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Alstom met le cap sur la mobilité urbaine
Le 27 avril, Henri Poupart-Lafarge a dévoilé, en avant-première, à la Cité du Cinéma, à Saint-Denis, l’ensemble des innovations qui seront présentées à la mi-mai à Montréal, lors… style= »margin-bottom: 0px; text-align: justify; font-size: 14px; line-height: normal; font-family: ‘Times New Roman’; color: rgb(50, 51, 51); -webkit-text-stroke-color: rgb(0, 0, 0); -webkit-text-stroke-width: initial; »>
du Salon de l’Union internationale des transports publics. C’est une seconde grande étape dans la stratégie d’Alstom arrêtée par son PDG. La première étape, ce fut Alstom 2020, destinée, rappelle-t-il, « à accompagner la globalisation de nos marchés ». Avec un « grand succès » : Alstom a enregistré 50 % de croissance du chiffre d’affaires au cours des cinq dernières années. Et 100 % de hausse de la profitabilité. Il s’agissait aussi de passer d’une offre de train à une offre ferroviaire plus complète (infrastructures, systèmes, signalisation, maintenance et opération de ces systèmes), afin de conquérir de nouveaux clients intéressés par du clé en main.
La nouvelle étape consiste à passer du ferroviaire à une offre beaucoup plus vaste. C’est la réponse, dit Henri Poupart-Lafarge, à la demande des villes ou des autorités, qui considèrent que « le ferroviaire a vécu isolé ». Le ferroviaire est conduit à dialoguer, alors même que se produit une évolution très forte, et convergente, des autres systèmes urbains de mobilité sous un double signe : le digital, présent désormais partout, et l’électromobilité, en plein développement.
Alstom se lance donc à son tour dans le voyage sans couture voulant offrir à chacun la possibilité de choisir entre ses solutions de transport.
Témoignage de ce nouveau cap, les innovations présentées le 27 avril. A commencer par l’alliance avec Easymile, start-up bien connue pour ses véhicules autonomes. Alstom a pris une participation dans la start-up (Henri Poupart-Lafarge n’en donne pas la hauteur, mais on parle d’une quinzaine de millions d’euros). La présence dans les véhicules autonomes se traduit aussi par l’utilisation du logiciel d’Easymile et son adaptation à d’autres véhicules. Première démonstration, avec la RATP, pour automatiser l’accès au dépôt des trams. (voir dans cette même Lettre).
D’autres véhicules pourraient en être dotés. Comme Aptis, le véhicule électrique d’Alstom et NTL déjà présenté à l’usine alsacienne de Duppigheim et présent, lui aussi, le 27 avril à la Cité du cinéma (voir dans cette même Lettre, voir aussi le numéro d’avril de VR&T). Le véhicule, qui se veut entièrement designé pour la mobilité électrique, a pris le meilleur du tram (plancher bas intégral, grandes baies vitrées) pour l’adapter à un véhicule de 12 mètres. Des expérimentations commencent, en Ile-de-France, avec la RATP puis avec Keolis.
Alstom a d’autre part signé un accord de coopération stratégique dans le domaine de la sécurité avec Airbus, pour « le codéveloppement de services d’analyse de vulnérabilité des systèmes de transport, de nouvelles briques technologiques, ainsi que sur la définition d’une nouvelle génération de centres de sécurité opérationnelle adaptée au secteur industriel ».
De plus part, alors que Metrolab, l’entreprise commune Alstom RATP créée lors du Congrès de l’UITP Dubai, en 2011, semblait en sommeil, deux produits sont enfin présentés. Optimet OrbanMap, système d’information dynamique en temps réel proposé dans les stations de métro, Optimet real-time train occupancy, indiquant par une bande de couleur LED, placée au dessus des portes palières des métros, le taux d’occupation de chaque voiture. Type même de l’innovation recherchée par Alstom, utile aussi bien aux passagers qu’aux opérateurs.
Couronnement du système, Mastria, solution de supervision multimodale, reliant tous les acteurs de la mobilité d’une ville, du vélo au métro en passant par les taxis et les voitures partagées. Une solution qui ne peut se déployer vraiment que dans des agglomérations, du type de Singapour ou Dubai, où l’autorité organisatrice a la main sur la totalité des systèmes. Ces agglomérations, aujourd’hui rares, pourraient bien préfigurer l’organisation de la mobilité de demain. Et Alstom serait alors en mesure de doter les AO ou les opérateurs d’outils faisant d’eux les chefs d’orchestre de la mobilité intelligente.
Une semaine avant la présentation des résultats d’Alstom (ce jeudi 5 mai), Henri Poupart-Lafarge n’a donné aucune indication sur les chiffres. Ni sur le sujet classique de la « consolidation » dans le ferroviaire, sujet ravivé par les rumeurs d’une fusion Siemens-Bombardier. Mais on voit bien comment se place Alstom. Un, une stratégie de l’innovation fondée sur des partenariats avec des sociétés allant d’Easymile à Airbus, lui évitant de développer en propre des technologies sur lesquelles les partenaires sont plus avancés. Deux, une position, confortée par son désendettement et de bons résultats, consistant à ne pas se précipiter… tout en se tenant prêt à saisir le moment opportun…
F. D.
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