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La bataille pour la distribution digitale du train s’intensifie
Avec un volume d’affaires de 4,32 milliards d’euros réalisés en 2015 (83 millions de billets vendus), en hausse de 3,1 % par rapport à l’année précédente, le site Internet voyages-sncf.com estime « avoir conforté son positionnement de leader européen dans un contexte concurrentiel croissant ». Un résultat toutefois impacté par les attentats de 2013 à Paris qui auraient coûté un point de croissance à l’e-commerce, selon Franck Gervais, le directeur général de VSC.
Présent dans 55 pays dans le monde, VSC a particulièrement crû à l’international (+6 %) avec un volume d’affaires de 763 millions d’euros. Le distributeur s’est renforcé sur le marché australien et néozélandais avec le rachat d’un acteur local important, Rail Plus, et a lancé une filiale en Chine, un marché prometteur avec ses 120 millions de touristes chinois chaque année. Autre fait marquant, l’importance des ventes sur mobile qui représentent désormais 31 % du total.
Parmi les « défis » relevés en 2015, Franck Gervais cite la nouvelle interface du site Internet, la consolidation à l’international, mais aussi les partenariats noués avec des acteurs du tourisme français comme dernièrement AccorHotels et l’intégration de l’offre de bus. « Plus de 100 000 passagers ont acheté des places de bus sur notre site en quatre mois. C’est un vrai positionnement pour nous et il y a une vraie attente des clients », indique le directeur général en précisant qu’il est prêt à proposer d’autres opérateurs que Ouibus sur le site (des discussions sont en cours) et que « ces ventes ne cannibalisent pas celles du train ».
Pour l’avenir et plus précisément l’horizon 2019, VSC vise la première place en matière de tourisme « numérique » en Europe. « Notre secteur est en pleine mutation, une nouvelle séquence s’ouvre », commente Franck Gervais, qui pense que « 2016 va être marquée par la bataille pour le leadership de la distribution digitale du train ». Il faut donc « avoir la masse critique » et VSC bénéficie « de la force de frappe technologique ». Car à terme, selon lui, alors que de nombreux opérateurs sont nés de la libéralisation de l’activité de distribution en 2009, il ne devrait plus rester que trois ou quatre grands groupes en Europe dans quelques années.
Pour asseoir son positionnement sur le « smart tourisme » ou tourisme « numérique », VSC va proposer de nouveaux services. « Il s’agit d’offrir un voyage augmenté grâce au digital, plus simple à organiser et à vivre, un voyage enrichi de plus d’émotions et d’opportunités », précise Franck Gervais.
Dans cet objectif, VSC a travaillé avec plus d’une trentaine de start-up et compte recruter plus de 100 ingénieurs en 2016. Il a également investi plus de 10 millions d’euros en année pleine.
Concrètement, Franck Gervais a annoncé le lancement de « Mon Voyage », sorte de compagnon de voyage qui accompagne le client depuis sa réservation jusqu’après l’arrivée (offre de restaurants, hôtels, etc.). Le groupe promet aussi un accès renforcé aux petits prix grâce à des combinaisons de trains au temps de trajet plus long. VSC annonce enfin un partenariat avec Facebook Messenger pour que les clients puissent recevoir directement sur leur messagerie leurs informations de voyage. L’entreprise affirme être « une des premières marques en Europe à le faire et la première en France ».
Jean-Daniel Guyot, le président et cofondateur de Captain Train, la petite société de distribution de billets en plein développement, a une analyse différente. Selon lui, il va au contraire y avoir de plus en plus de concurrence sur ce marché dont le potentiel est énorme. Le dirigeant de la start-up française présente dans 22 pays, et rachetée il y a un mois par son homologue britannique Trainline, l’estime à plus de 60 milliards d’euros annuels en Europe. Il rappelle que, hormis les « petits » acteurs comme Captain Train désormais lié à Trainline d’une part, et le britannique Loco2 d’autre part, « la plupart des distributeurs sont liés à des opérateurs ferroviaires historiques ». Captain Train ne joue pas tout à fait dans la même catégorie puisqu’il se spécialise uniquement sur le train et le car. Et pas sur le tourisme comme cherche à le faire VSC. Car, selon Jean-Daniel Guyot, « il reste encore beaucoup à faire pour offrir les voyages de tous les transporteurs dans un même système ».
M.-H. P.
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