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  • Velvet, la première compagnie privée concurrente de la SNCF, bien partie pour se lancer en 2028

    Velvet, la première compagnie privée concurrente de la SNCF, bien partie pour se lancer en 2028

    Proxima, le nom de code du projet de compagnie ferroviaire  que veut lancer l’ancienne patronne de SNCF Voyageurs, c’est fini! Place à Velvet, le nouveau nom de la compagnie privée 100 % française dévoilé le 1er juillet par Rachel Picard au côté de son associé, Tim Jackson, ancien directeur exécutif d’Alpha Trains et ex-PDG de la BU RATP Dev en Grande-Bretagne et en Irlande.

    Le train à grande vitesse de la compagne Velvet.
    La motice du train à grande vitesse de la compagnie Velvet sur le site d’Alstom à Belfort.
    @MhP

    Le projet avance vite. Les deux associés ont aussi présenté, au siège d’Alstom à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), la première rame de la compagnie. La motrice est déjà en place sur le site de Belfort où Alstom a commencé la production. « Nous en sommes maintenant à la production des caisses (les chaudrons dans le jargon ferroviaire). Il y aura la mise en peinture cet été« , a précisé Frédéric Wiscart, le président d’Alstom France.

    D’abord Paris-Bordeaux

    Le premier train commencera les essais l’an prochain. Il arborera une couleur vert foncé avec des touches de blanc, ceinturé d’un ruban rose tout au long des voitures. L’idée, c’est d’être visible et reconnaissable au premier coup d’oeil dans les gares, a expliqué Rachel Picard.

    12 trains Avelia Horizon, la nouvelle génération de TGV d’Alstom (similaires au TGV M commandés par la SNCF) ont été commandées. La livraison commencera en 2028, au rythme d’une livraison par mois.

    La compagnie prévoit en effet de se lancer en 2028, d’abord sur la liaison Paris-Bordeaux, une fois qu’elle aura réceptionné quatre rames. Elle ajoutera par la suite deux autres lignes à son catalogue, Nantes-Angers-Paris et Rennes-Paris. « Nous offrirons dix millions de places sur les trois lignes« , souligne Rachel Picard. En insistant sur le fait que Velvet contribuera à hauteur de 200 millions d’euros à l’entretien du réseau via les péages qu’elle versera.

    Maintenance avec Alstom chez Lisea

    L’entreprise a également noué un contrat de maintenance pendant 15 ans avec Alstom. L’entretien s’effectuera dans le futur centre de maintenance de Marcheprime, près de Bordeaux, que Lisea (groupe Vinci), le concessionnaire privé de la ligne Tours-Bordeaux, est en train de construire.

    15 % de voyageurs restent à quai

    L’histoire de Velvet s’écrit donc rapidement puisqu’elle a commencé il y a trois ans lors d’une rencontre entre les deux fondateurs, raconte Rachel Picard. « Nous avons partagé des constats communs : la demande en transport carboné n’a jamais été aussi forte. Mais l’offre ferroviaire à grande vitesse est insuffisante. Il y a une crise historique de capacité en France« , raconte la dirigeante, en estimant que 15 % de personnes qui voudraient voyager restent aujourd’hui à quai par manque de places dans les trains. Ils seront même 25 % dans ce cas en 2030, ajoute-t-elle.

    Les deux associés lèvent en juin 2024 un milliard d’euros pour lancer leur projet auprès de Antin Infrastructure Partners et d’un pool de banques françaises. Puis ils lancent un appel d’offres européen et retiennent finalement Alstom et ses trains à double niveau Avelia Horizon pouvant rouler à plus de 300 km/h. « Notre choix s’explique par deux raisons : il pourra y avoir un excellent service à bord et ce train est efficace économiquement et écologiquement« , commente Tim Jackson. Une rame peut en effet emporter 20 % de passagers en plus comparé à la génération précédente et consomme 20 % d’énergie en moins. Elle est également recyclable à 95 %, affirme Alstom. Enfin, ses coûts de maintenance devraient également être abaissés 30 % de coûts.

    Pour la suite, Velvet parie sur la simplicité pour sa distribution, qui passera notamment par des partenariats. « Nous sommes partis d’une page blanche. Nous avons étudié les habitudes, les irritants, nous nous sommes nourris des expériences d’ailleurs, y compris dans l’aérien, l’hôtellerie, le digital… « , raconte Rachel Picard avant de formuler ses trois conclusions : « il faut donner un vrai choix avec de la nouveauté, le plaisir du voyage et de la simplicité tant pour l’accès que pour la tarification« .

     

    Une flotte complète en 2029

    Les rames devraient arriver chez VelVet au rythme d’une par mois à partir de 2028. « La flotte sera complète en 2029« , affirment ses fondateurs. Pour y arriver alors que les retards s’accumulent pour le constructeur, Alstom a décidé d’investir plus de 150 millions d’euros afin d’augmenter la capacité de production de ses sites en France. La SNCF attend en effet aussi depuis 2023 les premières des 115 rames du TGV M nouvelle génération qu’elle a commandées et qui sont désormais espérées pour le début 2026. Le Maroc a confirmé récemment une commande de 18 rames au constructeur français.

    Il est ainsi prévu que trois lignes de production pour les TGV fonctionnent à terme contre seulement une aujourd’hui. Ce qui doit permettre de produire 30 rames par an contre dix actuellement.

    V comme velours et vitesse

    Le nom de la compagnie a été validé après des tests menés durant un an auprès de voyageurs potentiels dans les villes qui seront desservies par la compagnie. « Il y a la lettre V comme vitesse, comme velours (velvet en anglais, ndlr). C’est un mot court, un mélange de technologie et de douceur« , a résumé Rachel Picard, en professionnelle du marketing.