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Espagne. La concurrence sur les rails pour 2014
Devant la presse madrilène puis au sommet des ministres des Transports le 5 décembre à Bruxelles, Ana Pastor a sifflé le départ : la libéralisation du trafic AVE et grandes lignes va arriver en Espagne durant la première moitié de 2014. Se voulant en avance sur le quatrième paquet ferroviaire européen, la ministre espagnole a carrément déclaré « imminentes » les autorisations à délivrer aux opérateurs privés intéressés par la grande vitesse.
De fait sont dans les starting-blocks plusieurs sociétés ibériques : certaines viennent du secteur des travaux publics et ont une expérience dans les chantiers ferroviaires (Acciona, OHL, Ferrovial) ; d'autres ont fait leurs preuves dans le trafic voyageurs urbain ou interurbain (l'espagnol Globalvia, Alsa lié au britannique National Express). Mais tous, fantasme ou réalité, pensent aussi à des opérateurs étrangers à peine « masqués » derrière leurs filiales espagnoles : la DB (Arriva ou ECR España), la SNCF depuis qu'elle a pris des parts dans le capital de Comsa Rail Transport (issue d'une entreprise du BTP).
Outre Pyrénées, les choses vont paso a paso : au 1er août dernier, la Renfe devait être séparée en quatre pour permettre la concurrence et laisser espérer à l'Etat que vont s'amoindrir les 2,5 milliards d'euros que lui coûte chaque année le rail.
Le trafic marchandises étant « libéralisé » depuis 2005 (avec un succès mitigé), quatre sociétés devaient voir le jour : l'une pour le fret, l'autre pour tous les services voyageurs, une troisième pour la maintenance et la dernière, du type « Rosco », afin de louer du matériel roulant aux nouveaux opérateurs. Préparation inachevée et vu les circonstances (l'accident AVE de Santiago), seuls ont été ouverts les services touristiques. Et la libéralisation a été renvoyée à début 2014.
Nous y sommes, et Ana Pastor entend commencer par l'AVE et les grandes lignes. Handicaps pour les candidats qui seraient déjà homologués, les péages de l’Adif augmentent en 2014 de 16% et la politique tarifaire de Renfe dans les AVE a rencontré un tel succès que le marché est quelque peu plombé. Ressource : la nouvelle société de location propose sept trains AVE et 12 rames à grande vitesse à écartement variable (et en surnombre chez Renfe). Une offre critiquée par les candidats, qui n'y voient pas le matériel le plus adéquat.
Parmi eux, Ferrovial vient de confirmer son intérêt. Gérant des autoroutes ou des aéroports, menant des chantiers, ce groupe dispose depuis mars 2011 d'une licence d'opérateur mais, pour le moment, Ferrovial Railway ne s'en est pas encore servi. Lui comme ses collègues veulent d'abord en savoir plus sur les règles du jeu, le calendrier et les termes de la concurrence avec l'opérateur public Renfe. « Avant l'été 2014 », a promis la ministre.
Michel GARICOÏX
Rail cassé en Midi-Pyrénées : Martin Malvy pas surpris
« Si l’accident n’a pas eu lieu, ça tient du miracle, commente Martin Malvy, le président (PS) du conseil régional… Midi-Pyrénées. Les rails sont faits pour être l’un au bout de l’autre. On savait depuis longtemps que c’était une ligne "en fin de vie". Après cet incident, dont RFF nous assure qu’il n’a jamais eu de précédent, il y a urgence à accélérer les travaux programmés. »L’incident en question, c’est ce fameux rail cassé sur pas moins d’1,29 m découvert le 26 novembre dernier près de la gare de Carbonne (Haute-Garonne) sur une section bien mal en point de la ligne Toulouse – Tarbes – Lourdes – Bayonne. Un incident qui, alors que la catastrophe de Brétigny-sur-Orge en juillet dernier est encore dans les têtes, pose une nouvelle fois la question de la vétusté du réseau.
Et Martin Malvy ne craint pas d’ajouter : « Si nous n’avions pas eu la volonté politique de réaliser notre plan rail Midi-Pyrénées, ce qui vient de se passer aurait très bien pu arriver sur le réseau régional. Sans ce plan de rénovation,précise-t-il, il y aurait aujourd’hui tellement de ralentissements pour assurer la sécurité que le réseau serait littéralement paralysé. »
Le président du conseil régional se félicite que ce plan 2007-2013, inédit sur une région de France par son ampleur, et qui s’achève ce mois-ci, ait atteint tous ses objectifs. « A l’exception de la rénovation du seul viaduc du Viaur dont le chantier est bloqué par une "nouvelle future" réglementation sur l’amiante. »Soit : 11 lignes refaites, 20 km de lignes doublées et une importante modernisation de la signalisation sur 11 lignes…
Et Martin Malvy fait ses comptes.« En mobilisant l’Etat, l’Europe et RFF, nous avons investi 820 millions d’euros dont 400 apportés par la région. » Dans la foulée, il souhaitait la mise en place d’un nouveau service de trains rapides en 2014 : la création d’un aller-retour de plus en deux heures sur Rodez – Toulouse et Figeac – Toulouse, les deux terminus les plus éloignés de Toulouse. Avec quatre navettes supplémentaires au départ d’Albi. « La SNCF m’a présenté une addition de 4,8 millions d’euros soit 27 euros du kilomètre. Pas dans nos moyens », regrette Martin Malvy.

Postpaiement : voyagez d’abord, payez après
Facilité d’utilisation côté voyageurs, facilité d’installation pour les autorités organisatrices
de transports et les opérateurs, on comprend pourquoi les réseaux recourent de plus en plus au paiement différé. Une poignée d’entre eux vient de se convertir dans les derniers six mois. Malgré cet engouement, cette technologie n'est pas une nouveauté partout. Lille fin septembre, Nantes le 1er novembre, Valence-Romans le 5 novembre, mais aussi Nancy, Nîmes ou Dijon. Depuis quelques mois, le nombre d’agglomérations qui proposent le postpaiement à leurs clients ne cesse de croître. « Il y a un véritable engouement des autorités organisatrices pour le paiement différé. On trouve de plus en plus cette demande dans les appels d’offres les plus récents », constate Christophe Badesco, chargé de mission Billettique chez Keolis qui a accompagné le postpaiement à Tours en 2009.
Il faut reconnaître que le postpaiement a de quoi séduire. Les clients en premier lieu car ils paient seulement les voyages qu’ils effectuent. Un effet de la crise ? Elle entre en compte probablement, même si elle est difficile à quantifier.
Le recours au paiement différé n'est pas une nouveauté partout. A Belfort, la demande de postpaiement – même si elle n’était pas formulée ainsi – est assez ancienne. « Au cours d’une de nos enquêtes précédant la mise en place d’Optymo, j’ai été surpris par le nombre d’habitants disposant de revenus modestes qui craignaient de ne pouvoir payer un abonnement en fin de mois », se souvient Christian Proust, président du Syndicat mixte des transports en commun (SMTC).
Mais ce n'est pas principalement pour cette raison que le SMTC a lancé le postpaiement en 2008. Il a été mis en place pour augmenter la vitesse des bus ! « Quand nous avons pris les rênes des transports dans l’agglomération, nous avons constaté que les bus étaient la moitié du temps à l’arrêt. Soit devant un feu, soit à un arrêt, le temps que le conducteur vende des billets », raconte Christian Proust. Ce dernier préférant que les conducteurs… conduisent, il a été décidé de supprimer la vente à bord. Une très grosse campagne de promotion de la carte de postpaiement a été lancée. Avec l’idée qu’elle s'adresse à tous les voyageurs.
Le SMTC en a profité pour baisser le prix unitaire du ticket. 90 centimes le trajet valable pendant une heure, même en cas de changements de bus et de lignes. Autre avantage, le paiement différé est devenu dégressif et plafonné. Si le voyageur circule peu, il paie chaque trajet 80 centimes. Un plus gros utilisateur ne paiera jamais plus que 31 euros, prix plafonné de l’abonnement mensuel adulte, ou 9 euros pour les enfants et les scolaires.
« Le paiement différé facilite et simplifie l’acte d’achat, explique Christophe Badesco. Mais nous préconisons de le destiner à la seule clientèle occasionnelle. Ne serait-ce que pour conserver sa simplicité. Sinon, le client risque de se perdre s’il doit calculer le nombre de voyage qu’il a effectué, si cela correspond, ou dépasse le montant du carnet, ou du titre mensuel. »
Ce qui n’empêche pas le geste marketing. « C’est arrivé à Tours avec un client qui, un mois, avait largement dépassé le cadre des voyages occasionnels. Nous lui avons signalé, par courrier, qu’il existait des tarifs plus intéressants. Mais il a répondu que cette hausse soudaine était très ponctuelle et ne souhaitait pas changer de formule », poursuit Christophe Badesco.
Une politique tarifaire similaire est appliquée à Valence-Romans, où le réseau Citéa, géré par Transdev, a lancé Cité’zen le 5 novembre dernier. Il ne s’agit pas de proposer un tarif préférentiel, mais de faciliter l’achat de titres à des voyageurs occasionnels : l’étudiant qui rentre un week-end sur quatre, la personne âgée, qui va emprunter le bus une ou deux fois par semaine… Aucune politique tarifaire particulière ne l'accompagne : le titre reste à 1,20 euro. Seuls intérêts : le plafonnement de la carte à 40 euros de dépenses au maximum (soit environ 33 voyages !), et la garantie de ne pas être en fraude.
L’option Cité’zen est gratuite. Il suffit, comme pour tous les voyageurs, de s’inscrire avec une pièce d’identité, et de fournir un RIB pour le prélèvement, qui s’effectue le 10 du mois.
D’un point de vue technique, la mise en place du postpaiement, ne présente pas de difficultés particulières. A deux ou trois détails près. D’abord, il faut que le réseau soit doté d'un système de pass sans contact. Une exigence qui n’en est (presque) pas une, puisque de plus en plus d’agglomérations en ont un. Certaines d’entre elles, s'appuient sur la carte de transport multimodal développée au niveau régional. A l’instar de l’agglomération de Valence-Romans-sur-Isère qui propose Cité’zen sur la carte OùRA de Rhône-Alpes (en service sur le réseau Citéa).
L’autre condition pour le bon fonctionnement du système repose sur la validation. Sans elle, pas de facturation possible au client. Or le client peut facilement oublier, sciemment ou non, de glisser son pass devant le valideur. D’autant plus sur des réseaux ouverts comme les tramways ou pour les bus articulés à multiples entrées. « Dans nos recommandations, nous attirons toujours l’attention des élus sur ce phénomène lorsqu’ils souhaitent mettre en place le postpaiement », précise Christophe Badesco. Si le réseau a déjà un taux de fraude élevé, ce système aura du mal à faire ces preuves. « A Tours par exemple, qui est passé au postpaiement en 2008, le taux était de 2 %, poursuit Christophe Badesco. Et dans tous les cas, le postpaiement doit s’accompagner de campagnes d’informations sur le rôle et l’intérêt de la validation. »
Car, au-delà du postpaiement, la validation est un formidable outil de connaissance du réseau, de sa fréquentation, ligne par ligne, parfois arrêt par arrêt, ou encore de l’occupation des bus et des habitudes des voyageurs. A Belfort, on ne craint pas particulièrement la fraude qui atteint les 5 %. « Les contrôleurs sont équipés de lecteurs de carte qui révèle l’historique des validations. Ils voient si le porteur emprunte souvent le réseau ou une ligne. Cela permet de faire le tri entre un oubli ponctuel et une fraude caractérisée », explique Christian Proust. L’oubli ne sera facturé que 4,50 euros, mais la fraude 45 euros. Cette agglomération, convertie de longue date au postpaiement, l’utilise également pour les autres modes d’Optymo : les vélos en libre service, décompté à la minute. Ce sera aussi le cas pour les futures voitures en libre service qui seront lancées mi-décembre. A la clé aussi, des centaines de données utilisateurs, bien sûr collectées dans le respect de la vie privée, mais qui permettent d’affiner le service.
Yann GOUBIN

Passe Navigo à tarif unique, la fin du rêve
Une promesse politique non tenue, ça ne serait pas nouveau. Une promesse politique non tenue, ça ne serait pas nouveau. Ainsi, sachant que le prochain scrutin régional est en 2015 et que le vice-président chargé des Transports en Ile-de-France, Pierre Serne (EELV) venait d’affirmer que le pass Navigo au tarif unique de 65 euros, ça ne sera finalement (toujours) pas pour 2014, notre confrère du Monde, Olivier Razemon, annonçait sur son blog, le 28 novembre, que la région renonçait au dézonage total. Mais comme il n’est pas question de perdre la face sur un sujet aussi porteur de symbole, l’élu corrigeait le tir dès le lendemain, transformant l’abandon en énième report.
Bref, malgré les 400 millions d’euros nécessaires au financement annuel de la mesure, introuvables, malgré la hausse de 3 points de la TVA, qui plombera de 100 millions d’euros le budget du Stif, et qui sert opportunément de goutte d’eau dans cette affaire, Pierre Serne veut garder son optimisme. « On ne peut pas se le permettre dans la situation actuelle », a-t-il d’abord déclaré. De toute façon, l’AO francilienne est coincée puisque l’harmonisation des taux de VT franciliens, mesure supposée financer le dézonage, doit passer par le Parlement.
Et comme on pouvait le craindre, elle ne sera pas votée au PLF 2014. Devant le buzz créé par cette annonce, Pierre Serne tente d’éteindre le feu via Twitter le 30 novembre : « @Denis_Baupin @S2RVNL @franckraleur je confirme : n’ai jamais parlé d’abandon mais de difficulté financière récurrente à faire. On lâche rien ! » Il rappelle tout de même que le dézonage se fait « par morceau » puisqu’il reste valable le week-end et sera réitéré durant 5 semaines d’été, comme cette année. Son coût étant plus raisonnable – quelques dizaines de millions d’euros – il devrait pouvoir être absorbé par le budget.C. N.
Bar-le-Duc choisit Transdev
Les élus de la communauté d’agglomération de Meuse Grand Sud, autour de la ville centre de Bar-le-Duc, ont signé une convention de DSP de sept ans avec Transdev pour l’exploitation du réseau de transport. Le contrat, dont le montant du s’élève à près de 20 M€, prendra effet à compter du 1er janvier 2014. C’est à cette date également que sera créée la nouvelle Communauté d’agglomération de Meuse Grand Sud (37 000 habitants et 27 communes). La nouvelle offre de transport se substituera au réseau urbain de Bar-le-Duc et à l’offre scolaire et interurbaine du Conseil général de la Meuse. Le principe de gratuité sera maintenu dans ce nouveau périmètre.

Transfert modal : la fin des ambitions européennes ?
Le transfert modal était une des grandes ambitions de la Commission européenne. Entre le lancement des « gigaliners », ces mastodontes de la route, et le renoncement à l’Ecotaxe européenne, les signaux montrent que ce n’est pas la direction prise. La Commission européenne actuelle terminera son mandat à l’été 2014 avec les élections européennes. Et déjà sonne l’heure des bilans. L’une de ses grandes ambitions pour le transport était le transfert modal : « une partie du transport routier de fret sur plus de 300 km devrait se reporter sur d’autres modes de transport, à hauteur de 30 % d’ici à 2030 et au-delà de 50 % d’ici à 2050 », escomptait-elle en 2011 dans son livre blanc sur les transports. Une gageure puisque le ferroviaire assure actuellement 16 % du fret en Europe.
Trop de « concepts »
La Commission européenne a-t-elle fait ce qu’il fallait pendant son mandat pour y arriver ? Les experts sont partagés. Pour le président du groupe suisse de transports BLS, Bernard Guillelmon, l’affaire est entendue : il y a « beaucoup de concepts mais le taux de mise en œuvre et de succès est très bas », a-t-il remarqué, lors d’une conférence sur le transfert modal à Bruxelles en septembre dernier.
Premier facteur déterminant le manque de compétitivité du rail : la qualité du service. Le transport combiné représente actuellement 10 % du fret mais « nous pourrions offrir beaucoup plus de services si la qualité des sillons était meilleure, remarque Martin Burkhardt, directeur général de l’Union internationale du transport combinée, l’UIRR. Avec 20 % de nos trains en retard de plus de 3 heures et 5 % plus de 24 heures, impossible de faire des offres pour des produits frais », constate-t-il.
Le sous-investissement chronique dans le réseau est pointé partout du doigt. Or, du point de vue financier, « la Commission européenne est cohérente avec les priorités du livre blanc Transports », reconnaît Libor Lochman, directeur exécutif de la Communauté européenne du rail, la CER. De fait, le rail est le premier bénéficiaire des 26 milliards destinés aux Réseaux transeuropéens de transports sur 2014-2020.
Le problème vient des Etats membres, souligne Libor Lochman, et « le pire a lieu dans les nouveaux Etats membres de l’Union Européenne, où 85 % des fonds vont vers la route. Or, nous aurons besoin de ces réseaux pour développer le trafic vers l’Asie ».Pollueurs-payeurs : « pas le bon moment »
Sur le plan financier, la balle n’est donc pas dans le camp de Bruxelles… Quoique : depuis une décennie, le rail plaide pour une tarification de l’infrastructure « équitable » avec la route. Dans leur viseur : une nouvelle génération d’eurovignette. D’abord pour que la route soit davantage taxée en fonction du kilométrage parcouru et des émissions de CO2. Ensuite pour que la route finance le rail.
Alors que l’Eurovignette III doit entrer en vigueur cet automne, des consultations ont déjà été lancées à l’été 2012 sur une future Eurovignette IV. Cette nouvelle mouture devait s’attaquer entre autres au principe du « pollueur-payeur » pour les voitures individuelles.
De quoi faire rugir les incendiaires des bornes écotaxe… mais « avec des budgets publics restreints, nous sommes convaincus que le financement futur de l’infrastructure passe par la taxation des utilisateurs de la route, tout comme les trains paient l’accès aux infrastructures », assurait encore en septembre le commissaire aux Transports, Siim Kallas lors d’un congrès de l’IRU. Même si le sujet est « sensible », « nous devons agir rapidement pour mettre fin à des années de sous-investissement », précisait-il.
Las ! « Nous ne ferons pas de proposition sur ce sujet cette année parce que nous pensons que ce n’est pas le bon moment », indique quelques semaines plus tard Olivier Onidi, directeur Mobilité à la Commission européenne. Autrement dit, l’actuelle Commission n’a pas l’intention de présenter maintenant une nouvelle taxe qui a toutes les chances d’être retoquée par les gouvernements nationaux. A la prochaine Commission de choisir les risques qu’elle voudra prendre.
La Commission européenne ne joue pas non plus les va-t-en-guerre en matière de mobilité urbaine. Dans des propositions qui devraient sortir prochainement, elle va renoncer à rendre les plans de mobilité urbaine obligatoires, reconnaît Olivier Onidi. Des plans que la France applique en général mais pas toujours et qui sont essentiels pour faciliter les connexions intermodales pendant le dernier kilomètre des livraisons. Or l’amélioration de ce dernier kilomètre était aussi une priorité du livre blanc.Mauvais signaux
Aux yeux des opérateurs historiques, la Commission européenne a surtout envoyé un « mauvais signal » avec son quatrième paquet ferroviaire. Selon Libor Lochman de la CER, « la libéralisation n’est pas suffisante pour favoriser le transfert vers le ferroviaire ». La preuve ? La Roumanie a totalement ouvert son marché, séparé l’infra des opérateurs exactement comme le demande la Commission… pour arriver « à des pertes de marché record, parce qu’il n’y a pas eu d’investissements dans le rail similaires à la route », fait-il valoir.
Autre mauvais signal : un encadrement inégal des droits des passagers selon les modes de transports. La Cour de justice a enfoncé le clou récemment en confirmant que les opérateurs ferroviaires doivent dédommager leurs passagers en cas de retards dus à des intempéries, « alors que les compagnies aériennes ou d’autobus n’y sont pas astreintes », s’insurge Libor Lochman.
Tout ceci à un moment où le programme qui finançait des projets d’intermodalité, Marco Polo, est abandonné par manque de « projet sérieux ».
Bref, le transfert modal : « parole, parole » comme chantait Dalida ? Les termes du débat sont surtout mal posés, tranche Paola Lancellotti, secrétaire générale de l’association européenne des chargeurs. « La direction générale Transport de la Commission a probablement fait tout ce qu’elle devait faire », estime-t-elle, « le problème est qu’il n’y a pas de vision d’ensemble sur toute la chaîne logistique ». En clair : la Commission travaille uniquement sur l’offre de transports et non sur la demande. Or, les deux sont liés, fait-elle valoir : par exemple, « en Suède, le wagon isolé continu à fonctionner parce qu’il y a une demande des industries du bois/papier ». L’échec du transfert modal, finalement, serait moins le fait d’un manque de politique européenne des transports que de politique industrielle.Nathalie Steiwer

LGV Est : la bataille des dessertes est lancée
Le comité des dessertes de la deuxième phase de la LGV Est, qui a tenu sa première réunion le 8 novembre à Strasbourg, se donne un an pour déterminer les gares desservies, les trajets et la fréquence des arrêts sur la nouvelle infrastructure qui placera Strasbourg à 1 heure 50 de Paris en 2016, contre 2 heures 20 actuellement Le comité des dessertes de la deuxième phase de la LGV Est, qui a tenu sa première réunion le 8 novembre à Strasbourg, se donne un an pour déterminer les gares desservies, les trajets et la fréquence des arrêts sur la nouvelle infrastructure qui placera Strasbourg à 1 heure 50 de Paris en 2016, contre 2 heures 20 actuellement. Les négociations mobilisent l'Etat, RFF, la SNCF et les représentants des collectivités (Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace) cofinanceurs de ce tronçon de 106 kilomètres entre Baudrecourt (Moselle) et Vendenheim (Bas-Rhin). Les élus de Saverne, Sarrebourg et Lunéville, villes moyennes contournées par la nouvelle ligne, insistent déjà sur la nécessité de maintenir « au moins deux arrêts par jour » dans leurs gares respectives.
Limitée à la partie française de la ligne, la concertation n'occulte pas sa dimension internationale, portée par le maire de Strasbourg Roland Ries. « Nous devons veiller à l'équilibre entre les dessertes de Francfort par Forbach, Sarrebruck et Mannheim, et au sud via Strasbourg », a-t-il rappelé, pariant sur l'amélioration de la desserte ferroviaire de l'aéroport international de Francfort depuis la capitale européenne.
Interrogé par Ville Rail & Transports, Guillaume Pepy, président de la SNCF, s'est déclaré « déçu par l'Allemagne, qui n'a pas respecté ses engagements et n'a pas aménagé le raccordement de son réseau ferroviaire à la LGV Est au-delà du pont de Kehl ». La deuxième phase de la LGV Est, qui assurera des circulations TGV en 1 heure 25 entre Strasbourg et Luxembourg, pourrait également relancer le projet de raccordement ferroviaire EuroCap-Rail entre Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg, éventuellement prolongé jusqu'en Suisse, mais dont le tronçon belge reste à imaginer.
Olivier MIRGUET

Des médiateurs dans les bus de Montargis
L’agglomération montargoise et rives du Loing (10 communes et 60 000 habitants), autour de Montargis, dans le Loiret, a recruté afin d’assurer des missions de médiations dans le réseau Amélys, qui transporte près de 2,2 millions de personnes par an. L’agglomération montargoise et rives du Loing (10 communes et 60 000 habitants), autour de Montargis, dans le Loiret, a recruté trois jeunes hommes et une jeune fille en contrat emploi-avenir, afin d’assurer des missions de médiations dans le réseau Amélys, qui transporte près de 2,2 millions de personnes par an.
« Nous avons beaucoup de petites incivilités. Pour garantir le calme, la sécurité et la sérénité, nous comptons sur les médiateurs », a expliqué Pierre-Marie Ditte, le directeur de Keolis Montargis. S’ils ne verbaliseront pas – ce ne sont pas des contrôleurs –, ils veilleront à la tranquillité des voyageurs et à la prévention de la délinquance dans les bus. Leur service, en binôme, fonctionnera du lundi au samedi, de 10h30 à 19h, avec des interventions ponctuelles à certaines heures et sur certaines lignes.
Au printemps, les médiateurs participeront également à des actions de prévention dans les écoles primaires.Y. G.
Tramway : Valenciennes inaugure sa deuxième ligne
Sept ans après la mise en service de sa première ligne de tramway, l’agglomération valenciennoise doit inaugurer le 13 décembre sa ligne 2. 15 km entre Valenciennes et Vieux-Condé (21 stations) relient désormais sept communes. Particularité de la ligne, qui a coûté 124,5 millions d’euros : l’exploitation en voie unique bidirectionnelle, une première en France sur une telle distance grâce à des zones d’évitement réparties en stations et sur le parcours. Les fréquences prévues sont de 10 minutes. On y attend 16 000 voyageurs par jour. Plus de 60 000 habitants de l’agglomération seront connectés au tramway une fois la mise en service commercial effective, a priori fin février 2014.
Le PDU de Caen, un plan d’action antivoiture
Fin novembre, l’agglomération de Caen la Mer (29 communes, 220 000 habitants) a adopté son deuxième PDU – le premier datait de 2001 – pour la période 2013-2018. Points forts : des objectifs ambitieux en matière de report modal, puisqu’il est question de faire passer la voiture de 59 % à 54 % en cinq ans et à 48 % en 2030, celle des TC passant corrélativement de 9 % à 12 % puis 14 %. Et côté véhicule individuel, l’agglo différencie le fait d’être conducteur ou passager, dans le premier cas, la baisse devant être plus marquée (elle serait de 12 %), la part des conducteurs passant de 46 % aujourd’hui à 34 % en 2030. Le PDU s’appuie sur l’enquête ménages-déplacements de 2010-2011 menée à l’échelle du département du Calvados. Il prévoit aussi une hausse de la marche et du vélo, dans le cadre d’un plan d’action en six axes, relativement « classique ». Moins banal en revanche, le fait d’avoir défini précisément l’enveloppe financière nécessaire d’ici à 2018, de l’ordre de 385 à 430 millions d’euros, et précisé que « 70 à 75 % de cette somme seront pris en charge par Viacités », le solde provenant des autres collectivités locales et de l’Etat.