Appel à projet TCSP : seulement une vingtaine de dossiers solides sur 120

Depuis bientôt trois mois, le ministère planche sur les 120 candidatures reçues au 3e appel à projets TCSP. La logique voudrait qu’il n’y en ait pas pour tout le monde : l’enveloppe promise par l’Etat se monte à 450 millions d’euros, le montant cumulé des 120 projets totalisant quelque 5,8 milliards d'euros… En séance plénière des Rencontres nationales du transport public à Bordeaux, sur le thème Aménagement urbain et offre de transport, le directeur des services transports de la direction générale des Infrastructures des Transports et de la Mer (DGITM),Thierry Guimbaud, s’est étonné de la teneur des dossiers soumis. « Je suis frappé de voir que la mise en site propre est une difficulté majeure dans les projets, or nos subventions sont appuyées sur les sites propres »,a-t-il expliqué. Fâcheux en effet.

Par ces temps de disette budgétaire, certaines collectivités auraient-elles été aveuglées par l’effet d’aubaine ? Ou bien auraient-elles pu bâcler leur copie ? A la décharge des autorités organisatrices de transports, il faut rappeler que c’est le ministre lui-même qui a élargi le champs d’action de ces subventions à « tous les projets en faveur de la mobilité durable, y compris pour les investissements liés à la politique vélo », allant jusqu’à rebaptiser l’appel à projet Transports en commun en site prore (TCSP) en « Transports collectifs et mobilité durable ». Toujours est-il qu’au bout du compte, il n’y aurait, selon un expert du secteur, qu’une « vingtaine de projets véritablement forts et mûrs ».Même pas 1 sur 5 !

Pour autant, il semble impensable de prendre le risque politique d’exclure et fâcher les porteurs des cent autres dossiers. L'Etat, qui affiche toujours la volonté de promouvoir ceux qui favorisent le désenclavement des quartiers prioritaires et l'accessibilité, devrait annoncer sa sélection des projets autour du 15 décembre. Mais déjà les professionnels s’inquiètent d’un probable saupoudrage des aides. D’aucuns se questionnent également sur le fait de savoir si les 60 millions d’euros, généreusement promis à Marseille pour ses projets de transports urbains (prolongements métro et tram) par le Premier ministre début novembre, amputeront ou non l’enveloppe de l’appel à projets ?

C. N.

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