Résultats de recherche pour « LOM »

  • Amiens Métropole lance l’open payment à double plafonnement

    Amiens Métropole lance l’open payment à double plafonnement

    Pour payer son titre de transport au sein du réseau de bus Ametis d’Amiens Métropole, il est désormais possible d’utiliser sa carte bancaire ou son téléphone portable. « Une nouvelle solution de paiement qui vise à rendre l’expérience voyageur la plus fluide et la plus simple possible, et s’inscrit dans le prolongement de la mise en circulation de la première flotte de BHNS 100 % électriques en France au printemps 2019 », indique Laurent Verschelde, directeur général adjoint de Keolis Grands Urbains, l’opérateur des transports amiénois.

    L’originalité de cet Open Payment mis en place par Flowbird, avec le partenariat de CB et de la Banque Postale, est le double plafonnement : le voyageur peut valider son titre de transport avec la garantie, s’il se déplace beaucoup, de ne pas payer plus cher qu’un ticket à la journée à 4,30 € ou un abonnement au mois à 29 €. « Cette tarification dynamique a été le défi le plus difficile à relever, reconnaît Jean-Claude Renaux, vice-président Mobilités d’Amiens Métropole. Finies les queues aux guichets en début de mois ».

    Les 136 bus du réseau d’Amiens Métropole proposent ces valideurs pour CB et smartphone, utilisables depuis le 18 août avec une carte bancaire et depuis le 23 novembre avec un smartphone équipé de Paylib ou Apple Pay. Huit à 1 000 personnes se servent de cette possibilité chaque jour, ce qui représente 11 % de la fréquentation occasionnelle et 2 % des abonnements mensuels. Une part qui devrait progresser avec le développement du sans contact. « D’habitude, l’Open Payment est plutôt proposé aux voyageurs occasionnels. L’originalité ici est de le proposer aussi aux usagers réguliers », souligne Loÿs Moulin, directeur du développement de CB.

    Les parcs relais sont également équipés de ces valideurs. « En sortant du parking et en présentant la CB ou le téléphone avec lequel vous avez payé votre trajet en transport en commun, vous aurez le stationnement gratuit, signale Bertrand Barthélémy, directeur général de Flowbird Group. Alors que si vous avez fait autre chose, vous payerez le stationnement. C’est une première en France qui incitera à déposer sa voiture pour les derniers kilomètres. »

    Catherine Stern

  • La ligne 14 franchit le périphérique et devient l’épine dorsale du métro parisien

    La ligne 14 franchit le périphérique et devient l’épine dorsale du métro parisien

    Après plusieurs années de travaux et une accélération en dernière ligne droite pour tenir les délais, le prolongement de la ligne 14 du métro a été inauguré le 14 décembre. Et les premiers trains de voyageurs ont pu aussitôt relier, en 5,8 kilomètres à partir de la gare Saint-Lazare, les stations Pont-Cardinet, Saint-Ouen et Mairie de Saint-Ouen – Région Ile-de-France.

    En janvier 2021, la station Porte de Clichy sera également ouverte. « Habituellement, les stations de métro se situent à – 10 ou -15 mètres. Ces stations se trouvent à – 21 mètres et même – 25 mètres pour Porte de Clichy », souligne Catherine Guillouard, la PDG de la RATP, rappelant « le défi technique et humain » représenté par ces travaux réalisés dans un environnement hyperdense. Ils ont notamment nécessité trois tunneliers en action simultanée, un nouveau poste de commandement pour la ligne et un nouveau système de pilotage automatique.

    La ligne 14, entièrement automatique, permettra de soulager la ligne 13, en lui prenant environ 25 % de son trafic qui s’élève à 650 000 voyageurs quotidiens. Longs de 120 mètres (contre 90 m actuellement), ce qui en fait les plus longs métros de France, les nouveaux trains Alstom MP14 disposant de huit voitures pourront transporter jusqu’à 35 000 voyageurs par heure en se succédant toutes les 85 secondes. IDFM a passé un marché de deux milliards d’euros pour acheter ces trains (portant sur l’acquisition d’un maximum de 217 trains), qui seront aussi mis en circulation sur les lignes 4 et 11 au fur et à mesure de leur automatisation.

    D’ici à 2024, horizon des JO, la ligne 14 est attendue à Saint-Denis Pleyel au nord (1,6 km) et à Orly au sud, pour permettre de relier l’aéroport et les futures lignes du Grand Paris Express. Sa fréquentation devrait alors passer de 550 000 à un million de voyages par jour, soit l’équivalent du trafic du RER B. Avec 14 km de plus, elle sera alors la plus longue ligne de métro et la plus fréquentée, confortant son rôle de colonne vertébrale du métro parisien.

    M.-H. P.

  • Le RER métropolitain de Bordeaux sur la bonne voie

    Le RER métropolitain de Bordeaux sur la bonne voie

    Depuis le 13 décembre, la ligne Libourne – Arcachon est devenue la première desserte traversante de Nouvelle-Aquitaine. C’est aussi la première étape importante vers le prometteur RER métropolitain, qui permet de relier des villes sans changer de train à Bordeaux. Dans un premier temps huit TER, soit quatre allers-retours en semaine et trois le week-end n’auront pas leur terminus à Bordeaux-Saint-Jean. Pour aboutir, dans un an, à un TER toutes les demi-heures.

    A titre d’exemple un étudiant demeurant à Libourne et se rendant à Pessac, ville universitaire, verra son temps de trajet (quarante-cinq minutes) considérablement réduit.

    L’enjeu du RER métropolitain est de simplifier les déplacements, lutter contre la congestion routière, réduire le temps de trajet, faciliter les déplacements entre la rive droite et la rive gauche, sans oublier le défi climatique.

    Reste l’objectif de mettre en place une seconde offre traversante entre Saint-Mariens-Saint-Yzan et Langon. Il faudra toutefois attendre l’horizon 2028 car la ligne n’est pas électrifiée de bout en bout. Il manque vingt-cinq kilomètres au nord de Bordeaux et des travaux d’infrastructure seront nécessaires aux deux terminus.

    En attendant, l’offre TER va s’intensifier sur l’ensemble du territoire de la Nouvelle-Aquitaine, avec d’une part 46 TER de plus par semaine à compter du 13 décembre 2020 et d’autre part l’ouverture dans la périphérie bordelaise, de deux nouvelles haltes, au Bouscat-Sainte-Germaine en 2023 et à Talence-Médoquine en 2024.

    A l’horizon 2028, 200 kilomètres de lignes, cinq branches de l’étoile ferroviaire (Arcachon, Libourne, Langon, Le Médoc et le nord Gironde), 47 gares dont 18 dans l’agglomération bordelaise, serviront à la desserte de RER entre les villes de Gironde.

     François-Xavier Point

  • En Suède, Systra étudie l’intégration « de façade à façade » du tram d’Uppsala

    En Suède, Systra étudie l’intégration « de façade à façade » du tram d’Uppsala

    Systra a annoncé avoir reçu de la région d’Uppsala, au nord de Stockholm, la mission de produire un document d’étude pour le projet de tramway d’Uppsala, dont les 17 km de la ligne envisagée doivent relier le centre-ville aux nouveaux quartiers construits ou planifiés au sud de l’agglomération. Réalisée en étroite collaboration entre la région d’Uppsala et la Ville d’Uppsala, cette mission a pour but d’étudier comment un nouveau tramway peut être intégré de façon optimale dans l’environnement urbain. Un domaine dans lequel Systra indique « disposer des meilleures conditions pour développer un tramway avec un concept de façade à façade », l’expression étant en français dans le texte suédois !

    L’étude portera en particulier sur le tracé, les arrêts, les choix techniques, le dépôt et le matériel roulant.

    Cette étude ne garantit pas pour autant le retour du tram à Uppsala, quatrième ville de Suède avec 230 000 habitants sur son territoire communal, dont l’ancien réseau a été fermé en 1953. En effet, la décision de construire ou non le nouveau tram d’Uppsala doit être prise l’an prochain. Notons que ces dernières années ont vu un certain retour en grâce du tram en Suède, avec quelques prolongements sur les réseaux existants de Göteborg et Norrköping, ainsi que la construction d’une ligne de rocade à Stockholm, dont une nouvelle branche doit ouvrir dans les prochains jours. Une ouverture à la mi-décembre, concomitante avec celle du nouveau tram de Lund, dans le sud du pays, qui remplace un BHNS. Mais non loin de Lund, les villes de Malmö et de Helsingborg ont quant à elles préféré étudier comment établir un tram… pour mettre en service un BHNS.

    P. L.

  • Anne Pruvot, future directrice générale de e.Voyageurs à la SNCF

    Anne Pruvot, future directrice générale de e.Voyageurs à la SNCF

    SNCF Voyageurs annonce l’arrivée, mi-janvier, d’Anne Pruvot au poste de directrice générale de sa filiale numérique, e.voyageurs. Cette diplômée d’HEC remplacera Alexandre Viros parti cet été prendre la présidence du groupe Adecco en France.

    Présentée par la SNCF comme « l’une des meilleures expertes en matière de numérique et de mobilité », Anne Pruvot a travaillé pour Accenture, puis pour le cabinet Oliver Wyman, où elle a piloté les travaux de transformation numérique pour les secteurs des transports et des services. « Durant sa carrière, elle a accompagné à de nombreuses reprises les projets de la SNCF, du lancement des premières versions du site voyages-sncf.com (maintenant OUI.sncf) à la définition de la feuille de route numérique du groupe SNCF », rappelle la société mère.

    La nouvelle dirigeante, qui intégrera le comité exécutif de SNCF Voyageurs, devra notamment mener l’année prochaine le chantier de création d’une application unique, regroupant a minima OUI.sncf et l’Assistant SNCF.

  • Conférence VRT : Billettique – La nouvelle donne

    Conférence VRT : Billettique – La nouvelle donne

    Cet événement a  été diffusé en direct sur twitter via le #ConferenceVRT

    Il y a un an et demi, la LOM était adoptée, prévoyant notamment l’ouverture de certaines données sur les transports. Le but : favoriser des applications MaaS d’informations et de paiements pour faciliter les déplacements des voyageurs et leur proposer un service sans couture.
    Dans le monde de la billettique, c’est l’effervescence car, à partir de juillet 2021, il sera possible pour toutes les entreprises quelles qu’elles soient, publiques ou privées, de demander aux autorités organisatrices des transports de vendre des déplacements, via des MaaS.
    Comment les opérateurs de transport et les professionnels de la billettique se préparent-ils à cette échéance cruciale pour le secteur ? Quelles sont les innovations possibles ? Comment concilier intérêt public et privé ?
  • Une jonction du métro très attendue à Berlin

    Une jonction du métro très attendue à Berlin

    Pour les transports berlinois, 2020 se termine par la mise en service, à cinq semaines d’intervalle, de deux grands projets attendus de longue date.
    Le 31 octobre a vu l’ouverture de l’aéroport Berlin-Brandebourg, assortie du démarrage de sa nouvelle desserte ferroviaire.
    Et le 4 décembre, douze ans d’attente et de chantier ont pris fin – ou presque – au cœur de la capitale allemande. Les rames jaunes de la BVG ont enfin pu emprunter, avec des voyageurs à leur bord, la jonction souterraine entre deux stations de métro emblématiques : Alexanderplatz, terminus de la ligne U5 depuis 1930, et Brandenburger Tor (la Porte de Brandebourg), reliée depuis 2009 au Reichstag et à la nouvelle gare centrale par la courte ligne de métro U55, jusqu’à présent isolée et exploitée en navette. Par rapport au reste du réseau de U-Bahn berlinois, dont les souterrains sont souvent des tranchées couvertes de très faible profondeur, le nouveau tunnel bitube de la ligne U5 sous le centre historique et deux bras de la Spree se distingue par son mode de réalisation (forage par tunnelier Herrenknecht) et sa profondeur (de 5 à 17 m).
    Longue de 2,2 km, la nouvelle jonction souterraine suit l’emblématique avenue Unter den Linden sur la moitié de son tracé et comporte trois nouvelles stations… dont deux seulement ont été ouvertes au public.
    Située au croisement d’Unter den Linden et de la Friedrichstrasse, la première station après la Porte de Brandebourg a reçu le nom du premier des deux axes. La ligne U5 passe ici sous la ligne nord-sud U6 et, à l’occasion, une nouvelle station Unter den Linden a également été réalisée sur cette dernière afin d’offrir une correspondance. Cette ouverture sur la ligne U6 s’est accompagnée de la fermeture de la station Französische Strasse, trop proche pour justifier deux arrêts de suite.
    La station suivante, dont l’ouverture a été repoussée à l’été prochain, tire son nom de l’île des Musées. Museumsinsel sera la station la plus profonde de la jonction et devrait se distinguer par sa décoration reproduisant une voûte étoilée au moyen de 7 200 LED ! Enfin, la station Rotes Rathaus, dont le nom fait allusion aux briques rouges de l’Hôtel de Ville de Berlin, se distingue par ses piliers en forme de girolles.
    Véritable outil d’intégration urbaine dans une agglomération polycentrique, le prolongement de la ligne U5 vers l’ouest offre enfin une relation par le métro entre la gare centrale de Berlin et le centre-ville, alors que les habitants des quartiers les plus excentrés de l’est ont désormais accès sans changement aux musées les plus prestigieux de la capitale.

    P. L.

  • Palmarès des mobilités 2020. Toulouse remporte le Pass d’Or

    Palmarès des mobilités 2020. Toulouse remporte le Pass d’Or

    Toulouse, Lyon, Dijon. C’est, dans l’ordre, le trio gagnant de cette 29e édition de notre Palmarès des mobilités, qui s’est tenue hier à Paris. 

    En tête de notre classement, Toulouse a vu bondir la fréquentation de ses transports publics, concrétisation depuis 2019 des premiers gros projets prévus dans le projet Mobilités 2020-2025-2030.

    Lyon, qui obtient le Pass d’argent (après avoir gagné l’or l’an dernier), bénéficie d’un réseau maillé et dense, qui se renforce régulièrement grâce aux investissements consentis.

    Dijon, enfin, qui réapparaît sur notre podium, engrange les résultats d’une démarche ambitieuse commencée fin 2017 et qui s’inscrit dans une stratégie d’intégration de l’ensemble des solutions de mobilité.

    Dans la catégorie des Villes moyennes, Tarbes, qui a profité de la création de la nouvelle communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées pour revoir toute sa politique des transports, remporte la palme.

    Rappelons que notre classement se base sur quelques indicateurs clés 2019 collectés auprès des grands réseaux français par l’Union des transports publics (UTP) et disponibles au moment du bouclage de notre publication. Cette année, nous avons tout particulièrement pris en compte l’offre de transport, les hausses de fréquentation, les investissements engagés, les recettes et les dépenses, en regardant à chaque fois l’évolution d’une année sur l’autre. Nous remercions tout particulièrement l’UTP pour son aide précieuse. Nous avons pu compléter ces informations grâce à nos correspondants locaux qui sont allés interroger élus et opérateurs.

    Quant aux vainqueurs de nos Pass thématiques, ils ont été choisis par notre jury au cours d’un vote organisé mi-octobre (retrouvez la composition du jury page suivante). Pour le Grand Prix européen de la mobilité, Hambourg a été choisi à l’unanimité par le jury qui a été sensible à son engagement en faveur du zéro émission, une préoccupation majeure en ces temps compliqués.

    Lire la suite du dossier pour découvrir les gagnants de l’année 2020 dans chacune des catégories représentées et ce qui a séduit le jury.

    Partenaires 2020

  • Toulouse remporte le Pass d’or du Palmarès des mobilités 2020

    Toulouse remporte le Pass d’or du Palmarès des mobilités 2020

    Toulouse, Lyon, Dijon. C’est, dans l’ordre, le trio gagnant de cette 29e édition de notre Palmarès des mobilités.

    Bien que s’inscrivant dans des circonstances particulières, avec la crise sanitaire et la limitation des déplacements, ce palmarès montre le dynamisme, jamais démenti, des réseaux pariant sur un accroissement à long terme de la mobilité, plus particulièrement de la mobilité « douce » dans les villes.

    En tête de notre classement, Toulouse a vu bondir la fréquentation de ses transports publics, concrétisation depuis 2019 des premiers gros projets prévus dans le projet Mobilités 2020-2025-2030.

    Lyon, qui obtient le Pass d’argent (après avoir gagné l’or l’an dernier), bénéficie d’un réseau maillé et dense, qui se renforce régulièrement grâce aux investissements consentis.

    Dijon, enfin, qui réapparaît sur notre podium, engrange les résultats d’une démarche ambitieuse commencée fin 2017 et qui s’inscrit dans une stratégie d’intégration de l’ensemble des solutions de mobilité.

    Dans la catégorie des Villes moyennes, Tarbes, qui a profité de la création de la nouvelle communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées pour revoir toute sa politique des transports, remporte la palme.

    Rappelons que notre classement se base sur quelques indicateurs clés 2019 collectés auprès des grands réseaux français par l’Union des transports publics (UTP) et disponibles au moment du bouclage de notre publication. Cette année, nous avons tout particulièrement pris en compte l’offre de transport, les hausses de fréquentation, les investissements engagés, les recettes et les dépenses, en regardant à chaque fois l’évolution d’une année sur l’autre. Nous remercions tout particulièrement l’UTP pour son aide précieuse. Nous avons pu compléter ces informations grâce à nos correspondants locaux qui sont allés interroger élus et opérateurs.

    Quant aux vainqueurs de nos Pass thématiques, ils ont été choisis par notre jury au cours d’un vote organisé mi-octobre (retrouvez la composition du jury page suivante). Pour le Grand Prix européen de la mobilité, Hambourg a été choisi à l’unanimité par le jury qui a été sensible à son engagement en faveur du zéro émission, une préoccupation majeure en ces temps compliqués.

    M.-H. P.

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    Partenaires 2020

  • « Si on est excellent, personne (à part nous) n’aura envie de gérer nos gares »

    « Si on est excellent, personne (à part nous) n’aura envie de gérer nos gares »

    En janvier, Marlène Dolveck a quitté HSBC pour devenir directrice générale de SNCF Gares & Connexions. Elle avait aussi auparavant passé 12 ans au sein du groupe La Poste. « Je suis arrivée à la fin des grèves sur la réforme des retraites et j’ai été confinée le 15 mars. Autant dire que je n’avais pas imaginé mes 100 premiers jours comme cela ! » Elle se souvient de la sidération qui a suivi : « on a fermé les gares, les commerces… ». Mais la nouvelle directrice générale assure avoir profité de cette période pour se projeter dans l’avenir et travailler avec ses équipes sur son projet stratégique. « En termes de gestion de l’entreprise, on a su profiter de cette période pour en faire quelque chose de positif. » Lors du Club VRT du 13 octobre, elle a dressé le bilan de ses neuf premiers mois, au cours desquels rien ne s’est passé comme prévu, et elle a expliqué son projet pour l’entreprise.

    Un nouveau statut et des missions bien définies

    L’entité dont elle a pris la tête, c’est 3 000 gares réparties sur tout le territoire national, 4 700 collaborateurs et 15 000 salariés œuvrant dans les gares, 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires généré par les péages et 1 500 commerces. Pour mener à bien ses missions, SNCF Gares & Connexions s’appuie sur ses filiales : Retail & Connexions pour la location des espaces et des commerces en gare ; Arep, la plus grosse agence d’architecture de France ; Lagardère & Connexions (une filiale sous forme de joint-venture avec Lagardère) pour exploiter les magasins Relay, Hubs et Connexions qui développe le savoir-faire à l’international.  

    « Nous nous positionnons comme le spécialiste de la gare en France, de la conception à l’exploitation en passant par la sûreté, le nettoyage et la commercialisation des espaces », résume Marlène Dolveck.

    Depuis le 1er janvier, SNCF Gares & Connexions est devenue une société anonyme. « Ce nouveau statut nous engage. Nous avons notre conseil d’administration, notre bilan et notre compte de résultat en propre », souligne Marlène Dolveck. Les missions de l’entreprise sont fixées par la loi. « La SNCF est notre meilleur client, mais la loi définit nos missions de façon claire et nous demande l’équité vis-à-vis de toutes les entreprises », ajoute-t-elle.

    Il s’agit notamment d’offrir une équité de traitement à l’ensemble des transporteurs qui vont entrer sur le marché, de favoriser l’intermodalité et le développement équilibré des territoires. Un exemple : l’intermodalité passe par la multiplication des places de vélo sécurisées aux abords des gares. 20 000 sont déjà disponibles, il devrait y en avoir 70 000 de plus en cinq ans. Il faudra aussi faciliter l’accès des gares aux transports en commun et à la voiture, ajoute-t-elle.

    Une stratégie visible pour tous

    Dans ce cadre, la nouvelle patronne des gares travaille à la construction d’un projet stratégique visant à créer des gares « pratiques, modernes, efficaces et remarquables ». Et elle explique : « on conceptualise ces idées et on en donne des preuves par l’exécution. Il faut que le client le voit ». Dans sa stratégie, elle tient compte du développement durable et de la RSE. « On veut mettre à nouveau de la vie dans les gares. On y ouvre des glaciers, des crèches, des salles d’escalade… pour donner toute sa place à l’humain. On travaille avec les collectivités pour redonner de la vie. »

    Gares & Connexions adapte sa stratégie en fonction de la taille et du profil des gares. Ainsi, pour développer les petites structures, Marlène Dolveck veut favoriser les partenariats public-public, notamment avec La Poste. « J’ai un attachement au service public, que je souhaite maintenir dans les territoires. »

    Avec la réforme ferroviaire, et dans un souci de cohérence, Gares & Connexions a récupéré les quais et les grandes halles voyageurs. « Il y en a de très belles à Bordeaux, à Paris, en Gare de Lyon ou à Saint-Lazare… Elles nécessitent des investissements importants », énumère Marlène Dolveck, qui souhaite une « qualité de service irréprochable ». Selon elle, « il faut donner envie. Envie de gare, envie de prendre ou rependre le train, parce que c’est un mode de transport écologique ». Pour cela, elle veut améliorer l’expérience des clients en gare, ce qui passe par la modernisation des lieux. « Cela représente l’accueil en gare de 10 millions de personnes chaque jour », indique la directrice générale en précisant qu’elle compte aussi, parmi ses clients, les autorités organisatrices des mobilités qui subventionnent une partie des travaux qu’elle effectue.

    Le commerce à la rescousse

    Pour financer l’entretien et la modernisation de ses 3 000 gares, qui nécessitent des millions d’euros chaque année, la SNCF a choisi de transformer les plus fréquentées en espaces commerciaux, en accordant des concessions à des foncières immobilières. Attirées par des rendements élevés, les enseignes ne se font pas fait prier. Toutefois, désireuse de mieux profiter de cette manne financière, la SNCF a tiré des leçons et fait peu à peu évoluer son modèle en cherchant une meilleure répartition des redevances. Ainsi, l’accord noué avec Ceetrus pour rénover la Gare du Nord est plus avantageux pour la SNCF que celui qui avait été signé pour la modernisation de Saint-Lazare et qui représentait à l’époque une première. « L’investisseur paye, mais on a une meilleure rétribution », indique la dirigeante.

    Reste que, si la SNCF veut être mieux rémunérée, elle devra aussi payer une part plus importante des travaux de rénovation. Donc disposer de moyens suffisants. « C’est le sujet du contrat de performance sur lequel nous travaillons avec l’Etat. Nous verrons alors quelles sont nos marges de manœuvre. Nous sommes plutôt peu endettés, mais comme nous sommes la fille de SNCF Réseau, nous partageons son objectif de cash-flow à zéro en 2024 », rappelle Marlène Dolveck. « Plusieurs possibilités d’investissements s’offrent à nous : les subventions, les PPP et ce qu’on peut financer. »

    Des vents contraires

    Actuellement, les débats montent autour du développement commercial des gares. Des élus écologistes, notamment, remettent en cause ce modèle économique. « Il y a des sujets politiques, des tendances qui amènent certains à dire que le commerce, ce n’est pas bien », constate Marlène Dolveck, avant de rappeler : « le commerce permet de faire baisser les péages. » C’est donc vertueux pour le ferroviaire. « Si les tarifs des péages sont moins élevés, cela permet de faire baisser les prix du transport et d’attirer les voyageurs. » Elle insiste sur le fait que le commerce est vertueux pour l’écosystème global et souhaite continuer à le développer, d’autant que la demande est forte. « Beaucoup de commerçants sonnent à notre porte, parce qu’ils veulent s’installer dans les gares. »

    Autre sujet de préoccupation, la montée des critiques contre la publicité. « Elle finance l’écosystème », prévient Marlène Dolveck tout en reconnaissant qu’il faut réduire la consommation énergétique des panneaux publicitaires électriques. « Il faut trouver le bon équilibre pour ne pas griller du carbone inutilement et faire vivre les entreprises publiques. » Mais elle s’interroge : « entre un panneau digital qui fait tourner une vingtaine de publicités et une vingtaine d’impressions qui nécessite de faire venir un colleur en voiture pour les installer, je ne sais pas ce qui est le moins vertueux. » Et elle met en garde : « ne plus avoir de publicité serait très mauvais pour nos finances et pour l’écologie. »

    L’ouverture à la concurrence en toile de fond

    Qu’est-ce que la publication du décret « gare » va changer pour Gares & Connexions avec l’ouverture à la concurrence et la possibilité de transférer la gestion d’une petite gare à un opérateur ferroviaire ? « Plutôt que de se poser la question, je préfère prendre les choses à l’envers et dire à mes équipes : le sujet c’est d’être bon. Si on est excellent, personne n’aura envie de s’occuper des gares, car c’est un vrai métier. »

    Pour que Gares & Connexions conserve la mainmise sur toutes les gares, il faudra faire des efforts de productivité et d’efficacité, reconnaît Marlène Dolveck. Et proposer un catalogue de services pour l’ensemble du marché et des entreprises ferroviaires. Dans ce catalogue, chacun devra trouver à la fois du low cost et du high‑tech, bref du sur-mesure avec les tarifs en toute transparence. « Pour que les régions n’aient pas l’impression de subir et de se faire imposer les choses », insiste la nouvelle DG. « Si je suis compétente, il n’y a pas de raison d’aller voir ailleurs. S’il y a des insuffisances, je comprendrais qu’ils changent. » En revanche, les petites haltes ne peuvent pas s’autofinancer. D’où l’intérêt du système de péréquation actuel, faisant financer les travaux des petites gares par les plus importantes.

    Interrogée sur l’arrivée de nouveaux clients, Marlène Dolveck reconnaît que, pour l’heure, les candidats ne se bousculent pas. « Il n’y a pas de file d’attente pour venir sur le marché français. Même Thello s’est désengagé », regrette-t-elle. La crise n’a rien arrangé. La dirigeante promet aux opérateurs qui viendront qu’ils seront bien accueillis et pourront bénéficier de tout ce que Gares & Connexions fait pour la SNCF. « Tout ce qu’on réalise est pensé pour assurer une équité de traitement. On conceptualise tout en pensant à la concurrence. Aujourd’hui, la SNCF est notre meilleur client, mais demain, ce pourra être différent. »

    Interrogée sur ce que pourrait être la gare de demain, Marlène Dolveck répond : « je ne suis là que depuis neuf mois, j’y ai réfléchi, mais je n’ai pas encore trouvé la réponse. Définir la gare du futur est complexe alors que tant de nos gares sont si différentes, au cœur des mobilités et de la révolution des usages. La gare du futur sera sûrement plus « verte », mais la définir en une formule n’est pas facile et, à ce stade, je ne l’ai pas encore trouvée. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que Gares & Connexions est le spécialiste de la gare d’aujourd’hui et de demain, et que ce n’est pas la peine de chercher ailleurs. »

    Valérie Chrzavez


    La Covid va coûter plus de la moitié du chiffre d’affaires des commerces

    Pendant le premier confinement, SNCF Gares & Connexions a décidé de suspendre le loyer des commerces en gare. « Nous avons renoncé à un mois et demi de loyers. Cela n’a pas été suffisant, car les commerçants nous demandent de les aider plus encore. Pour certains, on regarde si nous pouvons mettre en place des redevances variables », souligne Marlène Dolveck, en rappelant que les tarifs sont fixés un an à l’avance. Conséquence de la crise sanitaire, la moitié du chiffre d’affaires des commerces ne devrait pas être réalisée.

    Pour la suite, les tarifs régulés sont en négociation avec l’Autorité de régulation des transports (ART). « Ce sont avant tout des calculs mathématiques et on ne décide pas de grand-chose », précise Marlène Dolveck.

    Mi-octobre, Gares & Connexions anticipait six mois difficiles, puis un retour à la normale très progressif, avec des modifications d’usages des transports. Mais Marlène Dolveck relativise : « la crise ne va pas tout transformer. Peut-être que, durant quelque temps, on prendra moins le train, mais quand il n’y aura plus de virus, on sera content de vivre comme avant. »

    Ces impacts financiers la conduisent à rééquilibrer les investissements, parfois à les réduire. « Mais, à ce stade, ce n’est pas dramatique. Si cela se termine à la fin de l’été prochain, on sera en capacité de gérer », affirme-t-elle. Aussi refuse-t-elle de se projeter dans le scénario du pire et préfère souligner que le plan de relance lui accorde 120 millions pour avancer sur des projets d’accessibilité et continuer à investir fortement.

    « En attendant la reprise, on se réinvente. Je pousse mes équipes à trouver de nouveaux leviers du chiffre d’affaires. Il n’y a pas de martingale, mais on y travaille », assure-t-elle. C’est ainsi que Gares & Connexions discute avec un patron de chaîne hôtelière sur un projet de valorisation de ses gares, et travaille sur le développement de la logistique urbaine et le stockage pour le « dernier kilomètre ».

    Gares & Connexions a aussi noué un partenariat public-privé d’une durée de 12 ans avec Dalkia, une filiale d’EDF, pour créer une plateforme qui agrégera l’ensemble des données techniques et descriptives de ses 122 principales gares sous la forme de maquette numérique.

    Le gestionnaire des gares travaille depuis plus de deux ans sur la méthode BIM dans le domaine de la conception des gares, et pour faciliter leur exploitation et leur maintenance. « Nous allons digitaliser les données et créer des jumeaux numériques de 122 de nos gares et les réunir sur une même plateforme. Ce sera d’une grande utilité pour connaître en temps réel l’état de notre patrimoine », souligne Marlène Dolveck qui veut aussi valoriser le patrimoine foncier au cœur des villes.

    « Le fait d’avoir des mètres carrés dans les centres-villes a une grande valeur pour les logisticiens. » Ce business n’est pas encore rentable mais, pour Marlène Dolveck, c’est l’avenir. « Il faut démarrer, favoriser la logistique et les livraisons dans nos gares, et exploiter nos commerces. »

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