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Les inquiétudes des conducteurs de Ouibus

Trahis. C’est le sentiment des chauffeurs de Ouibus au dépôt de Lyon, l’un des trois grands sites d’exploitation en France. La direction a officiellement annoncé lundi 13 mars que toute l’activité du site de Lyon, l’un des trois dépôts nationaux, serait transférée à l’entreprise partenaire Faure. Le site doit fermer en juin. Les salariés y perdent au change, en termes de salaire, 400 à 500 euros par mois selon un syndicaliste, comme en termes de conditions de travail.
La filiale de la SNCF avait été les chercher, à son lancement en 2012, en leur proposant des salaires et des conditions de travail très attractives. Elle fait aujourd’hui appel à des sous-traitants, moins chers, pour conduire ses bus.
« Certains ont quitté leur région, pris un crédit pour acheter une maison. On pensait qu’on allait construire ensemble un leader du transport européen », explique Mostapha Filali, chauffeur du site de Lyon et représentant syndical CGT au comité d’entreprise.
« Le transfert à Lyon est le fruit d’une opportunité spécifique qui permet d’optimiser les conditions de travail sur place, non d’un mouvement stratégique global », se défend l’entreprise. Pourtant, le nombre de lignes exploitées augmente quand, dans le même temps, le nombre de conducteurs employés directement par Ouibus diminue. Il était de 190 conducteurs entre septembre et octobre 2015, au moment de l’ouverture du marché français. Il est tombé à 141 en février 2017. Il doit atteindre 129 à la fin mars.
Dans ce contexte, les salariés des dépôts de Lille et de Paris craignent également pour leur emploi. La direction s’engage à « assurer la pérennité du site jusqu’en 2019 ». « On sent bien qu’on nous pousse gentiment dehors », affirme un chauffeur de Lille, qui préfère garder l’anonymat. Les trois dépôts nationaux se sont mis en grève mardi 21 mars.
Alban Elkaim