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Pourquoi Croissance Rail n’a toujours pas réussi à investir dans la filière ferroviaire
Plus d'un an après sa création, le fonds destiné à soutenir… la filière ferroviaire industrielle, baptisé Croissance Rail, n'a toujours pas réussi à signer son premier contrat. Ce fonds, dont l'objectif est d'identifier les PME les plus performantes dans cette filière pour les aider à se développer, peine à convaincre les patrons de ces entreprises à le suivre. 150 PME susceptibles de bénéficier de son coup de pouce ont pourtant été recensées. Majoritairement dans le domaine du matériel, mais aussi dans le secteur des infrastructures, des services ou des systèmes.
Croissance Rail dispose pourtant de 40 millions d'euros prêts à être investis. Mais pour l'heure, les fonds restent dans la caisse. Cela peut paraître incroyable tant la filière semble avoir besoin de se restructurer. Mais cela n'étonne finalement pas grand monde dans la profession. On connaît la faiblesse du tissu industriel français, moins, dense, moins stable, que le tissu allemand. Le grand souci en France, c’est de faire émerger des entreprises de taille intermédiaire. Il y a bien Faiveley, le franco-allemand Vossloh-Cogifer, etc. En tout une dizaine d’entreprises seulement dépassent la centaine de millions de CA rappelait lors d’une récent colloque Jean-Pierre Audoux, le délégué général de la Fédération des industries ferroviaires.
Les grands ensembliers sont régulièrement pointés du doigt du fait de leur politique d’achats qui étrangle les fournisseurs. Alstom du moins et Bombardier. Pas Siemens, jugé, à l’allemande, beaucoup plus respectueux du tissu industriel national.
Les PME n’ont pas forcément envie de se marier… Et puis, une enquête faite auprès des grands donneurs d’ordre (SNCF, RFF, RATP, Alstom, Bombardier) a montré que ceux-ci n’étaient pas trop demandeurs de l’émergence de telles entreprises, à une exception près, seul dénominateur commun : l’aménagement intérieur. Pour le reste — par exemple les activités de câblage – multiplexage — certains des donneurs d’ordre préfèrent assurer le travail en interne.
Allons donc pour l’aménagement intérieur ? Mais on n’a pas l’air non plus d’être sur la voie d’une ETI (entreprise de taille intermédiaire). Trois entreprises se détachent. La première, Compin, connaît de grandes difficultés depuis des années. Elle a décroché fin 2013 un important contrat qui la remet en selle. Ce qui ne veut pas dire que l’avenir soit dégagé. CEIT, la deuxième, est en procédure de faillite après, semble-t-il, une phase de croissance trop forte qu’elle n’a pu absorber ; la troisième ; Sofanor, a été acheté par Barat. Sur le papier, ces entreprises sont trop petites pour peser sur le marché mondial (dans les 20 à 30 millions de CA). Ensemble, elles frôleraient le seuil des 100 millions. Mais l’histoire n’a pas l’air se s’écrire ainsi.
Aussi la Fédération des industries ferroviaires pousse-t-elle à une autre solution : les clusters. En mettant l’accent sur deux points essentiels : l’innovation, à la condition qu’elle ne soit pas purement hexagonale et s’accroche au grand programme européen Shift2Rail, et allant de pair, le marché international, puisque la baisse considérable de la commande publique conduit à prendre le large et à faire valoir ailleurs des compétences dont la valeur, n’est plus à démontrer.
Cependant rien ne pourra tenir si la commande publique, même à la baisse, ne s’inscrit pas à un certain niveau. C’est pourquoi le PDG de la RATP, Pierre Mongin, lors d’une journée commune organisée par Fer de France, qu’il préside, et la Fédération des industries ferroviaires , a exhorté les pouvoirs publics à ne pas fléchir sur les programmes du Grand Paris. Ces programmes peuvent assurer à la « trans profession », BTP des transports, ingénierie, ensembliers ou équipementiers, exploitants aussi, une planche de salut une fois les quatre LGV en travaux achevées. Et présenter une vitrine incomparable pour l’exportation du savoir-faire.
FD
Pour aller plus loin : Retrouvez dans notre prochain numéro 567 notre dossier spécial sur "Comment les Français peuvent rebondir"
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