dans les solutions immobilières pour la logistique urbaine et les livraisons du dernier kilomètre. Son réseau d’espaces logistiques comporte notamment une nouvelle classe d’actifs avec des hôtels logistiques et des espaces de proximité. Dans son plan stratégique à dix ans, il entend se positionner comme l’acteur de référence de la logistique urbaine pour le Grand Paris, grâce à 500 millions d’euros d’investissement.

    Si l’activité la plus rentable pour un gestionnaire de parking reste le stationnement de voitures, de nouvelles pistes doivent être envisagées pour anticiper les nouvelles mobilités urbaines : places pour vélos, bornes de recharge électrique.  » Notre modèle est en train de changer. Il y a des paris à faire sur l’avenir et la logistique de proximité en est un « , justifie la patronne de Saemes.

     

     

     

     

     

  • Ouverture à la concurrence : le rapport qui remet en cause quelques idées reçues

    Ouverture à la concurrence : le rapport qui remet en cause quelques idées reçues

    Contrairement aux discours souvent entendus, l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire coûte très cher, affirme une étude réalisée par le cabinet 3E Consultants. Le rapport, publié début décembre à la demande des élus de l’Instance commune du groupe unifié SNCF, pointe la responsabilité des régions, autorités organisatrices des TER, qui ont vu leur rôle se renforcer avec l’ouverture à la concurrence et dépensent à présent « sans compter » pour exercer leurs prérogatives.

    Il en est ainsi des indemnités versées par les collectivités aux candidats malheureux aux appels d’offres. « Ces indemnités constituent des sorties d’argent public pour rien, dans une période où ces montants auraient pu financer un développement de l’offre ferroviaire« , souligne le rapport. Plus de 7,2 millions d’euros auraient ainsi été versés pour les entreprises ayant répondu à un appel d’offres « sans avoir fait rouler un train« , note dans un communiqué la CGT Cheminots.

    Des questions sur la pertinence du nombre croissant d’ateliers de maintenance

    De nombreuses régions ont également créé des Sociétés publiques locales (SPL) pour piloter les contrats de TER, acheter du matériel roulant ou faire construire de nouveaux ateliers de maintenance. Certaines ont levé des montants « colossaux de dettes« , affirment les auteurs du rapport . Le morcellement des achats de rames représenterait ainsi plus de 4,4 milliards d’euros, indique le le syndicat. Le rapport s’interroge aussi sur la pertinence du nombre croissant d’ateliers en construction. Ses auteurs en ont recensé pas moins de 19 prévus par sept régions. « Le coût minimal de ces installations avoisinerait les 700 millions d’euros« , précisent-ils.

    Toujours selon eux, les régions jouent du rapport de force pour « pressuriser » SNCF Voyageurs en lui demandant économies et gains de productivité. Ces efforts sont réalisés en grande partie sur le dos des salariés, estiment les consultants en évoquant « la rationalisation et la déshumanisation de la distribution« .  Les opérateurs ferroviaires sont ainsi incités à réduire les horaires d’ouverture de leurs guichets, voire à les fermer et à les remplacer par des alternatives, par exemple le recours à des bureaux de La Poste. Ce qui se fait aussi au détriment des voyageurs.

    Des prix qui continuent à se renchérir

    Autre idée reçue et contestée par le rapport : l’ouverture à la concurrence devait tirer les prix vers le bas, disait-on. L’Association française du rail, qui rassemble les concurrents de la SNCF, estime ainsi que les prix ont baissé de 30 % sur la ligne Paris-Marseille et de 10 % entre Paris et Lyon, deux lignes où Trenitalia affronte SNCF Voyageurs. L’Afra rappelle aussi que l’offre ferroviaire a augmenté de 16 % sur Paris-Lyon.

    Ce n’est pas l’avis du cabinet 3E Consultants qui met en avant des « hausses notables » de tarifs, que ce soit sur les lignes commerciales ou TER. Selon lui, sur l’axe Sud-Est, la recette par billet a progressé de 5 % entre 2021 (date de l’arrivée de la compagnie italienne) et 2024. Les hausses s’expliquent par l’inflation, admettent les consultants, mais aussi par la nécessité de financer la rénovation du réseau qui pousse le gestionnaire des infrastructures à dégager du cash.

    Et s’ils reconnaissent que la concurrence offre des prix plus bas que la compagnie historique, ils estiment que cette baisse est « artificielle« . Elle est permise par les rabais consentis par SNCF Réseau aux nouveaux opérateurs. Elle tient aussi aux stratégies mises en place par les concurrents, tous des opérateurs historiques d’autres pays européens (Renfe et Trenitalia) qui cherchent avant tout à saturer les liaisons profitables « sans que ne soit posée la question de sa valeur ajoutée pour l’ensemble du territoire français« . Ce qui pourrait donc menacer la péréquation actuelle permettant au groupe SNCF de financer les lignes non rentables par celles qui le sont.

    Une stratégie d’autant plus coûteuse pour le territoire que Trenitalia France est sous perfusion grâce au soutien de sa maison mère, donc du contribuable italien. La filiale française de Trenitalia aurait perdu plus de 150 millions d’euros depuis qu’elle est arrivée en France, souligne encore le rapport.

    Des transferts de salariés parfois compliqués

    Lorsque des lignes de TER sont gagnées après appels d’offres, une société dédiée est systématiquement créée. Et les salariés qui géraient jusqu’alors ces liaisons sont transférés dans la nouvelle structure. Le rapport montre que le nombre d’emplois effectivement transféré est bien inférieur à celui qui était jusqu’alors employé pour faire rouler les TER.

    Le taux d’acceptation du transfert par le personnel est par ailleurs peu élevé d’après le rapport, qui donne un taux par exemple de 10,5 % pour la société SNCF Voyageurs Loire Océan. Un chiffre contesté par SNCF Voyageurs qui indique que le nombre des salariés transférés dans cette société dédiée a atteint 87,5 % et qu’il a été de 89 % pour la société SNCF Voyageurs Etoile d’Amiens et de 91 % pour SNCF Voyageurs Sud Azur.

  • TGV M : SNCF Voyageurs n’aura toujours pas suffisamment de trains pour la saison estivale

    TGV M : SNCF Voyageurs n’aura toujours pas suffisamment de trains pour la saison estivale

    De retard en retard… Le TGV M ne sera pas livré à SNCF Voyageurs début 2026 comme l’espérait l’entreprise, mais quelques mois plus tard, peu avant l’été 2026. La mise en service des premiers TGV nouvelle génération sur l’axe Paris-Marseille devrait commencer le 1er juillet, annonce aujourd’hui SNCF Voyageurs.

    Toutefois la compagnie ne pourra mettre en service que quatre rames alors que la saison estivale s’ouvrira. Elle rate donc les grands départs d’été et va devoir ronger son frein puisqu’il lui faudra attendre septembre pour disposer de huit rames, un nombre jugé minimal par la direction de SNCF Voyageurs pour commencer à avoir un vrai effet sur le marché.

    La direction de l’entreprise espérait en réalité une petite dizaine de rames pour commencer cet été le service sur l’axe Paris-Lyon-Marseille, l’un des plus fréquentés du réseau. « Selon un calendrier partagé avec SNCF Voyageurs, nous livrerons progressivement neuf rames jusqu’à fin juin. À partir de l’été, les livraisons suivront à un rythme soutenu de deux rames par mois en moyenne« , précise de son côté Frédéric Wiscart, le président France d’Alstom. Mais livraison de rame ne veut pas dire mise en exploitation commerciale immédiate.

    SNCF Voyageurs viserait désormais plutôt les grands départs de Noël pour profiter pleinement de l’effet TGV M . Fin 2026, le parc détenu par la compagnie atteindra 14 exemplaires.  En attendant, les équipes planchent d’arrache-pied pour allonger la durée de vie de TGV plus anciens et pouvoir offrir suffisamment de sièges face à la demande.

    Trois ans de retard

    Rappelons que 115 exemplaires du TGV Avelia ont été commandés à Alstom en 2018 par l’opérateur public. Depuis, la date de livraison des premières rames a déjà été reculée à plusieurs reprises. Elle était initialement prévue en 2023. Il y a peu, on l’attendait fin 2025, puis début 2026. Le retard atteint désormais quasiment trois ans.

    SNCF Voyageurs explique ces contre-temps par les retards pris par Alstom. Le constructeur « n’a pas produit de rames en quantité suffisante, nous en avons quatre en essai de pré-exploitation, et nous en aurons six en mai, ce qui nous permettra d’en lancer quatre en exploitation commerciale au 1er juillet« , a expliqué à l’AFP Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs.

    De nombreux problèmes techniques ont aussi joué, apparus lors des essais en ligne réalisés par la direction du Matériel de la SNCF. Parmi les derniers en date, il a fallu résoudre, selon nos informations, des problèmes de « couplage et de découplage » des rames (qui doivent permettre de faire rouler des rames simples ou doubles), mais aussi des problèmes de fonctionnement de portes, d’autonomie des toilettes et de climatisation. Des sujets importants qui ont demandé d’allonger la phase des essais. Il est vrai que le train est nouveau et qu’il a fallu partir d’une page blanche, rappelle-t-on côté Alstom qui a travaillé sur le projet en partenariat avec la SNCF.

    SNCF Voyageurs doit désormais attendre l’homologation du TGV, un processus également long et complexe. La compagnie, qui mène actuellement des essais de pré-exploitation, a remis le 9 décembre le dossier d’autorisation de mise sur le marché auprès de l’ERA (European Railways Agency). Avec l’objectif d’obtenir enfin une autorisation de circulation commerciale.

    La compagnie Velvet et le Maroc aussi concernés

    SNCF Voyageurs espère aussi aller ferrailler ailleurs en Europe. A commencer par l’Italie où la compagnie voudrait faire rouler à l’horizon 2027 ses premiers TGV nouvelle génération. 15 rames ont été commandées dans ce but.

    Elle n’est pas seule à attendre son TGV nouvelle génération. La compagnie Velvet, qui se présente comme le premier opérateur français de la grande vitesse ferroviaire, a aussi commandé douze trains Avelia Horizon. De même le Maroc a acheté 18 trains de ce type à Alstom pour les lancer à l’occasion de la Coupe du monde de football qu’il accueille en 2030. Et qu’il lui faudra donc réceptionner au moins un an avant.
    La SNCF se dit certaine de ne  pas avoir été impactée par ces commandes car Alstom a décidé de se réorganiser pour accélérer la production de ses trains à grande vitesse en lançant notamment une seconde ligne de production à Valenciennes. Cette ligne de production va être dédiée à ces commandes de Velvet et du Maroc.

    Des enjeux financiers énormes

    A la clé, les enjeux financiers sont énormes. Le contrat passé avec la SNCF s’élève à 4 milliards d’euros, financés à fonds propres par la compagnie. Des pénalités vont jouer et l’image d’Alstom risque de nouveau d’en prendre un coup. « Nous nous demandons pourquoi Alstom prend autant de commandes au risque d’accumuler les retards« , se demande un syndicaliste côté Alstom. Reste que les pénalités sont en général plafonnées, un effet protecteur pour Alstom.

     

     

  • Worldline confirme la cession de son activité de mobilité

    Worldline confirme la cession de son activité de mobilité

    Annoncée en juillet, l’acquisition par Magellan Partners de la branche Mobility & e-Transactional Services de Worldline, ainsi que d’une partie de ses activités de digital banking vient d’être confirmée. La transaction, qui porte sur 410 millions d’euros, devrait être finalisée au premier semestre 2026.

    Worldline, leader européen des services de paiements et de transactions numériques, 4,6 milliards de chiffre d’affaires en 2024, va donc se séparer de ses activités commerciales dans le transport et la mobilité. L’expertise de MeTS comprend en effet la fourniture de services numériques sécurisés d’accès au transport, la billettique et des solutions de MaaS.

    Worldline compte pour client les pionniers de l’open-payment en France comme l’agglomération de Dijon, dont le réseau est opéré par Keolis. Depuis 2022, le spécialiste du paiement sans contact est le prestataire de SYTRAL Mobilités à Lyon. Il y a un an, il a été choisi par l’Etat pour mettre en place le titre unique de transport avec la DGTIM. Enfin, le groupe fournit la technologie du projet ambitieux de la Région Pays de la Loire, qui vise à harmoniser la distribution digitale de ses titres de transport des cars interurbains et des TER via une application unique.

    La sortie du géant européen de la mobilité n’est pas liée à la performance commerciale de sa filiale ou au faible potentiel du secteur. « Worldline se recentre sur les activités de paiement pour les commerçants et les institutions financières », explique un porte-parole du groupe. Plombée par des pertes de près de 800 millions en 2023, ramenées à 297 millions en 2024, Worldline, ancienne branche du groupe Atos, avait prévu une croissance atone en 2025. La cession de MeTS s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle stratégie, qui doit s’accompagner d’une levée de 500 millions d’euros de nouveaux capitaux, selon les annonces faites début novembre.

    Wordline va continuer à opérer les transactions de paiements pour des secteurs engagés dans les mobilités: l’énergie, le pétrole, la recharge électrique, le parking, le transport urbain. Sa ligne de services « Activités pour les Commençants » (Merchant Services) génère même un revenu lié aux transactions de paiement dans le secteur de la mobilité équivalent à celui de la ligne de services Mobilités & Services Web Transactionels (MeTS) qui va être cédée : environ 140 millions d’euros.

    « Aujourd’hui, les compagnies pétrolières ajoutent souvent mobilités dans leur slogan (Mobility & Convenience | Shell Global). On pourrait considérer à plus de 200 millions d’euros nos revenus qui vont rester dans le secteur des mobilités », précise-t-on chez Worldline.

    Un pas de géant pour Magellan

    Magellan, créé en 2008 dans le conseil en organisation et en technologie, s’est engagé à poursuivre le développement de ses nouvelles activités en France et à l’international.  MeTS est l’un des huit opérateurs français certifiés SecNumCloud, HDS ou Gematik. « Cette acquisition marque une étape fondamentale dans la construction d’un acteur européen de référence dans le conseil et l’IT », estime-t-on chez Magellan. L’opération permet au groupe de consulting d’étendre son périmètre à 6700 salariés pour un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros de chiffre d’affaires.

    Pour Imededdine Hosni, directeur des produits Transport & Mobilités chez Worldline, les technologies de billettique s’ont amené à se développer. 50 villes en France les ont déjà adoptées et autant ont affiché le projet d’ajouter ce canal de vente à leur offre dans les deux prochaines années. « Le cap a été franchi entre l’innovation et le standard industriel », résume l’expert. La proposition de solutions innovantes est l’un des critères qui rendent les transports attractifs. De plus en plus d’autorités organisatrices sont convaincues qu’un service plus performant et assure une meilleure expérience à l’utilisateur et favorise le report modal.