Péage de transit. Les autoroutes prêtes à participer en échange d’un allongement des concessions

Solliciter les autoroutes pour compenser les recettes du péage de transit qui devraient être bien plus faibles que celles attendues avec l'ex-écotaxe (500 millions d'euros avec le péage de transit contre plus du double pour l’écotaxe) ? Pierre Coppey, le président de l’association des autoroutes et ouvrages concédés (Asfa), n’y est « pas opposé sur le principe », confiait-il, en marge d’un colloque sur la mobilité périurbaine qui était organisé à Paris le 25 juin. « Nous sommes capables de mobiliser, par anticipation, des finances que le secteur public ne peut réunir dans l’immédiat. » Evidemment, cela ne pourrait se faire qu’en échange d'aménagements de concessions. Avec deux options possibles : l’augmentation des péages, ou l’allongement de la durée de concession. La première solution « c’est politiquement impossible », confie un spécialiste de la question qui préfère garder l’anonymat. L’avis semble partagé par tous. « L’allongement de la durée de concession, c’est indolore. » Ça tombe bien, puisque du côté « autoroutiers », on imagine plutôt un allongement de la durée de concession. D'autant plus que les dernières années de concessions sont les plus lucratives, les dettes contractées par les sociétés pour construire les autoroutes étant alors remboursées. A plus forte raison puisque l’allongement n’a pas été pris en compte dans les calculs, dès le départ.

Rallonger la concession est synonyme de gains supplémentaires. « Pas sûr !, corrige Pierre Coppey. Qui sait quelle sera la fréquentation d’une autoroute à la fin d’une concession ? Qui sait si nos clients ne se seront pas tournés vers les transports collectifs ? »

Le gouvernement, qui cherche à compenser le manque à gagner, a aussi évoqué l'idée que l'Etat entre au capital d'Ecomouv', la société chargée de collecter l'écotaxe, afin « d'assurer un meilleur contrôle ». Mais le gouvernement va d'abord devoir amender le contrat avec Ecomouv'. L'idée est d'instaurer un nouveau système à compter du 1er janvier 2015, « après une marche à blanc à l'automne » de trois mois. D'où la nécessité d'aller vite.

Rappelons que le péage de transit ne concernera que les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur un réseau de près de 4 000 kilomètres de routes nationales et locales et très fréquentées, alors que l'écotaxe devait porter sur 15 000 kilomètres de routes.

Yann GOUBIN
 

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