Transdev veut rouler électrique en Ile-de-France

Après avoir fait circuler durant six mois un bus 100 % électrique du néerlandais Ebusco, Transdev assure en être totalement satisfait et prêt à sauter le pas pour équiper l'intégralité de la ligne entre les gares de Sartrouville et Argenteuil (ligne 1 du réseau R'Bus) avant la fin de l'année. Le groupe a signé le 11 mars avec l'industriel un protocole d’accord pour l’achat de sept à neuf de ces bus standard de 12 m (90 passagers) dotés d'une autonomie théorique de 250 à 300 km. Il affirme attendre désormais le vote du Stif en juillet prochain pour équiper l'intégralité de cette ligne structurante (10 km, 31 arrêts) du Val-d'Oise et des Yvelines, soit huit bus Ebusco 2.0.

« Le véhicule a réalisé sans encombre ses 10 à 11 allers-retours quotidiens, soit 200 à 220 km avant la recharge nocturne. Il est conforme à nos attentes techniques d'exploitant. Les conducteurs apprécient particulièrement sa souplesse de conduite et les voyageurs son silence », assure Christophe Boissier, directeur adjoint France, zone Ile-de-France chez Transdev. Le responsable rappelle que le groupe possède un parc de 50 bus électriques, y compris quelques articulés – dans le monde, notamment aux Etats-Unis, en Finlande et aux Pays-Bas, et qu'il en comptera « 135 fin 2016 », dans le cadre de son « living lab ».

Des bus Ebusco – première entreprise en Europe à recevoir une homologation européenne pour un bus entièrement électrique en 2010 – avaient déjà donné satisfaction pendant plus de deux ans à Helsinki, malgré des conditions climatiques plus difficiles qu'en région parisienne. A ce jour 300 exemplaires de son bus circulent en Europe, effectuant plus 325 km par jour, selon le constructeur.

Les enjeux économiques sont non négligeables, sachant que les prix des bus sont pour l'instant très élevés, autour de 500 000 euros, même si personne ne doute que les tarifs chuteront dès que les volumes seront là. Mais Transdev est en mesure d'affirmer que grâce aux économies sur la maintenance et la consommation, le TCO (Total cost of ownership, soit le coût total de possession) est « au moins aussi performant que celui d'un hybride ». Les calculs sont effectués à partir d'une durée de vie de 12 ans et d'un changement du pack de batteries à mi-vie. Christophe Boissier note enfin que la formation des conducteurs à l'écoconduite est fondamentale s'agissant de bus qui récupèrent l'énergie au freinage : « Sur un diesel, on économise déjà jusqu'à 20 % de consommation, là c'est beaucoup plus. »

Transdev a par ailleurs déclaré comme très positif le bilan du bus à biberonnage Watt System de PVI qui roule entre les terminaux 1 et 2 de l'aéroport Nice-Côte d'Azur depuis 18 mois. Le véhicule a transporté 65 000 passagers sur plus de 12 000 km et permis une économie de 4 400 litres de carburant, « un vrai succès tant sur le plan énergétique, économique qu'environnemental », estime l'exploitant. Sur une journée type, le bus à l'autonomie illimitée aura parcouru environ 100 km pour 60 transferts d’énergie. Pour l'industriel, « ce projet cofinancé par l’Ademe confirme la faisabilité d’une telle opération partout en France… »

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