Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Présidence de la SNCF : Azéma dément

    Selon le JDD du 17 avril, Guillaume Pepy, au cas où il serait appelé à succéder à Alexandre de Juniac à Air France-KLM, aurait glissé à l’Etat le nom de celui qu'il verrait bien devenir président de la SNCF : David Azéma. Ancien numéro 2 de la SNCF, David Azéma (55 ans) a ensuite été PDG de Keolis, a pris en 2012 la tête de l'Agence des Participations de l’Etat, qu'il a quittée en 2014 pour Bank of America Merryl Lynch. Contacté par VR&T, David Azéma dément catégoriquement.

    L'hypothèse est d'autant plus hasardeuse que Guillaume Pepy n'est pas forcément candidat à la succession d'Alexandre de Juniac. Il dit à qui veut l'entendre que son seul objectif, c'est de poursuivre sa mission à la tête de la SNCF. Ce qui lui laisse moins de deux ans, Guillaume Pepy (57 ans) terminant son second mandat en février 2018. Les démentis ne valent que ce qu'ils valent, mais, plus sérieux, Les Echos de ce lundi croient savoir que Pepy aurait même refusé d'être auditionné par la commission des candidatures du groupe aérien.

    Le calendrier est de toute façon très compliqué pour Guillaume Pepy. Sur le papier, ça pourrait tout juste coller : Alexandre de Juniac doit quitter fin juillet la présidence d'Air France. Or, à la SNCF, le dossier le plus chaud, qui est la négociation d'un cadre social harmonisé pour tout le ferroviaire, doit être réglé le 1er juillet, avec la signature de la convention collective. Ce qui permettrait au président de la SNCF de sortir par le haut, ayant mené à bien la réforme ferroviaire et donné une impulsion décisive à la conclusion d'un cadre social pour le secteur. Mais les négociations sont très difficiles. La CGT, en perte de vitesse au niveau confédéral, tente de se raccrocher en adoptant une ligne maximaliste. En demandant par exemple un passage aux 32 heures. En guise d'harmonisation du cadre social, on entend plutôt des couacs, et un accord général le 1er juillet, ce n'est pas joué.

    Surtout, il ne faut pas oublier que la rumeur, qui veut que Pepy soit candidat, veut aussi qu'il ne soit pas favori. En revanche, l'un des favoris, est Jean-Marc Janaillac (63 ans), patron de Transdev, qui a mis en ordre de marche la fusion Transdev-Veolia et redressé le groupe dont il a la charge, a su sortir enfin de la SNCM et a été numéro deux d'AOM. Et connaît François Hollande depuis HEC et l'ENA. Mais, l’Etat n'a que 17,5 % d'Air France-KLM. Et être proche du président de la République, par les temps qui courent, pas sûr que ce soit un avantage.

    F. D.

  • L’Arafer s’étonne d’amendements déposés par le gouvernement à Bruxelles

    C’est la réponse du berger à la bergère : après le veto de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) à la nomination de Jean-Pierre Farandou à la tête de SNCF Réseau le gouvernement a déposé des amendements à Bruxelles pour faire évoluer le quatrième paquet ferroviaire. Ces amendements, dévoilés par Le Monde du 13 avril, et confirmés par l’Arafer qui en a pris connaissance, portent sur la notion de conflit d’intérêt. Ils retireraient à l’Arafer son pouvoir d’approbation sur le choix du président de SNCF Réseau puisque le régulateur ne pourrait plus intervenir à titre préventif mais postérieurement pour corriger d’éventuels conflits d’intérêt. C’est au cours du dernier trilogue qui doit avoir lieu le 19 avril sur le volet politique du quatrième paquet ferroviaire que ces amendements doivent être discutés.

    « Leur adoption irait à l’encontre de l’esprit de la réforme ferroviaire », s’indigne l’Arafer qui cherche à alerter les parlementaires sur le sujet. Le 14 avril, le gendarme du rail a envoyé une lettre à Alain Vidalies, le secrétaire d’Etat aux Transports, pour lui demander des éclaircissements. Il a également adressé plusieurs courriers à des parlementaires, notamment aux présidents des commissions Aménagement du territoire et Développement durable de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi qu’aux présidents de la commission des Affaires européennes de ces deux institutions.

    M.-H. P.

     

  • Le Conseil d’Etat annule la DUP Poitiers – Limoges

    Le Conseil d’Etat a annulé le 15 avril la DUP de la ligne à grande vitesse Poitiers – Limoges signée le 10 janvier 2015 par le Premier ministre. Selon le Conseil d’Etat, la DUP est illégale pour deux raisons D'abord de procédure : le dossier d’enquête publique, « contrairement au code des transports », ne contient « aucune information précise relative au mode de financement et à la répartition envisagée pour le projet ». Fâcheux pour un projet à 1,6 milliard d'euros (aux conditions économiques de 2011).

    Question de fond, ensuite. Le Conseil d'Etat reconnaît que le projet, « justifié par des considérations d'aménagement du territoire », a un intérêt public. Il considère cependant que l'opération présente « un bilan négatif ». Parmi celles-ci, le coût de la construction, dont le financement n'est pas assuré ; les temps de parcours incertains ; une évaluation de la rentabilité économique et sociale « inférieure au niveau habituellement retenu par le gouvernement pour apprécier si une opération peut être regardée comme utile ».

    La Fnaut, qui avait déposé un recours contre la DUP, approuve la décision du Conseil d’Etat, qui, rappelle-t-elle, confirme « les décisions de bon sens du rapporteur public » et annule la déclaration d'utilité publique d'un projet « déjà dénoncé avec sévérité par la Cour des comptes ». Pour la fédération d'usagers, « une desserte TGV performante de Limoges peut être obtenue par la poursuite de la modernisation de la ligne Polt ». Ce point essentiel vient selon elle « d’être confirmé par une étude » qu'elle a commandée « à un expert ferroviaire reconnu, Gérard Mathieu ».

    En revanche l'association Altro, qui voit dans le Poitiers – Limoges une partie du « projet territorial du triangle Bretagne – Pays basque – Lyon » regrette une « triste nouvelle pour l'aménagement équilibré du territoire, le développement économique et l'environnement ».

    Le secrétaire d’Etat aux Transports a aussitôt pris acte du jugement. Alain Vidalies « réunira le 3 mai les élus concernés afin d'évoquer avec eux les conséquences de cette décision. Après cette rencontre, et après avoir examiné les motifs de l'arrêt, le gouvernement communiquera sa décision sur l'avenir du projet », indique un communiqué.

    On imagine mal que le gouvernement persiste dans la réalisation d'une ligne raillée depuis l'origine du projet, sous Jacques Chirac, sous le nom de TGV Bernadette, et dont l'utilité ne convainc guère que des élus locaux ou l'association Altro. En tout cas, ce n'est ni SNCF Réseau ni SNCF Mobilités qui se plaindront.

    F. D.

     

  • SNCF : l’Unsa et la CFDT se joignent à la grève du 26 avril

    L'Unsa ferroviaire en sera. La CFDT aussi. Après un temps de réflexion, les deux syndicats modérés ont décidé de s'associer au nouveau préavis de grève annoncé par la CGT Cheminots pour le 26 avril. Le jour de la prochaine séance des négociations en cours pour l'écriture d'une future convention collective du ferroviaire entre les syndicats du secteur et l'UTP qui réunit SNCF et entreprises privées. Un délai indispensable pour que « la CFDT consulte ses équipes », précisait Didier Aubert, le secrétaire général de la fédération des cheminots. Et une même préoccupation à l'Unsa.

    Après l'envahissement et l'interruption des travaux la semaine dernière dans la salle où se tenaient les négociations, près de Montparnasse, par plusieurs dizaines de militants très remontés appartenant essentiellement à SUD qui les a « accompagnés » dans leur action « avec quelques banderoles CGT » selon l'AFP ; après l'irruption d'opposants à la loi El Khomri de la Nuit debout venus tenter d'interrompre le trafic à Saint-Lazare pour réclamer la solidarité des cheminots, le souci des organisations syndicales semble aujourd'hui clairement double. Maintenir la pression sur l'UTP tout en restant à l'écoute d'agents qui sur le terrain savent qu'« on est désormais entré dans le dur », assure Roger Dillenseger, le secrétaire général adjoint de l'Unsa. Mais sans risquer de voir leurs intérêts propres « noyés dans un contexte social national dégradé ».

    Les cheminots locomotive de la grogne générale. Une sorte de classique mais qui en effet « rendrait peu visible leur cause alors qu'on est, insiste Roger Dillenseger, à un moment historique dans le ferroviaire et qu'il n'est pas question de louper la marche ».

    Pour lui, « la méthode de l'UTP n'est pas bonne » qui consiste à « arriver avec un projet au ras de pâquerettes, voire moins-disant que le décret-socle. Par exemple sur des sujets de friction comme les repos doubles (deux jours consécutifs dans la semaine pour tous). Ou le refus de toute compensation à ce stade pour les agents soumis à l'indispensable continuité du service ou en 3/8 ».

    Et les syndicats de réclamer pour tous les salariés du rail un copier-coller du fameux RH 0077 qui régit le travail à la SNCF. Quand l'UTP exige un indispensable assouplissement garant de concurrence et de compétitivité.

    Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, après avoir in petto condamné l'envahissement de Montparnasse « avec la plus grande fermeté » dans un communiqué avait beau inviter aussitôt tout le monde à « retourner à la table des négociations avec la ferme volonté d'aboutir à un accord de haut niveau », c'est pour l'instant surtout le ton qui monte.

    Et la CGT Cheminots en perte de vitesse au fil des scrutins mais qui sait sa signature toujours incontournable pour l'accord d'entreprise à la SNCF joue même la surenchère. Réclamant au contraire l'amélioration du régime actuel avec le passage aux 32 heures par exemple. Une stratégie du « qui veut le plus… »

    Classiques postures de départ ? « L'UTP s'attend de toute manière à un conflit social. Donc elle ne veut pas lâcher du lest d'emblée, analyse Roger Dillenseger. Mais « avec un calendrier aussi contraint c'est jouer avec le feu », poursuit-il. La date butoir pour l'aboutissement des négociations est fixée fin juin. Et en terme d 'image la perspective d'un mouvement cheminot au beau milieu de l'Euro de football pourrait, tout le monde le sait, disqualifier les acteurs de la négociation de part et d'autre.

    En attendant pour démontrer sa détermination et un calendrier indépendant du contexte national après la grève du 26 avril l'intersyndicale ferroviaire devait appeler d'ores et déjà dans la foulée à une manifestation le 10 mai. Dont il ne lui restait plus ce lundi après-midi, selon Roger Dillenseger, qu'à arrêter l'itinéraire dans les rues de la capitale.

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  • Valérie Pécresse relance l’écotaxe pour les poids lourds en transit

    Elle l’avait inscrite à son programme électoral, et rappelle que son adversaire socialiste Claude Bartolone l'avait fait aussi. Valérie Pécresse relance l’idée d’une écotaxe poids lourds pour tous les camions qui traversent l’Ile-de-France La présidente (LR) de la région Ile-de-France souhaite inscrire la mesure dans son plan d’action pour la qualité de l’air qu’elle souhaite rendre opérationnel d’ici l’été. C’est ce qu’elle a indiqué le 11 avril lors d’une conférence de presse en marge de la conférence régionale sur l’air organisée rue de Babylone. « C’est une question de bon sens et d’application du principe pollueur-payeur, a-t-elle justifié. Le camion en transit ne paye rien et ne nous profite en rien. Il faut la voir comme une redevance pour service rendu puisque c’est la région qui entretient les routes. » Pour mémoire, la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, avait il y a un an et demi évoqué une écotaxe sur le périphérique. Ce n’est pas la bonne échelle, a rétorqué Valérie Pécresse : « Il y aurait un effet de report immédiat sur l’A86 et la Francilienne. »

    Estimant qu’il y avait désormais « un consensus sur le principe pollueur-payeur en Ile-de-France », Valérie Pécresse a également rappelé qu’un vœu pour l’écotaxe avait été tout récemment voté à la quasi-unanimité par les élus EELV, que son homologue président de la région Grand Est Philippe Richert (LR) y était lui aussi favorable, et qu’enfin Manuel Valls lui avait fait des promesses quant à des ressources pérennes pour financer le passe Navigo à tarif unique. C’est pourtant de Matignon qu’était venu le dernier veto sur l’écotaxe régionale… « C'est un sujet complexe qui nécessitera une bonne dose de dialogue avec l'Etat », a-t-elle convenu. Valérie Pécresse entend utiliser les portiques qui a sa connaissance n’ont pas été démontés et estime que l'écotaxe en Ile-de-France rapporterait au moins 100 millions d’euros.

    La déclaration a immédiatement déclenché une levée de bouclier de la Fédération nationale des transporteurs routiers. Estimant que seuls 14 700 des 242 000 poids lourds qui circulent chaque jour en Ile-de-France sont en transit, soit à peine 6 %, la FNTR a calculé qu’« à raison d'une centaine de kilomètres pour transiter en Ile-de-France, il faudrait que la taxe soit d'environ 4,50 euros par km pour atteindre les 100 millions d'euros de recettes attendues » !

    Au-delà de cette mesure, Chantal Jouanno (UDI), vice-présidente chargée de l'Environnement, a listé les autres propositions jugées nécessaires pour que le million et demi de Franciliens qui chaque jour sont exposés à des niveaux de pollution supérieurs aux valeurs limites européennes, respirent un peu mieux. Parmi lesquelles, tester des solutions expérimentales de dépollution de l’air ambiant dans le métro, « un sujet majeur alors que tous les ans les études d’Airparif montrent que c’est là où l’air est le plus pollué ». Ou encore favoriser la dépollution des mobilités franciliennes : « dédieselisation » du parc des véhicules du Stif, financements de « tiers-lieux » pour le télétravail à hauteur de 2,5 millions d’euros, etc. Elle réclame aussi pour tous les grands projets et les grandes décisions – la piétonnisation de la voie Georges-Pompidou rive droite est dans le viseur – une évaluation fine des effets de report de circulation et de leurs impacts sur la qualité de l‘air.

    La nouvelle présidente souhaite une région à la pointe de la mobilité durable, et des nouvelles technologies digitales. « Ce n’est pas normal que Paris n’ait pas son Optimod’ comme Lyon », a-t-elle lancé, rappelant que « si 10 % des Franciliens se décalent le matin, on n’a plus de problème de congestion et de saturation des rames ! » Elle affirme aussi vouloir travailler en partenariat : « Nous ne ferons pas cavalier seul sur des choses aussi cruciales, le nuage de pollution ne s’arrête pas au périphérique, on est tous dans la même barque et on doit décider ensemble ».

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  • Une étude relativise l’importance de CDG Express

    En réalisant un benchmark sur 55 aéroports dans le monde pour évaluer la qualité de leur desserte, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Ile-de-France revient sur quelques idées reçues. Notamment celle selon laquelle l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle est mal desservi. Dans ces conditions, CDG Express, le projet de desserte ferrée rapide et directe entre l’aéroport de Roissy et Paris, n’est peut-être pas aussi indispensable que le disent ses promoteurs.

    Nicolas Boichon, qui a réalisé cette étude répond à nos questions.

    Ville, Rail & Transports. Quel était le but de ce benchmark ?

    Nicolas Boichon. L’idée, c’était de tester les préjugés que l’on entend à propos des dessertes des aéroports parisiens qui sont souvent critiqués. Nous voulions voir comment ils se positionnent par rapport à leurs concurrents dans le monde.

    C’est un sujet important parce que d’une part, ils représentent de véritables moteurs pour l’économie francilienne, d’autre part, ils renvoient une image de la capitale : le tiers des passagers des aéroports parisiens ne verront de Paris que l’intérieur des aérogares.

    VR&T. Comment jugez-vous ces dessertes ?
    N.B. Orly est un aéroport vieillissant qui fait actuellement l’objet de gros travaux. Il est compact. Il présente à la fois de nombreux atouts pour les compagnies aériennes mais aussi de nombreux handicaps au niveau de son accessibilité. Pour un aéroport aussi proche de la ville (20 km de Paris), sa desserte par le RER et Orlyval est anormalement lente et anormalement chère. Le billet coûte 12 euros. Le bus est moins cher et plus rapide. Et même les taxis sont relativement peu chers.

    Quand il sera relié à la ligne 14, il connaîtra enfin une situation normale. Le fait de le desservir par un métro et non par une ligne express se justifie pour cet aéroport relativement proche de la ville.

    De son côté l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle n’est pas mal loti : il dispose d’un lien ferroviaire direct, de navettes de bus et d’une gare TGV. Ce n’est pas phénoménal mais c’est dans la moyenne des aéroports.

    Il disposera demain d’une gamme de dessertes élevée : le réseau du grand Paris Express, le CDG Express, qui s’ajoutera au RER existant.

    Si tous ces projets se réalisent, cet aéroport deviendra un cas unique au monde avec une telle quantité d’offre. Cela devrait permettre un report modal, du transport routier individuel vers les transports collectifs. Sachant que le quart des émissions de CO2 des aéroports sont liés aux acheminements terrestres, cela représentera un vecteur important pour baisser l’empreinte carbone de la plateforme aéroportuaire.

    VR&T. Quelles sont vos recommandations ?
    N. B. Il a été décidé que les plateformes aéroportuaires de Roissy et du Bourget fassent l’objet d’un contrat d’intérêt national. C’est positif car ce contrat va permettre aux collectivités de se retrouver et de discuter entre elles. Nous pensons qu’il faut favoriser ces instances au sein desquelles les collectivités (mais aussi les entreprises comme Air France ou encore ADP) peuvent échanger.

    Nous recommandons aussi de ne pas oublier de prendre en compte les besoins de déplacements des employés. Les employés des aéroports habitent souvent dans des zones mal reliées aux aéroports. Et ils travaillent souvent avec des horaires décalés. Inspirons-nous de ce qui se fait à l’étranger. A Amsterdam par exemple, le réseau de bus autour des aéroports est gratuit pour les employés. En conséquence, 30 % des employés recourent aux transports collectifs. C’est aussi le cas des aéroports londoniens qui développent leurs réseaux de bus. Les Américains – curieusement – offrent pas mal d’itinéraires cyclables dans leurs plateformes aéroportuaires. C’est aussi le cas à Sydney ou au Royaume-Uni. Dans ce pays, les responsables aéroportuaires doivent publier leur stratégie sur la mobilité. Si elle est insuffisante, ils peuvent voir leur activité réduite.

    VR&T. A lire ce rapport, on a l’impression que CDG Express n’est finalement pas aussi important pour le développement de l’aéroport que pourraient le laisser croire ses promoteurs. Est-ce une impression justifiée ?
    N. B. Il faut relativiser l’impact qu’aura le CDG Express. S’il arrive un jour, bien sûr ce sera formidable ! Mais il ne faut pas tout focaliser sur un équipement emblématique. Il faut pouvoir disposer d’une combinaison de dessertes.

    J’ai tendance à appeler à la prudence : il y a déjà eu beaucoup de déconvenues dans le passé avec des projets dont les prévisions de trafic étaient trop optimistes ou parce que les technologies retenues n’étaient pas adaptées.

    Tous les aéroports n’ont pas de desserte dédiée. Regardons les exemples asiatiques. Certains aéroports disposent d’une infrastructure sur laquelle on trouve aussi bien des liaisons directes express vers les centres-villes que des omnibus. De plus, l’information en direction des passagers est très poussée : on les sensibilise fortement à la possibilité d’utiliser les transports publics. La communication est multilingue et pas seulement en anglais. Et des employés près des guichets sont là pour les aider. Alors que, quand vous arrivez à Roissy, il y a peu de chances que vous sachiez qu’il y a des RER directs qui vous emmènent à Paris.

    Les meilleurs aéroports du monde, comme Singapour ou Séoul, ne disposent pas forcément de liaisons emblématiques. Mais ils proposent un accompagnement humain qui fait parfois un peu défaut dans les aéroports franciliens. Enfin, il faut aussi composer avec la manière dont les aéroports ont été conçus. A cet égard, Orly et CDG sont des modèles très routiers.

    Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

    L’étude publiée fin mars peut être téléchargée sur le site de l’IAU.

  • Neuf « short-listés » pour le génie civil de la LGV britannique HS2

    La navette parlementaire pour le vote de la loi (Act) sur la première phase de la ligne à grande vitesse HS2 a beau ne pas être terminée, les neuf entreprises qui réaliseront le génie civil entre Londres et Birmingham ont déjà été choisies par la direction de la ligne nouvelle. Adoptée fin mars par la Chambre des Communes en troisième lecture, la proposition de loi est maintenant examinée par la Chambre des Lords en vue d’un octroi de la Sanction royale (Royal Assent) d’ici la fin de cette année. Plus aucun obstacle légal ne se dresserait alors devant le lancement des travaux de génie civil. C’est afin d’anticiper leur lancement dès 2018 que le processus de sélection est déjà terminé, les signatures devant intervenir début 2017. Parallèlement, un appel d’offres a été lancé fin mars pour les travaux préparatoires, évalués à 900 millions de livres (1,1 milliard d’euros), qui devraient démarrer en 2017. Pour ces travaux, qui comprennent les détournements de réseaux et les recherches archéologiques, sept candidats ont été retenus.

    La direction de la ligne nouvelle estime que les travaux de génie civil sur la HS2 devraient créer 14 600 emplois ou postes d’apprentissage parmi les neuf groupements retenus pour la section de Londres à Birmingham :

    – Align Joint Venture (Bouygues, VolkerFitzpatrick, Sir Robert McAlpine)
    – ASL (Acciona Infraestructuras, John Sisk & Son, Lagan)
    – BBV (Balfour Beatty, Vinci BeMo)
    – Catalyst (Bechtel)
    – CEK (Carillion, Eiffage, Kier)
    – Fusion (Morgan Sindall, BAM Nuttall, Ferrovial Agroman)
    – LFM (Laing O’Rourke, FCC Construccion, J. Murphy and Sons Limited
    – Momentum Infrastructure (Dragados, Hochtief, GallifordTry)
    – SCS (Skanska, Costain, Strabag)

    Chaque groupement sera responsable d’au moins un lot sur les 225 km de Londres à Birmingham, dont la mise en service est prévue pour 2026. Parmi les neuf groupements, ceux « qui fourniront les meilleurs résultats en termes de valeur et d’efficacité » pourront soumissionner pour les travaux sur la section de 65 km entre Birmingham et Crewe, qui fait également partie de la première phase et dont la mise en service est prévue en 2027.

    P. L.

  • Smoove part au combat contre JCDecaux à Lyon

    David contre Goliath et Goliath ? Smoove contre la Métropole de Lyon et JCDecaux. La start-up est prête à se battre jusqu’au bout et s’est pourvue en cassation le 6 avril à l’occasion de l’appel d’offres du renouvellement des Velo’V, voté en décembre 2015, système pionnier lancé en 2005 et qui arrive à échéance en novembre 2017.
    La petite société créée en 2008 et qui équipe plus de vingt villes en France et dans le monde, conteste la procédure choisie de dialogue compétitif et le non-allotissement d’un marché intégrant les prestations de mobilier urbain/publicité et la location de vélo en libre service (VLS). Pour son PDG, Laurent Mercat, la notion de « marché particulièrement complexe » comme condition du dialogue compétitif n’est plus justifiée pour un marché qui existe depuis 12 ans. Surtout, l’organisation de l’appel d’offres en un seul lot « garantit à l’opérateur existant une concurrence absolument minimale. Lyon Métropole interdira-t-il à une entreprise locale de se positionner sur le marché de Velo’V ? », interpelle Laurent Mercat. Le 16 mars, le tribunal administratif de Lyon a rejeté la demande de Smoove en estimant que l’allotissement augmenterait les coûts. « Sans chiffres à l’appui », précise Laurent Mercat qui observe que « plus aucune ville française n’a réédité depuis 2009 cette association publicité/VLS critiquée pour le manque de transparence entre dépenses et recettes ». Il vante au passage « la performance technique et économique de nos solutions » en gardant « espoir de pouvoir équiper le Grand Lyon ». La décision de la cour d’appel de Paris est attendue pour fin juin.

    Claude Ferrero

     

  • 20000

    C’est le nombre d'accidents de bus et de cars qui se produisent annuellement en Europe, selon European bus forum, une organisation professionnelle britannique du secteur. Ces collisions blessent 30 000 personnes et font 150 morts.

    C’est l’un des modes qui affiche le moins d’accidents mortels, rappellent les professionnels. D’après l’agence ferroviaire européenne, entre 2008 et 2010, dans les 27 pays de l’Union, le nombre de morts par milliard de voyageurs-kilomètres est de 48,94 pour les deux-roues, 3,14 pour la voiture individuelle, 0,20 pour les passagers de cars, 0,13 pour le train et 0,06 pour l’avion.

     

  • Une coalition de taxis pour réduire les émissions de CO2

    Une coalition de compagnies de taxis de 11 pays s’étant fixé des objectifs de renouvellement de leurs flottes pour réduire leurs émissions de CO2 réunit désormais 14 entreprises représentant 80.000 véhicules.
    Annoncée début octobre 2015 avec 20.000 véhicules avant la conférence de Paris sur le climat COP 21, cette opération a quadruplé sa portée depuis et s’est baptisée « Taxis4SmartCities », a indiqué le directeur général des Taxis Bleus, à l’origine de l’initiative. Les adhérents s’engagent à ce qu’entre un tiers et 50% minimum des nouveaux véhicules qui entreront dans leurs flottes d’ici à 2020 émettent moins de 60g de CO2 par kilomètre. Et à l’horizon 2030, 30% des nouveaux véhicules émettront moins de 20 grammes.