Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Dublin : prochaine bataille fratricide entre les Français

    Vous avez aimé Boston ? Vous allez adorer Dublin. Après la bataille de Boston remportée par Keolis aux dépens du sortant Transdev, c’est un nouveau combat fratricide qui est en cours et dont le verdict doit être connu en ce début d’année. De nouveau, Transdev est sortant et voit son titre remis enjeu. La short list publiée en juillet dernier pour l’exploitation de Luas, le réseau de tramway de Dublin comporte quatre noms : Transdev, Keolis, RATP Dev, et First Group. First Group n’est pas spécialiste du tramway et ne devrait pas être retenu, commente un expert. La bataille se jouerait donc entre les trois groupes français. On imagine les nouveaux débats : faut-il vraiment se déchirer sur les marchés étrangers ? Que deviennent les marges dans l’histoire ? Si c’est le jeu de la concurrence, n’est-ce pas au contraire un signe de santé que les Français soient une fois de plus présents ? Etc. Quoi qu’il en soit le vainqueur doit prendre les rênes de Luas en septembre prochain.

  • La SGP décapitée

    Etienne Guyot est évincé mais le président du directoire n’est pas le seul à céder la place à la Société du Grand Paris. Mardi 21 janvier, va avoir lieu la réunion du Conseil… de surveillance de la SGP, qui doit mettre fin aux fonctions d’Etienne Guyot et proposer pour lui succéder  le candidat désigné par le gouvernement, Philippe Yvin, aujourd’hui conseiller du Premier ministre. Le Conseil de surveillance est composé de 21 membres, 11 représentants de l’Etat et 10 grands élus : les huit présidents de conseils généraux d’Ile-de-France, le président du conseil régional, Jean-Paul Huchon, et un représentant des maires, André Santini, président. Les présidents de conseils généraux de droite, Arnaud Bazin (Val-d’Oise), Patrick Devedjian (Hauts-de-Seine)  Alain Schmitz (Yvelines) qui se sont déclarés le 13 janvier  dans un communiqué commun « hostiles à l’éviction du président Guyot » doivent se prononcer contre. Christian Favier (PC, Val-de-Marne), lui aussi très hostile, devrait voter contre. A gauche, on voit mal Stéphane Troussel (PS, Seine-Saint-Denis), se prononcer contre une nomination voulue, dit-on, par l’ancien patron du département, Claude Bartolone, à la manœuvre pour tout ce qui concerne la métropole. Mais Jean-Paul Huchon, le président socialiste de la région, a déjà dit son opposition à l’éviction d’Etienne Guyot. Il devrait le redire le 21 janvier. Pas sûr qu’il aille pour autant jusqu’à voter contre. Quant aux représentants de l’Etat, on les voit mal s’opposer à une nomination voulue par le Premier ministre, même si Patrick Devedjian, qui s’insurge contre une « révocation sans faute », nous dit qu’ils  ne sont pas « forcés de se coucher ». Au-delà du conseil de surveillance, on entend un même mot dans la bouche de personnalités de gauche proches du dossier mais qui ne veulent pas être citées : « c’est une connerie ». D’autant que le rôle joué par Philippe Yvin dans la rédaction de la loi sur les métropoles n’a pas été apprécié de tout le monde.

    Il n’y a pas qu’Etienne Guyot qui va partir. Pierre-Alain Jeanneney, directeur financier et juridique, a depuis quelques mois demandé à réintégrer le Conseil d’Etat. Et une rumeur insistante veut que Didier Bense, l’autre directeur de la SGP, parte aussi. Signalons enfin que Florence Castel, directrice de l’ingénierie environnementale et de la qualité depuis février 2011, vient de quitter la SGP pour devenir directrice générale d’Advanticity, pôle de compétitivité, dédié à la ville et à la mobilité durables.

    Beaucoup de changements, quoi qu’il en soit, à la tête d’une SGP qui, d’un aveu général, fonctionnait bien et qui,redoutent des connaisseurs, va être forcément déstabilisée par ces changements pendant quelques mois.

     

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  • Arabie saoudite : le TGV Médine-La Mecque s’ensable

    Arrachée à l'été 2011 par un groupement espagnol mené par Talgo, la ligne à grande vitesse entre La… Mecque et Médine en Arabie saoudite connait la tempête et le retard sur le calendrier initial atteindrait aujourd'hui presque deux ans. En cause, non pas les sociétés ibériques, mais le consortium araba-chinois Al Rajhi qui doit auparavant achever l'infrastructure.

    Un chantier perturbé par des dunes et un sol mouvants. D'un montant de 6,74 milliards d'euros, le contrat avait été emporté par Talgo allié à Renfe, Dimetronic, Indra, entre autres, de préférence à l'offre formulée autour du français Alstom.

    Il prévoit la fourniture de 35 trains, la construction et l'exploitation pendant 12 ans de cette ligne de 450 km dans des conditions difficiles, en raison de la chaleur et du sable. A ce jour les sociétés espagnoles ne peuvent intervenir afin de poser voies, signaux et lignes électriques que sur 100 km, ce qui rend l'achèvement prévu pour 2016 quasi impossible et augure d'un surcoût chiffré à quelques 700 millions d'euros à ce jour.

    Michel Garicoix

  • Lorraine. La SNCF devrait baisser sa facture TER avant l’été

    Le 15 janvier, Jean-Pierre Masseret, le président de la région Lorraine, a rencontré Guillaume Pepy le président de la SNCF, pour lui demander des explications sur ses comptes TER (trains express régionaux). Selon la région, le président de la SNCF se serait engagé à faire des efforts pour réduire avant l’été sa facture.

    Le conseil régional qui se base sur une étude commandée à CFTA, filiale de Transdev, associée au cabinet suisse SMA, estime que 25 millions d’euros sur un total de 165 millions sont inexpliqués dans la facture que lui présente annuellement la SNCF.

    « Cela fait plus d’un an et demi que les régions françaises sont vent debout contre la SNCF », rappelle Patrick Hatzig, le vice-président du conseil régional lorrain, chargé des transports et de la mobilité. « Peut-être est-ce aussi dû au fait que nous avons du mal à évaluer les comptes que nous présente la SNCF. C’est pourquoi nous avons décidé, dans notre région, de faire appel à une assistance à maîtrise d’ouvrage pour voir, en partant d’une feuille blanche, comment nous pourrions organiser l’ensemble des roulements des TER et quelles en seraient les conséquences. Notre consultant devait nous dire comme il s’y prendrait si c’était lui l’exploitant».

    La réponse est simple : en dépensant 25 millions de moins que la SNCF grâce à une organisation des roulements des rames plus performante. L’élu précise que l’étude a été menée en tenant compte du statut particulier des cheminots et des règlements précisant leurs conditions de travail.

    Patrick Hatzig s’interroge ainsi sur certains postes très coûteux : « La SNCF est-elle habilitée à nous facturer les coûts d’amortissement du matériel roulant s’il est amorti ? Les frais de siège très élevés sont-ils justifiés? », demande-t-il notamment.

    La région qui est entrée en discussion avec la SNCF dans le cadre de la phase de revoyure de son contrat prévu pour durer jusqu’en décembre 2016, veut pousser la SNCF à s’améliorer, assure-t-elle. « Nous souhaitons aider la SNCF à trouver un modèle d’exploitation et de facturation plus juste pour demain », conclut l’élu qui affirme vouloir continuer à travailler avec la SNCF à l’avenir, y compris lorsque le marché s’ouvrira à la concurrence.

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  • La SNCF et RFF font circuler le plus long train d’Europe

    L'essai devait se faire en toute confidentialité, selon des responsables des deux entreprises publiques class= »rtejustify »>
    Il ne fallait pas trop crier victoire avant d'être assuré de la réussite du projet. L'après-midi du 18 janvier, dans le cadre du projet européen Marathon regroupant 16 partenaires, la SNCF et RFF ont donc fait circuler un train de 1 476 m et 3 489 tonnes entre le triage de Sibelin (au sud de Lyon) et Nîmes. Pour cet essai, deux locomotives BB 37000 ont été mises en œuvre, à la tête de chacun des deux trains de transport combiné qui ont été jumelés pour former le convoi record. Innovation technique : la locomotive qui se trouvait en milieu de ce double train était radiocommandée par la machine de tête en toute sécurité grâce à deux liaisons radio redondantes.
    Au-delà de cet essai, l'objectif est de passer à une exploitation commerciale de doubles trains de 1050 m courant 2016. Outre l'économie de sillons, la circulation de trains plus longs doit permettre des gains de productivité et accroître ainsi l'attractivité du rail pour le fret.

    Mais il faut aussi trouver des clients, pas si nombreux, capables de remplir des trains qui ont autant de capacité. Une gageure que Fret SNCF espère contourner demain « en groupant intelligemment les flux des clients ».

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  • La libéralisation du transport ferroviaire régional à l’agenda de Bruxelles

    C’est ce semestre que devraient débuter les discussions, à Bruxelles, sur le volet politique du… class= »MsoNormal »>
    4ème paquet ferroviaire européen. La Grèce, qui préside le Conseil des ministres jusqu’en juin 2014, a fait son choix : elle fera avancer la proposition sur l’attribution des contrats de service public. Le volet « gouvernance » (la séparation entre gestionnaires d’infrastructures et opérateurs), sensible pour la France et dont l’Allemagne ne veut pas entendre parler, ne sera pas abordé ce semestre.

    Il faudra cependant attendre le 5 juin pour que les ministres des Transports discutent pour la première fois de l’opportunité ou non d’imposer les appels d’offres comme règle générale pour la passation des contrats de service public. Car avant, et les Grecs en font une condition pour pouvoir aborder les questions politiques, les Etats devront boucler le volet technique du 4ème paquet – sur la certification et l’homologation du matériel ferroviaire. Pour cela, ils doivent encore se prononcer sur la révision des compétences de l’Agence ferroviaire européenne, seule proposition du volet technique à ne pas encore avoir reçu leur feu vert.

    Les discussions sur cette proposition ont commencé en début d’année et se poursuivront jusqu’à la réunion des ministres des Transports le 14 mars. Les négociations avec le Parlement européen, nécessaires pour pouvoir adopter définitivement les propositions, ne commenceront cependant vraisemblablement pas sous cette Présidence.

    Un autre dossier « rail » devrait par contre être définitivement adopté par les ministres en juin : la proposition de la Commission de lancer un partenariat public privé pour booster la recherche ferroviaire (« Shift2Rail », près d’un milliard d’euros de prévus entre 2014 et 2020).

    Isabelle Smets