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Keolis ne lésine pas sur les moyens pour se développer
Après une année 2013 sous le signe de la transition, 2014 a été placée sous le signe de l’accélération selon les dirigeants de Keolis. Le chiffre d’affaires a atteint plus de 5,5 milliards d’euros (5,1 milliards l’année précédente, en intégrant dans les deux cas, les participations minoritaires dans les co-entreprises), ce qui représente en moyenne une hausse de 9,3 % par an depuis dix ans. « Nous sommes sur la trajectoire de notre plan stratégique qui nous donne l’objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2017 », commente Michel Lamboley, le directeur exécutif groupe.
Désormais, le chiffre d’affaires réalisé à l’international représente la moitié du total. « En dix ans, l’activité réalisée en France a doublé, tandis que l’international triplait », résume Michel Lamboley. « Nous savons que la part de l’international sera prépondérante à l’avenir ».
L’année dernière a été marquée par le gain de contrats importants en France (renouvellement de Bordeaux pour huit ans) et surtout à l’étranger. En Grande-Bretagne (qui représente 20 % du CA), la filiale de transports publics de la SNCF a notamment remporté coup sur coup l’exploitation de la plus grande franchise ferroviaire britannique dans le cadre d’un partenariat formé avec Go-Ahead (Thameslink Southern and Great Northern pour 7 ans), puis celle du métro automatique des Docklands. Citons aussi les Etats-Unis, où Keolis a démarré en juillet dernier l’exploitation des trains de banlieue à Boston, un contrat emblématique mais qui lui pose des problèmes (lire notre Lettre confidentielle n° 55). Ou l’Australie, où le groupe français gère depuis cet été la nouvelle ligne de tram de Gold Coast. Et pour renforcer encore ses positions, Keolis Downer (joint venture entre Keolis et Downer EDI) vient d’acquérir en ce début d’année Australian Transit Enterprises, l’un des principaux opérateurs de bus du pays.
«Cette accélération ne s’est pas faite au détriment de la rentabilité puisque cette dernière a crû de 11,4 % en 2014 comparé à 2013 » se félicite Michel Lamboley. « La plus grosse partie de la croissance est organique ».
Pour conduire cette accélération, Keolis a augmenté ses investissements qui sont passés de 193 millions à 240 millions d’euros. L’endettement a augmenté de 40 millions d’euros mais « le levier d’endettement est de 1,5, soit moins que l’année précédente (1,7) et bien loin des 3,5 au maximum autorisés par les banques », précise Michel Lamboley. Concrètement, cela s’est traduit par « le concept de la marche en avant », demandé par les actionnaires et basé sur des investissements en amont pour gagner des contrats. Quatre plateformes ont été mises en place en Europe continentale, Grande-Bretagne, Amérique du Nord, Australie/Nouvelle Zélande, en appui des filiales pour les aider à trouver de nouveaux marchés et préparer les appels d’offres. En 2014, plus de 18 millions d’euros ont été dépensés dans ce but, dont à peu près la moitié en Grande-Bretagne. Soit bien plus qu’en 2013, année au cours de laquelle 4 à 5 millions d’euros y avaient été consacrés. « Ce n’est pas une fuite en avant. Nous faisons extrêmement attention à ne jamais nous mettre en danger », affirme Michel Lamboley.
Keolis, qui a mis en place une direction ferroviaire sous la houlette de Jacques Damas, veut capitaliser sur son expertise ferroviaire alors que projets de mass transit se développent aux quatre coins de la planète.
2015 s’annonce sur cette même lancée. L’entreprise se dit prête à lancer l’exploitation de métro d’Hyderabad, mais attend l’inauguration qui était prévue le 21 mars et a été reportée. En Inde, Keolis a en ligne de mire ce qu’elle nomme « les nouveaux territoires », l’Asie et le Moyen Orient.
En France, le positionnement sera plus défensif puisqu’une partie de ses contrats les plus prestigieux arrivent à échéance. Ce sera le cas à Lyon l’année prochaine (une véritable vitrine pour Keolis), Lille ou Rennes. Dans le secteur des parkings où le groupe est le numéro deux avec Effia, Keolis souhaite aussi se renforcer.
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