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Deux dirigeants de haut niveau s’apprêtent à quitter SNCF Réseau

Matthieu Chabanel Mauvaise nouvelle pour SNCF Réseau avec le départ prochain de deux dirigeants de haut niveau, reconnus pour leurs compétences : Matthieu Chabanel et Guillaume Marbach. Le premier rejoindra fin août La Poste, tandis que le second va partir diriger le projet de RER de Toronto, remporté par le consortium Aecon- Alstom- DB- FCC Construccion, indique Mobilettre qui a dévoilé hier l’information.
Matthieu Chabanel, 46 ans, était le numéro deux du gestionnaire d’infrastructures ferroviaires, depuis que Luc Lallemand, son PDG, l’avait nommé, en juin 2020, directeur général délégué Projets, Maintenance et Exploitation. Diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole des Ponts et Chaussées, Matthieu Chabanel avait rejoint en avril 2012 Réseau Ferré de France, au poste de directeur général adjoint en charge du pôle Commercialisation et Planification, après avoir occupé plusieurs postes notamment au sein du groupe Suez, à la sous-direction des Ports ou encore au cabinet du Premier ministre (François Fillon à l’époque). Il était unanimement reconnu au sein du groupe SNCF, tant sur le plan humain que sur le plan des compétences.
Mais après avoir été candidat (malheureux) à la présidence de SNCF Réseau, et après avoir travaillé main dans la main avec Luc Lallemand pendant plus de deux ans, il avait envie d’accéder à de nouvelles responsabilités. Etant mandataire social, la législation lui interdit d’évoluer à un poste de dirigeant au sein du groupe SNCF, pour éviter tout conflit d’intérêt. Il a donc du chercher un poste ailleurs, mais toujours pour un groupe avec une mission de service public.

Olivier Bancel. Il sera remplacé par Olivier Bancel, actuel directeur général des Opérations et Production, précise Mobilettre.

Guillaume Marbach, directeur général
de SNCF Réseau Ile-de-France.Egalement diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole des Ponts et Chaussées, Guillaume Marbach avait rejoint en 2007 la SNCF après avoir débuté sa carrière en 2002 au ministère de l’Équipement et des Transports en tant que responsable d’un service de grands travaux routiers, en Isère. A la SNCF, il a commencé par diriger deux établissements chargés de la maintenance et des travaux sur le réseau ferré national, dans les régions Alpes et Rhône Alpes, puis a été nommé, en 2012, délégué général de Fer de France, un organisme de promotion de la filière ferroviaire. Il avait ensuite été directeur industriel du Matériel, au sein de SNCF Mobilités, avant d’être chargé à l’été 2017, par Guillaume Pepy et Patrick Jeantet, de la direction du programme Robustesse. Il dirige la direction générale Île de France de SNCF Réseau depuis le 2 mai 2018.
Il sera remplacé par Séverine Lepère, directrice Développement et Modernisation de SNCF Réseau depuis juillet 2020. Auparavant, cette diplômée de l’Ecole CentraleSupelec a travaillé pendant huit ans sur les questions franciliennes (notamment directrice financière et directrice au contrat Transilien) après avoir été plus de deux ans directrice de la Stratégie branche Proximités.
Réchauffement climatique : « Le vrai enjeu, maintenant, c’est l’adaptation » prévient Yves Crozet
Alors que venait de paraître le dernier volet du rapport du GIEC — et en pleine période électorale — VR&T a rencontré l’économiste Yves Crozet. Les rapports successifs, estime-t-il, ne laissent plus de part au doute. Maintenir le réchauffement en deçà de 1,5° d’ici la fin du siècle est devenu tâche quasi impossible. Et tout l’arsenal de mesures évoquées jusqu’à présent pour entraver le réchauffement vont déjà se révéler utiles pour s’adapter à la vie selon la nouvelle donne climatique. Non sans douleur.
Ville, Rail & Transports : Le dernier volet du 6ème rapport du GIEC a été publié le 4 avril. Le GIEC nous dit : vous n’avez plus que trois ans pour agir, après, il sera trop tard. Comment recevez-vous cet avertissement ?
Yves Crozet : Les rapports sont de plus en plus alarmistes, à juste titre. Il y a dans le dernier rapport du GIEC plusieurs scénarios. Un seul est optimiste. Si on fait bien les choses, on se limite à un réchauffement de 1,5°. Les autres sont plus pessimistes, menant à +3° et au-delà. Or les dérèglements ont des impacts plus que proportionnels à la hausse des températures. Comme le scénario optimiste est de moins en moins probable, le réchauffement aura de graves impacts. Face à ces menaces, les mesures prises ne sont pas à la hauteur puisque les émissions continuent de croître à l’échelle mondiale. Même dans des régions qui font des efforts comme l’Union européenne, les émissions baissent trop lentement, notamment celles des transports. En France, les émissions du transport terrestre sont pratiquement revenues au niveau de 2019, nous dérivons de la trajectoire de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC).VRT : Des mesures sont prises, tout de même…
Y. C : Oui mais elles ne sont pas à la hauteur des enjeux car elles ciblent surtout le cœur des agglomérations. Il en va ainsi des Zones à Faibles Emissions (ZFE). Elles vont réduire localement les émissions de polluants et de CO2. Les véhicules de livraison seront bientôt électriques. Mais l’impact général sera aussi modeste que le développement de l’usage du vélo, réel mais prenant essentiellement de la clientèle aux transports en commun et à la marche à pied. Or, la circulation automobile dans les centres des villes — là où il y a des vélos — représente peu de choses. Les données récemment publiées par l’Enquête Nationale Transports Déplacements (ENTD) montrent que les déplacements ayant pour origine et destination les communes au centre des villes ne représentent que 7% des passagers-km alors que 40% correspondent à des déplacements ayant pour origine ou destination la seule périphérie des agglomérations.VRT : Peut-on rectifier le tir ?
Y. C : Ce sera difficile car il y a une erreur de communication en matière climatique. Comme l’ont montré les programmes électoraux, les projets des uns et des autres affirment qu’il y des solutions à portée de la main pour peu qu’on y mette l’argent nécessaire : on va vous aider à changer vos chaudières, à acheter une voiture électrique, à isoler vos logements… Tout ceci est nécessaire mais laisse croire que la transition écologique sera sans douleur, voire heureuse puisqu’on nous affirme que la « croissance verte » va créer des emplois. Mais c’est tout simplement faux. Lors de la conférence qu’il a donnée en janvier 2022 au Collège de France, mon collègue Christian Gollier a utilement rappelé qu’il serait plus juste d’annoncer la sueur le sang et les larmes. La transition, si elle a lieu, sera très douloureuse.
VRT : Moins douloureux tout de même que de ne rien faire…
Y. C : Certes, c’est ce qu’a indiqué récemment ma collègue Céline Guivarch, membre du Groupe International des Experts sur le Climat (GIEC). Elle a rappelé que le coût des efforts à consentir pour réduire les émissions est inférieur au coût de l’inaction et donc inférieur au coût des dommages provoqués par le changement climatique. Cette affirmation est juste mais elle est trompeuse car elle oublie de dire que compte tenu du coût extrêmement élevé des dommages, le coût de l’action contre le réchauffement sera certes plus faible, mais également très élevé. Un peu comme si on vous propose de vous couper les deux bras, pour éviter d’avoir la tête tranchée.
Or, face à la récente flambée des prix des carburants, les décideurs publics, partout en Europe, ont cherché à en réduire le coût pour les ménages et les entreprises, de transport routier entre autres. Personne n’était prêt à se couper un bras car, selon l’expression d’Alain Sauvant du CGEDD : le coût de la transition écologique en matière de mobilité représente pour beaucoup de ménages un « risque systémique ».
Si vous habitez à plusieurs dizaines de km de votre lieu de travail, qu’il en va de même pour votre conjoint, que votre famille et vos amis habitent loin, vous avez besoin d’une voiture, ou deux, pour vous déplacer. Le carburant à 2,50 ou 3 euros le litre est un risque systémique, tout comme l’achat d’une voiture électrique à 40 000 €.
Je suis donc très surpris qu’on continue de laisser croire à la transition heureuse. Il est vrai que nous sommes en période électorale mais je doute que les choses changent après les élections. En France comme en Europe, on va se polariser sur l’électrification du parc automobile. C’est nécessaire, mais la voiture électrique ce n’est pas la neutralité carbone, surtout si les batteries sont faites en Chine et que l’électricité utilisée pour les recharger est carbonée.VRT : Il y a tout de même certaines avancées technologiques. Jusqu’à quel point peuvent-elles nous aider ?
Y. C : Dans une perspective d’ingénieur, ce qui domine est le paradigme de la substitution : remplacer le pétrole par les agro-carburants (qu’il ne faut pas appeler biocarburants), les chaudières au fioul par des pompes à chaleur et les moteurs thermiques par des moteurs électriques. Ce n’est pas stupide, mais oublie les effets rebonds. En Allemagne des milliards ont été dépensés pour l’isolation des maisons, mais les ménages en ont profité pour accroître la température des logements. La consommation d’énergie a peu diminué.
Cet effet rebond est encore plus net en matière de mobilité. Ainsi, les progrès techniques dans l’automobile se sont traduits par un accroissement du poids et de la puissance des véhicules. La baisse tendancielle du coût de l’auto-mobilité s’est traduite par une baisse régulière du taux de remplissage des voitures. De nombreuses études ont montré que le télétravail se traduit in fine par une augmentation des distances parcourues car il libère du temps pour d’autres déplacements et incite à allonger la distance entre le domicile et le lieu de travail.
Le paradigme de la substitution rencontre donc de sérieuses limites ce qui donne du crédit à un autre paradigme, celui du rationnement et donc d’une action sur les quantités.
Dans les transports, d’ailleurs, chaque fois qu’on a eu un problème, l’action publique a recouru à certaines formes de rationnement : ceinture de sécurité, ronds-points, baisse des vitesses, normes pour les carburants et les moteurs etc. La mortalité routière n’a pas disparu, mais elle n’a pas été réduite en augmentant le coût de l’automobile, mais en limitant les vitesses et la consommation d’alcool.
La récente et brutale hausse des prix des carburants est venue nous rappeler, après les Gilets jaunes, que la baisse des émissions de gaz à effet de serre ne peut se faire par la seule action sur les prix. Mais l’action sur les quantités a aussi ses limites.VRT : Agir sur la quantité, n’est-ce pas ce que propose le Forum Vies Mobiles (FVM) ?
Y. C : Oui, mais, comme quand on dit que l’action pour le climat est moins coûteuse que les impacts du réchauffement, le FVM laisse entendre qu’il est aisé de changer les modes de vie… Dans leur récent ouvrage, Pour en finir avec la vitesse, ils se polarisent sur la vitesse physique mais oublient le rôle clé de la vitesse économique. Avec une heure de travail, un Smicard peut s’offrir aujourd’hui, même à 2 euros le litre, 4 fois plus de distance en voiture qu’avant le premier choc pétrolier.
Les vitesses physiques porte-à-porte ont déjà beaucoup baissé sur les routes, et même pour les voyages aériens du fait des contrôles de sécurité, mais la demande pour le transport aérien a explosé depuis 30 ans (+ de 3% par an) parce que les prix ont fortement diminué et donc que le pouvoir d’acheter de la mobilité a augmenté.
Or le pouvoir d’achat a été un des thèmes majeurs de la campagne électorale. Est-on prêt à y toucher ? Pour résumer, je dirais que les questions climatiques nous forcent, si on veut les traiter, à prendre des mesures extrêmement rigoureuses, combinant action sur les prix et sur les quantités. On vient de voir depuis six mois que ces mesures, quand la conjoncture force à les prendre, posent des questions majeures d’acceptabilité, et donc qu’on n’y arrivera pas sans douleur.VRT : Vous paraissez d’un pessimisme radical…
Y. C : Pessimisme sans nul doute car ce que nous dit implicitement le rapport du GIEC est que le vrai enjeu, maintenant, c’est l’adaptation. Le changement climatique sera une réalité, violente en certains endroits du globe, moindre dans d’autres. Mais partout il faut se préparer. Pas seulement en montrant des glaciers qui fondent ou des déserts qui progressent mais en expliquant ce qui va se passer concrètement. Je prends l’exemple de ma communauté de communes, entre la vallée de la Loire et les monts du Beaujolais. Il y a 50 ans, il y pleuvait beaucoup. Nous savons désormais qu’en 2030 – 2035, nous aurons le climat actuel d’Aubenas, en Ardèche. Depuis plusieurs étés déjà, la ressource en eau a été dans ma commune, pourtant très verte (bois et prairies), proche de la rupture. Cela implique de nouvelles missions pour les collectivités territoriales et de nouvelles contraintes pour les ménages. Comme c’est désormais évident pour tout le monde, ces changements sont entrés dans les mœurs.
VRT : Mais si l’objectif devient l’adaptation plutôt que l’atténuation, la liste des mesures qu’on avance aujourd’hui — développer la marche, le vélo, le co-voiturage, le véhicule électrique, les transports en commun, densifier la ville — cette liste ne doit-elle pas être revue ?
Y. C : Non car ces moyens sont ceux qui vont s’imposer quand progressivement, au vu des effets évidents du réchauffement, l’acceptabilité des mesures contraignantes sera plus largement partagée. Ces solutions sont aussi celles qu’il faut adopter face à un monde où l’énergie coûtera plus cher, où la mobilité aura quitté le monde du toujours plus.
Il est fréquent aujourd’hui de dire que nous entrons dans un monde fini. Cela ne signifie pas que ce qui nous attend est au mieux le statu quo et au pire une régression vers le mode de vie des Amish. Le progrès technique va se poursuivre, mes petits-enfants, qui connaîtront le XXIIème siècle, auront à leur disposition des outils et activités que je ne peux pas imaginer. La vie va rester une affaire très stimulante. Mais cela se fera dans un monde plus contraint par le simple fait du nombre et de la richesse. Des milliards d’humains disposant de revenus plus élevés seront soumis à une hausse des prix relatifs de tout ce qui est gourmand en énergie et notamment en énergie fossile.
Etre cohérent avec nos engagements climatiques, c’est renoncer à promettre une hausse continue et multidimensionnelle du pouvoir d’achat comme cela a été le cas pendant la campagne électorale. C’est se préparer à des changements de nos habitudes, notamment en matière de mobilité, de programmes d’activités, de localisations et de déplacements.VRT : Dans nos colonnes, dernièrement encore, André Broto défendait l’idée de services autocars sur voies réservés. Sans en attendre des miracles, n’est-ce pas là une bonne idée ?
Y. C : André Broto a raison de dire qu’on pourrait faire plus et pour de faibles coûts avec les autocars. La route étant le vecteur de plus de 80% des déplacements, c’est sur la route que les changements les plus importants sont à attendre. Non pas sous la forme d’un hypothétique report modal vers le ferroviaire mais via la création de nouveaux services routiers. Il faut néanmoins ajouter que cela va se traduire par des contraintes. On connaît déjà les limitations de vitesse, les voies réservées et les incitations au covoiturage, mais il faudra aller plus loin, du côté aussi de la tarification. Le financement des mobilités ne peut pas seulement reposer sur la fiscalité et la dette comme c’est le cas actuellement.VRT : Le ferroviaire ne pourrait-il pas être une solution pour réduire les émissions de CO2 ?
Y. C : En 2020, pendant la pandémie, la fréquentation du train a perdu plus de 40% en Europe et la voiture 20% seulement. Aujourd’hui, la voiture est revenue au niveau de 2019. En Suisse, pays modèle du ferroviaire, le trafic en décembre 2021 était de 25% inférieur à celui de décembre 2019 ! En deux ans le taux de remplissage des trains est passé en Suisse de 28 à 18%. Les dirigeants des Chemins de Fer Fédéraux (CFF) n’hésitent pas à dire que les passagers perdus ne reviendront pas de sitôt.
En France, la SNCF veut accroître son offre avec les « Ouigo classiques » mais le risque est que les taux de remplissage soient modestes et que les passagers viennent du TGV, INOUI ou OUIGO.VRT : Le dernier rapport du GIEC a été précédé, en France, de rapports officiels sur les transports et le climat. En quoi sont-ils différents, compatibles ?
Y.C : Le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) a, pour l’heure, fait la liste des demandes qui lui ont été transmises. Le résultat est qu’il faudrait mettre deux fois plus d’argent dans les infrastructures. C’est ce que l’on appelle une « liste de courses » comme on en a connu en 2009 avec le Schéma National des Infrastructures de transport (SNIT).
Le rapport CGEDD – France Stratégie (j’ai participé à la composante voyageurs) a un double intérêt. Il est d’abord plus réaliste sur le calcul des émissions en les mesurant du puits à la roue et pas seulement du réservoir à la roue. Il est aussi plus réaliste sur la capacité à atteindre les objectifs. L’un de ses scénarios est très interventionniste, très exigeant. On arrive à -30% d’émissions en 2030, comme le veut la Stratégie nationale bas carbone, mais c’est par construction, c’est le scénario dit « pari sociétal », l’un des deux en backcasting. Dans les cinq scénarios en forecasting, certains arrivent à baisser les émissions de 30%, mais au mieux en 2040, 10 ans plus tard que dans la Stratégie nationale bas carbone. Or cette dernière est déjà moins ambitieuse que le « Fit for 55 » de l’Union européenne qui vise – 55% pour les émissions par rapport à 1990. Le rapport CGEDD – France Stratégie nous dit, mezzo voce, que pour le transport on n’y arrivera pas.Propos recueillis par François Dumont

Agnès Ogier débauchée par la RATP
Jusqu’alors directrice du TGV Atlantique, Agnès Ogier va rejoindre cet été le groupe RATP. Cette diplômée de l’Ecole Centrale de Paris, qui a aussi été patronne de Thalys, intègrera le Comex et aura pour mission de mettre en place la future business unit (BU) RATP Services ferrés. « Elle en prendra la direction le 1er janvier 2023, sous réserve du dialogue social d’ores et déjà engagé (processus d’information du personnel, ndlr », indique la RATP dans un communiqué.Cette nouvelle entité sur laquelle la RATP travaille, après avoir créé la BU Réseau de surface, regroupera toutes les activités ferrées, les espaces et les services de ces réseaux exploités par la Régie en Ile-de-France. Elle emploiera 13 000 salariés. Le groupe RATP poursuit ainsi sa transformation pour se préparer à l’ouverture à la concurrence de son réseau historique.En attendant, Agnès Ogier va reprendre la coordination des départements du pôle Expérience clients, Marketing & Services » auparavant dirigés par Hiba Farès partie prendre la direction de la filiale RATP Dev, précise encore la Régie.

Pourquoi la SNCF vend des locomotives aux enchères
A vendre! Locomotives Alstom appartenant à la SNCF, bon état général, à des prix allant de plus d’1,2 million à plus d’1,3 million d’euros! C’est ce que l’on découvre sur la plate-forme Agorastore : SNCF Transilien cherche à vendre 12 locomotives 27 300. La vente aux enchères sera lancée le 27 juin et se terminera le 30 juin, avec un prix probablement revu à la hausse.
Ces locomotives ont pourtant encore de beaux jours devant elles, malgré leurs 1,6 à 1,9 million de kilomètres au compteur. Alors pourquoi vendre ce matériel de 16 ans à peine ? L’arrivée progressive depuis décembre 2020 sur la ligne N de Paris à Dreux, à Mantes-La-Jolie et à Rambouillet des nouvelles rames automotrices Regio 2N (en remplacement des voitures VB2N) les rend inutiles. La SNCF se retrouve avec des locomotives sans usage dont plus personne ne veut, tant du côté des Régions, des AO françaises et autres exploitants ferroviaires que dans les différentes activités du groupe SNCF.
Ile-de-France Mobilités a donc demandé à la SNCF de revendre ce matériel, et les sommes récupérées, (reversées à l’AO et à Transilien), serviront à financer l’achat de nouveaux matériels roulants.
Lors de la livraison de ces 27 300 (de 2006 à 2010), c’était la première fois qu’une commande spécifique de locomotives était passée pour la banlieue. Ces nouvelles machines modernes devaient permettre d’améliorer la ponctualité sur des lignes au service dégradé. Elles seront finalement 67 à rejoindre le parc francilien. Mais les commandes de nouvelles automotrices confirment que les voitures tractées n’ont plus la cote.
Ce ne sont pas les candidats au rachat qui manquent, en particulier dans le secteur du fret où les opérateurs privés sont demandeurs. Ces machines, bicourant 1500 et 25 000 volts, sont compatibles avec le système européen de gestion du trafic ERTMS. Mais elles peuvent présenter un handicap avec leur limitation à 140 km/h susceptible de rebuter certains acheteurs.
On pourrait s’étonner que la SNCF passe par Agorastore, un site d’enchères des biens des collectivités et d’entreprises publiques. Mais elle ne dispose pas de structure adaptée pour ce type de ventes et la plate-forme dispose d’une bonne visibilité européenne et internationale. De plus, la revente n’entre pas dans les habitudes de la SNCF puisque le matériel est généralement utilisé jusqu’à sa phase d’amortissement, après quoi il est radié.
Mais de nouvelles habitudes pourraient être prises. Avec le déploiement des Regio 2N et la mise en service du RER E sur l’itinéraire de la ligne J vers Mantes, les 27 300 seront bientôt inutiles. Même si on estime à la SNCF qu’il encore trop tôt pour se prononcer, il est possible que le reste de la série connaisse le même sort.
Aux locomotives pourraient également s’ajouter les 15 rames de tram-train Siemens Avanto du T4 dont IDFM se sépare. En dehors de Transilien, seule Mulhouse utilise ce matériel pour son tram-train, tandis que le réseau alsacien n’en veut pas, même pour les pièces détachées. La mise en service le 22 mars dernier sur l’antenne Esbly – Crécy de la ligne P d’une rame Dualis en remplacement d’un Avanto, marque bien le début de la fin de cette série mal aimée.
Philippe-Enrico Attal

Entre 5 et 11 ans de retard pour les travaux caténaires du RER C sud
Les travaux de régénération caténaire sur le RER C, entre Bibliothèque François Mitterrand et Athis-Mons, devraient commencer cette année. C’est ce qu’on découvre en lisant le schéma directeur des travaux sur la branche sud du RER C, présenté début avril par Ile-de-France Mobilités (IDFM) sur la base d’éléments transmis par SNCF Réseau. « Le schéma directeur a pour vocation d’apporter des réponses aux besoins des voyageurs jusqu’à un horizon 2035+ avec des propositions à court/moyen/long termes », peut-on lire dans ce document présenté lors d’une réunion de concertation à laquelle participaient, entre autres, les associations de voyageurs.Mais ces travaux de renouvellement caténaire sur les branches sud de RER C ont déjà pris du retard. Ils devaient commencer en 2017 et se terminer en 2024, si l’on en croit les termes du marché que SNCF Réseau avait passé avec le groupement d’entreprises RC2 réunissant TSO (mandataire), ETF, Setec ferroviaire et Mobility pour remplacer 180 km de caténaires. Ils vont donc finalement commencer avec 5 années de décalage pour la partie Bibliothèque François Mitterrand – Athis-Mons. C’est encore pire entre Athis Mons et Brétigny, le début des travaux est prévu en 2028 pour se terminer en 2038. Soit un démarrage décalé de 11 ans. Contacté par VRT, un porte-parole du mandataire précise que « la planification des travaux a en effet été fortement modifiée, pour différentes raisons liées à la difficulté technique de la réalisation ».Ce nouveau calendrier révèle également un temps d’exécution plus long. Au lieu de sept années comme prévu dans le contrat, les travaux vont prendre 16 ans (2022 – 2038). Pourtant, le contrat signé par SNCF Réseau avec le groupement RC2 prévoyait « de développer de nouveaux engins capables de réaliser la pose et la dépose de 1,4 kilomètre de fils caténaires en une seule nuit, sans affecter la reprise des circulations ».Ces travaux font partie du programme de modernisation de la ligne C, qui permettra d’améliorer la performance et la fiabilité, certaines caténaires étant quasiment centenaires.Yann Goubin
Le téléphérique de Toulouse ouvrira au public le 14 mai
Sous réserve des autorisations préfectorales, Téléo, le téléphérique urbain toulousain, sera inauguré le vendredi 13 mai, indique Tisséo Collectivités. La mise en service des cabines et l’embarquement des voyageurs à leur bord sont attendus pour le lendemain, samedi 14 mai.
L’autorité organisatrice des mobilités de la grande agglomération toulousaine précise que la marche à blanc est en cours, fin avril. Cette exploitation sans voyageurs est la dernière étape avant la délivrance de l’autorisation préfectorale d’ouverture du service au grand public. Il s’agit d’une « phase essentielle pour l’exploitant qui prend en main l’ensemble des fonctionnalités, les procédures de sécurité et la conduite de l’installation », rappelle Tisséo Collectivités.
3e ligne du métro de Toulouse : début des travaux d’ici la fin d’année
« Les travaux de la troisième ligne débuteront d’ici la fin de l’année. L’autorisation environnementale, signée par le préfet Etienne Guyot ce vendredi 15 avril constitue l’ultime échéance administrative avant le lancement concret des travaux », a déclaré Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse qui a porté ce projet de métro depuis sa campagne électorale de 2014.
Ce projet à près de trois milliards d’euros pour une ligne de 27 kilomètres et 21 stations reliera après 2028 l’est à l’ouest de la métropole et assurera la desserte d’un bassin de près de 200 000 emplois (avec beaucoup de sites Airbus). Le président de Tisséo Collectivités et Ingénierie Jean-Michel Lattes a détaillé le calendrier à la Dépêche du Midi : résultat des appels d’offres désignant les groupements d’entreprises pour les travaux de génie civil d’ici fin 2022, début des travaux de gros-œuvre en 2023 avec une quarantaine de chantiers simultanés, arrivée en 2024 des cinq tunneliers (80% de la ligne sera souterraine, ainsi que 17 stations dont la profondeur ira de 20 à 35 mètres), fin des grands chantiers en 2026, second-œuvre (aménagement des stations et du tunnel) en 2026-27, gros du chantier de connexion de la ligne B à la 3e ligne et arrivée des premières rames en 2027 avant une marche à blanc annoncée pour 2028.
Catherine Stern

Les nouvelles routes de la soie
Les routes de la soie ont toujours été stratégiques. Elles le sont plus que jamais pour la Chine qui cherche à multiplier les voies d’acheminement pour irriguer le monde avec ses productions mais aussi pour assurer de façon sécurisée ses approvisionnements. Ainsi, au cours des dernières années, mais avant l’invasion fin février de l’Ukraine par la Russie, le trafic ferroviaire a connu une croissance importante entre les centres de production implantés dans le centre ou le nord de la Chine et les clients européens. A partir de 2015, on a vu se multiplier les « premiers trains » reliant en une petite vingtaine de jours Wuhan (dans la province du Hubei, centre de la Chine) ou Yiwu (province du Zhejiang) aux plateformes multimodales fret d’Europe de l’ouest (Hambourg, Duisbourg, Dourges, Lyon, Prague…). Par la suite, les difficultés rencontrées par le transport maritime, qu’il s’agisse de la crise sanitaire et de ses conséquences (encombrements autour des ports) ou du blocage accidentel du canal de Suez au printemps 2021, ont contribué à accélérer la croissance du fret ferroviaire Chine – Europe, le transport par rail étant facilité par la multiplication des nouvelles installations ou voies ferrées inaugurées ces dernières années, la plupart du temps dans le cadre des nouvelles routes de la soie.
Ces nouvelles routes de la soie s’inscrivent pour la plupart dans la stratégie chinoise One Belt One Road, lancée en 2013 et devenue Belt and Road Initiative en 2017. Cette stratégie associe un ensemble de nouveaux itinéraires ferroviaires via les gares de transbordement de Dostyk ou de Khorgos, à la frontière entre la Chine et le Kazakhstan, et un itinéraire maritime, via Singapour, Colombo, le Canal de Suez et le détroit de Gibraltar. Les sanctions imposées à la Russie à la suite de son invasion de l’Ukraine changent la donne, impliquant l’arrêt des circulations de trains avec l’Europe centrale et de l’ouest. Nous allons ici faire le point sur le volet ferroviaire, qui, si l’on veut éviter la Russie, implique toujours des transbordements, voire des traversées en ferry sur la mer Caspienne ou sur le lac de Van (pour voir la carte : carte-europe_asie_drapeau-en-légende)
La possibilité de relier la Chine à l’Europe par le rail existe depuis plus d’un siècle via le Transsibérien, donc la Russie. Avec deux itinéraires : par la Mandchourie ou, plus court, par la Mongolie. Mais ces relations ferroviaires se heurtaient d’emblée à une difficulté très concrète : le réseau ferré chinois, ainsi que ceux d’Europe occidentale et centrale, sont à voie normale de 1 435 mm, alors que les réseaux des différents pays issus de l’ancienne Union soviétique sont quasi exclusivement à voie large de 1 520 mm. En transitant par la Russie ou par d’autres anciennes républiques soviétiques, un transport entre Chine et Europe implique donc deux transbordements des marchandises, facilités toutefois par l’emploi de conteneurs.
Il est donc plus facile, du moins de port à port, d’avoir recours aux navires porte-conteneurs, qui assurent l’essentiel des transports les plus courants entre Chine et Europe. Les transports les plus exceptionnels sont également assurés par des avions gros porteurs, dont le plus capacitaire était l’Antonov An-225, détruit en Ukraine fin février. Mais lorsqu’il est performant, le train présente quand même un compromis intéressant entre ces deux autres modes, moins rapide mais bien moins cher que l’avion… et deux fois plus rapide que les porte-conteneurs.
Quelles sont donc ces liaisons par rail dont les performances se sont améliorées ces dernières années et offrent désormais des alternatives au Transsibérien… voire à un passage par la Russie, depuis février ? Sans éliminer le besoin de recourir à deux transbordements, les itinéraires via Khorgos ou Dostyk et la Russie sont légèrement plus courts que par le Transsibérien et permettent des gains de temps par la rapidité des transbordements à Khorgos. C’est pourquoi cet itinéraire « sud » via le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie était le plus emprunté par les transports Chine – Europe jusqu’en février dernier. L’itinéraire « nord » via le Transsibérien gardait toutefois un intérêt pour les marchandises au départ du nord de la Chine. Emprunter le réseau ferré russe, ce qui est désormais exclu, était obligatoire par les itinéraires « nord » via le Transsibérien. Et le principal itinéraire « sud » passait également par la Russie. Pour autant, cet itinéraire principal n’était pas le seul. De la frontière entre Chine et Kazakhstan, il est possible de gagner le réseau turc, à voie normale, qui présente une nouvelle porte d’entrée vers l’Europe depuis l’autorisation de trains de fret dans le nouveau tunnel Marmaray, sous le Bosphore en 2019.
Les itinéraires Chine-Europe les plus directs via le Kazakhstan et la Turquie nécessitent de traverser la mer Caspienne, par ferry entre Aktaou ou la nouvelle gare maritime de Kourik, au Kazakhstan, et Bakou, en Azerbaïdjan. De là, les trains peuvent gagner la Turquie via la Géorgie en empruntant la nouvelle ligne Bakou – Tbilissi -Kars (BTK). Cette ligne a nécessité la construction d’un nouveau tronçon de 108 km à voie normale entre Akhalka-laki (Géorgie), où l’itinéraire quitte la voie large (modernisée depuis Bakou), et Kars, en Turquie. Financée en grande partie par l’Azerbaïdjan, mais pas par la Chine, et inaugurée le 30 octobre 2017, cette ligne BTK a été ouvertement créée pour éviter le réseau russe. Cette réalisation a été motivée par la crise ukrainienne de 2014, qui a entraîné l’interdiction par la Russie de certains transits, en répercussion des sanctions occidentales.
On notera que la ligne BTK contourne par le nord l’Arménie, dont les lignes vers la Turquie et l’Azerbaïdjan (autre itinéraire possible entre l’Asie centrale et l’Europe) sont coupées. En faisant un euphémisme, on rappellera que les relations entre l’Arménie et ses pays voisins turcophones ne sont pas des meilleures, comme l’a montré la guerre de 2020 avec l’Azerbaïdjan et pour le contrôle du Haut-Karabagh…
Un autre itinéraire via la mer Caspienne et la ligne BTK, passe un peu plus au sud, par l’Ouzbékistan et le Turkménistan, où l’embarquement sur le ferry se fait cette fois à Turkmenbachy (Krasnovodsk en russe), toujours vers Bakou.
Enfin, toujours plus au sud, un dernier itinéraire contourne la mer Caspienne par le réseau ferré iranien, qui, comme en Turquie et en Europe du centre et de l’ouest, est à voie normale. Cet itinéraire pose toutefois un problème, vu que l’Iran fait l’objet de sanctions américaines… Quoiqu’il en soit, cet itinéraire nécessite d’emprunter plusieurs réseaux à voie large d’anciennes républiques soviétiques – Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan et Turkménistan – avant de gagner, moyennant un changement d’écartement à la gare de Sarakhs, le réseau iranien. Ce dernier communique à son tour avec le réseau turc, mais cet itinéraire rencontre un dernier obstacle, physique cette fois, en Turquie : le lac de Van, qu’il faut traverser en ferry.Après ce tour des itinéraires terrestres vers l’Europe, rappelons que ces derniers ne sont pas les seuls à intéresser la Chine. En effet, trois autres corridors ont été identifiés par cette dernière, ces fois-ci à destination du sud et du sud-est asiatique : l’un vers le Pakistan, par l’ouest de la Chine, les deux autres par le sud, vers l’Inde et le Bangladesh pour le premier, ainsi que vers la péninsule indochinoise et Singapour pour le second. Ce dernier corridor a connu un début de réalisation en décembre dernier avec la mise en service de 929 km de ligne nouvelle à voie normale entre Yuxi (province chinoise du Yunnan) et Vientiane, au Laos.
Patrick Laval

Keolis va exploiter les transports publics de Foix
A partir du 27 août prochain, Keolis exploitera les transports publics de la Communauté d’agglomération Pays Foix-Varilhes ainsi que la maintenance. Cette date correspond au lancement du nouveau réseau qui s’articulera principalement autour de 4 lignes de bus avec une offre de transport triplée par rapport à la situation actuelle.
Dans un communiqué, la filiale de transport public de la SNCF explique que ce contrat d’une durée de six ans devra conduire à une hausse de la fréquentation de 46 % d’ici à 2027. Dans ce cadre, des innovations seront mises en oeuvre comme le lancement d’une nouvelle billettique digitalisée, le renforcement de l’information voyageur, le déploiement d’un service de transport à la demande et d’une navette de centre-ville électrique.

Electrification par îlots pour les trains à batteries : une expérience allemande à suivre
La DB procède à une électrification « par îlots » des lignes dans le Schleswig-Holstein sur lesquelles les automotrices à batteries Flirt Akku commandées à Stadler doivent être mise en service. Les « îlots » en question seront des tronçons de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres de voies, ainsi que certaines gares, qui seront mis sous caténaires. Ces dernières permettront de recharger les batteries des automotrices qui poursuivront leur trajet sur des sections non électrifiées.
Ces travaux d’électrification devraient débuter à l’automne prochain. Dans un premier temps, la DB électrifiera des voies supplémentaires dans les gares de Kiel, Bad Oldesloe et Büchen. Dans un deuxième temps, en 2023, la caténaire sera prolongée sur 5 km de la ligne de Flensburg à Kiel, ainsi que sur 3,5 km entre Kiel et Kiel-Hassee. La DB installera ensuite, pour le compte du Land et des transports publics de ce dernier, les premières îlots de caténaires et leurs sous-stations de chargement à Heide, Husum et Tönning, sur la ligne de la côte ouest du Schleswig-Holstein
Des électrifications par îlots de caténaires sont également envisagés dans deux autres Länder, dans le sud de la Rhénanie-Palatinat, où les avant-projets sont déjà terminés, ainsi que dans la région Rhin-Ruhr, où les avant-projets ont été lancés.