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  • Ile-de-France. Le premier bus électrique de Bolloré démarre

    Ile-de-France. Le premier bus électrique de Bolloré démarre

    Le premier bus Bolloré 100 % électrique d’une série de 23 a été inauguré ce midi par Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France et du Stif et Elisabeth Borne, PDG de la RATP, en présence de Vincent Bolloré, PDG du groupe éponyme style= »margin-bottom: 0px; font-size: 12px; line-height: normal; font-family: Helvetica; -webkit-text-stroke-color: rgb(0, 0, 0); -webkit-text-stroke-width: initial; »>
    L’intégration de ce premier véhicule électrique à la flotte RATP, en dehors de toute expérimentation, marque une étape décisive vers la transition énergétique des bus d’Ile-de-France décidée par le Stif et traduit dans le « Plan Bus 2025 » mis en place par la RATP. 

    C’est la ligne 341 (Charles-de-Gaulle-Etoile – Porte-de-Clignancourt) qui en sera équipée d’ici à la fin de l’année. 23 véhicules Bluebus standard de 12 mètres 100 % électriques iront peu à peu rejoindre la ligne. Il s’agit d’une première en Europe avec une flotte de cette taille. Objectif pour l’entreprise : disposer, d’ici à 2025, d’un parc de 4 500 bus 100 % vert, le projet étant d’avoir 80 % de bus électriques et 20 % de véhicules au biogaz. Dès 2017, des appels d’offres seront lancés pour un déploiement massif de ces bus propres.

     

    « L’arrivée du premier bus 100 % électrique marque une étape clé dans la transition énergétique de la RATP et démontre qu'il existe aujourd’hui des solutions alternatives à long terme pour faire face aux enjeux environnementaux actuels », précise Elisabeth Borne, PDG de la RATP. « Cette ligne constitue un premier pas historique vers la révolution industrielle et écologique que je souhaite mener dans les transports en commun du Grand Paris, renchérit Valérie Pécresse, présidente du Stif et de la région Ile-de-France. Dans les prochaines semaines, un plan "1000 bus" en Ile-de-France sera lancé pour lequel le Stif va investir massivement afin de renforcer l’offre de transport dans les zones mal desservies, notamment en grande couronne, et offrir enfin une vraie solution alternative à la voiture. A chaque fois que cela sera possible, ces véhicules de nouvelle génération seront à zéro émission, c’est-à-dire électrique, biogaz, hydrogène ou autres solutions bas carbone. »

     

    Cette première ligne 100 % électrique va permettre à la RATP et au Stif de recueillir un maximum d’informations, que ce soit au niveau de l’exploitation puisque des enquêtes seront menées auprès des conducteurs, des voyageurs et des riverains, ou de la maintenance. Le Bluebus est un bus standard de 12 mètres qui accueille entre 91 à 101 passagers. Conçu et fabriqué avec les batteries françaises LMP (Lithium Métal Polymère) du groupe Bolloré, il possède une autonomie d’au moins 180 kilomètres, lui permettant de circuler pendant toute une journée sans devoir être rechargé. La recharge se fera la nuit, au centre bus de Belliard (Paris XVIIIe), ce qui permet notamment de ne pas « tirer » sur le réseau électrique aux heures de pointe.

     

    Par ailleurs, cette initiative a été retenue par l’Union européenne pour participer au projet ZeEUS (Zero Emission Urban Bus System), programme européen visant à dynamiser l’introduction du bus électrique dans les grandes villes. Avec le Plan Bus 2025 et le prochain plan bus du Grand Paris qui sera adopté dans les prochaines semaines par le conseil du Stif, Paris et la région Ile-de-France comptent devenir référence mondiale du transport public urbain routier très bas carbone.

     

    C. N.

  • Saint-Etienne lance Moovizy, un compagnon de mobilité

    Saint-Etienne lance Moovizy, un compagnon de mobilité

    Après Optimod’ à Lyon et sa déclinaison à Toronto, Transdev lance un nouveau compagnon de mobilité à destination des Stéphanois. L’appli développée en partenariat avec la métropole et le réseau Stas sera totalement opérationnelle sous Android et iOS pour l’Euro 2016  style= »font-size: 12px; line-height: normal; margin-bottom: 0px; -webkit-text-stroke-width: initial; font-family: Helvetica; -webkit-text-stroke-color: rgb(0, 0, 0); »>
    « Un pas de plus vers la mobilité comme un service pour organiser son voyage de bout en bout en s’informant en temps réel et en achetant la combinaison des meilleures solutions. » C’est ainsi que Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev, a présenté Moovizy, l’appli lancée à Saint-Etienne le 26 mai. Une innovation développée par Cityway, la filiale innovation et services du groupe, et directement issue du précurseur lyonnais Optimod’, à ceci près qu’il lui manque les prévisions de circulation automobile. Mais elle est dotée d’un tout nouveau système, testé pour la première fois en France, qui offre la validation des titres sans contact à tout détenteur d’un mobile équipé du Bluetooth. Ce n’est en effet pas le NFC, encore trop peu répandu, qui a été choisi, mais l’utilisation de beacon, cette petite balise sans fil qui détecte les mobiles à proximité. 400 de ces petits boîtiers de détection ont été installés dans les véhicules de la Stas.

    Toutes les étapes d’un déplacement sont gérées par l’appli qui géolocalise l’utilisateur : la préparation, le calcul d’itinéraires tous modes avec systématiquement les horaires et la disponibilité en temps réel (TC stéphanois de la Stas et lyonnais des TCL, TIL les cars interurbains de la Loire, trains SNCF depuis les 25 gares du territoire, auto avec le trafic temps réel grâce au floating car data, 15 parkings en ouvrage ou P+R, VLS VéliVert, et même les vols au départ et à l’arrivée des deux aéroports), l’achat de titres, la validation et enfin le suivi du trajet avec la possibilité de changer ses plans en cas de problème, l’appli recalculant le meilleur itinéraire.

    Un an de travail a été nécessaire pour connecter les millions de données nécessaires et pour aboutir à ce produit dont l’ergonomie a été particulièrement soignée. En page d’accueil, un carrousel propose cinq modes (bus et tram, train, voiture, vélo, avion) et décline ensuite les fonctionnalités habituelles d’une appli transport. « Moovizy remplacera une dizaine d’applications jusqu’ici nécessaires pour avoir une grande partie de toutes ces informations », estime Olivier Le Grontec, directeur général de la Stas. Les indéniables plus restent tout de même la fonction tracking, qui une fois cochée permet à l’utilisateur de bénéficier d’un assistant futé durant son trajet qui lui proposera une alternative en cas d’incident des TC ou de bouchon routier ainsi que le M-Ticketing.

    Conçue sur un mode agile, l’appli évoluera certainement très vite, en fonction des avis des 15 panélistes volontaires. Il est enfin prévu sous un an d’intégrer la fonction prédictive à une heure de la circulation automobile. « Cette appli inédite est un événement majeur pour la gestion des déplacements urbains et périurbains de l’agglomération », a tenu à souligner Gaël Perdriau, maire (LR) de la ville et président de Saint-Etienne Métropole, qui rappelle-t-il a été labélisée French Tech. Elle est conçue à l’échelle d’un bassin de vie de près de 400 000 habitants. Dommage qu’elle n’intègre pas l’autopartage ou le covoiturage, pourtant présents sur l’agglomération via Cité Lib et Covoit’Oura. Moovizy est en tout cas candidate aux Trophées de l’innovation qui seront décernés lors du Salon Européen de la mobilité.

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  • Ile-de-France. Les Bluebus arrivent sur la ligne 341

    Ile-de-France. Les Bluebus arrivent sur la ligne 341

    Le premier bus Bolloré 100 % électrique d’une série de 23 a été inauguré le 30 mai par Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France et du Stif et Elisabeth Borne, PDG de la RATP, en présence de Vincent Bolloré, PDG du groupe éponyme L’intégration de ce premier véhicule électrique à la flotte RATP, en dehors de toute expérimentation, marque une étape décisive vers la transition énergétique des bus d’Ile-de-France décidée par le Stif et traduit dans le « Plan Bus 2025 » mis en place par la RATP.
    C’est la ligne 341 (Charles-de-Gaulle-Etoile – Porte-de-Clignancourt, via Levallois-Perret, Clichy et Saint-Ouen) qui en sera équipée d’ici à la fin de l’année, 23 Bluebus standard de 12 mètres 100 % électriques allant peu à peu rejoindre la ligne. Il s’agit d’une première en Europe avec une flotte de cette taille. « Nous sommes prêts à l’industrialiser, a assuré Vincent Bolloré, PDG du groupe. Nous livrerons 25 bus d’ici octobre, tous fabriqués dans notre nouvelle usine de Bretagne. »

    Objectif pour la RATP : disposer, d’ici à 2025, d’un parc de 4 500 bus 100 % vert, le projet étant d’avoir 80 % de bus électriques et 20 % de véhicules au biogaz. Dès 2017, des appels d’offres seront lancés pour un déploiement massif de ces bus propres.
    « L’arrivée du premier bus 100 % électrique marque une étape clé dans la transition énergétique de la RATP et démontre qu'il existe aujourd’hui des solutions alternatives à long terme pour faire face aux enjeux environnementaux actuels », a précisé Elisabeth Borne, PDG de la RATP. Ajoutant avoir « abandonné le diesel. 400 bus hybrides circulent déjà et on en comptera 630 à la fin de l’année ». « Cette ligne constitue un premier pas historique vers la révolution industrielle et écologique que je souhaite mener dans les transports en commun du Grand Paris, renchérit Valérie Pécresse, présidente du Stif et de la région Ile-de-France. Dans les prochaines semaines, un plan "1 000 bus" en Ile-de-France sera lancé pour lequel le Stif va investir massivement afin de renforcer l’offre de transport dans les zones mal desservies, notamment en grande couronne, et offrir enfin une vraie solution alternative à la voiture. A chaque fois que cela sera possible, ces véhicules de nouvelle génération seront à zéro émission, c’est-à-dire électrique, biogaz, hydrogène ou autres solutions bas carbone. Le parc RATP est déjà constitué de 17 % de véhicules propres, l’engagement est d’un bus sur deux en 2020. »
    Cette première ligne 100 % électrique va permettre à la RATP et au Stif de recueillir un maximum d’informations, que ce soit au niveau de l’exploitation puisque des enquêtes seront menées auprès des conducteurs, des voyageurs et des riverains, ou à celui de la maintenance. Conçu et fabriqué avec les batteries françaises LMP (Lithium Métal Polymère) du groupe Bolloré, le Bluebus accueille entre 91 à 101 passagers et possède une autonomie d’au moins 180 kilomètres, lui permettant de circuler pendant toute une journée sans devoir être rechargé. La recharge se fera la nuit, au centre bus de Belliard (Paris XVIIIe), ce qui permet notamment de ne pas « tirer » sur le réseau électrique aux heures de pointe. Par ailleurs, cette initiative a été retenue par l’Union européenne pour participer au projet ZeEUS (Zero Emission Urban Bus System), programme européen visant à dynamiser l’introduction du bus électrique dans les grandes villes.

    Les trois autres véhicules électriques qui ont été expérimentés par la RATP sur les lignes 21 (Gare-Saint-Lazare – Stade-Charléty-Porte-de-Gentilly) et 147 (Eglise-de-Pantin – Sevran-Avenue-Ronsard), entre décembre 2015 et mars dernier – ceux des marques Irizar (Espagne), Solaris (Pologne), Yutong-Dietrich Carebus (franco-chinois) ont « donné entière satisfaction, chacun ayant ses points forts et ses points faibles », a relaté Marie-Claude Dupuis, directrice du département Matériel roulant bus de la RATP, sans vouloir entrer dans les détails. Ils n’ont notamment pas eu de défaillance d’autonomie. Cependant, la RATP souhaite que le chauffage des bus soit géré à part et fonctionne au méthane liquéfié, comme c’est le cas du Bluebus, afin de ne pas épuiser la batterie inutilement.

    « Les bus électriques ont été plébiscités tant par les voyageurs que par les machinistes notamment pour leur silence et l’absence de vibrations, poursuit-elle. Certains conducteurs sont même allés jusqu’à dire qu’ils avaient l’impression d’avoir changé de métier ! » Il reste maintenant à tester un modèle Heuliez, ce qui devrait être chose faite à partir du mois de juillet. Avec le Plan Bus 2025 et le prochain plan bus du Grand Paris qui sera adopté dans les prochaines semaines par le conseil du Stif, Paris et « la région Ile-de-France comptent devenir référence mondiale du transport public urbain routier très bas carbone », a conclu Valérie Pécresse.

    Cécile NANGERONI
     

  • Continuité numérique. Le ferroviaire veut faire comme l’aéronautique

    Continuité numérique. Le ferroviaire veut faire comme l’aéronautique

    Dans le ferroviaire, fournisseurs et donneurs d’ordre ne parlent pas le même langage numérique. Objectif que se fixe Fer de France : sur le modèle de l’aéronautique, créer une plate-forme numérique commune. A la clé, des baisses de coût considérables.

    Josef Doppelbauer a sorti ses slides. Le patron de l’ERA, l’Agence ferroviaire européenne, était venu à l’invitation de Fer de France, fin mars, parler du ferroviaire dans l’amphi du siège de la SNCF. Perspective de la rencontre : établir la continuité numérique entre les acteurs de la filière ferroviaire. Nom de l’opération : Eurodigirail. Certitude : l’industrie ferroviaire européenne doit de toute urgence gagner en efficacité. Ce qui se fonde sur un constat qui a l’air d’être partagé par la plupart des parties prenantes, celles qui sont rassemblées dans Fer de France, au-delà de la stricte industrie.
    Ce constat, le voici selon les slides de Josef Doppelbauer. Alors que le voyageur-kilomètre revient à 11 centimes d’euros en avion low cost et à 9 centimes d’euros en car, il revient à 20 centimes d’euros en train classique. Sans parler de la grande vitesse qui, elle, « sort » à 25 centimes d’euros. Si on laisse de côté ce dernier segment, dont les performances peuvent justifier le coût, les TET, TER (pour ne parler que de la France) n’ont, eux, guère le choix. Diminuer fortement les coûts, ou disparaître. D’autant que les slides de Josef Doppelbauer n’ont pas encore intégré un nouvel acteur qui lui aussi commence à faire mal : le covoiturage.
    Tout cela gagne peu à peu les esprits. Ce qui a l’air nouveau, c’est qu’on est prêt, semble-t-il, poussé par l’urgence, à en tirer les conséquences.
    A commencer par Guillaume Pepy. En ouvrant la rencontre, il décrit sans détours les difficultés du ferroviaire : « Nous sommes dans un contexte beaucoup plus dur qu’il y a 4 ou 5 ans. » Contexte marqué par la concurrence du low cost, la révolution de la route, la menace de la concurrence chinoise, la rareté des fonds publics… « Le changement de paysage est tel qu’il ne s’agit plus de baisser les coûts sur un rythme de 2 ou de 4 % par an, mais d’arriver vite à 20 % et au-delà : il faut atteindre des objectifs à deux chiffres. »
    Eurodigirail, la continuité numérique de la filière, ne va pas tout résoudre. Mais elle prolongera les BIM, l’Internet des objets, l’usine numérique, le Big data, rendra plus performante la rédaction des cahiers des charges. « L’aéronautique, l’industrie automobile, la chimie ont établi cette continuité. C’est notre tour et c’est le moment », dit Guillaume Pepy. Et ce n’est pas le seul président du directoire de SNCF qui parle. Cela n’aurait pas de sens, puisque « le projet de continuité numérique de la filière ferroviaire est obligatoirement coopératif ». Conscient que « le risque, c’est celui d’un jeu pas assez collectif », Guillaume Pepy assure : « Rüdiger Grube le dirait aussi. Ou Henri Poupart-Lafarge. C’est un engagement collectif des patrons du rail européen. Le Grand Paris, le Grand Londres, le Grand Berlin, le Grand Stuttgart ne se feront pas si chacun reste dans son coin. »
    Il ne s’agit pas seulement d’une demande de donneurs d’ordre auprès de leurs fournisseurs. C’est toute la chaîne qui doit se mettre à cette frugalité, au just enough, innover dans l’idée d’une baisse générale des coûts, qui concerne l’ensemble de la production du service de transport. Exploitation comprise.
    Ce qui tombe assez bien, c’est que le ferroviaire peut s’inspirer de l’aéronautique. Pour en témoigner, Pierre Faure, de Dassault Aviation, fondateur de Boostaerospace, plate-forme collaborative européenne, qui est un peu le modèle d’Eurodigirail. Un modèle encore en développement, mais en grande partie abouti. Pierre Faure rappelle : « Nous sommes partis d’une vision et d’une ambition ; il nous fallait gagner sur les coûts, en dizaines de pour-cent, pas à la marge. Or, nous avions autant d’interfaces que de grands clients. Les Américains, eux avaient fait le boulot, et mis au point une plateforme commune, à Boeing, Lockheed Martin, et à leurs fournisseurs. »
    Les Européens ont fait de même, en créant une société commune, à cinq : Airbus Group, Airbus, Dassault, Safran, Thales. La création de la plateforme commune, utilisée par les clients fondateurs et leurs fournisseurs de rang 1, 2, 3… est revenue à 11 millions d’euros. Ce qui n’est pas tout à fait rien, mais ne représente qu’un dix-millième du CA cumulé des majors, de l’ordre de 100 milliards. Les développements annuels sont de l’ordre de 2 à 3 millions. Et les gains sont énormes.
    Pourra-t-on faire la même chose dans le ferroviaire ? La situation est beaucoup plus délicate, les nationalismes européens ayant attisé les rivalités, entravé la standardisation. Et, entre grands opérateurs clients et grands industriels, le climat n’est pas au beau fixe, pas plus qu’il ne l’est entre ensembliers et fournisseurs. Objectif : donner le 7 juin, lors du prochain comité stratégique de Fer de France, le go/no go à la mise en œuvre de la stratégie mise au point. Pas gagné. Tout le monde en est conscient. Mais a-t-on vraiment le choix ?    

    F. D.

  • Covoiturage de proximité, quel modèle économique ?

    Covoiturage de proximité, quel modèle économique ?

    Avec 14,9 millions de Français qui vont travailler en voiture, le potentiel existe. Mais la principale difficulté reste d’attirer les conducteurs.

    Héler une voiture comme s’il s’agissait d’un taxi, donner quelques euros en dédommagement au conducteur. Le tout en ayant fait sa « connaissance » quelques minutes auparavant grâce à une appli de géolocalisation. C’est en gros ce que proposent les nouveaux services de covoiturage de proximité en temps réel… Un secteur qui bouge pas mal ces deniers temps, même si ce n’est pas uniquement pour croître. A la quasi-surprise générale, Sharette, qui avait à l’été dernier signé un partenariat fructueux avec la RATP a jeté l’éponge. L’an passé c’est Wedrive qui avait fermé son appli. Alors problème de masse critique ? De modèle économique ? Un peu des deux ? Pour percer, chaque start-up tente sa recette, histoire de se différencier de la concurrence. Il y a par exemple Karos, dont l’appli « intelligente » apprend des déplacements de l’utilisateur et promet de lui proposer automatiquement des covoitureurs possibles ; Wayz-up, appartenant à Mobivia, qui s’adresse aux entreprises qui souhaitent promouvoir le covoiturage auprès de leurs salariés, ou encore Coovia, qui promet – comme le faisait Sharette – de mixer les transports en commun et la voiture pour assurer le déplacement de l’utilisateur…
    « Tout le monde ne pourra pas survivre. Quand on sait ce que coûte une application mobile, sa mise à jour régulière, la création d’applications pour les entreprises… Tout cela ne peut pas se faire avec trois développeurs dans un garage. Quand on veut passer à l’ère industrielle, il faut plus que trois personnes et un million d’euros », estime ainsi Frédérique Ville, la directrice générale d’iDVroom, le service de covoiturage lancé par la SNCF en septembre 2014 (voir page 31). Selon elle, « le marché va certes grandir. Mais il ne justifie pas la présence rentable d’une dizaine d’acteurs ». Le marché du déplacement quotidien est en tout cas potentiellement important. Selon iDVroom, 19 millions de personnes, soit 80 % des actifs, se rendent en voiture sur leur lieu de travail. 15 millions de trajets quotidiens sont recensés en Ile-de-France et 30 % des salariés se disent prêts à covoiturer.
    Ces chiffres, mis en rapport avec le taux d’occupation des véhicules – 1,08 en moyenne sur le domicile – travail, accompagnement familial inclus, selon l’Ademe qui a réalisé une étude fin 2015 – donnent une idée du potentiel qu’il y a à partager sa voiture… Potentiel pour l’environnement – moins de voiture, moins de pollution – et pour le porte-monnaie – partage des frais d’un véhicule personnel. Ce sont naturellement les deux principaux avantages mis en avant par les sites qui se lancent. Selon l’étude de l’Ademe, ce sont  « 14,9 millions de Français qui vont travailler en voiture, mais pas forcément tous les jours et 3,5 millions covoiturent plus ou moins régulièrement, au moins sur une partie du trajet, le conducteur pour aller travailler, le passager pour tous types de motifs. » Il y aurait par ailleurs 900 000 personnes, soit 4,5 % des salariés, qui covoiturent tous les jours, les deux étant en route pour le bureau ou l’usine…
    « De toutes les nouvelles mobilités, autopartage, VLS ou covoiturage, c’est ce dernier qui affiche le plus gros potentiel, assure pour sa part Christophe Saroli, chef de projet Nouveaux services à la mobilité au Cerema. Même si personne n’a trouvé la solution miraculeuse, le covoiturage courte distance, c’est un énorme gisement. » Un gisement qui attire même des appétits inattendus. Ainsi, la firme allemande BMW a récemment annoncé qu’elle voulait développer son activité d’autopartage (DriveNow en collaboration avec Sixt) et prochainement proposer « des services de covoiturage », a indiqué, sans plus de détails, Peter Schwarzenbauer, responsable des Services de mobilité.
    En réalité, de l’avis général, si la demande existe incontestablement, la principale difficulté, c’est d’attirer des conducteurs. « Ils ont le sentiment de faire un gros effort, de rendre service, pour une somme d’argent faible », en a déduit de son expérience l’ex-patron de Sharette. « Autant c’est simple de s’organiser sur un trajet longue distance prévu à l’avance, pour récupérer 30 euros, autant perdre 5 à 10 minutes le matin sur un trajet qui en prend 20 ou 30 pour gagner un ou deux euros est vécu comme une contrainte », constate pour sa part le chef de projet du Cerema. C’est la raison pour laquelle, Cityway, avec son service Fleetme, envisage une carotte pour appâter les conducteurs, mais encore faut-il avoir les reins solides pour se permettre un très gros déséquilibre financier au départ.
    C’est pourquoi, aussi, le Cerema estime que les systèmes d’auto-stop organisé, de type Rezo Pouce ou Covoit’iciont un avantage indéniable : il n’y a rien à prévoir et la confiance peut s’installer puisque les covoitureurs se sont inscrits au préalable. « On règle tout de suite le problème de la masse critique », poursuit le chef de projet. Le hic, c’est qu’il faut investir dans le système. « Mais à 20 000 ou 30 000 euros la borne et les panneaux d’affichage, c’est peu surtout si les frais sont partagés par plusieurs communes, en comparaison du service rendu : on peut rapidement obtenir un effet réseau et aussi intégrer les lignes aux réseaux de transports publics urbains. »
    Autres écueils au covoiturage de proximité : « sur une courte distance, le covoiturage c’est obligatoirement du porte-à-porte sinon les gens ne covoiturent pas, estime Arnaud Julien, directeur Innovation et digital chez Keolis. Et quand il s’agit de trajets réguliers, au bout d’un moment on se connaît donc on se passe d’intermédiaire ». D’où peut-être la difficulté à faire grossir la communauté et surtout à gagner de l’argent en prélevant une faible commission au titre d’intermédiaire de confiance. « Si ce modèle était pertinent, je pense que BlaBlaCar serait un acteur du courte distance, cela aurait été plus facile que d’aller se développer au bout du monde ! », estime d’ailleurs Joël Dampierre, chef de projet Fleetme chez Cityway.
    « Il ne faut pas croire au miracle du numérique », insiste pour sa part Christophe Saroli, qui se remémore notamment une expérience en Isère qui a échoué. « L’outil facilite les rapprochements, mais les covoitureurs sont avant tout pragmatiques. De plus tout le monde n’a pas accès au smartphone ni même le réflexe de s’en servir pour ça… » Et en matière de pragmatisme, l’assurance d’avoir un véhicule pour son trajet retour est un point fondamental. Le simple fait d’une réunion qui s’éternise le soir peut mettre un covoitureur et son passager dans l’embarras. La SNCF l’a bien compris et propose désormais avec iDVroom la « garantie retour » en taxi en cas de coup dur.
    Les jeunes cadres urbains sont donc prioritairement dans la cible de ces applis. « D’après certaines études et nos calculs, un passager est prêt à se connecter jusqu’à quatre fois pour trouver un covoitureur, mais à Paris, cela peut aller jusqu’à 15 fois », affirme Grégoire de Pins, le cofondateur de feu la start-up Sharette. Le taux de match idéal ? « C’est très compliqué à évaluer, certains annoncent qu’il faut atteindre 80 – 90 % », poursuit-il. Comme souvent, la capitale pourrait se révéler un marché atypique en la matière. La fiabilité des appariements est encore l’une des recettes du succès. C’est en tout cas un argument commercial de choc et pour l’instant, en dépit des beaux discours, aucun des acteurs en présence ne peut revendiquer un taux aussi important.
    Ainsi, Karos et son appli de géolocalisation dotée d’un algorithme qui la rend intelligente, qui revendique 10 000 inscrits et 1 500 utilisateurs, s’adresse à tout un chacun avec un tarif très bas de 10 centimes du kilomètre (partant du postulat qu’on coupe la poire en deux et que le coût moyen d’un kilomètres en auto est de 20 centimes), un ticket entre 1,50 euro le prix plancher et 3 euros. Nous avons essayé de tester le système et malgré plusieurs semaines de tentative, nous n’avons jamais pu « matcher » avec un salarié du quartier d’affaires de Saint-Lazare. Mais Karos vise aussi et surtout le marché des entreprises et dessert plusieurs zones d’activités, avec de belles pépites dans son portefeuille de clientèle – CEA, Assystem, Total, Roche, Siemens… – lui permettant d’espérer atteindre l’équilibre en 2017. De plus, elle vient d’être sélectionnée par Paris&Co, l’agence de développement et d’innovation de la Ville de Paris pour intégrer sa plate-forme « Ville durable », ce qui devrait lui permettre de booster son développement.
    De la même manière, Wayz-up, née fin 2013, s’adresse, elle, exclusivement aux communautés des entreprises. Elle a commencé son implantation par Saint-Quentin-en-Yvelines en signant avec Renault, Snecma, Hilti et le campus technologique du Crédit Agricole, puis à Massy (Carrefour) et a réussi rapidement à mailler son réseau. Résultat : elle affirme qu’on trouvera son covoitureur dans 8 cas sur 10. Avantage au quotidien : son appli dispose d’un système d’alerte en temps réel qui permet d’être prévenu dès qu’un collègue part à une heure arrangeante. Le paiement se fait sur un compte virtuel et le solde est payé en liquide entre covoitureurs. Mais ce que vend Wayz-Up aux entreprises, c’est son savoir-faire, ses services de conseils et d’animation. Avec ses 35 000 membres (dans quelque 25 entreprises), elle affichait sur son site le 8 avril, « 15 215 covoiturages possibles sur Wayz-Up ».
    Grand prix Business Angels de la création 2016, Citygoo est une appli de covoiturage temps réel, conçue pour le trajet de banlieue à banlieue ou banlieue – ville-centre. Le passager dépose sa demande et géolocalise instantanément les véhicules à proximité. Une fois qu’ils se sont choisis, le conducteur fait un détour pour le prendre puis le déposer sur son chemin. Le tarif est fixé par les covoitureurs, dans la limite de 30 centimes à 1 euro du kilomètre, et le paiement sécurisé se fait sur la plateforme de Citygoo, qui se rémunère au passage. Bien qu’il s’en défende, en présentant un tarif « jusqu’à 8 fois moins cher qu’un taxi, plus écologique et plus convivial », le site suggère tout de même des tarifs plus proches du VTC que du covoiturage. Explication de Citygoo : « C’est un tarif plus motivant pour le conducteur, sachant que sans conducteur il n’y a pas de service. »
    Beaucoup moins gourmande avec un pass illimité valable 30 jours à deux euros, l’appli OuiHop’, de smart auto-stop instantané lancée il y a six mois, se présente comme « le complément à votre transport en commun » parce qu’elle est susceptible de s’y substituer dans les zones de carence. La solution s’est récemment enrichie des fonctionnalités Waze Connect et Google Maps Connect pour le « Ouihopeur » qui est un bénévole (il peut ensuite utiliser le service gratuitement ou gagner des « Hopiz » convertibles en bons de réduction et autres cadeaux). L’automobiliste guidé par Waze ou Google Maps peut ainsi recevoir des notifications de piétons de OuiHop’. Avec 8 000 utilisateurs franciliens, après six mois d’existence, OuiHop’, qui avait au préalable été testée sur le plateau de Saclay, doit encore atteindre la taille critique. La start-up a signé le 12 avril un partenariat avec SuperShuttle, le service de navette partagée vers les aéroports, filiale de Transdev : 8 000 Hopiz donnent droit à un trajet pour deux en SuperShuttle.
    Ce système de transport participatif ressemble un peu à Carlos (pour « sans voiture ») système d’auto-stop organisé expérimenté en Suisse depuis plus de dix ans, et désormais rebaptisé Taxito : à l’arrêt PointTaxito, l’usager envoie sa destination par SMS ou la sélectionne avec son appli mobile. Celle-ci s’affiche alors sur le tableau du PointTaxito et l’automobiliste qui passe devant peut s’arrêter. « L’expérience a le mérite de démontrer que le temps d’attente moyen est très faible, raconte Christophe Saroli. Puisqu’il est de 8 minutes la nuit et de 3 minutes en journée. » Le chef de projet suggère une plus grande implication des entreprises. Et il pourrait y avoir une carotte : « on pourrait envisager que celles qui mettent en œuvre avec succès le covoiturage des salariés puissent bénéficier par exemple d’un rabais sur le versement transport… »
    Cécile NANGERONI<b

  • Brest, pionnier  du téléphérique urbain

    Brest, pionnier du téléphérique urbain

    Les Brestois ont pu découvrir le mois dernier l’une des deux cabines du téléphérique qui traversera tous les jours la rivière Penfeld dès le mois d’octobre prochain. Première ville en France à accueillir un transport aérien par câble à vocation urbaine, Brest a choisi Bouygues et le constructeur suisse BMF pour la réalisation.

    Ce sera la première agglomération de France à installer en zone urbaine un téléphérique qui complétera les autres modes de transport : en octobre, Brest inaugurera son téléphérique qui passera en plein centre et franchira la rivière Penfeld, pour desservir un quartier en devenir, les Capucins. Auparavant en mai, le câble doit être installé. Un avant-goût pour les Brestois qui ont déjà pu découvrir les 8, 9 et 10 avril, l’une des futures cabines construites par BMF. Entièrement vitrée, elle mesure 5 mètres de long sur 3 mètres de large, soit l’équivalent d’un demi-bus, pour transporter quarante personnes, ou un peu moins avec des poussettes ou des vélos.
    Brest a en effet demandé, dans son cahier des charges, des cabines très capacitaires pouvant emporter jusqu’à 60 passagers en configuration « événements », en cas de concert par exemple ou lors de rencontre de voiliers. Tout cela a conduit à imaginer une cabine vitrée de toute part, même sur une partie du plancher.
    A la différence des téléphériques de montagne, qui fonctionnent quotidiennement de 6h à 17h, celui de Brest circulera 17h30 chaque jour, commençant à 7h et terminant son service à 0h30, tout au long de l’année.
    La maintenance sera effectuée de manière préventive et confiée aux équipes de l’exploitant du réseau Bibus (Keolis) de l’agglo, dans le cadre d’un avenant au contrat. « Les techniciens, déjà qualifiés pour les bus et le tramway, ont parfaitement le profil pour acquérir la technologie du téléphérique », juge-t-on à l’agglo. Et leur polyvalence va faire baisser les coûts de maintenance, donc d’exploitation, espère-t-on.
    Une formation est prévue, qui s’étalera sur six mois. Une partie de ces techniciens est déjà partie suivre une formation à Val Thorens, pour la maintenance de base, tandis que d’autres sont allés au Pic du Midi, pour la vérification des câbles. Et pour éviter d’attendre, éventuellement, des pièces de rechanges, quelques-unes d’entre elles, essentielles, seront stockées à Brest.
    L’agglo semble satisfaite de la collaboration avec le BMF, le constructeur suisse de téléphérique, membre du groupement qui a remporté le contrat, avec Bouygues pour la construction des stations.
    Sur le marché des téléphériques, dominé par l’Autrichien Doppelmayr, l’Italien Leitner, ou l’ex-Français Poma, racheté par Leitner en 2000, BMF n’est pas leader. Mais tous ont une grande expérience aussi bien dans leur pays qu’à l’international, que ce soit pour des projets touristiques ou urbains.
    Sans entrer dans les détails de l’appel d’offres, Brest assure que, parmi les cinq groupements qui ont répondu – preuve de l’intérêt qu’a suscité le projet –, c’est Bouygues-BMF qui a été le plus créatif. Le constructeur suisse BMF a par exemple proposé le croisement des cabines sur le pylône ancré sur la rive gauche de la rivière Penfeld, non pas côte à côte, mais l’une au-dessus de l’autre. Ce qui permet de faire arriver les cabines en un seul et même point, de ne prévoir que deux quais de part et d’autre de la cabine, et non trois si chaque cabine avait eu son propre point de départ sur un même plan. Un choix qui a permis de réduire l’emprise des gares, notamment du côté « Siam » : le volume de génie civil de la station Jean-Moulin a été divisé par six.
    Yann Goubin

     


    Un coût de 19 millions d’euros

     

    Le téléphérique devrait coûter 19,1 millions d’euros. Plus de la moitié du financement provient de subventions : 51 % exactement. Soit 9,89 millions d’euros, dont 5,35 millions de subventions de l’Europe, 2,56 millions de l’Etat, 1,1 million de la région Bretagne et 0,88 million du conseil général du Finistère.     

    Y. G.


    Un transport adapté

    Pourquoi un téléphérique à Brest plutôt qu’un pont ou une passerelle ? Parce que la géographie de la ville correspond bien à ce mode de transport, répond-on à Brest. Le téléphérique sert, le plus souvent, à gravir un fort dénivelé, doublé d’une rivière à sa base, bref à franchir un ou plusieurs obstacles naturels.
    A Brest, il s’agit de franchir une rivière où se trouve un port militaire. La Marine nationale impose un tirant d’air de 48 mètres pour permettre aux navires les plus hauts de la flotte de venir s’amarrer. C’est d’ailleurs pour cette raison que le pont de Recouvrance, emprunté par le tramway, est lui aussi levant. Ainsi, le choix du téléphérique s’avère d’autant plus pertinent. Il suffisait, si l’on peut dire, d’installer un pylône sur le parcours, en l’occurrence sur l’une des berges, pour pouvoir franchir l’estuaire de la rivière. Haut de 82 mètres, il permet aux deux navettes de se croiser, verticalement, respectivement à 60 et 70 mètres de haut. Sans avoir à arrêter le service lors des manœuvres de navires.    

    Y. G.


  • Innovation. Comment anticiper l’usure des pantographes

    Innovation. Comment anticiper l’usure des pantographes

    Mieux vaut prévenir que guérir ! Cette règle vaut également pour le couple pantographe/caténaire, qui assure l’alimentation électrique des trains. Depuis quelques années, au Danemark, un dispositif – que l’on pourrait qualifier de révolutionnaire – est mis en œuvre pour détecter les usures de pantographes et anticiper leur évolution avant qu’elles n’endommagent la caténaire à son tour…

    Au Danemark comme ailleurs, les arrachements de caténaires sont une des principales causes de perturbation du trafic ferroviaire sur les lignes électrifiées. Mais que ce soit sur le réseau dédié aux dessertes « S-tog » (RER) de Copenhague ou sur le réseau ferré national danois, une cause importante d’arrachement de la caténaire est en voie de disparition : l’usure
    excessive des pantographes. Ceci grâce à un dispositif de vision industrielle nommé PantoSystem, de l’entreprise PantoInspect.
    Comme son nom l’indique, PantoInspect s’est spécialisé dans l’inspection des pantographes. Ou plus précisément l’inspection automatique et en temps réel de l’archet du pantographe, qui réalise le captage lorsque ses bandes de frottement sont au contact de la caténaire. À chaque passage d’un train en traction électrique, une installation en surplomb de la caténaire réalise non seulement des mesures par scanner de la géométrie de l’archet de pantographe, mais aussi une inspection visuelle (image proche infrarouge) des archets des pantographes en contact avec la caténaire. Des mesures et observations qui permettent de connaître instantanément l’état des bandes de frottement et la géométrie des cornes d’archets, ainsi que le lacet de l’archet ou encore le soulèvement du pantographe. Et accessoirement la vitesse du train ! Des observations dont on peut par exemple déduire la pression mécanique exercée par le pantographe sur la caténaire. Autant de données qui contribuent à déclencher une alarme avant que l’usure trop forte d’un pantographe n’endommage la caténaire. Ou réciproquement.
    L’idée est née en 2008. Une année noire pour le réseau
    S-tog de Copenhague, avec une douzaine d’arrachements de caténaire. Des incidents dont la fréquence était d’autant plus élevée qu’ils ne concernaient que la partie du réseau équipée d’une caténaire 1,5 kV continu « classique » (de son côté, le tronc commun sous le centre de Copenhague, avec ses 30 trains par heure et par sens, est à l’épreuve de l’arrachement depuis qu’il est doté d’une « caténaire rigide » – alias profilé aérien de contact – tout comme le RER C sous le centre de Paris). Un incident caténaire tous les mois sur un réseau transportant 360 000 voyageurs par jour, c’en était trop pour Banedanmark, le gestionnaire danois des infrastructures ferroviaires. Ce dernier a alors chargé Image House, spécialiste local de la vision industrielle jusque-là plutôt connu pour ses dispositifs d’inspection des aliments, de développer cette fois un système d’inspection des pantographes. Un système unique en son genre car non seulement automatique et en temps réel, mais capable de fonctionner jusqu’à 180 km/h, vitesse pratiquée sur le réseau ferré classique danois.
    Huit ans plus tard, ce système d’inspection des pantographes est non seulement au point, mais depuis 2012, il permet d’inspecter l’ensemble du parc de S-tog à intervalles fréquents (jusqu’à plusieurs fois par jour, selon les roulements assurés). Et PantoSystem est maintenant en cours de déploiement sur les grandes lignes danoises électrifiées en 25 kV 50 Hz. Avec des résultats probants : au cours de l’été 2015, le dispositif a permis de constater une usure répétée sur une centaine de pantographes différents, qui était en fait due à la caténaire.
    En dehors du Danemark, cette solution intégrée, dont l’interface informatique peut être traduite dans la langue de l’utilisateur, a été installée en Australie. Le réseau de banlieue de Sydney, exploité par Sydney Trains, a été équipé en coopération avec l’équipementier local ART. PantoSystem fait également l’objet
    d’essais en Autriche (avec ÖBB-Infrastruktur) et sur un réseau minier en Afrique du Sud.
    Ancien nom du dispositif PantoSystem, PantoInspect est devenu une entreprise rassemblant une dizaine de salariés et ses moyens de test dans ses locaux à deux pas des voies de la gare centrale de Copenhague. Ce spin-off d’Image House (qui de son côté a été acquis en avril 2015 par Stemmer Imaging) ne cache pas son intention de placer sa solution dans d’autres pays, tant en Europe que plus loin, à condition de trouver des partenaires locaux. Avis aux entreprises intéressées…

    Bénéfices pour l’infrastructure… et le matériel roulant

    À la base, PantoSystem est destiné aux gestionnaires d’infrastructures ferroviaires, en tant que propriétaires des caténaires qui risquent d’être endommagées par un pantographe défectueux. D’autant plus que la solution implique une installation sur l’emprise ferroviaire. Ceci dit, les mesures réalisées concernent les pantographes et intéressent donc également l’exploitant du matériel roulant et le responsable de la maintenance de ce matériel.
    Au Danemark, le client de PantoInspect est le gestionnaire d’infrastructures Banedanmark et ce dernier peut transmettre, à chacun des exploitants dont les trains ont été « flashés », les photos et données le concernant. Le responsable de la maintenance du matériel roulant peut ainsi prendre de son côté les mesures nécessaires avant que le pantographe soit trop endommagé. Un tel suivi, réalisé rame par rame, permet aussi de détecter les usures anormales (par exemple celles dues à un soulèvement inégal des deux frotteurs). Le bon côté de cette maintenance prédictive est qu’elle pourrait permettre d’accroître la durée de vie des bandes de frottement en carbone. Ainsi, le remplacement de ces bandes se ferait non plus en suivant un calendrier ou un planning kilométrique établi à l’avance, mais en fonction de l’évolution de l’usure, qui permet de prédire l’échéance à laquelle le seuil de remplacement sera atteint.

    Un scan, une analyse et des alertes

    Pour voir le dispositif PantoSystem à l’œuvre, rendons-nous dans la banlieue ouest de Copenhague, non loin de Glostrup. Suivant une longue ligne droite, les deux voies de la grande ligne vers Roskilde, électrifiée en 25 kV 50 Hz, filent parallèlement à la double voie dédiée au S-tog, sous caténaire 1,5 kV continu. C’est le pont oblique d’un saut-de-mouton en béton, sur lequel ne passent plus guère les trains, qui est utilisé comme support des deux dispositifs PantoSystem installés ici en quinconce. Pesant une demi-tonne, chaque dispositif, qui regroupe un scanner (entre 1,8 m et 2 m au-dessus de la caténaire) et deux à quatre caméras (proche infrarouge), surplombe une des deux voies de la grande ligne, orienté de façon à « voir arriver les trains » (qui au Danemark roulent à droite). Un détail pratique mais pas indispensable, le dispositif étant bidirectionnel. Mais pour être activés, il faut quand même que les capteurs du scanner soient prévenus à temps de l’arrivée du prochain train. Cette information peut être générée par des équipements sur la voie (compteurs d’essieux), au bord de la voie (RFID, radar) ou par la gestion des circulations ferroviaires. Différentes solutions peuvent également être mises en œuvre pour assurer l’identification du train.
    Lorsque le train arrive enfin sous l’équipement, les capteurs le détectent, ainsi que l’archet, qui est alors scanné (deux capteurs pour les cornes, deux pour la bande). Puis trois lignes sont projetées, chacune par un laser, sur chaque bande de frottement, juste le temps de photographier ces bandes subtilement « surlignées ». Une photo en proche infrarouge est également prise, avec un coup de flash à diode pendant 15 microsecondes.
    C’est dans la rapidité et la synchronisation de ces prises de vue de bonne qualité que se situe l’exploit. Car obtenir une image utilisable d’un pantographe sur un train en marche, dans presque toutes les conditions météorologiques (de -40 °C à +50 °C et jusqu’à 98 % d’humidité) et à toute heure, n’est pas une mince affaire et distingue PantoInspect de ses concurrents. Éprouvé à 140 km/h, le dispositif peut en fait fonctionner jusqu’à 180 km/h… c’est-à-dire 50 m/s vu par l’œil humain, ou encore 50 mm par millième de seconde vu par un appareil photo. Afin de ne pas avoir de flou de vitesse, la durée de l’exposition doit donc être très réduite, en pratique à une vingtaine de microsecondes.
    Les données fournies par dispositif (scans et photos de l’archet) sont aussitôt transmises à un serveur central, qui analyse en moins de 10 secondes les informations afin de détecter les éventuels défauts ou parties endommagées sur les bandes de frottement. S’il ressort de l’analyse que l’on est en présence d’un grave défaut risquant d’endommager la caténaire à court terme, PantoSystem prévient automatiquement le gestionnaire d’infrastructure, qui peut ordonner à son tour au conducteur de la rame ou de la locomotive concernée de baisser le pantographe incriminé. Mais PantoSystem ne traite pas uniquement les situations ponctuelles : le dispositif gère également les évolutions entre les données successives observées sur chaque pantographe et permet d’anticiper les seuils d’alerte sur l’usure des bandes de frottement en carbone. Et la quantité de données ne fait pas peur au système, dont la capacité permet de traiter plus de 100 000 passages de trains !
    Patrick LAVAL

  • Une autoroute réaménagée en boulevard urbain à Lyon

    Est-ce une nouvelle tendance ? C’est en tout cas « une avancée historique », estime Gérard Collomb, le président de la Métropole de Lyon, qui s’est félicité du feu vert donné le 4 mai par le secrétaire d’Etat aux Transports permettant la transformation d’une partie des autoroutes emblématiques A6 et A7 en voies urbaines. Alain Vidalies a en effet signé la lettre de déclassement des autoroutes A6/A7 traversant Lyon depuis 1971. Cela signifie que la Métropole, comme elle le demandait, pourra aménager en boulevard urbain une partie de l’itinéraire autoroutier actuel, notamment le parcours longeant le Rhône entre Perrache et Confluence.

    Rappelons que, à Lyon, l’A6 depuis Paris s’arrête après le tunnel de Fourvière au niveau de Perrache, où débute l’A7 vers Marseille. Le déclassement concerne le tronçon entre Limonest et Pierre-Bénite (20 km) et va faire l’objet d’un groupe de travail piloté par le préfet pour définir d’ici fin juin 2016 les conditions de mise en œuvre du projet, avec les solutions de contournement et de transports alternatifs. Un projet de grande ampleur et qui fait l’unanimité : « une bonne nouvelle qui doit être suivie d’actes », note l’opposition de droite, tandis que Pierre Hémon, président d’EELV Métropole résume : « Super, tant mieux, enfin ! »

    Claude FERRERO

  • La « vieille » SNCF investit dans la jeune Hyperloop et son train ultrarapide

    La SNCF a participé à la deuxième levée de fond organisé par la jeune société californienne Hyperloop Technologies, d’un montant total de 80 millions de dollars (70,2 millions d’euros). Sur une idée d’Elon Musk, le président fondateur de Tesla Motors, constructeur de voitures électriques haut de gamme, Hyperloop Technologies veut construire un train ultrarapide : plus de 1 100 km/h. Pour cela, il devrait circuler à l’intérieur d’un tube vide d’air pour éviter toute résistance. Une ligne test doit être construite dans le désert du Nevada, en 2017, avec un objectif de vitesse moins ambitieux, fixé à 540 km/h.

    L’investissement de la SNCF dans le projet a été dévoilé par BFMTV. L’entreprise refuse de le confirmer ou de l’infirmer et encore moins d’en dévoiler le montant. Pourquoi une entreprise « sérieuse », de la « vieille économie », sur un marché mature, placerait-elle de l’argent dans ce genre d’entreprise ? Parce que justement cette entreprise est jeune, qu’elle n’a aucun préjugé, pas de dogmes sur telle ou telle technologies, pas d’usines à faire tourner, et que pour elle, toutes les solutions sont envisageables, et possibles. Et le fait qu’une entreprise comme la SNCF s’intéresse à elle, donne du crédit, au sens propre comme au figuré, à son projet. Car il faut bien admettre qu’on reste sceptique face à cette idée de trains circulant à travers le vide. Sur le papier, rien d’absolument révolutionnaire. Pas de technologies qui ne soient éprouvées. En revanche, construire un réseau, ou même une seule ligne sur des centaines de kilomètres, voire des milliers – pour que le projet ait vraiment une pertinence –, coûtera sans nul doute une fortune, et ne sera rentable qu’à un horizon lointain. Les exemples sont nombreux, depuis la création du chemin de fer, d’entreprises qui ont tenté une rupture avec le trio rail-traverses-ballast. Sans grand succès. De l’aérotrain au Maglev, aucun n’a réussi à détrôner le bon vieux rail. Le chemin de fer n’a pourtant pas connu que des succès financiers, et peine encore aujourd’hui à équilibrer ses comptes ou rentabiliser ses voies. Difficile dans ces conditions, d’imaginer qu’une nouvelle technologie réussisse à s’imposer, concurrencée de surcroît sur les longues distances par l’avion, comme l’est déjà le rail.

    Que va faire la SNCF dans cette aventure ? Sans doute, simplement voir. Participer au financement pour avoir accès au projet, aux choix technologiques, peut-être y participer aussi, et finalement apprendre. Sans avoir à vraiment craindre pour son propre marché. Et si, d’aventure, le vent tournait en faveur de l’Hyperloop, la SNCF aurait déjà un pied dans la place.

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  • Trois candidats à la reprise de l’opérateur ferroviaire grec

    Parmi les candidats à la reprise de TrainOSE, l’opérateur ferroviaire grec, pas de trace de la SNCF cette fois. Ni des Chinois, que les spécialistes attendaient pourtant. En effet, les trois candidatures que Taiped, l’agence grecque chargée des privatisations, indique avoir reçues à la date butoir du 15 avril ont été envoyées par les FS (Ferrovie dello Stato Italiane S.p.A.), les RZD et GEK-Terna S.A. Soit deux entreprises ferroviaires nationales, l’italienne et la russe, et un conglomérat grec. De même que la SNCF et l’opérateur roumain Grup Feroviar Roman, absents cette fois-ci, RZD et GEK Terna étaient déjà sur les rangs lors de la précédente tentative de privatisation, interrompue par le gouvernement d'Alexis Tsipras après les élections de janvier 2015. Pour les FS, c’est en revanche une première.

    Pour cette nouvelle tentative, la date limite de remise des offres fermes a été fixée au 31 mai. Le vainqueur devra reprendre 100 % du capital de l’exploitant national des trains de fret et de voyageurs sur un réseau comptant quelque 2 500 km de lignes. Des lignes qui ont beaucoup souffert de la situation économique en Grèce et des fermetures de passages de frontières, intervenues avant même le récent afflux de migrants.

    P. L.