Cette fois, le RER B est vraiment unifié

Ses usagers quotidiens auront du mal à le croire, mais la régularité de la ligne B du RER francilien s’améliore ! De 2013 à

  2014 elle est en effet passée de 83 à 88 % de trains à l’heure et cette tendance se poursuit en 2015. Une progression à mettre en grande partie au crédit du Centre de commandement unique (CCU). Sa mise en service le 10 novembre 2013 avait représenté une étape décisive de l’unification de cette « deuxième ligne la plus fréquentée d’Europe » (870 000 voyageurs par jour). Mais pas la dernière, qui a discrètement été franchie il y a deux semaines.

Exploité par la RATP au sud de la gare du Nord et par la SNCF au nord depuis 1981, le RER B s’était déjà progressivement unifié avant 2013, avec les premières circulations sans changement de train en 1983, l’unification du matériel roulant d’interconnexion en 1987 ou les mêmes conducteurs de bout en bout depuis 2009. Fin 2013, la salle du Poste de commande centralisée (PCC) de Denfert-Rochereau, où la RATP exploitait déjà la partie sud, a vu l’arrivée des agents SNCF gérant les circulations et l’information aux voyageurs sur la partie nord. Le CCU était né, donnant enfin aux acteurs des deux entreprises la possibilité de visualiser en un lieu unique l’intégralité de la ligne B, ainsi que les passages des trains de la ligne D par le tunnel entre Châtelet-les-Halles et Gare-du-Nord. Avec pour résultat immédiat une meilleure communication entre agents RATP et SNCF, une fois apprise « la langue des autres » !

Sur la partie nord de la ligne, le CCU n’avait toutefois pas au moment de sa création, la main sur la régulation des circulations. Car les rames du RER B ne sont pas seules au nord de Paris. Certes, en situation normale, depuis la réalisation du projet RER B Nord+, cette ligne est exploitée « en mode métro » sur ses propres voies. Mais, en situation dégradée, ses rames peuvent toujours emprunter les voies adjacentes, où elles côtoient alors les rames du Transilien vers Crépy-en-Valois (ligne K), les TER vers Laon et des trains de fret vers le nord.

Depuis la deuxième quinzaine d’avril, avec la mise en œuvre de l’étape 2 du CCU, ce déséquilibre entre nord et sud appartient au passé. Avec l’arrivée à Denfert-Rochereau des régulateurs de la partie SNCF, le CCU regroupe l’ensemble des personnels amenés à gérer le RER B… voire un peu plus loin. Car la nouvelle zone de régulation délocalisée de Paris-Nord à Denfert-Rochereau s’étend de Paris à Aulnay, Roissy et Crépy-en Valois – d’où son acronyme PARC. Crépy a beau se trouver au-delà du terminus de la ligne B (Mitry), c’est bien le RER qui a ainsi pris en main la gestion de crise lors des situations fortement perturbées sur l’ensemble du réseau ferré à la sortie nord-est de Paris.

Le 28 avril, cet achèvement de la constitution du CCU du RER B a donné l’occasion au secrétaire d’Etat chargé des Transports, Alain Vidalies, de rendre visite au poste de Denfert-Rochereau, « emblématique de la meilleure coopération entre opérateurs ». Et d’annoncer qu’une « démarche similaire » était déjà en œuvre sur le RER A, avec la présence d’un correspondant de la RATP à Saint-Lazare depuis l’an dernier. « J’ai demandé à la SNCF et la RATP de poursuivre cette dynamique commune » a rappelé le secrétaire d’Etat, indiquant que les lignes A et B « doivent être un laboratoire ».

Egalement présent le 28 avril, le président de région Jean-Paul Huchon a également « vu comment le commandement unique a amélioré les choses ». Mais il a rappelé que « cette affaire a pris du temps », car « les deux cultures d’entreprises n’étaient pas totalement miscibles ». Ce qui se vérifiera sans doute une fois de plus sur le RER A.

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