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  • L’Europe teste une nouvelle technologie d’autopartage à Lyon

    L’Europe teste une nouvelle technologie d’autopartage à Lyon

    Sur les bords de Saône, les voitures électriques en autopartage circulent à l’unité, mais elles ont aussi la particularité inédite de s’encastrer les unes dans les autres pour former un train routier : c’est la principale innovation du projet Européen Esprit (pour Easily DiStributed Personal Rapid Transit) arrivé au terme de trois ans de conception et aujourd’hui en phase de démonstration dans trois villes. Après Lyon le 30 août, Esprit sera présenté à Glasgow et à Barcelone en septembre. Le concept a nécessité huit millions d’euros d’investissement et la mobilisation de 18 partenaires* pour développer un prototype réalisé en six exemplaires destinés à valider les études d’oscillation sur le train routier.

    Selon ses promoteurs, le système Esprit a l’avantage de garantir un taux de disponibilité à 90% des véhicules en station ainsi que sa fiabilité économique là où d’autres dispositifs, dont Autolib’, montrent leurs limites. C’est ce qui justifie d’ailleurs l’attelage des véhicules : « le train routier permet à un seul opérateur de redistribuer la flotte de véhicules jusqu’à huit voitures attelées en fonction des besoins. On assure ainsi un équilibre de l’offre disponible en station sur la zone considérée. La logistique de redistribution est cruciale pour l’autopartage de type one way » explique Valery Cervantès, chercheur au CEA-Liten de Grenoble et coordinateur du projet Esprit. Autres intérêts de l’attelage : la compacité du stationnement des véhicules et la présence d’une seule borne d’alimentation pour le rechargement mutualisé des véhicules connectés. Un rechargement rapide en raison du principe de fonctionnement : les véhicules sont destinés en priorité à apporter une réponse au problème du premier/dernier kilomètre, et jusqu’à 3 à 5 km au maximum. Prévues pour une autonomie de 50 km, les batteries sont donc peu déchargées au retour en station. La connexion des véhicules à l’approche s’effectue automatiquement par un fil de guidage au sol.

    Pour l’heure, le projet envisage des véhicules au confort « minimaliste », justifié par ses qualités pratiques, et disponibles en deux versions : deux places sans permis avec une vitesse maximale de 45 km/h et trois places avec permis (65 km/h). Le système Esprit se veut comme une solution multimodale complémentaire des transports collectifs en zone périurbaine aussi bien qu’en centre-ville. La notion du premier/dernier kilomètre en fait aussi un système de transport propice aux déplacements dans les parcs d’entreprises. « Le projet Esprit peut faire partie des solutions diversifiées et complémentaires que nous offrons sur la Métropole de Lyon », analysent Fouziya Bouzerda, présidente du Sytral, et Louis Pelaez, président de Lyon Parc Auto qui gère deux systèmes d’autopartage en stations et en free floating (Citiz et Yea !). Il reste à peaufiner le projet avec l’étape suivante, une expérimentation grandeur nature d’ici début 2020 que Lyon pourrait accueillir sur le Parc Technologique de Saint-Priest.

    Claude FERRERO

    *dont les français Institut Vedecom, CEA, Citiz/LPA, Keolis, Lyon Smart Design et Technical Studio pour la conception/réalisation du prototype.

  • La data au coeur de la stratégie de la SNCF

    La data au coeur de la stratégie de la SNCF

    La SNCF vient de créer à Lille sa cinquième plateforme d’accélération numérique, après celles de Saint-Denis, Toulouse, Nantes et Lyon. Implantée dans le technicentre industriel d’Hellemmes, la nouvelle « maison digitale » qui porte, comme les autres, le nom de « 574 », réunit des équipes d’experts et des start-up travaillant sur les métiers ferroviaires et les technologies du futur. Elle travaillera notamment sur « les opérations de type maintenance et l’usine du futur », souligne Benoît Thiers, le directeur général Digital et Systèmes d’information de la SNCF, en expliquant que l’entreprise est en train de devenir un groupe numérique grâce à la donnée. « La data renforce notre performance industrielle. Elle nous permet d’offrir une information personnalisée à chaque client et de faciliter la multimodalité », affirme-t-il.

    Chaque jour, la SNCF reçoit 400 millions de données issues des voyageurs et de l’activité ferroviaire sous toutes ses formes. Ce qui permet de générer en retour quotidiennement 4 000 indicateurs de toutes sortes, certains de nature à améliorer les performances du groupe. Que ce soit dans le domaine de la maintenance, de la gestion des circulations ou de l’information voyageur. Avec, à la clé, des gisements de productivité. « Le digital est le levier de transformation globale du groupe », résume le directeur général de e.SNCF.

    Un exemple : le projet Data.flux voyageurs utilise des algorithmes pour traiter les informations sur la façon dont les voyageurs combinent les modes de transport pour aller de leur point de départ à leur destination. 600 000 voyageurs ont déjà donné leur accord pour être géolocalisés. Le système permet de plus de voir comment les voyageurs se répartissent ensuite dans les communes alentour. « Nous pourrons identifier les services à mettre en place pour faciliter les pré et post-acheminements. Ainsi, nous produisons une nouvelle information à valeur ajoutée », explique un des concepteurs du projet.
    Pour améliorer l’information voyageur, la SNCF s’est aussi donné l’objectif d’afficher 85 % des voies 20 minutes avant le départ d’un train. Le projet Data IV analyse les données d’informations de la gare pour créer des indicateurs gare par gare. En février 2018, on comptait une trentaine de gares équipées de ce système. En juin, il y en avait 91 nouvelles, ce qui a permis d’améliorer le taux d’affichage pour les deux tiers d’entre elles.

    Autre projet, Vibrato est une appli équipant les smartphones de conducteurs et permettant d’enregistrer les vibrations aux passages des trains. Les informations sont croisées avec celles d’autres trains passés aux mêmes endroits. Si une vibration anomale est détectée, une équipe est envoyée sur place pour vérification. Ce projet est actuellement testé par 40 conducteurs de TER et de Transilien basés en gare de Paris-Est.

    Même démarche avec les Lidars qui scannent l’intégralité des voies en 3D, grâce à des capteurs placés sur les trains de surveillance du réseau. La supervision du réseau est effectuée avec une très grande précision (de l’ordre de quelques millimètres) et beaucoup plus rapidement qu’avec le dispositif traditionnel : des équipes de trois à quatre personnes marchant le long des voies pour inspecter visuellement les voies, ce qui peut leur prendre six semaines pour inspecter une cinquantaine de kilomètres (contre une heure avec le système Lidar). La maintenance devient prédictive. « Les bénéfices en termes de productivité et de sécurité sont conséquents : nous pouvons intervenir avant qu’un incident n’arrive », souligne la SNCF.

    Plus globalement, la SNCF est en train de construire un jumeau numérique du réseau. « Il comprend trois couches : la description physique du réseau, la description des composants, et la description du fonctionnement », précise Claude Solard. « Il va changer l’exercice des métiers de SNCF Réseau, va réduire les coûts et augmenter l’efficacité », précise le directeur général délégué Sécurité Innovation et Performance industrielle. Selon lui, il va non seulement favoriser la maintenance prédictive mais aussi permettre de simuler des situations perturbées pour s’exercer à réagir en conséquence.

    Autre avancée, la signalisation numérique. « On va passer d’une logique de signalisation physique à une logique de signalisation numérique qui s’adresse directement aux trains », poursuit Claude Solard. Traduction concrète : on pourra augmenter la capacité d’une ligne en diminuant la distance entre les trains. Ainsi, une ligne très chargée comme Paris – Lyon, actuellement empruntée par un maximum de 13 trains par heure, pourrait passer à 16 par heure.

    Toujours au chapitre de la gestion des circulations, la SNCF planche sur la gestion en temps réel. « Demain, il sera possible de replanifier l’ensemble des circulations en temps réel en cas d’incident », annonce Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau.
    Pour Benoît Thiers, la SNCF est donc en train de changer d’échelle. « On passe de données captées et traitées en quelques mois, à des données captées et traitées en quelques heures ». Les gains de productivité attendus sont importants : il serait possible, selon lui, d’abaisser les coûts de 20 %. Tout cela incite la SNCF à investir fortement dans le numérique : 300 millions d’euros vont de nouveau être investis cette année, comme cela a déjà été le cas en 2017, après 200 millions en 2016 et 150 millions en 2015.

    Marie-Hélène POINGT

  • Toulouse : un sixième Linéo en service

    Toulouse : un sixième Linéo en service

    Le 3 septembre, Tisséo met en service Linéo 9, la sixième de ses dix lignes de bus à haut niveau de service prévues d’ici 2020 pour desservir les zones denses de population entre Toulouse-centre et la première couronne. Interconnectée avec les deux lignes de métro, le tramway, la gare Matabiau et quatre autres Linéo, L9 desservira le nord de l’agglomération avec 20 bus articulés, sur 12 km d’itinéraires aménagés avec de nombreux sites propres, des carrefours avec des feux favorisants, des quais accessibles de 20 mètres de long, majoritairement équipés d’information voyageurs en temps réel, d’arceaux vélos et de cheminements piétons. Le coût d’investissement a été de 5,5 millions d’euros HT.

    Linéo 9 bénéficie des mêmes services que les autres Linéo : des ports USB pour recharger son téléphone et surtout une offre renforcée, avec des horaires calés sur ceux du métro en semaine de 5h15 à 0h30 (1h le week-end) et une fréquence à sept minutes en heure de pointe.

    L’objectif de fréquentation de L9 est de 16 500 voyageurs par jour. Les trois Linéo lancés en septembre 2017 du côté est de Toulouse atteignent 7 000 voyageurs par jour pour L6, 12 000 pour L7 et L8. L’ensemble des cinq lignes déjà en service ont progressé de 4,8 % en un an, totalisant 15 millions de validations. En 2019, trois Linéo supplémentaires seront mis en service (Linéo 3 en janvier, Linéo 4 et Linéo 5 en septembre), tandis que Linéo 1 sera prolongé. Le dernier Linéo, le N° 10, est annoncé pour septembre 2020.

    Catherine STERN

  • Ce qui peut causer des déraillements

    Ce qui peut causer des déraillements

    En 37 ans de circulation, le TGV a connu très peu d’accidents. Lorsqu’il y a eu déraillement, les rames sont restées le plus souvent debout du fait de l’architecture articulée du TGV, les voitures étant physiquement liées à leurs voisines.

    Sur les cinq déraillements précédant celui du 24 août que nous avons recensé, un seul a été mortel et s’était produit lors d’une campagne d’essais menée sur un tronçon de la ligne à grande vitesse Paris – Strasbourg. Passage en revue de causes qui peuvent provoquer des déraillements.

    Les causes matérielle

    • 1 – Le 14 décembre 1992, le TGV n° 920 reliant Annecy à Paris déraille à 270 km/h, en franchissant les aiguillages à l’entrée de la gare de Mâcon-Loché TGV (Saône-et-Loire). En cause, un composant électronique défaillant a bloqué les roues d’un bogie qui a fait dérailler le train. Aucun voyageur n’a été blessé à bord, mais des personnes qui attendaient sur un quai un autre train ont été légèrement atteintes par des projections de ballast.
    • 2 – Cause matérielle aussi pour l’Eurostar 9047 reliant Paris et Londres le 5 juin 2000, qui a déraillé à 250 km/h près d’Arras dans le Pas-de-Calais. Une bielle de réaction, pièce importante du système de transmission du bogie arrière de la motrice de l’Eurostar, aurait perdu les vis qui la relient dans une configuration normale au pont-moteur. Désolidarisée de l’ensemble du système de roulement, cette pièce serait allée frapper la voie en un endroit surélevé, en provoquant le déraillement. Sur les quelque 500 passagers, une dizaine furent légèrement commotionnés.

    L’affaissement de terrain

    • 3 –Le 21 décembre 1993, le TGV 7150 Valenciennes – Paris déraille à 300 km/h à hauteur d’Ablaincourt-Pressoir dans la Somme. Le train ne se couche pas, la motrice de queue et les quatre dernières voitures déraillant mais restant dans l’axe de la voie. Sur les 200 passagers, un seul fut légèrement blessé.
      Le déraillement a eu pour origine un affaissement de terrain (un trou de sept mètres de long) provoqué d’une part par la présence, sous la voie, d’une cavité artificielle datant sans doute de la Première Guerre mondiale, d’autre part par de très fortes pluies survenues ce mois-là. Un défaut dans le système de drainage des eaux a aussi été relevé à cet endroit.

     

    La rupture d’un rail

    • 4 – Le 31 octobre 2001, suite à la rupture d’un rail, le TGV 8515 Paris – Irun qui roulait à 130 km/h déraille à Saubusse-les-Bains dans les Landes, à une quinzaine de kilomètres de la gare de Dax. Dix voitures quittent la voie, la motrice arrière du TGV se couche. On recense neuf blessés légers et les dégâts matériels sont importants. L’enquête met en évidence le mauvais état de la voie.

     

    La survitesse

    • 5 – Le 14 novembre 2015, un TGV déraille à Eckwersheim lors d’essais à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale alsacienne, sur un tronçon de la ligne nouvelle à grande vitesse Est-européenne reliant Paris à Strasbourg. La survitesse est en cause, la rame d’essai a abordé, juste avant un pont, une courbe à 265 km/h au lieu de 176 km/h et un mauvais calcul de freinage a conduit au déraillement. La rame d’essai a chuté en contrebas, l’accident a fait 11 morts et 42 blessés.

     

    L’obstacle sur la voie

    • 6 – C’est un scénario redouté et de nature à faire dérailler un TGV : l’obstacle sur la voie (objet lourd tombé ou posé sur une voie, véhicule arrêté…). Pour ne citer qu’un exemple, le 17 juillet 2017, un TGV reliant Paris à La Rochelle avait ainsi percuté un bloc de béton déposé sur une voie à hauteur de Surgères dans les Charentes-Maritimes. Mais heureusement sans dérailler et sans faire de victime. Un acte de malveillance dénoncé par la SNCF qui avait porté plainte.

    M.-H. P.

  • Bayonne prépare l’arrivée du BHNS

    Bayonne prépare l’arrivée du BHNS

    Bayonne se prépare à l’arrivée du BHNS attendu à l’été 2019. Le Syndicat de mobilité Pays Basque-Adour vient de retenir Navocap pour équiper le réseau de transport urbain de Bayonne d’un système de priorité aux feux. Ce dispositif doit améliorer la régularité des bus et augmenter la vitesse commerciale, explique la filiale d’Ixxi (groupe RATP), spécialisée dans le SAEIV. « Le service donnera la priorité aux bus en retard et la refusera à ceux qui sont en avance », précise-t-elle dans un communiqué, en rappelant que ce système est déjà appliqué dans des villes comme Pau, La Roche-sur-Yon ou Montbéliard.

    Rappelons que l’agglomération de Bayonne prévoit à partir de juin prochain la mise en circulation de deux lignes à haut niveau de service, baptisées Tram’bus, et 100 % électrique sur 25 kilomètres.

  • Chambéry choisit Keolis pour son réseau Stac

    Chambéry choisit Keolis pour son réseau Stac

    L’agglomération du Grand Chambéry a décidé cet été de confier à Keolis l’exploitation de ses transports publics à partir de janvier 2019 et pour une durée de six ans. Keolis, qui faisait face à Transdev (l’actuel exploitant) et RATP Dev dans la compétition, a proposé la solution la plus « ambitieuse », a expliqué l’agglomération dans un communiqué, en rappelant aussi avoir « souhaité responsabiliser le futur délégataire en passant d’une régie intéressée où le risque était supporté par l’agglomération, et donc les contribuables, à un risque porté par le délégataire afin qu’il puisse proposer un réseau et des offres en adéquation avec les attentes des usagers ». La proposition de Keolis est également apparue comme « la plus favorable financièrement, puisqu’elle permet à Grand Chambéry de réduire sa contribution de 10,2 % entre 2019 et 2024 », a ajouté l’agglo.

    Dans le cadre de cette DSP, le nouvel opérateur exploitera 28 lignes de bus desservant 137 000 habitants sur 38 communes. Il proposera des services en soirée les jeudis, vendredis et samedi sur les lignes chrono A, B et C jusqu’à 0h30, ou encore plus de bus le dimanche matin sur les lignes Chrono et des horaires adaptés à ceux du TER le dimanche. La filiale de la SNCF prévoit d’atteindre les 90 millions de voyages d’ici à la fin de la DSP.

  • Lyon parie sur le développement de Bluely par Bolloré

    Lyon parie sur le développement de Bluely par Bolloré

    Après l’arrêt d’Autolib’ à Paris, la question de l’avenir de son homologue Bluely à Lyon se pose de deux façons : le fiasco parisien menace-t-il de la même façon la métropole lyonnaise ? Ou bien, y a-t-il une recette de la réussite du modèle du système d’autopartage de Bolloré dans la capitale des Gaules ? Les déclarations des responsables de la métropole de Lyon incitent à évacuer la première hypothèse pour prendre en compte les facteurs positifs de Bluely. De son côté, l’entreprise Bolloré, sollicitée, n’a pas donné suite sur le futur de la désormais plus grande vitrine de son savoir-faire dans l’autopartage en France.

    Si le silence est assourdissant, la cause est entendue malgré tout pour Karine Dognin-Sauze, vice-présidente (LREM) chargée de la Mobilité intelligente à la Métropole : « Nous sommes engagés dans une démarche pérenne pour développer un modèle économique visant la rentabilité. » Selon elle, il s’agit bien d’un « modèle gagnant-gagnant » entre Bolloré et la métropole pour un déploiement intelligent des nouveaux usages de l’électromobilité grâce à une évolution des comportements. « En tant que collectivité, nous jouons un rôle de facilitateur, on avance en nous adaptant avec des retours sur expérience. » La qualité de la relation et les objectifs partagés par les partenaires seraient donc un gage d’assurance pour Bluely. Même si Pierre Hémon, délégué (EELV) aux Mobilités actives de la métropole, met la pédale douce : « Bluely, c’est une belle vitrine opaque qui ne donne pas beaucoup de chiffres. C’est regrettable à l’heure de l’open data, et si elle n’est pas rentable on devrait savoir si elle permet ou non la démotorisation des trajets et le passage aux transports en commun »

    A la grande différence d’Autolib’ en délégation de service public, le dispositif lyonnais fait l’objet d’une convention avec des obligations réciproques des deux partenaires : Bolloré conduit sa propre politique commerciale et d’investissement tandis que la collectivité intègre l’offre Bluely dans sa politique globale de communication et lui donne accès à son domaine public moyennant redevance (100 euros/an/place de stationnement et 1,25 % sur le chiffre d’affaires). Cette redevance est aussi en vigueur pour l’autre système d’autopartage lyonnais créé par la SEM LPA avec Citiz et Yea!, augmentée à 250 euros/place/an car il s’agit de véhicules à essence. Louis Pelaez, président de LPA, a annoncé que Citiz a atteint son équilibre financier en 2017, dix ans après son lancement.

    Et Yea, le nouveau système en free floating créé en octobre 2017 avec 100 véhicules, lance 50 automobiles supplémentaires cet été pour répondre à la demande. « Nous aurions pu craindre que Yea! se substitue à Citiz, notamment sur les trajets courts, or, nous avons constaté une accélération du rythme des locations. Citiz a augmenté son kilométrage parcouru de 50 % depuis début 2018 tandis que Yea! répond à l’attente d’une clientèle de jeunes urbains », se félicite Christine Giraudon, directrice marketing de LPA.

    Sur le terrain, il apparaît que les trois systèmes (boucle, stations, free floating), malgré des craintes de concurrence potentielle, visent des clientèles et des longueurs de trajets différentes : 65 km en moyenne pour Citiz, 15 km environ pour Yea!, des trajets courts autour de 6 km pour Bluely. A priori, un cercle vertueux où chacun trouve son créneau dans un environnement complémentaire et favorable : « la dynamique de l’autopartage est forte à Lyon comme au plan national, avec des abonnés de Bluely en progression constante », commente Pierre Soulard, directeur de la Mobilité urbaine à la métropole. Une chose est sûre : la collectivité pratique « des conditions d’accueil transparentes et équitables » pour les opérateurs et entend soutenir et promouvoir leur développement. Bluely, créé en octobre 2013, n’est qu’à la moitié du chemin qui a conduit Citiz à l’équilibre et, selon la métropole, Bolloré va accentuer son implantation en connaissance de cause.

    D’ailleurs, l’opérateur Blue Solutions ne manque pas de communiquer pour vanter le succès de Bluely à l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry et sur ses offres promotionnelles auprès des étudiants, en période de soldes, etc. Des comités de pilotage trimestriels complétés par des reportings techniques hebdomadaires permettent d’échanger sur des questions stratégiques comme l’emplacement des stations, où l’intérêt de l’entreprise (fréquentation/rentabilité) rejoint celui de la métropole (desserte des nouveaux quartiers). Les études Qualité récurrentes font état de la satisfaction des abonnés sur la propreté des voitures, et d’une demande d’une disponibilité et d’un maillage plus importants de Bluely. « Il faut trouver l’équilibre entre la masse critique pour répondre à l’intérêt général de l’autopartage et le risque industriel assumé par l’opérateur », résume Pierre Soulard, confiant dans le pari de Bolloré. L’entreprise, selon lui, a fait le pari de l’électromobilité pour être prête lors du décollage du véhicule électrique et de la recharge intelligente partagée (un tiers des bornes sert aussi aux non-utilisateurs Bluely). Blue Solutions devrait donc poursuivre l’amélioration des performances de ses batteries tous formats à Lyon. Une décision pour se positionner comme un fournisseur fiable à Lyon, futur marché important, où le prochain passage à l’électrique du parc du réseau de bus du Sytral concerne plus de mille véhicules.
    

    Claude FERRERO

    *Bluely : 300 véhicules (130 en 2013), 12 700 abonnés. Citiz : 107 véhicules, 2 800 abonnés. Yea! : 150 véhicules.

  • Des navettes autonomes à la demande attendues  en septembre à Rouen

    Des navettes autonomes à la demande attendues en septembre à Rouen

    Une première européenne ! C’est ce qu’affirment les promoteurs du service de navettes autonomes à la demande qui vont circuler à partir de septembre à Rouen, au beau milieu de la circulation. Ce service est porté par Rouen Normandy Autonomous Lab, résultat d’un partenariat public-privé doté d’un budget de 11 millions d’euros et regroupant la métropole de Rouen, la région Normandie, Transdev, Renault, la Matmut et la Caisse des dépôts.

    Après 18 mois de travaux et une phase de test, le service est prêt pour être lancé sur la commune de Saint-Etienne-du-Rouvray. Dès septembre 2018, (sous réserve d’autorisation), et jusqu’à décembre 2019, il suffira à ceux voulant le tester, de télécharger une application pour pouvoir commander l’une des quatre ZOE électriques autonomes, mais aussi dès fin 2018, une navette i-Cristal de 12 places, codéveloppée par Transdev et Lohr.

    Ces véhicules desserviront trois lignes totalisant 10 km, avec 17 points d’arrêts en correspondance avec les lignes du réseau de transport en commun de la métropole de Rouen. Les quatre Renault ZOE dédiées à ce projet sont équipées d’une technologie leur permettant de circuler sur routes ouvertes, en intégrant les contraintes de trafic, les autres véhicules, les ronds-points, les piétons… Pour des raisons réglementaires, un safety driver est présent dans toutes les voitures, prêt à reprendre la main si nécessaire.

    Mais comme nous avons pu le vérifier, sa présence servira surtout à rassurer et informer les personnes empruntant le service. Car les véhicules ne sont pas laissés sur la route sans vigilance. Depuis le PC central des bus de Rouen, un poste de commandement a été installé. Tous les véhicules autonomes y sont géolocalisés, leur comportement contrôlé. Il est même possible d’y établir une communication avec les passagers en mode audio et vidéo. C’est depuis ce poste que l’opérateur peut intervenir en cas de nécessité. C’est de là notamment qu’en cas de pluie, il peut réduire la vitesse des véhicules, ou les arrêter.

    La période de test avec utilisateurs permettra de vérifier l’acceptabilité sociétale de ce type de service de mobilité autonome, partagée et à la demande, et de prendre en compte les remontées d’informations délivrées par les voyageurs. « L’intérêt pour nous est d’avoir de vrais clients, pour avoir un retour d’utilisation et pouvoir commencer à travailler sur le business model. Car l’objectif est de vérifier que ce type de transport peut s’inscrire dans la continuité du transport public du premier ou dernier kilomètre, et de construire une offre de transport efficace, plus personnalisée, plus écologique et plus connectée, qui va transformer les frontières entre transport particulier et collectif », détaille Thierry Mallet, PDG de Transdev. « Nous allons voir comment les habitants vont s’approprier le service qui sera mis à leur disposition gratuitement. L’améliorer en prenant en compte les remarques, pour trouver le bon compromis vitesse/confort afin que cette expérimentation puisse donner lieu à généralisation », ajoute Frédéric Sanchez, président de la métropole Rouen-Normandie.

    Valérie Chrzavzez

  • Indigo weel s’installe à Grenoble

    Indigo weel s’installe à Grenoble

    Indigo a annoncé avoir installé le 23 juillet à Grenoble près de 600 vélos en libre service et sans station. C’est ainsi la 7e agglomération française à disposer de ce service que l’on peut réserver via une application. Le coût est de 50 centimes pour 30 minutes d’utilisation et 5 euros pour une journée sans abonnement. Trois formules d’abonnement sont également proposées : 79 euros pour un an, 59 euros pour six mois, 15 euros pour un mois.

    Indigo explique avoir choisi de s’installer à Grenoble car « le Conseil métropolitain a pour objectif le triplement de la part modale de l’usage du cycle à horizon 2020. La ville et son agglomération comptent ainsi 320 km de pistes cyclables, ce qui en fait l’un des réseaux cyclables les plus denses de France« .

  • Saint-Etienne Métropole souhaite passer au trolleybus IMC

    Saint-Etienne Métropole souhaite passer au trolleybus IMC

    L’agglomération de Saint-Etienne est une des dernières de France, avec Lyon et Limoges (voire Nancy, si l’on compte le TVR), à mettre en œuvre des trolleybus sur son réseau de transports publics. Et le 17 juillet, en lançant un avis d’appel à candidatures pour sa prochaine génération de trolleybus standards, Saint-Etienne Métropole non seulement confirme que ce type de bus électrique a un avenir, mais l’agglomération stéphanoise est aussi une des premières autorités organisatrices des transports au monde (et la première en France) à envisager de faire appel à la technologie IMC (pour In-Motion Charging, soit « charge en mouvement »). Aussi appelée Trolleybus 2.0, cette solution implique que les trolleybus soient également équipés de batteries chargeables en exploitation, pouvant ainsi « s’affranchir temporairement de leur alimentation normale par ligne aérienne de contact bifilaire » comme le souligne l’avis d’appel à candidatures. De quoi envisager l’exploitation de lignes de trolleybus sur des parcours qui ne sont pas intégralement électrifiés, par exemple en cas de travaux, de déviations ou de prolongements.
    A part l’IMC, les 22 trolleybus de la tranche ferme envisagée sont tout ce qu’il y a de plus standard aujourd’hui. « Ces véhicules sont à plancher plat, sans marche intérieure, disposent de 3 portes et peuvent transporter environ 90 passagers. Ils comportent de 22 à 28 places assises. Les dimensions maximales du véhicule hors appendices sont de 12 m de long et 2,55 m de large. » Deux tranches optionnelles sont évoquées, de un et deux trolleybus respectivement.
    Les candidats, qui ont jusqu’au 10 août pour se déclarer, verront leurs offres évaluées à 60 % sur leur valeur technique et à 40 % sur leur prix.