La grue Kirow à l’essai sur le réseau français

 

L’un des objectifs du programme Vigirail, consécutif au déraillement de Brétigny, est d’accélérer le renouvellement des appareils de voies. C’est ce qu’Alain Vidalies, secrétaire d’Etat aux transports  

a pu observer sur les voies de Paris-Est dans la nuit du 16 au 17 mars, à l’occasion du remplacement de l’aiguillage 40. Un appareil de voie parmi les 200 qui doivent être renouvelés d’ici 2017 rien qu’en Ile-de-France. Les travaux à Paris-Est, qui sont en cours depuis février et devraient prendre fin à la mi-avril, portent sur le renouvellement de sept appareils de voies (dont certains remontent aux années 1960) et de 120 m de voies. Des travaux effectués dans le cadre d’un marché de 3 millions d’euros adjugé à la société Pichenot-Bouillé, qui met en œuvre, à titre expérimental, l’acheminement vers la zone de pose d’appareils de voie pré-montés sur wagons-pupitres et leur manutention par une grue Kirow sur le lieu du chantier.

En cours de généralisation pour les renouvellements d’appareils de voie dans plusieurs pays d’Europe (pays nordiques, Suisse, Grande-Bretagne, Allemagne, Autriche, Espagne…) la mise en œuvre de la grue Kirow et des wagons-pupitres présente de nombreux avantages, tant du point de vue de la productivité (logistique, économies) que du temps, de la qualité et de la sécurité du travail. Des avantages essentiellement liés au fait qu’avec cette méthode, l’essentiel du travail est effectué en atelier (Moulin-Neuf, le cas présent) et non sur le lieu du chantier, l’appareil de voie restant monté pendant son acheminement sur wagons-pupitres. Ces derniers permettent en effet le transport d’appareils beaucoup plus larges que la voie en utilisant le gabarit de façon optimisée (inclinaison des panneaux transportés, d’où le nom de « pupitre »). Quant à la grue Kirow, elle permet la manutention d’appareils de voie sous caténaire (préalablement mise hors tension) et en milieu contraint (respect du gabarit des voies adjacentes).

Sur le chantier de Paris-Est, qui se déroule en trois phases (travaux préparatoires, principaux et de finition), 20 à 25 agents SNCF côtoient une vingtaine de salariés de trois entreprises : Pichenot-Bouillé, HP Elec et Swietelsky, spécialiste autrichien des travaux ferroviaires auprès duquel la grue a été louée.

Démonstration a été faite à Alain Vidalies des avantages de la nouvelle méthode de remplacement des appareils de voie, qui devrait contribuer aux « gains de compétitivité pour atteindre l’objectif de passer de 1 000 chantiers par an en 2014 à 1 500 en 2015 » évoqués par le secrétaire d’Etat. Il n’en reste pas moins que l’association des wagons-pupitres et de la grue Kirow n’est encore mise en œuvre qu’à titre expérimental sur le réseau français. Mais Jacques Rapoport semble confiant : « Si les essais sont concluants – et je pense qu’ils le seront – des appels d’offres seront lancés dans le respect des règles européennes ». Et il se trouve qu’il existe un industriel européen basé en France, Vossloh Cogifer, qui bénéficie d’une grande expérience dans ce domaine… mais hors de France jusqu’à présent !

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