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  • Nice surfe sur une première mondiale

    Nice surfe sur une première mondiale

    Inauguré l’été dernier, le boulevard connecté de Nice permet de collecter en temps réel
    des données sur la circulation, la qualité de l’air, la propreté et l’éclairage public.
    Le but : imaginer et tester de nouveaux services dans tous les domaines concernés. Son boulevard urbain connecté a fait le buzz et continuera sans doute de faire parler de lui. La métropole Nice Côte d’Azur l’a inauguré cet été : en plein centre de Nice, autour du boulevard Victor-Hugo, 200 capteurs, installés en haut des candélabres, dans la chaussée, sur des containers, etc., permettent de collecter en temps réel des données sur la circulation, la qualité de l’air, la propreté et l’éclairage public. Cette initiative est une coréalisation de la mairie de Nice, de la métropole Nice Côte d’Azur et de la Semiacs (gestionnaire des parkings) avec pour partenaire Cisco. « Le boulevard connecté vise à expérimenter pendant un an une plateforme métropolitaine multiservice très performante dans la gestion des données en temps réel, capable de fédérer les acteurs du stationnement, de la mobilité, de l’éclairage, de la collecte de déchets, etc., sur une architecture unique couvrant un rectangle de 800 m par 400 m », explique Jean-François Balcon, chargé du développement Smart & connected communities, auprès des collectivités locales pour Cisco Systems France. « Cela permet d’envisager de nouvelles applications issues de la corrélation de données multisources. »
    La collectivité espère en effet imaginer et tester de nouveaux services dans tous les domaines concernés (circulation, environnement, commerce, vie quotidienne…), comme le précise Florence Barale, conseillère métropolitaine, chargée de l’Innovation numérique : « La première métropole en France [la communauté urbaine est devenue métropole au 1er janvier 2012, ndlr] est très investie dans l’innovation, qui est considérée comme un axe fort de notre développement économique, basé sur le numérique. C’est aussi avec l’objectif d’offrir de nouveaux services aux citoyens, plus efficaces. » Le boulevard constitue en effet un laboratoire à ciel ouvert de l’Internet des objets. L’agglomération niçoise, qui a de nombreuses fois joué les pionnières – parmi les premières à installer la télébillettique sur son réseau de transports urbains, première à tester le paiement sans contact NFC… –, se distingue une fois de plus par cette innovation ouverte, en première mondiale. Toutes les données publiques sont archivées pour être mises à la disposition des acteurs locaux. « L’expérimentation avec Cisco nous permet de remonter tout un tas de données sur un entrepôt de données que l’on croise. Nous sommes capables par exemple d’identifier le nombre de piétons sur le trottoir, poursuit l’élue. C’est une façon différente d’utiliser l’Internet des objets pour opérer autrement nos services. A terme l’objectif, c’est aussi d’ouvrir totalement nos données. »
    Cette initiative s’inscrit dans le droit fil du stationnement intelligent testé depuis le début de 2012 avec l’objectif de réduire le temps consacré à la recherche d’une place vide – sachant qu'un automobiliste tourne en moyenne vingt minutes avant de trouver où stationner – et donc d’améliorer la circulation, notamment celle des bus ainsi que d’abaisser la pollution. « Cela représente jusqu'à 25 % du trafic en centre-ville », explicitait au lancement le maire de la ville, Christian Estrosi. L’élu présentait la mesure comme « l'une des plus novatrices et ambitieuses » du schéma global de stationnement 2011-2015. L’an prochain, 14 000 capteurs communicants de la société espagnole Urbiotica auront été noyés dans la chaussée et les trottoirs, couplés à des horodateurs multiservices, favorisant l'intermodalité puisqu’ils font aussi office de borne d'information sur les transports collectifs, les services Autobleue, Vélobleu, et taxis. Les utilisateurs reçoivent l’information sur leur smartphone, avec lequel ils peuvent aussi payer le stationnement. Un investissement de 13 millions d’euros, supposé être vite rentabilisé puisque le système repère les véhicules ventouses et les mauvais payeurs…
    Enfin, depuis l’année dernière également, la capitale azuréenne figure parmi les 100 villes du monde qui, pendant trois ans, bénéficient de l'expertise et de l'appui d’IBM pour le développement de la ville intelligente. La ville a en effet été retenue dans le cadre du challenge Smarter Cities d’IBM, pour mettre en place un écosystème intelligent pour tous les citoyens. Dans le cadre de cet accompagnement, les experts d'IBM ont fait part de leurs préconisations, parmi lesquelles la création d'un centre d'excellence dédié aux systèmes innovants, ainsi que la mise en place d'un panel de citoyens qui donne son avis sur les mesures à prendre pour mieux circuler, mieux stationner, moins polluer, etc. La métropole peut se flatter d’être la seule de France à avoir été retenue par IBM.

    Cécile NANGERONI
     

  • Angoulême partage la lecture dans ses bus et des poèmes sur les smartphones

    La Société de transport du Grand Angoulême (STGA) qui gère les transports pour le compte de l’agglomération, organise du 8 au 16 mars un "lâcher" de livres dans les  bus. A l’occasion du Printemps des Poètes qui se déroule dans la ville du 8 au 23 mars, le réseau de bus va déposer directement sur les sièges de ses véhicules, des livres en partenariat avec la librairie Cosmopolite et la médiathèque L'Alpha. Même si un trajet en bus est trop court pour livre un livre en entier, il permet au moin de l’ouvrir pour prolonger le voyage par la pensée. Et il sera toujours possible d’emprunter un ouvrage et de le redéposer sur le siège de son bus quelques heures ou jours plus tard, à la manière du book crossing, cette tendance venue des pays anglo-saxons qui consiste pour un lecteur à laisser un livre qu’on a aimé, dans un lieu public, comme une gare, ou dans un transport en commun afin d’en faire profiter un autre voyageur.

    La STGA a également pensé à ses voyageurs plus modernes. Ils pourront scanner aux codes 2D, affichés dans les bus spécialement à l’occasion du Printemps des poètes, pour accéder à des poèmes qu’ils pourront lire pendant leur trajet. 

  • Le trafic fluvial progresse de 1 %.

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    Le transport de marchandises par voie fluviale affiche une croissance de 1% en France pour l’année 2013. Voies Navigables de France l’explique par la progression des filières du charbon et de la métallurgie : le transport de charbon thermique a augmenté de 25%, notamment grâce à l’approvisionnement des centrales électriques. D’autres secteurs sont aussi en progression sur les fleuves, comme la métallurgie (+7,5%), les produits chimiques, les engrais (+5%), et les céréales (+4,6%).

    Le transport fluvial de denrées alimentaires a, lui, diminué de 15%.

    Quant à la répartition géographique de ces échanges, le meilleur taux de croissance se trouve en Moselle, où 18,3% de tonnes/kilomètres en plus ont été transportées sur le Rhin. La Seine, la Saône, ou le Rhône ont quant à eux subi un léger repli, avec des baisses de trafic de 1 à 3%.

    Marc Papinutti, le directeur général de VNF, déduit de ces chiffres une confirmation de l’attractivité du transport fluvial, et affirme continuer les investissements de modernisation du réseau.

  • Ile-de-France. Valérie Pécresse demande un « plan Orsec pour les transports »

    Selon un communiqué de Valérie Pécresse « l’année 2013 aura été une année noire pour les transports en Ile-de-France.   

    Aucune des lignes de RER (A, B, C, D, et même la E) et seules deux lignes de Transilien sur 8 ont rempli leurs objectifs de régularité. » La droite demande donc un « plan Orsec pour les transports. »

    Aussi la présidente du groupe UMP à l’Assemblée régionale a-t-elle organisé, le mercredi 5 mars, jour du conseil du Stif, une opération de tractage dans soixante gares d’Ile-de-France, en, diffusant une « tribune » signée par Valérie Pécresse, trois présidents de conseils généraux (Patrick Devedjian, Hauts-de-Seine, Arnaud Bazin, Val-d’Oise, Alain Schmitz, Yvelines) et 57 parlementaires de droite ou centre droit. Selon les élus de droite, « seuls 40 kilomètres sur les 630 que compte le réseau RER ont été rénovés en 10 ans sous la responsabilité du Stif présidé par Jean-Paul Huchon » De plus, « c’est précisément sur ce tronçon qu’a eu lieu l’incident du 15 janvier qui a paralysé le trafic. En clair, des travaux ont été réalisés mais ils n’ont servi à rien. Et pour cause : au lieu de remplacer les rails et les caténaires, des travaux efficaces, on a préféré réaménager les gares, des travaux qui se voient. » Affirmation outrancière, puisque le plan RER B+ comportait une adaptation complète de la signalisation, l’ajout de voies supplémentaires sur certains tronçons et un nouveau poste d’aiguillage informatisé.

    Les élus demandent que « les transports franciliens deviennent enfin une vraie priorité du gouvernement et de la région. » Pour cela, la droite demande de renoncer au Pass Navigo unique. Elle demande, s’en prenant à la CMU et à l’Aide médicale d’Etat (AME), que l’on cesse « d’accorder une réduction de 75 % aux étrangers en situation irrégulière sur notre territoire et à leur famille », jugeant que cette réduction « prive les transports franciliens de 60 à 80 millions d’euros par an. » Rappelons que le 30 janvier, Valérie Pécresse, dans une interview au Parisien, avait évalué ce manque de 80 à 100 millions ». Ce qui lui avait attiré une réponse indignée de Piere Serne, vice-président Transports, dénonçant « la course à l’extrême-droitisation de l’UMP régionale », tandis que Jean-Paul Huchon, contestant totalement ce calcul, jugeait « surprenant que Valérie Pécresse demande de remettre en cause le droit à l’accès des personnes défavorisées aux transports, consacré par la loi, ce qui n’est pas sans poser de problème quand cela vient d’une députée et ancienne Ministre. »

    Selon la tribune des élus franciliens de droite, « l’Ile-de-France, c’est 50 % du trafic mais seulement 15 % des investissements au niveau national. Ce déséquilibre n’est plus tenable. » Sur le réseau SNCF, écrivent-ils, « la moitié des rails et des aiguillages a plus de 25 ans. La moitié des appareils de signalisation a plus de 65 ans et une grande partie des caténaires ont plus de 50 ans. ». Les trains aussi font défaut et, « selon la SNCF, il manque 250 trains pour que les transports fonctionnent correctement dans notre région. »

    En demandant qu’on cible les priorités, la droite cite la gare Saint-Lazare. Elle « a été rénovée mais la signalisation de ses voies, qui date des années 50, n’a pas été modernisée. Résultat, malgré ses 100 millions de voyageurs par an, cette gare possède les deux lignes Transilien (J et L) dont la régularité a le plus sévèrement chuté en 2013. » Ce sont justement les travaux qui vont être prochainement entrepris, et qui vont nécessiter la fermeture de la gare Saint-Lazare pendant plusieurs week-ends.

    Enfin, les élus de droite s’étonnent que « alors que pratiquement toutes les régions, sauf l’Ile-de-France, contestent la facture que leur présente la SNCF pour faire circuler les trains sur leur territoire, on peut s’interroger : la SNCF a-t-elle rempli toutes ses obligations vis-à-vis du STIF ? Et dans le cas contraire, qu’attend Jean-Paul Huchon pour saisir l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (ARAF) d’éventuels manquements ? ». Un proche du dossier fait remarquer que des mécanismes financiers plus contraignants que ceux mis en place pour les TER régissent les contrats du Stif avec ses opérateurs.

    Le groupe socialiste de l’assemblée régionale a aussitôt réagi en jugeant que « le plan Orsec que réclame la droite francilienne aujourd’hui n’est ni plus ni moins que la prise de conscience de la pertinence du « Plan de mobilisation pour les transports » lancé par la Région en 2008 pour améliorer le réseau de transports existant (RER, métro, bus, tram). Un plan de mobilisation auquel la droite gouvernementale d’alors avait refusé de participer pendant plus de… 3 ans. » Les municipales n’ont pas encore eu lieu que « le bal des régionales a commencé » commente un observateur. Les transports y auront une belle place.

    F. D. 

  • Le maire du Blanc-Mesnil accuse SNCF, RATP et RFF de discrimination

    Le maire du Blanc-Mesnil accuse SNCF, RATP et RFF de discrimination

    Qu’est-ce qui ne va toujours pas sur le RER B ? Trains en retard, thrombose du réseau, installations électriques au bord du pétage de plomb malgré la mise en place en septembre dernier du plan RER B Nord+, soit 250 millions d’euros de travaux réalisés pour améliorer le trafic et la fiabilité de la ligne, des usagers se plaignent encore d’incidents répétés Arguant de la reconnaissance par l’Etat de la notion de discrimination territoriale, le maire du Blanc-Mesnil remonte au créneau au nom de ses administrés.

    Il compte bien avoir la (nouvelle) loi pour lui. Ne pas bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens parce qu’on vit dans une banlieue populaire peut désormais relever de ce qu’on appelle la discrimination territoriale. Et les auteurs de cette sorte de ségrégation peuvent être poursuivis à ce titre. Estimant que les 52 000 habitants de sa commune sont particulièrement victimes des dysfonctionnements répétés du RER B, le maire du Blanc-Mesnil, Didier Mignot, vient de réactiver – et de réactualiser – à ce titre, la plainte qu’il avait déjà portée le 14 décembre 2012. Une plainte auprès du tribunal administratif. Où il met dans le même sac la SNCF, la RATP, coexploitantes de la ligne, et RFF, le gestionnaire d’infrastructure. Les accusant de porter « atteinte à l’image de sa ville ». Le maire (Front de gauche), candidat à sa réélection aux prochaines municipales de mars dans cette commune du 9-3, la Seine-Saint-Denis, demande « qu’un jugement les condamne à réparer le préjudice subi par la ville », précise son cabinet. Considérant que le transport ne remplit pas, au sens propre, son rôle de véhicule d’intégration, il réclame un dédommagement d’un euro par habitant.

    Dans son premier état de 2012, la plainte de l’élu attaquait déjà les trois entreprises pour « rupture de l’égalité de traitement entre les usagers du service public ». Notamment parce que certains trains de la ligne, alors qu’ils étaient omnibus jusqu’à Aulnay, filaient sans s’arrêter dans sa gare. Ni, soit dit au passage, dans celle de Drancy. Les Blancmesnilois se plaignaient, rappelle la mairie qui à l’époque a ouvert pour recueillir leurs témoignages un site de doléances, d’avoir droit à 20 minutes d’attente systématique. Et ceci quand leur train n’était pas en retard, voire tout simplement supprimé en cas d’incident.

    Depuis la mise en place du plan RER B Nord+, le 2 septembre dernier – un programme d’amélioration de la qualité du service de 250 millions d’euros – tous les trains desservent désormais toutes les gares de la ligne B.

    « Ça va mieux, concède le cabinet du maire, mais les retards et les incidents à répétition continuent. » Et la véritable série noire vécue par les banlieusards en janvier est encore venue apporter de l’eau à son moulin.

    Le 9 janvier, à la suite d’un problème d’alimentation électrique gare du Nord, le RER B (mais aussi le D) avait dû se contenter toute la journée d’une de ces circulations dites pudiquement « allégées » qui valent leur pesant de problèmes à résoudre pour le banlieusard.

    Quelques jours plus tard, le 15, près de 50 000 personnes se retrouvaient embarquées dans une nouvelle galère. Une journée mal partie dès le matin. Un RER stoppait à 8h en gare d’Auvervilliers à la découverte d’un paquet suspect oublié par un voyageur dans son train. L’intervention des services de déminage s’impose dans ces cas-là en vertu du plan Vigipirate. A 9h, l’incident est clos. Sauf que 14 autres trains s’étaient empilés dans les gares. Et sauf que l’un d’eux, stoppant pile à Aulnay sous un point fragile de la caténaire, capte au redémarrage une intensité équivalente à celle de toutes les rames présentes sur la zone. Et fait, selon les conclusions de l’enquête interne, « fondre » les fils. Paralysant toute reprise du trafic. « Un phénomène rarissime », jure Jérôme Lefebvre, directeur de la ligne B. Reste que tous les voyageurs, bloqués parfois dans leur rame pendant plus d’une heure, ont dû finalement descendre sur le ballast pour être évacués. La situation ne devait reprendre normalement que dans la soirée. Et ce ne sont pas les « 26 bus de substitution qu’on a pu mettre en place qui, Jérôme Lefebvre le reconnaît volontiers, pouvaient, à raison de 50 personnes par bus, suffire à acheminer une moyenne de quelque 1 500 voyageurs par train… »

    Enfin, comme si cela n’était pas assez, le lendemain les usagers avaient droit cette fois à un dégagement de fumée en gare RER de Châtelet-les-Halles. Propagée dans le tunnel par des conduits d’aération vers 18h30, elle provenait d’un feu dans les cuisines du Novotel du quartier. Par mesure de sécurité, les quais et toute une rame étaient évacués. Effet domino : le tableau horaire dégringolait. L’incendie du Novotel entraînait des répercussions jusque tard dans la soirée.

    On le sait, sur cette ligne intensément fréquentée où le trafic pendant la dernière décennie a augmenté en moyenne de 3 % par an, le moindre grain de sable dans les rouages enclenche des conséquences en cascade. Tous les problèmes, loin de là, ne sont pas imputables à l’infrastructure ou aux opérateurs. Mais la caténaire qui lâche ? Le moteur d’une machine qui flanche ? Les vieux matériels sales encore en service ?

    Pour aller en justice, le maire s’appuie sur « l’obligation légale et contractuelle » qu’a chacune de ces entreprises, rappelle-t-il, « d’exploiter et d’entretenir la ligne par tous les moyens en sa possession pour garantir un service de transport répondant à des normes de continuité, de régularité, d’amplitude, de sécurité et de qualité ». Certes, depuis 2009 déjà, les conducteurs, qu’ils soient SNCF ou RATP, assurent la ligne de bout en bout évitant les précieuses minutes perdues auparavant pour se passer les commandes gare du Nord. Certes la ligne est désormais sous commandement unique d’un seul PC depuis novembre dernier pour plus de réactivité. Mais l’opération RER B Nord+ n’a apporté des améliorations qu’en « utilisant mieux l’infrastructure existante ». Et c’est bien là un des gros problèmes. 

    Avant même la mise en place de ce plan, les collectifs d’usagers prévenaient déjà que la ligne, qui accuse trente ans de retard d’investissements, aurait sans doute bien du mal à ingérer un tel renforcement des circulations. Et qu’on risquait fort la « surchauffe » ? Voire le pétage de plomb côté caténaires et installations électriques.

    Sans parler du véritable entonnoir que constitue sur la ligne ce fameux tunnel entre Gare-du-Nord et Châtelet où les voies passent de quatre voies à deux. Deux voies que le RER B doit partager avec le D où circulent encore des Z 2N moins performants que les MI 79. Sachant aussi que le malheureux tunnel doit absorber l’injection supplémentaire de quatre RER D de plus par jour depuis décembre 2012. Ce qui n’a rien arrangé dans ce souterrain parisien au bord de la thrombose soir et matin.

    Quant au futur métro Grand Paris Express, même si Didier Mignot réclame pour 2018-2020 les lignes 16 et 17, la mise en service de la première n’est annoncée que pour 2023 et celle de la seconde pour 2025. La construction des deux tronçons Le Bourget – Noisy-le-Grand (2016) et Le Bourget – Roissy (ligne 17) devraient, selon les estimations, soulager la ligne B de 30 % de son trafic. Un usager hausse les épaules : « Quand on en sera là, je serai en retraite. On fait quoi en attendant ? »

    En attendant, les usagers essuient fatigue et stress, retards répétés au travail, crèche qui ferme ou enfants qui attendent chez la gardienne et autres rendez-vous manqués… Sans parler, selon la mairie, des personnes exclues de l’emploi parce qu’elles « n’habitent pas au bon endroit », ou des entreprises qui refusent de s’installer sur la commune en raison des problèmes de transports. Quelles que soient les différentes causes des incidents, c’est leur accumulation qui fait mal. La plainte déposée par le maire du Blanc-Mesnil est-elle recevable ? C’est à la justice de le dire. Mais si c’est le cas, d’autres villes de banlieue pourraient bien être tentées de suivre son exemple.

    Chantal BLANDIN

  • L’ouverture du marché des autocars fera partie du 2e volet de la loi de décentralisation

    Le ministère des Transports, qui affiche un « a priori favorable au développement du transport par autocar », l’a affirmé à Ville, Rail & Transports : la question sera traitée dans le volet 2 du projet de loi de décentralisation, dont le texte devrait être examiné lors du conseil des ministres du 9 avril. Pour les autocaristes qui attendent de longue date une ouverture plus large du marché à la concurrence, c’est un motif de satisfaction puisque c’était l’une de leurs revendications.

    Autre motif de satisfaction, le 27 février, ils ont reçu l’appui de l’Autorité de la concurrence : après s’être autosaisie du sujet, celle-ci s’est prononcée en faveur d'une ouverture du marché des autocars sur des trajets longue distance, via une refonte du cadre réglementaire.

    Actuellement, le transport interrégional par autocar n'est possible en France que dans le cadre d’une convention entre les collectivités locales et les transporteurs, ou bien, depuis 2011, dans le cadre du cabotage, qui permet de faire monter ou descendre des voyageurs entre deux villes françaises sur une ligne internationale.

    Le cabotage « crée d'importantes contraintes commerciales, pratiques et juridiques », estime l'Autorité, qui préconise de l'abandonner et de « prévoir un cadre national qui concilie le développement du transport par autocar longue distance d'initiative privée et la préservation d'offres répondant à des besoins de service public ».

    L’Autorité de la concurrence rappelle aussi que « les régions se sont massivement opposées, sans fournir d'analyse détaillée, à l'ouverture de lignes routières ». De crainte que le développement du car ne fasse concurrence au train, voire fasse disparaître certaines petites lignes ferroviaires.

    D’ailleurs, « les offres de cabotage sont soumises à une autorisation préalable du ministère des Transports. Celui-ci refuse environ 40 % des demandes d'ouverture de lignes d'autocars. La principale condition préalable […] est de ne pas porter atteinte à l'équilibre économique d'une ligne conventionnée préexistante, notamment ferroviaire », c'est-à-dire les TER et Intercités, précise le rapport qui pointe aussi « les délais d'autorisation et le défaut de transparence du système actuel », qui sont « un frein important au développement efficace du marché du transport par autocar ».

    S’appuyant sur les recommandations de ce rapport, la FNTV (Fédération nationale des transports de voyageurs) propose maintenant ses services à la DGITM (Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer). Elle propose, comme elle le demande depuis plusieurs années, de revoir les conditions permettant d’effectuer du cabotage, donc d’ouvrir les liaisons nationales à la concurrence, et d’élargir les compétences de l’Araf (le régulateur du transport ferroviaire) au transport par autocar.

    Plus nouveau, la FNTV propose à la DGITM de travailler sur un critère kilométrique pour autoriser – ou pas – les liaisons. « Ce critère semble avoir les faveurs de l’Autorité de la concurrence », estime Eric Ritter, le secrétaire général de la FNTV, en rappelant que c’est aussi le critère retenu en Allemagne. Pour aller plus loin dans ses propositions, la FNTV attend toutefois d’en savoir plus sur les orientations que le gouvernement prendra en matière de gouvernance, qui doivent être inclues dans le volet 2 du projet de loi sur la décentralisation. « Nous ne savons pas exactement quel sera le rôle des régions, quelles seront les compétences des départements dans l’organisation des transports à l’avenir », souligne Eric Ritter.

    Est-ce l’épilogue d’une histoire au long cours, que l’on attend depuis 2009 ? En attendant, les défenseurs du car affûtent leurs derniers arguments en affirmant que le développement de ce mode se fera en complémentarité avec le train. C’est aussi la position de l’Autorité de la concurrence, qui estime qu’il y aura un effet positif global sur le transport, qui profitera aussi au train « grâce à un réseau plus étendu », ouvert « à des consommateurs qui n'ont pas les moyens de se déplacer ». Même si le car présente un avantage de taille ? Il peut être jusqu'à deux fois moins cher que le train.

    [email protected]

  • Canada : les vélos en libre service de Montréal en faillite

    50 millions de dollars, c'est au bas mot le montant des dettes de Bixi, le système de vélos en libre service de Montréal. Une ardoise qui plombe totalement SVLS la société gestionnaire, incapable d'obtenir des liquidités pour relancer son activité.
    A son lancement pourtant, Bixi a de bonnes raisons de voir l'avenir en rose. Le concept s’il n'est pas nouveau a su se démarquer des autres systèmes en place à travers le monde. Le vélo, en aluminium et au design soigné, a de quoi attirer la clientèle mais la petite révolution c'est du côté des stations qu’il faut la chercher. A cause du rude climat hivernal, il est en effet nécessaire de démonter l’ensemble des installations dès la fin des beaux jours. Bixi a donc imaginé des stations de vélos faciles à installer et alimentées par l'énergie solaire. Des équipements sans aucun raccordement mis en place en seulement 20 minutes.

    Ce concept novateur a conduit à envisager rapidement son exportation et Bixi a finalement été vendu à New York et Chicago – ses principaux clients. Au total ce sont 37 000 vélos qui sont répartis dans une quinzaine de villes à travers le monde ayant adopté ce système. Un beau succès qui est pourtant à l'origine des difficultés de Bixi.
    Selon La Presse de Montréal, les deux mégapoles américaines retiennent actuellement 5,6 millions de dollars (4 millions d’euros) en raison des retards dans le développement du logiciel de gestion. Et pour ne rien arranger, l'opérateur new-yorkais réclame 11 millions de dédommagement à Bixi. Au final, la branche internationale plombe les comptes et les tentatives pour s'en séparer sont pour l'heure restées infructueuses.
    Pour sortir de l'impasse, la ville de Montréal a consenti à SVLS en 2011 un prêt de 37 millions, auxquels s'ajoutent 9 millions d'impayés aux différents fournisseurs. Les dettes s'envolent alors que l'actif de la société n'est évalué qu'à 11 millions de dollars.
    En janvier dernier, la ville de Montréal a demandé le remboursement de son prêt mettant de fait l'entreprise en faillite. SVLS a désormais six mois pour faire des propositions de restructuration permettant d'envisager un remboursement des dettes. En attendant, la saison 2014 est maintenue et les stations Bixi vont refleurir dès le mois d'avril à travers l'agglomération montréalaise.

    Philippe-Enrico ATTAL

  • Shoah : négociations entre Paris et Washington

    Paris et Washington ont entamé des négociations sur d'éventuelles indemnisations des familles des victimes américaines de l'holocauste transportées par la SNCF entre 1942 et 1944, dossier sensible qui menace de priver le groupe ferroviaire français de contrats aux Etats-Unis.
    Après plusieurs rencontres informelles en 2013, des diplomates des deux pays ont entamé ces négociations le 6 février à Paris, ont indiqué fin février à l'AFP l'avocat des familles des victimes, Stuart Eizenstat et l'ambassade de France à Washington, confirmant une information du Washington Post.
    Cet avocat, qui a déjà obtenu des compensations pour des victimes de la Shoah en Allemagne, en Autriche et en Suisse, a juste précisé que les deux parties « étaient en train de définir le nombre » de victimes concernées.

  • Métro : des selles russes pour diminuer les vibrations

    Métro : des selles russes pour diminuer les vibrations

    Le russe ABV a développé une solution de selles amortissantes constituées de métal et d’élastomères de polyuréthane, qui permet de réduire à la source les vibrations causées par les passages de métros dans les tunnels. Réduire au maximum les vibrations dues au passage des rames de métro est l’un des objectifs souhaités par tous : les concepteurs de nouveaux projets, les maîtres d’ouvrage, les maîtres d’œuvre et, bien sûr, les riverains. Une solution pourrait venir du froid. Elle a été développée en Russie par Boris Naumov, ingénieur qui a créé en 1991 sa société dénommée ABV, à la pointe de techniques antibruit et antivibratile. La limitation des vibrations y est particulièrement sévère dans ce pays : 57 dB contre 71 dB dans la norme ISO. ABV travaille en partenariat avec Fimor, une entreprise française basée au Mans spécialisée dans la transformation du polyuréthane qui produit notamment des patins réducteurs d’attrition placés sous les traverses béton, à l’image de celles mises en œuvre actuellement sur la phase 2 de la LGV Est.Dénommé Cradle, le système ABV de selles amortissantes pour métro en tunnels, constituées de métal et d’élastomères de polyuréthane, diminue les vibrations à la source. Lors du passage des roues, ces dernières sont surtout provoquées par le différentiel de rigidité entre les parties du rail fixées à leur support et leurs parties non soutenues.Sur une voie sur dalle avec fixations classiques, la rigidité du rail entre deux traverses consécutives distantes de 60 cm serait ainsi dix fois moins importante qu’au droit de celles-ci. Les semelles ABV divisent ce différentiel de rigidité par cinq ! Ce constat est tiré de retours d’expérience « terrain » validés par des laboratoires spécialisés.Au total, plus de 100 000 selles ont ainsi été installées sur plusieurs réseaux de métro en Russie, dont une trentaine de kilomètres à Moscou, sur des voies supportant des trafics annuels atteignant les 60 millions de tonnes. Après dix années de service, aucun ressort en polyuréthane n’a été remplacé ! Exemple de rénovation, le musée Pouchkine sous lequel une ligne passe à 8 m et à 5 m de la base des fondations. Les 1 250 selles installées en un mois ont permis une réduction des vibrations de 8 dB à 31,5 Hz et de 12 dB à 63 Hz, mesures prises au niveau du plafond du rez-de-chaussée avant et après rénovation. Cinq ans après, les mesures sont identiques…Autre avantage de ces selles, une optimisation de la stabilité du rail. Posé sur un support agissant comme un bras de levier offrant un certain débattement, la réduction de la tension dans le rail est de l’ordre de 7 à 10 %, l’effort maximal d’arrachement sur la fixation diminue d’environ moitié et l’usure ondulatoire du rail est réduite. « Il existe un type de selles par type de voie ou de traverses. Elles peuvent être adaptées à la plupart des systèmes d’attaches connues, avec ou sans boulons. Pour la rénovation de voies anciennes sur traverses en bois ou en béton, pour des constructions neuves avec traverses en composite nous proposons aussi des selles directement installées sur dalle béton avec épaulements, précise Boris Naumov. Nous avons aussi développé des selles en polyamide avec 50 % de fibres de verre qui sont actuellement en cours d’homologation. » Les sociétés ABV et Fimor, qui espèrent bien mettre en œuvre leurs selles amortissantes ailleurs qu’en Russie, lorgnent sur les grands projets de métro dans le monde. Le Grand Paris Express par exemple…

    Michel BARBERON 

  • Grande vitesse : la France et l’Espagne connectés sans changement

    Grande vitesse : la France et l’Espagne connectés sans changement

    Finies les correspondances à Figueres-Vilafant, la gare grande vitesse de Figueras. Depuis
    le 15 décembre, des TGV et AVE sans changement sont enfin proposés entre la France et l’Espagne. Le 15 décembre a vu le démarrage de la nouvelle offre à grande vitesse entre la France et l'Espagne. Onze mois après la connexion entre le réseau à grande vitesse espagnol et la ligne nouvelle Perpignan – Figueras, qui obligeait encore à effectuer une correspondance dans cette dernière gare faute de matériel roulant autorisé de part et d’autre, des services sans changement sont enfin proposés en coopération entre la SNCF et la Renfe.En dépit d'une homologation relativement tardive de 10 rames AVE série 100 sur le réseau français, le 22 novembre, le service a pu démarrer moins d'un mois plus tard, à temps pour le changement d'horaire. Le passage à la grande vitesse, lancé par les ministres Frédéric Cuvillier et Ana Pastor avec Guillaume Pepy et Julio Gómez-Pomar Rodríguez, présidents de la SNCF et de la Renfe, permet des gains de temps de 47 minutes à 1 heure 06 sur les meilleurs temps.Sur les cinq allers et retours transitant chaque jour entre Perpignan et Barcelone, deux relient Paris et Barcelone en 6 heures 25 en TGV Duplex Dasye (qui doivent être remplacés par des Euroduplex en 2014). Mais l’essentiel n’est pas l’amélioration des relations entre Paris et l’Espagne, dont les voyageurs ne gagnent pas vraiment au change avec un gain de temps minime : ces relations se destinent à une clientèle loisirs pour qui plus de trois heures restent un temps de parcours supportable. De plus, cette clientèle parisienne ne pourra plus prendre les trains Talgo de nuit d’Elipsos sans changement pour Barcelone et Madrid. Ces trains qui n’avaient plus le vent en poupe ces derniers temps (120 000 voyages par an) face à la concurrence aérienne (low cost ou non) ont bénéficié d’un an de sursis jusqu’au lancement des nouveaux TGV, même si ces derniers ne les remplacent pas vraiment.En fait, la véritable révolution est la création de liaisons performantes sans changement, effectuées en AVE série 100, entre 12 villes du sud de la France et l’Espagne : Barcelone est reliée une fois par jour à Toulouse en 3 heures 02 et à Lyon en 4 heures 53, alors que Madrid n’est plus qu’à 7 heures 03 de Marseille. Ces « TGV des régions » montrent que la grande vitesse, malgré tout le mal que l’on en dit ces deniers temps, n’est pas réservée aux Parisiens. D’autant plus que si l’on ajoute les deux allers et retours Paris – Barcelone aux trois autres, Perpignan bénéficie chaque jour de cinq allers et retours avec Barcelone. Et pour répondre à des pics d’affluence saisonniers – plus d’un million de voyageurs sont attendus sur ces relations la première année –, la fréquence pourrait augmenter dès le printemps prochain, échéance à laquelle des Euroduplex doivent remplacer les TGV Duplex Dasye.Ces nouveaux services mettent enfin en évidence le chaînon manquant du réseau à grande vitesse européen qui, une fois achevé le contournement de Nîmes, subsistera entre Montpellier et Perpignan. Dans le contexte actuel, pourtant peu favorable aux lignes nouvelles, Frédéric Cuvillier a cherché à rassurer son auditoire à Perpignan lors de son discours inaugural en annonçant la poursuite des études sur la ligne nouvelle Montpellier – Perpignan, précisant qu’il avait « décidé » que cette ligne aurait un trafic mixte voyageurs-fret et serait dotée de gares de périphérie pour Béziers et Narbonne, voire Perpignan ultérieurement. Mais déjà, la première étape ne sera certainement pas pour tout de suite…En revanche, des gains de temps sont encore envisageables au sud de Perpignan, en particulier sur la LGV espagnole, conçue pour 350 km/h. N’oublions pas qu’il y a trois ans, la SNCF annonçait des Paris – Barcelone en 5 heures 35 « en 2012-2013 » !

    Patrick LAVAL

     

    TP Ferro n’est pas à la fête

    Sans TP Ferro et sa ligne nouvelle Perpignan – Figueras, pas de TGV France-Espagne ! Cette filiale à parts égales du groupe de BTP espagnol ACS et de son homologue français Eiffage est en effet le concessionnaire pour 53 ans de la ligne de 44 kilomètres traversant l'extrémité orientale des Pyrénées, via un tunnel de 8 kilomètres. Or cet acteur indispensable, qui devait devenir le PPP modèle du temps de son lancement, n'a pas été cité une seule fois lors du lancement de la nouvelle offre à grande vitesse. Et ses représentants ont brillé par leur absence lors des festivités.

    Il faut dire que le concessionnaire n'a guère de raisons de se réjouir : presque cinq ans après l'achèvement de sa ligne, livrée en février 2009, le trafic prévu n'est pas au rendez-vous. Les péages de cinq allers et retours par jour en TGV ou AVE, additionnés à ceux du trafic fret, dix fois moins élevé que prévu, rembourseront difficilement le milliard d'euros qu'a coûté la ligne franco-espagnole. Et pourtant, vu de la SNCF et de la Renfe, ces péages sont déjà très élevés : il se dit à la direction de SNCF Voyages que le voyageur ayant obtenu le tarif le plus bas sur Paris – Barcelone ne paye pas beaucoup plus que sa part du péage à TP Ferro !

    En attendant, ce dernier est en très mauvaise situation. Après l'aménagement d'un itinéraire à voie normale vers Barcelone sur ligne classique pour le fret et l'ouverture de la LGV de Barcelone à Figueras, début 2013, l'Espagne ne se considère plus responsable des problèmes dus aux retards du passé (à Figueras, jusqu'en décembre 2010, la ligne nouvelle ne menait nulle part). Donc, plus question de payer quelque 30 millions d’euros par an à TP Ferro, qui en contrepartie des retards avait également vu sa concession prorogée de trois ans.

    Côté français, en dépit des annonces rassurantes de Frédéric Cuvillier sur la poursuite des études de la ligne nouvelle mixte au nord de Perpignan, la prochaine décennie (et sans doute la suivante) peut être considérée comme perdue… Sans attendre une telle échéance (le gouvernement évoque la mi-2014 selon Le Monde), il faut trouver un plan de sauvetage pour TP Ferro. Il y a bien eu le précédent Eurotunnel, mais vu que le trafic envisagé sous les Pyrénées, rien que pour les trains à grande vitesse, est dix fois moins élevé que sous la Manche… P. L.