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  • « Transdev est prêt à redémarrer, à se redéployer, à grandir »

    « Transdev est prêt à redémarrer, à se redéployer, à grandir »

    Thierry Mallet, nouveau PDG de Transdev, a trouvé une entreprise dont les fondamentaux sont bons. Même si les VTC, taxis et cars Macron sont à la peine. Après la consolidation menée par Jean-Marc Janaillac, Transdev veut croître de nouveau. En France, le groupe compte sur l’ouverture du marché ferroviaire régional, espère bien conquérir les transports de Lille et confirme sa candidature à l’exploitation du métro du Grand Paris. Ville Rail & Transports. Vous avez pris les rênes de Transdev en septembre. Comment avez-vous trouvé l’entreprise que Jean-Marc Janaillac vous a transmise ?
    Thierry Mallet. Transdev est constitué d’équipes passionnées, capables de nombreuses initiatives sur le terrain, en matière d’innovation, d’amélioration des services. C’est mon premier constat. Le second, c’est que Transdev va bien. Ce que disait l’an dernier Jean-Marc Janaillac, « Transdev is back » est une réalité. Transdev est prêt à redémarrer, à se redéployer, à grandir.
    Cependant, la situation est contrastée.
    Dans notre activité « cœur de métier », de transport public, en 2016 par rapport à 2015, la situation s’améliore. Les actions de performance et d’amélioration portent leurs fruits dans tous les pays ; c’est un effort continu indispensable pour répondre aux attentes des clients publics dont les finances sont partout sous contraintes et qui cherchent en permanence à optimiser le service.
    Par contre, les résultats des activités purement commerciales : transport à la demande, taxis ou shuttle aux Etats-Unis, cars à longue distance isilines ou Eurolines ne sont pas en ligne avec les objectifs. Le commercial pur représente un peu moins de 10 % de nos activités, nous réalisons 10 % de notre chiffre d’affaires avec des activités de transport pour les entreprises et 80 % de transport public. Mais c’est un métier très important et qui va le rester. Le transport à la demande, les cars longue distance sont des éléments clés des mobilités de demain et nous avons lancé des plans d’amélioration sur ces différents sujets.
    Dernier point important, ce sera la montée au capital de la Caisse des dépôts, dont la participation passera à 70 %. La Caisse des dépôts est un actionnaire qui nous a accompagnés dans les moments difficiles, et c’est bien de pouvoir compter sur elle maintenant que nous voulons nous développer. Elle est présente sur les mêmes enjeux que nous. Je pense en particulier à la smart city, au développement des territoires, ou encore aux véhicules autonomes. La dernière étape de la restructuration de notre capital, c’est la recherche d’un nouvel actionnaire, pour reprendre les 30 % de Veolia, Nous allons débuter cette recherche au premier trimestre 2017.

    VR&T. Quel est le bilan 2016 ?
    T. M. Globalement, le chiffre d’affaires est stable, les gains de contrat compensent les pertes. En termes de rentabilité, nous avons réellement progressé dans les activités de transport public, mais nous n’avons pas tout à fait les résultats attendus dans les activités commerciales. Parmi les actions clés : nous avons donc pris la décision de créer une business line transversale, dédiée à l’ensemble de nos activités B2C, afin d’en définir la stratégie et d’optimiser les outils. Cette business line est confiée à Yann Leriche, qui est également directeur de la Performance du groupe ; il aura notamment la responsabilité directe des activités commerciales aux Etats Unis et au Royaume-Uni. Sur ces marchés, nous devons faire évoluer nos business models face à Uber qui reste très agressif.

    VR&T. Quels objectifs précis vous êtes-vous fixés ?
    T. M. Nous nous sommes fixé des objectifs de croissance, dont nous communiquerons les chiffres plus tard. En France, il est clair que l’ouverture à la concurrence du rail régional nous offrira des opportunités de croissance, et que le marché classique du transit est plus mature. En Allemagne ou en Suède, par contre, les marchés sont en pleine évolution et nous pouvons envisager une croissance importante, tout comme aux Etats-Unis ou en Australie. En Asie, nous en parlerons plus tard car je vais bientôt aller visiter nos opérations et échanger avec les équipes sur les opportunités.

    VR&T. Et sur le ferroviaire ?
    T. M. J’observe que, depuis qu’il y a eu l’ouverture à la concurrence en Allemagne, l’activité de la Deutsche Bahn a progressé alors qu’elle ne détient plus que 75 % du marché car celui-ci s’est développé fortement avec la concurrence. DB, dans un rapport explique une amélioration de 50 % de sa productivité depuis l’ouverture du marché (croissance de l’offre de 30 % pour un coût total réduit de 20 %). La concurrence a clairement bénéficié à tous les acteurs.
    Il me semble donc urgent d’ouvrir de manière intelligente le marché en France, comme l’Allemagne ou la Suède ont su le faire.

    VR&T. Comment peut-on progresser ?
    T. M. Première idée, il faut absolument disposer, dès 2017, d’un cadre pour lancer rapidement des expérimentations qui démarreront en 2019 – c’est le délai nécessaire pour lancer des appels d’offres et choisir les opérateurs.
    Deuxième idée, il faut regarder ce qui s’est passé en Allemagne ou en Suède, puisqu’on dispose d’exemples réussis d’ouverture.
    Troisième idée, il ne faut pas que le social soit le point bloquant. Il y a un statut ? Il faut le garder, et faire en sorte que les personnes rejoignent l’expérimentation, de préférence, sur la base du volontariat. Nous allons être orientés à les faire travailler de façon différente.
    Je pense que comme en Allemagne, cela bénéficiera aussi à l’acteur historique, c’est-à-dire, à la SNCF.

    VR&T. Après l’intervention récente de Jean-Pierre Farandou, quelle est votre position sur le métro du Grand Paris ?
    T. M. Je suis plus réservé que Jean-Pierre Farandou. Mais, puisqu’on a décidé qu’il y a un gestionnaire d’infrastructure, il me semble essentiel de bien déterminer son rôle, versus celui des exploitants. Deux députés, fin 2014, Yves Albarello et Alexis Bachelay [chargés du suivi de la loi Grand Paris, NDLR], ont d’ailleurs souligné qu’il fallait définir les rôles de chacun de façon précise. Nous avons fait des propositions en ce sens, de façon à ce que le rôle de l’exploitant soit suffisamment attractif. Il y a une partie de la maintenance du matériel que nous pouvons assurer, une partie de la supervision, une partie du fonctionnement. Nous sommes prêts à ouvrir cette discussion avec le Stif, le ministère des Transports et les différents acteurs concernés. La concurrence appelée de ses vœux par Keolis est essentielle, et j’y souscris totalement, mais nous souhaitons que celle-ci puisse s’exercer de la même façon sur l’ensemble des réseaux, et notamment sur les tangentielles, aujourd’hui attribuées à la SNCF, en tant que réseau ferré, et sous-traitées à Keolis, sa filiale.

    VR&T. La réforme ferroviaire actuelle vous convient-elle ?
    T. M. Dans la réforme ferroviaire, il faut bien distinguer les activités mobilité des autres activités. Les activités de mobilité sont appelées à devenir concurrentielles et doivent être complètement distinctes de celles qui sont appelées à être « de bien public », donc mutualisées et régulées : c’est-à-dire la partie réseau et la partie gares, cette dernière pourrait rejoindre la partie réseau.

    VR&T. Vous ne voulez pas signer le contrat de bus en Ile-de-France avec le Stif. Pourquoi ?
    T. M. Le conseil d’Etat, aurait, dit-on, rendu un avis dans lequel il demanderait une remise en concurrence des bus d’Optile. Notre position, c’est que la mise en concurrence d’Optile devait avoir lieu en même temps que la mise en concurrence des bus de la RATP. Nous attendons de connaître l’avis du conseil d’Etat.

    VR&T. A Lille, L’appel d’offres est invalidé. Keolis a déposé un recours, puis regretté dans le journal Le Monde des méthodes « limites » de la part de Transdev. Quelle est votre réaction ?
    T. M. L’ambition de Transdev et sa mobilisation dans le cadre de l’appel d’offres de Lille sont pleines et entières. Pour autant, et quel que soit l’enjeu que représente un tel contrat, le groupe Transdev, qui a toujours appelé à une concurrence saine et loyale, à armes égales, entre les différents acteurs français du transport public, respecte scrupuleusement l’éthique des affaires qui est au cœur de son ADN.

    VR&T. Il y a, dirait-on, de plus en plus de recours dans le transport…
    T. M. A l’international, les recours sont courants notamment dans les environnements anglo-saxons et nous voyons la même tendance en France aujourd’hui ce qui implique une plus grande rigueur de tous les acteurs. Ce phénomène n’est pas spécifique du secteur des transports.
    Propos recueillis par
    François DUMONT et Marie-Hélène POINGT

     

    Transparence affichée
    Son grand bureau de président, Thierry Mallet veut le quitter pour un espace plus petit, ouvert aux regards des collaborateurs. Transparence. Après un master transport au MIT, Thierry Mallet (X-Ponts, 56 ans) a mis au point en début de carrière les panneaux à message variables pour les autoroutes de la région parisienne. Il a ensuite passé 13 ans à la Générale des Eaux, puis 14 ans chez Suez où il a dirigé Degrémont et construit dans le monde entier des usines de traitement d’eau. Puis il a dirigé l’international de Suez, avant de veiller sur la performance et l’innovation. Ses métiers précédents l’ont conduit à connaître les collectivités territoriales un peu partout. Comme dans le transport. Mais le transport est moins normé. Et l’utilisateur final n’est jamais bien loin.

     

    Thierry Mallet revoit le management

    Arrivé il y a trois mois à la tête de Transdev, Thierry Mallet a commencé par faire connaissance. Une fois par semaine, il se déplace en province, une fois toutes les deux semaines, il visite les sites à l’international.
    Il commence à imprimer sa marque en procédant aux premières nominations.
    Pour remplacer – en partie – Jérôme Nanty, parti avec Jean-Marc Janaillac, il a appelé auprès de lui un de ses anciens collègues de Suez : Clément de Villepin devient directeur des Ressources humaines, un poste qu’il occupait également à la division internationale de Suez.
    Les fonctions de Jérôme Nanty sont divisées en deux puisque pour le poste de secrétaire général, iI a désigné Antoine Colas, ex de la Caisse des dépôts et consignations où il était directeur du département Pilotage. Les deux seront membres du Comex.
    De son côté, Yann Leriche, l’actuel directeur de la Performance et membre du Comex, qui était déjà poussé par Jean-Marc Janaillac, va occuper un rôle clé au sein du groupe : chargé par Thierry Mallet, de « la Business line dédiée aux activités B2C du groupe », il devra coordonner toutes les activités commerciales du groupe qui connaissent actuellement des difficultés, c’est-à-dire l’activité de transport par autocar sur longue distance, le transport à la demande et l’activité de taxis dans lesquelles Transdev souhaite se développer. Il sera aussi chargé d’en « définir la stratégie et d’optimiser les outils ».  

    M.-H. P.

     

     

    Les cinq priorités de Thierry Mallet

     

    Lorsqu’on l’interroge sur l’avenir de Transdev, Thierry Mallet définit cinq priorités. La première priorité, dit-il « c’est la croissance ». Et de commenter : « Cela veut dire plus de proximité avec les clients, pas simplement en leur proposant des solutions en matière de transport. Il faut être capable de les accompagner s’ils le souhaitent de façon plus large dans la définition de leur stratégie globale de mobilité, forts de notre expérience en France à l’international qui nous amène à voir (ou à inventer) beaucoup de solutions différentes ». Transdev souhaite « notamment être un partenaire clé des régions, nouveaux acteurs importants, la réforme territoriale en France ayant fait du couple agglomération-région, le pivot de la mobilité de demain ». La croissance passe aussi par la performance, car « dans ce métier du transport, les marges sont limitées, la concurrence est très forte et les collectivités territoriales ont de réelles contraintes sur leurs finances publiques – la situation est la même à l’étranger où les finances publiques sont également de plus en plus limitées ». Alors que la loi sur la transition énergétique va forcer les villes à renouveler leur parc un peu plus vite que prévu « la recherche permanente de solutions qui permettent, tout en améliorant les services, de réduire les coûts doit être une obsession chez nous ». Dans cette perspective, « les offres de transport à la demande, dans des milieux peu denses, ou de covoiturage, sont des éléments clés dans les métropoles étendues ou dans les régions ».
    La deuxième priorité « très proche », c’est l’innovation. Cela passe par de nouvelles offres « qui permettent d’améliorer la performance, comme le télédiagnostic des bus à distance, des outils d’aide à exploitation qui optimisent l’affectation des chauffeurs aux différentes lignes ». Mais aussi « de nouvelles offres comme Chronopro, solution de desserte à la demande destinée à des zones d’habitation ou d’activité à partir (ou à destination) d’un point du réseau du transport public, qui est en test à Beauvais ; Fleetme, une solution de covoiturage, va être déployée sur trois sites pilotes : Avignon, Auxerre et Beauvais. Sans oublier les véhicules autonomes qui seront la prochaine révolution dans les transports. Bien entendu, nous voulons accentuer notre position de leader dans le bus électrique, où nous sommes actifs aux Pays-Bas, au Etats-Unis, en Finlande et en Suède, en développant les tests et exploitations (Watt à Nice) en France et dans nos zones d’activité où cela sera possible ».
    Il y a aussi des innovations autour de nouveaux business models. « Ce sont des applications qui permettent de composer son déplacement en intégrant la voiture, le stationnement, le transport en commun, le vélo, la marche, demain le TER et le car à haut niveau de service. C’est l’objet d’Optimode que nous avons déployé à Lyon, de Moovizy à Saint-Etienne. Demain, avec ces outils, chacun pourra acheter un billet global, multimodal, comme c’est déjà possible avec Whim, la start-up dont nous sommes actionnaires à Helsinki en Finlande. » Transdev veut aussi revoir le business model des activités commerciales, en calibrant bien les offres.
    Troisième priorité de Thierry Mallet : « Faire pivoter nos activités B2C aux Etats-Unis et en France pour retourner rapidement à l’équilibre. En plus, nous voulons capitaliser sur notre expérience, pour partager le savoir-faire du B2C partout dans le monde, pas seulement dans nos activités purement commerciales, mais pour en faire également bénéficier nos autres métiers. C’est pourquoi nous avons créé une business line transversale, confiée à Yann Leriche. Cette Business Line a pour objectif de coordonner toutes les activités commerciales du groupe Transdev afin d’en définir la stratégie et d’optimiser les outils. Yann Leriche aura notamment la responsabilité directe des activités à la demande aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Il coordonnera également les décisions stratégiques sur nos activités B2C en France comme isilines, en lien avec Richard Dujardin qui en garde la responsabilité opérationnelle. »
    Les deux dernières priorités de Transdev sont plus classiques. L’une, c’est « la mobilisation des hommes et des femmes de l’organisation », qui fait déjà l’objet du programme Transdev 2020. Enfin, le patron de Transdev compte « rendre l’entreprise plus agile. La capacité d’adaptation suppose qu’on n’ait pas de machine lourde. En Allemagne nous avons une organisation très légère. Même s’il s’agit de ferroviaire, c’est géré réseau par réseau. Il faut un principe d’autonomie, ce qui est possible une fois qu’on a bien déterminé la vision. Il y a aussi une notion de collaboration. Il faut que les équipes soient capables de répondre quand on a besoin d’elles et sachent aussi demander de l’aide ». Et, conclut-il, « il faut une structure simple pour tout le monde ».

  • Le Parlement entérine le projet CDG Express

     

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    Le 20 décembre, les sénateurs ont voté, comme les députés la veille, le feu vert à la liaison ferroviaire CDG Express qui doit permettre de relier Roissy à Paris en vingt minutes, avant le JO de 2024, soit d’ici à la fin 2023. Avec un train toutes les 15 minutes de 5 h à minuit, cette liaison de 32 kilomètres, dont 8 de voies nouvelles est au centre d’un projet d’ordonnance confiant à une filiale commune SNCF-Aéroports de Paris le soin de réaliser ce chantier à 1,69 milliard d’euros. Concernant le financement, la taxe de 1,40 € par passagers transitant par l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, qui a déclenché une levée de bouliers des compagnies aériennes, ne sera finalement pas perçue avant 2024. Le gouvernement a prévu d’ici là un nouveau montage, via le projet de budget rectificatif pour 2016, avec un engagement d’ADP, de SNCF Réseau et probablement de la Caisse des Dépôts « sur un montant total de fonds propres de 400 millions d’euros et sur 100 millions d’avances remboursables sur lesquelles ADP s’est prononcé », a indiqué le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, le 13 décembre.

  • TAD bientôt le 5e mode de transport des Franciliens ?

    En temps qu’acteur principal du Grand Paris des Bus voulu par Valérie Pécresse et dont le premier volet vient d’être acté le 6 décembre par le Stif, la RATP entend faire entendre son point de vue. Avec ses 4 500 bus, elle est présente avec un monopole à Paris, mais aussi en petite et grande couronne avec le renfort d’autant de véhicules affiliés à Optile. Lorsque le projet a été soumis à la concertation le mois dernier, c’est tout naturellement que la RATP a rempli un cahier d’acteurs, dans lequel elle décrit sa vision du réseau des autobus franciliens, dont l’organisation n’a pas été revue depuis plus de 70 ans. Elle avait dès le départ collaboré avec le Stif afin d’élaborer les grandes lignes de la restructuration dont la réflexion remonte à plus d’un an et dont le principal principe est de mettre un peu moins de bus dans le centre de la capitale, là où ils doublonnent parfois, pour les redéployer dans la couronne parisienne. Et de répondre à l’objectif de Valérie Pécresse, la présidente LR de région et du Stif qui avait promis un plan de « 1 000 bus avec des améliorations visibles ».

    Les premières actions du plan à mettre en œuvre dès l’an prochain ont été votées le 6 décembre par le Stif et l’on a beaucoup parlé des 23 premiers projets de renforcement concernant 14 lignes intra-muros en petite couronne et 9 en grande banlieue pour un budget de 60 millions d’euros. Mais deux thématiques, pourtant plus novatrices, ont été moins mises en avant : le transport à la demande et les lignes express entre grands pôles urbains de l’agglomération. Deux propositions relayées par le Stif et détaillées dans le cahier d’acteur de la RATP.

    Car si aujourd’hui, FlexCité, la filiale ad hoc de l’opérateur francilien assure quelques services pour le compte de 6 départements – manquent les Yvelines – et surtout le réseau PAM pour le transport des personnes handicapées, elle aimerait sans doute en exploiter bien davantage. D’autant que si le TAD a du succès en province, pourquoi n’en aurait-il pas autant en Ile-de-France ? La RATP estime en tout cas dans sa contribution qu’il peut « constituer un "5e mode" de transport flexible et connecté aux autres » et propose un réseau à trois facettes : un TAD aux heures de pointe en rabattement vers les modes structurants que sont les RER et lignes express de bus ; un TAD aux heures creuses « en substitution d’offre lorsque celle-ci est trop faible ou inexistante ». Enfin, toute la journée, un TAD solidaire et de proximité « qui permet les déplacements depuis les zones périurbaines et rurales vers les pôles d’activité et d’emplois, les centres-villes, les commerces et marchés ou encore les services de santé ».

    Ce qui lui donne son attractivité c’est le numérique, un centre d’accueil ouvert 7/7 et une appli de réservation. Et cela tombe bien, Valérie Pécresse souhaite des transports « plus numériques ». Dans le JDD du 4 décembre, elle annonçait la mise en place de « services de transport à la demande, qui offriront la possibilité de commander un bus via son smartphone dans les territoires ruraux, les zones d'activité ou les quartiers de logement très étendus ». Et dans le document bilan de la concertation, le Stif détaille le projet de TAD : « Ce sujet n’a quasiment pas émergé sur le site de la concertation mais a fait l’objet d’un atelier thématique à l’occasion de l’Atelier des territoires du 18 octobre, est-il écrit. Des études et des expérimentations devraient être menées et financées par le Stif à ce sujet, afin d’appréhender efficacement les besoins de mobilité des habitants des zones peu denses ». L’argumentaire de la RATP a donc bien fait mouche…

    Du côté des lignes express, l’une des promesses de campagne de la candidate Valérie Pécresse, qui en promettait 9 au lieu des 4 existantes, que dit la RATP ? Elle suggère de se doter d’un réseau « étoffé » et de créer notamment une ligne en rocade de grande banlieue « permettant de créer des liens efficaces entre bassins de vie de grande couronne et grands pôles urbains ou d’attractivité ». Un argumentaire repris par le Grand Paris des bus qui prévoit de « relier les pôles d’intérêts de la région entre eux par des lignes qui en assureraient une desserte rapide et régulière ». Le Stif précise que de nombreuses contributions de particuliers vont dans ce sens. Et que nombreux sont ceux qui réclament notamment une liaison expresse entre La Défense et Roissy via les ponts de Neuilly, de Levallois, et de Clichy, L’Ile-Saint-Denis, la zone Paris-Nord 2 et le Roissypôle.

    Mais avant de proposer ces nouvelles liaisons rapides, l’autorité organisatrice pose un préalable de taille : s’assurer du bon fonctionnement des lignes express existantes dont les bus, faute de voies dédiées, sont « souvent englués dans le trafic, sur les mêmes axes principaux que les automobilistes ». Il pointe donc la nécessité d’aménagements de voirie, dont la réalisation dépend des collectivités locales – souvent réfractaires – et de l’Etat pour les voies rapides. Autant dire, qu’il y a du pain sur la planche et de l’argent à trouver… A moins d’imaginer des lignes express en TAD ?

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  • Un Bluebus pour la navette d’Epinal

    La communauté d’agglomération d’Epinal a inauguré le 17 décembre une nouvelle navette électrique avec un Bluebus de Bolloré. Créée en 2005 le service de la Navette relie un parking gratuit au cœur de la ville offrant ainsi la possibilité de se rendre gratuitement dans l’hyper centre d’Epinal sans contrainte de stationnement. Désignée en 2015 « Territoire à énergie positive pour la croissance verte » (TEPCV) par le ministère, la collectivité, qui fait tout pour réduire son empreinte carbone, a reçu une subvention de 80 % du prix du véhicule. Le minibus de 22 places et 120 km d’autonomie passe toujours toutes les 10 minutes. Il devrait coûter moins cher à l’exploitation et permettre d’économiser 8 tonnes de rejets de CO2 par an.

  • 25e Palmarès des mobilités

    25e Palmarès des mobilités

    Voilà un chiffre qui conforte les autorités organisatrices et les exploitants de transport dans leurs efforts en faveur de la mobilité : plus des deux tiers des Français qui habitent dans les grandes agglomérations utilisent régulièrement les transports publics. Une part en hausse de six points entre 2014 et 2016, indique l’UTP dans…

    l’observatoire de la mobilité qu’elle présente chaque année. Cette progression s’explique à la fois par l’extension de l’offre et par les efforts réalisés en matière de services proposés aux voyageurs.

    C’est aussi évidemment ce qui explique les résultats de notre Palmarès des mobilités 2016 : Grenoble sur la première marche du podium bénéficie d’un engagement jamais démenti en faveur des transports publics.

    Lorsque nous avons lancé notre palmarès pour la première fois en 1992, Grenoble avait déjà reçu le Ticket d’or.

    Cette année encore, elle se place largement en tête grâce notamment à la restructuration et au maillage de son réseau. Elle se voit d’ailleurs aussi récompensée par le Pass thématique Mobilité durable/Nouvelles mobilités pour avoir imposé aux véhicules, depuis janvier dernier, de ne pas dépasser les 30 km/h sur 80 % de sa voirie. Un modèle à suivre ?

    Modèle également, Montpellier, qui obtient le Pass d’argent, a innové en mettant un service le premier tram circulaire de France et cherché à favoriser la multimodalité.

    Notons enfin le grand retour de Bordeaux sur la troisième marche de notre podium. En plus de l’allongement du réseau, la capitale girondine mise sur un plan ambitieux pour favoriser le report modal et l’accès aux nouvelles mobilités.

    Et, – ce n’est pas un hasard –, Bordeaux est également récompensé par le Pass thématique Modernisation pour la mise en place de services partiels de tram en centre-ville. Une innovation qui lui permet de proposer plus de fréquences avec le même nombre de matériel et de conducteurs.

    En plus des deux Pass thématiques attribués à Grenoble et Bordeaux, quatre autres ont été décernés dans les domaines de l’intermodalité, l’innovation, la mobilité numérique et l’automobile dans la ville connectée.

    Le septième, le Grand prix européen de la mobilité, récompense la ville de Sion pour sa capacité à imaginer et tester des solutions innovantes.

    Ces prix ont été attribués par notre jury (constitué cette année de douze participants, voir p. 20) qui s’est réuni en octobre pour en débattre.

    Rappelons enfin que, comme chaque année, le classement de notre palmarès s’appuie sur les chiffres clés 2015 recueillis par l’UTP auprès des grands réseaux de France. Nos résultats se basent ainsi sur une quinzaine de critères, dont disposait alors l’UTP au moment où nous avons préparé ce numéro. Ils portent notamment sur l’évolution de l’offre, du trafic, des voyages par km, des voyages par habitant, du taux de couverture ou encore de la vitesse d’exploitation des bus. Nous remercions vivement l’UTP pour la mise à disposition de ces chiffres.

    Marie-Hélène POINGT


    Notre jury

    Pour sa 25e édition, Ville, Rail & Transports a réuni un jury de spécialistes comprenant des experts et des représentants d’élus, de transporteurs et d’associations d’usagers ou de défense de l’environnement ainsi que des membres de la rédaction. Cette année, le jury était placé sous la présidence de Gabriel Plassat, ingénieur Energie et Prospectives, Transports et Mobilités à l’Ademe.

    Le 19 octobre, notre jury s’est réuni dans les locaux de VR&T pour une matinée d’échanges qui a donné lieu à l’attribution de nos prix thématiques.

    Y ont participé : Guy Le Bras(directeur général du Gart), Anne Meyer(directrice du département Affaires économiques et techniques de l’UTP), Christian Broucaret(président de la représentation Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin de la Fnaut), Ingrid Mareschal(déléguée générale de la FNTV), Jean Thevenon(responsable Transports et mobilité durables à France Nature Environnement), Arnaud Rabier(secrétaire général d’Agir), Grégoire Carrier(chef du département Déplacements durables du Cerema) et Olivier Schneider(président de la FUB), Marie-Hélène Poingt(rédactrice en chef de VR&T) Cécile Nangeroni (VR&T), Marion Bonnet(VR&T).

    Un grand merci à eux pour leur participation, leurs remarques éclairées et constructives et bien sûr leurs votes Nous remercions aussi tout particulièrement l’UTP et Anne Meyer pour la mise à disposition des chiffres de l’année qui nous ont permis d’établir notre palmarès des mobilités.


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  • La société BusInfo se développe

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    Fin novembre, la société Gorba France a été rachetée par ses principaux animateurs. Les associés de la holding nouvellement créée sous le nom de BusInfo ont injecté plus de 600 000 euros, une partie étant dédiée au renforcement humain, avec déjà le recrutement d’un directeur commercial. Spécialisée dans les solutions de SAEIV, la nouvelle entité entend se consacrer au développement technique et commercial de sa solution BusInfo System, proposée sous forme la forme d’un produit unique et standardisé, mais décliné sous deux plateformes, l’une traditionnelle avec ordinateur de bord et l’autre 2.0 en environnement Android proposée sous forme de droit d’usage. Ce produit qui s’adresse principalement aux agglomérations de taille moyenne, a déjà été déployé dans 13 réseaux.

     

  • Enquête sur les mobilités émergentes à Toulouse

    Covoiturage, autopartage, vélo, marche à pied, VTC L’observatoire société consommation (ObSoCo) et le cabinet Chronos ont réalisé pour Tisséo-SMTC un focus sur les mobilités émergentes dans la grande agglomération toulousaine*, le périmètre des transports urbains le plus vaste et le moins dense de France, où la satisfaction des habitants à l’égard de leurs déplacements du quotidien est bien inférieure à celle des autres agglomérations de plus de 100 000 habitants. Ainsi, alors que le top 5 des modes de transports dans le schéma de mobilité actuel des habitants de la grande agglomération toulousaine place les transports collectifs en tête (72 % les utilisant au moins une fois par mois), suivis par la voiture individuelle, les taxis, les vélos et le covoiturage, l’anticipation d’usage pour l’avenir place en tête le covoiturage, suivi par le vélo et la marche à pied. « Même si l’usage de la voiture a augmenté et reste considéré par 55 % des résidents comme un élément incontournable de leur mode de vie, on observe une remise en cause de l’usage du véhicule personnel, note la chercheuse, auteure de l’enquête, Léa Marzloff. 30 % des personnes n’ayant pas encore recours aux formes d’usage partagé des automobiles (covoiturage, location, autopartage) envisagent de réduire significativement l’usage de leur voiture dans les années à venir du fait de ces nouvelles solutions. » Dans les anticipations, les taxis semblent en perte de vitesse au profit des VTC. Et, bizarrement dans une agglomération qui réfléchit à sa troisième ligne de métro, les transports collectifs ne font pas l’objet d’une forte anticipation d’usage pour l’avenir.

    Catherine Sanson-Stern

    *Enquête réalisée en ligne en juin et septembre 2016 sur un échantillon représentatif de 245 personnes, comparé à un panel national de 4 000 personnes.

  • « On n’a pas vu arriver la révolution du digital »

    « On n’a pas vu arriver la révolution du digital »

    Entretien avec Arnaud Rabier, secrétaire général d’Agir.

    Centrées sur le seul développement de l’offre, les politiques ont montré leurs limites pour favoriser le report modal, estime Arnaud Rabier. Selon lui, la véritable innovation se trouve dans la poche des usagers : le smartphone a simplifié l’accès aux transports. Ville, Rail & Transports. Qu’est-ce que le secteur des transports publics a particulièrement réussi ?
    Arnaud Rabier. Les collectivités ont gagné en indépendance. Elles ont en effet renforcé leur expertise, en intégrant dans leurs équipes de véritables experts de la mobilité, à la faveur de l’émergence de formations spécialisées et d’un accompagnement par les associations d’élus comme le Gart et Agir ou encore par des consultants indépendants. Cette expertise leur a notamment permis d’être moins tributaires des groupes de transport. Ainsi, une meilleure lecture des contrats a permis des baisses significatives des coûts et a parfois abouti au choix de la gestion directe, SPL ou régie. Depuis 15 ans ce sont près de 30 réseaux qui ont choisi la gestion directe au détriment de la DSP, permettant une meilleure maîtrise financière et une plus grande souplesse de gestion.
    Autre signe de maturité des collectivités, la volonté de mieux acheter : réduire les coûts d’investissement, imposer aux fournisseurs la distribution de solutions moins complexes et davantage standardisées, bénéficier de conseils indépendants, etc. La Centrale d’achat du transport public créée en 2011 a permis cette mutualisation et cette expertise qui révolutionnent la manière d’acheter. Au final, les collectivités sont plus fortes et indépendantes, ce qui leur permet de disposer d’alternatives et de s’adapter au contexte budgétaire actuel.

    VR&T. Y a-t-il eu des échecs?
    A. R. Ce qui a échoué, c’est le report modal. Les politiques de transport centrées sur le seul développement de l’offre de transport public pour favoriser le report modal ont montré leurs limites.
    Alors qu’elles ont fait leurs preuves dans les grandes villes, elles ont coûté très cher aux villes moyennes et petites villes : en matériels et logiciels surdimensionnés au bénéfice des industriels, ainsi qu’en kilomètres parcourus, au profit des exploitants. Pourtant, elles étaient vouées à l’échec là où le transport public ne peut rivaliser en performance avec la voiture, dans les périphéries, les zones peu denses, etc.
    Désormais, qu’elle soit en autopartage, à la demande, ou individuelle, la voiture n’est plus diabolisée, mais souvent considérée comme un maillon assumé de la chaîne des déplacements.

    VR&T. Et des surprises ?
    A. R. Ce qu’on n’attendait pas : le digital. Alors que la recherche et les investissements étaient centrés sur le véhicule du futur, la révolution du transport public est arrivée par le digital. Les experts voulaient refaire les villes, réinventer les modes de transports, modifier les modes de vie et c’est dans la poche des usagers qu’a émergé la véritable innovation. Avec un smartphone, chacun peut désormais accéder à l’information sur les différents modes, en temps réel, les comparer, échanger avec d’autres usagers ou avec les réseaux, acheter et valider des titres, etc. L’accès aux transports publics et aux modes alternatifs devient plus simple, la mobilité évolue réellement.
    Propos recueillis par M.-H. P.
     

  • Spécial 25 ans

    Spécial 25 ans

    Le face-à-face Bussereau/Savary  

    Si on parlait des transports publics pendant la prochaine campagne présidentielle ?

    Par Dominique Bussereau Ancien ministre, député Les Républicains et président du conseil départemental de Charente-Maritime, président de l'Assemblée des départements de France, vice-président du Gart.

     

    Le transport public ne sera pas hélas, une fois de plus, un sujet phare de la prochaine campagne présidentielle mais il l’a été lors des récentes élections municipales et régionales.
    Pourtant depuis 2002, l’offre de transports publics a augmenté de plus de 40 % et le report modal est devenu une réalité dans de grandes agglomérations : 15 % à Lyon, 13 % à Toulouse, etc.
    A travers trois appels à projets, le Grenelle de l’environnement a permis la construction de 1 000 kilomètres d’infrastructures de transports collectifs en site propre (TCSP) pour 15,5 millions d’euros.
    Le législateur que je suis a participé au Parlement et au gouvernement à l’élaboration d’un véritable bouquet législatif : loi du 21 août 2007 sur le service minimum, loi du 27 janvier 2014 créant les autorités organisatrices de la mobilité avec des compétences élargies, loi du 22 mars 2016 réprimant les incivilités et améliorant la sécurité dans les transports (bravo Gilles Savary !), etc.
    Pour être exhaustif, la loi du 27 janvier 2014 permet enfin
    – après dix ans de combat –  la dépénalisation et la décentralisation du stationnement payant de surface au bénéfice du transport public.
    Parallèlement le renouveau du tramway (voulu, on l’oublie trop souvent, par le président Giscard d’Estaing dès 1974) avec 26 réseaux a réduit la place de la voiture en ville et permis des renouveaux urbains spectaculaires, dont Bordeaux fait figure d’exemple.
    Aujourd’hui le développement du covoiturage, y compris sur de courtes distances, les voitures ou vélos en libre service, l’open data modifient chaque jour les transports au service de tous les publics.
    C’est un atout pour la France mais c’est aussi un phénomène européen, mondial même si un immense continent comme l’Afrique reste en quasi-déshérence.
    Cet hymne joyeux ne doit pas cacher quelques zones d’ombre :
    – La crise du financement du transport public est une dure réalité : il y a un effet de ciseaux entre la baisse tendancielle des recettes (du fait de tarifs trop bas), de la hausse absurde de la TVA, du rendement plafonné du versement transport, d’une hausse tendancielle des coûts d’exploitation du fait de l’étalement urbain et périurbain et enfin des normes certes socialement utiles mais très contraignantes (accessibilité, pollution). Du coup, le ratio moyen recettes/dépenses a chuté de 39 % il y a dix ans à 31,5 % ;
    – Le vieillissement de certaines infrastructures d’autant plus criant que l’on en construit chaque jour de nouvelles ;
    – L’abandon scandaleux de l’écotaxe qui bloque et freine tous les nouveaux projets ;
    – La fraude endémique et hélas son acceptation silencieuse dans beaucoup de réseaux ;
    – Les effets pervers de la loi Notre qui complexifient le transport local au lieu de lui donner de la souplesse et de la proximité.
    Néanmoins, il nous faut rester optimistes : le développement du transport public a donné à la France trois magnifiques groupes parmi les cinq premiers « Multinational Operators for local Transport Service » au monde : Keolis, Groupe RATP, Transdev. Grâce à eux et à nos industriels du secteur, la France joue un rôle de premier plan dans le développement mondial du transport public.
    Ces grands acteurs et nos collectivités doivent permettre la transformation définitive du voyageur ou de l’usager en véritable client, en faisant jouer intelligemment la concurrence intermodale.
    Nous attendons tous des transports sécurisés, avec un système maximal de sûreté, un service sans interruption à motifs sociaux ou calendaires, des véhicules confortables, climatisés, accessibles au numérique.
    Nous devons pour cela changer de système et abandonner la seule économie de l’offre.
    La digitalisation, le pouvoir de décision du client entre des offres diverses, les systèmes d’information en temps réels, la multiplication des services, l’apport de nouvelles offres de mobilité dans le cadre d’une économie circulaire, doivent permettre de conduire le client 24 heures sur 24 et 365 jours par an d’un point A à un point B.
    Le transport de demain sera donc de plus en plus public mais aussi de plus en plus diversifié : TER, RER et TCSP pour le mass transit, cars et bus classiques ou à haut niveau de service, transport à la demande, autopartage et covoiturage, taxis et VTC, vélos ou deux roues électriques, marche à pied sans oublier – il faut être réaliste ! – la voiture individuelle.
    Tout cela étant écrit et au vu de l’importance de ces sujets dans notre vie quotidienne je m’autorise cette question : et si l’on en parlait quand même pendant la campagne présidentielle ?

     

     

    Les 25 « Glorieuses » de la mobilité

    Par Gilles Savary Député PS de la Gironde et ancien vice-président de la commission Transport du Parlement européen.

     

    Le palmarès des mobilités célébré chaque année par VR&T depuis 25 ans a accompagné et mis en exergue la formidable révolution silencieuse qui a affecté nos transports publics qui, de simples moyens techniques de déplacement, sont devenus insensiblement des « marqueurs » d’évolutions sociétales majeures :

    1. La révolution urbaine provinciale
    A partir des initiatives pionnières de Nantes, puis de Grenoble et de Strasbourg à la fin des années 80, un mouvement quasi généralisé de réorganisation des transports collectifs urbains s’est déployé dans toutes les grandes villes de province et accompagne aujourd’hui encore leurs développements urbains. Il a privilégié, non sans débats, des modes de transport que l’on croyait révolus ou ringards comme le tramway (aujourd’hui le câble !) associés à des projets ambitieux de rénovation ou de renouvellement urbain, intimement associée à l’aménagement de la ville.
    Ce mouvement de fond a été accompagné d’évolutions institutionnelles qui ont bouleversé l’approche des transports collectifs : compétences accrues des intercommunales urbaines, intégration des modes doux, PDU, financements dédiés et réimplication financière de l’Etat à travers l’Afitf, plus récemment dépénalisation des amendes de stationnement, et coopérations renforcées entre AOT… Ce formidable « chantier » n’a pas manqué de renforcer la compétence complexe reconnue aux exploitants français et à Alstom au plan international. Les transports urbains français sont devenus l’un de nos savoir-faire les plus compétitifs sur les marchés mondiaux.

    2. L’irrésistible exigence d’intermodalité
    Servies par une magnifique élite d’ingénieurs, nos politiques de transports sont longtemps demeurées des « politiques d’offre » régies par des décisions politiques et des solutions techniques génériques, venues d’en haut.
    Par ailleurs nos politiques de transport se sont longtemps déclinées sur un mode sectoriel cloisonné, disposant chacune de leur propre administration, sans stratégie ni vision d’ensemble. Experte en transports, la France n’en reste pas moins en très grand retard d’intermodalité.
    La révolution urbaine qui caractérise notre époque, a profondément remis en question ces approches modales étanches. Du pédibus au TGV, en passant par les aires de covoiturage ou les plateformes d’échange multimodales, les politiques de mobilité consacrées par la création des AOM par la loi Maptam renversent la table des vieilles politiques modales ! Seul l’Etat, perclus de verticalité, peine encore à s’y convertir.

    3. La « demande » prend le pouvoir
    Modèle d’offre, les transports deviennent insensiblement un modèle de demande. Cette évolution spectaculaire, qui déconcerte les politiques et les administrations centrales, tient à la résonance de trois phénomènes contemporains :
    – le développement des transports collectifs urbains et l’irrésistible affirmation de politiques de mobilités complexes et intégrées ;
    – la libéralisation des transports qui a surtout suscité l’émergence extraordinairement rapide de nouveaux modèles économiques plébiscités par une clientèle de plus en plus sensible au prix sur toute autre considération ;
    – l’avènement de l’ère numérique et de l’économie collaborative dans les transports de personnes bouleverse non seulement les modèles économiques traditionnels, mais place désormais l’usager client internaute au cœur du rapport de force ! C’est probablement le défi le plus redoutable posé à notre approche traditionnelle de la mobilité.

    4. La quête du Graal de la mobilité « durable » : La COP21 s’est montrée particulièrement timorée dans ses préconisations en matière de report modal. L'objectif de mobilité durable est pourtant dans les esprits depuis le livre blanc en 2001 de la Commissaire Loyola de Palacio ! Il s'agissait de mettre en place une politique volontariste de transfert des trafics des modes polluants sur les modes vertueux grâce à des incitations fiscales.
    On sait ce qu’il est advenu de l’écotaxe française, mais on peut observer a contrario que dans les pays qui l’ont mise en place, le transfert des trafics de la route sur le rail ne dément pas une tendance générale à l’échec de ce type de politique comportementale. Les humains n’ont pas renoncé à voyager mais la mobilité explose dans les pays émergents, mais également à la faveur (un comble !) du développement spectaculaire du low cost aérien, de l’économie collaborative routière et de l’open data. Le débat est loin d’être tranché de ce qui, des incitations financières ou des évolutions technologiques, sera le plus décisif vers des transports propres !
    Ce qui est sûr, c’est que le renoncement à la mobilité n’est pas pour demain !

  • Keolis relance l’offensive sur le métro du Grand Paris

    Lille et Londres, le Val et les Docklands. Deux atouts maîtres de Keolis dans le métro automatique. De quoi rappeler avec force, depuis Londres et devant la presse, la position du groupe sur le métro du Grand Paris. Keolis, on le sait depuis longtemps, sera candidat à l’exploitation, tout comme devrait l’être Transdev : Jean-Marc Janaillac quand il en était le patron, avait déjà manifesté cette ambition.

    L’appel d’offres n’est pas lancé et Keolis, avant qu’il ne soit rédigé, a rappelé sa position. Un. La séparation entre exploitant ferroviaire et gestionnaire d’infrastructure prévue par la loi Grand Paris n’a aucun sens dans un métro automatique. Deux. On ne va pas refaire la loi et, puisqu'il faudra découper selon le pointillé, autant que celui-ci soit mis au bon endroit. Que le gestionnaire d’infrastructure fasse de la maintenance patrimoniale, de grands renouvellements, mais que la vie du réseau au quotidien soit sous la responsabilité de l’opérateur : gestion des flux de voyageurs dans les gares, ramassage des objets tombés sur la voie ou, naturellement, gestion des circulations au PCC. Etc. Que l’exploitant joue pleinement son rôle d’exploitant. C’est jusqu’à présent la position de Transdev comme celle de Keolis.

    Jean-Pierre Farandou émet de plus des doutes sur l’objectivité d’un appel d’offres dans lequel la RATP, gestionnaire d’infrastructures, serait aussi candidat à l’exploitation. Il menace, si l’appel d’offres n’est pas assez ouvert, de pratiquer la politique de la chaise vide. Pas de recours, dit-il mais un « retrait ».

    Les opérateurs ont déjà expliqué leurs positions à longueurs de colonnes et de colloques. Des déclarations de Transdev semblables ont irrité Elisabeth Borne, la patronne de la RATP. Et les opérateurs français se sont dit leurs quatre vérités lors d’une réunion au ministère, le 29 février dernier (lire Lettre confidentielle n° 106). Sans réussir à tomber d’accord.

    Si la filiale de la SNCF juge aujourd’hui bon de rappeler sa position, c’est qu’elle a le sentiment que la lecture des textes faite au ministère va plutôt dans le sens de la RATP. Pas surprenant. Le système a été conçu dès l’origine par Christian Blanc, ex-patron de la RATP, pour que l’essentiel revienne à la RATP. Cela peut se comprendre. Depuis des années, avant qu’on ne parle du Grand Paris, elle poursuit des études et fait du lobbying pour un projet qui est historiquement le sien.

    Keolis ne souhaite pourtant pas la réécriture de la loi. De peur que le dispositif s’effondre. Or, il a le mérite, avec la société de projet ad hoc et le financement fléché, de permettre la réalisation du réseau. Un Grand Paris Express que Keolis juge indispensable. Il est temps que Paris se dote d’une rocade qui soulage les tronçons centraux. Comme Moscou. Comme Londres.

    Keolis occupe une place de choix dans un club mondial des métros automatiques. On y compte une quarantaine de membres, sur quelque 160 réseaux de métros. Lille et Londres ne sont pas tout. Keolis exploite aussi la ligne D, à Lyon, ou le Val de Rennes. S’y ajouteront, l’an prochain, les métros d’Hyderabad et de Shanghai. En Inde, l’exploitant attend le feu vert des autorités pour commencer. En Chine, la construction de la ligne 8.3 s’achève. Keolis se présente donc comme le leader mondial du métro automatique. Rang que la RATP conteste, préférant compter en millions de passagers plutôt qu’en dizaines de kilomètres. On ne tranchera pas. Mais ce n'est pas le seul motif de fierté de Keolis. Il y a aussi la performance de ses réseaux. Exemple, les intervalles pratiqués à Lille : 66 secondes entre deux trains à l’heure de pointe, autre record revendiqué, inégalé selon Keolis et quasi imbattable… puisqu’un intervalle inférieur à cet optimum mettrait la belle mécanique à la merci du moindre aléa d’exploitation. Le groupe revendique en outre le rôle de pionnier. Le Val de Lille est automatique depuis ses débuts en 1983. La ligne D automatique de Lyon remonte à 1991. Les deux systèmes ont précédé la très célèbre ligne 14, ouverte en 1993. Sans avoir le même impact. Paris sera toujours Paris.

    C'est pourquoi la ligne 15 Sud du Grand Paris Express, la première du nouveau réseau qui sera attribuée, est déjà fortement disputée. Et, même si cela comporte des risques, la filiale de la SNCF souhaite, pour l'image de la France et, par ricochet, pour la sienne, une large ouverture à la concurrence. Transport for London l’a fait. Le Stif doit le faire aussi : pour être un succès, l’appel d’offres du Grand Paris Express devra attirer des entreprises comme MTR (société du métro de Hongkong).

    Les ambitions en métro automatique de Keolis ne se limitent pas à Paris. Il y a des échéances immédiates très importantes. En France, Lille (voir dans cette même Lettre), où Transdev et Keolis s’affrontent durement pour le renouvellement de la DSP. Au Moyen-Orient, Riyad et Doha. C’est en cette fin d’année la saison de remise des offres. A Riyad, la RATP et Keolis sont concurrents. A Doha, ils sont alliés. Si, en 2017, Keolis parvient à garder Lille et à gagner l’un des deux métros du Moyen-Orient, Jean-Pierre Farandou sera un homme heureux. En attendant le Grand Paris.

    F. D.