Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Industrie. Un mauvais coup pour Lohr

    Les régions géographiquement concernées par l’annonce de l’abandon du projet d’Autoroute ferroviaire Atlantique n’ont pas été les seules à réagir dès le 30 avril. En fin d’après-midi, Philippe Richert, président du conseil régional d’Alsace, faisait part à son tour de sa « consternation ». Non seulement à cause du « très mauvais signe » envoyé questions pollution ou encombrement routier, mais plus particulièrement parce que « cette décision brutale porte également des conséquences très sérieuses pour l’entreprise Lohr qui depuis six ans porte le développement industriel de ce modèle de transport ferroviaire ». En évoquant cette entreprise dont la santé a été fragilisée ces dernières années par la forte baisse de la demande en remorques routières – son cœur de métier – Philippe Richert ne cache pas ses craintes sur la survie d’un des symboles industriels de la région qu’il préside.

    En effet, suite aux 105 wagons du nouveau modèle Lohr UIC commandés par la SNCF en septembre 2013 pour l’Autoroute ferroviaire Calais – Le Boulou, dont l’exploitation par VIIA (Groupe SNCF) doit démarrer fin 2015, 278 autres wagons avaient été « confirmés » pour l’Autoroute ferroviaire atlantique. Cette deuxième tranche du nouveau wagon (dérivé du Modalohr de l’Autoroute ferroviaire alpine, mais plus universel question gabarit) aurait représenté « quatre années de travail pour cette société [Lohr] et pour ses sous-traitants » selon la région Alsace. Pour cette dernière, « l’annulation de ce contrat de 105 millions d’euros fragilise également 200 emplois directement concernés ».

    Toutefois, les projets français n’étaient pas les seuls où le Lohr UIC devait être mis en service : en 2017, 185 de ces wagons produits en Alsace devraient arriver sur l’autoroute ferroviaire Transhelvetica entre la Ruhr (Allemagne) et Chiasso (Italie) via la Suisse. Parallèlement, les CFL (Chemins de fer luxembourgeois) envisagent d’utiliser jusqu’à 150 wagons Lohr UIC intégrés dans des trains mixtes (autoroute ferroviaire et transport combiné) entre Bettembourg et un réseau de destinations sur tout le continent européen (Benelux, Allemagne, Pologne, Italie, France…).

     

    P. L.

  • Keolis et Emirates Transport partenaires pour les Emirats

    Keolis et l’entreprise de transport routier Emirates Transport ont conclu un protocole d’accord. Les deux entreprises, selon ce document signé le 22 mars à Dubaï devraient répondre ensemble aux appels d'offres d’exploitation et de maintenance dans le transport public qui se présenteront dans les Emirats arabes unis. Emirates transport est un opérateur routier, de bus, taxis, limousines (17 500 véhicules, 17 500 employés). Les principaux appels d'offres dans les Emirats devraient concerner le renouvellement du contrat d’exploitation du métro de Dubaï (contrat de dix ans confié à Serco en 2009), l’extension de ce même métro, et, à Abu Dhabi, la réalisation d’un système de transport comportant métro, tramway et réseau de bus. Keolis a ouvert un bureau à Abu Dhabi, comptant une dizaine de personnes, afin de scruter les projets dans la région du Golfe auquel le groupe pourrait participer.

    La démarche de Keolis avec Emirates Transport est comparable à celle de RATP Dev en Arabie saoudite avec Saptco, conduite avec succès, puisque la JV créée par les deux partenaires a remporté la création et l’exploitation du premier réseau de bus de la capitale saoudienne. Cependant, Keolis, nous précise Arnaud Van Troeyen, DGA Stratégie et développement, veut établir un partenariat « plus équilibré ». Rappelons que la société commune créée par Saptco et RATP Dev est détenue à 80 % par le transporteur saoudien et à 20 % par le groupe français.

    F. D.

  • L’Egypte et l’Espagne signent une convention pour la grande vitesse

    En visite à Madrid le 30 avril, Abdelfatah Al-Sisi a conclu une convention avec le gouvernement espagnol via son ministre de l'Economie, Luis de Guindos. Le président égyptien veut que les partenaires étudient ensemble la faisabilité d'une ligne à grande vitesse entre Le Caire et la ville de Louxor, à 500 km au sud du pays. Stimulé par le chantier en cours entre La Mecque et Médine en Arabie saoudite, le leader égyptien a souligné « l'expérience ferroviaire internationale » de l'Espagne et souhaité une coopération technologique. Le Fonds pour l'internationalisation des entreprises (Fiem) de l'Etat espagnol pourrait financer ce projet.
    M. G.
     

     

  • Cette fois, le RER B est vraiment unifié

    Ses usagers quotidiens auront du mal à le croire, mais la régularité de la ligne B du RER francilien s’améliore ! De 2013 à

      2014 elle est en effet passée de 83 à 88 % de trains à l’heure et cette tendance se poursuit en 2015. Une progression à mettre en grande partie au crédit du Centre de commandement unique (CCU). Sa mise en service le 10 novembre 2013 avait représenté une étape décisive de l’unification de cette « deuxième ligne la plus fréquentée d’Europe » (870 000 voyageurs par jour). Mais pas la dernière, qui a discrètement été franchie il y a deux semaines.

    Exploité par la RATP au sud de la gare du Nord et par la SNCF au nord depuis 1981, le RER B s’était déjà progressivement unifié avant 2013, avec les premières circulations sans changement de train en 1983, l’unification du matériel roulant d’interconnexion en 1987 ou les mêmes conducteurs de bout en bout depuis 2009. Fin 2013, la salle du Poste de commande centralisée (PCC) de Denfert-Rochereau, où la RATP exploitait déjà la partie sud, a vu l’arrivée des agents SNCF gérant les circulations et l’information aux voyageurs sur la partie nord. Le CCU était né, donnant enfin aux acteurs des deux entreprises la possibilité de visualiser en un lieu unique l’intégralité de la ligne B, ainsi que les passages des trains de la ligne D par le tunnel entre Châtelet-les-Halles et Gare-du-Nord. Avec pour résultat immédiat une meilleure communication entre agents RATP et SNCF, une fois apprise « la langue des autres » !

    Sur la partie nord de la ligne, le CCU n’avait toutefois pas au moment de sa création, la main sur la régulation des circulations. Car les rames du RER B ne sont pas seules au nord de Paris. Certes, en situation normale, depuis la réalisation du projet RER B Nord+, cette ligne est exploitée « en mode métro » sur ses propres voies. Mais, en situation dégradée, ses rames peuvent toujours emprunter les voies adjacentes, où elles côtoient alors les rames du Transilien vers Crépy-en-Valois (ligne K), les TER vers Laon et des trains de fret vers le nord.

    Depuis la deuxième quinzaine d’avril, avec la mise en œuvre de l’étape 2 du CCU, ce déséquilibre entre nord et sud appartient au passé. Avec l’arrivée à Denfert-Rochereau des régulateurs de la partie SNCF, le CCU regroupe l’ensemble des personnels amenés à gérer le RER B… voire un peu plus loin. Car la nouvelle zone de régulation délocalisée de Paris-Nord à Denfert-Rochereau s’étend de Paris à Aulnay, Roissy et Crépy-en Valois – d’où son acronyme PARC. Crépy a beau se trouver au-delà du terminus de la ligne B (Mitry), c’est bien le RER qui a ainsi pris en main la gestion de crise lors des situations fortement perturbées sur l’ensemble du réseau ferré à la sortie nord-est de Paris.

    Le 28 avril, cet achèvement de la constitution du CCU du RER B a donné l’occasion au secrétaire d’Etat chargé des Transports, Alain Vidalies, de rendre visite au poste de Denfert-Rochereau, « emblématique de la meilleure coopération entre opérateurs ». Et d’annoncer qu’une « démarche similaire » était déjà en œuvre sur le RER A, avec la présence d’un correspondant de la RATP à Saint-Lazare depuis l’an dernier. « J’ai demandé à la SNCF et la RATP de poursuivre cette dynamique commune » a rappelé le secrétaire d’Etat, indiquant que les lignes A et B « doivent être un laboratoire ».

    Egalement présent le 28 avril, le président de région Jean-Paul Huchon a également « vu comment le commandement unique a amélioré les choses ». Mais il a rappelé que « cette affaire a pris du temps », car « les deux cultures d’entreprises n’étaient pas totalement miscibles ». Ce qui se vérifiera sans doute une fois de plus sur le RER A.

    [email protected]

  • Siemens ouvre à Madrid un centre de R&D signalisation

    Avec un effectif de 350 personnes et un budget annuel de 20 millions d'euros, le groupe Siemens a ouvert le 27 avril à Madrid un centre de recherche et développement voué aux systèmes de signalisation. Localisée à Tres Cantos, cette installation travaillera sur les systèmes comme les ERTMS ou CBTC (Communication-Based Train Control), ou la gestion du trafic Rail 9000, tout en formant des professionnels de ces techniques. Plus que le marché espagnol lui-même, l'opération vise à être partie prenante des contrats passés par l'industrie ferroviaire espagnole à l'international (à ce jour Brésil, Turquie, Arabie saoudite, Mexique), a laissé entendre lors de l'inauguration Joe Kaeser, PDG de la firme allemande.

    M. G.

  • Voies dédiées sur l’A1 : mise en service rapide, mais tronçon un peu court

    C’était l’une des mesures du projet de loi sur les taxis et les VTC, au printemps 2014 : dédier une voie aux taxis sur les autoroutes d’accès aux grandes métropoles, Paris notamment, depuis leurs aéroports, pour donner à ces taxis un avantage commercial face aux VTC bannis, eux, de ces coupe-file. Huit mois seulement après le vote de la loi à l’Assemblée en septembre 2014, la mesure a été, en partie, appliquée. Le 29 avril, Alain Vidalies, secrétaire d’Etat aux transports, a inauguré le premier tronçon destiné aux taxis et aux bus réguliers, sur l’autoroute A1. Concrètement, seuls cinq kilomètres d’autoroutes sont réservés, sur la voie de gauche, entre 6 h 30 et 10 heures, tous les jours de l’année, à partir de La Courneuve (en venant de l’aéroport de Roissy), et jusqu’à l’entrée dans le tunnel du Landy, où les voies sont à nouveau banalisées. Ce qui soulève déjà les critiques parmi les usagers. Au ministère, on répond que ce tronçon permet de gagner une dizaine de minutes. Et que la neutralisation de la voie de droite du périphérique sur 700 m le long de la porte de la Chapelle devrait en faciliter l’accès et permettre de fluidifier le trafic sous le tunnel. Elle a aussi été inaugurée le 29 avril.
    Pour emprunter le tronçon de l’A1, il faudra être au volant d’un taxi, ou d’un bus de lignes régulières comme ceux de la RATP, ou privés en convention avec le Stif, comme les cars Air France. Les véhicules d’urgence pourront aussi l’emprunter. C’est tout. Pas les covoitureurs, par exemple, qu’il serait impossible à contrôler. Ceux qui passeront outre cette interdiction, s’exposeront à une amende de 135 euros. Mais le ministère annonce un peu de souplesse dans l’application, et laisse un peu de temps pour la pédagogie sans toutefois arrêter de date. Ce ne sont pas les véhicules « flashés », un toutes les deux secondes, au matin du 29 avril, qui s’en plaindront.

    Dans un mois, un autre tronçon devrait être ouvert sur l’A6, fin mai. Et Pierre Serne, vice-président du Stif a rappelé que d’autres autoroutes devraient être aménagées, comme l’A3, la N1, l’A86, mais sous des formes différentes : voies de droite, longueurs différentes, etc.

    [email protected]

  • Vénézuela. Le métro de Los Teques prend la mer

    Vénézuela. Le métro de Los Teques prend la mer

    Le premier des 22 Metropolis d'Alstom pour le métro de Los Teques, au Vénézuela, a quitté le port du Havre pour un périple de 3 semaines en mer…  Assemblés à l'usine d'Alstom de Valenciennes, les trains de 6 voitures entreront en service sur la ligne 1 et la ligne 2 qui ouvrira en juillet.

    La première ligne du métro de Los Teques a été inaugurée en 2006 et transporte près de 42 000 usagers par jour. 

  • Angers Loire Métropole teste les ventilateurs micro-hybrides

    class= »MsoNormal » style= »text-align:justify »>
    Ce serait une première en France selon ses promoteurs. Afin de réduire  la dépendance au pétrole et mieux maîtriser les coûts de fonctionnement du réseau Irigo, Angers Loire Métropole et Keolis Angers ont testé un système de ventilateurs micro-hybrides sur six bus. La consommation énergétique a été réduite d’environ 5 % (soit 2,4 l /100 km), ce qui équivaut à un temps de retour sur investissement de 5 ans. D’où la décision d’équiper 100 bus entre 2015 et 2017. « Le système e-Fan (remplacement de l’équipement de ventilation hydraulique des moteurs par des microventilateurs électriques) a été développé par la société AVID Technology Ltd, basée en Grande Bretagne », précise un communiqué d'Angers Loire Métropole. Un contrat a été signé fin mars 2015 avec la Société AVID, pour un montant de 700 000 €.
    Ce qui devrait permettre d’économiser plus de 120 000 litres de gazole par an, soit 312 tonnes de CO2.

  • Italie. Premier voyage pour le train le plus rapide d’Europe

    Italie. Premier voyage pour le train le plus rapide d’Europe

    Présenté comme le train à grand vitesse le plus rapide d'Europe, le Frecciarossa 1000 a effectué un voyage inaugural le 25 avril, entre Milan et Rome, en présence … … du président de la République italienne, Sergio Mattarella.

    Fabriqué en Italie par Bombardier en partenariat avec AnsaldoBreda, le Frecciarossa 1000 est issu de la gamme V300 Zefiro. 

    Trenitalia, la compagnie italienne exploitera le train en service commercial sur son réseau, dès le mois de juin. Le train pourrra y circuler avec des pointes à 360 km/h.

    Bombardier Transport a également remporté un contrat de dix ans, pour l’entretien du parc de 50 trains à très grande vitesse.

  • Nouvelles attentes de mobilités : comment faire évoluer l’offre et réduire les coûts d’exploitation   ?

    Nouvelles attentes de mobilités : comment faire évoluer l’offre et réduire les coûts d’exploitation ?

    Le 24 mars à Lille, dans le cadre du salon Sifer, Ville, Rail & Transports a organisé la cinquième édition des Grands Prix des Régions. Avant la remise des prix, une conférence-débat « Nouvelles attentes de mobilités : comment faire évoluer l'offre et réduire les coûts d'exploitation ? » a réuni
    des représentants des transporteurs, des élus et des experts. Extraits. Avion low cost, covoiturage et demain autocars sur les liaisons longue distance. Les trains font face à une multitude de concurrents qui fondent leur succès notamment sur deux points forts : des prix très attractifs et une simplicité d’utilisation. Dans ces conditions, et dans un contexte de pénurie budgétaire, quelles sont les chances du train ? Pour Vincent Kaufmann, professeur de sociologie urbaine et d’analyse des mobilités à l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne), il faut avant tout s’intéresser aux attentes des utilisateurs. « Désormais, les usagers sont moins sensibles au temps passé dans les transports mais plus attentifs à la qualité de ce temps passé, rappelle-t-il. Nous avons tous dans nos poches ou nos sacs des iPhone, des tablettes ou des ordinateurs qui nous font passer le temps autrement, que ce soit dans le TGV ou lors de nos déplacements quotidiens. »
    A cela s’ajoute la question du « porte-à-porte ». « Les usagers attendent sans doute plus que par le passé des services. Ils demandent une simplicité d’accès et d’utilisation », résume Vincent Kaufmann. Même tonalité du côté de Luigi Stähli, directeur conseil Sud-Ouest Europe du cabinet suisse SMA. « Il ne faut pas prendre uniquement en compte le facteur du prix. D’autres paramètres entrent en ligne de compte, en particulier la disponibilité et la lisibilité de l’offre, en un mot sa simplicité. » Selon lui, « il faut structurer l’offre autour de deux principes : industrialiser l’offre et la production avec une offre systématique, lisible, simple, avec des produits clairs définis sur des critères fonctionnels et non institutionnels, TGV, Intervilles, TER, en donnant une vraie place aux trains intervilles (bien au-delà des TET actuels) comme en Allemagne par exemple ». Il cite l’exemple du Japon, où l’exploitation est « simplifiée, répétitive, efficace, productive. Ce qui suppose de faire du train là où le train fait sens (et de bien le faire), et du bus là où le bus fait sens (il vaut mieux un bus chaque heure que deux trains par jour) ». Enfin, ajoute-t-il, « il faut penser l’offre en réseau intégré, coordonné, multimodal. Ce qui permet de faire du train (TGV, Intervilles et TER) efficace et du bus efficace qui se complètent et s’alimentent mutuellement, notamment grâce au nouveau rôle des régions de coordinateur de l’offre ». Bref, « une offre simple, lisible et disponible » constituerait « une alternative crédible à l’automobile (et donc au covoiturage) ».
    Jean-Yves Petit, le vice-président EELV chargé des Transports de la région Paca, s’inquiète d’une évolution à venir qui ne serait pas maîtrisée. Il reprend à son compte la position de l’Association des régions de France (ARF), qui ne se dit pas opposée à la libéralisation du transport par autocar mais demande que les régions aient la responsabilité d’autoriser ou non les services pour les dessertes de moins de 200 kilomètres. Faute de quoi, rappelle Jean-Yves Petit, cette concurrence venue de la route pourrait se faire au détriment de l’offre TER, alors que les régions ont consenti de lourds investissements en faveur du rail. « La demande existe contrairement à ce qu’on entend ici ou là pour tenter de justifier un remplacement par les autocars. Les TER ont une fréquentation moyenne supérieure aux trains régionaux suisses et allemands », rappelle l’élu, qui plaide pour une nouvelle dynamique et une « plus forte mobilisation de l’opérateur ». Ce qui passe notamment par « une harmonisation multimodale et une réelle liberté tarifaire ». Il souhaite une meilleure maîtrise des coûts de production des TER « qui augmentent de 4 % en moyenne par an ».
    Claude Gewerc, le président socialiste de la région Picardie plaide aussi pour une optimisation de l’existant et une meilleure coordination des modes. Il s’inquiète d’une dégradation sensible de l’offre de TER. « Il y a trop de trains en retard, trop de trains supprimés », estime-t-il en fustigeant aussi le manque de transparence de la SNCF. « Nous pourrions être tentés par d’autres opérateurs », prévient-il. « Nous sommes prêts », répond Mathias Emmerich, le directeur général délégué Performances à SNCF Mobilités, pour qui il faut ouvrir le marché ferroviaire à la concurrence. Selon lui, « c’est avant tout un problème politique : quand nous proposons aux élus de transférer un trafic sur un bus pour réaliser des économies, ils refusent… » Autre incongruité, toujours selon le directeur délégué de la SNCF, en France, on va ouvrir à la concurrence le marché des autocars avant celui des trains. Ce qui risque de fragiliser un peu plus l’édifice. « Dans les autres pays, on a fait l’inverse », rappelle-t-il.
    Pour Alain-Jean Berthelet, le président de Reunir, une association qui fédère des PME d’autocaristes, le secteur attend la libéralisation du marché. « Il faut jouer sur la complémentarité », indique-t-il aux élus, rappelant que les autocars représentent un mode sûr, confortable, rapide et souple. Il plaide pour un rééquilibrage entre le fer et la route, ce qui nécessite la mise en place de « vraies » gares routières. « Les décideurs doivent intégrer la notion de pôles d’échanges. Ces pôles permettront à la fois une identification des modes de transport mais aussi la mise en œuvre d’un service efficace offert aux voyageurs, que ce soit en termes de prise en charge ou d’informations. » A bon entendeur…
    Marie-Hélène POINGT