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Keolis gère toutes les mobilités à Dijon
L’opérateur historique du réseau dijonnais a été reconduit le 22 décembre pour une nouvelle DSP de six ans. Depuis le 1er janvier, Keolis gère les bus et tram Divia, mais aussi les vélos, en libre service (400) ou location (800), les services PMR, les 9 parkings, le stationnement sur voirie et même… la fourrière. style= »margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt »>
L'opérateur historique du réseau dijonnais souligne qu’il s’agit du premier contrat de délégation de service public (DSP) englobant toute l’offre de mobilité. Chiffre d’affaires cumulé attendu : 435 millions d’euros, correspondant à un engagement de 145 millions d’euros de recettes.Pour gérer cette offre globale de mobilité portée par le Grand Dijon, communauté urbaine de 255 000 habitants et 24 communes, le groupe s’appuie sur ses filiales : Cykleo pour les vélos, Effia pour le stationnement (8000 places dont 4500 sur voirie) et EGS (fourrière). Autre première en France : la création de la première fourrière à vélo de France. « Ce projet de mobilité entend effacer l’opposition fréquente entre utilisateurs de la voiture et usagers des transports collectifs et autres modes alternatifs, afin de privilégier la gestion partagée de l’espace public », explique la filiale de la SNCF dans son communiqué.
Côté engagements, Keolis devra assurer le renouvellement du parc de 400 vélos en libre-service (VLS) des 40 stations, ainsi que celui des bus non hybrides à l’horizon 2019 (Divia compte déjà 102 bus hybrides sur une flotte de 200 bus), mais aussi rénover les parkings ‑ 7,2 millions d’euros d’investissement sont prévus – et le matériel de transport des PMR. L’exploitant s’engage aussi à remplacer la navette DiviaCity du centre-ville par des véhicules 100 % électriques et promet de mettre son expertise en matière de mobilité connectée et d’open data au service de la collectivité « pour accompagner activement sa politique de mobilité ambitieuse et novatrice et faire de la future métropole une smart city ».
Il est déjà prévu de lancer dès cette année un nouveau site web avec application unique pour tous les services de mobilité qui seront accessibles grâce une carte de transport unique. Il sera également possible de payer son transport directement avec sa CB ou son smartphone. « Avec ce contrat unique en France, Keolis confirme sa capacité à relever les défis de la mobilité du quotidien : accessibilité, transition énergétique et intégration multimodale pour faciliter les déplacements des citoyens », a commenté Frédéric Baverez, le directeur exécutif groupe France.
Avec 750 salariés, Keolis Dijon Mobilités proposera 11,4 millions de km par an sur les lignes Divia bus (18 lignes) et tram (2 lignes), qui ont permis 47,3 millions de voyages l’an passé. La marque se déclinera en DiviaPark, DiviaVélo (location), DiviaVelodi (VLS), Divia VéloPark (vélostations), Divia Pouce (auto-stop organisé) et DiviaFourrière.
La société Keolis était la seule et unique candidate à l'appel d'offres après l’abandon de Transdev et malgré le recours en annulation de l’appel d’offres lancé en juin 2015 engagé par trois gestionnaires de parking (dont Q-Park et Indigo) qui avaient obtenu gain de cause devant le tribunal administratif au printemps. Décision cassée par le conseil d’Etat en septembre dernier qui met en avant la liberté de la collectivité de choisir le périmètre d’une délégation de service public.
Une situation qui a été déplorée par l’opposition. Lors du vote en conseil communautaire le 22 décembre, l’Union de la droite et du centre s’est ainsi abstenue en regrettant notamment que la création de deux nouveaux parkings-relais n’ait pas été prévue, à l’ouest et au sud de l’agglomération. De son côté, le groupe Alliance et projets pour le Grand Dijon a voté contre, son président Emmanuel Bichot ayant toujours défendu une DSP en plusieurs lots ou bien l’examen d’un passage en SPL. Selon lui, il n’est « pas souhaitable de négocier avec un seul interlocuteur en position de force pour dicter ses conditions ».
C. N.

Anne Hidalgo présente la suite de son plan antivoiture
Objectif : diviser par deux en moyenne le trafic automobile polluant dans le cœur de la capitale. Lors de ses vœux aux élus, le 6 janvier, la maire (PS) de Paris a donné les lignes directrices de la poursuite de son programme antivoiture, qu’elle a dans la foulée détaillé au JDD. BHNS sur les quais hauts de la Seine rive droite de Parc-de-Saint-Cloud à Gare-de-Lyon prévu pour la fin 2018, piste cyclable bidirectionnelle rue de Rivoli de Concorde à Bastille, portions de rues – notamment la place du carrousel du Louvre – réservées aux piétons, vélos et transports en commun et taxis… Ce sont les grandes lignes d'un cocktail visant à diviser par deux en moyenne le trafic automobile polluant dans le cœur de la capitale.
Baptisée « tramway olympique » dans le cadre de la candidature aux jeux Olympiques de 2024, la nouvelle ligne de bus à haut niveau de service (BHNS) doit remplacer l'actuelle ligne 72 de la RATP, une ligne que la présidente du Stif, Valérie Pécresse (LR), avait elle aussi citée dans son plan bus en demandant à la RATP de faire en sorte de la rendre électrique.
Le projet municipal envisage des bus articulés s’inspirant des T Zen franciliens ou encore ou encore des BHNS de Metz ou de Hambourg conçus par Van Hool, mais dans une version 100 % électrique. « Un tel projet nécessite des aménagements de voirie assez légers et relativement peu coûteux par rapport à un tramway : 35 millions d'euros TTC déjà budgétés », a assuré Anne Hidalgo. Son prolongement à l'est, après 2020, nécessitera des travaux plus importants sur les quais de la Rapée et de Bercy, pour un coût estimé de 104 millions d'euros.
Il ne subsistera alors qu’une ou deux files de circulation sur les quais, la portion d’un kilomètre entre la place de la Concorde et le pont Royal, devrait même être fermée à la circulation, le trafic étant reporté sur la rue de Rivoli, qui serait mise à double sens. Le projet comprend également la création de pistes cyclables bidirectionnelles sur les Champs-Elysées et la rue de Rivoli.
« L'idée est d'aller, petit à petit, vers une piétonnisation du centre-ville, qui, à terme, restera ouvert aux véhicules des riverains, de police, de secours ou de livraison, mais pas au tout-venant. Nous assumons complètement la diminution significative du trafic automobile, comme le font toutes les grandes villes du monde. Il faut constamment rappeler cette évidence : moins il y a de voitures, moins il y a de pollution », a encore précisé au JDD Anne Hidalgo.
C. N.

Poma construira le téléphérique de Toulouse
Poma a été retenu par Tisséo-SMTC pour construire et maintenir pendant dix ans le téléphérique qui reliera à partir de 2020 trois pôles majeurs de Toulouse, l’Oncopole, le CHU de Rangueil, l’université des sciences et sa station de métro « Le choix a été fait à l’unanimité par une commission d’appel d’offres élargie à la régie », a expliqué Jean-Michel Lattes lors du conseil syndical du 21 décembre. Le groupement emmené par la société française Poma (1) a présenté une offre moins chère de 20 millions d’euros par rapport à ses trois concurrents, le Suisse BMF, l’Italien Leitner et l’Autrichien Doppelmayr. « Dans l’alternative technique entre le monocâble et le 3S [téléphérique à trois câbles, NDLR], nous avons préféré le 3S, plus cher de 10 millions d’euros, à cause de sa meilleure résistance au vent, du bruit plus faible et du moindre nombre de pylônes », a complété Francis Grass, président de la Smat, le maître d’ouvrage délégué. L’ouvrage pourra résister à des vents de 108 km/h, avec une disponibilité de 99,3 %. L’utilisation de cinq pylônes au lieu de 20 permettra d’éviter une implantation dans la réserve naturelle régionale, ainsi qu’un plus grand éloignement des bâtiments du lycée Bellevue (où une contestation a eu lieu) et de l’hôpital. Si besoin, le 3S permettra une évacuation des passagers en station en 1 heure 45.
Un temps remis en cause par la nouvelle majorité en 2014, le projet de téléphérique a vu son coût revu à la baisse : 54,6 millions d’euros pour la conception et la construction (au lieu de 80 millions d’euros), et 38 millions d’euros de maintenance pour 20 ans. Le Téléphérique urbain Sud pourra transporter 1 500 passagers par heure et par sens avec 14 cabines d’une capacité de 35 places, accessibles aux personnes à mobilité réduite et aux vélos. Le tracé long de trois kilomètre kilomètre permettra de franchir en 10 minutes (au lieu de 30 minutes en voiture) la Garonne et le coteau de Pech David, avec son dénivelé de 100 mètres. « La vue sur la ville rose et les Pyrénées sera imprenable et le temps paraîtra trop court pour en profiter pleinement ! », a commenté Jean-Michel Lattes.
La phase de conception pourra démarrer début 2017, en parallèle de la poursuite de la concertation avec l’université, le lycée, la région, le CHU et l’Oncopole. L’enquête publique est prévue en 2018 en vue d’une déclaration d’utilité publique et d’un démarrage des travaux fin 2018, pour une mise en service début 2020. Dans un second temps, le téléphérique pourra être prolongé à l’ouest vers Basso-Cambo (le terminus de la ligne A du métro) et à l’est vers Montaudran (et la future troisième ligne de métro).
Catherine Sanson-Stern
1) Groupement qui comprend Altiservices, Bouygues TP RF, Systra, Séquences, Seti, Sigma, Composite, Semer, Comag, Yellow window, Biotope, Systra foncier, Acouplus et Engie Ineo.
© photo : Groupement Poma/Altiservice/Bouygues TP RF/Systra/Séquences/Seti/Sigma/Composite/Semer/Comag/Yellow Window/Biotope/Systra Foncier/Acouplus/Engie Ineo

Ile-de-France : les défis de Guillaume Pepy
Moderniser un réseau vieillissant et saturé tout en assurant des transports de qualité aux trois millions de Franciliens qui l’utilisent quotidiennement, tel est le défi lancé à la SNCF. Comment l’entreprise compte-t-elle relever ce challenge ? C’est la question que le Club Ville Rail & Transports a posé à son président, Guillaume Pepy. Les transports jouent un rôle important dans l’attractivité des régions. En Ile-de-France, trois millions de voyageurs utilisent les Transiliens chaque jour, dans des conditions parfois difficiles. Et si les Parisiens ont tous la chance d’avoir un mode de transport en commun à moins d’un kilomètre de chez eux, au-delà du périphérique ce n’est plus le cas que pour un habitant sur deux. La SNCF est-elle prête à relever le défi consistant à proposer des transports de qualité pour l’ensemble des Franciliens ? C’est la question que François Dumont, directeur de la rédaction de Ville Rail & Transports a posé au président du directoire de la SNCF, invité comme grand témoin du Club Ville Rail & Transports. Avant de répondre, Guillaume Pepy a dressé un état des lieux sans concession de la situation. « En France, 70 % du trafic ferroviaire se fait sur 10 % du territoire situés en Ile-de-France, alors que c’est sur cette partie que le réseau est le plus obsolète. » L’alimentation électrique de la ligne C, par exemple, a pour moitié plus de 100 ans. « Nous devons faire face aux besoins des usagers et à la nécessité de renouvellement du matériel sur un réseau en décalage entre son état et les attentes. » La SNCF conduit d’énormes travaux de régénération. Prévoyant d’y consacrer 800 millions en 2017. « Mais ces travaux entraîneront des perturbations, car il faut supprimer des trains, ralentir… Il y a une quadrature du cercle dont il faut sortir par l’industrialisation des méthodes, plaide M. Pepy. Notre défi est de moderniser le réseau de façon différente, en pénalisant le moins possible les usagers. » Mais il prévient : « La bagarre de la qualité se gagnera dans la durée. D’ici 2023, tout le matériel sera neuf ou rénové et cela changera la vie des gens. » Cela coûtera dix milliards, mais permettra un saut de confort, à infrastructures identiques. Ce changement nécessitera la remise à plat des grilles horaires. Et pour cela, le président de la SNCF prévient : « pour le RER C, par exemple, nous souhaitons que nos interlocuteurs nous aident à inventer un nouveau schéma de transport. Il faut un système ferroviaire qui se réinvente. On ne fera pas mieux avec la méthode d’aujourd’hui », assure Guillaume Pepy qui se veut confiant : « Quand on regarde ce qu’on est capable de réinventer, on peut être relativement optimiste. »
Jean-Paul Vermes, président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Ile-de-France, région qui regroupe 650 000 entreprises, insiste sur l’importance de transports efficaces. « Si la région capitale veut devenir un pôle majeur en Europe et dans le monde, il faut qu’elle bénéficie de transports de bonne qualité, permettant aux collaborateurs d’aller travailler dans de bonnes conditions en un minimum de temps. C’est pourquoi nous nous félicitons des efforts réalisés pour améliorer la situation et de la création du Grand Paris Express, d’Eole ou du tram express Nord. » Mais le président de la CCI rappelle aussi son attachement à la création de CDG Express, « nécessaire à l’attractivité touristique de la région », tout en soulignant que les entreprises sont de grands contributeurs aux financements des transports en commun, via le versement transport. « Il y a urgence à améliorer les transports franciliens, c’est essentiel pour les entreprises et si la région veut accueillir les JO et l’Exposition universelle, ces infrastructures doivent être prêtes à temps », prévient-il.
Si le président de la SNCF comprend l’impatience des usagers, il rappelle que dans la plupart des métropoles « la création de nouvelles infrastructures demande au moins 15 ans : cinq de débats, cinq d’études et cinq de travaux. Le projet Eole, prévu pour 2024, aura mis presque 17 ans à aboutir, alors qu’il bénéficiait d’un gyrophare considérable ». Améliorer le service s’avère pourtant plus urgent depuis le passage à la carte Navigo à prix unique qui a entraîné une augmentation de 7 % du trafic. Hausse qui aurait probablement été supérieure s’il n’y avait pas eu les grèves et qui serait une bonne chose… si la situation n’était pas déjà difficile. Un théorème interne à la SNCF affirme en effet qu’un pour cent de trafic supplémentaire entraîne une perte de 0,2 % de la régularité des trains. « Cela ajoute aux difficultés, reconnaît M. Pepy. Il faut mettre de plus en plus de voyageurs dans les trains, alors que cela coince déjà. » Pour répondre à l’augmentation de fréquentation, il milite pour qu’on consacre plus d’énergie à ce qui existe, en l’améliorant. « On en a sous le pied. On n’a pas assez réfléchi et investi. Il faut se retrousser les manches. La SNCF va travailler sur les systèmes d’exploitation en mettant de l’intelligence sur la commande du réseau et la régulation, ce qui permettra de faire passer un train toutes les 108 secondes là où on en fait passer actuellement un toutes les 120-180 secondes. »
« Il est nécessaire d’avoir des bons réseaux de transport publics pour assurer le développement économique, poursuit Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut). Cela permet d’assurer le bon fonctionnement de l’emploi, de réduire le chômage et d’être présent dans la compétition mondiale des métropoles. » Et il y encore une marge de progression en Ile-de-France, dans la mesure où on est encore loin des 100 % d’usagers ayant un transport en commun à moins d’un kilomètre de chez eux. Marc Pélissier de la Fnaut Ile-de-France enchaîne : « La situation des transports dans notre région est difficile. » Heureusement, il existe des points d’amélioration à court terme. Marc Pélissier se réjouit ainsi de la mise en place d’un programme de renouvellement du matériel, mais s’inquiète : « Est-on sûr qu’on aura les dépôts et les ateliers adaptés pour accueillir ces matériels et les équipes pour s’en occuper ? De même aura-t-on des conducteurs formés en nombre suffisants pour prendre en main ce nouveau matériel ? » Son inquiétude se justifie par le manque de conducteurs sur certaines lignes de RER, avec pour conséquence des suppressions de trains. « Le recrutement des conducteurs en Ile-de-France est difficile, parce que le métier n’est pas attractif et les conditions de vie dans la région pas simples, reconnaît Guillaume Pepy. Leur recrutement est une course de vitesse qu’on va essayer de gagner. » Le représentant des usagers franciliens se dit prêt à discuter de l’évolution de dessertes, mais s’interroge sur la philosophie générale, « qui semble être de dire que la desserte qui existe depuis 30 ans ne pouvait pas marcher et qu’il faut l’alléger. N’est-ce pas contradictoire avec la hausse du trafic ? » Si le passe Navigo à 73 euros par mois a entraîné une hausse du trafic, il convient de rappeler que les utilisateurs ne payent que 30 % de son coût. Ce sont les contribuables régionaux qui prennent en charge la différence, soit 70 %. « Et chaque année il y a un point de plus pour les contribuables et un de moins pour les voyageurs », assure M. Pepy. « Cela suffit ! » prévient le président de la Chambre de commerce. « Nous ne voulons pas que les entreprises soient davantage taxées. » « La nouvelle tarification avantageuse pour les abonnés est devenue incohérente pour ceux qui payent sans abonnement, remarque Marc Pélissier. Le coût de certains trajets Paris – banlieue revenant plus cher que le prix de l’abonnement hebdomadaire, et les offres touristiques sont parfois plus chères pour un titre trois jours qu’une carte Navigo à la semaine. Nous plaidons pour une remise à plat de la grille tarifaire. »
A François Dumont qui l’interrogeait sur le lissage des pointes voyageurs, le président de la SNCF confirme que « la période de concentration va de 7h15 à 8h45, avant ou après le trafic est fluide. Il serait idiot d’investir cinq milliards pour cela. Mieux vaut obtenir un étalement des déplacements ». Le faire par la contrainte étant utopique, reste la négociation avec les entreprises. Comme elles n’ont pas intérêt à voir arriver leurs collaborateurs fatigués après avoir voyagé dans de mauvaises conditions, il faudra qu’elles acceptent de négocier des horaires variables permettant d’étaler leurs déplacements. « Cela se fera, mais il faut du temps. Et il faut que cela se fasse, car si la hausse de trafic continue sur l’hyperpointe, cela va craquer. Il faut mieux répartir les déplacements », encourage M. Pepy. Outre une amélioration des conditions de voyage, le président de l’AUT attend de la SNCF une meilleure gestion des situations dangereuses. « Récemment la présence d’animaux sur les voies a entraîné un arrêt du trafic sur dix kilomètres à la ronde durant une matinée. Le problème aurait sans doute pu être géré de manière plus efficace. » Idem, pour la gestion des colis suspects, qui devrait pouvoir être traité de manière à pénaliser moins longtemps les voyageurs. Concernant la sécurité, le président de la SNCF constate : « Nous n’avons pas encore le bon mode d’emploi pour le traitement des colis suspects ou la façon de détecter les substances chimiques. » Il y aurait pourtant à faire. « Des pays comme Israël traitent quotidiennement des colis suspects par dizaine en utilisant des chiens, des robots. Tant qu’on n’aura pas les mêmes moyens en France, on aura des interruptions qui mènent au chaos. » Mais le président de la SNCF prend le problème des interruptions de trafic en considération. Tous les deux ou trois jours la circulation en Ile-de-France est perturbée par un suicide. « Le plus gros incident survenu ces dernières années s’est produit un vendredi à 18h à la gare du Nord. Il a suscité cinq heures d’interruption, parce qu’il a fallu appeler un photographe judiciaire. Cela a touché 250 000 à 300 000 personnes. Nous devons arriver à maîtriser le processus de traitement de ces gros incidents. Pour limiter la gêne des usagers. Il faut former les intervenants aux bonnes procédures, afin de limiter les temps d’intervention. » Jean Paul Vermes insiste sur la nécessité d’informer en cas de problème. « Cela permet d’éviter l’angoisse vécue par les voyageurs. Même dire qu’on ne sait pas combien de temps un problème va durer, c’est mieux que ne rien dire. » Guillaume Pepy l’admet. « Les tuyaux d’information fonctionnent, la quantité est là. Mais nous avons encore un problème de qualité. Nous souffrons notamment du fait que lorsqu’il y a un colis suspect, le temps d’interruption du trafic est inconnu. Donc la prévision de rétablissement l’est également. On est en train de réaliser des modèles de prévision tenant compte des statistiques afin de pouvoir donner des infos. » Et il faut, de plus, un système intelligent de circulation et des contrôles de commande. « Nexteo, ATS Plus, mettront plus d’intelligence dans le réseau d’Ile-de-France », assure M. Pepy
Antoine Grumbach, architecte, urbaniste, qui a étudié le mode de fonctionnement des 35 métropoles de plus de dix millions d’habitants constate : « Avant, l’espace public c’était la rue, aujourd’hui c’est le système de transport. Ce qui nous fait vivre ensemble, c’est la possibilité de se déplacer d’un point à l’autre le plus facilement possible. L’espace public, c’est le tressage de toutes les mobilités du piéton au cycliste en passant par l’autopartage… La mobilité de tous est importante, c’est là que se concentre l’identité métropolitaine. Les problèmes de précarité, d’isolement, liés au transport sont graves et ne font que s’aggraver. A Paris on est gâté en ce qui concerne la qualité des transports, les efforts sont à faire sur la banlieue. Les gares sont des points stratégiques et doivent devenir des stations-service de la vie quotidienne. » C’est pourquoi il regrette que l’on n’ait eu la volonté de faire des nouvelles gares du Grand Paris des espaces publics avec tous les services de la vie quotidienne : Pôle emploi, Etat civil, Police. « En France on a du mal à valoriser les quartiers autour des gares. On construit encore des gares comme au XIXe siècle sans valoriser le foncier, et tous les partenaires, SNCF, Stif, se renvoient la balle en disant que ce n’est pas leur problème. » L’urbaniste évoque aussi le problème du rabattement vers des gares. « Lorsque les parkings sont gratuits, ils sont pleins à craquer, quand ils sont payants il n’y a personne. » Il constate qu’il manque d’espaces pour de nouveaux modes de transport autour des gares. « Il y a dix ans il n’y avait pas BlaBlaCar, Autolib’… même la mise en place de système à câble pour arriver aux gares d’Eole pose problème. Il y a un continent à mettre en place pour travailler sur l’intermodalité qui crée des services. Il est urgent de réfléchir à un grand plan de tressage de toutes les mobilités. Aujourd’hui tous les problèmes sont traités de manières différentes, alors qu’il faudrait une approche systémique extrêmement complexe. La SNCF à un rôle à jouer et doit comprendre qu’elle est porteuse du réseau des espaces publics. » Guillaume Pepy ne dément pas. « Je n’enlève pas un mot au diagnostic d’Antoine Grumbach. La difficulté est institutionnelle. Si, dans le Grand Paris les gares ont été oubliées, c’est parce qu’elles n’étaient chez personne, donc chez tout le monde. On a vu des projets d’architectes sans service ni commerce, avec peu d’intermodalité et pas de volonté d’en faire des lieux de vie, ni d’irriguer les quartiers autour. C’était mal parti. On essaye de rattraper des projets qui ont déjà des partis pris. Au Japon le sujet aurait été traité différemment. Là-bas la gare est avant tout un lieu de vie, de ville et de services alimentée par les transports publics. En France, on a pris les choses à l’envers et on galère pour rattraper. Quand nous sommes à la manœuvre, comme à Lille-Flandre ou à Saint-Lazare, nous sommes capables de faire des gares lieux de vie, avec des commerces, un bout de nouveaux quartiers. S’agissant d’Eole, la question des gares est sur le métier, mais il y a un grand nombre d’intervenants, ce qui rend les choses un peu plus compliquées. » Antoine Grumbach l’invite à ne pas baisser les bras. « Il faut pousser à travailler ensemble. On peut réussir. » Didier Fremaux, de Transdev, apporte une touche d’optimisme : « En 1984, à Lyon, on a décidé de transformer la ligne D en ligne sans conducteur, alors que les trains étaient déjà en fabrication. S’il a été possible de faire ce changement alors que les tunneliers tournaient et que le matériel était commandé, pour les gares du Grand Paris il doit être possible de faire des modifications puisqu’on est encore dans la phase papier. On ne remet en cause que des plans, pas de la construction. C’est difficile, mais c’est sans doute possible. » Alain Krakovitch, directeur du Transilien, illustre l’importance de ne pas faire de concession quand on réalise un projet, avec l’exemple de la gare de Vert-de-Maisons, sur le RER D, en correspondance avec le Grand Paris Express. « On va faire arriver la ligne 15 dans une gare saturée, alors qu’on avait la possibilité de la mettre sur la zone de fret où il y aurait eu la place pour des bus, des commerces. Pour des raisons, notamment politiques, on ne l’a pas fait. Elle va arriver dans un endroit saturé, où on ne peut pas faire la moindre intermodalité. Il faut progresser sur la question de la responsabilité d’un projet et faire en sorte qu’il ne s’arrête pas au seul transport, mais prenne en compte la gare et ses alentours. Si on ne le fait pas lors des études, après c’est difficile à rattraper. »
Rosa-Parks – en ce qui concerne du moins les commerces – est pour beaucoup l’exemple de ce qu’il ne faut plus faire. Située en plein XIXe arrondissement de Paris, avec 150 000 personnes à moins d’un kilomètre, cette gare n’a été construite qu’avec deux commerces. « C’est un ratage complet, il y a du béton, des vitres, un sol en bois, mais le système a pris soin d’éloigner la source de financement aisé qu’est le retail. Une source de financement qui demande juste de lui laisser de la place », regrette le président de la SNCF qui constate qu’en France on a « les marchands et les centres commerciaux en horreur, par rapport au geste de l’architecte. Il est encore considéré comme ultralibéral de mettre des commerces dans des gares. Pour Rosa-Parks on a préféré faire une gare-pont à 500 millions d’euros. » Si on a du mal à mettre des commerces dans les gares, c’est aussi parce qu’il faut obtenir des autorisations administratives. Guillaume Pepy se souvient : « Lors de la rénovation de la gare Saint-Lazare, il a fallu deux ans de discussions avec les autorités, la ville et les associations de commerçants pour obtenir ces autorisations. Cela n’a pas été facile, car notre pays vit toujours sur l’idée que des nouveaux commerces tuent les anciens, alors qu’au contraire ils attirent le client. La galerie commerçante Passage du Havre fonctionne mieux depuis qu’il y a des boutiques à Saint-Lazare, parce que les gens qui font leurs courses peuvent profiter à la fois des magasins de Saint-Lazare et de ceux du Passage du Havre. » L’autre frein à l’implantation de commerces en gare est politico-idéologique. « Dans notre pays les commerces ne sont pas quelque chose dont on est fier, qu’on a envie de montrer, et sur lequel on puisse s’appuyer. Or c’est un mode de financement indispensable. L’avant-projet de gare du Nord justifie des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros. Seuls les commerces et l’immobilier pourront apporter ce financement », prévient M. Pepy. Les voyageurs, eux, apprécient les commerces qui leur facilitent la vie au quotidien. « Il est temps de passer du transport contraint au transport accepté. Ce qui implique que les trains fonctionnent, mais aussi que les collaborateurs qui cherchent une boulangerie en rentrant chez eux en trouvent dans les gares, que l’on doit transformer en centres de vie, en minicentres commerciaux. Il faut y mettre des services comme La Poste », plaide Jean-Paul Vermes. « Je suis attaché au développement du retail dans les gares, mais également à d’autres types de service, tempère Antoine Grumbach. On peut utiliser le train pour apporter des services dans des endroits qui en ont besoin : des consultations médicales, de la formation… Les gares doivent avoir un rôle sociétal et pas seulement commercial. »
Message reçu par la SNCF qui met en place des services annexes et s’est engagée dans la création d’espaces de coworking et de tiers-lieu dans les gares. « Cela démarre doucement. Les espaces existent, mais il faudra rompre les habitudes, créer de nouvelles façons de travailler », constate le président de la SNCF qui prévoit de mettre des espaces de coworking dans 180 gares d’Ile-de-France d’ici 2017. « Mettre des services dans les gares n’a d’intérêt que si c’est industrialisé. Aujourd’hui Véligo, espaces sécurisés pour vélos, ne fonctionne pas très bien parce qu'il n’y en a pas assez. Quand aura équipé l’ensemble des 350 gares franciliennes, cela ira mieux. C’est ce qui s’est passé lorsqu’on a placé des consignes automatiques, dans les gares pour retirer ses colis. Il y en a désormais dans la moitié des gares d’Ile-de-France, soit 200 et cela donne une vision totalement différente du service », précise Alain Krakovitch.
Qu’en est-il de la connectivité sur le réseau d’Ile-de-France ? « A la différence de la RATP, nous n’avons pas de société de télécoms à qui confier l’exclusivité de la connectivité des trains. C’est l’affaire des opérateurs. Ils ont pris beaucoup de retard. En région parisienne il reste de nombreuses zones d’ombre. Nous sommes dans un plan de rattrapage qui coûtera des milliards d’euros aux opérateurs. Orange est en avance sur cette dynamique et vient de terminer la ligne Paris – Lyon en 4G. Ce qui a nécessité la pose de centaines d’antennes. SFR est juste derrière. Sur le RER C, des travaux ont été faits intra-muros pour l’équiper en 3G/4G. L’effort est en cours et la promesse client est qu’en 2020 la totalité des voyages possibles en Ile-de-France seront couverts par la 3G/4G. On n’aura pas besoin d‘un système Wi-Fi supplémentaire comme c’est le cas pour les TGV, car à 320 km le roaming se fait moins bien. Mais le Wi-Fi gratuit sera installé dans 200 gares d’Ile-de-France fin 2017 », promet M. Pepy.
Où en est l’interconnexion du Grand Paris ? « Le Grand Paris devait aussi être un projet d’interconnexions, mais la masse financière pour les 28 interconnexions, estimée à un milliard d’euros, n’ayant pas été prévue, on assiste à un ping-pong entre le Stif et le Grand Paris pour savoir qui va payer. Cela se fera. Nous sommes dans une phase de rapport de force et on peut regretter que lorsque ce projet a été chiffré, il y a eu une impasse sur les gares d’interconnexion, alors que la valeur du Grand Paris c’est justement d’assurer cette interconnexion », précise M. Pepy.Valérie Chrzavzez-Flunkert

1,6 milliard d’euros pour la régénération des voies en 2017
En 2017, tous chantiers confondus, avec les lots dits hors suites pilotés localement par les Infrapôles SNCF, le budget global de régénération des voies atteindra 1,6 milliard d’euros. 562 km du réseau principal classique vont être traités par les trois trains spécialisés, ou suites rapides, des grandes entreprises qui entament leur dernière année du marché actuel.
Les cartes ont été rebattues, pour le prochain marché qui couvrira la période 2018-2022. De nouveaux engins de substitution et de dégarnissage entreront en service. Un quatrième train spécialisé pourra travailler à la fois sur les lignes classiques et celles à grande vitesse. Et le réseau Ile-de-France va disposer dans quelques mois de sa propre suite rapide « zone dense ».
L’objectif 2016 pour les trois trains de suites rapides (SR) visait à renouveler 535 km de voies principales. A deux kilomètres près, il devait être atteint. Un motif de satisfaction pour SNCF Réseau, en particulier pour la direction opérationnelle des suites rapides qui pilote ces marchés en vigueur jusqu’à fin 2017 : le lot 1 assuré par le groupement Colas Rail-TSO, le lot 2 par la société Transalp Renouvellement, le lot 3 par Meccoli. Le chiffre d’affaires 2016 de cette activité équivaut à environ 650 millions d’euros, couvrant toutes natures de dépenses, c’est-à-dire les travaux entrepris, SNCF Entrepreneur, la maîtrise d’œuvre/maîtrise d’ouvrage, les parts fournitures. L’un des chantiers les plus complexes, qui s’est achevé fin octobre, a été celui mené sur Montpellier – Narbonne, tout comme il l’avait déjà été en 2015 lors du traitement de la première voie sur ce même axe. Plusieurs raisons à cela. Le tracé difficile, de nombreux obstacles telle la découverte de massifs béton et de câbles non répertoriés dans la plate-forme qui ont ralenti la chaîne de la dégarnisseuse, des intempéries. Mais aussi la répercussion indirecte de mouvements sociaux nationaux qui a conduit des personnes extérieures au monde ferroviaire à bloquer la base-travaux de Sète assurant la logistique intégrale du chantier… Et quelques pannes constatées sur le train de substitution TSV21 de Colas Rail-TSO qui, malgré d’importantes rénovations entreprises ces dernières années, commence à accuser ses 17 années de service. « Ce chantier a cumulé jusqu’à dix jours de retard. Mais sept jours supplémentaires de travail par rapport au programme et un rendement un peu plus élevé sur certaines zones ont permis malgré tout de rattraper ce retard », constate Jacques Goubin, directeur opérationnel des SR à SNCF Réseau. Son chantier suivant sur Cannes s’est avéré complexe aussi à cause de zones très spécifiques à géométrie difficile sur lesquelles, en appui du TSV21, TSO a fait intervenir sa DRL, une machine adaptée aux travaux en gabarits réduits des tunnels. « Malgré des débuts difficiles sur ce chantier, le programme 2016 devait être respecté à environ 98 %, ce qui représente une performance importante. Les huit chefs de projets sont à pied d’œuvre sur le terrain en phase réalisation au quotidien. Ils travaillent aussi sur le pilotage des phases conception et préparation des futurs chantiers de 2018 et déjà en phase avant-projet sur ceux de 2019 et 2020. » Début novembre, les dernières grandes régénérations de 2016 démarraient sur les régions de Marseille, de Strasbourg et d’Amiens.
Trois suites rapide en 2017
En 2017, les trois suites rapides doivent renouveler 562 km de voies répartis en onze chantiers. Trois pour le lot 1, quatre pour le lot 2 et quatre pour le lot 3. Cinq se dérouleront de jour, six de nuit. Ces opérations menées en nocturne pour tenter de limiter les conséquences capacitaires, se traduisent par des détournements ou la suppression de trains commerciaux pour libérer les plages travaux sur la voie à traiter. En revanche, ils s’avèrent plus complexes sur les plans qualité de travail et sécurité des personnels. Et sont aussi synonymes de coûts plus élevés. Pour faire baisser ceux-ci, SNCF Réseau souhaiterait donc obtenir des capacités permettant de travailler plus de jour, mais aussi favoriser les linéaires les plus longs possibles pour limiter les déplacements onéreux des grands convois d’un bout à l’autre du réseau. Sur le lot 3, Meccoli va continuer à travailler avec son train de pose TCM 60 en simultané, c’est-à-dire avec une interruption des deux voies, celle n’étant pas en travaux servant à acheminer les constituants neufs et à évacuer ceux déposés. En 2016, l’entreprise a renouvelé environ 173 km cumulés de voies en quatre chantiers menés sur les régions de Lille, du Mans, de Metz et d’Amiens. En continuité de ce dernier chantier, elle débute l’année 2017 par celui entre Amiens et Tergnier et en traitera trois autres. Le deuxième sur la région de Lyon entre Givors et Peyraud de mi-février à juin sur 65 km environ. Le troisième en région Bourgogne-Franche-Comté entre Neuvy-sur-Loire et Vauzelles jusqu’en septembre (50 km). Le quatrième sur la région de Paris Sud-Est entre Moret et Veneux-les-Sablons de septembre à décembre (50 km).
Transalp Renouvellement va poursuivre ses chantiers avec son P95 du constructeur suisse Matisa, en service depuis 2013. « Ce train est simple et a été parfaitement pris en main par l’équipage, explique un responsable de l’entreprise. Il permet des vitesses de plus de 450 m/heure lorsque le profil le permet. Il travaille confortablement en courbe et sur des planchers de traverses biblocs dégradées. Sa fiabilité est bonne dès l’instant où nous arrivons à ménager deux périodes de révisions dans l’année » (voir aussi interview). Le plus sensible à gérer sans doute en 2017 va concerner les chantiers du lot 1 menés avec le train TSV21. Avec peut-être un risque social. Il s’agit en effet de l’ultime année de suite rapide pour le groupement Colas Rail-TSO puisque ces sociétés n’ont pas obtenu de lot dans le prochain marché SR (voir encadré). « Nous avons vécu une situation semblable en 2012 lorsque ETF n’avait pas été retenue sur les marchés 2013-2017. Des cadres des entreprises peuvent être tentés de s’évader chez les concurrents. Retenir leurs ressources peut donc constituer un gros challenge pour Colas Rail et TSO. Mais nous pouvons leur donner éventuellement des perspectives de travaux sur d’autres marchés », poursuit Jacques Goubin.
Le prochain marché pourrait s’étendre jusqu’à sept ans
Ce prochain marché des suites rapides couvre la période 2018-2022, soit cinq années fermes auxquelles s’ajouteront deux années optionnelles : 2023 et 2024. Si le déroulé des chantiers donne toute satisfaction et que la vision économique gérée par Bercy est au… rendez-vous ! Lors de l’exercice actuel d’une durée originelle de trois ans, les quatre entreprises avaient déjà été reconduites sur 2016 et 2017. Le principe du nouveau marché est semblable, mais ce cumul de sept années constitue une première. Cette durée, souhaitée depuis longtemps par les entreprises, leur donne de la visibilité, leur permet d’imaginer et d’investir dans de nouveaux matériels et de commencer à amortir peu à peu leurs lourds investissements de plusieurs dizaines de millions d’euros. C’était déjà le rendement moyen, mais le nouveau marché impose au quotidien 1 000 m renouvelés, un minimum de 200 jours de travail par an, de 200 km chaque année. « Pour assurer au mieux un tel rendement, nous devons nous efforcer de trouver des programmes où il y a peu d’obstacles. Ce qui n’est pas évident car il y a des zones avec des courbes serrées, des passages à niveaux qui ne peuvent pas être fermés sur certains axes, des gares où le gabarit des quais empêche les grands engins de travailler. Il faudra peut-être réadapter le descriptif de certains programmes », estime Jacques Goubin. Nouveauté aussi, à partir de 2018, toute la partie sécurité des chantiers sera externalisée. C’est-à-dire l’annonce, le perchage caténaire, la traction et le pilotage des trains-travaux, la dépose-repose des installations de signalisation en voie (pédales, crocodiles…), la mise en place et le retrait des installations de limitations temporaires de vitesse. Les entreprises de voies devront donc trouver des sous-traitants ou faire monter en compétences des agents de ces entreprises qui auront une habilitation SNCF.
La procédure a pris du retard
L’appel d’offres avait été lancé par SNCF Réseau au printemps 2015 pour une attribution prévue à l’origine le 1er janvier 2016. Mais le groupement Colas Rail-TSO, frustré, a lancé un référé. Conséquences, il aura fallu cinq mois avant que le tribunal ne statue et l’attribution officielle des marchés SR n’a donc eu lieu que le 2 juin 2016. Le lot 1 est confié à Meccoli, mandataire d’un groupement avec ETF (filiale d’Eurovia, groupe Vinci), qui a répondu avec une variante de train innovant approuvée par la personne responsable SNCF des marchés (PRM). La société a proposé un concept de train combiné effectuant les opérations de dégarnissage et substitution. Le futur SVB 800M, (pour substitution voies et ballast, 800 la capacité en m3 de la dégarnisseuse, M comme Meccoli), va être conçu pour franchir et traiter les obstacles en voie plus facilement, donc éviter l’obligation de revenir traiter des zones délicates en chantiers hors suite. Le train assurera aussi les opérations de bourrage, de stabilisation et de préchauffage des rails. Une combinaison qui permet de réduire le nombre de convois sur le chantier. Pour acter l’avancement et s’assurer que toutes ces fonctions pourront être réalisées, SNCF Réseau a constitué avec Meccoli un comité de pilotage. Commandé fin octobre au constructeur autrichien Plasser & Theurer (Framafer en France), ce train ne sera cependant disponible qu’à partir de janvier 2019, un délai normal pour la construction et les essais de validation statiques et dynamiques d’un tel matériel. En attendant, c’est donc l’ancien train P95 de ETF qui sera susceptible d’effectuer les chantiers de 2018, voire le TCM 60 de Meccoli si quelques-uns peuvent encore être réalisés en simultané. En effet, ce principe, confortable pour l’entreprise sur les plans sécurité et production, mais contraignant puisqu’il impose la fermeture totale des deux voies durant de longues périodes, va peu à peu être abandonné. L’entreprise sait depuis longtemps déjà qu’elle devra bientôt changer sa méthode de travail. « Comme il va falloir pouvoir travailler sans cette simultané, le nouveau concept très innovant de “train usine” à l’étude va prendre en compte cette contrainte pour les années à venir », explique Thierry Fromentèze, directeur Travaux chez Meccoli.
L’appel d’offres donnant la possibilité de soumissionner sur deux lots, les 2 et 3 ont été attribués à Transalp Renouvellement. La société va donc réaliser le lot 2 avec son P95 actuel. Mais ayant été retenue de façon officielle seulement début juin 2016, elle a émis une réserve sur l’attribution du lot 3. Le marché stipulant un délai incompressible de 24 mois pour la construction d’un nouveau train, elle a argumenté le fait qu’elle ne pourrait donc commencer ce lot 3 qu’à partir de juin 2018, lorsque son nouveau train – un P95 d’ores et déjà commandé à Matisa – sera opérationnel. Les trois chantiers, Marseille – Vintimille, Longuyon – Mont-Saint-Martin et Paris – Le Havre, programmés de longue date et qui devaient être réalisés au cours du premier semestre 2018 font donc l’objet d’un nouvel appel d’offres qui a été lancé fin octobre par SNCF Réseau pour une attribution envisagée en été 2017. « Avec ces futurs trains de renouvellement, notre principal travail ne va pas seulement se limiter à l’homologation technique à mener avec le constructeur et les entreprises, aux phases de travail et à leur circulation. Nous allons aussi devoir vérifier leur aptitude à rendre la voie à 80 km/h », poursuit Jacques Goubin. Car c’est l’une des grandes contraintes nouvelles imposées aux entreprises dans le prochain marché des SR : rendre la circulation des trains commerciaux à 80 km/h sur la voie en travaux après chaque intervention diurne ou nocturne. Soit 20 km/h de plus qu’auparavant destinés à offrir une meilleure fluidité au trafic et permettre d’insérer des sillons supplémentaires. Mais là aussi les cinq mois de retard pris dans l’attribution des marchés ont eu des répercussions. SNCF Réseau a décalé la mise en œuvre du V80 au 1er janvier 2019. Toutes les capacités pour les chantiers de 2018 sont déjà réservées et prennent en compte le fait que les trains rouleront encore à 60 km/h lors de la reddition. Réservées trois ans à l’avance, les capacités de l’année 2019 sont figées aussi. « Nous affinons le programme 2020 qui sera à son tour figé pour le premier trimestre 2017 et nous commençons la programmation de 2021. Notre objectif serait d’anticiper à cinq années », conclut Jacques Goubin.
Michel BARBERON
Voir la carte des chantiers prévus en 2017.
Répartition des coûts des travaux
- Budget 2017 régénération voies : 1,6 milliard d’euros
- LGV : 140 millions d’euros
- Groupes UIC 1 à 4 : 750 millions d’euros
- Groupes UIC 5 et 6 : 400 millions d’euros
- Groupes UIC 7 à 9 : financements de développement via les collectivités territoriales
- Remplacement d’appareils de voies : 265 millions d’euros
- Pérennisation de 50 bases-travaux réparties sur le réseau ferré national : 30 millions d’euros/an sur dix ans
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Les transports publics face aux défis de demain
Quels seront les besoins de transport dans les prochaines années ? Quelle place occupera l’automobile ? Que va apporter le numérique ? Qui seront les nouveaux acteurs de la mobilité ? Telles sont quelques questions posées par Ville Rail & Transports en amont du 25e palmarès des mobilités, auxquelles une dizaine d’intervenants ont apporté leurs réponses. Christophe Duprat, vice-président de Bordeaux Métropole chargé des Transports a été le premier à prendre la parole pour évoquer les changements survenus à Bordeaux depuis 1995, date à laquelle Alain Juppé est arrivé à la mairie avec la volonté de faire baisser le nombre d’automobiles en ville. « Il a fallu réaliser des investissements colossaux, mettre en place le tram, des navettes fluviales, proposer de meilleures solutions pour que les gens se déplacent autrement. » Pari réussi : la part modale de la voiture est passée de plus de 65 à 55 %. Pour continuer à réduire le nombre de véhicules en ville, Bordeaux a mis en place un système d’autopartage et incite au covoiturage ou à la marche à pied.
« L’exemple bordelais illustre la nécessité de ne pas opposer les modes de transport entre eux, afin de répondre aux attentes de voyageurs qui zappent d’un mode à l’autre en fonction de leur humeur ou de la météo, a poursuivi Frédéric Baverez, directeur exécutif de Keolis France. Les opérateurs vont devoir organiser les nouvelles mobilités, apporter une réponse à un besoin croissant de mobilité et à une volonté d’avoir le choix. » L’arrivée de la voiture autonome, d’ici cinq ou dix ans, devrait permettre l’essor du robot taxi. « Cela prendra de la place sur la voiture particulière et remplacera le VTC, estime Frédéric Baverez. Cela peut être une opportunité pour le transport public, en apportant une réponse à des petits flux », mais aussi un risque, « sa compétitivité pourrait écrémer les marchés ». Et Frédéric Baverez de conclure : « Il est difficile de faire des prévisions, la seule chose dont je sois convaincu, c’est que seules survivront les entreprises qui sauront innover. »
« Il faut travailler sur la connectivité entre les modes, créer des pôles d’échanges, faciliter les transferts d’un mode à l’autre », enchaîne Richard Dujardin, directeur général de Transdev France. Le digital permettra de gagner en productivité et d’intégrer le transport à la demande dans nos productions. Un des défis à venir sera de couvrir le périurbain. » Pour y parvenir Richard Dujardin compte aussi sur le digital. Le problème sera de trouver les financements pour les investissements nécessaires dans un pays où le prix du transport a baissé de 2 % en euros courants depuis 2005, mais où les voyageurs ont le sentiment qu’il n’a cessé d’augmenter. « Le prix du transport ne couvre que 25 à 30 % des coûts de production. Peut-être que le numérique nous permettra d’atténuer cette perception avec le post-paiement via le téléphone ou un relevé mensuel », espère Richard Dujardin.
« L’offre de transport à la demande va se développer, mais on aura besoin de tous les modes existants ou émergeants pour faire face à l’augmentation des besoins de transport », prédit François-Xavier Perin directeur de RATP Dev.
En 2030, 67 % des Français habiteront en ville. Les transports de masse resteront donc indispensables, car pour remplacer le trafic du RER A par des voitures individuelles, il faudrait 30 voies autoroutières. « Le big data et les nouvelles technologies permettront de proposer des transports plus performants. L’émergence de nouveaux modes de transport, comme l’autopartage, le covoiturage… complétera les besoins de mobilité. Tout ce qui peut contribuer à se déplacer de manière plus efficace et plus confortable doit être pris comme des opportunités », affirme le directeur de RATP Dev. Ayant constaté que les start-up étaient plus efficaces pour trouver des solutions aux problèmes de transport que les grands groupes, RATP Dev mène avec certaines d’entre elles des expériences grandeur réelle.
« Pour réduire la place de la voiture, il faut créer un nouvel usage de la mobilité », plaide Hervé Richard, directeur du programme Porte-à-porte à SNCF Mobilités. « Il faut répondre aux nouveaux comportements des clients qui passent d’un mode à l’autre. Leur offrir des solutions en amont et en aval du train. On construit cet écosystème pour nos clients. Quand ils auront pris l’habitude d’utiliser ces modes de transport, on pourra diminuer la place de la voiture et décongestionner la ville. » SNCF Mobilité travaille aussi sur la continuité de la billettique qui pourrait pousser 50 % des Français à prendre davantage le train. Pour Hervé Richard, qui déplore qu’en France l’autopartage ne fonctionne pas, « Autolib’ complète la mobilité mais n’a pas permis de remplacer la voiture ».
A Paris, chaque jour 11 millions de déplacements se font en transports en commun, 15 millions en voitures individuelles. Pour réduire la place de la voiture, Uber a lancé Uberpool, une offre de VTC partagé, qui a transporté un million de voyageurs cette année, selon Thibaud Simphal, directeur général Europe de l’Ouest pour Uber. Les tests de taxis autonomes menés par Uber à Pittsburgh ont permis de constater, « la complexité de l’autonomie en ville. Il y a des limites au système, mais plus on fait de kilomètres plus, on apprend ». Aussi Uber envisage d’étendre cette offre dans d’autres villes, y compris en Europe.
Beat Muller, directeur du marché International chez CarPostal voit dans la navette autonome une opportunité à saisir pour les transports publics. « La vente de voitures autonomes ne permettra pas de réduire le nombre de véhicules. Si les véhicules autonomes permettent le développement de robots-taxi, il y aura moins de véhicules, puisqu’ils seront mieux utilisés. Cela libérera des places de parking mais ne résoudra pas les problèmes de bouchons. La meilleure solution serait que les transports publics autonomes se développent rapidement. Non pas pour supprimer les conducteurs mais pour compléter le réseau avec des navettes offrant une solution de transport à toute heure, partout, à prix attractif. Les voitures autonomes ne sont pas encore prêtes alors que des bus autonomes circulent déjà. Saisissons cette fenêtre d’opportunité pour prendre la place ! » Encore faut-il pour cela que si les autorités donnent les autorisations nécessaires pour favoriser les transports collectifs autonomes.
« La transition énergétique et le développement durable nous poussent à innover pour offrir des véhicules fiables et moins chers à l’usage afin d’augmenter la part modale des transports publics par rapport aux voitures particulières », résume de son côté Frédéric Lahitte, directeur des Relations institutionnelles d’Iveco France, constructeur qui consacre 30 millions par an à l’innovation. 50 % des bus qui sortent de son usine d’Annonay sont hybrides ou au gaz. Iveco travaille aussi sur les véhicules autonomes. « En mettant de l’intelligence dans les bus, ils pourront se garer seuls une fois arrivés aux dépôts ou aller à la station de lavage de manière autonome. On pourra aussi mettre en place des navettes autonomes en centre-ville ou dans les zones aéroportuaires et proposer des véhicules BHNS autonomes sur circuits fermés. » Frédéric Lahitte précise enfin que « transmettre notre big data à nos clients leur permet d’optimiser leur exploitation, leur maintenance et de maîtriser leurs coûts d’exploitation ».
Pour Vincent Champain, directeur général, GE Europe Foundry « l’impact du digital se voit moins dans le domaine de la production industrielle, mais des révolutions silencieuses sont en cours ». Le directeur de ce centre de recherche et développement de General Electric, récemment installé en France pour couvrir l’Europe, rappelle que « Digital Foundry propose de travailler avec le client des transports publics et des start-up pour construire des applications destinées à aider les opérateurs de transport à ubériser leurs métiers de base, à leur mettre en main des logiciels pour maîtriser des algorithmes. Nous pouvons contribuer à améliorer leur fiabilité, compléter leurs compétences métier avec nos 400 data scientists. » Ainsi, poursuit-il, « nous avons la capacité d’aider les opérateurs à trouver l’aiguille de valeur dans la botte de données, de les aider à améliorer leur fiabilité et leurs performances ».
Si François Poupard, directeur général de la DGITM, estime que « les nouvelles technologies sont porteuses d’espoir d’amélioration de la qualité de service, de la fluidité et environnementale », elles sont aussi, ajoute-t-il, facteurs de « risques ». « La spirale du low cost amène parfois des modèles intéressants pour les clients mais qui peuvent détruire des modèles économiques. L’autonomie amène beaucoup de questions. Quant aux données numériques, tout le monde veut en bénéficier, mais certaines grosses entreprises n’ont pas leur pareil pour siphonner les données qui ont de la valeur. Mettre à disposition ces données, c’est mettre à disposition la richesse. Il faut être vigilant. »
Un thème préoccupant pour le secteur des transports publics. Frédéric Baverez regrette que le gouvernement ait légiféré pour rendre l’open data gratuit et obligatoire, « c’est du désarmement unilatéral, on est les seuls au monde à le faire ! », souligne-t-il. « Donner ces informations peut aboutir à vider les transports publics au bénéfice des transports alternatifs. La réflexion n’a pas été menée à son terme », ajoute Richard Dujardin. « Nous sommes dans une période de transition, de rupture, source d’incertitudes, constate François Poupard. Cela pose problème dans un secteur nécessitant de forts investissements. » En toile de fond, c’est toute la question du modèle économique des transports qui est posée. Et sur ce point, tout le monde en est accord, le débat est loin d’être clos.Valérie Chrzavzez-Flunkert

Le tram est plus « vert » que le BHNS, selon Alstom et Carbone 4
S’il semble assez évident que l’exploitation d’un tramway émet moins de gaz à effet de serre que celle d’un BHNS, même électrique, qu’en est-il sur un cycle de vie, construction incluse ? Une fois de plus, selon une étude d’Alstom et du cabinet Carbone 4, le bilan est en faveur du véhicule sur rail. Mais cette première comparaison fait quelques impasses…
A l’heure de la COP22, Alstom et le cabinet parisien Carbone 4 ont présenté une étude comparative sur l’empreinte carbone des tramways et des bus à haut niveau de service (BHNS). Deux solutions qui se retrouvent souvent en concurrence lors de la création de nouveaux réseaux de transport en commun en site propre. Jusqu’à présent, ce sont en grande partie des questions de coût (investissements, exploitation, voire cycle de vie) qui ont orienté les choix en faveur d’un mode ou de l’autre. Mais jusqu’à présent, l’impact sur l’environnement de ces choix modaux n’a pratiquement pas été pris en compte, faute d’évaluations de l’empreinte carbone sur l’ensemble du cycle de vie. Ceci alors que, pour ce qui est de la seule phase d’exploitation, le tram possède a priori un avantage certain, particulièrement sur le poste énergie. Mais est-ce vraiment le cas ? Et qu’en est-il de la phase préalable de construction ? Autant de questions qui trouvent une première réponse dans l’étude conjointe d’Alstom et de Carbone 4.
Quoique ses nouvelles solutions de captage (APS, SRS) et de stockage d’énergie permettent à Alstom d’équiper aussi bien des trams que des bus, l’industriel est nettement plus présent sur le premier de ces deux modes de transport public. Il n’est donc pas très étonnant qu’Alstom ait choisi de rendre publique une étude comparative dont les résultats sont globalement en faveur du tramway pour ce qui est de l’empreinte carbone. Une étude qui tombe à point nommé : Alstom a montré à cette occasion que son nouveau système de tramway intégré, dénommé Attractis, présentait une empreinte encore plus faible. Ce dernier résultat doit être obtenu par l’optimisation des moyens mis en œuvre pour la réalisation de nouveaux réseaux. Une optimisation pour ce qui est des délais (temps de construction réduits, perturbations limitées), puisque Attractis a pour objectif de réaliser un réseau de 10 km opérationnel en 30 mois. Optimisation aussi pour les investissements mis en œuvre, réduits de 20 %. Moins gourmand en béton, en acier ou en câbles, Attractis devrait également – et assez logiquement – permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 20 %. Une estimation basée sur le retour d’expérience de 17 projets de tram intégrés réalisés par Alstom et équipés de rames Citadis.Une ligne fictive de 10 km en Belgique
Dans le modèle de calcul retenu dans l’étude d’Alstom et de Carbone 4, les émissions de gaz à effet de serre sont le produit de quatre facteurs : le besoin de mobilité, le mode de transport choisi, l’efficacité énergétique et le contenu en dioxyde de carbone de la source d’énergie utilisée.
L’étude porte sur le cycle de vie d’une ligne fictive mais représentative de 10 km en Belgique, comprenant sa construction et son exploitation pendant 30 ans. La Belgique a été retenue pour son mix électrique moyennement favorable, entraînant l’émission de 240 g de CO2 par kWh. Une valeur très « européenne », mais trois fois supérieure à celle mesurée en France (où le nucléaire assure plus des trois quarts de l’approvisionnement électrique) et très inférieure à la valeur chinoise (800 g de CO2 par kWh). L’étude a été réalisée à fréquentation égale, de 6 400 voyageurs par heure et par sens en heure de pointe, soit un ordre de grandeur qui est bien celui d’une ligne de tram, mais pratiquement le double de la capacité des liaisons actuellement assurées en BHNS. Toutefois, les promoteurs de ce dernier annoncent des valeurs aussi élevées que celles de l’étude.
Dans le cadre de cette dernière, cinq alternatives ont été étudiées : trois variantes du BHNS (diesel classique, hybride rechargeable et électrique) et deux solutions de tramway (classique et Attractis d’Alstom). Pour ce qui est des BHNS, les valeurs sont basées sur les publications d’institutions françaises (Ademe) ou internationales (école Chalmers de Göteborg, BHNS de Bogotá). Des valeurs d’autant plus théoriques qu’un bus électrique de 18 m, « c’est de la science-fiction actuellement », selon l’un des auteurs de l’étude ! En revanche, les données concernant les tramways sont réelles et proviennent du retour d’expérience d’Alstom.Construction : avantage au BHNS de 18 m
Lors de la phase de construction, les émissions de CO2 liées à l’établissement d’une ligne nouvelle sont nettement en défaveur du tramway pour ce qui est des matériaux de construction, l’écart étant plus faible pour les équipements de construction et l’énergie liée à la construction proprement dite. Globalement, construire une infrastructure tramway représente 2,2 fois plus d’émissions qu’une infrastructure BHNS. Rien de très surprenant : un tram exige des détournements de canalisations, puis la pose de rails et de lignes aériennes de contact. Mais le BHNS n’est pas gratuit : il exige également des travaux préliminaires de renforcement de la voirie, ainsi que quelques aménagements. Enfin, les deux modes de transport ont en commun l’installation du mobilier urbain (abris…)
Côté matériel roulant, il faut déjà tenir compte du fait qu’un tram dure 30 ans, contre 15 ans pour un bus. Cependant, construire les 20 trams nécessaires sur la ligne étudiée émet plus de CO2 que de produire les 90 bus diesels qui assureraient le même service. En revanche, les 20 trams sont plus avantageux que les 98 bus hybrides rechargeables ou les 102 véhicules électriques équivalents. Pour deux raisons, liées aux batteries : la production de ces dernières est loin d’être « verte » et leur masse réduit d’autant le nombre de voyageurs acceptables à bord des bus.
En effectuant la somme des émissions issues des constructions de l’infrastructure et des véhicules, le tram classique se situe au double du niveau du BHNS diesel. Entre ces deux solutions, les BHNS hybrides et électriques se rapprochent du tram, au point de rattraper presque le niveau d’émissions d’Attractis (le tram optimisé d’Alstom n’émet que 14 % de CO2 en plus qu’un BHNS électrique).Exploitation : avantage au tramway
En revanche, du côté de l’exploitation, Attractis ne représente qu’un gain marginal par rapport à un tram « classique ». Quel que soit le tram, le niveau d’émissions de ce dernier est sans commune mesure avec celui des BHNS, même électriques, en dépit d’un mix électrique très moyen dans ce cas d’étude belge. Pour ce qui est de la traction, un BHNS diesel émet en effet 4,6 fois plus de gaz à effet de serre qu’un tram ! Ce dernier est également très performant en matière de fuites de gaz réfrigérants (normes drastiques, contrairement aux bus) et d’énergie utilisée dans les dépôts. En revanche, quel que soit le tram ou le BHNS, la maintenance est aussi peu « verte ». En additionnant tous ces éléments, exploiter un tram permet toujours de diviser les émissions d’un facteur 1,5 (bus tout électrique) à 3,3 (diesel).
Le tram globalement gagnant sur le long terme
Alors, match nul entre BHNS et tram ? Non, car l’importance relative de la phase de construction, dont les émissions résultantes sont pour l’essentiel une valeur fixe, est appelée à décroître au fur et à mesure de la phase d’exploitation, dont les émissions iront croissant avec le temps. Et vu l’importance que finissent par prendre les émissions liées à l’exploitation, c’est le tramway, optimisé ou non, qui l’emportera à terme sur le bus, quelle que soit la solution de motorisation retenue. Concrètement, pour la même ligne de 10 km en Belgique, construire un tramway et l’exploiter pendant trente ans représente une émission de 85 400 (Attractis) à 94 800 t de CO2, contre 111 200 (BHNS électrique) à 199 300 t (BHNS diesel).
Mais où sont les trolleybus et le biogaz ?
Intéressante par sa couverture intégrale du cycle de vie d’un projet, cette étude fait toutefois l’impasse sur deux catégories de bus réputés « verts », pour leur absence d’émissions de particules : le trolleybus – tout électrique depuis toujours – et le bus au biogaz. Ce qui est dommage, car ces bus sont – eux – déjà disponibles en version articulée de 18 m. Dans ce domaine, on peut également s’étonner de ne pas trouver trace de solutions à charge rapide, tels les 12 bus TOSA de 18 m pour la ligne 23 de Genève, qui devraient réduire « de 1 000 t » les émissions chaque année. De plus, on peut se demander pourquoi les véhicules de 23 m (comme celui de Van Hool pour Mettis à Metz) ne font pas partie de l’étude non plus.
Recontacté au sujet des trolleybus et des bus au biogaz, le cabinet Carbone 4 a apporté quelques précisions qui ne faisaient pas partie de l’étude initiale, mais qui méritaient des chiffrages approfondis pour déterminer les éventuels avantages de ces bus sur 30 ans.
Pour ce qui est du trolley, en phase construction, « l’infrastructure devrait être plus légère que le tramway et plus lourde que le BHNS, ce qui devrait se retrouver dans les émissions ». Et en phase exploitation, à l’électricité, « il faudrait comparer l’efficacité énergétique du trolley par rapport à un tramway », vu les frottements plus importants que présente le roulement pneu sur route du trolley que le roulement fer sur fer du tram. Mais par rapport au bus électrique, on ferait l’économie de l’essentiel des batteries pour la traction.
Pour ce qui est du biogaz, « on est sensiblement sur du BHNS » en phase construction, même si l’on « peut imaginer des différences sur la taille du réservoir – et donc la capacité unitaire des bus – si l’on veut le même contenu énergétique : [pour] la même taille, on devra faire le plein plus souvent, donc peut-être plus de kilomètres haut le pied ». Et sur la phase exploitation, « le facteur d’émission du biogaz peut varier beaucoup en fonction de son mode de production », alors que l’efficacité énergétique est notoirement moindre que celle du diesel.
Patrick LAVAL
Nantes mise sur l’Urbanway articulé au GNV
Adepte depuis 1997 du gaz naturel pour la propulsion de ses autobus, Nantes confirme son engagement dans la transition énergétique en s’équipant massivement avec le tout nouvel articulé de 18 m au GNV du constructeur Iveco, dans sa gamme Urbanway. La sixième ville de France envisage déjà un articulé tout électrique de 24 m pour son Busway.
C’est sous une pluie diluvienne qu’a été officiellement dévoilé sur les quais du canal Saint-Félix de Nantes, le 23 novembre dernier, le nouvel autobus articulé Urbanway d’Iveco fonctionnant au GNV (gaz naturel pour véhicules). Il est le premier d’une très importante commande ferme de 80 unités, à laquelle s’ajoute une tranche conditionnelle de 50 autres. La signature du marché était intervenue en mai 2016. Le calendrier des livraisons prévoit la réception et la mise en service du véhicule « tête de série » en décembre de cette année et celles du deuxième au dixième véhicule en janvier 2017, le dernier de la tranche ferme devant être à pied d’œuvre au début de l’été. L’objectif de l’opérateur Semitan (Société d’économie mixte des transports de l’agglomération nantaise) est d’équiper en autobus articulés, à terme, les sept lignes rapides dites « Chronobus », ainsi que certaines autres réputées particulièrement chargées, à commencer par la C5 (Quai-des-Antilles – Gare-SNCF-Sud), la C2 (Commerce – Le Cardo), ou encore la ligne 10 (Gare-de-Chantenay – Boulevard-de-Doulon). La commande passée à Iveco représente un investissement de 39 millions d’euros, ce qui correspond très exactement à un prix négocié, par véhicule, de 487 500 euros. L’arrivée des nouveaux Urbanway va permettre de remplacer tous les véhicules en fin de vie, qu’il s’agisse de véhicules au standard de 12 m (les Heuliez GX217 GNV et les plus anciens GX317 diesel), ou bien d’articulés de 18 m (les premiers Heuliez GX417 diesel et les Volvo 7 000 GNV). Dans le même temps, cette arrivée contribuera à augmenter le parc de la Semitan pour répondre à des besoins supplémentaires de capacité, notamment sur les lignes à forte fréquentation.
Les personnels consultés pour l’attribution du marchéDans cet appel d’offres, l’Urbanway l’a emporté d’une courte tête, face aux véhicules concurrents qui étaient présentés par les constructeurs Mercedes, MAN, Solaris et Scania. Le concept du moteur transversal a été, sans nul doute, l’un des critères décisifs, notamment grâce à la facilité d’accès et à la simplicité de maintenance qui le caractérisent. Ces deux derniers points revêtent d’autant plus d’importance à Nantes que l’exploitant, qui passe pour entretenir particulièrement bien les matériels ferré et routier, a l’habitude de conserver ses autobus pendant 15 à 20 ans, quand ceux des autres villes sont plutôt amortis sur des durées de vie de 10 à 15 ans. Actuellement, l’âge moyen du parc routier s’élève ainsi à 12,3 ans. « Voilà pourquoi il est rare, pour un président de la Semitan, d’accueillir une nouvelle génération de bus ! », s’amusait à l’occasion Pascal Bolo, également vice-président de l’agglomération et qui, en même temps, rappelait fort à propos le rôle fondamental de l’opérateur dans la prise de décision : « Cette capacité que nous avons d’être le délégataire de Nantes Métropole pour le choix de nos matériels roulants permet à tous les secteurs et métiers de l’entreprise Semitan d’être sollicités pour donner leur avis sur les autobus essayés. » De fait, depuis les mécaniciens jusqu’aux conducteurs en passant par les commerciaux, c’est l’ensemble des personnels qui aura été consulté avant l’attribution de ce marché.
Un autre facteur contributif au choix d’Iveco a probablement trait au leadership du constructeur en matière de propulsion alternative au GNV, avec un capital de vingt-cinq années d’expérience en ce domaine. « Nous avons produit, à ce jour, 25 000 moteurs pour le gaz naturel, et construit 5 500 autobus utilisant ce carburant, dont 2 500 exploités en France, commentait Olivier Michard, directeur Commercial France d’Iveco Bus. Nos marques détiennent ainsi près de 95 % du parc national d’autobus au gaz. » De plus, l’Urbanway GNV présente l’avantage d’être 100 % compatible avec le biométhane, carburant issu de la valorisation des déchets organiques provenant de la collecte de porte à porte, des détritus végétaux, ou encore de la restauration collective. Toutefois, l’agglomération nantaise ne dispose pas encore d’installations permettant d’assurer une production locale. « Ces véhicules, construits dans notre usine d’Annonay, bénéficient du label OFG (origine France garantie) créé par l’association Pro France et décerné par Bureau Veritas Certification », tenait à redire Olivier Michard, lors de la présentation du véhicule à Nantes. « Notre site annonéen emploie 1 380 salariés et fait appel à plus de 250 fournisseurs et sous-traitants français. Et un autobus articulé Urbanway au gaz naturel représente environ 1 500 heures de travail, soit l’équivalent d’un emploi direct “temps plein” à l’année sur le site de production d’Annonay… »
Un engagement environnemental confirméA Nantes, le choix du gaz remonte à 1997. La Semitan a été l’une des premières entreprises de transport public, en France, à opter pour cette énergie. Le choix s’était fait, au départ, dans un objectif purement environnemental : la ville avait été la toute première à réintroduire le tramway en 1985, aussi paraissait-il alors impensable, après avoir transféré la majeure partie du trafic sur un mode 100 % électrique, de racheter des autobus diesel pour compléter l’offre de transport… Depuis, Nantes Métropole et la Semitan ont toujours confirmé leur engagement environnemental en investissant régulièrement dans des autobus à motorisation GNV. Effectivement, ces véhicules émettent des gaz d’échappement beaucoup moins nocifs pour la santé que leurs homologues en diesel, notamment au niveau des particules fines (-95 %) et du CO2 (-10 %). De plus, leur niveau sonore est significativement réduit, et ils sont pratiquement exempts de vibrations, ce qui améliore le confort des voyageurs comme du conducteur, et diminue les sollicitations mécaniques enclines à fatiguer la structure. Enfin, la pertinence du GNV se confirme plus que jamais sur le plan économique, d’une part – en général – parce que ce carburant bénéficie d’une tarification plus avantageuse et moins aléatoire que celle du gazole, et d’autre part – dans le cas particulier de Nantes – parce que l’autorité organisatrice et l’opérateur ont déjà réalisé les investissements d’infrastructure nécessaires, notamment en ce qui concerne les stations de compression. Ainsi la mutation vers ce mode énergétique s’y est-elle faite progressivement dans le temps. Le premier dépôt (Marcel-Paul) a été équipé dès 1997, et le deuxième (Trentemoult, sur la commune de Rezé) en 2002. Quant au troisième (le Bêle), l’intégration du GNV y a été prévue dès sa construction en 2008. Aujourd’hui, 78 % du parc des autobus nantais roule au gaz.
Un poste de conduite et de l’info-voyageurs à la pointeL’Urbanway articulé GNV est équipé du moteur Cursor 8 Euro VI. Sur le pavillon, le réservoir de gaz comporte dix bouteilles de 155 l. La capacité du véhicule s’élève à 109 voyageurs, dont 32 assis et 77 debout. Deux emplacements PMR sont prévus, la rampe d’accès correspondante se situant, comme la plupart du temps, sur la deuxième des quatre portes dont dispose le véhicule. Certaines innovations distinguent le nouvel Urbanway des autres autobus nantais. Ainsi le poste de conduite est climatisé, et le conducteur peut instantanément mémoriser sur carte, une fois pour toutes, les paramètres de réglage de son siège qui lui paraissent être les mieux adaptés à sa morphologie, si bien qu’à chaque fois qu’il relèvera ensuite un collègue au volant d’un véhicule du même type, il n’aura plus à régler à nouveau manuellement le siège. Pour l’information des voyageurs, l’autobus est équipé de quatre écrans dynamiques. D’une diagonale d’environ un mètre, ils sont les plus grands actuellement sur le marché ! Ces écrans plats ont été conçus en collaboration avec l’entreprise Lumiplan, qui est justement basée à Saint-Herblain, dans la banlieue Ouest de Nantes. Autre équipementier local de renom à avoir également été mis à contribution, Graphibus signe la livrée extérieure des nouveaux autobus. Un jeu graphique de lignes courbes, entre le noir de la surface vitrée et le blanc de la carrosserie, y casse l’horizontalité des lignes. Il apporte un mouvement fluide aux faces latérales de chacune des deux caisses du véhicule, que vient renforcer encore l’adjonction d’une virgule verte soulignant le sommet ou le creux des lignes courbes. Cette nouvelle livrée, appelée à être ensuite reprise sur tous les autobus nantais, demeure en parfaite harmonie et continuité avec l’actuelle, dont elle reprend l’esprit et les couleurs, si bien que, malgré l’inévitable phase de transition, il n’y aura aucune rupture d’image. Au demeurant, Nantes doit vraiment être félicité, car c’est bien l’une des rares villes de France à avoir su imaginer, puis faire vivre dans le temps, une livrée à la fois sobre, indémodable et très élégante, qui est de surcroît déclinée sur l’ensemble des matériels, qu’ils soient tramway ou autobus. Cette recherche d’unité permet aux véhicules de la Semitan d’être immédiatement identifiés, et de porter haut les couleurs de la marque. A l’intérieur de l’Urbanway articulé GNV, on retrouve la même volonté d’harmonie, de sobriété et de clarté, à laquelle s’ajoute le souci de l’espace et du confort. Les sièges, fabriqués par Compin, sont revêtus d’un tissu spécialement créé par l’entreprise suisse Lantal pour ce nouveau véhicule, en se basant, là encore, sur la couleur-repère de la marque, à savoir le vert. Deux nuances sont ici mises en œuvre, de manière aléatoire : un vert soutenu, qui se trouve majoritaire, afin d’impulser un esprit se voulant « zen », et une variante nettement plus acidulée, pour conférer quelques touches dynamiques à l’ensemble. Le revêtement de sol, produit par Gerflor, est réalisé en imitation parquet, dans le but de réchauffer les habillages en gris clair, écru et beige, qui ont été sélectionnés pour ne pas assombrir l’intérieur, et pour rester faciles à entretenir. L’éclairage principal est modulable entre les différentes zones, et peut varier selon la luminosité extérieure. Des bandeaux LED de couleur verte, montés sous plafond, viennent tamiser la lumière et compléter l’homogénéisation de l’ambiance générale.
Une cure de jouvence pour le centre techniqueL’accueil des nouveaux Urbanway articulés GNV a nécessité le réaménagement du Cetex (centre technique et d’exploitation) du Bêle, situé au nord de l’agglomération nantaise. Les travaux ont commencé en mai dernier et s’achèveront au début de l’année prochaine. Pour le remisage des véhicules à l’air libre, la Semitan a fait l’acquisition d’un terrain supplémentaire, connexe aux emprises actuelles. Deux rampes pour le gaz seront créées sur la zone nouvelle. En vue d’assurer la maintenance de ces articulés de 18 m venus remplacer d’anciens standards de 12 m, une extension de l’atelier est par ailleurs prévue sur deux travées. « Au-delà de cette opération, nous avons fait un choix politique résolument volontariste, en assumant d’investir un total de 310 millions d’euros sur les transports publics pendant la mandature 2014-2020 », a insisté Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole et maire de la sixième ville de France, qui annonçait à l’occasion sa décision d’introduire l’électromobilité sur le Busway. Celui-ci, victime de son succès, verra dans le même temps sa capacité accrue de 30 % grâce à l’arrivée d’autobus de type « double-articulé » de 24 m. Après avoir réintroduit en France le tramway, il y a trente ans, avec le succès que l’on connaît, Nantes n’a décidément pas fini de nous surprendre sur ses choix en matière de transport urbain…
Philippe Hérissé

Les nouveaux rendez-vous du métro d’Alger
Cinq ans après ses débuts, le métro d’Alger poursuit son expansion. Après un premier prolongement en 2015, deux nouveaux tronçons vont ouvrir cette année. Et l’intermodalité sans contact est promise pour ce mois de février.
Il y a cinq ans, Alger inaugurait son métro. C’était la fête et la cohue. « Vous venez pour le métro ! Cela fait 30 ans qu’on l’attendait ! », disait alors un fonctionnaire de l’aéroport à notre journaliste venu assister à l’événement. Abdelaziz Bouteflika, pourtant malade, et qui déjà s’était fait rare, était venu célébrer l’événement. C’était le 31 octobre, veille de la fête nationale. Une semaine avant, les ouvriers et les peintres s’étaient affairés tout le long du chemin que devait emprunter le cortège présidentiel, pour badigeonner les façades des immeubles ou déployer d’immenses drapeaux devant les plus décrépits. Une nuée de ballons aux couleurs de l’Algérie, verts, blancs, rouges surplombait la station inaugurale où s’engouffrait le président algérien (VR&T du n° 531 du 16 novembre 2011).
Ce 26 octobre 2016, le cinquième anniversaire a été fêté. Avec retenue. Les ballons verts, blancs et rouges surplombaient la même station de l’esplanade des Fusillés. Mais, bien sûr, le président Bouteflika n’était pas là. Le ministre des Transports, Boudjema Talai (ingénieur, industriel avant d’entrer en politique), en fonction depuis mai 2015, a fait acte de présence sous la tente dressée pour l’occasion, avant de repartir assez vite, appelé par d’autres obligations. Pas de quoi s’étonner. Un anniversaire n’a rien d’une inauguration. Cinq ans après, le métro est entré dans les mœurs. Selon les statistiques, tout va bien.
La preuve ? RATP El Djazair, filiale à 100 % de RATP Dev, exploitant pour une durée de huit ans, a fait ses comptes. Les rames CAF du métro ont transporté, en 2015, 21 millions de voyageurs. 99,98 % ont été des trains à l’heure (pour 98,95 % requis précise Didier Lescloupe, DG de RATP El Djazaïr), 99 % de clients sont satisfaits selon une enquête menée par l’Autorité des transports récemment créée, le trafic a augmenté de 33 % et les recettes de 30 %.
La construction du réseau se poursuit, sans doute pas aussi vite qu’on l’espérait. La ligne, qui suit la baie d’Alger, va aujourd’hui, d’ouest en est, de la station Tafourah-Grande-Poste à El Harrach. 12 km et quatorze stations en tout, soit 4 km de plus et quatre stations de mieux que le 31 octobre 2011 : en juillet 2015, un premier prolongement, vers l’est, a été ouvert, allant de Haï El Badr à El Harrach. Il a fait faire un bond à la fréquentation. Lors de l’inauguration, passé l’afflux de curiosité des premiers jours, on attendait 60 000 passagers tout de suite et une montée en puissance forte et rapide. Cette nette croissance pour l’instant n’a pas été au rendez-vous. Pour quelle raison ? La ligne 1 d’Alger, nous dit-on, c’était un peu la ligne 14 de Paris lorsqu’elle faisait la navette Madeleine – Bibliothèque-François-Mitterrand, avant qu’elle ne rejoigne la gare Saint-Lazare d’un côté et le RER C de l’autre. Maintenant que l’on gagne des quartiers populaires comme la commune de El Harrach, on enregistre 100 000 voyageurs par jour. Certains officiels parlent déjà de 200 000. Ils intègrent l’effet de prolongements en construction. C’est le célèbre optimisme de la volonté.
Trois extensions sont en travaux. A l’ouest, la ligne doit poursuivre deux stations plus loin, jusqu’à la place des Martyrs. Une fourche de quatre stations doit descendre au sud, se décrochant de la ligne non loin d’Hai El Badr. Ces deux prolongements sont attendus pour 2017. Et, à l’ouest, on réalise aussi le plus long prolongement en cours, qui doit atteindre l’aéroport Houari-Boumedienne en 2020.
Les futures stations des deux prolongements en voie d’achèvement reprennent le plan initial. Vastes espaces, sur deux niveaux. Tout en bas, de très larges quais, prêts pour une affluence future, et, en mezzanine, la salle des billets, dans lesquels prend place aussi, à chaque station, un PC surveillant l’ensemble du système, de la circulation des trains jusqu’à l’information des voyageurs. Et un poste de police.
Les vicissitudes du cours des hydrocarbures sont la cause de l’oubli dans lequel la réalisation du métro est longtemps restée. Les prolongements devraient suivre. Pourtant, le cours des hydrocarbures est bas, très bas, même s’il amorce une remontée. Dire que les finances algériennes ont été frappées de plein fouet par la dernière baisse serait faible. En 2016, selon la presse économique, le pétrole et le gaz représentent 60 % du budget de l’Etat, 95 % des exportations. Et les recettes tirées de l’énergie ont diminué de moitié en 2015. Mais, cette fois, le métro a l’air de ne pas vouloir s’arrêter.
F. D.
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Sous le signe de l’innovation
Pour la première fois cette année, à l’occasion de notre palmarès des mobilités, Ville, Rail & Transports a proposé à des entreprises de tout secteur, qui interviennent sur le marché des transports, de participer au « Village de l’Innovation ». Sur le modèle des speed datings (des rencontres de quelques minutes en tête à tête), des responsables de ces entreprises, souvent des start-up mais aussi de grandes sociétés nationales, ont pu aller à la rencontre de collectivités, de clients potentiels et faire découvrir leurs idées, leurs produits et leur dynamisme. Retour sur cette première et les innovations présentées par des responsables de ces entreprises.
François Lautel, directeur Commercial et Marketing d’Acorel :
« Acorel propose de l’analyse de flux de personnes pour fournir des données de prise de décision aux opérateurs et leur permettre d’améliorer leurs opérations. A l’avenir, une analyse plus fine des données nous permettra d’offrir une technologie de plus en plus fiable. Nous pourrons calculer les temps d’attente en analysant les flux de personnes, ce qui permettra aux exploitants de prendre des mesures pour y remédier. »Romuald Bodoy, responsable commercial d’Actoll :
« Actoll intervient dans trois domaines : les solutions monétiques autoroutières, la billettique et sur un produit baptisé T-Smart. Ce système permet de remplacer les tickets occasionnels. Il s’achète via les canaux de vente traditionnels. L’intérêt, c’est que cela ne coûte pas cher. Il n’y a pas de maintenance et c’est dématérialisable sur smartphone. Ainsi, nous pouvons proposer une technologie sans contact à moindre coût.
Nous sommes également les premiers à avoir permis les paiements par carte bleue dans les transports en lançant une expérimentation à Grenoble en octobre 2015. Elle est toujours en cours et se révèle très positive. Nous combinons deux grandes forces : être un spécialiste de la monétique et de la billettique. »Pierre-Emmanuel Meyers, directeur du marché du Biométhane pour l’Europe d’Air Liquide :
« Nous valorisons les énergies renouvelables issues de la biomasse, du solaire ou de l’éolien sous forme de carburant gaz, que nous commercialisons dans nos stations-service. Ce biométhane sous forme comprimée ou liquide s’adresse au marché du transport routier interurbain, périurbain et longue distance. Nous servons actuellement une cinquantaine de camions. Nous développons donc les outils d’une mobilité totalement décarbonnée. Le biométhane est une industrie en très fort développement. Notre deuxième axe est l’hydrogène pour la pile à combustible des véhicules électriques car les deux énergies sont complémentaires. Nous le produisons soit à partir du biométhane, soit avec le surplus de production d’électricité verte, qui nous permet, via l’électrolyse, de stocker cette énergie sous forme d’hydrogène. Il s’agit donc d’hydrogène décarbonné, qui sera ensuite valorisé dans le domaine du transport. »Cyril Hersch, président d’Apila :
« Actuellement une vraie information stationnement, un, ça n’existe pas, deux, tout le monde en a besoin et trois, ça va changer l’univers urbain. Notre conviction est que l’information stationnement va être utilisée de la même façon qu’on utilise déjà l’information trafic car on ne peut pas imaginer les déplacements sans penser au dernier kilomètre. Apila est une appli donnant toutes les infos individuellement – places dispo, temps pour se garer, etc. – mais c’est aussi la brique supplémentaire à intégrer dans les GPS ou les gestionnaires de tournée pour la logistique urbaine car c’est un gain en efficacité de travail. Enfin, les collectivités locales qui veulent savoir comment se comportent les citoyens ont les origines – destinations, taux de rotation, taux d’occupation en temps réel et en prédiction. Cinq à dix collectivités sont intéressées pour faire un diagnostic précis dans l’optique de la décentralisation. »Valentina Zajackowski, responsable du Marketing et de la Communication de Calypso :
« Calypso est un standard qui existe depuis bientôt 20 ans et qui équipe aujourd’hui toutes les cartes billettiques d’Ile-de-France. Il offre une parfaite interopérabilité entre les modes. Demain, un nouveau service permettra, grâce à une même carte, d’utiliser les transports publics de tous les réseaux équipés. Il permettra une interopérabilité billettique transfrontalière. Avec une même carte estampillée Lille ou Bruxelles par exemple, on pourra indifféremment utiliser les transports de l’une ou l’autre ville. »Sylvain Rizzon, responsable Commercial des solutions de Cityway, filiale de Transdev :
« Moovizy est une des premières appli qui organise la mobilité comme un service avec la possibilité de s’informer, d’acheter et de valider un titre qui permet de se déplacer : avec le même titre on se gare au P+R, on ouvre la barrière, on monte à bord des transports en commun. L’innovation technologique est la solution beacon qui utilise le bluetooth, une technologie présente sur tous les smartphones. Quant à Fleetme, aujourd’hui testé dans quatre villes, c’est du covoiturage dynamique c’est-à-dire en temps réel, intégré au réseau de TC. Des véhicules particuliers sont recrutés via cet outil moyennant une contrepartie financière et grâce à leur nombre ils sont considérés comme une ligne de bus régulière. Nous misons sur le concept de “Mobility as a service” – MaaS – dont le modèle ultime est la Finlande avec tous les besoins de mobilité sur une unique plateforme : taxi, avion, bus, vélo, tout ! »Pierre Reinhart, président de Dietrich Carebus Group :
« Notre bus est full electric. Il offre la meilleure gestion d’énergie du marché. Son ossature en aluminium le rend léger, économe. Pour le moment, la recharge se fait de nuit. Courant 2017, la recharge en bout de ligne par pantographe sera possible. Dans le futur également, nous allons développer une ligne d’assemblage final en France avec l’intégration de batteries françaises et de multiples fournisseurs d’équipementiers français ou européens. »Sophie Cerrato, Business developement manager de Electricfeel :
« Electricfeel travaille dans la mobilité partagée, en vélos, scooters ou voitures. Notre technologie permet d’offrir aux opérateurs une solution prédictive pour répondre aux besoins des utilisateurs. Le logiciel permet de résoudre les problèmes de redistribution et d’avoir les bons véhicules, aux bons endroits, au bon moment. La machine qui apprend constamment, sera capable demain de prévoir l’influence du temps, du jour, de la température. Plus les clients auront utilisé le produit, plus la data sera importante, plus ce sera efficace. »Fabrice Trollier, director Business Development France d’Init :
« Ce qui nous différencie dans l’écosystème des transports intelligents, c’est notre capacité à proposer des solutions intégrées qui associent plusieurs systèmes embarqués dans un véhicule de transport. Nous travaillons de plus en plus sur des systèmes on line ou dans le cloud. C’est typiquement ce que l’on fait en matière de billettique centrique, qui est une nouvelle approche de la billettique : cela consiste à gérer l’information dans le cloud. Cela nous permet de proposer une carte de transport à très bas coût et donc de favoriser sa diffusion à un large public. »Christophe Bour, technico-commercial d’Innov’+ :
« Nous ne travaillons pas sur le comportement du véhicule mais sur celui du conducteur dont nous détectons les signes d’endormissement. 57 points du visage sont analysés en temps réel. Un manquement d’attention à la route déclenche une alarme sonore et visuelle du boîtier Toucango. Les systèmes comme le nôtre qui permettent de sauver des vies sont très recherchés par le monde de l’autocar. A l’avenir, ce sera intégré directement au véhicule et non plus en seconde monte et avec une connexion entre le boîtier et le véhicule, par exemple avec un siège vibrant. »Bastien Develey, responsable Commercial d’Instant System :
« L’application Instant System, téléchargeable sur smartphone, permet d’informer les voyageurs sur tous les modes de transport disponibles dans leur agglomération et leur permettre d’optimiser leurs trajets. Nous allons aller encore plus loin dans les informations fournies et serons bientôt capables de conseiller à un automobiliste dans les bouchons de se garer et poursuivre sa route en tramways. L’analyse du big data permettra aux opérateurs d’améliorer le service. Par exemple si un arrêt est peu utilisé, le trajet d’un bus pourra être modifié. »Nathalie Rochet, responsable Communication d’Ixxi :
« Aujourd’hui, les innovations vont très vite et relèvent de cycles courts. Il est important de toujours avoir un coup d’avance. C’est ce qu’Ixxi s’efforce de faire avec ses solutions. Dernière innovation : un outil de lutte antifraude basé sur l’analyse d’un grand volume de données voyageurs. Il permet de dresser une cartographie de la fraude sur un réseau, en fonction du jour, de l’heure et du lieu, et donc d’apprécier quasiment en temps réel l’efficacité des politiques de lutte contre la fraude. Les ITS ont encore de beaux jours devant eux : les innovations se renouvellent sans cesse et ils seront de plus en plus présents dans le quotidien des voyageurs. »Eric Gaignet, gérant d’Okina :
« Okina est une application permettant aux collectivités, en équipant leurs conducteurs de smartphones, de géolocaliser leurs véhicules, de superviser le réseau, de scanner les cartes scolaires, compter les passagers et monter des alarmes. En cas de retard les chefs d’établissements ou les parents peuvent être avertis par SMS. Okana offre les mêmes qualités que dans l’urbain à des prix plus accessibles. Avec le temps, les informations recueillies pourront être analysées afin d’améliorer la qualité de service et de faire du prédictif. »Olivier Muel, président d’Osmose :
« Il est simple de collecter des tonnes de données, mais pas de les exploiter de manière simple en laissant l’humain au centre, c’est notre problématique. Nous sommes spécialisés dans la gestion d’infrastructures linéaires – rail, route, voie navigable, etc. – avec un logiciel qui permet au sein de l’entreprise, de connecter toutes les data et de les transformer en un Google street view technique. Notre produit, qui gère les données de différentes époques afin de faire des comparaisons avant/après travaux, est unique sur le marché. Spécificité : rien n’est hébergé dans le cloud pour des questions de confidentialité et de sécurité. »Ari Dadoun, directeur de Perinfo :
« Perinfo est éditeur de logiciel pour le transport de personnes depuis 1982. Notre logiciel ERP permet d’organiser l’ensemble de l’activité, tant en terme de planification, (conducteurs/véhicules), que de suivi des heures, et de gérer une activité, qu’elle soit occasionnelle ou régulière. Le métier va évoluer en fonction des besoins des clients. Les solutions de mobilité sont aujourd’hui d’actualité, mais notre vraie valeur ajoutée consistera à faire gagner du temps aux utilisateurs. »Nicolas Jaulin, directeur général de Pysae :
« Notre solution lancée il y a trois ans de gestion de l’exploitation et de l’information des voyageurs temps réel est légère, à base de smartphone. Une technologie totalement disruptive par rapport à ce qui se faisait traditionnellement. La solution est plus économique, plus rapide à déployer et plus évolutive. Petits réseaux, transports interurbain et scolaire mais aussi grands réseaux urbains en recherche de souplesse viennent nous solliciter, ce qui augure une forte croissance. D’autant que depuis septembre dernier, Vinci Energie a pris une participation minoritaire dans la start-up. »Jean-Paul Medioni, PDG d’Ubi Transports :
« Partis d’une solution billettique et d’aide à l’exploitation dimensionnée pour les territoires de petite et de moyenne taille, nous avons évolué vers la chaîne outillée de gestion des transports de voyageurs. C’est-à-dire l’agrégation d’outils complémentaires comme l’alerte ou le diagnostic véhicules qui permettent d’apporter des services aux exploitants. Cette rupture a été construite autour des technologies 100 % cloud et smartphone. Le digital est ainsi entré dans des réseaux qui n’en avaient pas les moyens jusqu’alors qui trouvent une réponse fonctionnelle avec des outils contribuant à favoriser les transitions de la voiture vers les transports publics. La relation entre l’usager et le réseau est en effet simplifiée. C’est une filière extrêmement dynamique, qui devrait le rester encore quelques années car c’est un enjeu majeur pour les villes que d’avoir des réseaux de transports intelligents. »Denis Vanderydt, responsable Développement de Version Traduite :
« Version Traduite est une agence de traduction spécialisée dans les transports et nouvelles mobilités. Nous réalisons des traductions techniques, rapports et appels d’offres, dans toutes les langues. Nous avons un glossaire de 500 000 mots dans le domaine du ferroviaire, disponible en dix langues. Dans les prochaines années, les outils d’aide à la traduction seront plus performants, mais on aura davantage besoin de traducteurs pour accompagner les entreprises qui n’ont pas la maîtrise de la langue ou de la culture des pays avec lesquels elles souhaitent travailler. »David Laine, directeur général de Watt Mobile :
« Nous offrons une technologie de libre service en éliminant totalement la clé pour emprunter un véhicule. Notre système permet en effet de le démarrer avec un badge ou avec un smartphone. C’est innovant pour nos clients. Pour répondre aux besoins de déplacements nationaux de notre clientèle professionnelle, nous proposons les parkings des gares. Nous sommes les seuls à pouvoir le faire grâce à notre partenariat avec la SNCF. Les clients peuvent réserver à l’avance leur véhicule (quatre-roues ou deux-roues électriques), puis badger pour le démarrer. Nous sommes intégrés à l’appli SNCF ce qui ouvre la possibilité à nos clients, s’ils le souhaitent, de prendre le véhicule avec leur carte voyageur. Nous proposons aussi notre technologie aux flottes d’entreprise afin d’en optimiser l’utilisation. »Margaux Revollet, Business development manager de Wayzup :
« Wayzup est l’application leader en covoiturage domicile – travail avec plus de 50 000 trajets par jour en France. Nous voulons inciter au covoiturage et permettre à chacun de trouver quelqu’un avec qui partager un trajet sans faire de détour, même en horaires variables. L’objectif est écologique, mais aussi d’amener du bien-être dans l’entreprise, de la convivialité, et de faciliter le recrutement. Nous parvenons actuellement à trouver une solution de covoiturage dans huit cas sur dix, l’objectif étant de parvenir à 100 %. »Olivier Deschaseaux, cofondateur de Zenbus :
« L’application Zenbus permet de suivre les bus en temps réel sur smartphone et indique avec précision l’horaire d’arrivée aux différentes stations. L’avantage pour les collectivités est son coût, décorrélé de celui des gros systèmes. A l’avenir Zenbus fournira des informations plus fines aux exploitants, comme du comptage des montées et descentes à chaque station, afin de remplacer les enquêtes papier. Ce sera à la fois plus rapide et plus fiable et permettra d’améliorer l’offre. »
Propos recueillis par Valérie Chrzavzez-Flunkert, Cécile NANGERONI et Marie-Hélène POINGT