Exclusif. Les usagers réclament des appels d’offres pour l’exploitation des trains Intercités

Quasiment un mois après que la Cour des comptes a publié coup sur coup deux rapports sur les trains Intercités, l’un « soft » appelant à une optimisation, l’autre, une autosaisine de la Cour, beaucoup plus radical, appelant à des restructurations (et dévoilé par notre Lettre confidentielle n° 55), c’est maintenant la Fnaut (Fédération nationale des associations d’usagers des transports) qui monte au créneau.

Elle s’apprête à adresser aujourd’hui, lundi 16 mars, à tous les parlementaires, son Manifeste des usagers pour le renouveau des trains Intercités. Ce document de 16 pages, que VR&T s’est procuré, est un appel à l’ouverture à la concurrence pour l’exploitation des Intercités, ces trains qui doivent assurer les relations entre les grandes agglomérations ainsi qu’avec et entre les villes moyennes sur les lignes non desservies par la grande vitesse. Et auxquels s’ajoutent les trains de nuit.

Or, les trains Intercités sont dans une situation alarmante : leur déficit atteint 325 millions d’euros et leur financement n’est plus tenable puisqu’il repose essentiellement sur l’activité TGV, elle-même en repli. Un déficit en pleine dérive, puisqu'il a fait un bond de plus de 70 % entre 2011 et 2014, rappelle la Fnaut. Quant à la qualité du service, elle laisse à désirer puisque seuls 72 % des trains sont arrivés avec un retard de moins de 5 minutes en 2014, selon des données Infolignes.

Pour les représentants des usagers, il est impératif de baisser les coûts de ces trains. Ce qui « passe inévitablement par l’exploitation en délégation de service public, l’Etat choisissant l’exploitant délégataire le mieux disant à la suite d’un appel d’offres sur un bouquet d’une ou plusieurs lignes ».

Pour relancer ces trains, la Fnaut recommande aussi une modération tarifaire et la généralisation de la réservation facultative. « Les bas prix doivent être développés à l’exemple du train de jour Paris – Toulouse sous la formule 100 % Eco », précise le manifeste.

La décision récente du gouvernement de reconduire sans appel d’offres la SNCF comme exploitant des Intercités ne va pas dans le sens souhaité par la Fnaut. D’autant que ce n’est pas la première fois que la fédération s’empare du sujet. « Depuis plus de dix ans, la Fnaut a multiplié les interventions pour alerter l’opinion et les décideurs politiques sur les dangers qui pèsent sur les trains Intercités », écrit Jean Sivardière, son président, dans le manifeste. Mais en vain jusqu'à présent.

La Fédération attend désormais le futur schéma national des services de transports prévu par la loi d’août 2014 qui doit fixer les orientations de l’Etat dans ce domaine. Auparavant, d'ici juin, les conclusions de la commission Duron, qui planche sur l’avenir de ces trains, pourraient peut-être ouvrir quelques fenêtres de tir.

[email protected]

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *