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Les transporteurs lancent leurs plans neige
Qualifiées de « phénomène météorologique exceptionnel », par Elisabeth Borne, la ministre des Transports, les chutes de neige du 6 février ont bloqué une partie du pays, notamment le bassin parisien où il y avait jusqu’à 20 cm de neige dans le Sud-Ouest de Paris. On a comptabilisé jusqu’à 700 km de bouchons dans la nuit de mardi à mercredi, malgré le salage des routes, les recommandations du ministère aux automobilistes d’éviter de prendre la route et l’interdiction faite aux poids lourds de circuler sur les principaux axes en Ile-de-France.
Côté SNCF, le plan grand froid a été activé. Le transporteur recommandait aux voyageurs de reporter leurs déplacements dans la mesure du possible. Les vitesses ont été réduites sur les grandes lignes. Pour les TGV, dont la vitesse est abaissée à 220 km/h, il s’agit d’éviter les projections de glace lors de croisements.
En Ile-de-France, on comptait deux trains sur trois en circulation en moyenne. Avec deux points noirs : les lignes L (Paris – Versailles) et P (Paris – Meaux et Paris – Coulommiers), où des arbres ont chuté à cause du poids de la neige et ont entravé les circulations. « Nous avons mis en place notre plan neige depuis deux jours. Cela nous a permis d’ajouter des trains supplémentaires mardi soir pour acheminer tous les voyageurs », a expliqué Alain Krakovitch, le directeur général de SNCF Transilien. « 2 500 agents sont mobilisés sur les voies pour déneiger en particulier les aiguillages, mais aussi les quais et assurer l’information voyageurs », a-t-il ajouté.
Toutefois – et c’était l’une des principales difficultés à la SNCF comme ailleurs –, l’entreprise ferroviaire a aussi dû faire face aux difficultés de ses agents d’arriver à leur service.
La RATP a ainsi estimé que 15 % de ses agents ont été confrontés à des problèmes d’acheminement et n’ont pu rejoindre leur poste. La RATP, qui avait aussi les yeux fixés sur les prévisions météo, a lancé son plan « Alerte neige » consistant à arrêter les chantiers et à mobiliser les équipes pour qu’elles s’assurent du bon fonctionnement des aiguillages.
« 1 200 agents sont intervenus pour mener des actions de prévention et de protection du réseau. Il s’agit d’actions telles que le raclage des caténaires, le dégagement et le nettoyage de voies de tramway, le déneigement des abords des gares et stations, le sablage en cas de besoin des voies de RER, des lignes aériennes de métro et des quais de tramway… », explique la RATP. « La nuit, on fait circuler les trains pour éviter que le givre ne reste sur les caténaires », précise Philippe Martin, son directeur général adjoint.Les problèmes de circulation ont essentiellement concerné les tramways sur pneus et les bus qui ont cessé de circuler le 6 février en début de soirée. Les raisons ? Les problèmes d’adhérence des pneus et la volonté de ne pas générer de surencombrements. « Imaginez nos 4000 bus pris dans les embouteillages ! », souligne Philippe Martin. « La décision a été prise progressivement. Ce sont les conducteurs qui signalent les zones de difficultés au centre de régulation. Nous envoyons des voitures de régulation sur place pour prendre des décisions de fermeture partielle ou complète. La décision de reprendre se fait aussi progressivement dès que nous avons la certitude que l’itinéraire est complètement sûr. »
M.-H. P.

Rennes confirme son engagement pour le vélo
Constatant que la pratique du vélo augmente de 13 % par an, la ville de Rennes confirme son engagement pour le vélo. Le Réseau express vélo (REV), qui rayonnera depuis la place de Bretagne, va commencer à se déployer en 2018. « Le réaménagement de la place, suivi jusqu’à l’automne de travaux de raccordement de linéaires cyclables et sécurisés existants vers le nord et l’ouest de Rennes, permettront de livrer avant la fin de l’année les 5,4 premiers kilomètres du REV », indique la collectivité dans un communiqué. A terme, 16 km sont prévus et ont vocation à se prolonger vers les communes de Rennes Métropole, précise-t-elle.

Un Réseau express vélos pour Toulouse
Toulouse veut s’ouvrir davantage au vélo. Le 7 février, Tisséo Collectivités doit approuver le projet mobilités 2020-25-30 ayant valeur de PDU. Pour lever l’une des dernières réserves de la commission d’enquête publique, le syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération toulousaine devra augmenter son budget consacré au vélo de 16 à 25 millions d’euros par an. Cela permettra d’améliorer la part modale du vélo au sein d’une agglomération dont les deux tiers des déplacements de 1 à 3 km se font en voiture.
Afin de mieux coordonner les actions entre les différents acteurs, Tisséo Collectivités a proposé de jouer le chef d’orchestre du schéma directeur cyclable d’agglomération prévu par le PDU, même s’il n’en a pas la compétence. Ce schéma métropolitain « volontariste » intègre la continuité d’itinéraires avec le développement d’un maillage complémentaire, les temps de parcours avec l’aménagement d’un « Réseau express vélo » et la promotion de l’usage du vélo avec du stationnement et de nouveaux services.
Deux études, validées en novembre 2017 par Tisséo Collectivités, vont bientôt démarrer : l’une sur une autorité organisatrice unique des mobilités cyclables urbaines associant les collectivités intervenant sur les 115 communes de la grande agglomération et les associations vélo ; l’autre pour définir la nature et l’organisation de services associés (location de vélos à l’échelle de l’agglomération, création de deux maisons des mobilités cyclables urbaines, services innovants issus de l’appel à manifestation d’intérêt comme le déploiement du vélo électrique, la micromobilité, les services autour des terminus métros et parkings-relais…).
Catherine Sanson-Stern
Les régions pourraient prendre la main sur les petites lignes
Les lignes ferroviaires les moins fréquentées sont évidemment les premières menacées. Tout récemment, dans son premier rapport sur le transport ferroviaire, l’Arafer avait pointé le fait que 30 % du réseau ne voit passer que 1 % des circulations de trains de voyageurs. Le rapport Duron ne devrait pas manquer de le souligner.
Déjà, dans un rapport d’étape publié en décembre, Philippe Duron écrivait que « la question du maintien des voies peu utilisées se pose. En effet maintenir en service ces infrastructures pour n’y offrir qu’une offre très pauvre en fréquence, dont les usagers se détournent, génère souvent un coût prohibitif par voyageur-kilomètre ».
D’où sa suggestion de conserver les emprises ferroviaires pour que les véhicules autonomes et électriques puissent y circuler dans le futur. Ces emprises, des sites propres assez larges, pourraient accueillir de « nouvelles formes de mobilité, des véhicules plus légers, allant du transport à la demande, résolvant à la fois la question de l’allègement du coût de régénération (même si un coût – très variable – de reconversion est à prévoir) et celle de la fréquentation par le développement d’une offre de mobilité plus agile, plus adapté à la faiblesse des flux, présentant une part des avantages du véhicule individuel sans en avoir les inconvénients ».
Le conseil d’orientation des infrastructures affirme intégrer dans sa réflexion l’idée d’inviter les régions à reprendre la gestion de ces voies pour leur donner une nouvelle vie. Ou bien à trouver un nouveau mode de gouvernance à mettre au point avec SNCF Réseau.
M.-H. P.

Les grandes espérances des provélos
On sent que le vent tourne, se réjouissent les représentants du Club des villes cyclables. « Désormais, le vélo n’est plus un mot tabou ou un sujet de moquerie, si on met de côté une petite minorité incorrigible », souligne Pierre Serne, son président. Selon lui, Elisabeth Borne prêterait une oreille très favorable aux demandes des élus faisant partie de ce club. La ministre des Transports a ainsi fait savoir, lors du dernier conseil d’administration du Gart, qu’elle avait refusé de signer le décret pris le 31 décembre sur les vélos à assistance électrique, qui réserve l’aide à l’achat aux habitants de collectivités octroyant déjà des subventions. Malgré le peu de temps qui reste, les élus, qui demandent la généralisation de cette prime, pensent que la ministre pourrait obtenir la réécriture du décret même s’il doit commencer à s’appliquer dès le 1er février.
Elisabeth Borne a également annoncé un plan vélo ainsi que des mesures pour favoriser les déplacements à bicyclette dans la loi d’orientation des mobilités. Deux textes prévus au premier semestre. Parmi les mesures attendues : la généralisation de l’indemnité kilométrique ou encore une aide financière de l’Etat pour des aménagements cyclables, notamment en cas de coupures urbaines pour remédier aux discontinuités sur un territoire, explique Pierre Serne.
Selon des propos tenus par le député LREM Matthieu Orphelin, qui fait partie du Conseil des orientations des infrastructures, les conclusions que devraient présenter son président, Philippe Duron, proposeraient un chiffrage de cette aide financière. Il n’en a pas dévoilé le montant, mais les élus du club demandent 200 millions d’euros par an pendant cinq ans. « Nous ferons en sorte que ce quinquennat soit celui du vélo », assure son collègue député LREM Guillaume Gouffier-Cha. Même si la vraie crainte c’est que, « même quand il y a conviction et des déclarations fortes comme celles de la ministre des Transports, il y a Bercy, qui souvent transforme des déclarations sincères en pas grand chose », nuance Pierre Serne
En attendant, des parlementaires ont relancé le 25 janvier, au côté du Club des villes, le « Club des élus nationaux pour le vélo », pour réunir députés et sénateurs cyclistes et pousser les mesures en faveur de ce mode de transport.
M.-H. P

CarPostal renouvelé à Agde
La Communauté d’agglomération Hérault Méditerranée (qui représente 20 communes et 72 000 habitants sur un territoire de plus de 370 km³) a décidé de renouveler pour 7 ans le contrat d’exploitation du réseau de transport attribué à CarPostal. Présent depuis 2010, CarPostal Agde proposera « un cadencement et une interconnexion renforcée entre les transports urbains, les TER et les TGV (notamment en provenance de Paris en période estivale) », explique dans un communiqué l’opérateur de transport public urbain et interurbain, dont la société mère est en Suisse.
Le contrat qui doit commencer le 1er mars représente un chiffre d’affaires cumulé de près de 18 millions d ‘euros. Cette année sera également marquée par le lancement du plan de renouvellement du parc qui doit durer jusqu’en 2022 et pour lequel CarPostal va consacrer 2,8 millions d’euros d’investissement.

Busworld 2017. La dernière de Courtrai
La 24e édition de Busworld a rassemblé, en octobre, 376 exposants et 37 241 visiteurs de 118 pays. Elle aura été la dernière à se dérouler à Courtrai. Victime de son succès, le Salon quitte la ville belge dont il était synonyme pour rejoindre Bruxelles. Ultime tour des allées pour découvrir les nouveautés 2018, dans cette « ambiance courtraisienne » que disent déjà regretter les habitués.
Galvanisé par l’obtention de son tout premier contrat en Europe continentale, le constructeur britannique ADL (Alexander Dennis Limited) avait fait le voyage de Courtrai avec deux véhicules. L’un d’eux n’était autre que l’Enviro 500 avec lequel il remporta l’appel d’offres de l’opérateur suisse PostAuto (dont la filiale CarPostal exploite plusieurs réseaux français). Il s’agit d’un véhicule à étage de 12,9 m sur trois essieux, déjà vendu sur le continent nord-américain. Il dérive étroitement du célèbre autobus urbain Enviro 400, toujours leader sur son segment, et que l’on rencontre dans nombre de villes en Grande-Bretagne.
La commande de PostAuto porte sur dix-neuf unités climatisées, à trois portes et deux escaliers, qui seront mises en service sur la région de Saint-Gall, en remplacement des autocars à étage existants. Cet Enviro 500 au look tellement « british », qui arbore fièrement la fameuse livrée

Le « midibus » Enviro 200 d’ADL (pour Londres) sortirait en conduite à droite. jaune des cars postaux helvétiques, restera l’une des images fortes de Busworld 2017. Du coup, ADL en profitait pour tenter sa chance avec son nouvel Enviro 200 en version diesel Euro VI.
Le véhicule exposé, vendu à l’opérateur Abellio (filiale des NS, les Chemins de fer néerlandais) pour exploitation sur le réseau TfL (Transport for London, l’autorité organisatrice londonienne), était un « midibus » de 10,4 m, dont la structure, très allégée, conduit à une consommation minimale de carburant. Depuis la sortie des premiers Enviro 200, cette famille d’autobus disponibles en plusieurs longueurs connaît un vif succès.
Le constructeur chinois BYD est arrivé à Courtrai avec un premier autobus électrique dès 2011 et, depuis, il n’a jamais manqué, chaque année impaire, le célèbre rendez-vous. Ce qui le différencie

Chez le Chinois BYD, le tout premier standard électrique de 12 m produit en Europe, dans l’usine hongroise. fondamentalement de tous ses concurrents, sur le marché de l’électromobilité, c’est d’avoir été le seul à débuter comme fabricant de batteries. Il considère donc qu’il maîtrise parfaitement cette technologie, fort des travaux de recherche et développement des quelque 20 000 ingénieurs qu’il emploie. C’est d’ailleurs aujourd’hui le premier producteur de batteries fer-phosphate au monde. Est-ce la raison pour laquelle il demeure fidèle à la charge lente, et ne semble guère s’intéresser à la charge rapide aux terminus (opportunity charging) ? Après avoir
inauguré sa première usine européenne en Hongrie, avec une capacité potentielle de 400 véhicules par an, BYD se prépare maintenant à ouvrir la deuxième en France, à Allonne, près de Beauvais.
Avec, pour objectif, un démarrage au deuxième trimestre 2018. Le site de production français pourrait fournir, à terme, 200 véhicules par an, uniquement destinés au marché national. Le constructeur dit avoir déjà commencé à répondre à quelques appels d’offres en France. Sur le Salon, on remarquait son nouveau midibus de 8,75 m, au style particulièrement futuriste.
Heuliez Bus, le constructeur français traditionnellement installé à Rorthais, revient cette année sur le devant de la scène internationale, avec la volonté d’aller chercher des opportunités sur les

Pour son GX 337 Elec de 12 m, ici avec la face avant « Linium », Heuliez-Bus a choisi la charge lente, et assure qu’elle sera suffisante pour une journée entière. marchés étrangers. A Courtrai, il dirigeait plus particulièrement le projecteur sur sa nouvelle offre d’électromobilité. Elle se décline sous la forme d’un standard et d’un articulé. Equipé de batteries lithium-ion disposées en toiture ainsi qu’à l’arrière dans l’ex-compartiment moteur, le GX 337 Elec de 12 m dispose de l’autonomie nécessaire pour pouvoir rouler une journée entière. Ses batteries sont rechargées la nuit, au dépôt. En revanche, le GX 437 Elec de 18 m aura recours à la charge rapide en ligne, au terminus, à l’aide d’un pantographe descendant, en conformité avec le protocole OppCharge. Tous les auxiliaires sont électriques, y compris le chauffage et la climatisation.
Grâce à ce dernier véhicule, Heuliez Bus vient de remporter son premier contrat en Norvège : dix autobus articulés GX 437 Elec rouleront à Trondheim en 2019. Le constructeur propose également sa nouvelle offre d’électromobilité en version BHNS dite « Linium » (acronyme construit à partir de Line – ligne – et Premium). Cette version, disponible en standard comme en articulé, incorpore notamment des faces avant redessinées avec pare-brise aux volumes arrondis, modules de baies latérales sous la ceinture de caisse, carénages de roue. Elle permettra de nombreuses variantes d’aménagement intérieur. L’offre GX Elec doit être labellisée « Origine France garantie », cette appellation contrôlée s’appliquant aussi aux batteries. Désormais, Heuliez Bus se retrouve présent sur les quatre grands créneaux : diesel Euro VI, GNV (gaz naturel pour véhicules), hybride, et 100 % électrique.En première mondiale, Iveco présentait deux nouvelles versions de son célèbre Crossway qui est devenu, avec plus de 30 000 exemplaires vendus, le best-seller de sa catégorie ! La première est le

Le Crossway LE au gaz de 14,50 m. Crossway LE (low entry) dit « Natural Power », entièrement repensé pour utiliser, comme carburant, le gaz naturel ou le biométhane. Le véhicule est équipé du tout nouveau moteur Cursor 9 d’Iveco. Son architecture d’ensemble a fait l’objet de la dépose d’un brevet. Elle lui confère une hauteur hors tout équivalente à celle d’un Crossway LE diesel traditionnel avec unité de climatisation, malgré la nécessité de loger, en toiture, les réservoirs de gaz. Il s’agit de surcroît, avec 3 210 mm, de la hauteur la plus basse du marché !
L’idée consiste à mettre à profit la partie supérieure de la fameuse « cathédrale » si caractéristique des véhicules « low-entry », et qui se situe entre leurs portes avant et médiane. En ramenant la valeur de la hauteur sous plafond, toujours très généreuse dans cette zone, à celle d’un Crossway à plancher normal, il devient possible d’intégrer les réservoirs à l’intérieur-même du pavillon, plutôt que de les loger au-dessus.
Le nouveau Crossway LE Natural Power étant homologué dans la classe I, l’opérateur qui possède déjà, dans son parc, d’autres véhicules urbains de la même hauteur, peut le mettre en service sans devoir se soucier des problématiques habituelles de dégagement du gabarit vis-à-vis des ponts, trémies et autres obstacles potentiels. De plus, cette nouvelle position des réservoirs permet d’abaisser significativement le centre de gravité, ce qui se traduit par un meilleur comportement dynamique dans les virages, facilitant la conduite et le confort.
Le Crossway LE Natural Power dispose de quatre réservoirs de 315 l, soit une capacité totale d’emport de 1 260 l qui lui confère une autonomie de 500 à 600 km. Autre singularité, le capot protégeant les réservoirs est constitué de deux éléments s’ouvrant largement « en ailes de papillon » pour permettre un accès aisé, lors des opérations de maintenance, à l’ensemble des constituants.
Dans sa version standard de 12 m en classe I, le Crossway LE Natural Power, configurable en deux ou trois portes avec accès à 1 200 mm pour les deux premières, peut accueillir jusqu’à 106 voyageurs. Il est également disponible avec le poste de conduite VDV (Verband Deutscher Verkehrsunternehmen, association des entreprises de transport allemande), déjà éprouvé sur l’ensemble de la gamme depuis trois ans. Cette norme, fruit du travail entrepris depuis de longues années par cette instance représentative des opérateurs allemands, a réussi à s’implanter de façon quasi universelle. Elle a permis d’optimiser la disposition des instruments de bord, tout en offrant une interface commune qui facilite l’adaptation des conducteurs appelés à régulièrement passer d’un type ou d’une marque de véhicule à une autre. Désormais, l’ensemble de la gamme Iveco existe en offre Natural Power (gaz et biométhane), avec les Urbanway de 10,50 m, 12 m et 18 m, ainsi que les Crealis BHNS 12 m et 18 m.
L’autre première mondiale présentée par Iveco à Courtrai était le Crossway LE de 14,50 m sur trois essieux, réoccupant le créneau laissé vacant après la disparition de l’Ares de 15 m. Le choix d’une longueur légèrement réduite était dicté par le souhait de pouvoir équiper le véhicule d’une armoire ou de racks à skis. La formule à trois essieux entend d’abord répondre aux attentes des pays scandinaves.
En version urbaine, ce nouveau Crossway peut transporter jusqu’à 138 voyageurs. Il reste facile à manœuvrer, affichant le meilleur rayon de giration de sa catégorie avec 11,9 m. Enfin, son coût global de possession n’excède que de 10 % celui du modèle de 12,80 m sur deux essieux, alors que la majoration de capacité correspondante grimpe, dans le même temps, jusqu’à 40 % (38 places supplémentaires en version Intercity, et de 44 à 50 en version City). Cet excellent ratio devrait encore augmenter l’attractivité de l’offre Crossway à l’étranger, où le produit compte déjà de très gros clients, comme la Deutsche Bahn, dont le parc dépassera, cette année, le millier d’exemplaires. Sur le salon, Iveco annonçait aussi le lancement d’une nouvelle génération de trolleybus IMC (In Motion Charging), qui doit être développée sur base Urbanway et Crealis, en 12 m comme en 18 m. Rappelons que la toute nouvelle technique IMC permet la recharge des batteries, lorsque le véhicule circule sous ligne aérienne bifilaire, avec le meilleur rendement que l’on puisse imaginer en électromobilité. Le véhicule peut alors parcourir de longues sections en totale autonomie, ce qui permet de réduire très significativement le kilométrage nécessaire sous ligne aérienne. Enfin, sur le front de la connectivité, Iveco propose désormais, sur tous ses véhicules, un langage universel pour le réseau informatique de bord, qui permettra de se limiter à du simple « plug and play », pour intégrer, par exemple, n’importe quel type de girouette ou de SAE qui pourrait être demandé par un réseau. Issu d’un groupe de travail réunissant quelques industriels et opérateurs sous l’égide de l’UITP, ce nouveau protocole rend possible un changement d’équipementier sans devoir intervenir, pour autant, sur le câblage ou le software. Autre innovation « high-tech », la mise au point, dans un projet commun avec Microsoft, de lunettes 3D pour l’aide à la maintenance : il suffira désormais au technicien de l’opérateur de faire un simple geste en direction de la pièce sur laquelle il focalise son attention, pour qu’à distance le back-office du constructeur puisse intervenir en lui fournissant toute l’information nécessaire. Avec cette nouvelle méthode, le gain de temps est significatif. : l’immobilisation du véhicule peut être réduite à quelques heures au lieu de plusieurs jours.Après Bayonne, Amiens a choisi le constructeur espagnol Irizar pour la fourniture de 43 autobus électriques destinés à son futur réseau BHNS (bus à haut niveau de service) en 2019. La signature de ce marché de 34 millions d’euros est intervenue en marge du salon. Avec cette commande record, Amiens se hisse, en théorie, sur la première marche du podium européen des villes « électromobiles », ex-aequo avec Eindhoven (Pays-Bas) où roule le même nombre de véhicules électriques, cette fois fournis par VDL. L’autobus articulé spécifié par Amiens, d’une longueur de 18 m et d’une capacité de 120 à 150 voyageurs, est équipé de batteries au lithium. Il combine la charge rapide aux terminus (opportunity charging) avec la charge lente, de nuit, au dépôt. Sa carrosserie se distingue par un profil de nez très aérodynamique, quatre larges portes latérales doubles accélérant les échanges de voyageurs, et des carénages pour les passages de roue qui entendent lui octroyer un look de tramway.

Lancé relativement récemment, le Lion’s Intercity
de MAN a été optimisé pour une utilisation comme autobus urbain ou car scolaire.L’Allemand MAN ménage, plus que jamais, le suspense. S’il a, depuis longtemps déjà, révélé dans les médias spécialisés l’élégante silhouette qu’il a dessinée pour sa future génération d’autobus urbains Lion’s City, il faudra néanmoins encore patienter jusqu’en mars prochain pour qu’un premier véhicule soit officiellement dévoilé. Après avoir continuellement amélioré le Lion’s City au fil des années, le temps était donc venu, pour le constructeur, de repenser en profondeur ce produit. D’autant qu’à côté de versions Euro VI diesel et GNV plus traditionnelles, le nouveau véhicule devait aussi être conçu d’emblée pour l’électromobilité. La construction en série de cette version 100 % électrique est annoncée pour fin 2019. Toutefois, une flotte de démonstration doit être mise en service dès cette année. Priorité sera donnée à la charge en dépôt, avec une autonomie qui serait nettement supérieure à 200 km.
Un avant-goût du design adopté pour le futur Lion’s City était d’ores et déjà donné par le nouvel autocar Lion’s Coach présenté au salon. Même si, pour ce type de véhicule, c’est d’abord l’aérodynamique qui prime, le lien de parenté demeure évident. A Courtrai, MAN exposait également l’excellent autocar interurbain Lion’s Intercity ainsi que l’autobus Lion’s City Hybrid.Deux nouveautés d’importance étaient présentes sur le stand du constructeur allemand Mercedes : l’autobus Citaro Hybrid en première mondiale, et l’autocar Tourismo RHD. Avec le Citaro Hybrid, le groupe Daimler Buses ouvre une toute nouvelle page dans l’histoire des autobus à transmission électrique. La démarche qu’il a suivie est absolument unique. Il s’agissait de mettre

Le Citaro Hybrid de Mercedes, tout premier autobus hybride du marché qui peut être amorti en quatre ans. au point un concept de véhicule qui offre l’essentiel des avantages de l’actuel autobus hybride, en termes de souplesse de fonctionnement et de récupération d’énergie, sans en reconduire les inconvénients majeurs, comme les coûts d’achat et de possession ou encore la nécessité de disposer d’un personnel de maintenance spécialement habilité. Le nouveau Citaro Hybrid ne constitue donc nullement un modèle de transition dans l’attente du Citaro « tout électrique » attendu pour très bientôt, mais il entend plutôt optimiser la technique diesel Euro VI, de façon finalement très simple, pour en tirer le meilleur parti. Il s’agit donc bien d’un modèle à vocation pérenne.
L’architecture au niveau de la transmission s’écarte du schéma très souvent utilisé de l’hybride-série – celui-là même naguère privilégié par Daimler Buses –, pour s’apparenter à l’hybride-parallèle. Toutefois, le petit moteur électrique mis en œuvre, très robuste et produit en grande série (c’est l’alterno-démarreur de la Mercedes Classe S !), ne sert pas à augmenter la puissance maximale de l’autobus, mais surtout à assister le moteur thermique lorsqu’une puissance importante est requise. Au cours du processus, le régime de ce moteur thermique n’est pas réduit, et seule sa puissance de crête diminue légèrement avec la mise en action du moteur électrique. Au ralenti, un effet « boost », également provoqué par le même moteur électrique, optimise le rendement du moteur thermique. La conjugaison de ces deux effets peut conduire à une diminution jusqu’à 8,5 % de la consommation de carburant par rapport au Citaro diesel Euro VI traditionnel.
Le moteur électrique utilisé est du type synchrone à aimants permanents, avec électronique de puissance intégrée. Il peut développer une puissance maximale de 14 kW et un couple de 220 Nm. Dans les phases de décélération, ce moteur tourne en alternateur et récupère ainsi, sous forme électrique, l’énergie alors libérée. Cette énergie est stockée dans des « supercaps », autrement dit des super-condensateurs de dernière génération, qui supportent beaucoup mieux que les batteries les cycles très courts de charge et décharge caractéristiques des autobus en circulation urbaine. Le Citaro Hybrid dispose de deux modules d’accumulateurs contenant chacun huit condensateurs à double couche. L’ensemble représente une capacité totale de 2 Ah. Les deux modules se trouvent montés à l’arrière, sur le toit, et ils sont refroidis par le seul écoulement de l’air pendant la marche. A partir du courant continu issu du déchargement des « supercaps », un onduleur génère le courant alternatif triphasé nécessaire au fonctionnement du moteur synchrone. Onduleur et moteur électrique sont refroidis par eau. Un radiateur supplémentaire est installé sur le côté gauche, juste en avant de celui du véhicule.
Par ailleurs, le nouveau Citaro Hybrid est le premier véhicule industriel au monde équipé d’un réseau « basse tension » 48 V, à l’instar des voitures particulières à propulsion hybride de Mercedes-Benz. En conséquence, les formations et l’habilitation « haute tension » ne sont plus nécessaires pour les personnels de maintenance. Les équipements hybrides du véhicule ne majorent sa masse que de 156 kg : on ne perd donc aucun siège à l’intérieur, mais juste deux ou trois places debout.
Quant au surcoût par rapport au diesel conventionnel, il n’excède pas les 15 000 euros. « L’hybride intégral ne se rentabilise pas, assure Hartmut Schick, le président de Daimler Buses. En revanche, l’hybride 48 V s’amortira au bout de quatre ans. »
Autre première mondiale, la direction électrohydraulique « Intelligent eco steering », dont l’assistance ne se met en action que lorsque le conducteur braque, participe aussi aux économies d’énergie. Elle équipe justement le Citaro Hybrid, et est disponible pour le programme complet d’autobus. Quant au Tourismo, il fera l’objet d’un prochain article, tout comme le nouveau S 531 DT vendu sous la marque Setra.Longtemps attendu, le premier autobus urbain 100 % électrique de Scania était présenté, en avant-première, à Courtrai. Son lancement commercial devrait intervenir dans le courant de

Le tout nouvel autobus Scania Citywide 100 % électrique de Scania l’année 2018. Le constructeur suédois a intégralement réalisé ce véhicule, dont il a voulu travailler tout particulièrement la robustesse. Le petit dernier dérive logiquement du nouveau Citywide, venu remplacer, il y a une paire d’années, l’ancienne plate-forme Omnicity. Six unités rouleraient déjà dans la ville d’Östersund, au centre de la Suède, trois autres devant incessamment les y rejoindre. Les Citywide électriques parcourent une ligne longue de 14 km. Cette exploitation probatoire, qui pourrait se poursuivre jusqu’en 2021, a notamment pour objectif d’emmagasiner un maximum de connaissances sur le comportement des batteries dans un environnement où l’on peut rencontrer de très basses températures et un fort degré d’hygrométrie. Le mode de recharge adopté est l’opportunity charging (charge rapide) par conduction, en utilisant un pantographe. La charge s’effectue à chaque terminus, en quatre à huit minutes. L’autonomie du véhicule serait néanmoins suffisante pour lui permettre de manquer un point de recharge.
Avec ce nouvel autobus, Scania s’affiche comme le constructeur qui dispose désormais, en Europe, du plus large portefeuille d’options énergétiques avec, outre le 100 % électrique, le diesel Euro VI à transmission mécanique ou électrique (hybride), le biodiesel, le gaz, l’éthanol, voire les huiles végétales retraitées.
L’autre nouveauté de Scania à Courtrai était l’autocar Interlink LD (low decker) de 13,2 m en version hybride. Dans l’offre globale du constructeur, ce véhicule vient se positionner en complément du Citywide LE (low entry) pour trafic suburbain. Offrant un très bon confort, l’Interlink LD a vocation d’assurer des missions interurbaines à court ou moyen rayon d’action, mais reste d’une grande agilité en ville. Sa transmission hybride pourrait lui conférer des économies de carburant allant jusqu’à 25 %. Visiblement, Scania croit beaucoup en l’avenir de tels véhicules spécialement taillés pour les dessertes toujours plus longues des périphéries.Mi-2017, le Polonais Solaris avait déjà vendu près de 200 autobus équipés d’une transmission électrique, et appartenant aux types standard de 12 m ou « midi » de 8,9 m. A Courtrai, il présentait son nouvel articulé de 18 m dans une version adaptée à l’électromobilité. Surtout, le constructeur de Bolechowo venait de vendre ses tout premiers autobus 100 % électriques en France. Ces véhicules sont destinés aux réseaux de Frontignan et Thau Agglo. Dans chaque cas, il s’agit du « midi » de 8,9 m, équipé de batteries Solaris d’une puissance de 160 kW, la fourniture du chargeur de 80 kW étant incluse dans le contrat. La France devient ainsi le huitième pays à adopter l’électromobilité « made in Poland ».

Le trolleybus
double-articulé de 24 m Exqui-City, l’un des 20 véhicules vendus
par Van Hool au réseau autrichien de Linz.Régional de l’étape, le constructeur belge Van Hool célébrait, cette année, son 70e anniversaire. L’occasion, pour lui, de mettre les petits plats dans les grands, en alignant, sur son stand, pas moins de dix véhicules différents ! On remarquait tout particulièrement le trolleybus double-articulé de 24 m du type Exqui-City destiné au réseau de Linz (Autriche). Appartenant à une série de vingt véhicules arborant la livrée locale orange et argent, ce trolleybus dispose d’une certaine autonomie sur batteries, que lui procure sa chaîne de traction fournie par l’industriel Kiepe Electric. Les autobus et trolleybus Exqui-City se rangent dans la catégorie BHNS, notamment en raison de leur design extérieur, avec un nez spécialement profilé.
L’expérience du constructeur néerlandais VDL en matière d’électromobilité ne cesse de croître.

L’un des 100 autobus articulés de 18 m 100 % électriques Citea SLFA 180/181
de la commande record que livre actuellement
le constructeur VDL à la région d’Amsterdam.Ses 43 autobus articulés sont en service sur le réseau d’Eindhoven. Chaque véhicule y réalise un parcours journalier de 300 km. Les quelques défauts de jeunesse apparus au démarrage de l’exploitation semblent résolus, et la disponibilité du parc atteint désormais 97,8 %. Au total, les autobus « 100 % électriques » de VDL ont parcouru, à ce jour, quelque 4,7 millions de kilomètres. Fort de cette expérience, le constructeur a remporté une commande record de 100 autobus articulés de 18 m du type Citea SLFA 180/181. Ces véhicules sont en cours de livraison chez l’opérateur néerlandais Connexxion (groupe Transdev), pour la région d’Amsterdam. En motorisation diesel, VDL présentait aussi son nouvel autobus « low-entry » Citea LLE 127, d’une longueur de 12,70 m, qui s’adresse tout spécialement aux marchés scandinaves. Cette version autorise quatre places assises supplémentaires, par rapport au standard classique de 12 m. Le constructeur a encore réussi à réduire la masse à vide de ses autobus de la famille LLE, déjà peu élevée. Celle du standard de 12 m passe ainsi en dessous de la barre des 9 t, ce qui se traduit par une nouvelle baisse sur la consommation de carburant, de l’ordre de 4 à 8 % !
Par ailleurs, la nouvelle appétence que VDL manifeste, ces temps-ci, pour les réseaux urbains de France ne devrait bientôt plus être un secret pour personne ! « Effectivement, nous avons décidé de nous lancer, à notre tour, sur le marché français de l’électromobilité car, avec nos presque cinq millions de kilomètres déjà parcourus en Europe, nous sommes aujourd’hui rendus bien au-delà des simples projets pilotes », explique Wim Chatrou, directeur Marketing de VDL. Marion Raynal, directrice de VDL pour la France, confirme adapter actuellement l’organisation en conséquence.On se souvient encore que, dès 2011, Volvo avait fait le choix révolutionnaire de ne jamais développer, à la différence de ses concurrents, un autobus urbain diesel pour la norme Euro VI qui

La dernière génération d’autobus 900 Electric conçue par Volvo pour l’opportunity charging. soit équipé d’une transmission classique de type hydrodynamique. Fort de l’expérience qu’il avait alors acquise avec la technologie « hybride-parallèle » grâce à son modèle 7700 H, le constructeur suédois de Göteborg s’était donc mis en tête de ne plus proposer, désormais, que des autobus recourant à une motorisation électrique. Bien lui en a pris, puisqu’à la mi-2017 il avait déjà vendu 485 véhicules 7900 H (hybrides), 267 véhicules 7900 H Artic (hybrides articulés), 112 véhicules 7900 Electric Hybrid (où le diesel n’intervient plus que pour accroître l’autonomie en mode pur électrique), et enfin 31 véhicules 7900 Electric (qui ne peuvent compter que sur leurs batteries pour se mouvoir).
A Courtrai, Volvo présentait sa dernière génération d’autobus « zéro émission » de la famille 7900 Electric, conçue pour l’opportunity charging, mode que le constructeur défend bec et ongles depuis le début : « Mieux vaut remplir un autobus avec des voyageurs qu’avec des batteries ! » Mais il proposera aussi, bientôt, la charge lente, de nuit, au dépôt, sans doute conscient que les performances des batteries vont aller en s’améliorant et en raison des réticences à installer des stations de charge rapide sur la voie publique. Par ailleurs, au cours de l’année 2018, plusieurs unités d’une version articulée du 7900 Electric doivent être mises en exploitation probatoire, justement dans la ville de Göteborg qui continue de jouer le rôle, pour le constructeur, d’un véritable laboratoire de l’électromobilité.
Enfin, Volvo s’intéresse à la conduite autonome ainsi qu’au développement d’équipements de sécurité active, qui représentent un moyen de rendre plus sûr encore ce mode. C’est ainsi qu’il propose un système de détection des cyclistes et des piétons, et qu’il travaille actuellement sur une première application de la conduite autonome au circuit de rentrée, dans les emprises des dépôts : ainsi les véhicules se déplaceraient-ils automatiquement d’une étape à l’autre (charge en carburant, passage à la machine à laver et nettoyage intérieur, remisage). Si la conduite autonome appliquée aux autobus évoluant en milieu urbain – a fortiori en site partagé – n’est sans doute pas pour demain, en revanche les automatismes remplaçant partiellement le conducteur ou l’empêchant de commettre une erreur ne devraient cesser de se développer. En combinaison avec l’électromobilité, ils parapheront cette ultime édition de Busworld à Courtrai.Philippe Hérissé

Transport ferroviaire. Comment mettre la France à l’abri d’une régression
Par Yves Crozet, professeur émérite à l’Université de Lyon (IEP) et membre du Laboratoire Aménagement Economie Transports (Laet).
L’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), dans le cadre de son Observatoire des transports et de la mobilité, a mis en ligne en novembre 2017 un document intitulé Le marché français du transport ferroviaire de voyageurs 2015-2016. En 45 pages, plus 41 pages d’annexes, une foule de données statistiques est soumise à la sagacité du lecteur. Plusieurs thèmes sont abordés : les trafics, l’état du marché, la qualité de service, les données économiques et financières, etc. Le document se veut informatif, il n’est pas accompagné d’analyses ou de recommandations. Mais on ne peut s’empêcher de lire entre les lignes, de rapprocher les indicateurs produits de la mission confiée récemment par le Premier ministre à Jean-Cyril Spinetta. Le 2 octobre 2017, ce dernier a été chargé rien moins que de « préparer une stratégie d’ensemble pour refondre le système ferroviaire ». Son rapport doit être remis en janvier 2018 et aborder : la stratégie de desserte, la stratégie économique et financière, la tarification de l’infrastructure et l’ouverture à la concurrence. Excusez du peu !
Chacun aura compris que l’ancien patron d’Air France a été chargé des travaux d’Hercule. Pour mesurer l’ampleur de la tâche rappelons d’abord qu’il n’y a pas un mais des marchés ferroviaires, divers et problématiques. Pour que se dessine une nouvelle cohérence stratégique intégrant l’ouverture à la concurrence, un changement de paradigme serait nécessaire mais il heurte des habitudes solidement ancrées ?
Les marchés ferroviaires : disparates et problématiques
L’excellent travail de l’Arafer doit être salué. Avec la Cour des comptes, le régulateur est en France une de seules entités publiques à aborder sans tabou les difficultés que connaît notre « modèle » ferroviaire. Une de ces difficultés réside dans l’utilisation du singulier, dans le fait de parler d’un marché ferroviaire alors qu’il en existe plusieurs, très spécifiques et, chacun à leur façon problématiques car ils posent la question de la zone de pertinence des services ferroviaires.
Les services commerciaux et l’indispensable péréquation
Le transport ferroviaire de voyageurs a représenté en France en 2015 un chiffre d’affaires de 13,4 milliards d’euros. Dans cet ensemble, les activités commerciales, celles qui ne sont pas subventionnées, ont représenté un peu moins de la moitié, 5,7 milliards, les services TGV représentant la majeure partie de ce total (4,6 milliards). Compte tenu du trafic TGV domestique (45,7 milliards de passagers-km), cela représente une recette moyenne de dix centimes par Pkm. Notons d’abord la modestie de ce chiffre. Contrairement à l’idée répandue selon laquelle le TGV serait hors de prix, cela donne par exemple un prix de 50 euros pour 500 kilomètres à grande vitesse. A titre de comparaison, de Paris à Bordeaux en voiture par l’autoroute, il faut compter au moins 85 euros, rien que pour l’autoroute et le carburant, sans compter l’amortissement du véhicule.
Les usagers du TGV ne vont pas se reconnaître dans ce prix moyen. Ils pourront aisément montrer que même en seconde classe, ils ont souvent payé deux fois plus, voire au-delà. Une première explication à cette différence entre recette moyenne et prix payé nous est donnée par l’Arafer. 5 % des clients du TGV circulent gratuitement ! Ce ne sont pas les bénéficiaires de promotions commerciales, mais les agents de la SNCF et leur famille. C’est un détail révélateur des spécificités, des charges que génère l’organisation, le monopole produisant les services ferroviaires.
Pour le client, ces « facilités de circulation » sont problématiques car pour que les TGV soient rentables, il est indispensable de pratiquer le yield management, c’est-à-dire une modulation tarifaire très fine. Sur certains trains, des billets Prem’s sont vendus à 25 euros, alors que quelques semaines plus tard il faut débourser trois ou quatre fois plus pour le même service. Cette modulation des tarifs dans l’espace et dans le temps est indispensable car, comme le rappelle la SNCF, près de 70 % des services TGV ne sont pas rentables. Les 30 % restants doivent donc dégager des marges substantielles, au grand dam des voyageurs qui circulent en période de pointe. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas fini de contribuer à l’équilibre du système comme l’a montré la récente vague de contestation des tarifs pratiqués pour Noël et le jour de l’an. Les principaux plaignants dans cette affaire étaient les jeunes bénéficiaires de la formule TGV Max. Mais ces derniers doivent comprendre qu’avec leur abonnement, certains de leurs trajets rapportent à la SNCF moins de 10 euros, à peine 2 centimes du km. Les prix cassés ont une contrepartie sous forme de prix majorés. Ainsi, pendant l’été, les billets TGV coûtent en moyenne 20 à 25 % de plus qu’en hiver.
La tarification des TGV est donc une mécanique très élaborée organisant une gigantesque péréquation entre les clients. Cette réalité est problématique et mal acceptée. Beaucoup de clients verraient d’un bon œil un système tarifaire proche de celui des trains de la vie quotidienne où les subventions remplacent la modulation.
Des services conventionnés coûteux
Les subventions publiques sont indispensables pour les services conventionnés que sont les TER, les TET et les Transiliens de la région parisienne. Pour assurer ces services, la SNCF a perçu en 2015 plus de 7,6 milliards d’euros de recettes dont près de 65 % (4,9 milliards) provenaient de subventions publiques. En 2016, pour chaque kilomètre parcouru par passager dans un service régional conventionné, l’usager a payé en moyenne 6,5 centimes d’euros, et l’autorité organisatrice a payé le complément de 17,7 centimes d’euros soit un coût total de 24,2 centimes par Pkm.
Selon la définition de l’Insee, ces services peuvent ainsi être qualifiés de non marchands puisque les recettes couvrent moins de 50 % du coût et même beaucoup moins.
L’Arafer nous apprend que les situations varient très fortement d’une région à l’autre (voir graphique 1). Dans l’ancienne région Limousin, les recettes commerciales du TER couvrent seulement 10 % du coût contre 35 % en Alsace, 31 % en Rhône-Alpes et 30 % en Ile de France.
Cette disparité est à mettre en relation avec deux autres constats
– Le premier concerne la fréquentation, en baisse en 2016 dans toutes les régions à l’exception de l’Alsace, de la Picardie et de l’Ile-de France. Le nombre de Pkm a ainsi diminué de 10,3 % en Poitou-Charentes, de 9,3 % en Auvergne, de 7,5 % en Bourgogne et de 7,3 % en Champagne-Ardenne… Les débuts de l’année 2017 ont marqué un redressement qui n’est pour l’heure qu’un rattrapage partiel.
– Il existe des explications conjoncturelles à ces mauvais résultats (grèves du printemps, faible prix des carburants) comme au rebond de 2017 (reprise économique). Mais des facteurs structurels jouent en défaveur des TER, au premier rang desquels se trouve la réduction de l’offre, -3,7 % pour les TER (de 43,3 à 41,7 millions de trains-km par trimestre) et -2,7 % pour les Transiliens. Un autre élément péjorant est la médiocre qualité du service. 5 % des trains programmés ont été supprimés et 11 % des trains sont arrivés à destination avec un retard d’au moins six minutes. La fréquentation baisse donc plus que l’offre. Les clients se détournent des TER où l’on retrouve de plus en plus les seuls abonnés, ceux qui contribuent le moins. Un abonné rapporte en moyenne 4,1 centimes par Pkm contre 10,7 pour un non abonné.Les régions sont ainsi confrontées à un effet de ciseaux : une baisse des recettes commerciales (-5,2 % en 2016) associée à une hausse des coûts (+3,4 % pour le train-km). C’est pour cela qu’elles ont réduit leur offre au cours des dernières années, un plafond ayant été observé en 2012. Le coût élevé du train a conduit à supprimer des services ou à les transférer sur l’autocar, près de cinq fois moins cher. Nous retrouvons à nouveau ici la question de la pertinence des dessertes ferroviaires. L’Arafer le fait de façon indirecte mais explicite en rappelant que les taux d’occupation des trains sont très faibles : 28 % pour les Transiliens, 25 % pour les TER avec là encore des disparités importantes entre régions : 15 % en Limousin, 16 % en Bourgogne, 18 % en Champagne-Ardenne contre 31 % en Midi-Pyrénées ou 30 % en Bretagne, Pays de la Loire ou Alsace. L’Arafer enfonce le clou dès le début de son rapport en rappelant que sur 31 % du réseau ne circule que 1 % des trains. On ne pouvait poser de façon plus claire la question des dessertes !
Cohérence stratégique vs préférence pour la dépense publique
Les chiffres diffusés par l’Arafer rappellent que le ferroviaire est proche en France d’une spirale de déclin. Cette situation était assez générale en Europe il y a 25 ans. C’est pour y faire face que l’Union européenne a engagé les différents paquets ferroviaires au cœur desquels se trouve l’ouverture à la concurrence. L’arrivée de nouveaux opérateurs est un remède contre la baisse de la fréquentation et la hausse des coûts. La diversité des marchés va de pair avec la pluralité des transporteurs et l’aiguillon de la concurrence est indispensable face à l’inertie des anciens opérateurs. Mais comme la concurrence vise surtout à maîtriser les dépenses publiques, cela suscite en France plus de méfiance que d’adhésion.
Les services conventionnés : concurrence, fermeture ou… gratuité ?
L’ouverture à la concurrence pour les passagers est déjà une réalité dans de nombreux pays d’Europe, le plus souvent sous la forme d’une concurrence « pour le marché » dans le cadre de délégations de service public. Dans un pays comme l’Allemagne, le résultat le plus notable a été la baisse sensible des coûts. Les subventions publiques qui étaient, en euros constants de 2010, proches de 16 par train-km en 1996 sont aujourd’hui inférieures à dix (-37,5 %). Cela a permis de développer l’offre. La taille du marché a augmenté au point que l’opérateur historique a perdu des parts de marché mais n’a pas subi de pertes significatives de chiffre d’affaires. Une telle configuration « gagnant-gagnant » est-elle possible en France ?
Il faudrait pour cela que l’ouverture à la concurrence conduise vraiment à une baisse des coûts stimulant l’offre.
Une baisse pour les nouveaux entrants d’une part, ce qui signifie qu’il ne faudra pas trop charger la barque en leur imposant des contraintes qui relèvent des coûts de structure ou des conventions collectives propres à la SNCF. La façon dont le futur texte de loi organisera les choses sera décisive.
Une baisse pour l’opérateur historique d’autre part grâce à des gains de productivité. L’Etat actionnaire doit faire pression en ce sens. La concurrence n’est pas une baguette magique. Comme l’a montré l’exemple du fret elle conduira à de piètres résultats si la productivité de l’opérateur historique restait médiocre.Si, malgré l’ouverture à la concurrence les coûts restaient orientés à la hausse, la conséquence logique serait la fermeture progressive des services les moins fréquentés. Comme l’a indiqué la Fnaut en 2014 à propos de 25 lignes menacées de fermeture, l’appel à de nouveaux opérateurs est une solution pour redonner au ferroviaire une pertinence dans les zones peu denses. Il existe donc bien une alternative qui se résume ainsi : baisse des coûts versus fermetures de lignes. Il n’est pas certain que la première branche l’emporte d’autant que nous sommes en France, un pays qui cultive une passion pour la dépense publique. Certains élus pourraient être tentés de transformer l’échec en mesure démagogique. Plusieurs villes françaises (plus de 25) n’ont-elles pas décidé la gratuité des transports collectifs urbains en considérant qu’elle était plus simple qu’une tarification qui ne couvre que 10 à 20 % des coûts ? Comme plusieurs sous-ensembles régionaux sont dans ce cas (voir graphique 1), la tentation existera de faire de même pour les TER, notamment lors des campagnes électorales pour les prochaines élections régionales (2021).
La grande vitesse à tout prix ?

Il n’y a pas que les TER qui peuvent servir de marqueur et d’étendard politique. Les TGV sont ainsi devenus des sujets de conflits entre acteurs territoriaux et pouvoir central. La région Occitanie vient d’en faire la démonstration, mais elle n’est pas la seule. Beaucoup d’élus locaux, y compris ceux qui réclament à l’échelon national la baisse des dépenses publiques, expliquent que le TGV est indispensable au développement économique et à l’équité entre les territoires. Mais l’extension du réseau doit se traduire dans les trafics. En 2016-2017, le réseau de LGV s’est agrandi de 32,8 %. Le trafic sur les lignes domestiques progressera-t-il dans la même proportion, soit de 15 milliards de Pkm ? La concurrence peut y contribuer mais elle ne peut se résumer à un écrémage autorisant le nouvel entrant n’assurer que les services profitables.
Les services rentables doivent équilibrer les autres fautes de quoi, il est nécessaire de réduire l’offre déficitaire. Déjà, en 2016, le nombre de trains-km TGV a baissé de 5,5 %. Doit-on en conclure que l’offre TGV a atteint sa taille optimale ? Ou peut-on étendre encore le réseau de LGV en espérant des gains de productivité et de trafic pour les services TGV ? C’est une première question à laquelle devra répondre M. Spinetta.
D’autres ont déjà répondu pour lui en évoquant non pas des gains de productivité mais la mobilisation de fonds publics.
– D’abord une baisse des péages compensée par des dotations publiques plus importantes de l’Etat à SNCF-Réseaux.
– Ensuite des montages juridiques, sur la base du modèle de la Société du Grand Paris, permettant de lever des impôts nouveaux pour financer de nouvelles LGV.
– A cela s’ajouteront ultérieurement des subventions de fonctionnement pour les TGV.
Ces trois solutions correspondent à une augmentation des impôts. Alors que la lettre de mission du Premier ministre évoque un modèle économique maîtrisé c’est une autre musique qui monte des territoires, celle de l’accroissement de la dépense publique. C’est une autre question à laquelle devra répondre M. Spinetta. Le TGV, pour étendre sa toile, doit-il devenir à terme un service non plus commercial, mais subventionné ? Et si oui, à quel niveau ?
Dans le domaine du ferroviaire, comme dans d’autres, la France n’est jamais à l’abri d’une régression. Ainsi, en 2014, alors que l’Union européenne préparait un quatrième paquet ferroviaire centré sur l’ouverture à la concurrence et la recherche d’efficience, la France engageait une réforme ferroviaire bâtie sur la nostalgie du monopole(1). Nouvelle illustration de la préférence pour le statu quo, les négociations du printemps 2016 sur la convention collective propre à la SNCF ont sanctuarisé le fameux RH077. La loi d’ouverture à la concurrence annoncée en 2018 pourra-t-elle se garder de tels écueils ? M. Spinetta trouvera-t-il les bons arguments pour aider le gouvernement à éviter trois solutions de facilité.Celle qui ferait de l’ouverture à la concurrence une réforme cosmétique, simplement destinée à donner le change à Bruxelles.
Celle qui ferait que cette réforme ne soit pas accompagnée d’objectifs clairs en matière de gains de productivité pour l’opérateur historique.
Celle qui accepterait de transformer le TGV en service conventionné sur le modèle que nous connaissons : toujours plus d’argent public !
Hercule a mis 12 ans pour réaliser ses douze travaux. Disposons-nous d’un tel laps de temps pour refondre du système ferroviaire ? Ou faut-il aborder plusieurs tâches en même temps ?
Yves Crozet
(1) Voir Champion national ou nostalgie du monopole ?, VR&T n° 555, P.57-59.

L’innovation au centre des discussions
Dans le cadre du Palmarès des mobilités et suite au succès de la dernière édition, Ville, Rail & Transports a de nouveau proposé à des start-up et des entreprises de transport de participer au « Village de l’innovation » pour favoriser les échanges entre professionnels et élus. L’occasion de faire connaître de nouvelles solutions en matière de mobilités connectées et partagées. Présentation expresse.

Olivier Binet et clémentine Guilloux, Karos. L’assistant intelligent artificiel selon Karos
« Karos est une solution intermodale connectée au transport en commun avec un assistant intelligent artificiel, qui rend le covoiturage plus simple. Nous transformons les sièges disponibles dans les voitures en circulation, en un véritable réseau structuré de transports en commun de porte à porte, pour un faible coût pour la collectivité. Nous avons permis 150 000 trajets de covoiturage depuis le début de l’année en Ile-de-France, sur l’île de la Réunion et à Bordeaux », nous a expliqué Olivier Binet, son président et cofondateur.

Sébastien Hurtaux, Ubitransport. Ubitransport, pour partager l’information
« Notre start-up a réalisé une croissance de 6 528 % sur les quatre dernières années, parce que notre offre a trouvé son marché. Ubitransport propose une solution connectée favorisant le partage d’informations en temps réel, entre les flottes de véhicules, le conducteur, l’opérateur, la collectivité et l’usager, pour améliorer la mobilité au quotidien. Nous équipons 80 réseaux en métropole, en Outre-Mer, aux Etats-Unis et au Canada. Nous voulons être une entreprise globale et nous internationaliser en 2018 », souligne Sébastien Hurtaux directeur produit et solutions d’Ubitransport.

Pierre Reinhart et Julien Bahri, Dietrich Carebus. Dietrich Carebus, distributeur de Yutong
« Nous distribuons les bus électriques du constructeur Chinois Yutong. Ses véhicules sont importés de Chine, mais équipés de batteries 100 % françaises offrant 200 à 250 kilomètres d’autonomie. Le coût catalogue de ces véhicules reste élevé : 355 000 euros pour un car, 450 000 euros pour un bus. Mais nous tablons sur une accélération du marché pour faire baisser les prix et pouvoir lancer une ligne d’assemblage en Alsace afin de produire ces bus en France », précise Julien Bahri, responsable commercial véhicules urbains de Dietrich Carebus.

Denis Vanderydt (à droite), Version Traduite. Parler transports avec Version Traduite
« Nous sommes une agence de traduction spécialisée en transport. En plus de traductions en anglais, français, allemand, italien ou espagnol, nous avons étoffé notre offre avec du mandarin, du russe et du brésilien pour répondre à la demande. Et nous proposons aussi un service d’accompagnateurs internationaux, en mettant à disposition des entreprises un interprète », assure Denis Vanderydt responsable développement de Version Traduite.

Charlotte de Vilmorin et Kévin Molinari, Wheeliz, avec Marie-Emmanuelle Huillo, Transdev. Wheeliz, le service de location qui s’adresse aux PMR
« Wheeliz est une société de location entre particuliers de voitures avec arrimage, ou avec poste de conduite adapté aux personnes en fauteuil roulant. Nous mettons en relation des personnes ayant besoin de ces véhicules et des propriétaires, notamment des associations qui ne les utilisent pas durant les vacances ou les week-ends. Le prix conseillé de location, est trois fois moindre que celui des agences spécialisées. Nous avons 6 000 utilisateurs et 700 véhicules mutualisés en France et une forte demande pour dupliquer notre service dans d’autres pays », explique Charlotte de Vilmorin co-founder et CEO de Wheeliz.

Olivier Deschaseaux et Lucie de Masse, Zenbus. Zenbus pour géolocaliser les transports collectifs
« Zenbus est un service de géolocalisation des transports collectifs, permettant à l’usager de voir précisément où est son bus en temps réel. Le conducteur du bus se connecte via une application dédiée sur son smartphone, ou via un boîtier Zenbus installée dans son véhicule. Zenbus est précurseur et aujourd’hui leader sur son marché, avec plus de 70 réseaux publics et privés, en Europe et Amérique du Nord, et plus d’un million de connexions voyageurs en 2017 », assure Olivier Deschaseaux co-founder de Zenbus.

Baptiste Rogé, Wayzup. Wayzup, le covoiturage dédié aux entreprises
« Wayzup est une plate-forme de covoiturage domicile – travail
proposé aux entreprises pour remplacer des transports collectifs.
Nous travaillons avec une centaine d’entreprises et assurons plus 100 000 trajets dans des zones isolées comme la Vallée de l’Arve,
à Massy dans l’Essonne ou à Lille Métropole. Nous avons réalisé
une levée de fonds de 1,4 million en juillet dernier auprès
de la RATP qui nous permettra de poursuivre notre développement. Depuis quatre mois nous proposons notre service aux collectivités
et la ville d’Orléans est notre premier client », explique Baptiste Rogé responsable développement de Wayzup.
Philippe Vappereau, Calypso. Calypso, spécialiste du ticketing
« Nous avons 20 ans d’expérience en ticketing et voulons être des pionniers en offrant au marché un ticketing open source, en apportant une ouverture à tous les opérateurs et toutes les mobilités. Nous travaillons sur des proofs of concept de notre technologie. Par ailleurs nous avons lancé Hoplink, une application d’interopérabilité permettant au client d’un réseau d’utiliser sa carte de transport dans tous les réseaux de transport membres d’Hoplink. Nous assurons l’interopérabilité entre les réseaux de transport de Lille et de la Wallonie », souligne Philippe Vappereau, CEO de Calypso.
Louis Brosse, Wizway. Sur la voie de la dématérialisation des billets avec Wizway
« Wizway est une start-up créée en mars 2016 qui propose de voyager
avec un mobile, en dématérialisant le titre de transport de manière sécurisée. Wizway peut vendre des titres de transport à distance et les stocker dans la puce du téléphone afin de pouvoir l’utiliser éteint ou sans batterie. Après une phase d’expérimentation, le service est proposé à Strasbourg, et Wizway qui a remporté l’appel d’offres de la SNCF et d’Ile-de-France Mobilité va démarrer une phase d’expérimentation à l’été 2018 pour une généralisation en 2019 », rappellent Louis Brosse, CEO, et Audrey Delavarenne, Marketing & user experience manager de Wizway.
Hale Ucan, Nathalie Leboucher et Agneta Björklund, Kapsch. Kapsch au service de la mobilité intelligente
« Kapsch est une société autrichienne née en 1892 sur le marché de la téléphonie, qui s’est diversifiée sur le secteur de la mobilité, comme fournisseur de systèmes de télépéages. Mais nous travaillons aussi sur la smart city, avec des solutions de contrôle d’accès des parkings ou des zones à basse émission et de l’ITS coopératif, une technologie
permettant aux véhicules de communiquer entre eux et avec les infrastructures. Kapsch a 6 000 salariés dans le monde, dont cinq en France chargés du business development et de gestion de projet », souligne Teeruth Nathoo, directeur commercial de Kapsch.
Dominique Descolas, Xavier Guyot et Florent Cetier, Digimobee. Le passe NFC pour tous selon Digimobee
« Nous proposons une solution qui permet, via un smartphone NFC, d’acheter n’importe quel abonnement de transport public, quel que soit l’opérateur, français ou étranger. Notre agilité et notre indépendance nous permettent de travailler avec tous les opérateurs de téléphonie. Nous proposons aussi une solution d’analyse des données en temps réel provenant des véhicules, qui permet aux équipes de maintenance d’anticiper et de savoir précisément sur quelles pièces intervenir, ce qui raccourcit considérablement les délais d’immobilisation des véhicules », explique Dominique Descolas, son PDG.
Abder Gharbi, Parkeon. Parkeon, spécialiste des solutions de stationnement
et de billettique
« Parkeon est numéro un mondial des solutions de stationnement et de billettique de transport public. Nous proposons des solutions de paiement par mobile, par cartes dédiées ou bancaires dans 4 000 villes. En France nous travaillons avec la RATP et la SNCF, à qui nous fournissons des automates de distribution et de validation des billets. En novembre dernier nous sommes entrés en négociation pour reprendre notre concurrent Suédois Cale, dans le but de créer le futur leader mondial des technologies de mobilité urbaine. L’opération devrait être finalisée début 2018 », nous confie Abder Gharbi business developpement manager chez Parkeon.
Comment préparer l’après pétrole ?
A partir de 2020, les collectivités devront opter obligatoirement pour des motorisations considérées comme propres pour au moins la moitié de leurs achats lorsqu’elles renouvelleront leurs flottes, conformément à la législation sur la transition énergétique. Quels pourraient être leurs choix ? Eléments de réponse lors de notre troisième table ronde.

Jean-Michel Lattes. En 2001, le dépôt de bus de Toulouse a été rasé par l’explosion d’AZF qui a détruit 300 véhicules. Pour les renouveler, la ville a décidé de passer au gaz. « Les débuts n’ont pas été simples », se souvient Jean Michel Lattes, premier adjoint au maire et vice-président de Toulouse Métropole, « mais aujourd’hui cela fonctionne bien ». La moitié des bus de la ville sont au gaz, et la flotte est complétée par des bus hybrides et quelques électriques. « Nous continuons à commander des bus au gaz, mais nous allons lancer une ligne électrique en test. Car nous estimons que le gaz reste

Catherine Brun. une technologie polluante. On s’oriente vers un mix électrique/hydrogène à un horizon lointain. » Catherine Brun, directrice Commerciale de GRTgaz, rappelle que « même s’il reste des émissions de CO2 avec le gaz, c’est moins qu’avec le diesel. Et l’intérêt de passer en électrique dépend de la façon dont l’électricité est produite. Si c’est à partir de charbon, ce n’est pas solution pertinente écologiquement. » Ce qui n’est bien sûr pas le cas en France.
Catherine Brun ajoute que l’utilisation de biométhane permet de réduire encore les émissions, et que produire du biogaz à partir des traitements des déchets est un moyen pour les collectivités de mettre en place une économie circulaire.
Après des débuts difficiles, la filière gaz connaît un décollage depuis deux ans. Tirée par la filière poids lourds qui a fait du marché français le plus dynamique d’Europe, avec un doublement du nombre de véhicules chaque année ces deux dernières années. Quant aux stations, malgré leur coût (compter un million d’investissement), le réseau se développe. De 40 aujourd’hui on devrait passer à 100 l’an prochain et plus de 250 en 2020.
Richard Dujardin. Richard Dujardin, directeur général France de Transdev, précise que pour qu’une station soit rentable, il faut une flotte de 40 véhicules. D’où la nécessité, « en matière de transition énergétique, de penser à long terme ». Parvenir à passer 50 % de sa flotte en véhicules propres d’ici 2020 n’est pas aisé sachant que l’électrique et l’hydrogène ne sont pas des techniques mûres et demandent des investissements conséquents. « Il ne faut pas se tromper sur la filière. On est là pour conseiller, mais c’est avant tout un choix politique structurant pour des collectivités qui ont des budgets contraints. »
A Eindhoven, Transdev exploite des bus électriques. « En termes d’accueil des clients et des conducteurs c’est une réussite », assure Richard Dujardin qui précise qu’un autre paramètre est fondamental : la recharge. « A Eindhoven, la charge lente de nuit n’était pas satisfaisante. Cela nous a obligés à investir dans 43 bus articulés électriques pour remplacer 26 bus articulés diesel de manière à pouvoir les recharger entièrement la nuit et en partie dans la journée. » Soit un doublement de l’investissement. « Cela n’a été possible que parce qu’il y avait une volonté politique. »

Xavier Hubert. Pour Xavier Hubert, directeur Industriel de Keolis, le gaz présente l’avantage d’être une solution mature tandis que l’électrique est appelée à progresser. « Avec le gaz les problèmes techniques et de maintenance sont derrière nous. On a une bonne vision du coût d’exploitation. On sait que la maintenance revient 30 % plus cher, tandis que les véhicules coûtent 15 % de plus. Mais on a une énergie deux fois moins cher au kilomètre. On peut donc faire le calcul pour savoir où est l’équilibre. » Mais si des clients ont la volonté de réduire plus fortement les émissions polluantes et disposent de moyens financiers conséquents, ils peuvent s’orienter vers l’électrique. « On travaille avec 11 constructeurs, on apprend beaucoup en expérimentant et on est capable de conseiller les autorités organisatrices », assure-t-il.
Selon lui, si la RATP semble revoir à la baisse ses objectifs d’équipement en véhicules électriques, « c’est que leurs expérimentations ont permis de se rendre compte que la technique n’était pas adaptée immédiatement. Mais d’ici cinq ans, cela pourra évoluer ».
Richard Dujardin ajoute que « la RATP n’avait peut-être pas anticipé les besoins d’autorisation des dépôts électriques et la difficulté de les obtenir quand il y a des habitats autour ». On retiendra qu’en matière de transition énergétique, « les transports publics doivent être exemplaires. L’appel d’offres de la RATP a bouleversé le marché. Le mouvement est en route. On va encore progresser », conclut Xavier Hubert.Valérie Chrzavzez-Flunkert