Sauf coup de théâtre de dernière minute, le premier téléphérique urbain d’Ile-de-France devrait être inscrit au prochain…
contrat de plan Etat-Région (CPER) 2015 – 2020 pour un montant de 72 millions d’euros, correspondant à l’évaluation la plus récente (2013) du coût du projet. Un investissement supérieur aux montants des premières études – 30 à 50 millions d’euros – mais en deçà de ce qu’a coûté le prolongement de la ligne 8 du métro jusqu’à Pointe du Lac (83 millions d’euros). Il s’agit de relier Villeneuve-Saint-Georges, Limeil-Brévannes, Valenton et Créteil, soit 4,5 km et 4 ou 5 stations touchant un bassin de vie de plus de 160 000 habitants. Si tout va bien, il aura tout de même fallu dix ans à ce projet pour voir le jour. Les premières études datent en effet de 2008 et l’on espère une mise en service en 2018.
Autant dire que son inscription au CPER est perçue comme une aubaine… Même si « la confirmation officielle de la part du préfet de région est attendue pour le 2 février », comme le souligne le président du conseil général du Val-de-Marne, Christian Favier, à la fin des discussions préparatoires, le Téléval était bel et bien retenu. Et « en une seule phase », pour la plus grande satisfaction du CG 94, instigateur du projet. En plus de l’Etat et de la région, les collectivités locales, dont le CG 94, devraient financer ce télécabine urbain à hauteur de 30 %. Les discussions sur le CPER en séance plénière de l’assemblée régionale auront lieu les 12 et 13 février.
La promesse du Téléval : 16 minutes pour aller du plateau villeneuvois à la station de métro Créteil – Pointe du Lac, nouveau terminus de la ligne 8, contre plus de 35 minutes actuellement avec les correspondances. Et 6 minutes entre les stations Les temps Durables à Valenton et Pointe du Lac à Créteil, contre 20 minutes aujourd’hui. Sa capacité irait jusqu’à 3500 personnes transportées par heure et par sens, soit l’équivalent d’un tram, grâce à 60 cabines de 15 places, circulant toutes les minutes en heure de pointe. 13 000 voyageurs sont attendus chaque jour. Son coût de fonctionnement reste à évaluer précisément, sachant que le coût moyen théorique d’exploitation d’un téléphérique urbain est de 1,20 euro du km.
Si l’idée du Téléval revient au département, il y a quelques années que le Stif s’en est emparé. « Lors de l’inauguration du prolongement de la ligne 8, [en octobre 2008, ndlr], les élus valdemarnais ont assailli Jean-Paul Huchon pour l’informer de cette initiative qu’il ne connaissait pas,se rappelle Luc Echtler, directeur général adjoint, chargé de l’aménagement et du développement économique au CG 94. Ce qui a fait dire au président de région : “quand on vient dans le Val-de-Marne, on inaugure un projet et on repart avec trois ! “».Toujours est-il que le dossier d’objectifs et de caractéristiques principales a été adopté ; que la concertation préalable est achevée et que le projet entre maintenant dans sa phase opérationnelle, avec l’avant-projet, le choix des maîtres d’œuvres et de l’assistance à maîtrise d’ouvrage. L’enquête publique est prévue pour 2016.
Eu égard à la technologie, le Stif aurait pu opter pour un appel d’offres de conception-réalisation, mais il n’en sera rien. « A priori, ce sera un schéma classique avec le choix d’un concepteur, puis un appel d’offres travaux »,explique le directeur général adjoint. Le chantier devrait durer au moins de 14 à 18 mois. Ce qui laisse espérer une inauguration courant 2018. Malgré son apparente simplicité par rapport à un tramway, en dépit de l’absence d’expropriation – quelques procédures de maîtrise des sols sont néanmoins nécessaires – ce TCSP ne bénéficie d’aucune simplification de procédure. Résultat : des délais aussi longs que pour un transport terrestre… Il a de plus été quelque peu retardé par de nombreuses réticences quant à sa fiabilité, son intérêt ou son aspect esthétique. « La plus grosse difficulté dans notre cas aura été de faire admettre que ce projet est un mode de transport qui sera très utile, et non pas un gadget… »,poursuit-il.
Restera aussi à lui trouver un exploitant, ce qui se fera également par appel d’offres. Et sur un site situé à la jonction entre le territoire historique de la RATP et celui d’Optile, tous les groupes auraient déjà manifesté leur vif intérêt, raconte un proche du dossier. Le récent accord de partenariat entre la RATP et Poma, donnera-t-il un avantage à l’exploitant francilien historique ?
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