Coup de frein aux gares sur lignes nouvelles en Languedoc-Roussillon

Le nouveau conseil régional de la région fusionnée avec Midi-Pyrénées, à majorité mixte PS-PRG et écologiste, a demandé un moratoire sur tous les projets de gares « exurbanisées ». Sont visées les gares du Contournement de Nîmes et Montpellier, à Manduel près de Nîmes et à La Mogère au sud de Montpellier, cette dernière étant en construction. Mais aussi celles situées sur la future ligne nouvelle Montpellier – Perpignan (LNMP) à Béziers et Narbonne. Pour La Mogère, d’un coût d’environ 140 millions d’euros, la région, cofinanceur pour 32 millions, demande la suspension des travaux une fois la dalle réalisée et gèle son financement. Cela en attente des états généraux du rail organisés par le conseil régional, qui s’ouvriront en avril.

« Nous tenons à prendre le temps de l’écoute de tous les ayants droit au transport », a expliqué le vice-président de la région chargé des Transports, Jean-Luc Gibelin (PCF) qui, durant la campagne, s’est engagé sur « les trains du quotidien ». « Pourquoi serait-il pertinent que Toulouse-Matabiau accueille des TGV en centre-ville et pas la gare Saint-Roch à Montpellier ? », s’est-il interrogé dans les médias régionaux. Cette gare a été voulue par la précédente majorité municipale montpelliéraine (socialiste) comme le point d’entrée d’un nouveau quartier d’affaires « Oz ». Sa pertinence est controversée car elle est déconnectée de toute correspondance TER. Elle a aussi vu sa légitimité – discrètement – mise en doute par le nouveau maire de Montpellier, Philippe Saurel (divers gauche), au vu de premières projections de trafic très réduites. La métropole, qui finance à hauteur de 11 millions d’euros, suivrait la région si cette dernière annule son financement.

Par ailleurs, sept recours contre La Mogère attendent devant la justice administrative. Celui d’un « Collectif anti-Mogère » attaque la déclaration de projet. Les autres sont portés par le vice-président de la métropole René Revol (Parti de Gauche), la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut), Asseco-CFDT et Attac Montpellier. Sont visés l’absence de correspondance avec le réseau régional ; le gain de temps minimal grevé par un accès difficile au réseau de tramways (au mieux la coûteuse extension d’une ligne alors que la gare Saint-Roch est desservie par quatre lignes) ; le surdimensionnement des prévisions de trafic au moins jusqu’à la mise en service de la LNMP, pas avant 2030 ; les dangers d’inondation ; et la pertinence du partenariat public-privé pour les finances publiques. Les opposants contestent par ailleurs la saturation de la gare Saint-Roch, dotée de six voies à quai plus deux en impasse côté Sète, qui vient d’être magnifiquement rénovée et dont la surface a été doublée pour plus de 50 millions d’euros.

Michel Gabriel LEON

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