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Tram compact, mais pas pour les finances
A 48 heures d’intervalle, deux villes de taille moyenne devaient inaugurer leur… tramway compact, les premiers du genre à être mis en service : Besançon le 30 août puis Aubagne le 1er septembre. L’instant de vérité pour ces matériels plus courts et réputés moins chers que les trams habituels. Dans la capitale franc-comtoise, c’est l’aboutissement d’un projet de “tram autrement“ porté par son maire et président d’agglo, Jean-Louis Fousseret (PS) depuis 2008. Pour un montant de 228 M€ (valeur 2008, revalorisés à 256 M€ valeur 2015), dont 49 % empruntés (112 ou 125 M€actualisés), une ligne de 14,5 km comprenant une antenne vers la gare (31 stations) traverse l’agglomération d’est en ouest. 50 000 voyageurs par jour sont attendus à terme dans ce tram signé Caf (et Avant-Première pour le design) circulant de 5 h à 1 h et toutes les 5 minutes sur le tronc commun (Hauts-de-Chazal à Parc Micaud) – à l’heure de pointe.
Sur le papier, la performance d’un coût maîtrisé de 17 M€ du km, grâce notamment aux 19 rames Urbos de 23 m (132 places modulables jusqu’à 230) et un recours à l’emprunt « sans exagération ». Pourtant, l’opposition du Mouvement Franche-Comté – un parti libéral autonomiste et régionaliste – dénonce déjà l’explosion de la dette du Grand Besançon, passée selon le site collectivites-locales.gouv.fr, de 44,9 M€ fin 2011 à 138,7 M€ fin 2013, soit de 247 € à 760 € par habitant. Son leader, Jean-Philippe Allenbach, appelait donc à boycotter les festivités d’inauguration « à l’occasion du triplement de la dette (…) pour une dépense que personne ne demandait, qui n’avait rien d’indispensable et qui, soit dit en passant, fait toujours l’objet d’un recours devant les tribunaux pour absence d’utilité publique. » Pas de quoi ternir la fierté des élus récemment renouvelés en ce jour qualifié d’« historique » par le maire et président de la CA sur sa page Facebook… Avec plus de 1000 arrêts à travers l’agglo, deux lignes de tram (en comptant l’antenne) et 4 lignes essentielles en bus, le réseau Ginko (Transdev) est monté en gamme.
De son côté, la nouvelle équipe dirigeante de la communauté d’agglomération du Pays d’Aubagne et de l’Etoile d’Aubagne devait inaugurer un projet mené par ses prédécesseurs et notamment par l’ancien maire, le communiste, Daniel Fontaine. Ce qui devait être une première phase de 2,7 km sur un total de 11 devient ainsi la seule phase du projet de tramway. A ceci près que la présidente, Sylvia Barthélémy (UMP-UDI) n’a pas abandonné le projet de d’utiliser la voie de Valdonne (14 km vers La Bouilladisse au nord) pour y faire circuler un “Val’Tram“, appellation locale du tram-train. Avantage : les 8 rames du Citadis compact d’Alstom (22 m, 130 places) déjà acquises sont aptes à circuler en milieu urbain et interurbain, permettant à « la collectivité de faire une économe de près de 20 millions d’euros »,a estimé l’AO.
Les élus, qui constatent que le tram aura coûté près de 100 M€, soit 20 de plus que prévu, préfèrent aujourd’hui un BHNS pour desservir la zone d’activités des Paluds. Il faut dire que les investissements nécessaires à deux lignes construites en 3 phases (projet initial), notamment le centre de maintenance, ont en effet été réalisés, d’où un lourd coût du km… Les résultats des études de faisabilité du Val’Tram et du BHNS devraient être connus en décembre prochain. Pour l’heure, le projet de connexion avec la métropole voisine, Marseille, n’est pas évoqué.
En attendant, au 1er septembre, symboliquement, le réseau change de nom puisque Les bus de l’agglo deviennent Les lignes de l’agglo (Transdev), le tout restant gratuit. Quant au nouveau tram chamarré de l’artiste Hervé di Rosa, entre Charrel et la Gare d’Aubagne, ses 7 arrêts seront desservis toutes les 10 minutes de 5 h 45 à 20 h 50, du lundi au samedi. Rien le soir, rien le dimanche. Bref, déjà peu attractif niveau desserte, ce tram, initialement conçu pour circuler 7 j/7 jusqu’à 22 h, ne l’est guère plus côté amplitude horaire…
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