Étiquette : Arriva

  • La DB achève sa sortie d’Arriva

    La DB achève sa sortie d’Arriva

    Evoquée par la Deutsche Bahn (DB) depuis près de cinq ans dans le cadre de son recentrage vers les activités ferroviaires en Allemagne, et localement réalisée l’an dernier en Suède et au Portugal, puis cette année en Serbie, au Danemark et en Pologne (bus), la vente de l’exploitant britannique de transports publics Arriva a été annoncée le 19 octobre par l’entreprise ferroviaire historique allemande. Cette dernière n’a pas dévoilé le montant de cette vente de sa filiale britannique, mais a annoncé dans son communiqué que l’acheteur était le fonds américain I Squared Capital, « un investisseur en infrastructures de premier plan à l’échelle mondiale ». Il est prévu que la vente de l’opérateur Arriva, qui emploie quelque 35 000 personnes et exploite près de 13 000 bus et 600 trains dans dix pays européens, intervienne « au cours de l’année 2024, sous réserve de l’approbation par le conseil de surveillance de la DB et par le ministère fédéral du Numérique et des Transports de la République fédérale d’Allemagne ».

    Selon la presse allemande, la vente d’Arriva pourrait rapporter 1,6 milliard d’euros… soit moins que le montant de 3 milliards d’euros versé par la Deutsche Bahn pour son achat en 2010. Même s’il ne faut pas oublier que les activités d’Arriva ont déjà vendues dans cinq pays, on est très loin des quatre milliards d’euros escomptés pour cette vente, qui aurait pu servir à réduire l’endettement de la DB et à financer les investissements. Entre temps, des contre-temps sont intervenus, le montant espéré s’étant avéré surévalué, par rapport aux difficultés rencontrées par Arriva, dans un contexte marqué par le Brexit et ses incertitudes…

    P. L.

  • Le directeur général d’Eurostar retourne chez Arriva

    Le directeur général d’Eurostar retourne chez Arriva

    Mike Cooper a annoncé sa démission du poste de directeur général d’Eurostar, a indiqué aujourd’hui la SNCF dans un communiqué. Cette dernière, qui détient 55 % de la compagnie ferroviaire transmanche (aux côtés de Patina Rail LLP 40 % et de la SNCB 5 %) annonce avoir déjà « identifié un successeur ». Il sera nommé lors d’un conseil d’administration qui aura lieu dans les prochains jours, ajoute-t-elle.

    Mike Cooper, qui avait pris ses fonctions chez Eurostar en mars 2018 va rejoindre en octobre Arriva, une filiale de la Deutsche Bahn, pour en prendre la direction. Avant d’arriver à Eurostar, il avait déjà travaillé pour Arriva, où il avait occupé le poste de directeur général adjoint, chargé des Chemins de fer, bus et tramways de 13 pays.

    Eurostar a été particulièrement touchée par la crise du coronavirus et continue de subir de plein fouet ses effets, notamment après la décision de Londres d’imposer une quatorzaine aux voyageurs venant de France. « La compagnie a dû réduire son plan de transport presque de moitié et adapter ses circulations », a indiqué à l’AFP la SNCF. Elle n’offre plus en moyenne que quatre allers-retours quotidiens entre Londres et Paris et deux entre Londres et Bruxelles.

    Selon Les Echos, la crise a aussi eu pour effet de décaler le calendrier prévu pour fusionner Eurostar et Thalys, une société également contrôlée à hauteur de 60 % par la SNCF.

    M.-H. P. 

  • La Deutsche Bahn stoppe la vente d’Arriva

    La Deutsche Bahn stoppe la vente d’Arriva

    Le départ anticipé du directeur financier, entériné le 18 novembre par le conseil de surveillance, a mis un terme au bras de fer sur le dossier Arriva au sein du directoire de la Deutsche Bahn (DB). Alexander Doll avait été nommé il y a un an et demi pour procéder à la vente de cette filiale qui regroupe des activités de transport de personnes dans 14 pays d’Europe (trains et bus).

    Cette cession devait rapporter quatre milliards d’euros à la compagnie ferroviaire allemande, selon les calculs d’Alexander Doll. Les recettes devaient servir à réduire l’endettement de la DB (20 milliards d’euros) et surtout à financer l’achat de nouveaux trains et de bus en Allemagne afin de contribuer au plan climat du gouvernement Merkel.

    Mais la barre avait été placée beaucoup trop haut. Le prix de cession ne prenait pas en compte une dette d’un milliard d’euros, pas plus que les engagements sur les retraites de plus de 400 millions ou encore les incertitudes liées au Brexit (le siège d’Arriva est en Grande-Bretagne). La DB s’est rapidement rendu compte que les candidats à la reprise n’étaient pas du tout disposés à payer le prix fort.

    Le patron de la DB, Richard Lutz, a reproché à Alexander Doll de ne pas avoir correctement informé la direction, ce que l’intéressé dément. Les représentants du personnel, qui le soutenaient, ont réclamé des explications sur un conflit qui est rapidement devenu politique. Le ministre des transports lui-même, Andreas Scheuer, avait réclamé il y a quelques semaines le renvoi pur et simple du directeur financier. « La direction et le propriétaire (l’Etat, NDLR) devraient faire preuve de plus de transparence sur ce dossier avant de prendre des décisions sur le personnel », a regretté Torsten Westphal, le nouveau président du syndicat majoritaire des cheminots (EVG).

    Christophe Bourdoiseau

  • Pourquoi Keolis ne veut plus racheter Arriva

    Pourquoi Keolis ne veut plus racheter Arriva

    Keolis tire un trait sur Arriva, le groupe de transport par rail et par autocar, filiale de la Deutsche Bahn qui cherche à la revendre. Le Comex de Keolis s’est en effet déclaré le 2 septembre « défavorable » à l’unanimité à la reprise d’Arriva, selon un document confidentiel baptisé Projet Khéops que s’est procuré VRT.

    Dans la balance « risques-opportunités », le management de Keolis a estimé que le montant demandé pour Arriva (quelque 60 000 salariés dans 14 pays européens, avec un chiffre d’affaires de 5,44 milliards d’euros) est surévalué : la DB espère empocher jusqu’à 4,5 milliards d’euros, Keolis évalue plutôt sa valeur autour de 3,5 milliards. Pour les financer, il faudrait céder des actifs, souligne l’opérateur de transport public français qui cite notamment sa dynamique et stratégique filiale Effia.

    Risqué alors que les informations données par la DB sur Arriva sont jugées « peu détaillées et difficiles à analyser compte tenu du calendrier ». La DB souhaite en effet réaliser la vente d’ici à la fin de l’année.

    Le risque de récession que fait peser le Brexit sur toutes les entreprises implantées de l’autre côté de la Manche représente aussi un sérieux obstacle : Arriva est allemand par sa filiale mais très présent au Royaume-Uni et considéré par sa culture et son management comme un opérateur britannique (il détient 21 % du marché du transport de voyageurs en Grande-Bretagne). Et Keolis pèse d’un poids de plus en plus important outre-Manche.

    Enfin, parmi d’autres raisons, les incertitudes liées à des renouvellements de contrats importants tant du côté de Keolis que d’Arriva incitent à la prudence.

    Si la vente d’Arriva, « entreprise saine avec un historique de croissance rentable », représente « une occasion rare » en lien avec la stratégie d’acquisitions de Keolis, elle obligerait le groupe français à se recentrer sur l’Europe, au détriment d’autres zones aujourd’hui considérées comme prioritaires.

    Les côtés négatifs de l’opération l’emportent donc largement, ont jugé les membres du Comex de la filiale de la SNCF. Reste maintenant à présenter ce choix le 11 septembre aux membres du conseil de surveillance, dont fait désormais partie Guillaume Pepy.

    Le marché britannique des bus reste toutefois attractif pour Keolis qui pourrait renouveler son intérêt si la DB décidait d’une vente d’Arriva par appartement. La compagnie allemande attend maintenant les réponses des fonds américains de capital investissement Carlyle ou Apollo ou des opérateurs Transdev, Stagecoach ou Go-Ahead, qui sont aussi sur les rangs. Mais qui ont déjà, pour certains d’entre eux, fait part de leurs réserves sur la valorisation d’Arriva.

    Marie-Hélène Poingt