Ces trolleybus performants dont les collectivités ne veulent plus

Alors qu’elles disposent, avec leurs trolleybus, d’un mode performant à « zéro émission », deux autorités organisatrices…  

en Nouvelle-Zélande et en Autriche, viennent de faire savoir qu’elles veulent maintenant s’en débarrasser. Sans idée trop précise sur la manière de les remplacer…Il a quelques semaines, la nouvelle majorité élue au conseil régional de Salzbourg (Autriche), déclarait en effet son intention de vouloir démanteler, à court terme, le réseau local de trolleybus, pour le remplacer par d’hypothétiques bus électriques, au grand dam de l’opérateur SLB (Salzburger Lokalbahnen) et de fort nombreux usagers. Cette déclaration, essentiellement justifiée, semble-t-il, par le « caractère inesthétique des lignes aériennes » (sic), paraissait d’autant plus incompréhensible aux yeux des spécialistes que le matériel roulant continue d’y être renouvelé, que plusieurs extensions de lignes ont été ouvertes ces toutes dernières années, et qu’il n’existe évidemment aucun autobus électrique sur la marché possédant déjà une capacité d’emport équivalente aux trolleybus articulés qui composent aujourd’hui la totalité du parc en service à Salzbourg !

Pourtant, cette nouvelle approche semble malheureusement faire école, puisque le conseil régional du Grand Wellington (Nouvelle-Zélande) vient justement d’annoncer qu’il voulait aussi fermer le réseau des trolleybus de la cité dans les trois ans à venir. Le « monsieur Transport public » de l’autorité organisatrice, un certain Paul Swain, blâme la rigidité du système, qui empêche de modifier l’itinéraire des lignes établies, et prétend que les trolleybus sont source d’embouteillages dès lors que l’un d’eux tombe en panne, car les suivants ne seraient plus alors en mesure de le dépasser… Plus vraisemblable est l’argument d’ordre pécuniaire également avancé : le démantèlement des lignes aériennes coûtera toujours moins cher que la modernisation des installations fixes (dont les sous-stations) qui, autrement, aurait été nécessaire ! C’est d’autant plus dommage que les trolleybus eux-mêmes avaient fait l’objet d’une grande opération de modernisation il y a à peine sept ans, leur octroyant, aux dires de l’opérateur, un nouveau potentiel de vie résiduelle jusqu’en 2022. Il semble que le conseil, qui veut visiblement avancer très vite sur ce dossier, ait en tête une refonte totale du plan de transport en surface. L’idée consisterait à créer de grands axes, plus fréquemment desservis, et se recoupant en quelques nœuds de correspondance où les voyageurs devront, en revanche, changer de véhicule, là où précédemment le tracé des anciennes lignes leur permettait de rester dans le même jusqu’à destination. En attendant, Zane Fuujames, le patron de l’opérateur NZ Bus qui exploite le réseau d’autobus et trolleybus de Wellington, a mis en garde les autorités sur le risque de foncer tête baissée dans une logique de démantèlement sans même avoir déterminé au préalable si l’on s’orienterait vers des autobus 100 % électriques, hybrides, gaz ou diesel…

Philippe Hérissé

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